Les trésors des vignobles français | Documentaire
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Ce documentaire explore les trésors cachés des vignobles français, des caves prestigieuses de Champagne aux domaines historiques de Bourgogne et de Bordeaux, révélant un patrimoine viticole exceptionnel classé à l'UNESCO et le savoir-faire ancestral de ceux qui le cultivent et le préservent.
- 0:30 Il y a un peu plus d'un an, le 4 juillet 2015, les coteaux, maisons et caves de Champagne ainsi
- 0:45 que les climats de Bourgogne étaient classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Avec les
- 0:51 vignes de Saint-Emilion dans le Bordelais, inscrite elle en 1999, ce sont trois des plus
- 0:58 grandes régions viticole française qui ont été honorées. Nous nous trouvons aujourd'hui dans le
- 1:07 prestigieux château d'Iquem, considéré comme le plus grand vin liquoreux au monde. Iquem,
- 1:13 voilà un nom qui fait rêver, tout comme Petrus et Margaux, ses voisins Bordelais,
- 1:17 Roman et Conti, le roi Claude Vougeot pour le vignoble de Bourgogne, ou encore Krug,
- 1:23 Veuve Clico, Salon pour la Champagne. Aujourd'hui c'est leur histoire que nous avons décidé de
- 1:27 vous raconter, une histoire dans laquelle s'entremêlent des aventures humaines exceptionnelles,
- 1:32 un savoir-faire ancestral, un art de vivre à la française, un patrimoine architectural hors du
- 1:38 commun. Car derrière ces étiquettes et ces nectares de légende, se cachent des trésors
- 1:42 uniques au monde, fruits de notre culture et de notre histoire.
- 1:46 Ces trésors, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui les cultivent et les préservent. Grâce
- 1:58 à eux, nous avons découvert un patrimoine viticole aussi riche que magique. Elles font
- 2:06 rayonner la France à l'étranger depuis des siècles. Les maisons de Champagne les plus
- 2:11 prestigieuses nous ont ouvert leurs portes mais aussi délivré leurs secrets. Il n'y a pas un autre
- 2:16 domaine dans le monde, une autre propriété, un autre château qui n'a produit que 37 fois du vin en
- 2:21 100 ans. A plusieurs dizaines de mètres sous terre, nous avons eu rendez-vous avec la grande
- 2:26 histoire et découvert de véritables chefs-d'oeuvre. A Bordeaux, nous avons exhumé le classement
- 2:38 original des grands vins du Médoc de 1855 et eu le privilège de visiter tous les premiers
- 2:45 crus classés. Pour la première fois, des caméras de télévision ont été autorisées à pénétrer au
- 2:55 coeur du mythique et vénéré domaine de Pomerol, Pétrus. Je pense que la sensibilité, c'est la
- 3:02 qualité la plus importante que j'ai peut-être transmis à mes fils. Nous avons aussi rencontré
- 3:08 Michel Jack, le propriétaire attachant d'un patrimoine vertigineux, une collection de 40
- 3:15 mille flacons d'exception. Il est vrai que là, j'ai un peu l'émotion. Vous avez ici la vitrine de la famille.
- 3:23 Dans les coins et recoins du légendaire château du Clos de Vougeot, nous avons effectué un véritable
- 3:32 voyage dans le temps. Tout à l'heure, je parlais de magie, et bien nous y sommes, en plein dans la
- 3:37 magie, puisque nous sommes devant le pressoir construit en 1477. Enfin, nous participerons
- 3:46 avec les artisans du château d'Yquem à l'élaboration très particulière du plus illustre
- 3:53 des vins licoreux.
- 3:54 Première halte dans un lieu aussi symbolique que prestigieux, le palais de l'Elysée.
- 4:22 Nous avons rencontré Virginie Routis, la première sommelière de la résidence du chef de l'état.
- 4:42 Elle nous a ouvert exceptionnellement les portes d'une des caves les plus secrètes et les plus
- 4:48 renommées au monde, qui conserve pas moins de douze mille bouteilles.
- 4:52 Très peu de personnes ont accès à la cave, c'est l'intendant et moi-même.
- 5:11 La première fois qu'on rentre dans la cave de l'Elysée, on peut s'en voir. Je connaissais bien
- 5:18 sûr les grandes étiquettes qui y sont. Les plus belles étiquettes, les plus beaux flacons y
- 5:25 sommeillent. Alors cette bouteille, c'est la bouteille la plus vieille de la cave, c'est le
- 5:29 château Riosèque, 1906. Par contre l'étiquette est un peu abîmée, mais mon prédécesseur a réussi à
- 5:36 l'ouvrir. Alors celle-ci, normalement elle ne sera pas ouverte, mis à part s'il y a une demande du
- 5:41 président de la république. Lui seul peut exiger de l'ouvrir. De ces bouteilles-là, oui en effet,
- 5:46 la seule personne qui peut exiger d'ouverture, c'est lui. Toutes les régions de France y sont
- 5:52 bien sûr représentées, avec néanmoins une domination des vins de Bordeaux, de Bourgogne
- 5:57 et de Champagne. Ce qui se comprend, c'est qu'il faut quand même représenter la France, mais moi
- 6:04 j'ai vraiment travaillé sur les autres régions. Représenter la France, c'est l'une des missions
- 6:10 de Virginie lors des dîners officiels. Ses meilleurs ambassadeurs, ce sont ses bouteilles.
- 6:16 Tous les vins, même sur un dîner d'Etat, on va ouvrir énormément de vins, tous les vins sont
- 6:20 goûtés. On choisit le vin en fonction des personnalités bien sûr, du protocole. Sur un
- 6:26 dîner d'Etat, suivant le mai, on peut aller autant sur un grand Bourgogne ou un grand Sauternes,
- 6:31 suivant les accords de notre chef. Et après, c'est également les quantités, parce qu'un dîner
- 6:38 d'Etat, il y a quand même 300 convives en général, donc il faut pouvoir avoir le nombre de bouteilles
- 6:43 qui suivent. Pour 300 convives, on va sortir une trentaine de vins blancs, une quarantaine de vins
- 6:51 rouges et en Champagne, pareil, une quarantaine. Parmi ses plus beaux souvenirs, la réception à
- 7:01 l'Elysée de la Reine d'Angleterre, à l'occasion des 70 ans du débarquement de Normandie.
- 7:06 Là, vraiment, on avait servi des très très très beaux vins. C'était Château Ikem 97 et après,
- 7:18 je crois qu'on était sur un Margaux. On avait également, pour le clin d'œil pour la Reine,
- 7:22 servi du Whistle & Churchill en Champagne, parce que voilà, c'est le Champagne vraiment
- 7:29 emblématique de la Reine. Ce soir-là, Virginie avait servi des vins de légende pour représenter
- 7:37 la France aux yeux du monde entier. Je pense que c'est vraiment, le vin c'est emblématique et on a
- 7:43 cette chance en France d'avoir vraiment le patrimoine qu'il faut. Ce patrimoine du
- 7:50 vignoble français, nous l'avons arpenté à la recherche de ses plus beaux trésors. La cave de
- 7:57 l'Elysée refermée, nous avons poussé les portes des châteaux et domaines les plus
- 8:01 prestigieux, à commencer par ceux de la Champagne. 35 000 hectares de vignes,
- 8:11 320 villages, un patrimoine architectural unique.
- 8:17 Des noms de légendes, le Champagne, symbole de fêtes et d'amour,
- 8:29 fait rêver et saliver les papilles du monde entier.
- 8:33 Mais d'où vient-il ce Champagne ? Commençons par tordre le coup à la légende. Non,
- 8:45 l'illustre Dom Pérignon n'en est pas l'inventeur. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, la Champagne
- 8:52 produit des vins rouges à partir de raisins rouges et des vins blancs à partir de raisins blancs,
- 8:57 mais de piètre qualité. Alors pour satisfaire et élargir leur clientèle, quelques champenois
- 9:04 visionnaires et ingénieux, dont l'abbé Dom Pérignon, conçoivent un vin totalement inédit
- 9:09 et de grande qualité. Ils assemblent plusieurs raisins issus de différents cépages, de différents
- 9:15 crus et de différentes années. Ils affinent sa vinification pour maîtriser l'effervescence
- 9:21 naturelle. Ils se fournissent un flacon mieux adapté à la prise de mousse et fabriquent
- 9:26 des bouchons hermétiques. Bref, ils inventent un vin nouveau qui va devenir l'un des fleurons
- 9:32 les plus éclatants de la France à l'étranger. Nous avons eu le privilège de pénétrer
- 9:45 dans l'une des maisons de Champagne les plus luxueuses, mais aussi les plus secrètes de Reims,
- 9:51 la Maison Krug. Krug, quatre lettres mythiques, un vin considéré comme la Rolls Royce du Champagne.
- 10:06 Un vin qui, année après année, a la singularité d'être identique à celui imaginé par le fondateur
- 10:13 de la maison il y a plus de 170 ans. L'une de ses artisans, c'est Julie Caville. Ancienne
- 10:25 publicitaire, elle a tout quitté il y a 15 ans pour accomplir son rêve, devenir oenologue.
