Chats de Schrödinger & Décohérence quantique
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Cette vidéo explore le paradoxe du chat de Schrödinger et explique pourquoi les superpositions quantiques ne sont pas observées à l'échelle macroscopique, en introduisant la décohérence quantique comme le mécanisme clé qui détruit les interférences quantiques par interaction avec l'environnement.
- 0:00 Vous avez déjà vu un chat Schrödinger, vous ? Un chat qui serait à la fois mort et vivant ?
- 0:06 Moi jamais !
- 0:07 Est-ce que ça existe vraiment ? Pourquoi on en parle si on n'en voit jamais ?
- 0:12 Eh bien aujourd'hui, on va essayer de comprendre ce mystère.
- 0:16 Une des caractéristiques emblématiques de la mécanique quantique, c'est ce qu'on appelle le principe de superposition.
- 0:22 Ce principe nous dit qu'un objet quantique peut parfois se trouver dans un état
- 0:27 qui est une superposition de plusieurs états classiques.
- 0:30 Par exemple, une particule peut se trouver ici, ou là, ou bien dans une superposition des deux possibilités.
- 0:38 Le principe de superposition est quelque chose qui choque notre intuition,
- 0:42 et on le voit très bien si on essaye de l'appliquer à des objets macroscopiques de notre quotidien.
- 0:47 Et on illustre souvent cette difficulté en invoquant le fameux chat de Schrödinger.
- 0:53 Le chat de Schrödinger, c'est un chat qui, suite à une expérience tordue,
- 0:57 se retrouverait supposément à la fois mort et vivant.
- 1:01 Sauf qu'on n'en croise jamais dans la rue, des chats de Schrödinger,
- 1:05 et manifestement personne n'a jamais réussi à en fabriquer un.
- 1:09 Si effectivement le principe de superposition quantique est correct,
- 1:12 pourquoi dans notre vie quotidienne on n'observe jamais rien qui soit dans un état superposé,
- 1:18 ni les chats, ni les trombones, ni les cailloux ?
- 1:21 Dans cette vidéo, on va se demander pourquoi on ne voit jamais de chat en superposition.
- 1:26 Et vous allez voir que la question et la réponse sont plus subtiles qu'il n'y paraît.
- 1:31 Et pour cela, on va parler de décohérence quantique et de pourquoi les chats ne font pas d'interférences.
- 1:43 Avant d'aller embêter de pauvres chats, revenons d'abord sur la notion de superposition
- 1:48 dans le cas de simples particules comme des électrons.
- 1:52 Pour prendre un exemple concret, considérons cette propriété des électrons qu'on appelle leur spin.
- 1:58 Le spin des électrons, c'est très pratique car il n'a que deux valeurs possibles,
- 2:02 qu'on va noter plus 1 et moins 1.
- 2:05 On a donc seulement deux cas à considérer, ce qui simplifie pas mal les raisonnements.
- 2:09 Et puis ça fait une bonne analogie pour les deux états mort et vivant d'un chat.
- 2:14 Mais attention, quand je dis que le spin des électrons n'a que deux valeurs possibles,
- 2:18 ça veut dire concrètement que si j'ai des électrons et que je mesure leur spin,
- 2:23 le résultat de la mesure ne pourra être que plus 1 ou moins 1.
- 2:28 En pratique, si on imagine qu'on dispose d'un appareil qui mesure le spin d'une particule,
- 2:32 n'importe quelle particule, quand on y envoie spécifiquement des électrons,
- 2:36 on constate que la réponse affichée par l'appareil sera toujours soit plus 1, soit moins 1,
- 2:41 mais jamais autre chose.
- 2:44 Maintenant, ce qu'affirme le principe de superposition quantique,
- 2:47 c'est qu'il est possible d'envisager des électrons qui soient dans une superposition des deux possibilités,
- 2:53 à la fois plus 1 et moins 1 en quelque sorte.
- 2:56 Pour décrire cette situation, on doit utiliser une notation spéciale
- 3:00 pour désigner les différents états possibles de l'électron.
- 3:04 L'état de spin plus 1, on va le noter avec ce symbole-là.
- 3:07 On écrit plus 1 entre une barre et un crochet.
- 3:10 C'est la notation conventionnelle en mécanique quantique.
- 3:12 L'état de spin moins 1, on va le désigner avec ce symbole-ci.
- 3:16 Et pour décrire un état qui serait une superposition des deux,
- 3:20 on va noter ça comme une somme des deux symboles.
- 3:22 C'est la façon qu'on utilise en mécanique quantique pour désigner cet état superposé.
- 3:27 Mais ce qui est bizarre avec cette notion de superposition, c'est que, je vous l'ai dit tout à l'heure,
- 3:32 l'appareil de mesure du spin, lui, répond toujours soit moins 1, soit plus 1.
- 3:37 Il pourrait très bien mesurer d'autres valeurs,
- 3:39 mais quand un électron le traverse, c'est moins 1 ou plus 1.
- 3:42 En particulier, avec des électrons, l'appareil n'affiche jamais 0,
- 3:46 et il ne répond jamais non plus « c'est une superposition ».
- 3:49 Comment ça se fait ?
- 3:51 Eh bien, ce que nous disent les principes de la mécanique quantique,
- 3:54 c'est que si on a un électron dans un état qui est une telle superposition des deux possibilités,
- 3:59 alors une mesure donnera soit plus 1, soit moins 1, avec 50% de probabilité.
