Surtourisme: Les réseaux sociaux vont-ils tuer le tourisme? -Sur le front avec Hugo Clément 13⧸05⧸24

reportage 52:31 Fuente ↗ surtourisme réseaux sociaux impact environnemental tourisme durable ardèche pont d'arc
Desbloquea subtítulos, velocidad y más

Inicia sesión para cambiar el idioma de los subtítulos, ajustar la velocidad y cambiar el tamaño y color.

Ce reportage explore l'impact dévastateur du surtourisme, exacerbé par les réseaux sociaux, sur des sites naturels emblématiques en France (Ardèche, Etretat, Crozon) et aux Maldives, tout en présentant des initiatives locales pour un tourisme plus durable.

⚠️ Estas son traducciones generadas por IA — pueden tener errores. ¡Reporta cualquier error o añade un comentario para ayudar a otros estudiantes! (Ocultar este aviso)
  1. 12.
  2. 0:01 Raptor
  3. 0:02 13.
  4. 0:03 Jade
  5. 0:04 Falls
  6. 0:05 14.
  7. 0:06 Protide
  8. 0:07 14.
  9. 0:08 Fright
  10. 0:10 16.
  11. 0:14 Break
  12. 0:18 17.
  13. 0:24 Le Pont d'Arc
  14. 0:39 Bonsoir et bienvenue sur le front.
  15. 0:41 Nous sommes devant l'un des sites les plus photographiés de France, le Pont d'Arc,
  16. 0:45 la porte d'entrée dans les gorges de l'Ardèche.
  17. 0:47 C'est devenu un incontournable sur les réseaux sociaux, à tel point que 2 millions de visiteurs
  18. 0:52 se bousculent dans le département chaque année et transforment ce petit coin de nature
  19. 0:56 en autoroute à canot et kayak.
  20. 0:59 Comment ces sites naturels parviennent-ils à accueillir autant de monde ?
  21. 1:04 Première question toute simple, pourquoi il y a-t-il toujours de l'eau dans cette rivière à touristes ?
  22. 1:10 On s'aperçoit qu'il y a quand même un débit très important, il y a des petits rapides.
  23. 1:15 D'où vient ce débit en plein été, alors qu'on est en période de sécheresse
  24. 1:20 et que la plupart des cours d'eau alentours sont quasi à sec.
  25. 1:24 La nature s'est complètement désertifiée, on n'a jamais eu des niveaux aussi bas.
  26. 1:29 En même temps, il n'a pas plu tout l'hiver, ça fait 4 mois qu'il fait hyper chaud.
  27. 1:32 Pour connaître l'origine de cette eau, nous allons remonter la rivière Ardèche.
  28. 1:37 Et 50 kilomètres en amont, on arrive ici.
  29. 1:41 Un drôle d'endroit où l'Ardèche qui était un petit ruisseau devient d'un coup une grande rivière.
  30. 1:48 On s'aperçoit que la partie amont de l'Ardèche arrive ici,
  31. 1:51 et on a un affluent, la fontolière, qui amène beaucoup d'eau.
  32. 1:55 Ça permet de vraiment gonfler la rivière Ardèche.
  33. 1:57 La majorité de l'eau ne vient pas des sources de l'Ardèche,
  34. 2:00 mais d'un petit affluent qui, lui, étonnamment, n'a pas l'air de souffrir de la sécheresse.
  35. 2:05 C'est assez surprenant de voir qu'en fait un affluent amène beaucoup plus d'eau que la rivière principale.
  36. 2:11 Vous pensez bien que nous allons aussi remonter ce cours d'eau,
  37. 2:16 jusqu'à un immense barrage et une usine hydroélectrique.
  38. 2:21 A partir de là, l'eau disparaît.
  39. 2:25 On ne voit pas d'eau parce qu'elle vient de sous terre.
  40. 2:28 On voit qu'en fait ils ont creusé un tunnel de plus de 20 kilomètres sous la montagne,
  41. 2:32 et on va chercher de l'eau à presque 1000 mètres de dénivelé d'ici.
  42. 2:35 L'eau sur laquelle on fait du kayak est passée par une conduite forcée à travers la montagne.
  43. 2:42 Et nous allons enfin savoir d'où elle vient.
  44. 2:45 D'ici.
  45. 2:48 Ce cours d'eau, avec son barrage, c'est la Loire.
  46. 2:53 Oui, la Loire, le plus grand fleuve de France, qui se jette dans l'océan Atlantique.
  47. 2:59 L'Ardèche, ça n'a rien à voir.
  48. 3:01 C'est cette rivière qui se jette dans le Rhône et rejoint la Méditerranée.
  49. 3:05 On a construit un ouvrage pour prendre l'eau de la Loire et la déporter dans l'Ardèche.
  50. 3:12 Là, on voit vraiment que le niveau est super bas.
  51. 3:17 En fait, on a vidé tout le lac pendant cet été.
  52. 3:21 L'hiver, on dévie cette eau pour produire de l'électricité au moment où on en a le plus besoin.
  53. 3:27 L'été, en revanche, l'eau sert avant tout à augmenter le débit de la rivière.
  54. 3:32 Pour l'agriculture, les kayakistes et l'eau potable des touristes.
  55. 3:38 Nous partons découvrir l'envers du décor, de toutes ces destinations nature dont raffolent les vacanciers.
  56. 3:44 Les réseaux sociaux, c'est la pire chose qui existe.
  57. 3:46 Je ne sais pas, on ne pourrait pas arrêter tous les portables et les prendre à l'entrée de tous les sites ?
  58. 3:51 Ah, ces jolies photos !
  59. 3:53 Hashtag seuls au monde, hashtag détente et la réalité.
  60. 3:57 Des touristes du monde entier qui se précipitent sur le même tronc d'arbre.
  61. 4:03 Est-ce que je peux faire une photo ? Vous n'allez pas m'arrêter ?
  62. 4:05 On a le droit de faire une photo.
  63. 4:07 L'idée, c'est de la poster en automne en disant que c'est le meilleur moment.
  64. 4:14 Les réseaux sociaux vont pousser les gens à montrer leurs exploits.
  65. 4:17 Ça va donner des idées aux autres.
  66. 4:19 On va se dire, oui, c'est magnifique, c'est tranquille.
  67. 4:21 Moi aussi, j'ai envie d'aller là-bas.
  68. 4:23 Avez-vous déjà vu une manifestation les pieds dans l'eau ?
  69. 4:26 Chers visiteurs, ce n'est pas contre vous qu'on manifeste.
  70. 4:30 Cela se passe en Grèce.
  71. 4:33 Les habitants veulent protéger la nature des dégâts du surtourisme.
  72. 4:37 Il n'y a même plus de plage pour que les enfants jouent.
  73. 4:40 Il faut arrêter la marche du train vers la catastrophe.
  74. 4:44 Nous partons vers les plus belles plages du monde.
  75. 4:47 Découvrir des arrières-cours pas toujours reluisantes.
  76. 4:51 Ah ouais, d'accord.
  77. 4:54 C'est trop. Les limites ont été dépassées.
  78. 4:58 Les îles artificielles qui poussent en quelques jours.
  79. 5:03 Il y a quand même beaucoup moins de poissons.
  80. 5:05 Il n'y a pas du tout de requins.
  81. 5:07 Je n'ai pas vu de raies non plus pour le moment.
  82. 5:09 Mais aussi celles et ceux qui se battent pour trouver une solution.
  83. 5:13 Pour que tout le monde profite de la beauté de la nature.
  84. 5:16 Gratuitement.
  85. 5:17 Mais chacun son tour.
  86. 5:19 La planète est toute petite.
  87. 5:21 Mais il y a moyen aussi que tout le monde ne soit pas au même moment, au même endroit.
  88. 5:28 Une habitante d'Etretat nous a proposé de venir visiter sa côte sauvage.
  89. 5:33 Et découvrir son quotidien.
  90. 5:35 C'est toujours aussi beau ici ?
  91. 5:37 Alors, c'est toujours aussi beau, mais ça a un peu changé.
  92. 5:40 On a un problème de surfréquentation à Etretat.
  93. 5:42 Il y a 1,5 million de personnes par an qui visitent le site.
  94. 5:45 1,5 million de personnes par an dans le village ?
  95. 5:47 Dans le village, oui.
  96. 5:48 Ah oui, c'est énorme.
  97. 5:49 4 kilomètres carrés seulement.
  98. 5:52 Avec une capacité d'accueil d'environ 1,5 million d'habitants.
  99. 5:55 4 kilomètres carrés seulement.
  100. 5:58 Avec une amie, on a créé Etretat Demain.
  101. 6:00 Je t'apporte des petites cartes à visiter sans abîmer.
  102. 6:03 Avec cette association, on sensibilise les visiteurs.
  103. 6:06 Ok, c'est super, c'est une belle initiative.
  104. 6:08 J'adore ce dessin.
  105. 6:11 Il faut leur donner la possibilité d'avoir un comportement plus durable quand ils visitent un lieu.