- 10:32 La Maison Krug, c'était quelque chose d'un peu inaccessible pour quelqu'un qui appartient à
- 10:38 l'oenologie, c'était vraiment le graal travailler chez Krug. J'avais cette image de qualité sans
- 10:44 compromis. Quand on regarde les notes qui sont attribuées depuis 20 ans, c'est toujours des
- 10:51 notes extraordinaires, et moi-même je me dis ça y est, c'est incroyable, ça fait quatre ans que
- 10:57 je rêve de ça, je n'avais même pas imaginé que ça puisse se passer ici, j'y suis. Oenologue
- 11:07 depuis maintenant dix ans, pas un des recoins de la Maison Krug n'a de secret pour elle. Julie
- 11:14 nous invite à découvrir la chambre forte. Nous voici dans la maison. Le cuvier des vins de réserve.
- 11:22 Alors ici, on a tout ce qui fait l'individualité de la maison. On est dans un lieu vraiment
- 11:36 d'exception, qui pour nous est vraiment notre trésor pour l'équipe oenologie, puisqu'ici vous
- 11:41 voyez qu'on a des petits contenants qui ont été réalisés sur mesure pour épouser parfaitement la
- 11:46 forme de la voûte. Nous conservons les vins issus de 15, 16, 17 années de vendanges différentes.
- 11:53 Donc un vin, il peut rester ici dans cette bibliothèque finalement de vins de réserve une
- 12:02 année, deux ans, cinq ans, dix ans, quinze ans. Ce sont ces précieux vins de réserve associés aux vins
- 12:09 issus de l'année en cours qui permettront de retrouver le goût authentique déterminé par
- 12:14 le fondateur Joseph Krug en 1843. Il est 11 heures, l'heure pour Julie de déguster tous ces vins qui
- 12:24 une fois choisi et assemblés, élaboreront le champagne grande cuvée. Tiens, voilà Georges, ça va Georges ?
- 12:33 Honnêtement, ce qui m'a frappé quand je suis arrivée à la maison, c'est le nombre de métiers, de gestes, de
- 12:38 personnes qui sont nécessaires pour élaborer nos cuvées chez Krug. Il y a ceux qui sont experts
- 12:46 des fûts, ceux qui les visitent, ceux qui les sentent, ceux qui les entonnent, ceux qui les marquent au
- 12:50 pochoir, ceux qui les rangent traditionnellement avec des cales. Il y a un savoir-faire qui prend plus
- 12:55 d'une année et toutes ces personnes-là ne touchent pas forcément le vin mais sont totalement
- 12:58 indispensables pour réaliser et élaborer nos cuvées. Exceptionnellement, Julie nous a autorisé
- 13:06 à assister à ce comité de dégustation, étape cruciale avant l'assemblage. Alors voilà, c'est aussi
- 13:14 là que ça se passe. Comme tous les jours à 11 heures, le comité de dégustation de la maison Krug se
- 13:20 réunit ici pour déguster 15 échantillons. Alors vous aimez, c'est notre parcelle qu'on a à l'entrée
- 13:25 du Ménil sur Ogé. Au total, Julie et le comité devront choisir parmi les 150 vins de réserve et les
- 13:32 220 issus de l'année en cours pour recréer le goût originel de Krug. Tous ces vins étant dégustés
- 13:39 deux à trois fois, vous faites le calcul, plus le nombre de dégustateurs autour de la table. En
- 13:44 général, on traite à peu près 4000 notes de dégustation pour arriver à l'assemblage de la
- 13:48 grande cuvée. La grande cuvée, elle est recréée toujours avec 10, 11, 12, 13 années de vendanges
- 13:54 différentes, entre 150 et 200 parcelles différentes et on dit qu'il faut à peu près 20 ans pour
- 14:01 élaborer une seule bouteille de Krug grande cuvée. 20 ans pour élaborer une seule bouteille, entre 150 et
- 14:12 220 différents en un seul flacon. Une patience et une exigence qui justifient le caractère et le
- 14:19 prix unique de ce champagne. C'est Eric Lebel, le chef de cave, qui dirige comme tous les jours
- 14:30 la séance. Aujourd'hui sont présents les membres du pôle oenologie mais aussi les dirigeants de la
- 14:37 maison Olivier Krug et Margaret Henriquez. Voilà donc tout le monde est prêt, les iPads sont calés, c'est
- 14:45 parti, c'est bon. Quelle note tu mets ? Je mets 14. Julie ? Je vais être plus généreuse, je vais lui mettre un bon 16, je trouve qu'il
- 15:11 a une élégance, une finesse, un port de tête, il est rassé et donc dans l'assemblage ça va vraiment élever, ça va relever le menton de ces charbonnets.
- 15:24 Ses notes de dégustation, Julie les sauvegarde sur sa tablette. Eric quant à lui, les conserve
- 15:31 toujours dans son grand livre noir. Il en possède des dizaines et perpétue ainsi la tradition du
- 15:37 fondateur Joseph Krug. Il serait content, je pense, de voir notre black book Joseph, il serait content de voir que
- 15:43 cette notion d'individualité perdure toujours et que la maison existe encore qu'à travers ça.
- 15:48 Il serait content de voir la version digitale. Oui c'est sûr aussi. Olivier Krug, sixième génération de la
- 15:58 famille, gardien de la maison, nous entraîne dans un salon privé qui abrite le livre originel de
- 16:05 Joseph Krug, un précieux carnet conservé dans son écrin.
- 16:15 A la fin des années 70, mon grand-père a retrouvé ce carnet qui avait été rangé dans un coffre par
- 16:19 son propre grand-père presque un siècle plus tôt et quand je suis rentré dans la maison en 89, c'est
- 16:24 une des premières choses dont il m'a parlé. Il m'a dit écoute Olivier, un jour il faudra que tu lises ce carnet et j'ai
- 16:30 mis 25 ans à réouvrir ce carnet et on a fait l'exercice collectivement il y a six ou sept ans
- 16:36 et on est on est tous tombés de notre chaise. Et le premier à être surpris c'était peut-être Eric
- 16:41 Lebel, le chef de cave, parce que quand on lit ce carnet en commun, il découvre de façon
- 16:47 très très claire, très précise, les gestes que lui fait tous les jours, qu'il a appris de mon
- 16:51 papa, des anciens, etc. 170 ans plus tard, il est clair que Krug correspond au rêve que Joseph avait
- 16:56 en tête quand il a tout quitté à l'âge de 42 ans pour créer un type de champagne qui n'existait pas.
- 17:04 Le véritable trésor de la maison, il est probablement là, dans cette transmission, cet
- 17:11 échange entre les générations et les métiers. Aujourd'hui, Julie en est l'une des plus authentiques
- 17:17 héritières. Vous voyez ici, vous avez des années et des années de vendange. L'idée est de transmettre
- 17:23 justement ça aux futures générations. Donc on est là au milieu, il faut rester très très, avec
- 17:27 beaucoup, il faut avoir beaucoup d'humilité à l'onologie, puisqu'on est vraiment ces passeurs,
- 17:32 ce témoin entre ce devoir de mémoire du patrimoine de la maison et puis ce devoir
- 17:39 aussi de transmission pour les futures générations. Dénicher ces trésors du vignoble de Champagne,
- 17:47 c'est aller à la rencontre de passionnés, de véritables artisans d'art qui mettent leur
- 17:52 savoir-faire et leur excellence au service de notre patrimoine culturel.
- 17:56 Mais c'est aussi voyager à travers les siècles et les continents.
- 18:12 Son nom évoque un certain art de vivre à la française. Il est le deuxième champagne le plus
- 18:18 vendu dans le monde et il illumine depuis bientôt 250 ans les réceptions les plus fastueuses.
- 18:25 Le champagne Veuve Crico. Nous avons pu accéder aux arcanes de la maison pour découvrir comment ce
- 18:32 champagne a représenté la France aux quatre coins de la planète pendant plus de deux siècles.
- 18:39 Fabienne Moreau, en charge du patrimoine de la maison, nous a ouvert les portes des archives.
- 18:45 C'est un lieu exceptionnel puisque c'est là qu'on conserve l'ensemble des archives de la maison Veuve Crico
- 18:50 depuis la date de la fondation en 1772 jusqu'à 1950 à peu près.
- 19:00 C'est en exhumant ces archives rares que nous avons découvert le destin de celle qui est à
- 19:05 l'origine de ce succès. Barbe Nicole Ponsardin. Une bourgeoise de Reims, devenue veuve à 27 ans
- 19:13 et qui va avoir l'audace de reprendre les rênes de la maison familiale fondée par son beau-père
- 19:19 Philippe Clicquot. On est en 1805, on est pendant une période extrêmement troublée en Europe, ce sont les
- 19:28 guerres napoléoniennes. Les récoltes n'ont pas été extraordinaires du tout dans les années qui
- 19:32 précèdent et là on découvre un personnage extraordinaire de détermination, d'intelligence,
- 19:38 de vision parce qu'on est à une époque où le champagne c'est encore un produit un peu
- 19:42 expérimental. Ensuite elle va vraiment s'attacher à la qualité des vins, essayer de comprendre ce
- 19:48 qui se passe et on lui doit des progrès vraiment significatifs en termes d'élaboration du champagne
- 19:54 que l'on utilise toujours aujourd'hui. C'est elle qui invente la technique de remuage des
- 19:59 bouteilles sur une table puis sur des cupitres et c'est un moment décisif pour la champagne.
- 20:04 Et ensuite, et c'est très important, elle va faire preuve d'une grande tenacité pour exporter ses vins.
- 20:16 La France est un marché extrêmement restreint. Le champagne est déjà un produit de luxe,
- 20:21 difficile à élaborer, il coûte cher. La première femme à diriger une maison de champagne décide
- 20:28 alors d'élargir ses horizons de vente. Premier escale, la Russie.
