Catalyseurs : des outils pour dépolluer les fumées d'usines - Science En Questions
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Cette émission explore la catalyse, un processus chimique essentiel à la vie et omniprésent dans l'industrie, expliquant son fonctionnement, ses types et son rôle crucial dans la dépollution et la transition énergétique, avec des chercheurs d'IFP Énergies Nouvelles.
- 0:00 Quel est le point commun entre les cellules de votre corps, le pot d'échappement de
- 0:03 votre voiture ou encore la fabrication de nombreux médicaments ?
- 0:06 La réponse tient en un mot, la catalyse, bon c'est vrai c'est un terme un peu mystérieux
- 0:10 et pourtant c'est un processus à la fois indispensable à la vie et omniprésent dans
- 0:14 l'industrie.
- 0:15 Mais comment ça marche, à quoi ça sert et surtout quel rôle la catalyse peut-elle
- 0:18 jouer pour répondre aux grands défis de notre époque ?
- 0:20 Entre modélisation numérique et expérience de laboratoire, dans cette émission, on vous
- 0:25 embarque dans les coulisses de la recherche aux côtés de deux scientifiques de IFP Énergie
- 0:29 Allez c'est parti, on commence avec notre premier invité.
- 0:46 Salut à toutes et à tous, ravis de vous retrouver pour une nouvelle plongée au cœur
- 0:49 de la science.
- 0:50 Pour nous accompagner et nous éclairer aujourd'hui et tout au long de cette émission, nous avons
- 0:55 le plaisir de recevoir Céline Chisalet, bonjour Céline.
- 0:58 Bonjour Jean.
- 0:59 Bienvenue sur le plateau de science en question.
- 1:01 Alors vous êtes chercheuse et chef de projet au sein de la direction catalyse, biocatalyse
- 1:06 et séparation IFP Énergie Nouvelles, c'est très précis comme ça.
- 1:10 Alors la catalyse c'est un sujet dont on n'a pas l'habitude d'entendre parler,
- 1:15 mais est-ce que du côté de la recherche et des chercheurs, il y a une communauté scientifique
- 1:19 bien organisée et active dans ce domaine ?
- 1:22 Oui tout à fait, à l'échelle française comme à l'échelle mondiale, la communauté
- 1:26 de catalyse est très active depuis des décennies, tant du point de vue de la recherche fondamentale
- 1:31 qu'appliquée et en particulier on en prend la mesure lorsqu'on fréquente les conférences
- 1:38 internationales de catalyse qui réunissent tous les quatre ans la communauté pour partager
- 1:43 les résultats les plus récents et les objectifs communs pour l'avenir.
- 1:47 Et justement j'ai participé très activement à l'organisation de l'une d'entre elles
- 1:51 en 2024 à Lyon, qui a réuni 2300 participants de 58 pays, ça donne une idée de...
- 1:59 C'est quand même quelque chose d'assez conséquent, et donc à l'occasion de ces congrès, l'objectif
- 2:04 c'est de donner un peu les grandes lignes directrices en matière de recherche.
- 2:09 Tout à fait, en s'appuyant sur les résultats innovants que chacun des chercheurs partage
- 2:14 avec ses pairs, de nouvelles perspectives émergent, des nouvelles collaborations également
- 2:19 parce qu'on promeut la mise en contact de chercheurs qui ont des intérêts communs
- 2:24 et des approches complémentaires, collaborations qui peuvent aller au-delà de la conférence
- 2:29 elle-même et au-delà des frontières nationales.
- 2:32 Et bien c'est ce qu'on a découvert tout au long de cette émission.
- 2:34 Bon par contre les mots catalyse et catalyseur ne parlent peut-être pas à tout le monde,
- 2:39 donc avant d'aller plus loin on a testé les connaissances du public avec un petit quiz
- 2:43 qu'on a posté sur Instagram en amont, on leur a tout simplement demandé s'ils savaient
- 2:48 ce qu'était un catalyseur et on avait 4 propositions possibles, un mini-réacteur
- 2:52 nucléaire, un outil pour concentrer l'énergie, un type de batterie ou une substance qui accélère
- 2:58 une réaction chimique.
- 2:59 On a été inspiré.
- 3:00 Voilà, on peut regarder la réponse, 72%, une substance qui accélère une réaction.
- 3:06 Alors est-ce que le public a bien répondu ?
- 3:08 Tout à fait, je suis assez épatée par le niveau de connaissance du public ou d'intuition
- 3:13 du public.
- 3:14 Effectivement, par définition, un catalyseur est une substance chimique qui accélère
- 3:20 une réaction chimique que va subir certains composés qu'on appelle des réactifs, c'est
- 3:27 un ensemble de molécules dont on part et on souhaite en obtenir d'autres qui sont
- 3:30 des produits.
- 3:31 La plupart du temps, les réactions chimiques sont lentes et pour les accélérer, certains
- 3:38 composés, donc les catalyseurs, ont l'aptitude en interagissant avec les réactifs d'accélérer
- 3:44 les réactions, mais sans être impliqués dans le bilan de la réaction, c'est-à-dire
- 3:49 qu'à la fin du processus, ils sont généralement régénérés.
- 3:52 Donc l'idée est d'accélérer ces réactions, ce qui se décline en termes pratiques par
- 3:59 l'abaissement de l'énergie requise pour activer ces réactions.
- 4:04 On a un petit graphique qui illustre ça, on va le regarder, vous allez nous le décrire.
- 4:08 C'est ce que vous disiez, on a deux courbes, vous pouvez nous les décrire et nous dire
- 4:12 ce que ça représente ?
- 4:13 Tout à fait, cette représentation, on représente l'énergie du système chimique que l'on
- 4:20 considère.
- 4:21 Le système c'est quoi ? C'est le réactif plus le catalyseur, c'est une soupe de molécule.
- 4:24 C'est exactement ça.
- 4:25 Dans le milieu ambiant, dans un réacteur, dans un récipient, vous avez plusieurs composés
- 4:31 qui peuvent être sous plusieurs formes, des liquides, des gaz, des solides.
- 4:36 Vous partez de la gauche du diagramme, de ce qu'on appelle les réactifs et à la fin,
- 4:41 vous arrivez sur les produits qui sont à droite.
- 4:44 Pour que le système puisse produire les produits à partir des réactifs, en l'absence de
- 4:51 catalyseur, il va suivre la courbe rouge et donc on grimpe une sorte de col.
- 4:57 C'est un peu comme quand on doit faire une randonnée en montagne, le système doit passer
- 5:02 par des cols pour passer d'une vallée, celle des réactifs, à une autre, celle des produits.
- 5:07 Il y a une différence d'altitude entre le col, qu'on appelle en chimie l'état de transition,
- 5:12 et puis la vallée initiale des réactifs et évidemment, plus ce col est élevé, plus
- 5:17 il sera difficile et lent de produire la réaction, de faire la réaction.
- 5:22 L'intérêt du catalyseur, c'est justement de nous faire basculer sur la courbe verte,
- 5:28 à savoir de dessiner un nouveau paysage de montagne, de dessiner de nouveaux cols grâce
- 5:34 à l'intervention de ces atomes constitutifs, de générer des nouvelles vallées aussi,
- 5:39 on envoie une au centre qui est d'altitude un petit peu plus élevée que celle des réactifs
- 5:44 et des produits, c'est ce qu'on appelle des intermédiaires réactionnels, et ainsi de
- 5:50 donner la possibilité au système de passer par des cols de plus basse altitude, donc
- 5:55 de plus basse énergie, dans le langage qui nous intéresse ici, et donc naturellement
- 5:59 tout randonneur saura que la randonnée verte est plus facile, elle sera faite plus rapidement
- 6:05 que la randonnée rouge, et c'est exactement ce qui se passe dans un processus catalytique.
- 6:10 Alors sans même qu'on le sache, la catalyse est présente un peu partout autour de nous,
- 6:16 dans quels domaines elle est utilisée, pour quelles applications s'en sert ?
- 6:19 Alors elles sont extrêmement nombreuses, d'abord la catalyse avant d'être utile, c'est vitale,
- 6:26 il faut savoir que l'ensemble des organismes vivants, et nous-mêmes pour commencer, fonctionnons
- 6:34 grâce à des catalyseurs, la vie est permise grâce aux catalyseurs, ce sont des catalyseurs
- 6:39 un peu particuliers, qu'on appelle des enzymes, et qui font fonctionner notre organisme, le
- 6:44 terme d'enzyme peut-être n'est pas étranger au public dans l'aspect digestion, par exemple
- 6:51 la fonction de digestion de notre estomac est assurée par des catalyseurs, également
- 6:55 tous nos organes fonctionnent grâce à des catalyseurs, donc sans catalyseur on ne pourrait
- 7:00 tout simplement pas vivre, et puis la catalyse c'est aussi utile, l'homme développe des
- 7:06 catalyseurs par des recherches assez avancées, pour préparer quasiment tous les produits
- 7:12 chimiques de notre quotidien, à peu près 90% des composés chimiques qui sont essentiels
- 7:18 à notre quotidien, l'ont été grâce à un ou plusieurs catalyseurs, par exemple des
- 7:24 carburants, de nombreux produits chimiques tels que médicaments, cosmétiques, matériaux,
- 7:33 par exemple les plastiques, ainsi qu'aussi des systèmes de dépollution automobile, le
- 7:39 terme de catalyseur est peut-être d'ailleurs plutôt connu dans ce contexte-là, de pots
- 7:43 catalytiques, tout à fait, dont l'objectif c'est quoi exactement ? Alors là l'objectif
- 7:47 des catalyseurs dans ces systèmes de dépollution automobile est de rendre les gaz d'échappement
- 7:54 moins toxiques que ce qu'ils ne sont en sortie de la chambre de combustion du moteur.
- 7:59 Donc très utile dans notre quotidien sans qu'on le sache forcément.
- 8:02 Tout à fait.
