Pétrole : se sevrer par la crise ? | Décryptage | ARTE Info

reportage 7:55 Source ↗ Europe pétrole décarbonation crise énergétique dépendance énergétique énergie renouvelable
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Ce décryptage explore la dépendance de l'Europe au pétrole, les vulnérabilités révélées par les crises énergétiques passées et présentes, et les défis de la décarbonation face aux divergences politiques et aux intérêts des industries fossiles.

  1. 0:00 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël lancent une offensive sur l'Iran, une nouvelle
  2. 0:11 guerre éclate au Moyen-Orient.
  3. 0:12 Le détroit d'Ormuz, où transite chaque jour 20% du gaz liquéfié et du pétrole
  4. 0:18 mondial, est en grande partie bloqué par l'Iran.
  5. 0:21 Le prix du baril de pétrole s'envole, les prix à la pompe aussi, en Europe, les automobilistes
  6. 0:27 sont pris de panique.
  7. 0:29 A chaque crise, l'Union Européenne est mise face à sa vulnérabilité en matière
  8. 0:37 d'énergie.
  9. 0:38 Dos au mur, l'Europe fera-t-elle le choix d'agir et de passer à la vitesse supérieure
  10. 0:43 en matière de décarbonation ?
  11. 0:59 L'Europe carbure au pétrole, on le retrouve partout ou presque, dans le carburant qui
  12. 1:07 fait fonctionner les voitures, sur les routes, dans les médicaments, les engrais, dans les
  13. 1:12 emballages et la liste est encore longue.
  14. 1:15 L'énergie consommée par les Européens est issue à 38% du pétrole.
  15. 1:20 Au total, les énergies fossiles, pétrole, gaz et autres combustibles solides représentent
  16. 1:27 69% du mix énergétique européen.
  17. 1:29 L'intérêt du pétrole, c'est que c'est une énergie extrêmement dense, c'est-à-dire
  18. 1:35 qu'on a beaucoup d'énergie dans un petit volume et pour un petit poids, et par rapport
  19. 1:40 à ça, le pétrole est presque imbattable.
  20. 1:42 Le pétrole qu'elle consomme, l'Europe n'en produit qu'une infime partie, il faut
  21. 1:51 donc aller l'acheter ailleurs.
  22. 1:54 Toutes énergies confondues, l'Union européenne est dépendante à 57% de ses importations.
  23. 1:59 Ajouté à cela, les dommages pour la planète des émissions de gaz à effet de serre produites
  24. 2:04 par les énergies fossiles, tout invite l'UE à réfléchir à des alternatives.
  25. 2:09 La bonne nouvelle, c'est qu'on commence à les trouver.
  26. 2:11 L'électricité avec les batteries en fait partie.
  27. 2:14 L'électricité permet d'alimenter des appareils électroniques, ce qui ne peut pas faire directement
  28. 2:20 le pétrole.
  29. 2:21 L'électricité peut générer de l'énergie mécanique et donc nous faire avancer nos
  30. 2:24 voitures, nos bateaux, peut-être demain nos avions.
  31. 2:27 Et l'électricité peut aussi voyager quasiment à la vitesse de la lumière grâce au réseau
  32. 2:34 électrique.
  33. 2:35 Pourquoi les énergies renouvelables, malgré les objectifs que s'est fixé l'Europe,
  34. 2:40 peinent à se faire plus de place dans le mix énergétique européen ? Pourquoi ça
  35. 2:44 patine ?
  36. 2:46 L'Europe a pourtant un agenda clair en matière de décarbonation.
  37. 2:50 Atteindre la neutralité carbone en 2050, c'est-à-dire équilibrer les émissions
  38. 2:55 de CO2 avec leur absorption.
  39. 2:57 Et compter 42,5% minimum d'énergie renouvelable dans le mix énergétique d'ici à 2030.
  40. 3:05 Sauf que la période est au baclash écologique, au détricotage des politiques environnementales
  41. 3:12 plus qu'aux avancées.
  42. 3:13 Résultat, le taux d'électrification européen stagne depuis cinq ans.
  43. 3:17 En 2025, moins de pompes à chaleur ont été installées en Europe qu'en 2023, tandis
  44. 3:23 que la consommation de gaz fossile a augmenté entre 2024 et 2025.
  45. 3:27 Sur la transition énergétique, les leaders européens ont du mal à parler d'une même
  46. 3:33 voie.