- 20:35 On a une vraie francophilie chez les consommateurs, les amateurs russes et la consommation de
- 20:42 champagne va avec l'amour des belles lettres françaises, avec le plaisir d'avoir des beaux
- 20:48 objets, des beaux tableaux venant de France, la littérature, etc. Donc c'est tout un art de
- 20:54 vivre qui s'exporte à travers une bouteille de champagne.
- 21:01 De l'Europe du Sud à la Russie, en passant même par la Laponie, son champagne conquiert
- 21:07 dès le XIXe siècle le monde entier. Femme moderne et déterminée, la veuve Clico n'a
- 21:15 qu'un objectif, participer à la grandeur de la France.
- 21:18 Nous avons un document exceptionnel, c'est vraiment une pépite dans notre trésor des
- 21:25 archives. Il s'agit d'un document plus personnel sur lequel est écrit le nom de
- 21:31 Madame Clico. Nous ne l'avions pas dans nos archives, c'était une personne qui l'a
- 21:35 trouvée dans un grenier d'un château qu'il venait d'acheter.
- 21:38 On y lit encore son activité au sein du vignoble, d'achat de raisins, de négoces de produits
- 21:47 liés à la vigne. Il y avait beaucoup d'émotions parce qu'on est là sur la date d'avril
- 21:54 1866, donc on est quelques mois avant sa disparition.
- 22:00 On a là certainement les derniers écrits de Madame Clico.
- 22:06 Dame de fer, la veuve Clico n'en restait pas moins une dame de cœur. Humaniste, elle
- 22:12 fonda des écoles, une maison de retraite et dans son château de Bourseaux, près d'Epernay,
- 22:18 elle créera une caisse de secours, un château dans lequel elle s'éteindra à 89 ans.
- 22:27 La maison de Champagne perpétuera ses valeurs tout au long du XXème siècle.
- 22:31 Fabienne Moreau nous invite à les découvrir dans un endroit tout à fait mystérieux,
- 22:36 à plusieurs dizaines de mètres sous terre.
- 22:42 C'est l'endroit emblématique pour l'histoire de Reims, pour l'histoire du Champagne, pour l'histoire de la maison parce qu'on y trouve vraiment les éléments liés aux
- 23:11 patrimoines. Les premières crières ont été creusées à l'époque gallo-romaine, à Reims, les blocs de craie étaient extraits pour pouvoir construire les remparts qui fortifiaient la ville.
- 23:24 Celles où on se trouve aujourd'hui sont plus du Moyen-Âge, du XIème, XIIème siècle et elles ont été abandonnées une fois la crière creusée.
- 23:36 Et c'est seulement au XIXème siècle et au début du XXème siècle pour la maison Boeuf-Clicquot qu'on a réinvesti les lieux.
- 23:46 Les crières de la butte Saint-Niquez, avec leur obscurité, leur tranquillité et leur température constante de 11 degrés, sont un endroit idéal pour la maturation du Champagne.
- 23:58 Ce sont donc des milliers d'employés qui vont travailler dans ces 24 kilomètres de galerie, comme en témoignent ces insolites plaques patronimiques.
- 24:13 En fait, c'est vraiment un hommage rendu à la fidélité de ces personnes de la maison.
- 24:19 Donc la plaque porte le nom de ce salarié, de sa date d'entrée, de sa date de sortie dans la maison et le dernier métier qu'il a exercé.
- 24:27 Parce que généralement, un jeune peut rentrer à 14 ans et terminer sa carrière comme chef d'atelier, chef bouchonnier, remueur.
- 24:37 Mais en 1914, la ville de Reims s'est bombardée.
- 24:40 Aux côtés de civils et de soldats, ces employés se retrouvent à un véritable carrefour de l'histoire de France.
- 24:47 On est face à des traces de l'histoire, de l'histoire de la Grande Guerre.
- 24:53 On y voit là une croix rouge avec une flèche, ça c'est des traces de peinture qui datent du début de la Guerre mondiale.
- 25:01 Et qui permettait aux personnes qui arrivaient dans les caves de s'orienter pour aller soit vers l'infirmerie, soit s'abriter.
- 25:09 Puisqu'ici, on lit aussi, on devine, les lettres qui forment le mot abri.
- 25:17 Des noms, des dates de naissance.
- 25:23 La Grande Guerre mondiale, c'est une histoire qui a été découverte par les soldats.
- 25:27 La Grande Guerre écrira aussi une page de son histoire douloureuse dans ses créyères de Champagne.
- 25:39 C'est une vraie émotion de pouvoir aussi conserver les traces de cette histoire.
- 25:43 Quand on traverse ces créyères, on sent en effet qu'on est face à un patrimoine qui dépasse évidemment la ville de Reims.
- 25:53 Véritable cathédrale souterraine, les créyères de la Butte Saint-Niquez abritent de multiples trésors de notre histoire.
- 26:00 Sous l'impulsion d'une autre grande dame de la Champagne, le vin se fait alors oeuvre d'art.
- 26:12 A quelques centaines de mètres des créyères de la maison Veuve-Quicot,
- 26:16 Louis Pomery, architecte du vin et des pierres, transforme à la fin du XIXe siècle ces 18 kilomètres de galeries en galeries d'art.
- 26:31 Gustave Navlet y sculpte à même la craie et à la bougie, plusieurs bas-reliefs, tous à la gloire du Champagne.
- 26:47 En s'enfonçant dans les galeries, on y découvre une oeuvre plus imposante, un souper sous la Régence.
- 27:05 Mais le plus impressionnant peut-être, c'est ce bas-relief, Silène, représentant le père adoptif de Bacchus.
- 27:14 Un bas-relief sculpté en 1884 de plus de 15 mètres de long sur 6 mètres de haut.
- 27:26 Des trésors, le patrimoine du vignoble champenois en regorge, mais il arrive que certains d'entre eux soient plus connus à l'étranger que sur notre territoire.
- 27:36 C'est le cas de la maison Salon.
- 27:44 En plein cœur du village du Ménil-sur-Auger, une parcelle de vignes est l'objet de toutes les attentions.
- 27:54 Cette parcelle c'est vraiment l'origine, le patrimoine de Salon, c'est ce qui fait Salon au début de tout, avant même de consommer les bouteilles, tout part d'ici.
- 28:04 C'est notre richesse, notre richesse c'est la terre.
- 28:09 Cet homme épris de cette terre, c'est Didier de Pont.
- 28:13 Tourangeau de Souches, il est à la tête depuis 20 ans de la prestigieuse et très confidentielle maison de champagne Salon.
- 28:21 Salon est un champagne très discret dans le monde du champagne, on nous voit très peu, on parle très peu de nous,
- 28:27 et donc on est également très discret sur les gens qui consomment Salon et nos clients.
- 28:34 Mais effectivement il y a des gens très célèbres, aussi bien du cinéma, du théâtre, de la musique qui sont nos clientes.
- 28:42 Salon fait partie de ces 5, 6, 10 vins peut-être dans le monde qui sont recherchés par les collectionneurs
- 28:48 et que l'on trouve également dans les ventes aux enchères à des prix qui s'envolent totalement.
- 28:52 Salon est unique en champagne.
- 28:55 Par son prix, aucune bouteille n'est vendue à moins de 400 euros.
- 28:59 Mais surtout par son absence d'assemblage.
- 29:03 C'est un mono-terroir, la Côte des Blancs.
- 29:07 Un mono-cru, le village du Ménil-sur-Auger.
- 29:11 Un mono-sépage, du Chardonnay.
- 29:15 Un mono-millésime, les vins d'une seule année.
- 29:21 Aux côtés de Didier de Pont, nous allons faire partie des rares privilégiés
- 29:26 à découvrir les secrets de cette légende de la Champagne.
- 29:30 Une légende créée par un homme en 1905, Eugène-Aimé Salon.
- 29:34 Monsieur Salon a dit, je ne vais faire du champagne qu'à base de Chardonnay.
- 29:38 C'est le créateur du Blancs de Blancs.
- 29:42 Chardonnay venant d'un seul cru, d'un seul village, le Ménil-sur-Auger, là où on se trouve aujourd'hui.
- 29:46 Et je ne ferai du champagne, je ne produirai du champagne
- 29:50 uniquement lorsque ce sera une très grande année à millésimer, sinon je ne ferai rien.
- 29:56 Au XXème siècle, Salon n'a produit que 37 millésimes en 100 ans.
- 30:10 Il n'y a pas un autre domaine dans le monde, une autre propriété,
- 30:14 un autre château dans le monde qui n'a produit que 37 fois du vin en 100 ans.
- 30:18 Et puis pour corser encore un petit peu l'affaire,
- 30:23 j'ai gardé mes vins, les faire vieillir dans la cave minimum 10 ans.
- 30:27 On peut imaginer que si on fait un millésime 2016, il sera disponible en 2030.
- 30:35 Salon a créé le premier champagne de garde.
- 30:39 Un champagne qui se déguste avec parcimonie.
- 30:43 Pas plus de 60 000 bouteilles sont produites par an.
- 30:47 Ils sont donc rares ceux qui ont déjà goûté ce champagne d'exception.
- 30:52 Aujourd'hui, Didier en a invité certains à déguster quelques millésimes.
- 31:00 Ses amis, comme Didier les appelle, sont indonésiens, chinois ou encore américains.
- 31:04 Des amis qui n'hésitent pas à faire des milliers de kilomètres
- 31:08 pour goûter une nouvelle fois ce champagne
- 31:12 au goût très vineux qu'ils considèrent unique.