- 4:05 Ça veut dire que si on fait la mesure plein de fois sur plein d'électrons
- 4:08 qui sont tous dans l'état superposé,
- 4:10 eh bien statistiquement, on obtiendra 50% de plus 1 et 50% de moins 1.
- 4:16 Un point important ici, c'est que quand on considère des états superposés,
- 4:20 on n'est pas obligé de faire une superposition équitable des deux possibilités.
- 4:24 On peut de façon générale mettre des proportions dans les états que l'on superpose,
- 4:28 comme dans une recette de cuisine.
- 4:31 Pour noter ces états, on ajoute simplement des coefficients devant les symboles.
- 4:35 Et ces coefficients vont avoir un impact sur les probabilités lors de la mesure.
- 4:40 Si le coefficient pour plus 1 est plus élevé que celui pour moins 1, comme ici,
- 4:44 eh bien on aura plus de chances de trouver plus 1 lors de la mesure.
- 4:47 On en reparlera.
- 4:49 Donc si on résume, la mécanique quantique nous dit d'un côté
- 4:52 que les objets quantiques peuvent se trouver dans des superpositions d'états classiques,
- 4:56 mais de l'autre que quand on fait des expériences,
- 4:59 on ne mesure jamais directement ces superpositions.
- 5:02 On trouve toujours l'une ou l'autre des possibilités,
- 5:05 avec une certaine probabilité qui dépend des proportions dans la superposition.
- 5:10 Et en fait, si vous prenez juste ces principes,
- 5:13 vous voyez que ça règle la question du Schatzschrödinger.
- 5:16 Regarder un chat pour savoir s'il est mort ou vivant, c'est mesurer son état.
- 5:20 Et la mécanique quantique nous dit que de toute façon,
- 5:23 quand on mesure quelque chose, la réponse est toujours bien déterminée.
- 5:26 Donc il n'y a rien d'étonnant à ce que quand on observe un chat,
- 5:29 on trouve toujours qu'il est soit mort, soit vivant.
- 5:32 Il ne nous apparaît jamais en superposition, et c'est bien normal.
- 5:35 Donc il n'y a aucun problème à ne jamais observer de Schatzschrödinger.
- 5:39 Bon ben c'est la fin de la vidéo alors.
- 5:42 Oui, sauf que là, vous vous dites peut-être qu'il y a une arnaque.
- 5:45 La mécanique quantique nous demande d'admettre qu'il puisse y avoir des états superposés,
- 5:50 bon, pourquoi pas, mais en même temps, elle nous dit qu'on ne pourra jamais les observer.
- 5:55 Qu'est-ce qui nous prouve que cette histoire de superposition,
- 5:58 ce n'est pas une vaste entourloupe ?
- 6:01 Pourquoi on devrait introduire cette notion totalement contre-intuitive,
- 6:04 alors que de toute façon, on ne peut jamais les voir, les superpositions ?
- 6:08 Ça se trouve, ça n'existe pas.
- 6:10 Qu'est-ce qui nous prouve que cette notion et ce principe de superposition sont pertinents ?
- 6:15 Eh bien, ce sont notamment les phénomènes d'interférence.
- 6:19 Ce sont eux qui nous poussent à devoir envisager et accepter la notion de superposition quantique.
- 6:25 Prenez la fameuse expérience des fentes d'Young,
- 6:28 quand on la réalise par exemple avec des électrons.
- 6:31 J'en avais parlé dans ma vidéo sur le sujet.
- 6:33 Dans cette expérience, on tire des électrons sur un écran percé de deux fentes,
- 6:37 et on détecte derrière les points d'impact des électrons qui ont traversé.
- 6:41 Cette expérience est fondamentale car ses résultats sont impossibles à expliquer
- 6:45 si on suppose que chaque électron passe simplement par l'une ou l'autre des deux fentes.
- 6:50 Je vous renvoie à la vidéo pour les détails.
- 6:52 Mais ce qu'on constate, c'est que si chaque électron passait seulement par l'une ou l'autre des fentes,
- 6:57 on s'attendrait simplement à détecter deux tâches.
- 7:01 Or, on voit apparaître progressivement cette figure d'interférence.
- 7:05 Et une des façons de l'expliquer, c'est d'imaginer que chaque électron puisse, en quelque sorte,
- 7:10 passer par les deux fentes à la fois, comme s'il était dans un état superposé.
- 7:15 Notez bien que dans cette expérience, on n'observe jamais un électron qui soit spécifiquement dans un état superposé.
- 7:21 On ne voit jamais aucun électron passer par les deux chemins à la fois.
- 7:24 C'est juste l'accumulation statistique de tous les résultats qui fait apparaître des interférences,
- 7:30 et nous pousse à considérer l'idée de superposition.
- 7:34 Si on en revient à notre Schatzschrödinger, si ça existait comme animal,
- 7:38 on comprend que jamais on ne s'attendrait à en observer un directement,
- 7:42 un qui soit visiblement dans un état superposé.
- 7:45 La seule chose qui pourrait éventuellement trahir la nature superposée des Schatzschrödinger,
- 7:50 ce serait de pouvoir faire des interférences avec.
- 7:53 Alors stop, avant que vous alliez chercher un canon pour balancer des chats sur un mur percé de deux fentes,
- 7:58 il faut qu'on précise ce qu'on entend par faire des interférences.
- 8:02 Initialement, je vous ai parlé d'électrons dont on allait considérer des états superposés de spin,
- 8:07 une superposition de plus 1 et moins 1.