  47. 3:34 Une partie des dirigeants européens comme Giorgia Meloni veulent remettre en cause des
  48. 3:39 politiques de décarbonation et agissent un peu en zigzag sur la politique climatique.
  49. 3:44 Un coup en remettant en cause le véhicule électrique, un autre jour en remettant en
  50. 3:48 cause le marché carbone européen.
  51. 3:50 Il y a également une autre vision qui est portée en Europe, celle de Pedro Sanchez
  52. 3:54 en Espagne ou de la France, qui vise à s'affranchir beaucoup plus rapidement du pétrole, du gaz
  53. 4:01 et du charbon grâce à la décarbonation.
  54. 4:03 Et pour le moment, au niveau européen, une des deux visions n'a pas encore véritablement
  55. 4:09 gagné.
  56. 4:10 Il va pourtant falloir trancher.
  57. 4:13 La crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient peut-elle agir comme un accélérateur ? Comment
  58. 4:20 dans l'histoire récente a-t-on réagi quand l'énergie venait à manquer ?
  59. 4:24 C'est le moment de regarder dans le rétroviseur.
  60. 4:34 1973, après la guerre du Kippour entre Israël et ses voisins arabes, les pays du Golfe décident,
  61. 4:41 contre les alliés de l'État hébreu, de réduire leur production de pétrole.
  62. 4:45 Le prix du baril flambe, en Europe c'est la panique.
  63. 4:48 On s'aperçoit aussi que les produits du quotidien auxquels on s'est habitués pendant
  64. 4:53 les Trente Glorieuses, cosmétiques, peintures, vinyles, eux aussi sont menacés parce que
  65. 4:59 dérivés du pétrole.
  66. 5:00 Même scénario en 1979, avec la chute du Shah d'Iran, c'est le second choc pétrolier.
  67. 5:08 Le prix de l'essence s'envole à nouveau, le risque de pénurie est réel.
  68. 5:13 On parle souvent des chocs pétroliers des années 70 comme étant un révélateur d'une
  69. 5:20 dépendance notamment au pétrole qui a forcé un certain nombre d'États européens à
  70. 5:25 électrifier.
  71. 5:26 C'est le cas par exemple de la France avec le grand programme nucléaire qui a été
  72. 5:29 lancé dans les années 70-80, c'est le cas également de la Suède qui a électrifié
  73. 5:34 assez rapidement son parc de bâtiments et notamment des logements.
  74. 5:39 Autre exemple, plus récent cette fois.
  75. 5:42 2022, la Russie envahit l'Ukraine.
  76. 5:45 Les Européens, qui importent du gaz russe, font rapidement face à une crise énergétique.
  77. 5:51 Alors il faut réagir et accélérer le développement des renouvelables.
  78. 5:54 Des progrès ont été faits, mais cela aurait pu aller beaucoup plus loin, selon plusieurs
  79. 5:59 think tanks spécialisés dans l'énergie.
  80. 6:01 Ils regrettent les 650 milliards d'euros d'argent public dépensés à l'échelle
  81. 6:06 de l'Europe entre 2022 et 2024 pour mettre en place le bouclier tarifaire.
  82. 6:10 Cet argent, quelque part, il s'est évaporé.
  83. 6:15 On s'en est servi pour artificiellement réduire les prix à la pente, réduire les prix du
  84. 6:22 gaz importé, en partie réduire les prix de l'électricité, mais sans réellement
  85. 6:27 penser au long terme.
  86. 6:28 On n'a pas utilisé cet argent pour investir davantage dans les solutions de décarbonation
  87. 6:34 et d'électrification qui peuvent nous rendre plus résilients face aux crises d'aujourd'hui.
  88. 6:37 On aurait pu choisir de cibler les 10% les plus défavorisés pour leur permettre de
  89. 6:43 continuer à vivre normalement et éviter de subventionner les énergies fossiles en
  90. 6:50 envoyant un mauvais signal pour les consommateurs qui devaient essayer de consommer moins et
  91. 6:54 qui, puisqu'ils étaient aidés, ne faisaient pas tant d'efforts que ça.
  92. 6:58 Les dirigeants européens auront-ils tiré les leçons du passé ? Saisiront-ils l'opportunité
  93. 7:05 de cette nouvelle crise pour définir une stratégie plus ambitieuse qui mènerait à la souveraineté
  94. 7:11 énergétique ?
  95. 7:12 Un exercice délicat que les majors pétroliers et gazières et les climato-sceptiques ne
  96. 7:18 vont pas faciliter.