- 31:17 Didier a organisé un déjeuner servi dans un des salons de la maison.
- 31:29 Nous avons rencontré Félix qui vient de Pékin.
- 31:33 Il a fait plus de 8 000 kilomètres pour venir au Ménil-sur-Ogé.
- 31:37 Je travaille dans la publicité.
- 31:41 Mes amis travaillent dans l'automobile ou dans la musique.
- 31:45 On n'est pas dans le métier du vin.
- 31:49 On aime tous le vin, la façon de vivre à la française.
- 31:53 Le champagne des salons est irremplaçable par sa qualité,
- 31:57 la recherche de la pureté.
- 32:01 C'est quelque chose qu'on ne trouve pas dans d'autres champagnes.
- 32:05 Le salon est de plus en plus connu en Chine.
- 32:09 Maintenant, on le qualifie comme le Hermès des champagnes.
- 32:14 C'était une découverte extraordinaire.
- 32:18 Quand on aime le champagne, on sait qu'on aime un produit
- 32:22 qui est fait d'une manière particulière.
- 32:26 Il y a certains caractéristiques qui sont propres au champagne.
- 32:30 Quand on connaît Salon, on voit qu'on est dans un autre monde.
- 32:34 On est ailleurs. C'est extraordinaire.
- 32:38 Salon, aujourd'hui, c'est le résultat de la recherche
- 32:43 de la qualité du vin, mais c'est aussi le respect de cette tradition.
- 32:47 Pour venir déguster ça, je crois que ça vaut la peine,
- 32:51 n'importe quel voyage.
- 32:55 La tradition dont parle Ariel, nous l'avons découverte
- 32:59 lorsque nous avons délaissé les hôtes de Didier le temps du déjeuner.
- 33:03 Au détour d'une cave, nous avons croisé Jérémy.
- 33:07 Ce jour-là, il était en charge du remuage.
- 33:12 Une étape qu'il réalise comme autrefois.
- 33:16 La fonction consiste à remuer les bouteilles tous les jours
- 33:20 pour faire descendre le dépôt par gravité
- 33:24 pour que le dépôt vienne se loger dans le goulot de la bouteille
- 33:28 dans un bidule en plastique qui, à la fin du remuage,
- 33:32 sera dégorgé manuellement.
- 33:36 Par jour, Jérémy peut remuer jusqu'à 50 000 bouteilles.
- 33:41 J'ai la chance de remuer des bouteilles assez exceptionnelles
- 33:45 et qui ne sont pas à la portée de tout le monde.
- 33:49 Une fois remuées, Jérémy devra pratiquer le dégorgement à la volée
- 33:53 comme autrefois.
- 33:57 Voilà l'étape du dégorgement.
- 34:01 Trois semaines que la bouteille a été remuée, toujours le goulot vers le bas.
- 34:05 On va placer la pince juste devant la capsule.
- 34:09 Pour qu'il n'y ait qu'une bulle, on recule la bouteille.
- 34:13 Et là, tranquillement, on va faire monter la bulle.
- 34:17 Et là, dégorger.
- 34:21 Et là, on évacue toute la boue qui est dans la bouteille.
- 34:25 Une élaboration traditionnelle et unique
- 34:29 qui séduit donc les amateurs bien au-delà de nos frontières.
- 34:34 À l'étage, le repas s'achève, comblé.
- 34:38 Les invités remercient chaleureusement leur hôte.
- 34:42 Salut Félix. Merci beaucoup.
- 34:46 A bientôt.
- 34:50 C'était un grand moment de partage
- 34:54 parce que quand on fait les vins que nous faisons, nous les faisons pour les partager.
- 34:58 On a entendu le son qui montait, des gens heureux, des gens souriants
- 35:02 une belle idée de la Champagne, de Salon et de la France.
- 35:06 Salon, une légende méconnue, devenu pourtant
- 35:10 l'un des fleurons du patrimoine viticole français.
- 35:24 C'est parti pour la vendange ?
- 35:28 Alors avec vous Francis Maillard, nous sommes de retour dans les magnifiques vignes de Château d'Yquem.
- 35:34 C'est un jour vraiment très particulier parce que ce sont les vendanges
- 35:38 ici à Château d'Yquem et ce sont des vendanges très particulières
- 35:42 parce que vous ne faites pas la vendange comme tout le monde si j'ose dire.
- 35:46 Vous vous attendez à un petit champignon. De quel champignon s'agit-il ?
- 35:50 Alors il s'agit d'un champignon très commun, c'est un des plus grands ravageurs de la vigne, c'est le Botrytis cinerea
- 35:54 qui peut arriver à ce stade extraordinaire de pourriture noble justement de raisin confit.
- 35:58 Pourquoi ? Parce que l'eau s'étant évaporée, le sucre concentré
- 36:02 on va arriver à un potentiel de 21 degrés d'alcool
- 36:06 et c'est le degré dont on a besoin pour faire du sauter.
- 36:10 Alors du coup ces récoltes vous obligent j'imagine à avoir un rendement très faible ?
- 36:14 Le rendement au final est extrêmement faible, à Yquem on produit en fait
- 36:18 un verre de vin par pied de vigne.
- 36:22 Un vin rôti que vous allez vendanger, pour vous ça c'est la perfection ? Absolument.
- 36:30 Château Yquem fait l'objet d'un véritable culte, quand certains sont prêts à parcourir
- 36:34 des milliers de kilomètres pour venir déguster quelques centilitres de ce pressionnectar
- 36:38 d'autres sont prêts à investir toutes leurs économies
- 36:42 pour acquérir un flacon, un souvenir, une histoire.
- 36:52 Cette quête des plus beaux trésors du vignoble français
- 36:56 ne nous a pas conduit uniquement dans les plus beaux châteaux ou palais de la République.
- 37:04 A 70 kilomètres de Nior, en race campagne
- 37:08 Michel-Jacques Chasseuil, un retraité de 75 ans
- 37:12 Cherchez le grenouille !
- 37:14 possède un trésor qu'aucun milliardaire au monde ne détient.
- 37:18 Fils de facteur, Michel-Jacques a très vite été contaminé
- 37:22 par la fièvre collectionneuse. Les timbres bien sûr, puis très vite
- 37:26 sont venus s'ajouter les vins.
- 37:30 Tout commence réellement dans les années 60
- 37:34 Entré chez Dassault comme chaudronnier, quelques années plus tard
- 37:38 il est chargé d'accueillir les délégations étrangères
- 37:42 Une mission qui lui permet de découvrir le vin, les grands vins.
- 37:46 Et j'ai commencé par acheter tout ce qui était le plus rare, comme m'avait dit Marcel Dassault
- 37:50 Des petits vins vous en trouvez tous les jours, mais des vins rares, il vaut mieux une bouteille que 100 bouteilles
- 37:54 Et c'est ce que j'ai fait, ce qui a permis que cette collection devienne unique au monde
- 37:58 Une collection unique au monde
- 38:02 que Michel-Jacques décide en l'an 2000 de protéger
- 38:06 C'est ce sanctuaire qui se trouve là, sous ces volières. Pourquoi c'est des volières ?