  106. 6:16 Montrez-nous ce que vous avez récupéré.
  107. 6:18 C'est sympa d'avoir nettoyé notre plage.
  108. 6:21 Etretat au petit matin, c'est exceptionnel.
  109. 6:23 C'est le matin et le soir aussi, au-dessus du soleil.
  110. 6:26 J'habite à Etretat et ma famille est d'ici depuis des générations.
  111. 6:33 J'ai vécu mes premiers amours ici.
  112. 6:35 Et sans doute, je serai enterré à Etretat aussi.
  113. 6:38 On ne s'en lasse pas du tout.
  114. 6:41 C'est magique, c'est mon endroit préféré au monde.
  115. 6:46 Le site naturel tel que je l'ai connu quand j'étais enfant n'est plus le même aujourd'hui.
  116. 6:51 On essaie de créer un modèle de tourisme durable qui sera applicable ici comme ailleurs.
  117. 6:57 Je m'appelle Chaim Allais et je me bats pour préserver Etretat du surtourisme.
  118. 7:01 Alors, est-ce que tu peux me montrer quel est le problème ?
  119. 7:03 On va faire une grande balade à Etretat et tu vas comprendre de quoi je parle.
  120. 7:05 Je te suis.
  121. 7:07 Depuis la ville, il y a un seul accès pour atteindre la falaise.
  122. 7:13 Il y a des pics de fréquentation à 10 000 personnes par jour.
  123. 7:15 C'est énorme, je pense que c'est beaucoup trop.
  124. 7:17 En tout cas, c'est plus que ce que l'environnement peut supporter.
  125. 7:20 Il faut parfois faire la queue en pleine nature pour accéder au site le plus photogénique.
  126. 7:27 C'est bruyant.
  127. 7:29 C'est bruyant, il y a beaucoup de monde.
  128. 7:31 Ce n'est pas vraiment la carte postale qu'on s'imagine quand on vient à Etretat.
  129. 7:42 Là, c'est la fin du balisage, un balisage complètement partiel.
  130. 7:45 Du coup, on peut s'approcher vraiment très proche.
  131. 7:47 Oui, exactement.
  132. 7:48 Et là, on voit qu'il y a des gens qui sont assis au bord de la falaise.
  133. 7:51 Je crois que je l'avais fait ça moi quand j'étais venu visiter Etretat.
  134. 7:54 Je crois que je m'étais assis aussi proche que ça des falaises.
  135. 7:59 En 2022, trois touristes sont morts en prenant une photo.
  136. 8:03 C'est pour avoir le plus beau cliché que l'on s'approche autant du bord.
  137. 8:09 Etretat est un des lieux naturels les plus mentionnés sur Instagram.
  138. 8:14 On est devant la dune du Pilard, derrière la tour Eiffel.
  139. 8:17 On est clairement sur un top 3 des lieux Instagramables.
  140. 8:21 Nouvelle file d'attente devant la chambre des demoiselles cette fois.
  141. 8:25 Quelques mètres carrés seulement passés à la postérité depuis une mention dans la série Arsène Lupin.
  142. 8:38 Il existe aussi des petits recoins que seuls les initiés connaissaient avant Instagram.
  143. 8:43 Et qui sont devenus aujourd'hui une visite obligée.
  144. 8:47 Regardez ce petit trou dans la falaise.
  145. 8:50 Il vous promet un instant de gloire sur les réseaux sociaux.
  146. 8:55 Sur Instagram, il est connu.
  147. 8:57 C'est l'œil du panda je crois.
  148. 8:59 Ça ne s'appelle pas l'œil du panda depuis la nuit des temps.
  149. 9:02 C'est un surnom inventé il y a quelques années à peine par un professionnel du tourisme
  150. 9:07 qui voulait vendre des visites organisées.
  151. 9:12 Il y a mille photos.
  152. 9:13 Tout le monde se fait un peu la même.
  153. 9:16 On est pensif, on regarde au loin.
  154. 9:18 C'est vrai qu'on voit ça, on a envie de venir.
  155. 9:22 Moi si j'étais venu là en tant que touriste, probablement j'aurais fait une photo aussi.
  156. 9:26 Mais ça je le comprends au combien.
  157. 9:28 Mais je pense qu'il faut aussi comprendre que ces actions-là elles ont des conséquences.
  158. 9:32 L'œil du panda est référencé sur Google.
  159. 9:35 Il a même une note comme les hôtels et les restaurants.
  160. 9:39 L'œil du panda, attraction touristique, 4,8 étoiles.
  161. 9:43 Donc ce petit trou dans la falaise il est recensé sur Google.
  162. 9:46 Il est recensé sur Google.
  163. 9:47 Et il est noté.
  164. 9:48 Et il est bien noté.
  165. 9:49 C'est dingue.
  166. 9:52 Cet afflux de touristes a des conséquences directes sur la nature.
  167. 9:57 Tu vois ici il devrait y avoir de l'herbe.
  168. 9:59 Et en fait tu constates que la falaise a été complètement piétinée.
  169. 10:02 Et donc les modes de terre ne se tiennent plus.
  170. 10:04 Donc ça favorise l'érosion.
  171. 10:06 C'est-à-dire que plus il y a de touristes qui piétinent, plus l'érosion s'accélère.
  172. 10:10 Ça endommage énormément la falaise.
  173. 10:12 Il est déjà affriable puisque c'est des falaises de craie avec un peu de silex.
  174. 10:15 Et donc ça met vraiment en danger le site naturel.
  175. 10:19 Il y a eu trois effondrements comme celui-ci en quelques mois aux abords d'Etreta.
  176. 10:24 Ce qui est exceptionnel.
  177. 10:27 Ces falaises de craie et de silex étaient jusqu'à présent réputées pour leur résistance.
  178. 10:32 Ah ouais.
  179. 10:33 Regarde, c'est massif.
  180. 10:35 C'est une grosse partie de la falaise quand même qui s'est effondrée.
  181. 10:38 Ce qui arrive de plus en plus.
  182. 10:39 Pourtant, on voit là-haut des touristes qui sont vraiment assis au bord de la falaise.
  183. 10:45 Ces falaises devraient pouvoir compter sur un rempart naturel
  184. 10:49 qui casse la houle les soirs de grandes tempêtes
  185. 10:52 et qui protège la pierre craieuse.
  186. 10:54 Ce sont les galets.
  187. 10:57 Excusez-moi, je peux me permettre une petite remarque ?
  188. 11:00 Vous avez vu emporter un galet ?
  189. 11:01 Oui, c'est vrai. C'est juste que je voulais l'apporter un petit peu.
  190. 11:04 Oui, mais ça c'est vraiment trop important pour nous.
  191. 11:07 Bon, merci.
  192. 11:08 Voilà, je l'ai remis.
  193. 11:09 C'est clair que si chacun prend un galet, il en aura de moins en moins.
  194. 11:12 Il ne faut pas être sorti de ses cercles pour prendre ça.
  195. 11:15 Ah oui, sauf que coûte.
  196. 11:17 Je continuerai d'essayer de préserver nos galets.
  197. 11:20 Les galets ne servent pas qu'à accueillir les serviettes de plage.
  198. 11:23 Ce sont eux qui protègent la ville et les falaises de l'érosion.
  199. 11:27 On a perdu presque 20% du volume de galets.
  200. 11:29 Et ces galets qui ont disparu, ils ne seront pas remplacés naturellement.
  201. 11:34 Le problème à Étretat, c'est que les portes font que le cordon galet est bloqué depuis des centaines d'années.
  202. 11:39 Le galet ne peut pas arriver. Il n'y a pas d'arrivée fraîche.
  203. 11:42 C'est un capital qui ne fait que s'épuiser.
  204. 11:44 C'est un capital qui ne fait que s'épuiser, c'est exactement ça.
  205. 11:48 Et donc en fait, si je comprends bien, ces galets sont indispensables à la survie d'Étretat.
  206. 11:52 Totalement.
  207. 11:54 Selon le calcul d'une association locale, l'été, chaque jour,
  208. 11:58 plus de 300 kg de galets disparaîtraient pour finir en souvenir dans un tiroir.
  209. 12:04 C'est que les gens puissent quand même visiter ces lieux-là,
  210. 12:06 mais il faut le faire dans des proportions raisonnables.
  211. 12:08 Il faut trouver la balance juste.
  212. 12:11 Chaï veut s'inspirer de ce qui se fait déjà dans d'autres sites de France,
  213. 12:16 menacés par le surtourisme.
  214. 12:18 Comme à Crozon, en Bretagne.
  215. 12:23 Tiens Rachid, il y a les gendarmes qui arrivent.
  216. 12:25 Bonjour.
  217. 12:26 Vous souhaitez aller où ?
  218. 12:28 On s'arrête là.
  219. 12:29 Oui.
  220. 12:30 Ce sont ces plages-là qui sont interdites d'accès au public.
  221. 12:34 La décision a été radicale en 2020.
  222. 12:38 Donc normalement, vous ne devrez y trouver personne.