- 8:03 Alors il en existe trois grands types, vous avez commencé un peu à l'évoquer, est-ce
- 8:07 que vous pouvez nous présenter ces trois grands types de catalyseurs qui permettent
- 8:10 de faire la catalyse ?
- 8:11 Oui, tout à fait.
- 8:12 Donc le premier que j'ai évoqué, celui qui est essentiel à la vie, c'est un catalyseur
- 8:15 qu'on appelle une enzyme, et ça c'est un catalyseur qui évolue dans des conditions
- 8:19 compatibles avec la vie.
- 8:21 Ce sont des molécules d'assez grande taille et qui sont produites par des organismes tels
- 8:28 que des bactéries, des champignons ou des levures, et qui sont utiles à la vie mais
- 8:33 aussi à des procédés utiles pour les applications de tous les jours.
- 8:37 Et il y a d'autres types de catalyseurs qui peuvent aussi évoluer dans des conditions
- 8:41 qui ne sont pas forcément compatibles avec la vie, donc qui élargissent le champ des
- 8:45 applications possibles.
- 8:46 Vous nous avez rappelé des petits objets.
- 8:48 Voilà, j'ai amené à la fois des échantillons et des modèles, donc là vous avez les échantillons
- 8:52 réels, tels qu'on les manipule, et puis ici quelques modèles moléculaires.
- 8:56 Donc la deuxième famille de catalyseurs que l'on peut illustrer sont des catalyseurs
- 9:02 homogènes.
- 9:03 Alors ça ressemble à ce genre de composés tels que ceux qui sont présentés ici dans
- 9:09 des solutions.
- 9:10 Un catalyseur homogène, c'est un catalyseur qui est dans la même phase physico-chimique
- 9:15 que les réactifs qu'il va devoir transformer, et la plupart du temps, c'est dans une phase
- 9:20 liquide.
- 9:21 Donc on a affaire à des solutions qui peuvent avoir des couleurs variées.
- 9:27 Certaines peuvent être brunes, rouges, vertes, alors souvent, quand elles contiennent en
- 9:32 particulier des entités qu'on appelle des complexes de métaux de transition, ce sont
- 9:40 des molécules, mais j'en ai amené une pour vous montrer.
- 9:43 Alors ici, il s'agit d'un modèle moléculaire, donc c'est un zoom très très très grossi
- 9:47 de ce qui peut être contenu dans des solutions de catalyseurs homogènes.
- 9:50 Donc des choses qu'on ne voit pas du tout à l'oeil nu.
- 9:52 Exactement.
- 9:53 Là typiquement, l'objet que je vous montre représente un assemblage d'atomes, donc
- 9:58 chacune des billes que vous voyez représente un atome, et l'ensemble du catalyseur a une
- 10:03 taille typique d'environ un nanomètre, c'est-à-dire un milliardième de mètre.
- 10:08 Donc ça c'est la structure globale, est-ce qu'il y a, vous parliez du catalyseur homogène,
- 10:14 est-ce qu'il y en a d'autres types ?
- 10:15 Oui, tout à fait.
- 10:16 Il y a aussi les catalyseurs dits hétérogènes, qui par opposition au catalyseur homogène
- 10:21 impliquent un catalyseur qui se trouve dans une phase physico-chimique différente des
- 10:26 réactifs qu'il va devoir transformer, et le cas le plus fréquent, c'est celui où
- 10:30 on a un catalyseur solide qui agit par sa surface en interagissant avec des réactifs
- 10:37 liquides ou gazeux.
- 10:38 J'ai aussi quelques exemples à présenter, alors à l'échelle macroscopique ça peut
- 10:44 prendre plusieurs formes, par exemple un échantillon dit pulvérulant, c'est une poudre, vous
- 10:51 voyez ici, il s'agit d'une poudre d'un hydroxyde d'aluminium qu'on appelle la
- 10:56 beumite qui est un précurseur de catalyseur très employé, et après on peut mettre en
- 11:01 forme ce genre de poudre pour que ce soit plus pratique à employer, un peu comme quand
- 11:05 on fabrique des pâtes à partir de farine et d'autres ingrédients, donc par exemple
- 11:10 ici vous avez ce même solide mis en forme sous forme de monolithe, donc vous pouvez
- 11:16 voir ici des petits objets percés de trous pour permettre justement au réactif de bien
- 11:22 interagir avec la surface du solide, là ce sont des trous qu'on voit, on appelle ça
- 11:27 des macropores, les pores ça veut dire les trous, mais qui sont vraiment macroscopiques,
- 11:33 mais en fait il en existe de bien plus petits aussi dedans, si on fait un zoom sur ces solides
- 11:38 là, on peut voir des trous qui ont quelques nanomètres de diamètre et c'est ce qu'on
- 11:44 voit particulièrement sur ce modèle à l'échelle atomique d'un catalyseur hétérogène particulier
- 11:51 qui est le cas d'une zéolite, où là on voit, je vous vois à travers, les trous qui traversent
- 11:58 ce genre de structure, pour laisser passer les réactifs et servir de réacteurs à l'échelle
- 12:05 nanométrique. Donc si je résume, trois types de catalyseurs, enzymatiques, hétérogènes, homogènes,
- 12:12 aujourd'hui pourquoi il est si important de les étudier ces catalyseurs ? Alors d'abord on a
- 12:18 besoin de ces catalyseurs pour un grand ensemble d'applications, on en a déjà cité certaines,
- 12:22 mais c'est tout particulièrement valide aujourd'hui dans le contexte de la transition
- 12:29 énergétique à laquelle nous aspirons. La catalyse va être un outil de choix et d'ores et déjà un
- 12:37 outil de choix pour nous permettre d'opérer cette transition énergétique en convertissant des
- 12:42 ressources autres que le pétrole, donc des ressources non conventionnelles, en composés
- 12:50 dont on a besoin, donc toujours des carburants, par exemple des biocarburants ou des carburants
- 12:56 solaires ou des molécules telles que celles qu'on produit à partir de pétrole, mais en partant
- 13:01 d'autres ressources. Donc on en a absolument besoin et ces objets sont complexes, ils sont également
- 13:07 très divers, il en existe un très grand nombre de types et comme ils sont compliqués à comprendre
- 13:14 et à optimiser, on a vraiment besoin de beaucoup de travaux de recherche fondamentales pour comprendre
- 13:20 leur fonctionnement et proposer de nouveaux catalyseurs efficaces. Pendant longtemps on a
- 13:25 utilisé ces catalyseurs sans vraiment savoir comment ils fonctionnaient, mais aujourd'hui
- 13:30 les choses évoluent, on cherche à aller plus loin et à les étudier comme on disait, on en parle tout
- 13:34 de suite dans le Science en Action. Alors Céline, vous commencez à évoquer les grands enjeux sociétaux
- 13:43 autour de la recherche des catalyseurs, plus spécifiquement d'un point de vue vraiment très
- 13:49 scientifique, quels sont les enjeux scientifiques ? Qu'est-ce qu'on cherche à connaître, à mieux
- 13:54 connaître sur ces catalyseurs ? Alors on cherche d'abord à connaître l'identité des sites actifs,
- 14:00 ici sur le catalyseur homogène que je vous présentais, tout se passe autour du métal et
- 14:07 néanmoins le comportement du métal est très impacté par les espèces qui l'entourent. Ensuite les
- 14:14 réactifs qui vont interagir avec ces centres métalliques, ici par exemple j'ai une petite
- 14:19 molécule d'éthylène, vont avoir des interactions spécifiques qui ne sont pas connues a priori. On
- 14:24 a besoin de comprendre le fonctionnement de ces catalyseurs pour ensuite optimiser leur
- 14:30 fonctionnement, voire choisir un autre catalyseur qui aurait des chances de mieux fonctionner.
- 14:35 Je m'engage dans une analogie, je ne suis pas sûr que ça fonctionne, vous allez me dire,
- 14:38 mais c'est comme anticiper ce qui pourrait se passer lors d'une première rencontre entre
- 14:43 deux individus, est-ce que ça va matcher ou pas ? Tout à fait et en particulier par exemple pour
- 14:48 illustrer la catalyse, on a besoin d'accélérer les réactions, donc on va être intéressé par
- 14:53 avoir une vitesse maximale de rencontre, par exemple ici entre cette molécule et celle-ci,
- 15:01 qui est une molécule de dihydrogène, pour pouvoir produire cette molécule qui est dite
- 15:08 hydrogénée. Mais on a aussi besoin d'optimiser la sélectivité de la réaction. Alors la sélectivité,
- 15:16 ça désigne le fait qu'un ensemble de réactifs peut donner lieu aux produits que nous souhaitons,
- 15:23 mais aussi à une myriade d'autres produits que nous ne désirons pas. On n'obtient pas
- 15:28 systématiquement le même résultat à la fin ? Exactement et en particulier lorsqu'on fait la
- 15:33 réaction sans catalyseur, elle est souvent d'une part lente, mais en plus peu sélective,
- 15:38 c'est-à-dire qu'on obtient une myriade de produits très divers. Le catalyseur va généralement
- 15:45 orienter la formation d'un des produits parmi l'ensemble des produits possibles. On dit alors
- 15:51 qu'il est très sélectif. Là, si on reprend l'analogie montagnard de tout à l'heure,
- 15:56 ça signifie qu'on part d'une même vallée des réactifs. Je crois qu'on a une image qui est
- 16:01 illustrée. Voilà, tout à fait. On part d'une même vallée des réactifs, mais on peut imaginer accéder
- 16:07 à plusieurs vallées. Sur le schéma, il y en a trois. Celle des produits 1, celle des produits 2,
- 16:13 celle des produits 3. Ça correspond en termes chimiques à des structures moléculaires
- 16:17 différentes. Par exemple, on pourrait imaginer, à partir de cette molécule, aboutir à celle-ci.