- 38:10 C'est parce que vous avez des entrées d'aération
- 38:14 Et là, sous ces drôles de cheminées, à quelques mètres sous terre des poulaillers
- 38:18 se cache l'une des plus belles caves du monde
- 38:22 J'ai commandé 3000 parpaings et en août de l'an 2000
- 38:26 je me suis pris par la main, 5 mètres par jour, j'ai construit ma cave
- 38:30 Et puis ça fait un bloco sans terre
- 38:34 de 30 mètres de long sur 5 mètres de large
- 38:38 Michel-Jacques a accepté de nous faire découvrir son sanctuaire
- 38:42 comme il l'appelle
- 38:46 Mais pour y accéder, il faut s'armer de patience et de vigilance
- 38:54 Après avoir descendu un abrupt escalier
- 38:58 Éviter les pièges que Michel-Jacques y a placés
- 39:02 Traverser une cave
- 39:06 Portes blindées, démonter un mur de parpaings
- 39:10 Traverser une nouvelle cave et emprunter un obscur tunnel
- 39:20 Nous avons pu enfin pénétrer dans le sein des saints
- 39:26 Là nous voici dans le sanctuaire
- 39:30 Des vins mythiques, des plus grands vins du monde, dans les plus grands millésimes
- 39:34 Des vins de tous les temps
- 39:40 Les grands Champagnes, Salon, les vins de la Vallée du Rhône
- 39:44 Là vous avez les grandes châteauneufs du Pape, Château Rayas, Henri Bonneau
- 39:48 Ensuite nous arrivons vers la Bourgogne, les Monts Rachet
- 39:52 Tous les Monts Rachet des 13 producteurs
- 39:58 En face vous avez les grands vins de Bordeaux, le premier grand cru classé en 1855
- 40:02 Mouton Margaux, La Fête aux Brillons, dans les grands millésimes
- 40:06 61, 82, 90, 2000, 2005, 2010
- 40:12 Et j'ai par exemple un siècle d'icème de 1900 jusqu'à nos jours
- 40:16 Dans les plus vieux millésimes 1811, 1847, 1921 les vins mythiques
- 40:20 Et parallèlement aux grands Blancs Licoreux, tous les Petrus depuis 1945
- 40:24 J'ai goûté pratiquement tous ces vins quand ça valait une bouchée de pain
- 40:28 Dans les années 1970
- 40:32 Au total, Michel Jacques a rassemblé plus de 40 000 bouteilles
- 40:36 Estimées à 40 millions d'euros
- 40:40 Et derrière chacune de ces bouteilles, derrière chaque millésime
- 40:44 Michel Jacques a une histoire à raconter
- 40:48 J'ai la Marie Brézard du Bordeaux
- 40:52 J'ai la Marie Brézard du bateau Titanic
- 40:56 Et effectivement, à cette époque, tous ces milliardaires étaient partis dans ce bateau
- 41:00 Avec les coffres, les bijoux, tout ce qu'ils avaient de plus cher, de plus riche
- 41:04 Et le soir, parmi les festivités, ils buvaient de l'or
- 41:08 C'est-à-dire qu'ils avaient pris tous leurs beaux bijoux
- 41:12 En reflétant dans les leçons cristales du bateau
- 41:16 Et avec tout ça, dans des coupes à champagne, ils buvaient de la Marie Brézard
- 41:20 Et on buvait de l'or, à l'époque, c'était le raffinement suprême
- 41:24 Purifiquateur de sang
- 41:28 Il y a aussi ce Gruau La Rose
- 41:32 Retrouvé dans une épave échouée en mer de Chine
- 41:36 En 1872
- 41:40 Ou encore ce Petrus 1914
- 41:44 Il est vrai que là, j'ai un petit peu d'émotion
- 41:48 Vous avez ici la vitrine de ma famille
- 41:52 Mon grand-père qui a fait la guerre 14
- 41:56 Là, j'ai tous les écrits au crayon de papier dans les tranchées verdains
- 42:00 Avec ça, les gens se donnent l'honneur, toutes ces blagues militaires
- 42:04 Mon père, facteur, qui payait les mandats
- 42:08 Quand j'en vais en bicyclette, il payait les mandats dans les fermes
- 42:12 Et c'est vrai, c'est peut-être grâce à cette famille, à mes parents, mes grands-parents
- 42:16 Finalement, tout n'est possible sur Terre si on a la volonté
- 42:20 Et pour leur rendre hommage, j'ai donc trouvé
- 42:24 Les deux mythiques rouges et blancs de France, Chateau Hickam et Petrus 1914
- 42:28 Car mon père est né en 1914
- 42:34 Tous les murs de la cave de Michel-Jacques sont recouverts de noms de légendes
- 42:38 Alors forcément, sa collection attire la convoitise
- 42:42 Convoitise des plus grands amateurs du monde entier
- 42:46 Il y avait un dîner de gala de 400 personnes, et à côté de moi, j'avais un Chinois qui gagnait 1 million d'euros par jour
- 42:50 Alors effectivement, l'enfant ne dure pas
- 42:54 Je vois ce monsieur qui sort son carnet et qui me fait un chèque, 50 millions d'euros
- 42:58 Alors je dis à mon collègue, M. Cointreau, qui m'invitait à l'époque
- 43:02 Il me dit, monsieur, c'est pour ta collection, il t'achète ta collection, 50 millions d'euros
- 43:06 Mais je dis, la collection n'est pas à vendre, c'est un patrimoine, est-ce qu'elle a jeu quand elle est à vendre ?
- 43:10 Non, elle n'est pas à vendre, même pour 50 millions d'euros
- 43:14 A l'instar de la Joconde, Michel-Jacques considère ses bouteilles comme des œuvres d'art
- 43:20 Sa collection comme le chef-d'œuvre d'une vie
- 43:24 C'est le patrimoine pour les générations futures
- 43:28 Qui doit être conservé et qui ne peut pas être considéré comme une collection
- 43:32 Parce que collection, c'est trop patient, privé, personnel
- 43:36 J'ai une collection, en ce qui me concerne, toutes ces caisses rassemblées
- 43:42 C'est le patrimoine de l'UNESCO qui appartient au monde entier
- 43:50 Ce patrimoine, Michel-Jacques aimerait le partager en érigeant un Louvre du vin
- 43:56 Un projet ambitieux pour sauvegarder un véritable trésor national
- 44:07 Abandonnant Michel-Jacques à ses rêves, nous avons repris notre route
- 44:11 Pour partir cette fois à la découverte des trésors du vignoble bordelais
- 44:26 Pour commencer, un peu d'histoire
- 44:29 Si la présence de vignes dans la région remonte à l'Antiquité
- 44:33 C'est au XVIIIe siècle que vont s'affirmer les grands vins de Bordeaux
- 44:38 Révolue le temps de ce vin coupé à l'eau, vendu en barrique
- 44:42 Et que développait dès le XIIe siècle Aliénor, duchesse d'Aquitaine et reine d'Angleterre
- 44:47 Au XVIIIe siècle, place à la splendeur, à la qualité et à la bouteille en verre
- 44:53 Idéale pour bonifier les vins et offrir toute leur noblesse
- 44:58 Des nouveaux vins qui font une entrée retentissante à la cour de Louis XV
- 45:03 On se déplace même de l'autre côté de l'Atlantique
- 45:06 Pour déguster et élire ses vins bordelais préférés
- 45:10 En 1787, le futur troisième président américain Thomas Jefferson
- 45:15 En visite dans la région, tombe littéralement sous le charme enivrant de 4 vins
- 45:21 Château Margaux, Château Lafitte, Château Latour et Château Aubryon
- 45:27 C'était sans le savoir anticipé sur un classement qui serait établi seulement en 1855
- 45:34 Et qui de nos jours continue de faire référence
- 45:46 Ce classement que tous les amateurs de vin aujourd'hui connaissent
- 45:50 C'est le classement des Grands Crus du Médoc, édifié par Napoléon III en 1855
- 45:56 A cette époque, l'empereur avait souhaité pour la première exposition universelle française
- 46:02 La présence de grands crus qu'il considérait comme des fleurons de l'excellence nationale
- 46:08 Un document historique et mythique donc
- 46:11 Conservé à la Chambre de Commerce de Bordeaux
- 46:14 Et que nous présente Max de Lestapi, président honoraire du Syndicat des Courtiers
- 46:20 C'est émouvant parce que j'ai dans mes mains la lettre du syndic et des adjoints
- 46:24 Donc des courtiers de commerce de la Bourse de Bordeaux
- 46:27 Qui répondent aux membres de la Chambre de Commerce qui leur avait confié la mission de faire cette classification
- 46:35 Ce sont des documents émouvants puisque c'est quand même une date du 18 février 1855
- 46:39 Oui, cela peut paraître surprenant
- 46:42 Mais ce sont bien des courtiers qui ont observé les prix du marché
- 46:46 Et classé les vins par niveau économique sans aucun critère qualitatif
- 46:55 La classification a été rapidement faite, elle a été faite en l'espace d'une quinzaine de jours
- 47:01 Alors ici vous avez la liste des premiers crus
- 47:04 La liste des deuxièmes crus
- 47:07 La liste des troisièmes crus
- 47:09 Et des quatrièmes
- 47:11 Et des cinquièmes crus
- 47:12 Voilà, en tout 61 crus ont été classés
- 47:17 Les quatre châteaux classés premiers sont Lafitte, Margaux, Latour et Aubryon
- 47:30 Aubryon, un vignoble connu pour être l'un des plus anciens de la région bordelaise
- 47:36 De par ce classement, il est aussi l'un des plus prestigieux
- 47:41 Au côté de son actuel propriétaire, le prince Robert de Luxembourg
- 47:46 Nous avons découvert les secrets de sa longévité
- 47:51 Aujourd'hui, c'est vrai qu'Aubryon est le vignoble le plus ancien de la région
- 47:56 On pense qu'il y a eu des vignes ici plantées entre 40 et 60 après Jésus-Christ
- 48:01 Et il y a beaucoup de familles qui se sont suivies