- 8:09 Et là, avec les fan de Young, je vous ai parlé d'électrons qui passaient par deux fentes à la fois.
- 8:14 Vous avez peut-être noté que ce n'est pas tout à fait le même genre de superposition.
- 8:18 Dans mon premier cas, je superpose le spin,
- 8:21 mais dans l'expérience des fan de Young, on superpose la position ou la trajectoire des électrons.
- 8:26 Donc les fan de Young c'est bien, mais ça ne prouve rien du tout sur l'existence ou pas d'états superposés pour le spin.
- 8:32 Pourquoi cette seule expérience nous pousserait à superposer tout et n'importe quoi ?
- 8:37 Eh bien, on va voir qu'en fait, la notion d'interférence est quelque chose de très générique,
- 8:42 qu'on peut retrouver partout et qui va bien au-delà de l'expérience des fan de Young.
- 8:47 Et même avec des systèmes simples comme le spin des électrons,
- 8:50 on peut réaliser des interférences qui justifient de devoir parler de superposition.
- 8:55 Pour comprendre ça, on va imaginer qu'on est dans un laboratoire à faire des expériences avec des électrons
- 9:00 et on va essayer de comprendre ce qui se passe.
- 9:03 Imaginez que dans votre labo, vous ayez une machine à produire des électrons à la chaîne comme ça
- 9:08 et que cette machine dispose de trois réglages possibles.
- 9:11 On peut les sélectionner avec un bouton, il y a un réglage moins 1, un réglage plus 1
- 9:16 et un réglage où c'est mystérieusement écrit superposition.
- 9:20 Supposons que dans le labo, vous ayez aussi un appareil à mesurer le spin des particules
- 9:25 et que vous testiez chacun des trois réglages de la machine
- 9:28 en envoyant plein d'électrons et en collectant les valeurs que vous mesurez.
- 9:32 Quand la machine à électrons est sur le réglage moins 1,
- 9:35 vous remarquez alors que le spin mesuré est toujours moins 1 dans 100% des cas.
- 9:40 De même, quand elle est sur plus 1, vous trouvez toujours un spin mesuré plus 1.
- 9:44 Bon, jusqu'ici, tout va bien.
- 9:46 Et ensuite, quand vous mettez la machine sur le réglage qui s'appelle superposition
- 9:50 et que vous faites plein de mesures,
- 9:52 vous constatez qu'environ 50% des électrons qui sortent de la machine
- 9:56 seront mesurés avec un spin plus 1 et 50% avec un spin moins 1.
- 10:01 L'attitude naturelle face à ce résultat, ce serait de dire que manifestement,
- 10:05 la machine, quand elle est sur ce réglage, émet des électrons dont environ la moitié
- 10:10 ont dès le départ un spin plus 1 et l'autre moitié un spin moins 1.
- 10:14 Et si c'était juste ça, on n'aurait pas de superposition,
- 10:17 pas d'électrons qui seraient à la fois l'un et l'autre.
- 10:19 Non, chaque électron serait juste dès le début soit plus 1, soit moins 1.
- 10:23 Techniquement, c'est ce qu'on appelle un mélange statistique.
- 10:26 Et avec juste ces résultats-là pour l'expérience,
- 10:29 eh bien ça semble complètement plausible comme possibilité.
- 10:32 Pourquoi aller parler de superposition, un truc qu'on n'a jamais vu,
- 10:35 alors que tout s'explique très bien avec un simple mélange statistique
- 10:39 d'électrons qui seraient soit moins 1, soit plus 1.
- 10:42 Eh bien imaginez qu'à ce moment-là, le prof de mécanique quantique débarque dans le labo
- 10:46 et vous affirme que non, quand on est sur le réglage superposition,
- 10:50 ça n'est pas un mélange statistique.
- 10:52 Ce sont vraiment des électrons qui sont tous identiques et tous dans un état superposé.
- 10:57 Et pour vous en convaincre, il vous propose de faire des interférences avec.
- 11:01 Il va alors vous chercher un nouvel appareil,
- 11:03 c'est une sorte de cerceau à travers lequel les électrons peuvent passer,
- 11:07 et il vous dit que ça s'appelle un interféromètre.
- 11:10 Et que c'est grâce à lui qu'on va démontrer qu'on n'a pas affaire
- 11:13 à un simple mélange statistique d'électrons moins 1 et plus 1.
- 11:17 Alors vous placez l'interféromètre entre la machine et l'appareil de mesure de spin,
- 11:22 et vous essayez à nouveau les trois réglages.
- 11:25 Quand la machine est sur moins 1, vous constatez qu'après avoir traversé l'interféromètre,
- 11:29 le spin mesuré est cette fois soit plus 1, soit moins 1, avec 50% de probabilité.
- 11:35 Et pareil quand la machine est réglée sur plus 1, on obtient 50-50 de plus 1 et moins 1.
- 11:41 Alors manifestement il se passe quelque chose,
- 11:43 on dirait que l'interféromètre modifie le spin des électrons.
- 11:47 A priori rien d'extraordinaire dans ces résultats,
- 11:50 à première vue on dirait simplement qu'il leur affecte un spin aléatoire.
- 11:54 Ça n'aurait rien d'incongru.
- 11:56 Mais pour l'instant n'essayons pas de deviner ce que ferait vraiment l'interféromètre,
- 11:59 poursuivons d'abord l'expérience.