- 16:24 Alors, si on imagine que les petites boules grises et les petites boules vertes que j'ai
- 16:29 mises ici en couleur pour illustrer autre chose, mais sont les mêmes que les boules blanches ici,
- 16:33 au lieu d'obtenir cette molécule. Alors, tout dépend de laquelle on souhaite, mais un catalyseur,
- 16:39 selon le choix que vous allez faire de l'identité du catalyseur, va vous orienter soit vers le produit
- 16:46 1, soit vers le 2, soit vers le 3. Et ainsi, vous pouvez choisir la sélectivité de votre procédé.
- 16:52 Donc, on a tout intérêt à bien connaître notre catalyseur et à le produire de la manière la
- 16:56 plus précise possible, on va dire. Exactement. Alors, on se doute, vous nous l'avez expliqué,
- 17:01 que vous travaillez à très petite échelle. Ça doit être très compliqué de le faire en
- 17:06 laboratoire, j'imagine. Donc, pour ça, vous travaillez plutôt sur des modèles numériques.
- 17:11 Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est ? Oui, tout à fait. Alors, la thématique de
- 17:15 catalyse, le thème de recherche lié à la catalyse est très varié. Ma spécialisation plus personnelle,
- 17:21 c'est celle de la modélisation à l'échelle atomique des catalyseurs et de leur fonctionnement.
- 17:26 Alors, l'idée dans ce genre de travaux, dont un des résultats est présenté à l'écran.
- 17:32 Donc, ça, c'est un modèle, c'est un catalyseur, ce qu'on voit. Voilà, c'est un modèle de
- 17:36 catalyseur. Voilà, modélisé sur ordinateur. Exactement. Donc, on imagine, de par des
- 17:42 connaissances antérieures qu'on a, la structure, l'agencement atomique qui pourrait constituer le
- 17:48 catalyseur. Ce que je présentais tout à l'heure, c'est effectivement aussi le produit d'un ensemble
- 17:53 d'investigations, mais on peut le faire aussi par le calcul. Et ensuite, on résout une équation qui
- 18:00 caractérise le comportement de ces atomes. Comme on est à l'échelle atomique, les lois qui sont
- 18:07 valides à l'échelle macroscopique, les lois de la mécanique, typiquement, ne sont plus vraiment les
- 18:12 mêmes. La gravité, par exemple, c'est quelque chose qui ne s'applique plus à cette toute petite
- 18:17 échelle. C'est ça, on est sur des objets vraiment extrêmement légers pour lesquels la gravité n'a
- 18:21 que peu d'effet. Et donc, les calculs dont vous parlez, ils permettent de reproduire un peu ces
- 18:26 lois physiques, c'est ça ? Exactement. Alors, en pratique, on résout l'équation de Schrödinger,
- 18:30 qui était un chercheur autrichien qui a été récompensé du prix Nobel pour ces théories-là,
- 18:35 sur l'ensemble d'atomes qu'on imagine, ce qui nous permet d'une part de quantifier l'énergie du
- 18:42 catalyseur qu'on est en train de considérer et de voir aussi si sa géométrie a été imaginée
- 18:48 correctement ou bien si les atomes doivent être repositionnés pour donner lieu au système le plus
- 18:53 stable possible. Vous ne partez pas de zéro pour produire ces modèles. Qu'est-ce que vous
- 18:58 utilisez ? Les fameuses lois qui sont définies, mais est-ce que vous avez d'autres informations à
- 19:03 votre disposition pour construire ce modèle ? Tout à fait. Déjà, on va se baser sur l'ensemble
- 19:07 des connaissances expérimentales qui ont déjà été documentées par des collègues, par l'analyse
- 19:13 reportée dans la littérature. Ce sont des données qui peuvent provenir d'un grand nombre
- 19:19 d'expérimentations, notamment de spectroscopie. Les spectroscopies, ce sont des techniques
- 19:24 d'analyse qui consistent à étudier les entités chimiques, dont les catalyseurs, avec de la lumière
- 19:32 à différentes énergies. Ça nous renseigne énormément sur la composition du catalyseur
- 19:39 et déjà certains agencements d'atomes les uns par rapport aux autres. Si je comprends bien,
- 19:43 on regarde comment se comporte le catalyseur en conditions réelles et on se dit si il se
- 19:48 comporte ou s'il réagit comme ça, c'est probablement qu'il y a tel atome, tel atome,
- 19:51 agencé comme ci ou comme ça. Tout à fait. On peut même avoir certaines techniques de
- 19:57 microscopie qui font des images presque à l'échelle atomique, avec une résolution atomique. C'est de
- 20:05 plus en plus développé avec des techniques de pointe. Vous avez directement la photo de l'agencement
- 20:11 des atomes. Exactement, même s'il s'agit d'une photo souvent bidimensionnelle. Certaines techniques
- 20:17 parviennent aussi à nous donner des idées tridimensionnelles. Néanmoins, même avec toutes
- 20:21 ces techniques de pointe, il demeure souvent assez difficile de proposer un modèle non
- 20:28 ambigu ou suffisant pour appréhender toutes les propriétés à l'échelle atomique. C'est en cela
- 20:33 que les calculs théoriques, menés main dans la main avec ces approches expérimentales,
- 20:38 apportent des informations considérables. Mais l'idée, c'est de reproduire le plus
- 20:43 fidèlement possible le catalyseur sur ordinateur pour après, j'imagine, faire tout un tas de tests.
- 20:50 On va l'évoquer. Est-ce que vous travaillez sur un catalyseur en particulier ? Je crois que celui-là,
- 20:54 vous l'aimez bien. Oui, je l'aime bien parce que j'ai élaboré ce modèle personnellement. Je
- 21:03 travaille surtout dans le domaine de la définition des catalyseurs hétérogènes, qui appartiennent par
- 21:08 exemple à la famille de ceux-ci. Ceux qui sont montrés à l'écran, c'est un modèle de
- 21:15 silice allumine amorphe. C'est un catalyseur très compliqué. On s'en sert pour quoi, par exemple ?
- 21:21 On s'en sert, par exemple, pour promouvoir des réactions de déshydratation d'alcool en
- 21:26 molécules carbonées, utiles pour faire des carburants ou des polymères par la suite. Ou
- 21:33 également pour couper de grosses molécules en molécules plus petites, lorsqu'on veut
- 21:37 ajuster la taille de ces dernières, pour des applications diverses aussi en chimie ou dans
- 21:43 le domaine des carburants. Dans le nom de silice allumine amorphe, ça vous indique qu'on a un peu
- 21:50 de silicium, un peu d'aluminium, mais que le tout est amorphe, donc sans forme. Donc, il est très
- 21:57 compliqué expérimentalement de définir la structure à l'échelle atomique de ces entités. Un certain
- 22:05 mystère tourne autour du fonctionnement de ces entités-là. C'est en cela que le calcul à
- 22:11 l'échelle atomique peut apporter des éclairages, même si il est complexe d'établir un modèle de
- 22:16 ces systèmes-là, puisqu'ils n'ont pas de forme. A l'inverse, celui-ci, la zéolite, a quasiment la
- 22:25 même composition que celui qui est illustré là, mais il a une forme, il a un agencement mieux
- 22:32 défini. Alors, comment vous l'utilisez ce modèle ensuite ? On a commencé à l'évoquer pour le
- 22:36 construire, mais comment vous l'utilisez et qu'est-ce que vous étudiez ? Une fois qu'on a un
- 22:42 modèle dans lequel on a confiance, de par la comparaison avec l'expérience, on va essayer de
- 22:48 calculer comment il interagit avec les réactifs. Par exemple, avec cette molécule, quelles vont
- 22:56 être les interactions des atomes du catalyseur avec les atomes de la molécule ? Et puis, on va
- 23:01 essayer de décrire le petit paysage de montagne que j'évoquais tout à l'heure, donc de trouver
- 23:06 l'état de transition qui relie le réactif au produit, de le définir tant en termes d'énergie
- 23:14 que de structures d'agencement atomique. C'est-à-dire quoi ? Que vous allez chercher quelle partie du
- 23:20 catalyseur interagit avec le réactif ? Tout à fait, et puis ensuite, comment ce réactif, en
- 23:26 interaction avec le catalyseur, ensemble, change de structure pour fournir d'abord l'état de
- 23:32 transition, le col, puis pour fournir le produit de réaction, la deuxième vallée. On arrive à
- 23:38 calculer tout ça. Donc vous regardez tout au long de la réaction ce qui se passe ?
- 23:42 Tout à fait, et ça nous permet également de quantifier l'énergie, donc l'énergie dite
- 23:47 d'activation entre l'état de transition et le réactif, que l'on peut alors comparer aux expériences
- 23:52 de nouveau. Et donc ça, ça vous donne une idée de la performance du catalyseur ? Tout à fait,
- 23:57 on recherche généralement des énergies d'activation les plus faibles possibles pour
- 24:03 avoir une randonnée la plus facile possible, la plus rapide. Et j'imagine que donc tout ça,
- 24:09 ça vous amène à améliorer la sélectivité aussi dont vous parliez tout à l'heure ? Tout à fait.
- 24:14 Si on connaît mieux la façon dont évolue la forme, la structure, et puis comment ça interagit avec
- 24:20 l'air réactif, on arrive à mieux se dire qu'on aura tel produit à la fin. Tout à fait, on peut
- 24:25 quantifier la sélectivité à partir de ces calculs. Pour cela, il faut calculer l'ensemble des chemins
- 24:30 de randonnée possibles que l'on imagine et comparer les barrières respectives de ces chemins,
- 24:37 celle qui est la plus faible, nous indiquant quelle est la plus probable. Encore faut-il
- 24:44 réussir à passer du modèle que vous avez construit sur ordinateur à quelque chose de
- 24:50 physique, dans un bécher ou dans un contenant, en laboratoire. Comment on passe de l'un à l'autre ?