- 48:06 Celle qui a le plus marqué l'histoire d'Aubryon, clairement, c'est les Pontaques
- 48:12 Pontaques, un nom qui va marquer l'histoire des plus grands vins de Bordeaux
- 48:16 A commencer par son domaine, bien sûr
- 48:20 A la fin du XVIIe siècle, à une époque où tant de guerres font rage
- 48:25 Il faut pouvoir stocker le vin
- 48:27 Arnaud Trois de Pontaques fait alors la synthèse de différentes techniques
- 48:31 et invente ce que l'on appelle aujourd'hui les vins de garde
- 48:37 Avant celle-là, les vins s'appelaient les clarets
- 48:41 qui étaient plus des vins du style que nous avons d'ailleurs toujours ici à Bordeaux aujourd'hui
- 48:46 C'était une façon, je pense, de protéger le vin
- 48:50 et aussi de mettre de l'accent sur des vins tels que les vins d'Aubryon
- 48:55 A titre exceptionnel, le prince Robert de Luxembourg nous a autorisé à découvrir
- 49:01 ces techniques toujours utilisées trois siècles plus tard dans le chais du château Aubryon
- 49:09 La première d'entre elles, le brûlage du soufre pour assainir les barriques
- 49:15 Le brûlage du soufre, c'est le brûlage de l'eau
- 49:20 La deuxième d'entre elles, le brûlage du soufre pour assainir les barriques
- 49:27 Puis le soutirage, qui en transvasant le vin, le débarrasse de ses impuretés
- 49:39 Enfin l'ouillage, qui consiste à compenser l'évaporation en remplissant constamment les barriques
- 49:45 pour éviter que le vin ne s'oxyde
- 49:51 Ce qu'Arnaud III de Pontac invente, ce sont tout simplement les vins d'aujourd'hui
- 49:58 Son fils s'innovera à son tour en inventant le concept de château viticole
- 50:03 Pour la première fois, un vin porte le nom d'un terroir
- 50:07 Dans les restaurants, dans les commerces, on parle désormais de château Aubryon
- 50:20 Aubryon, par cela, est peut-être la première marque de luxe du monde
- 50:25 La notoriété internationale du père des premiers crus classés est enclenchée et perdure 3 siècles plus tard
- 50:33 Certains millésimes de château Aubryon peuvent aujourd'hui s'échanger à près de 3000 euros
- 50:40 Des idées révolutionnaires, qui accompagnent des vins extraordinaires
- 50:44 Voilà aussi une des raisons de l'ancrage de ces breuvages dans notre histoire
- 50:53 A Château Margaux, autres crus distingués par le cas d'Aubryon,
- 50:58 on trouve des vins de plus de 200 ans
- 51:03 A Château Margaux, autres crus distingués par le classement de 1855,
- 51:09 c'est un savoir-faire unique qui honore ce nectar
- 51:13 Nous avons rencontré sa propriétaire, Corinne Menzeloboulos,
- 51:17 qui a pris les rênes du château il y a plus de 30 ans
- 51:21 J'avais une licence de lettres classique, j'avais fait Sciences Po en économie et finance
- 51:28 J'avais une petite justification, mais je n'y connaissais rien aux vins
- 51:33 C'est que je ne me suis pas rendu compte de l'enjeu, c'est pour ça que je l'ai pris à bras-le-corps
- 51:38 Ça serait à refaire aujourd'hui, j'aurais peut-être plus de recul ou d'hésitation, c'est difficile à savoir
- 51:50 Son investissement, Corinne le tient de son père, André Menzeloboulos,
- 51:55 riche entrepreneur grec qui, en 1977, acquiert un château et des vignes délaissées,
- 52:01 dont à l'époque personne ne veut
- 52:06 Première ambition, rendre à la bâtisse son lustre d'antan
- 52:10 dans le plus pur respect des techniques traditionnelles
- 52:16 Ils ont su choisir un architecte des monuments historiques assez doué,
- 52:20 connu, mais surtout très amoureux des vieilles pierres
- 52:26 Le résultat est à la hauteur des travaux engagés
- 52:30 Aujourd'hui, le château de style néoclassique est considéré comme le Versailles du Médoc
- 52:37 André Menzeloboulos s'attaque ensuite aux vignes et, en quelques années seulement,
- 52:42 leur restitue toute leur grandeur
- 52:49 Il ne s'agissait pas d'un château, il s'agissait d'un château,
- 52:53 c'est-à-dire qu'il s'agit d'un château d'une grandeur,
- 52:57 d'un château d'une grandeur, d'un château d'une grandeur
- 53:01 C'est-à-dire qu'il s'agit d'un château d'une grandeur
- 53:05 Il ne s'agissait pas d'améliorer, il s'agissait de remettre Margaux à son niveau
- 53:11 qu'il avait perdu à cause des grands millésimes et du manque d'investissement
- 53:16 Héritière et véritable ambassadrice du château Margaux,
- 53:20 Corinne Menzeloboulos porte ses crues de légende jusqu'aux plus grandes tables de la planète
- 53:28 Vous êtes au service du château Margaux, ce n'est pas le château Margaux qui vous rend service
- 53:33 C'est nous qui sommes obligés d'être dans sa longue histoire, un petit bout finalement, nous passons par hasard
- 53:41 et si je peux dire au moment de partir, j'espère le plus tard possible,
- 53:48 que je n'ai pas failli à cette tâche, en tout cas je ne l'ai pas abîmée
- 53:52 parce que l'améliorer, est-ce qu'on peut encore, je ne sais pas
- 53:58 Un passage éphémère pour rendre un vin éternel, le défi quotidien de Corinne Menzeloboulos est colossal
- 54:08 Pour mener à bien cette tâche, Corinne s'entoure d'une équipe de véritables passionnés
- 54:15 Depuis 4 ans maintenant, Jonathan Ribeira est le tonnelier maison, ou plutôt château
- 54:22 A 38 ans, il est l'un des derniers tonneliers à travailler au sein même d'un château viticole
- 54:31 Quand j'avais 17 ans, j'ai mis les pieds dans une tonnellerie et je n'ai plus voulu en repartir
- 54:36 On devient tonnelier par amour du métier, on ne devient pas tonnelier par hasard
- 54:42 Ici j'ai la chance de pouvoir travailler les barriques quasiment comme ça se faisait il y a 200 ans ici
- 54:49 C'est quand même une chance pour la tonnellerie française de pouvoir conserver un métier totalement artisanal
- 54:56 De conserver les valeurs de ce métier-là et toute la technique qui va avec
- 55:02 Son atelier est un endroit un peu hors du temps, avec ses odeurs surannées et ses outils d'autrefois
- 55:10 Ma première étape est de sélectionner et d'installer une planche qui va déterminer la mesure exacte de la barrique
- 55:18 Donc tout le travail va être de déterminer l'emplacement exact des douelles
- 55:24 Les douelles étant des planches de chêne qui ont été séchées entre 24 et 36 mois
- 55:31 Son bois, Jonathan le connaît sous toutes ses rainures
- 55:35 Il y a une certaine sensualité entre le tonnelier et le bois qui travaille
- 55:39 Le contact du bois est très doux, c'est une matière noble
- 55:45 De s'imaginer que ce bois-là est peut-être bicentenaire
- 55:52 Les douelles posées, Jonathan les rassemble dans des cercles de montage
- 55:57 En véritable homme-orchestre, il prépare alors à l'aide d'une chasse et d'un couteau
- 56:03 ce qu'on appelle une rose
- 56:06 Mais tout son savoir-faire, Jonathan va l'exprimer dans une prochaine étape nécessaire pour la qualité du vin, la chauffe
- 56:16 Là j'ai préparé mon bras zéro de manière à chauffer la barrique
- 56:21 La chauffe est le moment le plus important de la réalisation d'une barrique
- 56:24 C'est la chauffe qui va révéler les tannins des douelles, du bois
- 56:28 Et suivant l'intensité de chauffe, on va obtenir un impact différent sur le vin qui sera dedans
- 56:34 Tonnelier ou quand travailler le bois devient travailler le vin
- 56:39 Je réalise une chauffe qui a été déterminée par le maître de chez par rapport au travail qu'il veut réaliser sur les bâtiments
- 56:49 On peut obtenir des odeurs de mocha, il peut y avoir des goûts toastés
- 56:54 Une chauffe légère peut ramener des choses beaucoup plus douces, beaucoup plus feutrées
- 57:00 Des odeurs de pain grillé
- 57:04 Donc à l'aide du capestan qui est au sol, je vais resserrer la barrique au fur et à mesure de sa montée en température
- 57:11 Après une heure quinze de chauffe
- 57:16 Jonathan devra rendre l'étanchéité du fût en lui apposant ses fonds
- 57:26 La barrique est maintenant prête pour être chauffée
- 57:30 La barrique est maintenant prête pour être chauffée
- 57:34 La barrique est maintenant prête pour être chauffée
- 57:37 En une journée il réussira à fabriquer deux barriques
- 57:41 En une journée il réussira à fabriquer deux barriques
- 57:44 En une journée il réussira à fabriquer deux barriques
- 57:48 Protecteur de cette tradition, Jonathan espère bien à son tour transmettre ce savoir-faire séculaire et contribuer ainsi au prestige de Château Margaux
- 58:07 La barrique est maintenant prête pour être fabriquée
- 58:37 Je suis en train de contrôler chaque barrique pour vérifier que tout va bien, que l'élevage se passe bien
- 58:49 Alors est-ce que là tout va bien ?
- 58:52 Tout va bien !
- 58:54 Vous regardez la couleur ?