- 12:02 Vous mettez ensuite la machine sur le réglage qui s'appelle superposition.
- 12:05 Et alors là, surprise, en sortie de l'interféromètre,
- 12:08 cette fois 100% des électrons ont un spin plus 1.
- 12:12 Pas une seule fois on obtient moins 1.
- 12:14 Incroyable non ?
- 12:15 Réfléchissez bien, c'est impossible à expliquer en supposant qu'on ait un simple mélange statistique.
- 12:20 Si la machine sortait moitié d'électrons plus 1 et moitié d'électrons moins 1,
- 12:24 on s'attendrait à avoir 50-50 aussi en sortie d'interféromètre
- 12:28 puisque c'est ce qui se passe à la fois avec les électrons plus 1 et les électrons moins 1.
- 12:32 Je vous laisse y réfléchir si vous n'êtes pas convaincu.
- 12:35 Je répète, quand la machine produit des électrons moins 1,
- 12:38 on mesure 50-50 après l'interféromètre.
- 12:41 Quand ce sont des plus 1, ça fait aussi du 50-50.
- 12:44 Donc si on avait un mélange statistique de moins 1 et de plus 1,
- 12:47 on devrait aussi avoir du 50-50.
- 12:50 Mais là, on a 100% de spin plus 1.
- 12:53 Ça n'a aucun sens.
- 12:54 Même sans comprendre exactement ce que fait ce mystérieux interféromètre.
- 12:57 Ce résultat d'expérience est impossible à expliquer
- 13:00 en supposant que chaque électron soit initialement
- 13:03 soit simplement dans l'un, soit simplement dans l'autre état de spin.
- 13:06 Manifestement, quand on est sur le réglage superposition,
- 13:10 la machine ne fait pas un simple mélange statistique.
- 13:13 Et on est ici dans une situation
- 13:15 qui est en fait assez analogue à celle des Fandung
- 13:18 où on ne pouvait pas expliquer le résultat qu'on obtenait
- 13:21 en supposant que chaque électron passe
- 13:23 soit par l'une, soit par l'autre des deux fentes.
- 13:26 Ici, c'est pareil.
- 13:27 Le résultat est incompatible avec l'idée d'un mélange statistique.
- 13:30 Manifestement, il se passe un truc plus compliqué.
- 13:32 Ce que je viens de vous décrire ici, ça n'est pas une expérience imaginaire.
- 13:35 On peut faire des expériences de ce genre dans un labo
- 13:38 avec différents types de particules et de propriétés.
- 13:41 Et ces expériences, on les appelle aussi des expériences d'interférence.
- 13:45 Pour comprendre ce qui se passe exactement,
- 13:47 je vais vous expliquer ce que fait ce mystérieux interféromètre
- 13:50 et la façon dont il modifie les propriétés des électrons.
- 13:54 Et pour ça, on va utiliser le formalisme de la mécanique quantique
- 13:57 que je vous ai déjà introduit au début.
- 14:00 Alors voici ce qui se passe.
- 14:01 Quand un électron est initialement dans l'état plus 1,
- 14:04 l'interféromètre va le transformer pour le mettre dans l'état superposé
- 14:08 plus 1 plus moins 1.
- 14:10 Et une fois qu'il est dans cet état, quand on mesure son spin,
- 14:13 naturellement, on trouve plus 1 ou moins 1 à une chance sur deux.
- 14:17 Maintenant, quand un électron est initialement dans l'état moins 1,
- 14:20 l'interféromètre va cette fois le mettre dans l'état superposé
- 14:24 plus 1 moins moins 1.
- 14:26 Alors, petite pause ici.
- 14:28 Ce signe moins vous surprend peut-être, mais il est en fait tout à fait légal.
- 14:32 On l'a dit, en mécanique quantique, quand on fait des superpositions,
- 14:35 on peut mettre des coefficients devant les états qu'on superpose.
- 14:39 Et ces coefficients peuvent en fait très bien être négatifs.
- 14:43 En réalité, ça peut même être des nombres complexes,
- 14:45 mais enfin, passons pour le moment.
- 14:47 Alors là, vous vous dites peut-être, comment est-ce qu'on calcule
- 14:49 les probabilités des deux possibilités ?
- 14:52 Quand on a un signe moins, est-ce qu'il y a une probabilité négative ?
- 14:55 Ben non, ça ne voudrait rien dire.
- 14:57 En fait, le signe ne pose pas de problème,
- 14:59 car dans le formalisme de la mécanique quantique,
- 15:01 pour estimer les probabilités de mesurer l'une ou l'autre des possibilités,
- 15:05 on ne regarde pas les coefficients eux-mêmes, mais leurs carrés.
- 15:09 Ah oui, désolé, c'est un peu technique, mais c'est important.
- 15:11 Dans une superposition, les proportions respectives des mesures qu'on peut obtenir
- 15:16 sont données par les carrés des coefficients.
- 15:19 Donc reprenons, quand l'électron est initialement dans l'état moins 1,
- 15:22 l'interféromètre le met dans l'état plus 1 moins moins 1,
- 15:26 et j'applique la règle en prenant le carré 1.
- 15:29 Le coefficient moins 1 ou plus 1, c'est pareil,
- 15:31 et donc si on mesure le spin d'un électron dans cet état,
- 15:34 on aura là aussi 50% de chance de mesurer plus 1 et 50% de chance de mesurer moins 1.