- 24:58 Vous n'avez pas une imprimante à catalyseur ? Non, tout à fait. On va suggérer ainsi à nos
- 25:04 collègues quels sont les sites actifs à promouvoir pour avoir la réaction la plus
- 25:09 rapide possible. Le site actif, c'est sur un catalyseur, ce sont les atomes et ensemble
- 25:16 d'atomes qui jouent vraiment un rôle par rapport au réactif. Donc là, par exemple, sur cette
- 25:19 entité, c'est vraiment l'atome de rhodium qui est ici représenté en gris. Ils ne sont pas tous impliqués
- 25:25 forcément dans la réaction ? Exactement, pas tous directement. Les atomes les plus éloignés du rhodium
- 25:30 ont un rôle indirect mais moins direct par rapport au réactif. Donc connaissant leur fonctionnement,
- 25:36 on peut faire ainsi la proposition de structures à viser pour nos collègues expérimentateurs et
- 25:44 ensuite le travail va devoir reprendre au laboratoire pour essayer de préparer les
- 25:50 catalyseurs correspondants, ce qui n'est pas toujours une tâche aisée, et de caractériser
- 25:58 les systèmes expérimentaux obtenus pour voir s'ils correspondent aux prédictions théoriques.
- 26:03 Ce qui est assez confortable dans le calcul théorique, c'est aussi qu'on peut calculer le
- 26:07 comportement d'un catalyseur dont on ne sait pas s'il existe encore ou pas. Il suffit d'imaginer
- 26:13 une composition nouvelle, de calculer son comportement et si elle est prometteuse, c'est-à-dire si elle
- 26:19 produit des randonnées de basse altitude, d'essayer de motiver nos collègues expérimentateurs à tenter
- 26:26 de les préparer. Donc on peut aussi orienter le design théorique de catalyseurs.
- 26:32 On va découvrir un peu plus tard ce qu'il va se passer dans le laboratoire, mais comment vous voyez
- 26:36 évoluer dans les années à venir la recherche sur la catalyse ? La recherche sur la
- 26:41 catalyse est en plein mouvement, très dynamique, comme je le disais tout à l'heure, c'est un acteur
- 26:45 clé de la transition énergétique. Et effectivement, c'est dans ce sens que la catalyse évolue très
- 26:51 largement. Alors selon un ensemble d'objectifs que la conférence de 2024 nous a permis de bien cibler,
- 26:57 la première c'est déjà d'essayer d'optimiser les procédés catalytiques existants, de manière à
- 27:04 faire en sorte d'avoir cette énergie d'activation qui baisse justement pour qu'on ait moins besoin
- 27:10 de chauffer le système pour que la réaction soit aussi rapide, si ce n'est plus rapide. Donc ça c'est
- 27:17 dans un contexte d'économie d'énergie. Et puis bien sûr, les grandes voies de recherche qui sont
- 27:22 ouvertes sont celles des ressources alternatives au pétrole, notamment celles de la transformation
- 27:29 de biomasse et des déchets de biomasse en biocarburant et en bioproduits. La transformation
- 27:36 aussi du dioxyde de carbone, dont il sera question un petit peu plus tard, gaz à effet de serre, en
- 27:43 produits valorisables, la catalyse a un rôle essentiel à jouer. Également pour la production
- 27:47 d'hydrogène comme carburant alternatif dans des véhicules dédiés. Et on voit également un très
- 27:54 grand champ de recherche s'ouvrir sur le fait d'utiliser des moyens autres que la température
- 28:01 pour activer nos catalyseurs, c'est-à-dire autre que juste chauffer le système, mais d'utiliser des
- 28:08 sources telles que la lumière, l'électricité ou les micro-ondes pour activer le fonctionnement
- 28:13 de nos catalyseurs. Donc des méthodes d'activation non conventionnelles, ça donne lieu à énormément
- 28:18 de travaux de recherche qui doivent se poursuivre à l'avenir, tant sur le plan très fondamental,
- 28:22 la compréhension, que sur le plan très appliqué, comment industrialiser des systèmes catalytiques
- 28:28 performants avec tout le continuum qui est entre cette recherche très fondamentale jusqu'à
- 28:33 l'appliqué. On en verra justement un exemple dans la suite de l'émission. Merci Céline pour ces
- 28:38 explications. Merci à vous. Alors on va passer maintenant au vrai ou faux, je vous propose de
- 28:44 découvrir ça tout de suite. Alors le principe est simple, on va afficher trois affirmations et puis
- 28:54 on va vous demander Céline de nous dire si c'est vrai ou si c'est faux. Alors à la maison on va
- 28:58 vous laisser cinq secondes pour jouer, ça va être très rapide donc tenez-vous prêts. On commence
- 29:03 avec la première affirmation, donc elle s'affiche, un catalyseur avec des défauts est moins performant
- 29:09 qu'un catalyseur parfait. Bon c'est vrai que, bah non je ne sais pas en fait, je vous laisse nous
- 29:15 dire si c'est vrai ou faux. Alors en fait c'est faux, une fois n'est pas coutume, la perfection n'est
- 29:22 pas toujours un atout et au contraire un catalyseur a intérêt à présenter des défauts par rapport à
- 29:29 une structure qui serait vraiment idéale au sens chimique du terme, puisque le défaut est
- 29:34 généralement un concentré d'énergie et rend le site en question beaucoup plus réactif, donc plus
- 29:41 enclin à interagir avec les réactifs pour arriver à catalyser rapidement la réaction. Qu'est-ce
- 29:49 qu'on appelle un défaut sur un catalyseur ? Alors un défaut ça peut être par exemple le fait que
- 29:55 ici vous partez d'une entité où l'atome ici est entouré d'un nombre de voisins qui lui convient
- 30:02 bien pour le stabiliser, mais là il est trop stable alors ça n'est pas très facile pour lui
- 30:08 de réagir. La première chose qui va se passer pour vraiment générer le catalyseur, là en fait on a
- 30:12 juste une molécule qui est le précurseur d'un catalyseur, eh bien on va faire en sorte qu'un
- 30:18 de ces groupes puisse quitter la sphère de coordination du métal et ça, ça constitue un
- 30:24 défaut sur lequel les molécules de réactif vont se ruer pour stabiliser à la fois la molécule et
- 30:32 le site catalytique. C'est vrai aussi pour le catalyseur hétérogène qui présente par exemple
- 30:38 des défauts ici en bordure de cristal, donc ce sont généralement des voisins qui manquent à des
- 30:46 atomes qui le rendent enclin à avoir un nouveau voisin, celle de la molécule de réactif.
- 30:52 Donc c'est mieux parfois d'avoir des imperfections. Tout à fait. Passons à l'affirmation numéro 2, après
- 30:58 utilisation un catalyseur devient un déchet, donc un déchet dans le sens quelque chose qu'on ne va
- 31:03 pas réutiliser ou qu'on va jeter, est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?
- 31:06 Alors là encore c'est de nouveau faux, en théorie et par définition un catalyseur
- 31:14 accélère une réaction sans entrer dans le bilan de la réaction, donc une fois qu'il a interagi avec
- 31:19 les réactifs et qu'il les a transformés en produits, les produits sont évacués vers le milieu extérieur
- 31:24 et un nouveau cycle catalytique peut s'amorcer pour convertir une nouvelle molécule de réactif.
- 31:31 En théorie à l'infini, la théorie n'est en pratique pas complètement vérifiée, des phénomènes
- 31:39 parasites de désactivation du catalyseur se produisent, ce qui amène à un affaissement des
- 31:46 performances du catalyseur au cours du temps, mais dans ce cas là aussi on a une solution pour
- 31:51 faire en sorte que le catalyseur ne soit pas un déchet, pour de très nombreux catalyseurs on sait
- 31:56 régénérer ou recycler ces catalyseurs pour qu'ils retrouvent leur performance initiale et qu'ils
- 32:03 puissent ainsi de nouveau être impliqués avec une durée de vie assez prolongée dans un grand
- 32:09 nombre de sites catalytiques. Il faut du recyclage des déchets. Tout à fait. Alors troisième et
- 32:14 dernière affirmation, un catalyseur peut aussi ralentir une réaction chimique, c'est vrai que
- 32:19 jusqu'à présent on a parlé d'accélérer, pourquoi pas ralentir, est-ce que c'est vrai ou est-ce que
- 32:25 c'est faux ? Alors de nouveau ce sera faux, je suis désolée, tous les choix ont été faits dans ce sens là.
- 32:31 Alors il existe des entités chimiques qui effectivement ralentissent une réaction par
- 32:37 rapport à une situation où cette entité chimique serait absente, mais de fait on ne l'appelle pas
- 32:42 un catalyseur. Un catalyseur par définition, par la définition d'ailleurs qui en a été donnée dès
- 32:48 le 19e siècle, est une entité qui est capable d'accélérer une réaction. Les entités qui
- 32:54 ralentissent les réactions on les appelle plutôt des inhibiteurs. Certaines d'entre elles peuvent
- 32:59 aussi ralentir le fonctionnement du catalyseur lui-même, donc se constituer comme des poisons,
- 33:05 donc on va chercher à les éviter dans le milieu réactionnel. Parfait, merci beaucoup Céline,
- 33:10 c'était très clair jusqu'à présent. On y voit déjà un peu plus clair sur ce qui se cache derrière
- 33:14 le mot catalyseur. À présent on va découvrir comment ce travail de modélisation peut aider
- 33:19 celui des chimistes au laboratoire. Plus précisément on va s'intéresser à un type de catalyseur assez
- 33:24 fascinant, ce sont les photocatalyseurs. Mais à quoi servent-ils, comment les conçoit-on en
- 33:29 laboratoire et quelles sont les potentielles applications pour la transition écologique ?
- 33:32 On en parle avec l'un de vos collègues à IFP Énergie Nouvelle, tout de suite dans l'esprit d'équipe.