  223. 12:41 Plus personne ne peut accéder à cette plage.
  224. 12:44 Personne.
  225. 12:45 À aucun moment de l'année.
  226. 12:46 Il n'y a aucune exception.
  227. 12:48 Avant, il y avait accès.
  228. 12:50 Oui, effectivement, avant, il y avait accès.
  229. 12:51 L'accès par la falaise est interdit, mais l'accès par la mer également.
  230. 12:55 Ah oui ?
  231. 12:56 Il y a une petite déception quand même.
  232. 12:57 Moi, c'est bon.
  233. 12:58 Elle, un peu oui.
  234. 12:59 Non, mais juste, ça donne encore plus envie d'y aller.
  235. 13:01 Vous cherchez une petite crique.
  236. 13:02 Oui.
  237. 13:04 La plage de l'île Vierge a été élue dans le top 10 des plus belles plages d'Europe en 2015.
  238. 13:11 Et à force d'être citée dans les magazines et sur les réseaux sociaux,
  239. 13:14 elle a été submergée par les touristes.
  240. 13:18 À force de marcher, à force de descendre, à force de glisser, évidemment,
  241. 13:21 ça rend le site dangereux, mais ça l'abîme.
  242. 13:23 Donc, il faut le protéger.
  243. 13:24 Il faut éviter ces excès de circulation.
  244. 13:27 Les touristes n'en croient pas leurs yeux.
  245. 13:29 Des gendarmes mobiles, habitués à gérer des manifestations qui dégénèrent,
  246. 13:32 viennent en renfort de l'équipe de gendarmerie locale.
  247. 13:35 Le sumi rigide qui se trouve juste en bas a le droit d'être à l'endroit où il est,
  248. 13:39 mais la personne qui est en train de se baigner, pas forcément.
  249. 13:42 Ce qui est interdit, c'est de poser le pied sur la plage.
  250. 13:46 Et par contre, le monsieur qui est en train de nager là-bas sur son kayak,
  251. 13:49 il ne va pas avoir d'avance, celui-là, non ?
  252. 13:51 On le prend juste en photo.
  253. 13:53 On sera en droit de le verbaliser.
  254. 13:58 À Crozon, il n'y a pas que les gendarmes qui patrouillent.
  255. 14:02 C'était beau ?
  256. 14:03 Oui, magnifique.
  257. 14:04 Il n'y a pas trop de monde ?
  258. 14:05 Si.
  259. 14:06 Trop, hein ? Ah ouais.
  260. 14:08 On va falloir faire quelque chose.
  261. 14:11 J'adore la presqu'île de Crozon parce qu'elle a gardé son authenticité.
  262. 14:14 Au moins jusqu'à maintenant.
  263. 14:16 Elle est un petit peu amochée, entre guillemets.
  264. 14:18 Donc notre travail, c'est aussi de la garder aussi belle qu'elle était avant.
  265. 14:23 Elle a décidé de se battre sur son temps libre pour protéger la nature
  266. 14:27 et alerter sur des pratiques qui paraissent anodines,
  267. 14:29 comme ces bâtons de marche qui fragilisent le sol.
  268. 14:33 Il dit aux gens qu'il ne faut plus avoir de bâton avec des embouts en acier,
  269. 14:37 mais de mettre des caoutchouc.
  270. 14:39 Elle fait la chasse aux camping-cars mal garés.
  271. 14:42 Bon appétit.
  272. 14:45 Et elle a une autre idée fixe.
  273. 14:47 Là, il y en a trois, quatre.
  274. 14:50 Oui, oui.
  275. 14:51 Là, il y a des cacas.
  276. 14:52 Là, c'est plein de cacas.
  277. 14:55 C'est la face visible, odorante, moche et irrespectueuse au sens fort du surtourisme.
  278. 15:03 Je vous avais raison.
  279. 15:04 Il y a des papiers partout, c'est dégoûtant.
  280. 15:06 Si vous voyez des crotteurs, dites-leur qu'il ne faut pas faire.
  281. 15:09 Le nombre de touristes qui passent sur ce sentier a été multiplié par trois en dix ans.
  282. 15:16 Les réseaux sociaux, c'est la pire chose qui existe pour l'environnement.
  283. 15:19 Il faut venir à l'Île Vierge.
  284. 15:21 Et si on vient dans la presse qui dit qu'on ne vient pas à l'Île Vierge, ce n'est pas bien.
  285. 15:26 Le kayakiste qui a bravé l'interdiction d'accès à la plage
  286. 15:29 est manifestement en train de faire une vidéo panoramique pour les réseaux sociaux.
  287. 15:34 Je ne sais pas, on ne pourrait pas arrêter tous les portables et les prendre à l'entrée de tous les sites ?
  288. 15:39 Je ne vais pas pleurer.
  289. 15:42 Mais bon.
  290. 15:44 Oui, ça m'affecte.
  291. 15:46 À Crozon, l'office du tourisme a un rôle très particulier.
  292. 15:51 Ailleurs, ils se battent pour survendre leur région.
  293. 15:54 Alors qu'ici, ils ont lancé ce qu'on appelle le démarketing.
  294. 15:59 La plage de l'Île Vierge, le paradis aux airs de Calanques.
  295. 16:02 On considère qu'Instagram, c'est l'agence de voyage actuelle finalement
  296. 16:07 qui influe le plus sur les choix de destination.
  297. 16:10 Ils traquent toutes les publications qui parlent de la fameuse plage interdite.
  298. 16:14 Un air de paradis.
  299. 16:16 On voit les gens se baigner.
  300. 16:19 Contrer des eaux turquoises, ça ne peut qu'attirer le regard.
  301. 16:22 Sauf que là, il manque l'information sur les restrictions, sur la réglementation.
  302. 16:27 Ce compte, par exemple, a placé la plage parmi les plus belles pépites de France.
  303. 16:32 C'est un compte Instagram qui est très suivi.
  304. 16:34 Donc là, on va envoyer un petit message.
  305. 16:36 Quelques semaines plus tard, rien n'a changé.
  306. 16:39 Nous partons donc à la rencontre des personnes qui gèrent le compte Pépites de France.
  307. 16:44 Bonjour.
  308. 16:45 Salut Hugo.
  309. 16:46 Ça va ?
  310. 16:47 Bienvenue dans les Pépites de France.
  311. 16:48 Derrière cette page Instagram, il y a une société qui développe des sites internet,
  312. 16:52 des livres et qui vide la publicité.
  313. 16:54 Elle vous a envoyé un message privé.
  314. 16:55 Je le regarde.
  315. 16:56 C'est ça, non ?
  316. 16:57 Ouais, c'est ça.
  317. 16:58 En fait, elle nous demande de mentionner la plage.
  318. 17:00 C'est ça.
  319. 17:01 Elle nous a envoyé un message privé.
  320. 17:02 Je le regarde.
  321. 17:03 C'est ça, non ?
  322. 17:04 Ouais, c'est ça.
  323. 17:05 En fait, elle nous demande de mentionner sur la vidéo que l'accès à la plage est interdit.
  324. 17:08 Ça, je suis d'accord.
  325. 17:09 Ils ont complètement eu raison de le faire.
  326. 17:10 Et pour le coup, ça, c'est même une information qu'on n'avait pas, pour être très francs.
  327. 17:13 Là, on va le mettre évidemment sur la vidéo, mais on va surtout justement ne plus en parler
  328. 17:16 comme d'un endroit où on peut y aller là tout de suite.
  329. 17:20 Il y a des habitants et des élus locaux qui nous disent que le problème de ce genre de compte,
  330. 17:25 c'est que ça incite des centaines de milliers de personnes à venir tous au même endroit.
  331. 17:30 C'est un travail éditorial qu'on va devoir faire au fur et à mesure,
  332. 17:33 d'être moins ciblé sur un endroit en particulier.
  333. 17:37 Surtout une plage.
  334. 17:38 Une plage ou un monument ou une falaise, mais être plus large et pouvoir montrer aussi toute la zone,
  335. 17:43 mais pas seulement l'endroit précis.
  336. 17:45 Retour à l'office du tourisme de Crozon, qui essaye de mieux répartir les visiteurs.
  337. 17:50 Ça, c'est l'outil principal de l'office de tourisme.
  338. 17:54 Les chemins, les usages, les chemins verts, les plages, etc., tout y est.
  339. 17:58 Mais je ne vois pas la plage de l'Île Vierge.
  340. 18:01 Non, les plages accessibles sont celles qui sont indiquées.
  341. 18:05 La plage victime du surtourisme n'est même plus indiquée.
  342. 18:09 C'est ça, le démarketing.
  343. 18:11 Ils se battent pour faire venir les vacanciers, mais sur d'autres sites.
  344. 18:14 On n'est plus dans une démarche de séduction.
  345. 18:17 On a une stratégie qui est différente.
  346. 18:18 On ne va plus faire de promotion en disant « c'est beau, venez ».
  347. 18:21 Ce n'est plus ça.