- 15:40 Pour l'instant, ce formalisme explique exactement les résultats qu'on a obtenus.
- 15:44 Bien, maintenant que se passe-t-il quand on envoie dans l'interféromètre
- 15:47 un électron qui serait initialement dans un état superposé, plus 1, plus moins 1 ?
- 15:53 Eh bien, il y a un principe en mécanique quantique qui dit que les transformations sont linéaires.
- 15:58 Ça veut dire que pour savoir ce qu'il arrive à un état superposé,
- 16:01 on a le droit d'additionner les résultats des deux situations prises séparément.
- 16:06 Alors allons-y, j'additionne les deux cas précédents,
- 16:09 et ça fait deux fois l'état plus 1.
- 16:12 Les états moins 1 se compensent et disparaissent.
- 16:15 Ça nous donne donc la réponse à notre question.
- 16:18 Une fois passé dans l'interféromètre,
- 16:19 l'état superposé est devenu un état purement plus 1.
- 16:23 Le coefficient 2 ici n'a pas d'importance.
- 16:25 Ce qui compte, c'est qu'on n'a maintenant que du plus 1.
- 16:28 Donc le résultat de la mesure sera toujours plus 1, dans 100% des cas.
- 16:33 Et ça, c'est bien ce qu'on a obtenu dans notre expérience
- 16:35 et qui semblait impossible à justifier avec un simple mélange statistique.
- 16:39 Et vous voyez que le formalisme des superpositions explique complètement ce qui se passe.
- 16:43 Les états purs moins 1 et plus 1 sont transformés de sorte qu'on obtient ensuite 50-50 quand on mesure,
- 16:49 mais l'état superposé est transformé de façon à donner uniquement plus 1.
- 16:54 Et ce qu'on a là est vraiment un phénomène d'interférence.
- 16:57 On le voit car les deux composantes de l'état superposé sont affectées par l'interféromètre,
- 17:02 mais dans le résultat final, comme les termes de l'état moins 1 se neutralisent,
- 17:06 et bien seul l'état plus 1 ressort.
- 17:09 Bien sûr, on aurait pu imaginer un interféromètre différent, par exemple,
- 17:12 qui réalise l'opération inverse.
- 17:14 On récupérerait uniquement moins 1.
- 17:16 Et il y a encore plein d'autres façons de faire des interférences.
- 17:18 Je vous en ai juste montré une.
- 17:20 Dans tous les cas, vous voyez que le fait d'obtenir ce genre de résultats expérimentaux
- 17:24 montre qu'on n'a pas affaire à un simple mélange statistique,
- 17:28 mais à quelque chose de plus complexe,
- 17:30 quelque chose qui s'explique très bien avec une notion d'état superposé.
- 17:34 Ce que ça illustre, c'est que dès qu'on a un système qui est prétendument dans un état superposé,
- 17:40 on peut se convaincre que c'est bien le cas en lui appliquant une transformation réalisant des interférences.
- 17:46 Si c'est bien une superposition,
- 17:48 on le verra car le résultat des interférences sera différent de celui d'un mélange statistique.
- 17:54 A nouveau, je répète ce point important,
- 17:56 ce genre d'expérience ne prouve pas qu'un électron en particulier soit dans un état superposé,
- 18:01 mais ça fait apparaître les interférences quand on accumule les résultats de façon statistique.
- 18:07 Imaginons qu'on ait une machine à fabriquer des chats Schrödinger,
- 18:10 disons celles imaginées par Schrödinger,
- 18:12 avec une boîte, une fiole de poison, un marteau et un atome en désintégration.
- 18:17 Quand on regarde dans la boîte, on mesure l'état du chat,
- 18:21 et chaque chat nous apparaîtrait toujours individuellement, soit mort, soit vivant.
- 18:26 Mais on pourrait en principe révéler la superposition en ayant plein de boîtes avec des chats
- 18:31 et en faisant des interférences avant d'ouvrir les boîtes.
- 18:35 Allons-y, fabriquons un interféromètre à chats.
- 18:39 Alors oui, mais le hic c'est justement qu'on n'a jamais réussi.
- 18:43 Les expériences d'interférences qu'on arrive à faire avec des objets suffisamment petits comme des particules,
- 18:48 on n'arrive jamais à les faire avec des objets macroscopiques.
- 18:52 Mais pourquoi ? Pourquoi le monde macroscopique à notre échelle serait si différent du monde microscopique ?
- 18:58 Où est la limite entre les deux ?
- 19:00 Ce qui explique que les interférences disparaissent dans le monde macroscopique,
- 19:04 c'est un phénomène très important qu'on appelle la décohérence quantique,
- 19:08 et dont on va parler enfin.
- 19:15 L'idée de base de la décohérence paraît relativement simple.
- 19:18 Elle nous dit qu'en principe, il n'y a pas de problème à faire des interférences avec des objets macroscopiques,
- 19:24 mais qu'en pratique, ces interférences sont toujours détruites à cause des interactions avec l'environnement.
- 19:31 Ce qu'on appelle l'environnement ici, c'est tout ce qu'il y a autour de notre dispositif.
- 19:35 Tout à l'heure, quand j'ai décrit les interférences avec les électrons,
- 19:38 j'ai supposé qu'il n'y avait rien d'autre qui allait venir perturber mon expérience.
- 19:42 Mais dans la vraie vie, les objets sur lesquels on travaille ne sont jamais totalement isolés.