- 33:37 Bonjour Sébastien Roth, bienvenue sur le plateau de Science en Question. Vous êtes ingénieur de
- 33:46 recherche à IFP Énergie Nouvelle et votre domaine à vous c'est la photocatalyse, un type particulier
- 33:51 de catalyse. Pour commencer, est-ce que tout simplement vous pouvez nous expliquer ce qu'est
- 33:56 la photocatalyse et la différence avec la catalyse classique ? La photocatalyse c'est une sous
- 34:01 catégorie de la catalyse où on va donc utiliser l'énergie du soleil pour venir activer le
- 34:07 catalyseur pour faire la réaction d'intérêt. On parlera plus de catalyseur mais de photocatalyseur
- 34:12 pour photocatalyse. On l'a dit, dans la catalyse classique, ce qui active le catalyseur c'est la
- 34:19 température ? Voilà c'est ça, dans la catalyse classique ça va être la température donc on va
- 34:24 même parler de catalyse thermique et dans notre cas donc c'est l'énergie du soleil donc on parle
- 34:29 de photocatalyse. L'avantage ici c'est que l'énergie solaire est une énergie renouvelable,
- 34:34 ça veut dire que dans la catalyse classique, quand on utilise une énergie thermique est-ce
- 34:40 que souvent on utilise des sources d'énergie carbonée ? Oui, la plupart du temps on utilise
- 34:45 des sources d'énergie carbonée et donc maintenant avec le contexte de transition énergétique et bien
- 34:50 on cherche à utiliser d'autres sources d'énergie dont les énergies renouvelables et dont le soleil
- 34:54 qui est une source d'énergie d'ailleurs abondante. Si on fait un petit calcul on peut se rendre compte
- 34:59 qu'une heure d'ensoleillement sur la globalité de la planète ça équivaut à peu près à la
- 35:04 consommation énergétique mondiale sur une année entière. Et alors quelles sont les applications
- 35:08 de la photocatalyse ? Dans quelles réactions chimiques par exemple on les utilise ? Alors
- 35:12 la photocatalyse peut servir à convertir des petites molécules comme du CO2, de l'azote ou
- 35:18 de l'eau en soit molécules plateformes donc c'est à dire des molécules qui vont être centrales
- 35:25 au niveau des applications chimiques donc pour faire de nombreux composés à la fois en pharmaceutique,
- 35:32 dans les bâtiments, le textile, les plastiques etc ou alors en carburant donc qui vont être des
- 35:39 combustibles et dans ce cas là quand ils sont formés à partir de photocatalyse on parlera de
- 35:43 carburants solaires puisqu'ils ont été produits à partir de l'énergie du soleil. Est-ce qu'il y a
- 35:47 d'autres utilisations, d'autres applications de cette photocatalyse plus concrètement ? Alors ça
- 35:54 peut aussi servir à dépolluer les eaux, à saignir l'air ou aussi à nettoyer les surfaces et par
- 36:00 exemple il y a un exemple concret d'un bâtiment en Italie qui est recouvert de photocatalyse
- 36:07 et qui va donc avoir des propriétés auto nettoyantes. C'est l'église qu'on voit juste ici
- 36:11 à Rome ? Voilà exactement donc en fait avec la pollution on peut avoir des composés organiques
- 36:16 qui vont se déposer à la surface du bâtiment qui vont avoir tendance à le noircir et donc grâce
- 36:21 au revêtement du photocatalyse ça va permettre de le nettoyer sous la lumière du soleil tout seul.
- 36:27 Donc là si je comprends bien on a la lumière du soleil qui va éclairer le photocatalyse et la
- 36:36 matière organique ça va déclencher une réaction, ça va dégrader les polluants ? C'est ça, ça va
- 36:40 dégrader la matière organique qui a été déposée et donc permettre au bâtiment de rester blanc plus
- 36:45 longtemps. Ça économise du temps de nettoyage. Ça veut dire que c'est quelque chose qui est
- 36:49 incorporé dans la peinture ? Oui c'est ça par exemple ça peut être incorporé dans la peinture.
- 36:53 Alors Sébastien vous vous travaillez plus spécifiquement sur la photocatalyse du CO2,
- 36:58 du dioxyde de carbone donc si je résume voilà en faisant réagir du CO2 avec des photocatalyseurs
- 37:05 qui sont activés par la lumière du soleil, vous cherchez à convertir le CO2 en autre chose on l'a
- 37:10 dit soit des molécules plateformes soit des carburants. Est-ce que vous pouvez nous donner
- 37:15 quelques exemples de molécules ou de carburants qu'on peut obtenir en convertissant le CO2 ? Oui
- 37:21 alors comme molécule plateforme on peut obtenir de l'acide formique, du méthanol ou du formaldéhyde
- 37:26 par exemple qui vont donc tous les trois avoir des applications donc soit comme je le disais
- 37:31 en pharmaceutique, textile et construction et comme carburant solaire on peut obtenir du méthane
- 37:37 et de l'éthane par exemple qui sont utilisés comme combustibles pour produire de la chaleur par
- 37:42 exemple. La photocatalyse du dioxyde de carbone elle est parfois surnommée la photosynthèse
- 37:48 artificielle, pourquoi est-ce qu'on compare avec ce mécanisme là ? Oui alors c'est parce que la
- 37:53 photocatalyse du dioxyde de carbone ça s'inspire de ce que fait la nature avec la photosynthèse
- 37:58 donc ça je pense que ça parle peut-être à tout le monde plus que la photocatalyse du CO2 où
- 38:03 donc les plantes vont utiliser le CO2 pour le convertir à l'aide de la lumière du soleil pour
- 38:08 former des sucres qui sont utiles à leur métabolisme et leur permettre de grandir et de vivre et donc
- 38:13 nous on va chercher à faire la même chose avec les photocatalyseurs et donc c'est d'ailleurs pour ça
- 38:17 qu'on parle donc de photosynthèse artificielle et le photocatalyseur on peut l'imager par du coup
- 38:22 une feuille artificielle ou une plante artificielle puisqu'il a exactement le même rôle que les
- 38:28 végétaux dans la nature. Alors ça veut pas dire pour autant qu'on va remplacer les arbres par des
- 38:32 systèmes de photocatalyse, déjà ça ferait des forêts un peu un peu étranges mais surtout la
- 38:37 photocatalyse elle est plutôt destinée à des applications où le CO2 est assez concentré c'est
- 38:41 ça ? Oui voilà c'est ça donc la grande différence c'est que les plantes elles sont capables de
- 38:45 convertir le CO2 qui les entoure dans l'air donc en très faible quantité puisque dans l'air on est
- 38:50 principalement composé d'oxygène et d'azote alors que les photocatalyseurs eux ils vont être plus
- 38:55 performants avec du CO2 sous forme concentrée donc c'est pour ça que nous ce qu'on viserait
- 39:01 plutôt comme application c'est de se placer directement en sortie de cheminée d'usine où
- 39:05 donc les fumées sont déjà disposent déjà de CO2 concentré pour être converti directement.
- 39:11 Justement c'est un projet sur lequel vous travaillez en laboratoire donc concrètement
- 39:15 on mettrait une zone de filtre c'est ça à quoi ça ressemblerait c'est pour récupérer le CO2 émis
- 39:21 par les cheminées d'usine et le convertir en autre chose est ce que vous pouvez nous en dire
- 39:26 un peu plus ? Oui alors l'image que ça va avoir je sais pas exactement mais il y a par exemple un
- 39:32 premier exemple à l'échelle semi industrielle de photocatalyse qui existe donc c'est pas pour
- 39:38 convertir le CO2 c'est plutôt pour convertir l'eau en hydrogène mais là ça va s'apparenter à une
- 39:43 sorte de ferme photovoltaïque donc avec des genres de panneaux solaires mais plutôt que d'avoir un
- 39:48 matériau photovoltaïque ce qu'on va contenir le panneau ça va être le photocatalyseur donc ça
- 39:54 pourrait s'apparenter à des fermes photovoltaïques qui sont juste à côté de l'usine donc on
- 39:59 récupérerait les fumées et on les enverrait directement à l'intérieur de ces panneaux là
- 40:04 et donc dans un schéma idéal ce qu'on aimerait bien c'est que les composés soit ils soient
- 40:09 réutilisés ailleurs mais qu'ils puissent aussi être directement réutilisés au sein même de
- 40:14 l'usine donc leur utilisation pourra reproduire potentiellement du CO2 qui sera donc à nouveau
- 40:19 reconverti et avoir en quelque sorte une boucle fermée de laquelle le CO2 ne sortirait pas.
- 40:26 Oui potentiellement on pourrait réutiliser, recycler presque à l'infini le CO2 sans qu'il
- 40:32 n'agisse jamais comme un gaz à effet de serre parce que c'est ça le...
- 40:35 Voilà donc ça c'est si on atteint le 100% de conversion.
- 40:37 Alors évidemment il y a un fort enjeu écologique derrière le développement de cette technologie
- 40:42 étant donné qu'on le rappelle le dioxyde de carbone c'est l'un des principaux gaz à effet de
- 40:46 serre et il contribue fortement au dérèglement climatique. Alors concrètement comment ça se
- 40:50 passe au laboratoire ? Votre objectif c'est de tester différents photocatalyseurs et le but
- 40:57 c'est quoi ? C'est de voir lesquels convertissent le mieux le CO2 ?