  348. 18:22 Nous retrouvons Shai, notre combattante d'Etretat, au bord de la Méditerranée cette fois,
  349. 18:27 en route pour l'île de Porquerolles.
  350. 18:31 Ils ont établi des quotas de fréquentation.
  351. 18:33 C'est assez récent et c'est une mesure qui m'intéresse beaucoup.
  352. 18:36 J'aimerais voir si on peut appliquer ça à Etretat.
  353. 18:40 Il n'y a pas si longtemps, il y avait 12 000 passagers par jour qui faisaient la traversée.
  354. 18:45 Aujourd'hui, c'est 6 000 maximum.
  355. 18:48 Porquerolles, Porquerolles, de Méditerranée 9, pour une autorisation d'accosté.
  356. 18:51 Nous avons 300 passagers à bord.
  357. 18:54 Les premiers qui ont réservé sont les premiers servis.
  358. 18:57 Bonne journée, Madame, Monsieur.
  359. 18:58 Merci beaucoup.
  360. 18:59 Merci, bonne journée.
  361. 19:01 Il y a un quota sur les passagers, mais pas sur le matériel, visiblement.
  362. 19:05 On part en vacances, mais on emmène notre maison.
  363. 19:07 C'est bien.
  364. 19:08 Bienvenue dans l'un des plus petits parcs nationaux de France.
  365. 19:13 C'est magnifique.
  366. 19:15 Oui, c'est magnifique.
  367. 19:16 On ne va pas le regretter, mais c'est un problème.
  368. 19:19 C'est un problème, que ce soit trop beau.
  369. 19:21 Pratiquement.
  370. 19:22 Je suis venu des époques où les gens commençaient à dire
  371. 19:24 « Si j'avais su que c'était ça, Porquerolles, je ne serais pas venu ».
  372. 19:32 On est dans une île qui pourrait brûler en quelques heures.
  373. 19:35 Plus il y a de monde, plus il y a de risques.
  374. 19:36 Plus il y a de monde, plus il y a de risques.
  375. 19:38 Depuis qu'il y a moins de monde, les visiteurs sont ravis.
  376. 19:42 Là, ça va, c'est agréable ?
  377. 19:43 C'est agréable.
  378. 19:44 On est fous.
  379. 19:45 Franchement.
  380. 19:46 On a fait une belle balade.
  381. 19:47 C'était bien calme.
  382. 19:48 C'était super, oui.
  383. 19:49 On a le beau temps et pas trop de monde.
  384. 19:51 Super.
  385. 19:52 Bon, profitez bien.
  386. 19:53 Merci.
  387. 19:55 Et la nature a retrouvé un peu de sérénité.
  388. 19:58 Il y a certainement moins de bruit.
  389. 20:00 Et la nature, elle peut justement un petit peu respirer.
  390. 20:03 Et cet été, on a eu une surprise.
  391. 20:05 On a des tortues qui sont arrivées dans le Var.
  392. 20:07 Donc si c'est ça la récompense, c'est pas mal.
  393. 20:10 C'est la toute première fois qu'on voit des tortues pondre
  394. 20:14 sur une plage de Porquerolles.
  395. 20:17 La planète est toute petite, mais il y a de l'espace et il y a du temps.
  396. 20:20 Donc il y a moyen aussi que tout le monde ne soit pas au même moment, au même endroit.
  397. 20:25 Ça me donne plein d'idées pour être retard.
  398. 20:27 Et j'espère qu'on n'arrivera peut-être pas à avoir des tortues.
  399. 20:31 En tout cas, ici, c'est possible.
  400. 20:32 Ici, c'est possible.
  401. 20:33 Ça fonctionne.
  402. 20:34 Et ça fait très plaisir de le constater.
  403. 20:37 Vous imaginez que les bâteliers se sont battus contre les quotas ?
  404. 20:40 Eh bien, pas vraiment.
  405. 20:42 Avant, ils avaient des bateaux pleins à craquer et d'autres quasiment vides.
  406. 20:46 Ça leur a permis d'étaler la fréquentation.
  407. 20:48 Avant 2021, on avait trois jours de forte affluence, qui étaient le mardi, mercredi et jeudi.
  408. 20:52 Et on s'aperçoit qu'avec la visibilité du chiffre de réservation,
  409. 20:55 les gens étalent leur venue sur toute la semaine.
  410. 20:57 Est-ce que vous diriez que c'est moins tendu, l'atmosphère, qu'avant ?
  411. 20:59 La traversée est bien plus agréable.
  412. 21:01 Donc c'est plutôt gagnant-gagnant ?
  413. 21:02 C'est plutôt gagnant-gagnant, exactement.
  414. 21:05 Dans certaines calanques, à côté de Marseille, il y a aussi des quotas.
  415. 21:09 Il faut réserver sur Internet.
  416. 21:11 C'est gratuit, mais quand on s'y prend trop tard,
  417. 21:14 impossible d'accéder à la plage de Sujiton.
  418. 21:19 Il existe une autre méthode pour échelonner le nombre de touristes.
  419. 21:24 Pour éviter de piétiner la nature en même temps que tout le monde,
  420. 21:28 il suffit de se déplacer en septembre.
  421. 21:31 Qu'est-ce qu'on fait des enfants, vous allez dire.
  422. 21:34 Il y en a des enfants ici.
  423. 21:36 Mais ils parlent allemand.
  424. 21:40 Lorsqu'ils passent devant les écoles,
  425. 21:42 les enfants s'amusent de voir les petits Français déjà en cours.
  426. 21:46 L'école a déjà repris ici.
  427. 21:48 C'est une école maternelle.
  428. 21:51 En France, la vie est revenue à la normale,
  429. 21:53 et nous, nous sommes encore en vacances.
  430. 21:57 En Allemagne, il y a des zones de vacances scolaires,
  431. 22:00 y compris pendant l'été.
  432. 22:04 En Allemagne, selon l'endroit où on habite,
  433. 22:06 il y a des zones de vacances différentes,
  434. 22:08 même pour les vacances d'été.
  435. 22:10 Et chaque année, ça tourne.
  436. 22:12 Nous, par exemple, cet été, nous sommes en vacances jusqu'au 9 septembre.
  437. 22:23 À Étretat, on est loin des quotas et du démarketing.
  438. 22:27 Il y a encore un nouveau projet en cours.
  439. 22:30 Un propriétaire veut construire un parking supplémentaire
  440. 22:33 de 1000 places à l'entrée de la commune.
  441. 22:36 Eschail a remarqué qu'il y avait de plus en plus de quarts de touristes.
  442. 22:42 Tous les bus qu'on voit avec ces groupes de touristes,
  443. 22:44 ils viennent d'où en général ?
  444. 22:46 Les provenances sont multiples, mais ce que je te propose,
  445. 22:48 c'est qu'on en suive un pour voir d'où il vient.
  446. 22:50 Allez, c'est parti.
  447. 22:56 Là, ça m'intéresse de les suivre,
  448. 22:58 parce que j'ai ma petite idée sur l'endroit où ils pourraient aller,
  449. 23:01 et il semblerait que ce soit peut-être la menace demain pour Étretat.
  450. 23:05 Avec Eschail, nous parcourons les petites routes de campagne.
  451. 23:09 Nous traversons les villages normands.
  452. 23:13 Parfois, ils arrivent à s'engager dans des rues,
  453. 23:15 elles sont absolument minuscules.
  454. 23:22 Le car part vers le sud,
  455. 23:24 en direction de la grande ville la plus proche,
  456. 23:26 le Havre.
  457. 23:28 Là, on arrive au Havre, là.
  458. 23:30 Et on va bien voir où il nous mène.
  459. 23:33 Vont-ils visiter la ville ou ses musées ?
  460. 23:37 Non, ils se rapprochent du port.
  461. 23:41 À droite, terminale, croisière.
  462. 23:53 Leur tour à Étretat, c'était une escale de croisière.
  463. 23:57 C'est pour visiter les falaises
  464. 23:59 que ces gigantesques bateaux s'arrêtent dans ce port industriel.
  465. 24:04 Je suis un peu interloquée parce que c'est tellement gigantesque.
  466. 24:07 C'est des immeubles.
  467. 24:09 Quand je me dis que ces gens-là vont venir à Étretat, je suis un peu inquiète.
  468. 24:13 D'ailleurs, les offices du tourisme du Havre et d'Étretat ont fusionné.
  469. 24:17 Les croisiéristes tombent sur cette plaquette.
  470. 24:20 Le Havre, Étretat.
  471. 24:24 Le terminal de croisière est en travaux.
  472. 24:27 Il se modernise pour attirer encore plus de bateaux,
  473. 24:30 encore plus de touristes,
  474. 24:32 encore plus de croisières vertes.
  475. 24:35 Un collectif d'habitants estime que trop, c'est trop.
  476. 24:39 La croisière verte n'existe pas !
  477. 24:42 La croisière verte n'existe pas !
  478. 24:44 Le terminal de croisière, il faut lui dire non.
  479. 24:46 Il ne faut absolument pas qu'il soit construit.