- 19:47 On est dans un bâtiment, il y a tous les appareils autour, il y a l'air ambiant.
- 19:51 Même si on fait l'expérience dans une boîte sous vide, il y a toujours des atomes qui traînent,
- 19:55 du rayonnement électromagnétique qui se balade, etc.
- 19:58 Et ce que nous dit la théorie de la décohérence, c'est que toutes ces interactions parasites
- 20:03 tendent à détruire les interférences et nous empêchent donc de les mettre en évidence.
- 20:08 Et ce d'autant plus que les objets sont gros, composés de plein de particules,
- 20:12 et donc susceptibles de se faire perturber.
- 20:15 Alors, juste dit comme ça, c'est une idée intéressante, mais on n'a absolument rien justifié.
- 20:20 Ça veut dire quoi détruire les interférences ? Pourquoi ça se passerait comme ça ?
- 20:24 Est-ce que ça demande de postuler de nouveaux principes ?
- 20:27 Eh bien non, justement ce qui est beau, c'est que la décohérence n'est pas vraiment une nouvelle théorie.
- 20:32 C'est juste une application des principes de la mécanique quantique.
- 20:36 La décohérence découle de la mécanique quantique, elle en est une conséquence.
- 20:40 Pour vous le montrer, je vais vous en donner une illustration simple dans un cas très particulier,
- 20:46 avec nos électrons superposés et notre interféromètre de tout à l'heure.
- 20:50 Reprenons l'expérience, je rappelle ce que je disais.
- 20:52 On a l'interféromètre dont on a compris comment il agit.
- 20:55 Il transforme l'état plus 1 en plus 1 plus moins 1, l'état moins 1 en plus 1 moins moins 1,
- 21:01 et donc l'état superposé plus 1 plus moins 1 se transforme en 2 plus 1,
- 21:06 ce qui est un phénomène d'interférence.
- 21:08 Et donc si la machine émet bien des électrons dans un état superposé plutôt qu'un mélange statistique,
- 21:13 on peut s'en rendre compte dans les résultats.
- 21:16 Maintenant, supposez qu'il y ait une particule parasite
- 21:19 qui se trouve à proximité sur le chemin entre la machine et l'interféromètre.
- 21:24 Et supposons que cette particule puisse interagir avec notre électron quand il passe.
- 21:28 Alors en vrai, si on voulait vraiment modéliser une situation de décohérence,
- 21:32 on ne prendrait pas une seule particule parasite, on en prendrait plein.
- 21:36 Mais pour faire simple, on va n'en prendre qu'une seule.
- 21:39 Cette particule parasite, on va supposer que c'est aussi une particule
- 21:43 qui peut être dans une superposition de deux états.
- 21:46 Imaginons que cette particule puisse être dans un état A, un état B,
- 21:50 ou n'importe quelle superposition des deux.
- 21:52 Maintenant, il nous faut expliquer comment cette particule va interagir avec notre électron.
- 21:57 Et on va supposer un truc assez simple qui a l'air plutôt innocent.
- 22:00 On imagine que la particule parasite est initialement dans un état inconnu,
- 22:04 mais qu'au voisinage de l'électron, elle subisse son influence.
- 22:08 Si l'électron est dans l'état moins 1, elle se met dans l'état A.
- 22:12 Et si l'électron est dans l'état plus 1, elle se met dans l'état B.
- 22:16 Simple hein ? Elle ne change rien à l'électron,
- 22:18 elle se contente de se faire influencer par lui.
- 22:21 Bien, imaginons maintenant que l'électron soit initialement dans l'état superposé
- 22:25 quand il sort de la machine.
- 22:26 Que se passe-t-il pour la particule parasite ?
- 22:29 Eh bien, si on veut traiter ça correctement au niveau quantique,
- 22:32 il faut bien faire attention à considérer l'ensemble des deux particules.
- 22:36 C'est un peu subtil, mais allons-y.
- 22:39 Si on décrit les deux particules ensemble, classiquement,
- 22:42 il faudrait considérer quatre possibilités.
- 22:44 L'électron peut être mesuré dans l'état plus 1 ou moins 1,
- 22:47 et la particule parasite peut être mesurée dans l'état A ou B.
- 22:50 Et donc ça fait quatre combinaisons possibles pour les deux résultats.
- 22:54 Moins 1 est A, plus 1 est A, moins 1 est B, plus 1 est B.
- 22:58 S'il y a quatre états classiques pour l'ensemble des deux,
- 23:01 ça veut dire qu'un état quantique peut être généralement
- 23:04 une superposition de ces quatre possibilités.
- 23:07 Donc quand je décris un état superposé pour l'ensemble des deux particules,
- 23:11 je dois ajouter les quatre états.
- 23:13 Et pour décrire complètement un état superposé de ce genre,
- 23:16 je devrais aussi spécifier les quatre coefficients
- 23:19 à appliquer à chacun des états.
- 23:21 Si j'imagine que mon électron sort initialement de la machine
- 23:24 dans l'état superposé,
- 23:26 après interaction avec la particule parasite,
- 23:29 vu les règles d'interaction,
- 23:31 l'ensemble des deux se retrouve dans l'état qui est
- 23:34 moins 1 A plus plus 1 B.
- 23:37 A ce stade, rien d'exceptionnel,
- 23:39 c'est juste la traduction en état quantique de la règle d'interaction.
- 23:43 Il faut juste se souvenir de bien décrire les deux particules ensemble.