- 41:00 Oui voilà alors nous on travaille sur la synthèse des photocatalyseurs donc au laboratoire leur
- 41:06 caractérisation pour avoir leur propriété dont parlait Céline tout à l'heure par exemple et
- 41:10 ensuite on vient les tester sur une unité qu'on a qui est dédiée à IFP Energies Nouvelles qui
- 41:15 vient donc être représentative un peu de l'application qui est visée donc de sortie
- 41:19 de cheminée d'usine. Donc justement là on a un schéma qui explique ce sur quoi vous travaillez
- 41:23 est-ce que vous pouvez nous décrire ce qui se passe ? Oui donc on envoie le CO2 en phase gaz
- 41:28 qui va se mélanger à de l'eau donc tous les deux en phase gaz donc ça ça va être nos deux réactifs
- 41:33 ils vont être envoyés vers le réacteur qui est au centre de l'image donc à l'intérieur on va avoir
- 41:39 notre photocatalyseur qui va être déposé en couches minces et donc ce photocatalyseur il va
- 41:44 être illuminé par une lampe qui vient simuler l'énergie du soleil sur une certaine gamme de
- 41:49 longueur d'onde et donc après la réaction va se passer au niveau du réacteur et en sortie de
- 41:55 réacteur on va récupérer les produits qu'on a qu'on a formés et les analyser par chromatographie
- 42:00 phase gaz. Vous l'avez dit pour avant de tester ces photocatalyseurs vous les synthétisez
- 42:07 donc vous les fabriquez en fait en laboratoire déjà comment on trouve de nouveaux photocatalyseurs
- 42:12 c'est là que peut-être les travaux de Céline peuvent vous aider ? Oui exactement c'est une
- 42:17 des possibilités ça peut être du coup les travaux de Céline qui vont nous orienter vers
- 42:21 des candidats potentiels qui seraient intéressants de synthétiser et de tester en photocatalyse ou
- 42:28 alors ça peut être des inspirations lorsqu'on va lire la bibliographie sur des publications
- 42:33 de nos pères. Et ensuite comment vous fabriquez le photocatalyseur parce qu'on a vu que c'était
- 42:41 vraiment à des échelles atomiques moi j'imagine vraiment quelqu'un qui a une pince à épiler même
- 42:45 si bon c'est beaucoup plus gros mais qui manipulerait des atomes comme ça comment on les fabrique ?
- 42:49 Alors il y a plein de voies de synthèse différentes mais ça va pas être avec une pince à épiler ça va
- 42:56 plutôt être avec des manipulations classiques qu'on peut faire en laboratoire de chimie comme
- 43:00 tout le monde faisait à l'école avec des ballons des béchères etc pour pour donner une image simple.
- 43:06 Et alors quelles sont les propriétés que vous vous cherchez dans un photocatalyseur par exemple
- 43:12 quel serait le photocatalyseur parfait ? Et bien déjà il faut chercher à ce que le photocatalyseur
- 43:20 il absorbe bien la lumière du soleil ça ça va être la première étape et qu'il ait aussi une bonne
- 43:24 affinité avec le dioxyde de carbone donc celui ci puisse être en bonne interaction avec notre
- 43:29 photocatalyseur vu que ça va être notre réactif et ensuite d'avoir une plus grande surface possible
- 43:36 donc pas la surface qu'on va voir à l'oeil nu mais par rapport à tous les micropores dont on parlait
- 43:41 tout à l'heure Céline on va avoir une surface qui va se former à l'intérieur du catalyseur et ça
- 43:46 ça va être la surface active du matériau donc d'avoir une grande surface pour pouvoir avoir
- 43:54 plus de plus de réaction. Le but c'est d'avoir le plus de rendement ou le plus d'efficacité avec
- 43:59 j'imagine le moins de quantité de catalyseur exactement. Le photocatalyseur parfait doit
- 44:05 justement surtout pas être parfait. Au stade où en sont vos travaux est-ce que vous avez
- 44:13 déjà identifié des photocatalyseurs des candidats intéressants pour l'application dont on a parlé
- 44:18 donc à la sortie des cheminées d'usine ? On a plusieurs candidats intéressants mais pour le
- 44:23 moment on n'a pas de solution miracle on va dire de photocatalyseurs qui excellent dans la
- 44:31 conversion du CO2 donc on travaille toujours dessus mais oui on a des pistes et donc notamment
- 44:36 dans le solaire on a les photovoltaïques donc des fois on essaye de s'inspirer des matériaux qui
- 44:42 sont faits dans le photovoltaïque par exemple. Pour revenir à l'enjeu environnemental un des
- 44:48 objectifs de l'accord de Paris c'est d'atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici
- 44:52 2050 comme vous disiez voilà ce projet de photocatalyse du CO2 il est encore au stade
- 44:57 expérimental est-ce que si on se projette un peu est-ce que vous pensez que d'ici 2050 ce projet
- 45:03 là pourrait contribuer à la réduction des émissions ? Alors j'espère mais de manière plus
- 45:08 raisonnable je pense que je peux dire que les premières industrialisations elles seront sûrement
- 45:12 à horizon 2050 et qu'on aura vraiment une technologie plus mature un peu après ces eaux là
- 45:18 et donc ça pourra participer à ce net zéro si on ne l'a pas encore atteint et sinon dans tous
- 45:24 les cas ça permettra de diversifier les modes de production d'énergie sans pour autant venir
- 45:29 impacter le net zéro qui sera déjà atteint. Alors actuel quelles sont les grandes barrières
- 45:36 qui empêchent de passer à l'échelle supérieure à l'échelle de l'industrialisation ? Alors pour
- 45:40 le moment en termes d'efficacité énergétique on arrive à environ entre 1 et 5 % d'efficacité
- 45:47 c'est ce que la nature fait avec la photosynthèse également donc on est aussi bon que la nature
- 45:51 mais on estime que pour pouvoir industrialiser et commercialiser ce genre de procédés il faudra
- 45:56 atteindre au moins 10 % d'efficacité donc pour qu'à la fois le procédé soit viable et qu'on ait
- 46:01 une empreinte au sol qui soit minime donc tout à l'heure on parlait de surface donc pour éviter
- 46:06 d'occuper une trop grande surface pour collecter l'énergie solaire il faut avoir quelque chose
- 46:10 de très efficace pour pouvoir le concentrer sur une plus petite surface. On le rappelle comme
- 46:15 toujours quand on fait des émissions sur des technologies comme celle-ci on n'est pas là pour
- 46:18 présenter une solution miracle qui va forcément remplacer toutes les énergies fossiles ce sera
- 46:24 un levier parmi d'autres dans le contexte de la transition énergétique donc voilà on n'attend
- 46:31 pas non plus il n'y a pas des promesses. Il n'y a pas de solution miracle mais il y a plusieurs
- 46:35 solutions qui peuvent toutes entre elles parvenir à améliorer cela. En tout cas c'est une piste
- 46:41 intéressante à explorer comme pas mal d'autres technologies pour réduire nos émissions de gaz
- 46:46 à effet de serre et d'ailleurs ça fait l'objet de la question qu'on a posée au public, on est
- 46:51 allé les rencontrer dans la rue pour savoir ce qu'ils pensaient justement de la technologie pour
- 46:56 réduire nos émissions de gaz à effet de serre je vous propose d'écouter leur réponse. Je pense
- 47:00 que oui avec toutes les évolutions technologiques qui arrivent que moi je ne m'y connais pas beaucoup
- 47:05 mais je pense que c'est le début à plein de solutions à des problèmes qu'on pouvait pas
- 47:10 résoudre avant donc oui je pense que ça va main dans la main. Déjà alors je vais peut-être dire
- 47:15 une bêtise mais déjà le premier truc qui me vient à l'esprit c'est les voitures électriques même
- 47:18 s'il y a de trucs qui polluent dans les voitures électriques je pense que c'est déjà un début. Oui
- 47:23 oui à part que les voitures électriques c'est pareil il faut des trucs métaux rares et qu'il
- 47:28 faut aller les chercher donc c'est compliqué. Clairement oui et j'ai bon espoir pour trouver
- 47:34 que les gens vont trouver des solutions sur plein de moyens, des nouvelles énergies qui
- 47:42 seront moins polluantes bien évidemment quoi d'autre encore sur de l'optimisation et sur
- 47:47 des moyens de transport différents. On a toujours inventé des choses pour améliorer pour contre
- 47:55 carrer les inconvénients du progrès donc je pense que c'est on finira par trouver des solutions. Je
- 48:03 pense que c'est plus défavorable à l'écologie j'ai l'impression la technologie en général ne
- 48:07 serait-ce que de par la consommation d'énergie dont elles ont besoin qu'elle génère. Je pense
- 48:12 c'est une bonne partie mais il y a surtout l'acte humain en fait je pense que derrière il faut
- 48:15 vraiment que l'humain se prenne conscience qu'en fait on va dans un gouffre quoi on va dans un
- 48:21 gouffre et que c'est à nous la nouvelle génération de régler pas mal de problèmes qui ont été faits
- 48:26 il y a longtemps et que en fait il faut qu'on se rende compte de l'enfer que c'est quoi. Céline
- 48:32 une petite réaction par rapport à ce que vous venez d'entendre ? Je pense qu'effectivement on a
- 48:35 un ensemble de remarques pleines de bon sens qui sont faites et qui sont sans doute motivées par
- 48:40 l'ensemble d'informations dont le grand public dispose donc effectivement il y a un vrai besoin
- 48:46 de transition énergétique. Comme ça a été mentionné alors le fait que les technologies
- 48:51 nous fassent consommer de l'énergie c'est vrai dans une certaine mesure mais justement certaines
- 48:57 d'entre elles ont pour objectif notamment grâce aux catalyseurs de les rendre plus frugales d'essayer
- 49:03 de faire en sorte que les technologies consomment moins d'énergie mais il est vrai qu'il y a un
- 49:09 équilibre à jouer sur ces développements technologiques et puis sur notre frugalité
- 49:14 à nous comme consommateurs qui pourra aussi aider cette transition qui paraît très difficile à
- 49:22 réaliser mais sur laquelle on peut essayer de tendre. Bon la photocatalyse est un des outils
- 49:28 tout à fait clé dans ce domaine. Alors une dame a dit quelque chose d'intéressant on a toujours
- 49:32 inventé des choses pour contrecarrer les inconvénients du progrès donc avec l'idée que
- 49:36 le progrès doit un peu réparer ses propres erreurs c'est un peu un peu le serpent qui se
- 49:39 mord la queue. Est-ce que ce sont des réflexions que vous avez dans le cadre de vos pratiques ?