- 58:56 Je regarde la couleur, l'aspect, il faut évidemment que le vin soit limpide et calme, sans pétillement aucun
- 59:02 Et le nez doit être aromatique, intense, très fruité, vraiment sur un fruit pur et net, ce qui est le cas ici sur ce 2015
- 59:19 Ce travail et cette tradition ont été récompensés dès 1855 par le classement de Napoléon III
- 59:26 Ikem devient alors le premier et unique vin blanc à être classé premier cru supérieur
- 59:32 Ikem côtoie alors ses illustres voisins du Médoc
- 59:47 Notre chasse au trésor dans le vignoble bordelais se poursuit avec en guise de carte routière de luxe
- 59:53 ce fameux classement de 1855
- 59:57 Après Aubryon et Margaux, nous nous sommes arrêtés un instant dans les trois autres premiers grands crus classés de Bordeaux
- 1:00:06 Château Latour et son vignoble de 750 000 pieds au bord de la Gironde
- 1:00:16 Château Laffite Rothschild dont le château du XVIe siècle est classé monument historique
- 1:00:24 Et puis Mouton Rothschild, seul château ayant intégré le haut du classement après 1855
- 1:00:34 Mais comme souvent dans les trajets, ce sont les détours, les petits imprévus qui offrent des souvenirs impérissables
- 1:00:43 Non classé en 1855 et pour cause, il n'est pas situé en Médoc mais à Pomerol
- 1:00:50 Courtisé, vénéré même, il est l'un des porte-étendards de ce que la France offre de plus raffiné à l'étranger
- 1:00:57 Fermé aux visites, jamais exposé aux caméras de télévision
- 1:01:02 Son domaine nous a été exceptionnellement ouvert
- 1:01:06 Petrus
- 1:01:07 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
- 1:01:38 C'est Olivier Berouet, son tout jeune directeur, qui détient les clés de ce très discret paradis
- 1:01:45 Dont la boisson divine a fasciné tous ceux qui ont eu le privilège de la déguster
- 1:01:51 Petrus, c'est une histoire à la fois mythique et très récente
- 1:01:56 Puisque la propriété a réellement explosé il y a une cinquantaine, soixantaine d'années
- 1:02:01 D'un point de vue reconnaissance à la fois internationale et française
- 1:02:07 Il y a deux événements qui ont aidé à la renommée de Petrus
- 1:02:11 Tout d'abord le couronnement de la Reine d'Angleterre où des Petrus 47 ont été servis
- 1:02:16 Et l'autre événement, aux Etats-Unis, Petrus est devenu le vin favori de la famille Kennedy
- 1:02:22 Et notamment de JFK
- 1:02:25 Qui a été un ambassadeur de rêve pour l'événement
- 1:02:28 Qui a été un ambassadeur de rêve pour les vins de la propriété
- 1:02:35 Une histoire récente donc qui est l'oeuvre d'une femme, Mme Louba
- 1:02:40 Propriétaire de Petrus au début du XXe siècle et de son partenaire Jean-Pierre Mouex
- 1:02:46 Ils sont les premiers à avoir décelé le trésor qui était sous leurs yeux, ou plutôt sous leurs pieds
- 1:02:52 La grande richesse de Petrus, c'est cette terre très argileuse qui a à peu près 40 millions d'années
- 1:03:01 Qui date donc de l'ère tertiaire
- 1:03:04 Ce sont donc des alluvions argileuses qui sont relativement rares à Bordeaux
- 1:03:10 Puisqu'il y a 120 000 hectares de vignes à Bordeaux, il y a moins de 200 hectares qui sont exploités sur argile
- 1:03:16 Petrus, c'est en quelque sorte une exception dans l'exceptionnel
- 1:03:23 Alors forcément, Olivier porte une attention toute particulière à ce vignoble d'à peine plus de 11 hectares
- 1:03:30 Ces grands terroirs, il ne faut pas les brutaliser, il faut les travailler avec beaucoup de douceur
- 1:03:35 Il faut essayer de les comprendre, ça prend beaucoup de temps
- 1:03:38 Donc il y a un travail mécanique du sol qui est réalisé pour permettre à ces argiles de respirer
- 1:03:43 De permettre aux racines de s'installer bien en profondeur
- 1:03:48 Ces argiles qui assurent un drainage unique de l'eau sont entretenues, choyées même, jour après jour par Olivier et ses équipes
- 1:03:57 Donc on a la chance d'avoir des hommes qui travaillent sur la propriété depuis un nombre important d'années
- 1:04:02 Et qui savent comprendre, qui savent à quel moment intervenir
- 1:04:06 Ça va, tout va bien ? Pas de maladie, rien du tout ? Pas de pauvreté ?
- 1:04:16 Petrus, c'est donc l'histoire d'un sol exceptionnel, un sol mais pas seulement
- 1:04:24 L'homme que rejoint Olivier, c'est son père Jean-Claude, oenologue chez Petrus pendant 44 ans
- 1:04:31 A la retraite depuis 2008, il reste néanmoins le mentor et le conseiller éclairé d'Olivier
- 1:04:39 Chaque fois qu'Olivier me le demande, si les idées de son vieux père lui sont utiles, je viens
- 1:04:54 C'est vraiment un échange que l'on a en permanence
- 1:04:59 Lui, grâce à son demi-siècle d'expérience sur la propriété, son expérience nourrit mes réflexions
- 1:05:08 Pour toujours faire progresser le vignoble, le vin, et toujours aller vers une recherche de qualité permanente
- 1:05:17 Vous savez, un cru, c'est une identité, c'est une personnalité, c'est une typicité
- 1:05:22 Chaque cru est unique, donc tout l'art des responsables, c'est de protéger et de faire exprimer cette identité, cette originalité
- 1:05:33 Petrus, c'est une rencontre entre un cépage, le merlot, et un sol, l'argile, qui est quand même unique, en tous les cas à Bordeaux
- 1:05:40 Sa qualité remarquable et remarquée dans le monde entier, Petrus la doit peut-être aussi à la valeur des hommes qui la façonnent
- 1:05:52 D'abord, il faut être modeste, être humble, être curieux, très observateur, mais être d'une grande sensibilité également
- 1:06:02 Pour bien décoder, pour bien diagnostiquer la matière première, moi j'ai baigné dans mon éducation familiale, dans la sensibilité
- 1:06:11 Je pense que finalement, c'est la qualité la plus importante que j'ai peut-être transmise à mes fils
- 1:06:17 Au côté de la famille Mouex, propriétaire de Petrus, les Bérouets, père et fils, veillent sur un domaine à la réussite discrète et au trésor silencieux
- 1:06:33 On a la chance de travailler sur un lieu qui est mythique, avec un produit qui est absolument extraordinaire
- 1:06:42 Et qui nous procure un plaisir, des sensations, des émotions immenses
- 1:06:49 On met ce vin-là dans une bouteille et on sait qu'elle sera partagée à 10 km d'ici, 100 km, 10 000 ou 20 000 km d'ici
- 1:06:58 Les personnes vont partager ce moment de plaisir avec leurs amis, leurs familles, et on met du bonheur, de la joie en bouteille quelque part
- 1:07:07 Ce jour-là, au côté d'Olivier, nous avons partagé bien plus qu'un hectare
- 1:07:14 Ces lames de Petrus que nous avons caressées
- 1:07:36 Bonjour Pierre, comment allez-vous ?
- 1:07:39 Ça va bien
- 1:07:41 Pierre Lurtaud, en tant que président directeur général de Château d'Yquem, vous avez une sacrée responsabilité
- 1:07:46 Si je dis de vous que vous êtes un peu un chef d'orchestre, est-ce que ça vous va ?
- 1:07:50 Oui, ça me va bien parce que les instruments sont de grande qualité
- 1:07:54 Alors il fallait vraiment un bel écran pour les magnifiques nectars que vous produisez ici
- 1:07:59 Il y a un patrimoine bâti exceptionnel et on le voit bien ici dans cette cour, le château a une histoire passionnante
- 1:08:04 Un château de la principale partie du XVIIe, les murs autour sont du XVe
- 1:08:11 Et là vous avez un magnifique chais de vieux millésimes d'Yquem qui se trouve là
- 1:08:17 Et une maison qui nous permet de recevoir le monde entier
- 1:08:20 Et déjà dans l'histoire, Thomas Jefferson dans les années 1780 était venu ici et avait trouvé le lieu magique et le vin incroyable
- 1:08:31 Et on avait acheté 300 bouteilles
- 1:08:32 Donc on est vraiment dans l'histoire avec Yquem et on traverse le temps et il y a ce côté intemporel de ce lieu d'excellence
- 1:08:40 Que j'ai la chance de pouvoir partager avec une équipe merveilleuse
- 1:08:43 Si vous deviez me parler des trois grands millésimes d'Yquem, vous choisiriez lesquels ?
- 1:08:48 Il y a le millésime 67, 37, 21, il y a les millésimes 1893, Vendanger, le 31 août
- 1:08:56 Les plus grands millésimes sont à venir !
- 1:08:59 Bien sûr !