  480. 24:48 On sacrifie Étretat et toutes les zones touristiques de ce type.
  481. 24:57 Le tourisme littoral, il existe d'autres manières
  482. 25:00 qu'en étant concentré sur certains points comme Étretat,
  483. 25:03 il faut absolument se disperser.
  484. 25:10 Il faut qu'on réfléchisse tous ensemble à une stratégie pour étaler cette fréquentation.
  485. 25:13 C'est pour ça qu'on se bat aussi.
  486. 25:15 Il y a encore des choses à faire.
  487. 25:17 On ne lâchera pas le combat tant qu'on n'aura pas obtenu quelque chose.
  488. 25:25 C'est une question qui se pose dans le monde entier.
  489. 25:28 Comment protéger les petits coins de nature ravagés par l'affluence des touristes,
  490. 25:33 suite à une jolie photo sur les réseaux sociaux ?
  491. 25:36 Nous voilà, juste à côté de Bali, sur une île de rêve.
  492. 25:44 L'eau, elle est bonne, on a pied hyper loin et c'est super.
  493. 25:48 Sur tous les réseaux sociaux, il y a des photos et tout ça.
  494. 25:50 J'avoue que ça m'a poussé à venir ici.
  495. 25:54 J'aime bien, il y a bien le soleil qui pleuve dessus.
  496. 25:56 Celle-là, elle est originale. En plus, on voit bien la mer derrière.
  497. 25:59 On a beaucoup posté sur les réseaux sociaux.
  498. 26:01 Pour la simple et bonne raison qu'on aime bien que tout notre entourage voit tout ce qu'on a à faire.
  499. 26:06 Nous sommes à Gili Trawangan, l'île de la fête dans un cadre sauvage.
  500. 26:11 Avec l'assurance de pouvoir prendre de jolies photos d'une nature intacte.
  501. 26:23 Là, c'est vraiment paradisiaque.
  502. 26:26 Les eaux sont turquoises, le sable blanc, c'est vraiment beau.
  503. 26:31 Par contre, il y a un monde de choux.
  504. 26:33 Une Française a débarqué ici il y a 20 ans, quand il n'y avait pas encore foule.
  505. 26:38 Elle a décidé d'y faire sa vie.
  506. 26:40 Aujourd'hui, elle ne reconnaît plus son île.
  507. 26:44 Salut Delphine !
  508. 26:45 Salut, ça va ?
  509. 26:46 Ça va et toi ?
  510. 26:47 Ça va, c'est juste la foule là.
  511. 26:49 C'est comme ça tous les jours ?
  512. 26:50 Tous les jours, c'est pire en juillet et août.
  513. 26:55 Comment ça se passe sur l'île ? Comment on se déplace ?
  514. 26:57 À vélo ou en charrette.
  515. 26:59 Il n'y a pas de voiture ?
  516. 27:00 Pas de voiture, pas de mobilette, pas de truc à moteur.
  517. 27:03 C'est génial ça !
  518. 27:04 C'est top !
  519. 27:05 Donc on est sur une île écolo ?
  520. 27:06 Oui, à première vue.
  521. 27:12 Je suis arrivée ici après un voyage autour du monde pour la plongée et les chevaux.
  522. 27:18 Je suis arrivée et je suis restée.
  523. 27:21 À ce moment-là, c'était encore assez calme.
  524. 27:25 Et c'est en 2008 qu'il y a eu le gros clash où il y a eu de plus en plus de monde qui est venu.
  525. 27:32 On a vu des hôtels pousser un petit peu partout comme des champignons.
  526. 27:36 Et du coup, on a décidé qu'on allait faire quelque chose.
  527. 27:45 J'essaye de faire de mon mieux pour préserver l'île où j'ai décidé de vivre et d'éduquer mon fils.
  528. 27:52 Donc c'est pour lui que je le fais, que je me bats.
  529. 27:57 Je m'appelle Delphine Robb, je me bats pour protéger l'île de Gili Traongan du tourisme de masse.
  530. 28:05 Delphine va nous montrer les coulisses de l'île écolo, ravitaillées tous les matins par ces petits bateaux traditionnels colorés.
  531. 28:15 C'est quoi ça Delphine ?
  532. 28:16 Du diesel et de l'essence.
  533. 28:17 Mais pourquoi, parce qu'il n'y a pas de voiture ?
  534. 28:19 Un groupe électrogène parce qu'on a pas mal de pannes d'électricité.
  535. 28:22 Pour tous les hôtels, les bars, les restaurants ?
  536. 28:24 Non là c'est pour un hôtel.
  537. 28:25 Là c'est pour un hôtel ?
  538. 28:26 Ouais.
  539. 28:27 Tout ça ?
  540. 28:28 Ouais.
  541. 28:29 Ah ouais d'accord.
  542. 28:30 Et là dans les sacs ?
  543. 28:31 Les draps.
  544. 28:32 Le linge sale qui repart, le linge propre qui arrive.
  545. 28:34 Les draps qui vont partir ou revenir pour la lessive en fait.
  546. 28:38 Et des bateaux comme ça en train de décharger, il y en a partout, tout le long de la plage en fait.
  547. 28:42 Là-bas aussi, devant chaque hôtel.
  548. 28:44 Exactement.
  549. 28:45 Là ils sont posés sur l'herbe.
  550. 28:47 L'herbe marine qui va retenir tout le sable, donc éviter l'érosion.
  551. 28:50 Et c'est là où les tortues à marée haute viennent manger.
  552. 29:00 Regarde ce qu'il fait là avec son moteur, ça c'est ouf.
  553. 29:03 C'est autorisé ça ?
  554. 29:04 Non, mais il n'y a personne qui est là pour contrôler, donc tout le monde frustre.
  555. 29:10 En marchant sur la plage,
  556. 29:12 on foule des restes de coraux,
  557. 29:15 morts.
  558. 29:17 Ça c'est qu'ils ont été arrachés ?
  559. 29:19 Retournés, arrachés, encres, touristes.
  560. 29:22 L'autre jour on a vu, il y en avait qui déplaçaient, qui jetaient les coraux pour pouvoir faire rentrer leur bateau.
  561. 29:27 À ce point ?
  562. 29:28 Ouais.
  563. 29:30 Ça fait mal au cœur comme d'hab.
  564. 29:32 Comme d'hab ?
  565. 29:33 Ouais, comme d'hab.
  566. 29:34 C'est tous les jours quoi.
  567. 29:36 Elle va nous emmener voir de plus près.
  568. 29:38 Dépêche-toi parce que dans dix minutes j'ai la chair de poule.
  569. 29:40 Mais elle n'est pas froide l'eau là.
  570. 29:42 Si elle est froide.
  571. 29:43 Elle fait 27 degrés mais pour Delphine l'eau est froide.
  572. 29:47 Le corail, c'est la protection naturelle de l'île contre l'érosion.
  573. 29:51 Et c'est un habitat fragile pour les espèces exotiques.
  574. 29:55 Voilà ce qu'il reste de ce monde magique.
  575. 29:58 Lorsqu'on se trouve juste au pied des bateaux.
  576. 30:02 Défoncez.
  577. 30:03 Là, un récif comme ça, il va mettre combien d'annié à se remettre ?
  578. 30:05 Il pourra jamais récupérer.
  579. 30:07 C'est un récif qui est condamné quoi.
  580. 30:08 Condamné.
  581. 30:10 Si tout le monde continue, il n'en aura plus.
  582. 30:13 Il n'y aura plus d'îles, il n'y aura plus de plages, il n'y aura plus de targets...
  583. 30:15 ça c'est 열심히.
  584. 30:17 Bonne école.
  585. 30:22 Quand, quand, il prend conscience qu'on doit venir à bout...
  586. 30:25 On est vraiment à la galerie.
  587. 30:29 Il n'y aura plus d'îles, il n'y aura plus de plages, il n'y aura plus de touristes.
  588. 30:34 Il y a désormais plus d'un million de touristes
  589. 30:37 qui débarquent chaque année sur cette petite île
  590. 30:39 d'à peine trois kilomètres carrés.
  591. 30:42 Les vacanciers piétinent les coraux
  592. 30:45 et bousculent les animaux sauvages.
  593. 30:49 C'est quoi le problème vis-à-vis des tortueux ?
  594. 30:51 Les touristes qui les touchent, les touristes qui veulent les attraper.
  595. 30:55 Il y en a même qui les remontent sur le bateau.
  596. 30:57 Mais non.
  597. 30:58 Pour faire quoi ?
  598. 30:59 T'as une photo ?
  599. 31:01 Delphine a décidé de réagir.
  600. 31:05 Comme le gouvernement ne fait rien,
  601. 31:07 nous on a mis des bouées en place pour éviter les encres.
  602. 31:12 Pour que les bateaux stationnés ne détruisent plus le corail,
  603. 31:15 elle a installé ces bouées bleues,
  604. 31:17 sur lesquelles ils peuvent s'attacher gratuitement.
  605. 31:19 Encore faut-il les faire connaître.