- 49:44 La question du coût bénéfice et de l'énergie qu'on dépense par exemple je pense à vous
- 49:50 Céline pour faire des calculs on utilise des supercalculateurs par exemple qui peuvent être
- 49:54 consommateurs. Est-ce qu'il y a des démarches de sobriété ou des réflexions autour de ça dans
- 49:59 votre activité ? Oui tout à fait alors déjà dans la gestion et le choix des technologies pour le
- 50:05 supercalcul il y a une réflexion autour de l'économie d'énergie qui est faite dans la
- 50:11 conception de ces objets donc par des spécialistes qui conçoivent les supercalculateurs et puis par
- 50:17 ailleurs on voit aussi émerger des champs de recherche dans les thématiques respectives alors
- 50:22 la catalyse en fait partie sur comment optimiser justement la ressource supercalculateur qu'on va
- 50:28 exploiter ce qui induit un coût des émissions de co2 en corollaire par rapport aux besoins qu'on a
- 50:35 en termes de précision donc l'idée est dans ce genre de recherche de ne pas forcément faire le
- 50:40 plus gros calcul possible mais le calcul nécessaire à la description réaliste du système au niveau de
- 50:49 théories adaptées donc d'adapter justement la complexité du calcul qu'on fait donc la consommation
- 50:56 énergétique également face aux résultats visés donc ce sont des réflexions un peu récentes mais
- 51:01 qui alimentent aussi nos domaines de recherche. On n'a pas encore de catalyseur informatique pour
- 51:07 réduire l'énergie dont on a besoin ? Tout à fait, le catalyseur informatique n'est qu'une vue de l'esprit et
- 51:15 après ce qui compte c'est sa déclinaison pratique à l'échelle expérimentale. Bon alors maintenant on
- 51:20 va s'intéresser à vos parcours respectifs pour comprendre ce qui vous a amené dans ce domaine là
- 51:25 on découvre ça tout de suite dans la séquence en coulisses. Alors cette séquence on la commence
- 51:33 toujours par un petit défi on va vous laisser à chacun 30 secondes montre en main pour vous
- 51:38 présenter. Céline c'est vous qui passez en premier est-ce qu'on peut lancer le chrono ?
- 51:43 On va essayer. Je suis originaire du département de la Loire je viens d'un milieu ouvrier et
- 51:49 agricole donc les sciences c'était pas très évident. J'ai découvert à l'occasion de ma
- 51:54 scolarité donc un bac scientifique puis des classes préparatoires aux grandes écoles à Saint-Etienne
- 51:58 et ensuite j'ai intégré l'école normale supérieure de Paris où j'ai suivi le cursus de chimie qui
- 52:04 m'a mené jusqu'à l'agrégation et au doctorat de chimie en catalyse que j'ai soutenu à l'université
- 52:10 Paris 6 avant d'intégrer IFP Énergie Nouvelle où je suis actuellement chef de projet.
- 52:14 Sébastien on va enchaîner tout de suite avec vous, est-ce que vous êtes prêt ?
- 52:21 Oui et promis je vais pas répéter exactement mot pour mot ce que Céline a dit.
- 52:25 On lance le chrono alors.
- 52:29 Alors moi après un bac scientifique j'ai fait les classes préparatoires aux grandes écoles
- 52:34 et j'ai intégré l'ENS de Lyon où en parcours sciences de la matière en physique et chimie
- 52:40 donc plus orienté chimie. J'ai également fait un double diplôme avec l'école polytechnique de
- 52:45 Milan en Italie donc je me suis plus spécialisé en ingénieur des matériaux et j'ai terminé par
- 52:50 une thèse en photocatalyse du CO2 déjà à IFP Énergie Nouvelle et donc depuis quelques mois
- 52:56 je suis ingénieur chercheur à IFP Énergie Nouvelle.
- 52:58 Merci d'avoir relevé le défi, on va encore approfondir quelques points de votre parcours.
- 53:09 Déjà on note que vous avez tous les deux des parcours assez proches, vous êtes tous les deux
- 53:13 passés par l'ENS mais c'est pas forcément le parcours typique quand on veut faire de la
- 53:17 recherche en laboratoire c'est ça ?
- 53:19 En fait il y a de nombreuses opportunités qui permettent d'aboutir à ce métier.
- 53:24 Les cursus les plus évidents pour faire de la recherche sont les cursus universitaires,
- 53:29 le fait de faire des études dans une école normale supérieure est finalement un moyen
- 53:34 comme un autre d'accéder à ces formations, ce sont des formations de qualité mais qui mènent
- 53:39 aussi à ces métiers-là, qui mènent aussi au métier de l'enseignement et puis on peut
- 53:42 aussi accéder au métier de la recherche via les écoles d'ingénieurs. Le parcours de Sébastien
- 53:49 a aussi cette double facette contrairement au mien. L'ingrédient essentiel pour être
- 53:56 chercheur c'est de disposer du diplôme de doctorat Bac plus 8 et puis par ailleurs il
- 54:02 faut aussi je pense mentionner que pour accéder à un travail de laboratoire il y a aussi d'autres
- 54:06 formations qui s'orientent plutôt vers les métiers de technicien de laboratoire ce qui
- 54:11 permet de vraiment manipuler ses fioles au quotidien donc là on est plutôt sur des
- 54:17 diplômes de type Bac plus 2, Bac plus 3, brevet de technicien supérieur, diplôme universitaire
- 54:26 de technologie. Oui donc il y a une grande diversité de métiers et de parcours et de
- 54:32 façons d'y aller. De travailler sur la catalyse de plein de façons différentes. Tout à fait. Céline
- 54:36 vous le disiez vous venez d'un milieu ouvrier agricole sans forcément de modèles qui auraient
- 54:41 pu vous orienter directement vers les sciences. Aujourd'hui vous êtes quand même dans un domaine
- 54:44 scientifique très pointu alors comment vous est venu le goût des sciences ? Alors le goût des
- 54:48 sciences m'est vraiment venu grâce aux enseignants que j'ai croisé alors je dirais presque dès
- 54:53 l'école primaire puisque j'avais un enseignant dans mon village qui était vraiment très enclin
- 54:58 à nous faire expérimenter ensuite évidemment au collège les différents professeurs de mathématiques
- 55:03 sciences physiques sciences de la vie et de la terre ont joué un rôle complètement décisif
- 55:07 donc je les remercie je ne les remerciera jamais assez tous ceux qui m'ont accompagné sur tout
- 55:12 mon parcours ont été vraiment décisifs. Initialement votre votre premier coup de coeur
- 55:18 c'était pas la chimie ? Oui mon premier coup de coeur c'était la géologie alors j'avais
- 55:23 l'habitude étant petite de revenir les poches pleines de cailloux après chacune de mes promenades
- 55:27 je ramenais aussi des bouquets de fleurs à ma maman mais je gardais les cailloux pour moi et
- 55:32 d'ailleurs ma chambre d'enfant en est toujours envahie et effectivement j'avais vraiment une
- 55:38 affinité pour la géologie. La chimie était ma passion également donc j'ai pas eu de difficulté
- 55:44 à passer sur la chimie et bon peut-être que j'aurais été heureuse aussi comme géologue,
- 55:50 on a de nombreux collègues géologues à IFP énergie nouvelle mais néanmoins la chimie m'a
- 55:56 donné pleinement satisfaction je me suis d'ailleurs tournée plutôt vers la chimie minérale liée à
- 56:01 des cristaux à des matériaux ce qui est aussi directement connecté à la géologie qui étudie
- 56:07 par un autre prisme des matériaux également. Alors Sébastien comme Céline vous avez un cursus
- 56:13 en physique chimie qu'est ce qui vous a fait pencher et aller vers plus vers la chimie ?