- 23:47 Pour ceux qui connaissent, vous aurez peut-être reconnu là
- 23:50 ce qu'on appelle une intrication entre les deux particules.
- 23:53 Leur situation est maintenant irrémédiablement liée,
- 23:56 et ce, même si elles ne sont pas forcément localisées au même endroit.
- 24:00 Ensuite, notre électron continue son chemin et arrive dans l'interféromètre.
- 24:04 Qu'est-ce qui se passe ?
- 24:05 Rappelons la règle d'action de l'interféromètre,
- 24:08 on l'a dit, plus 1 devient plus 1 plus moins 1,
- 24:11 plus 1 devient plus 1 moins moins 1.
- 24:13 Et donc notre état complet devient
- 24:16 plus 1 B plus moins 1 B plus plus 1 A moins moins 1 A.
- 24:21 Lisez ça tranquillement, je vous laisse vérifier que j'ai appliqué correctement
- 24:25 l'évolution que l'interféromètre fait subir à l'électron.
- 24:29 Et enfin, l'électron arrive dans l'appareil de mesure du spin.
- 24:33 Et là, j'applique simplement les règles de la mécanique quantique.
- 24:37 Vous voyez qu'il y a 4 états possibles au total,
- 24:40 tous avec le même coefficient, le signe moins et le signe plus jouent le même rôle.
- 24:44 Chacun de ces états a donc 25% de probabilité de se matérialiser.
- 24:49 Mais comme ma mesure ne porte que sur le spin de l'électron, je ne regarde que ça.
- 24:54 Et on voit que la moitié des états possibles conduiront à une mesure de plus 1
- 24:58 et l'autre moitié à moins 1.
- 25:01 Donc là, la mesure va donner plus 1 ou moins 1 à 50-50.
- 25:05 Donc ça n'est plus comme tout à l'heure, souvenez-vous !
- 25:08 Avant, en sortie de l'interféromètre, je trouvais 50-50 pour les états purs,
- 25:12 mais uniquement des plus 1 pour l'état superposé.
- 25:15 C'était le phénomène d'interférence.
- 25:17 Or là, pour l'état superposé, je suis cette fois à nouveau à 50-50.
- 25:20 Il n'y a plus d'interférence.
- 25:22 Le résultat de mesure qu'on obtient est le même que si on avait un simple mélange statistique au départ.
- 25:28 Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 25:30 Regardons à nouveau le détail.
- 25:31 Voici l'état que j'ai en sortie de l'interféromètre.
- 25:33 Plus 1B, plus moins 1B, plus plus 1A, moins moins 1A.
- 25:39 Tout à l'heure, je n'avais pas de particules perturbatrices.
- 25:41 Donc pas de A ou B.
- 25:43 Et les deux termes moins 1 se compensaient.
- 25:45 Il ne restait plus que le plus 1.
- 25:47 C'était ça l'interférence.
- 25:49 Mais là, ça n'est plus le cas.
- 25:50 Ça ne marche plus.
- 25:51 Ma particule parasite s'est intriquée avec mon électron
- 25:54 et ça empêche la compensation des termes.
- 25:57 Et ça détruit donc l'effet d'interférence.
- 26:00 Je répète, le résultat qu'on obtient alors est exactement celui qu'on aurait
- 26:04 si au lieu d'une superposition, on avait initialement un simple mélange statistique.
- 26:09 Les preuves de la superposition ont en quelque sorte disparu.
- 26:13 Ce que je vous ai montré là, c'est que je trouve une des situations les plus simples
- 26:17 et les plus percutantes pour illustrer ce qu'est la décohérence.
- 26:21 On part d'un objet quantique dans un état superposé et placé dans un certain environnement.
- 26:26 À cause de l'interaction entre l'objet et l'environnement, les deux se retrouvent intriqués
- 26:31 et cette intrication détruit les interférences qu'on aurait pu espérer mettre en évidence.
- 26:36 Une fois les interférences détruites, on obtient exactement les mêmes résultats expérimentaux
- 26:40 que si on avait un simple mélange statistique plutôt qu'une superposition quantique.
- 26:45 L'interaction avec l'environnement détruit les effets typiquement quantiques
- 26:50 et fait émerger un comportement classique, normal, conforme à notre intuition de tous les jours,
- 26:55 celle qu'on a du monde macroscopique.
- 26:58 Ce que je vous ai détaillé ici, je le rappelle, c'est un cas extrême de décohérence.
- 27:01 Il n'y a qu'une seule particule parasite qui joue le rôle de l'environnement,
- 27:05 mais l'interaction est très forte puisque cette particule s'intrigue totalement avec l'électron.
- 27:10 Ce qu'on peut montrer avec des calculs plus poussés, c'est qu'on obtient le même genre de choses
- 27:14 si on imagine un environnement constitué d'un très grand nombre de particules parasites
- 27:19 et ayant chacune une très faible interaction avec notre système.
- 27:23 Mais le principe général reste le même.
- 27:25 L'intrication avec l'environnement détruit les interférences.
- 27:29 Alors attention, si vous regardez bien, la décohérence ne détruit pas les superpositions.
- 27:34 Avant la mesure, la superposition existe toujours bel et bien,
- 27:38 mais elle se trouve en quelque sorte diluée dans l'environnement.
- 27:41 Sauf que comme on ne mesure pas les particules de l'environnement,
- 27:44 on ne peut plus voir les interférences qui devraient trahir la présence de cette superposition.
- 27:50 Un point sur lequel j'insiste.