  606. 31:21 Il y en a un qui arrive.
  607. 31:23 Celui-là, il a la main sur son encre.
  608. 31:26 Il va faire le tour de la bouée et jeter l'encre.
  609. 31:33 En plus, il l'a jetée, mais juste à côté d'une bouée qui est libre.
  610. 31:41 Pourquoi vous jetez votre encre ici ?
  611. 31:43 Il y avait une bouée juste à côté.
  612. 31:48 Il va mettre l'encre lui aussi.
  613. 31:52 Il nous a vu, il a changé d'avis.
  614. 31:55 Il a changé d'avis.
  615. 32:00 Gili Trawangan est pourtant souvent vendu comme une île écolo.
  616. 32:05 Ici, certains hôtels s'appellent même des éco-villas.
  617. 32:09 Poussons la porte de ce resort par exemple,
  618. 32:12 qui promet de ne jamais utiliser de plastique à usage unique.
  619. 32:15 Là on est dans un très bel hôtel,
  620. 32:17 avec des grands lodges individuels,
  621. 32:19 un jardin bien entretenu,
  622. 32:21 et une interminable piscine,
  623. 32:24 Voilà le côté face.
  624. 32:26 Allons voir le côté pile.
  625. 32:28 L'arrière-cour.
  626. 32:36 Ah ouais, d'accord.
  627. 32:45 C'est carrément une décharge en fait.
  628. 32:47 Ça va super loin derrière.
  629. 32:49 C'est hallucinant.
  630. 32:51 Il y en a tellement,
  631. 32:53 que les arbres sont complètement étouffés par les déchets.
  632. 32:58 Et derrière, il y a les vaches qui mangent dans les ordures.
  633. 33:05 Ça on le voit pas sur Instagram.
  634. 33:16 Et un chausson.
  635. 33:19 Et un chausson à usage unique,
  636. 33:22 siglé au nom de l'hôtel.
  637. 33:24 Les chambres sont juste là.
  638. 33:27 On voit l'arrière des lodges,
  639. 33:29 il y a un mur pour que les clients voient pas.
  640. 33:39 L'hôtel se présente comme éco-responsable.
  641. 33:43 C'est fou, non mais...
  642. 33:45 Voyage durable.
  643. 33:47 Ils parlent aussi de leur bonne gestion des déchets.
  644. 33:51 Ils ont peur de rien.
  645. 33:53 L'hôtel a vu que nous avions tourné des images.
  646. 33:56 Ils ont donc décidé de nettoyer,
  647. 33:58 et de relancer une petite campagne sur Internet.
  648. 34:10 Le nettoyage, Delphine l'a filmé.
  649. 34:13 Une partie des déchets a bien été emmenée,
  650. 34:16 et déplacée un peu plus loin.
  651. 34:18 Il y a deux charrettes,
  652. 34:20 qui viennent tous les jours,
  653. 34:22 pour récupérer les poubelles,
  654. 34:24 et les emmener à un autre endroit de ligne.
  655. 34:31 Un bel hôtel.
  656. 34:33 Et voilà, le nouveau terrain.
  657. 34:35 La nouvelle décharge.
  658. 34:38 La décharge sauvage est reconstituée.
  659. 34:42 Devant un autre hôtel.
  660. 34:44 Voilà.
  661. 34:49 Les déchets, c'est le combat principal de Delphine.
  662. 34:52 Elle y consacre la majeure partie de son temps.
  663. 34:55 Ne cherchez pas d'incinérateur ici.
  664. 34:58 Sympa.
  665. 35:00 Tout est entreposé, à même le sol.
  666. 35:03 C'est hallucinant.
  667. 35:05 C'est le revers du tourisme de masse.
  668. 35:10 Ça va jusqu'à là-bas.
  669. 35:17 Ça, c'est le résultat d'un million de visiteurs par an.
  670. 35:20 12 à 15 tonnes par jour.
  671. 35:22 Par jour ?
  672. 35:23 Par jour.
  673. 35:25 C'est incroyable.
  674. 35:27 C'est incroyable.
  675. 35:29 C'est incroyable.
  676. 35:32 Il existe un système de collecte.
  677. 35:34 En charrette.
  678. 35:36 Payé par les hôtels et les restaurants.
  679. 35:40 Il suffit de regarder pour voir qu'il y a tout le reste du tourisme.
  680. 35:44 Des bouteilles d'alcool, des noix de coco, des pailles.
  681. 35:47 Une bouteille de vin.
  682. 35:48 Un paquet de chips.
  683. 35:50 Un reste de shampoing.
  684. 35:52 C'est écrit en français.
  685. 35:54 Et là, un reste de masque de plongée.
  686. 36:01 Il y a des palmes.
  687. 36:07 Ce qu'on voit, c'est des villas de touristes, ça ?
  688. 36:09 Oui.
  689. 36:10 Juste à côté de la décharge ?
  690. 36:11 Oui.
  691. 36:12 Les murs sont assez hauts.
  692. 36:13 Je pense qu'ils ne découvrent même pas, en fait.
  693. 36:15 C'est complètement fou.
  694. 36:16 On a l'impression qu'il y a des murs qui se sont mis
  695. 36:18 juste pour que les touristes ne se rendent pas compte
  696. 36:20 de ce qui se passe derrière.
  697. 36:22 C'est ça.
  698. 36:24 D'un côté, les touristes à vélo.
  699. 36:27 Et les vacances bas carbone.
  700. 36:29 De l'autre, des poubelles à perte de vue.
  701. 36:33 Entre les deux, un mur.
  702. 36:37 Tout le travail de Delphine, c'est de rapprocher ses demandes
  703. 36:40 et de faire passer les visiteurs de l'autre côté.
  704. 36:43 Elle organise une excursion a priori pas très instagrammable.
  705. 36:47 La visite de la décharge.
  706. 36:51 Voilà, on arrive sur le côté sombre.
  707. 36:54 Sur la colline, on a à peu près 30 ans de poubelles
  708. 36:57 qui viennent principalement du tourisme.
  709. 37:00 Waouh !
  710. 37:02 Ça, c'est quelque chose, là.
  711. 37:04 Ça, c'est des bouteilles de merde.
  712. 37:06 T'as une belle photo touristique.
  713. 37:10 Vous vous doutiez que c'était à ce point
  714. 37:12 la phase cachée un peu du tourisme ici ?
  715. 37:15 Non, c'est clair que quand tu reviens de ton beau voyage en bateau
  716. 37:18 avec l'eau bleue, les tortues,
  717. 37:20 et que tu fais 300 mètres au milieu de l'île
  718. 37:22 et que tu vois comme ça une décharge
  719. 37:24 de je ne sais pas combien de kilomètres.
  720. 37:27 C'est vrai que ça fait bizarre.
  721. 37:29 On voit déjà dans les rues quand même que c'est pas propre
  722. 37:31 parce qu'on voit les bouteilles un peu partout, etc.
  723. 37:33 Mais on ne s'imagine pas qu'un truc aussi énorme...
  724. 37:36 C'est le Instagram VS réalité.
  725. 37:41 Elle propose aussi aux touristes
  726. 37:43 de se retrousser les manches
  727. 37:45 et de filer un coup de main.
  728. 37:48 Premier jour de vacances.
  729. 37:51 C'est terrible.
  730. 37:52 On s'est dit qu'on ne pouvait pas rester sans rien faire.
  731. 37:55 Tout le monde veut venir ici.
  732. 37:57 C'est très à la mode.
  733. 37:58 J'ai bien conscience de faire partie du problème
  734. 38:00 et c'est ma manière de rendre service.
  735. 38:03 Alors, qu'est-ce que tu as ramassé ?
  736. 38:05 Du plastique recyclable.
  737. 38:08 Allez, on sort les muscles.
  738. 38:11 90 kilos de déchets,
  739. 38:13 ramassés en une heure seulement.
  740. 38:16 Ceux-là quitteront l'île par bateau
  741. 38:18 pour rejoindre un centre de tri.
  742. 38:21 Et 4500 de putains de mégots.
  743. 38:26 Ce qui est absurde,
  744. 38:28 c'est que figurez-vous qu'il existe un centre de tri sur l'île.
  745. 38:32 Ça ne trie pas beaucoup là.
  746. 38:34 Mais il n'a jamais été mis en service.
  747. 38:37 Ça fait 4 ans que nous attendons
  748. 38:39 des autorisations pour l'utiliser.
  749. 38:42 Et en attendant, les déchets continuent à s'entasser derrière.
  750. 38:45 La colline grandit, grossit et pollue.
  751. 38:48 C'est incroyable.
  752. 38:49 Non, c'est déprimant.
  753. 38:51 Avec une association locale,
  754. 38:53 financée par des donateurs du monde entier,
  755. 38:55 elle organise le ramassage des bouteilles en verre.
  756. 39:00 Ça paraît un peu être une goutte d'eau dans l'océan de déchets,
  757. 39:03 ce qu'on est en train de faire.
  758. 39:05 Oui, mais on fait ce qu'on peut.