- 56:18 Depuis tout petit moi j'aimais beaucoup comprendre le monde qui m'entourait comment les choses
- 56:24 fonctionnaient etc et donc la physique chimie c'est ce qui permet d'expliquer tous les phénomènes qui
- 56:28 nous entourent donc j'ai eu très vite un attrait pour pour cette matière à l'école voilà et après
- 56:33 j'ai beaucoup hésité avec la médecine aussi mais finalement c'est la physique chimique qui a
- 56:38 gagné. Aujourd'hui qu'est ce qui vous plaît le plus dans votre activité quotidienne ? Ce que j'aime
- 56:44 le plus c'est qu'on apprend tous les jours en fait de nouvelles choses et alors on s'imagine peut-être
- 56:51 pas ça quand on parle du métier de chercheur mais en fait on a beaucoup d'interactions avec les gens
- 56:54 et donc on s'enrichit aussi beaucoup les uns les autres de par nos interactions donc ça c'est ce
- 57:00 que j'aime le plus dans notre métier. Et plus spécifiquement comment vous vous êtes orienté
- 57:05 vers la photocatalyse et qu'est ce qui vous a plu dans ce domaine qui est finalement très très
- 57:09 spécifique ? Oui alors ça ça a été un peu par hasard si je puis dire. C'est mon premier stage
- 57:17 que j'ai fait c'était un stage en photovoltaïque donc on utilise aussi l'énergie solaire et pendant
- 57:23 mon cursus donc à l'école normale supérieure mon problème c'était l'aspect un peu trop
- 57:28 fondamental des cours qui nous étaient dispensés donc c'est pour ça que j'avais fait un double
- 57:31 diplôme d'ingénieur où cette fois-ci j'ai trouvé que c'était un petit peu trop appliqué donc j'ai
- 57:36 cherché un institut qui était un peu à la frontière entre l'appliqué et le fondamental et donc j'ai vu
- 57:41 que IFP Énergie Nouvelle répondait à ce critère là et comme du coup j'avais déjà eu un passif avec
- 57:46 l'énergie solaire il y avait un sujet sur photocatalyse donc voilà j'ai postulé. Céline
- 57:53 même question qu'est ce qui vous plaît plus dans votre métier ? C'est justement dans le même
- 57:57 ordre d'idée que ce que Sébastien a mentionné c'est la très grande diversité de notre quotidien
- 58:02 le fait qu'on apprenne tout au long de notre vie professionnelle je pense qu'on peut passer toute une
- 58:08 vie professionnelle dans le domaine de la recherche en étant en posture d'apprentissage constant et la
- 58:13 diversité s'exprime aussi entre les phases où on est effectivement très concentré sur l'analyse
- 58:19 d'un problème scientifique complexe donc un peu seul à seul et puis les phases où on est en partage
- 58:24 avec l'équipe avec laquelle on travaille notamment des jeunes chercheurs et puis aussi des chercheurs
- 58:30 plus expérimentés où les idées fourmillent et où de ces discussions émergent de nouvelles idées
- 58:34 les moments où on communique aussi de manière très formalisée en conférence nos résultats les
- 58:40 moments où on répond à des interviews sur des plateaux comme aujourd'hui sont plus rares mais
- 58:44 également très appréciables ça fait partie des de la diversité du métier et puis des moments où
- 58:49 on rédige où on écrit pour faire le report scientifique aussi rigoureux et clair que possible
- 58:56 pour ancrer nos résultats pour la postérité et faire en sorte qu'ils puissent contribuer à des
- 59:02 progrès par des pairs par d'autres personnes qui pourraient être inspirés alors Céline vous l'avez
- 59:07 dit vous aimez bien apprendre mais vous aimez bien aussi enseigner vous auriez pu ne pas travailler
- 59:12 dans un laboratoire mais dans une dans une salle de classe vous avez donc longtemps hésité entre la
- 59:17 recherche et l'enseignement oui tout à fait à l'école normale supérieure de paris justement on forme à
- 59:23 la fois des enseignants et des chercheurs aussi des enseignants chercheurs et effectivement j'ai
- 59:28 beaucoup hésité sur l'une ou l'autre des voies si bien que j'ai passé le concours de l'agrégation
- 59:34 en 2003 pour devenir enseignante avant d'enchaîner sur un diplôme de doctorat pour découvrir la
- 59:40 facette recherche du métier j'ai un petit peu enseigné aussi pendant cette phase et les hésitations
- 59:46 ont continué suite au diplôme de doctorat parce que les deux métiers me paraissait intéressant
- 59:52 avec une gestion du quotidien différente et donc pour cette raison j'ai j'ai aussi souhaité découvrir
- 59:58 la pratique de la recherche dans un contexte un petit peu différent et donc là j'ai pu avoir
- 1:00:04 cette opportunité à IFP Energies Nouvelles ce qui m'a également plu mais je continue d'enseigner
- 1:00:08 quand même un petit peu pas beaucoup par an mais au contact des étudiants on découvre déjà que la
- 1:00:17 manière qu'on doit choisir d'expliquer les choses nous amène à mieux les comprendre également pour
- 1:00:22 nous-mêmes et puis le fait de partager les connaissances qu'on a pour les générations
- 1:00:26 futures c'est extrêmement important donc c'est une facette du métier qui m'intéresse particulièrement
- 1:00:29 vous voyez vous y consacrer à 100% un jour ? c'est tout à fait envisageable mais je pense que
- 1:00:36 j'aurais quand même du remords et de la tristesse à laisser tomber la stimulation que produit
- 1:00:41 l'activité de recherche donc je ne suis pas dans cet état d'esprit aujourd'hui parce que je suis
- 1:00:45 encore très motivée par le fait de faire des petites découvertes de fourmis mais de contribuer
- 1:00:52 à l'édifice de l'augmentation de la connaissance est une grande stimulation également. Et vous
- 1:00:57 Sébastien si vous deviez vous réorienter ce serait dans quel métier ? dans la médecine ?
- 1:01:04 oui voilà donc ce serait peut-être un peu plus difficile mais si j'avais dû choisir une autre
- 1:01:08 voie oui je pense que ça aurait été la médecine pour pouvoir non pas du coup aider les gens
- 1:01:13 indirectement comme là on essaye de le faire mais aider plus directement les gens les soignants.
- 1:01:18 Bon merci beaucoup avant de se quitter on vous a demandé de nous partager une
- 1:01:22 recommandation culturelle donc on va découvrir ça tout de suite dans la reco des invités
- 1:01:26 Alors Céline quelle recommandation avez-vous souhaité nous partager ?
- 1:01:34 donc j'ai choisi de partager avec vous un ouvrage d'un philosophe qui est assez médiatisé qui
- 1:01:41 s'appelle Charles Pépin donc l'ouvrage que j'ai choisi de mettre en avant s'appelle les
- 1:01:44 vertus de l'échec alors il est en lien avec notre quotidien de chercheurs puisque des échecs dans
- 1:01:49 la vie du chercheur il y en a beaucoup même si aujourd'hui nous donnons une version édulcorée
- 1:01:53 de notre métier nous montrons que ces facettes les plus luisantes il y a quand même des moments de
- 1:01:57 doute des moments où on ne comprend vraiment pas le comportement de ces objets complexes que sont
- 1:02:03 les catalyseurs c'est vrai pour tous travaux de recherche et on a l'impression d'être dans une
- 1:02:08 situation d'échec et dans ces cas là il faut trouver la force de rebondir mais justement c'est
- 1:02:13 de l'échec que peut venir aussi l'inspiration pour aller plus loin alors Charles Pépin ne parle pas
- 1:02:20 de catalyseurs dans cet ouvrage mais néanmoins l'analogie est tout à fait directe alors cet
- 1:02:25 ouvrage m'a aussi je l'ai trouvé très aidant sur le plan personnel pas seulement sur le plan
- 1:02:29 professionnel donc je pense qu'il peut inspirer de nombreux lecteurs il est exprimé dans un langage
- 1:02:35 très clair très imagé avec des exemples à la fois tirés de la littérature assez élaborée notamment
- 1:02:44 de citations philosophes dont Charles Pépin s'inspire mais aussi de fait du quotidien qui
- 1:02:50 parle au grand public et c'est un ouvrage vraiment tranquillisant qui aide à progresser dans des
- 1:02:56 situations difficiles merci beaucoup et vous Sébastien qu'est ce que vous avez choisi de nous
- 1:03:00 partager alors moi c'est la série de documentaires netflix notre planète qui je trouve vraiment très
- 1:03:06 bien très bien fait et qui en fait permet d'apprécier la beauté de la nature et son fonctionnement donc
- 1:03:11 présente à la fois la diversité des espèces présentes sur la terre et aussi comment la nature
- 1:03:17 fonctionne et qui permet aussi d'éveiller un petit peu aux problématiques de changement climatique
- 1:03:22 etc mais sans se vouloir trop moralisateur donc je le recommande vraiment à tout type de public
- 1:03:29 alors merci Sébastien merci Céline pour ces recommandations et pour toutes ces informations
- 1:03:32 au long de l'émission on arrive justement à la fin de cette émission merci à vous d'avoir
- 1:03:37 suivi cette émission jusqu'au bout on se retrouve bientôt pour un nouveau numéro de
- 1:03:41 sciences en question tout aussi passionnant
Cette émission de "Science En Questions" plonge au cœur de la catalyse, un processus chimique fondamental et souvent méconnu, essentiel à la vie et omniprésent dans l'industrie. Animée par deux scientifiques d'IFP Énergies Nouvelles, Céline Chisalet et Sébastien Giraud, elle démystifie ce concept complexe. La catalyse est définie comme l'accélération d'une réaction chimique par une substance, le catalyseur, qui n'est pas consommée dans le processus. Les catalyseurs agissent en abaissant l'énergie d'activation nécessaire à la réaction, rendant ainsi des transformations chimiques plus rapides et plus efficaces. Un graphique illustre comment un catalyseur crée un "chemin" énergétique plus facile pour passer des réactifs aux produits. L'émission souligne l'importance vitale de la catalyse, présente dans tous les organismes vivants sous forme d'enzymes, qui régulent des fonctions essentielles comme la digestion. Au-delà de la biologie, la catalyse est cruciale pour l'industrie, intervenant dans la production de près de 90% des composés chimiques quotidiens, incluant les carburants, les médicaments, les cosmétiques, les plastiques et les systèmes de dépollution automobile, tels que les pots catalytiques qui transforment les gaz d'échappement toxiques en substances moins nocives. Trois grands types de catalyseurs sont présentés : 1. Les catalyseurs enzymatiques : des molécules biologiques complexes opérant dans des conditions compatibles avec la vie. 2. Les catalyseurs homogènes : dissous dans la même phase que les réactifs, souvent des solutions liquides contenant des complexes de métaux de transition. 3. Les catalyseurs hétérogènes : solides agissant par leur surface sur des réactifs liquides ou gazeux, comme des poudres ou des monolithes poreux (zéolites). La recherche en catalyse est présentée comme un pilier de la transition énergétique et de la lutte contre la pollution. Les scientifiques cherchent à optimiser ces outils pour convertir des ressources non conventionnelles (comme le CO2) en carburants ou molécules utiles, et à améliorer les processus de dépollution. Les enjeux scientifiques incluent l'identification des sites actifs, la compréhension des interactions moléculaires et l'optimisation de la sélectivité des réactions. Les parcours de Céline Chisalet et Sébastien Giraud, tous deux issus de l'École Normale Supérieure et docteurs en chimie, illustrent la diversité des chemins vers la recherche. Ils partagent leur passion pour la compréhension du monde, l'apprentissage continu et l'importance des interactions humaines dans leur métier. L'émission met en lumière la complexité et la richesse du domaine de la catalyse, un champ de recherche dynamique et essentiel pour l'avenir.
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