- 27:51 La décohérence n'ajoute rien de nouveau au formalisme de la mécanique quantique.
- 27:55 C'est vraiment une simple application de ces principes.
- 27:58 Et on a fini par comprendre pourquoi elle expliquait la difficulté de faire des interférences avec des objets macroscopiques.
- 28:05 Une implication concrète de la théorie de la décohérence, c'est ce qui concerne les ordinateurs quantiques.
- 28:11 Vous savez peut-être que ceci repose précisément sur la possibilité de manipuler des états superposés
- 28:17 pour réaliser des calculs d'une façon différente et potentiellement plus efficace.
- 28:22 Ces calculs font intervenir des transformations qu'on réalise sur les états quantiques,
- 28:26 un peu comme mon interféromètre de tout à l'heure.
- 28:28 Et pour que tout se passe correctement, il est crucial d'éviter la décohérence
- 28:33 qui casserait les interférences et fausserait les calculs.
- 28:36 C'est la raison pour laquelle quand vous voyez un ordinateur quantique,
- 28:39 c'est souvent une grosse machine très isolée et refroidie à des températures extrêmes.
- 28:44 Un dernier point pour faire le lien avec certaines autres de mes vidéos précédentes.
- 28:48 Que nous dit la décohérence sur la fameuse question des interprétations de la mécanique quantique ?
- 28:54 Eh bien d'une part, vous l'aurez compris, la décohérence n'est pas une interprétation.
- 28:59 C'est une conséquence des lois de la mécanique quantique, indépendante de l'interprétation qu'on choisit.
- 29:04 Ensuite, la décohérence ne résout pas complètement le problème de la mesure.
- 29:09 En effet, elle n'explique pas pourquoi les mesures donnent toujours un résultat bien défini.
- 29:13 Ce qu'on interprète parfois avec l'idée d'effondrement de la fonction d'onde.
- 29:17 Toutefois, il faut reconnaître que la décohérence jette un éclairage nouveau sur la question des interprétations.
- 29:23 Et en particulier, elle semble s'accorder plus naturellement avec certaines interprétations que d'autres.
- 29:29 Notamment avec l'interprétation d'Evrett, dite des univers multiples, dont je vous parlerai dans une prochaine vidéo.
- 29:36 Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, n'oubliez pas de vous abonner, de mettre la cloche,
- 29:40 rejoignez le serveur Discord pour avoir des nouvelles fraîches sur mes activités.
- 29:44 Je vous mets le lien du serveur en description.
- 29:46 Et puis je vous dis à très vite pour une nouvelle vidéo.
- 29:48 A bientôt !
La vidéo aborde le paradoxe intrigant du chat de Schrödinger, une expérience de pensée conçue pour illustrer la nature contre-intuitive de la superposition quantique lorsqu'elle est appliquée à des objets macroscopiques. Elle commence par expliquer le principe de superposition, où un objet quantique peut exister simultanément dans plusieurs états, et la contradiction apparente avec notre expérience quotidienne où les objets apparaissent toujours dans un état défini. La vidéo clarifie que si la mécanique quantique permet des états superposés, toute mesure force le système à adopter un unique résultat défini, expliquant ainsi pourquoi nous ne « voyons » jamais un chat à la fois mort et vivant. Cependant, cela soulève la question de savoir si la superposition est une simple construction théorique. La vidéo introduit ensuite les phénomènes d'interférence, comme la célèbre expérience des fentes d'Young avec des électrons, comme preuve expérimentale convaincante de la réalité de la superposition quantique. Elle illustre cela plus en détail avec une expérience de pensée impliquant le spin d'un électron et un « interféromètre » hypothétique, démontrant comment les figures d'interférence n'apparaissent que si les électrons sont dans un état superposé, plutôt qu'un simple mélange statistique d'états définis. Le formalisme mathématique de la mécanique quantique est brièvement utilisé pour montrer comment les transformations linéaires au sein de l'interféromètre conduisent aux interférences observées, où les composantes de la superposition peuvent interférer de manière constructive ou destructive. Le cœur de la vidéo se déplace ensuite vers l'explication de la raison pour laquelle ces interférences quantiques ne sont pas observées dans le monde macroscopique, introduisant le concept crucial de la décohérence quantique. La décohérence est présentée non pas comme une nouvelle théorie, mais comme une conséquence directe des principes fondamentaux de la mécanique quantique. Elle postule que les interactions entre un système quantique et son environnement (même subtiles) entraînent l'intrication du système avec l'environnement. Cette intrication « dilue » efficacement la superposition quantique dans les vastes degrés de liberté de l'environnement, faisant disparaître les propriétés quantiques du système, telles que la capacité à former des figures d'interférence, de l'observation. La vidéo fournit un modèle simplifié avec une « particule parasite » pour illustrer comment l'intrication empêche l'annulation des termes nécessaires à l'interférence, rendant une superposition expérimentalement indiscernable d'un mélange statistique classique. Enfin, la vidéo aborde les implications pratiques de la décohérence, notamment pour l'informatique quantique, où le maintien de la cohérence quantique est primordial pour les calculs. Elle évoque également brièvement le rôle de la décohérence dans le débat sur les interprétations de la mécanique quantique, clarifiant que, bien qu'elle ne résolve pas entièrement le problème de la mesure, elle offre des aperçus significatifs et s'aligne plus naturellement avec certaines interprétations, comme l'interprétation des Mondes Multiples.
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