  759. 39:07 Cette colline-là,
  760. 39:08 si on n'avait pas ramassé les bouteilles depuis 2011,
  761. 39:10 je pense qu'elle serait trois fois plus haute.
  762. 39:13 Le verre va avoir une deuxième vie.
  763. 39:17 C'est les bouteilles qu'on va ramasser.
  764. 39:20 C'est les bouteilles qu'on a ramassées
  765. 39:22 qui sont transformées en sable.
  766. 39:24 Du sable de verre, de l'eau, du ciment.
  767. 39:28 Et voilà, ça donne des briques.
  768. 39:32 C'est un petit espoir comme quoi on a trouvé une solution
  769. 39:35 pour un type de déchets,
  770. 39:37 mais c'est pas non plus la solution pour tout le reste.
  771. 39:40 La seule solution qu'on voit, c'est réduire le tourisme,
  772. 39:43 réduire la quantité de gens qui viennent sur l'île.
  773. 39:46 C'est trop.
  774. 39:47 Les limites ont été dépassées.
  775. 39:49 Comment accueillir toujours plus de visiteurs
  776. 39:52 quand il n'y a plus de place ?
  777. 39:54 Les Maldives ont trouvé une idée surprenante.
  778. 39:57 Nous partons au milieu de l'océan Indien,
  779. 40:00 sur ce chapelet d'atoll
  780. 40:02 qui fait rêver les touristes du monde entier.
  781. 40:05 Toutes ces petites îles réunies,
  782. 40:07 ça fait en tout même pas 300 kilomètres carrés.
  783. 40:10 C'est à peu près la superficie de Marseille.
  784. 40:13 Ici, c'est vraiment très trouble.
  785. 40:16 Vous voyez cette couleur un peu laiteuse ?
  786. 40:22 La richesse des Maldives,
  787. 40:24 c'est sa nature et sa biodiversité.
  788. 40:27 Notre magnifique environnement marin,
  789. 40:30 c'est notre unique source de revenus.
  790. 40:36 Personne n'a l'air de prendre conscience
  791. 40:39 des dégâts qu'on est en train de faire ici
  792. 40:42 et qui seront encore dans les années à venir.
  793. 40:45 Notre lanceur d'alerte n'est pas le seul
  794. 40:48 à avoir remarqué que l'eau était trouble par endroit.
  795. 40:51 Là, il y a des poissons !
  796. 40:53 Même des touristes ont vu qu'il se passait quelque chose.
  797. 40:56 Il n'y avait pas grand-chose.
  798. 40:58 C'est vraiment ça qui nous a fait venir ici.
  799. 41:01 C'est vraiment l'activité marine.
  800. 41:03 Juste là, en palme mastuba,
  801. 41:05 on devrait avoir pas mal de vie marine.
  802. 41:08 Et là, c'est pas le cas ?
  803. 41:10 Là, c'est beaucoup moins le cas
  804. 41:12 que la dernière fois que je suis venu.
  805. 41:14 Il n'y a pas du tout de requins.
  806. 41:16 J'espère qu'on aura un peu plus pour la suite du séjour.
  807. 41:19 Qu'est-ce qui a rendu cette eau trouble ?
  808. 41:22 Notre défenseur de la nature va nous le montrer.
  809. 41:25 Ça se passe au large.
  810. 41:27 Un chantier gigantesque
  811. 41:29 posé sur la barrière de corail.
  812. 41:33 Ça, c'est une drague.
  813. 41:35 Elle a aspiré du sable
  814. 41:37 qui est ensuite rejeté sur le récif.
  815. 41:40 Ils font ça tous les jours.
  816. 41:42 Le bateau est là pour pomper du sable
  817. 41:45 au fond de la mer
  818. 41:47 et l'envoyer sur ce site.
  819. 41:49 Et là, ce que nous voyons apparaître,
  820. 41:52 c'est une île.
  821. 41:54 Ils sont en train de créer une île artificielle.
  822. 41:59 Ils sont en train de créer une île artificielle.
  823. 42:02 Il n'y avait absolument rien ici.
  824. 42:05 Et ils font pousser 80 000 m2
  825. 42:08 de terrain constructible.
  826. 42:12 L'île est construite spécifiquement
  827. 42:15 pour développer le tourisme.
  828. 42:17 Ils pourraient y créer 8 000 lits.
  829. 42:22 Ça me rend triste, en colère et inquiet.
  830. 42:29 L'entreprise chargée des travaux
  831. 42:32 est hollandaise.
  832. 42:34 Mais le directeur du projet, lui,
  833. 42:37 est français.
  834. 42:39 Il nous accueille sur le chantier
  835. 42:42 alors qu'un nouveau bateau arrive,
  836. 42:45 rempli de sable.
  837. 42:47 C'est une drague aspiratrice en marche,
  838. 42:50 l'une des plus grosses au monde.
  839. 42:52 Elle est chargée d'environ
  840. 42:54 32 000 m3 de sable.
  841. 42:56 L'énorme navire récupère la conduite
  842. 42:59 qui va lui permettre de décharger tout ce sable.
  843. 43:02 Le sable va être remixé avec de l'eau
  844. 43:05 et c'est cette mixture de sable et d'eau
  845. 43:08 qui va être projetée à travers la conduite flottante.
  846. 43:16 Sous nos yeux,
  847. 43:18 nous assistons à la création d'un nouveau territoire
  848. 43:22 qui apparaîtra bientôt
  849. 43:25 sur la carte du monde.
  850. 43:29 Le sable se dépose
  851. 43:31 et ensuite l'eau est drainée
  852. 43:33 et s'évacue à l'extrémité de l'île.
  853. 43:36 L'île eau grossit à vue d'œil.
  854. 43:40 C'est à peu près 4 jours
  855. 43:42 pour créer cette île de 8 hectares.
  856. 43:48 Il y a quelques semaines,
  857. 43:50 il n'y avait rien.
  858. 43:52 C'était l'océan.
  859. 43:54 Pour construire un hôtel,
  860. 43:56 il y aura des bungalows, des palmiers, des plages,
  861. 43:59 des villas sur l'eau typiques des Maldives.
  862. 44:02 Il faut imaginer des restaurants sur la terre
  863. 44:05 et tout autour, des bungalows montés sur pilotis
  864. 44:08 et reliés à l'île artificielle.
  865. 44:12 Pour le moment,
  866. 44:14 le sable est retenu par ces gros boudins.
  867. 44:18 Les géotubes permettent de délimiter
  868. 44:21 le périmètre de l'île artificielle.
  869. 44:23 S'il n'y avait pas les géotubes,
  870. 44:25 le sable pourrait se disperser
  871. 44:27 tout autour de l'empreinte définie de l'île.
  872. 44:30 Nous observons que du sable s'échappe
  873. 44:32 en direction de la barrière de Corail.
  874. 44:34 Là, ça pue un peu, non ?
  875. 44:36 C'était une vraie question ?
  876. 44:38 Oui.
  877. 44:39 Non, mais ça, non.
  878. 44:41 Bref, oui, c'est...
  879. 44:46 Vu du ciel,
  880. 44:48 on voit clairement le sable
  881. 44:50 qui s'écoule à l'intérieur du lagon.
  882. 44:54 Notre lanceur d'alerte va nous montrer,
  883. 44:57 à côté d'une autre île artificielle,
  884. 44:59 les conséquences de ces rejets.
  885. 45:02 Des coraux meurent les uns après les autres.
  886. 45:06 Le sable qui s'est accumulé dessus
  887. 45:09 bloque les rayons de lumière,
  888. 45:11 indispensables à la photosynthèse.
  889. 45:21 Il y a des chantiers partout au Maldives.
  890. 45:24 Sur le papier, c'est pour lutter
  891. 45:26 contre la montée des eaux.
  892. 45:28 C'est vrai que ce sont des victimes
  893. 45:30 du changement climatique.
  894. 45:32 Ils agrandissent et rehaussent
  895. 45:34 des terres existantes
  896. 45:36 pour mettre à l'abri les habitants
  897. 45:38 1,60 m au-dessus du niveau de la mer.
  898. 45:40 Mais ils font aussi pousser
  899. 45:42 des îles artificielles
  900. 45:44 uniquement pour les touristes.
  901. 45:46 Nous nous sommes demandés
  902. 45:48 où venait tout ce sable.
  903. 45:50 De l'intérieur de l'atoll,
  904. 45:52 dans le lagon, à la biodiversité exceptionnelle,
  905. 45:55 ou de l'extérieur, en haute mer,
  906. 45:57 là où il n'y a pas de corail ?
  907. 45:59 Les fonds marins autour des Maldives,
  908. 46:01 on est très rapidement
  909. 46:03 à 1 000, 2 000 m de profondeur.
  910. 46:05 Donc il n'y a pas de sable
  911. 46:07 qui est dragable à l'extérieur.
  912. 46:12 Le sable vient bien
  913. 46:14 de l'intérieur de l'atoll.
  914. 46:16 Dans ce lagon réputé
  915. 46:18 pour ses coraux extraordinaires,
  916. 46:20 ses requins,
  917. 46:22 ses raimentas
  918. 46:24 et ses poissons colorés.
  919. 46:30 L'entreprise en charge du projet
  920. 46:32 reconnaît l'impact sur le corail.
  921. 46:34 Mais ils ont prévu
  922. 46:36 de faire un geste pour l'environnement.
  923. 46:40 Évidemment, on ne peut pas dire
  924. 46:42 qu'il n'y a pas de dégâts sur l'environnement,
  925. 46:44 mais c'est pour ça
  926. 46:46 que nous avons proposé ce projet.
  927. 46:48 C'est pour compenser cet impact.
  928. 46:52 Ces coraux,
  929. 46:54 arrachés à leur environnement naturel,
  930. 46:56 reposent désormais sur ces armatures.
  931. 46:58 Et l'entreprise va en profiter
  932. 47:00 pour créer une expérience inédite
  933. 47:02 à destination des touristes
  934. 47:04 qui viendront s'installer
  935. 47:06 sur les futures îles artificielles.
  936. 47:08 L'idée, c'était de créer
  937. 47:10 quelque chose qu'on pourrait voir du ciel
  938. 47:12 avec un drone
  939. 47:14 ou sur une image satellite.
  940. 47:16 C'est une attraction touristique
  941. 47:18 très sympa.
  942. 47:22 Tous ces projets
  943. 47:24 ont été lancés par le gouvernement
  944. 47:26 et en particulier par cet ancien ministre
  945. 47:28 des infrastructures.
  946. 47:32 Pour notre dynamisme économique,
  947. 47:34 nous avons besoin de plus d'argent.
  948. 47:36 Pour notre dynamisme économique,
  949. 47:38 nous avons besoin de plus de lits,
  950. 47:40 de plus de touristes.
  951. 47:42 Alors, investisseurs,
  952. 47:44 nous vous attendons.
  953. 47:46 Venez investir sur notre île.
  954. 47:48 Merci.
  955. 47:52 Je suis très en colère
  956. 47:54 contre ceux qui disent
  957. 47:56 que tout va bien se passer,
  958. 47:58 que dans 15 ans,
  959. 48:00 on ne verra plus les dégâts,
  960. 48:02 car ce sera nous,
  961. 48:04 qui devrons y vivre,
  962. 48:06 qui devrons en assumer
  963. 48:08 les conséquences.
  964. 48:12 Quand nous connaissons
  965. 48:14 les conséquences du surtourisme
  966. 48:16 sur la nature,
  967. 48:18 on se met à voyager autrement.
  968. 48:22 Partir en vacances,
  969. 48:24 c'est comme bien consommer
  970. 48:26 ou bien se nourrir.
  971. 48:28 Ça s'apprend.
  972. 48:30 Et pourquoi pas à l'école?
  973. 48:32 Pour mettre le sandwich.
  974. 48:34 Ces boîtes-là sont réutilisables à l'infini.
  975. 48:36 Merci.
  976. 48:38 Nous suivons les élèves
  977. 48:40 d'un collège public,
  978. 48:42 partis 4 jours sur le bassin d'Arcachon.
  979. 48:44 C'est l'océan?
  980. 48:46 Atlantique.
  981. 48:48 Apprendre à profiter de la nature
  982. 48:50 sans l'endommager.
  983. 48:52 Ce petit panneau,
  984. 48:54 il va vous renseigner
  985. 48:56 sur votre comportement à adopter.
  986. 48:58 Ici, ça veut dire quoi?
  987. 49:00 J'ai faim, j'ai mangé une banane.
  988. 49:02 Je peux jeter ma peau de banane?
  989. 49:04 C'est une peau, donc oui.
  990. 49:06 Est-ce que les bananiers,
  991. 49:08 ça pousse ici naturellement?
  992. 49:10 Donc ma peau de banane, j'en fais quoi?
  993. 49:12 Non! Tu la jettes pas!
  994. 49:16 On la garde.
  995. 49:18 Il faut plusieurs mois
  996. 49:20 pour qu'une peau de banane
  997. 49:22 se décompose dans la nature.
  998. 49:24 Maintenant, tu y prêteras attention?
  999. 49:26 Oui, je pense.
  1000. 49:28 C'est une envie humaine, je crois.
  1001. 49:30 Il ne faut pas l'abrider.
  1002. 49:34 Comment on fait pour partir en vacances
  1003. 49:36 en respectant l'environnement?
  1004. 49:38 Ne pas céder à la pulsion.
  1005. 49:40 On a l'impression qu'on est seuls derrière son écran.
  1006. 49:42 On est des millions derrière son écran
  1007. 49:44 à voir la même photo.
  1008. 49:46 Si on est des millions ensemble
  1009. 49:48 au même endroit, je vois pas l'intérêt.
  1010. 49:50 Il y a des collabels qui se sont développés.
  1011. 49:52 On a des sites où on peut savoir
  1012. 49:54 si notre destination est plutôt
  1013. 49:56 en France, on voit quand même
  1014. 49:58 une nouvelle façon de vivre le tourisme.
  1015. 50:00 Si on réfléchit tous,
  1016. 50:02 s'il y a des décisions politiques,
  1017. 50:04 je pense que oui, il y a de l'espoir.
  1018. 50:06 Il y a une prise de conscience
  1019. 50:08 dans beaucoup de régions.
  1020. 50:10 Ici, nous sommes dans le Jura.
  1021. 50:12 Si on était venus il y a quelques années,
  1022. 50:14 on aurait découvert un lac
  1023. 50:16 en bien mauvaise santé.
  1024. 50:18 Le département a donc pris
  1025. 50:20 une décision radicale pour limiter le tourisme.
  1026. 50:22 Fermer ce camping.
  1027. 50:24 Là, il faut imaginer 4 à 7 000 personnes
  1028. 50:26 dans des tentes, dans des bungalows
  1029. 50:28 qui venaient faire la fête.
  1030. 50:30 C'est ce que j'appelais la côte d'Azur jurassienne.
  1031. 50:32 Aujourd'hui, on peut toujours
  1032. 50:34 venir profiter gratuitement,
  1033. 50:36 mais c'est plus difficile d'y dormir.
  1034. 50:38 Il y a donc moins de touristes
  1035. 50:40 et moins d'impact sur le lac.
  1036. 50:42 Une station balnéaire des Landes
  1037. 50:44 a eu exactement la même stratégie.
  1038. 50:46 Si vous êtes déjà venus à Hondres,
  1039. 50:48 vous vous êtes probablement garés là,
  1040. 50:50 dans ce gigantesque parking
  1041. 50:52 sur la dune.
  1042. 50:56 Si vous y revenez,
  1043. 50:58 vous n'allez pas reconnaître les lieux.
  1044. 51:00 Le bitume a disparu.
  1045. 51:02 Le sable a repris sa place.
  1046. 51:04 Ça rend vraiment bien.
  1047. 51:06 Non, non, c'est chouette.
  1048. 51:08 Franchement, bravo, merci.
  1049. 51:10 Un beau massif.
  1050. 51:12 Vous pourrez toujours vous garer,
  1051. 51:14 mais plus loin.
  1052. 51:16 Il faudra faire 5 minutes de marche
  1053. 51:18 pour rejoindre la plage.
  1054. 51:20 Et il y aura des navettes
  1055. 51:22 pour ceux qui ont du mal à se déplacer.
  1056. 51:24 Avant, ces enjeux climatiques,
  1057. 51:26 ces enjeux environnementaux,
  1058. 51:28 ils ne faisaient pas partie des choses
  1059. 51:30 qui avaient été prises en compte
  1060. 51:32 dans nos politiques publiques.
  1061. 51:34 C'est le début de nouvelles façons
  1062. 51:36 de consommer la plage, son authenticité,
  1063. 51:38 et on redécouvre l'endroit
  1064. 51:40 tel qu'il était il y a 50, 60, 70 ans,
  1065. 51:42 beaucoup plus naturel,
  1066. 51:44 beaucoup moins bétonné.
  1067. 51:46 La plage est toujours là,
  1068. 51:48 c'est un endroit authentique,
  1069. 51:50 accessible à tout le monde,
  1070. 51:52 gratuitement.
  1071. 51:54 Il faudra juste marcher un peu.
  1072. 51:56 L'idée, c'est de demander aux touristes
  1073. 51:58 de s'adapter à la nature
  1074. 52:00 et non pas d'adapter la nature
  1075. 52:02 aux envies des touristes.
  1076. 52:06 Sur le front, ça continue.
  1077. 52:08 Nous restons à la plage.
  1078. 52:10 On pense tous que c'est un endroit
  1079. 52:12 naturel, immuable.
  1080. 52:14 Eh bien, vous allez découvrir
  1081. 52:16 des portes du sable à l'arrière-saison
  1082. 52:18 ou encore de drôles de constructions
  1083. 52:20 plantées au fond de l'eau pour protéger le rivage.
  1084. 52:22 La face cachée de nos plages, c'est tout de suite.