- 1:09:03 Aujourd'hui ces millésimes de légendes sont quasiment introuvables dans le commerce
- 1:09:09 Alors pour les collectionneurs et les amateurs, le seul moyen de s'en procurer est de fréquenter les salles de vente aux enchères
- 1:09:16 Des salles de vente qui se transforment parfois en salles au trésor
- 1:09:19 A plus de 600 km du château d'Yquem, dans des hangars de la banlieue parisienne, près de 3000 bouteilles de vin d'exception attendent de trouver leur nouveau propriétaire
- 1:09:41 Ça c'est Lafitte 70, Château Yquem 99 en magnum, Château de la Tour, 1955, Le Petrus 98, alors là c'est les Grands Blancs de la Bourgogne, il y a un morceau Perrière 90 des Comtes Lafon
- 1:09:55 Ariane Brissard est la responsable du département vins et spiritueux de l'étude Tajan à Paris
- 1:10:01 Ce matin-là, elle vérifie une dernière fois l'état des 500 lots qu'elle proposera aux enchères cet après-midi à des amateurs venus des quatre coins de la planète
- 1:10:15 Le clou de la vente, 12 lots du vin le plus mythique de Bourgogne, celui du domaine de la Romanée Conti
- 1:10:24 Il y a plein de gens qui vont vous dire, j'aimerais boire une bouteille de Romanée Conti avant de mourir, ça va être leur rêve
- 1:10:32 Car goûter un vin du domaine, c'est goûter une histoire séculaire dans laquelle se croisent les moines de Saint-Vivant et le prince de Conti
- 1:10:42 Une histoire dans laquelle s'entrechoquent de rares chefs-d'oeuvre
- 1:10:47 6 000 bouteilles seulement de l'appellation Romanée Conti sont produites par an
- 1:10:58 C'est la première fois que j'en ai une quantité aussi importante, on a près de 200 bouteilles en caisse bois d'origine, il y a 12 000 lésines qui suivent
- 1:11:09 Oui, c'est mon plus beau lot
- 1:11:17 Ariane doit transférer jusqu'à l'étude l'un de ses trésors conservés dans son écrin
- 1:11:24 Une caisse du domaine de la Romanée Conti millésime 2005, une mission délicate
- 1:11:32 On va mettre les couvertures pour bien les caler et surtout mon sangle pour pas que ça bouge pendant le transport
- 1:11:40 Et moins elle éboule mais on se porte
- 1:11:47 Trois quarts d'heure plus tard, le lot 485 arrive à bon port
- 1:11:58 Alors que les premiers acheteurs prennent place dans la salle, Ariane et son équipe vérifient les derniers ordres d'achat passés par téléphone ou internet
- 1:12:09 Il est 14 heures, la vente démarre
- 1:12:12 La bienvenue pour cette vente consacrée aux grands vins espirituels, la vente a été préparée par Ariane Brissard
- 1:12:19 Et les premiers coups de marteau du commissaire priseur résonnent dans la salle
- 1:12:30 Cette jeune femme c'est Polina Popova, d'origine russe, cette grande amatrice de vins français espère remporter pour un de ses clients une de ses fameuses caisses de vin
- 1:12:39 13 bouteilles par caisse, estimées entre 12 et 20 000 euros
- 1:12:49 Les enchères s'envolent
- 1:12:55 Notre lot 485 exposé dans la salle atteint des sommets
- 1:13:00 Il est 19 heures et la vente se termine, Ariane a de quoi avoir le sourire
- 1:13:06 Les 12 caisses du domaine de la Romanée-Conti ont trouvé leur nouveau propriétaire et vont bientôt voyager à Hong Kong, Los Angeles ou encore Moscou
- 1:13:16 C'est vraiment un des joyaux, c'est un des moments les plus joyeux de ma carrière
- 1:13:20 C'est vraiment un des joyaux des vins français et parce que c'est ce terroir qui est microscopique et on fait des grands vins sur des grands terroirs et c'est la chance qu'a la Romanée-Conti, c'est un terroir exceptionnel
- 1:13:31 Et Polina ? Polina aussi a le sourire, le lot 485 lui a échappé mais elle a obtenu une caisse de 2 007, un peu plus de 20 000 euros
- 1:13:40 Et Polina ? Polina aussi a le sourire, le lot 485 lui a échappé mais elle a obtenu une caisse de 2 007, un peu plus de 20 000 euros
- 1:13:51 Polina repartira en Russie avec bien plus que des bouteilles
- 1:13:56 En fait c'est pas que l'étiquette, c'est pas que le grand château, derrière c'est l'histoire, c'est le sol, c'est les tiroirs, c'est tout ce qui est autour de vin
- 1:14:04 Moi j'organise de temps en temps les voyages gastronomiques pour les clients aussi particuliers et justement quand elle arrive en France, tout d'abord il faut goûter le vin, il faut goûter le fromage, je pense que c'est comme la Tour Eiffel en fait
- 1:14:23 Mais pourquoi Polina voue-t-elle une passion, un amour immodéré pour ses vins de Bourgogne ?
- 1:14:29 Nous avons pris une dernière fois la route pour dénicher ces trésors qui en Russie et ailleurs font la grandeur de la France
- 1:14:37 Direction le sud de Dijon et les Grands Crus de la Côte de Nuit, un vignoble aux identités multiples, au rendement modeste, producteur donc des vins les plus chers au monde
- 1:14:49 Au beau milieu des vignes, nous avons rencontré Vincent Barbier, le grand maître de la Confrérie des Chevaliers du Tatvin, chargé de promouvoir et préserver la culture viticole bourguignonne
- 1:15:07 Je suis né dans le vin et dans une famille qui était dans la Confrérie du Tatvin, mon grand-père a été un des fondateurs, mon père a continué donc je me devais de continuer
- 1:15:18 Notre lieu de rendez-vous, Vincent le connaît par cœur
- 1:15:23 Ça a été un terrain de jeu quand j'étais tout petit et puis aujourd'hui c'est un instrument extraordinaire, c'est un patrimoine formidable, quand je rentre au château je suis ailleurs, je pense que tout se passe bien, je crois que oui, le château est magique
- 1:15:40 Le château dont Vincent parle n'est autre que le château du Clos de Vougeot
- 1:15:45 Un édifice du XIIe siècle construit au milieu de 50 hectares de vignes, un grand cru que se partagent aujourd'hui 80 propriétaires
- 1:16:01 Vincent nous emmène découvrir les trésors de ce symbole quasi millénaire de l'histoire des vins de Bourgogne
- 1:16:22 Voilà, nous sommes dans le grand cellier cistercien, grand cellier du château du Clos de Vougeot, un monument très important puisque construit au début du XIIe siècle et c'est là que les moines de Citeaux élevaient, conservaient leurs vins les plus précieux
- 1:16:41 On pouvait empiler jusqu'à 2000 tonneaux
- 1:16:45 Ces moines cisterciens ont leur abbaye à une quinzaine de kilomètres du Clos
- 1:16:52 Dès le Moyen-Âge, les ducs de Bourgogne leur font don de multiples vignes
- 1:16:59 Les moines de Citeaux deviennent alors de véritables vignerons
- 1:17:03 Ce cellier était remplacé la cave puisque nous sommes sur un banc de roche et les moines avec les techniques de l'époque n'ont pas pu construire de cave, enfin creuser de cave, ils ont donc construit ce cellier qui est en partie enterré puisque on voit les vignes à peu près à ce niveau là
- 1:17:33 Aux côtés des bénédictins de l'abbaye de Cluny, les moines de Citeaux donnent à leurs vins une véritable identité
- 1:17:46 Ils associent alors parcelles, cépages, terroirs et savoir-faire
- 1:17:51 Ce sont les fameux climats de Bourgogne, ces mêmes climats qui ont été classés en 2015 patrimoine mondial de l'UNESCO
- 1:17:59 Ils inventent également la notion de clôt qui permet par un mur d'enceinte de déterminer plus précisément la propriété des terres et éviter les vols
- 1:18:09 Le clôt de Vougeot en est une solide illustration
- 1:18:15 C'est là vraiment qu'est née la Bourgogne et les grands vins de Bourgogne puisque les moines avaient le savoir et la durée
- 1:18:21 C'est ça qui est formidable, le savoir parce qu'ils avaient des livres et puis la durée parce qu'ils plantaient un endroit, si ça ne marchait pas, ils analysaient pas la terre, ils la goûtaient mais ils voyaient bien ce que ça donnait
- 1:18:36 Donc la durée a été quelque chose de très important puisque les moines sont restés ici dans ce château qu'ils ont construit pendant plus de six siècles
- 1:18:44 Siècle après siècle, les moines de Citeaux vont organiser, structurer le vignoble de Bourgogne
- 1:18:51 Ils vont alors s'équiper comme en témoigne un impressionnant vestige conservé dans la cuverie du château du clôt de Vougeot
- 1:19:00 Alors, tout à l'heure je parlais de magie, et bien nous y sommes, en plein dans la magie puisque nous sommes devant le pressoir du château de Bourgogne
- 1:19:10 Près de six siècles plus tard, ce pressoir est toujours en activité
- 1:19:17 C'est des chaînes de la forêt de Bourgogne qui ont été construites en 1477
- 1:19:23 Ce sont des chaînes de la forêt de Bourgogne qui ont été construites en 1477
- 1:19:29 Ce sont des chaînes de la forêt de Bourgogne qui ont été construites en 1477
- 1:19:34 C'est des chaînes de la forêt de Citeaux qui ont été coupées, ils avaient 250 ans, ils sont restés encore 200 ans dans l'eau
- 1:19:41 C'est des chaînes de la forêt de Citeaux qui ont été coupées, ils avaient 250 ans, ils sont restés encore 200 ans dans l'eau
- 1:19:48 Parce que c'était le meilleur moyen pour les garder imputrécibles après, ils ont séché et ils ont été mis en oeuvre
- 1:19:55 La tradition raconte que ce sont les chaînes qui ont été plantées à l'époque de Charlemagne en l'an 800
- 1:20:02 La tradition raconte que ce sont les chaînes qui ont été plantées à l'époque de Charlemagne en l'an 800
- 1:20:07 Cette histoire de France, les moines de Citeaux vont continuer à l'écrire en érigeant à côté de l'édifice du XIIe siècle un manoir renaissance
- 1:20:15 Cette histoire de France, les moines de Citeaux vont continuer à l'écrire en érigeant à côté de l'édifice du XIIe siècle un manoir renaissance
- 1:20:20 Confisqué à la Révolution au titre de bien national, le château du Clos de Vougeot sera transformé, abandonné puis restauré au gré de ses nouveaux propriétaires
- 1:20:27 Aujourd'hui, ce joyau architectural est le siège de la confrérie des Chevaliers du tas de vin
- 1:20:33 Aujourd'hui, ce joyau architectural est le siège de la confrérie des Chevaliers du tas de vin
- 1:20:40 Près d'une fois par mois, Vincent Barbier y officie avec son habit de grand maître pour introniser de nouveaux membres
- 1:20:47 Par Bacchus, dieu du vin et par Saint Vincent, patron des vignerons, nous armons Chevaliers du tas de vin
- 1:20:52 12 000 chevaliers au total, dont la moitié d'étrangers, tous animés par ce goût pour un patrimoine unique aux couleurs de la Bourgogne
- 1:21:23 Unique, c'est ce qui caractérise le domaine Leroy à Vaune-Romanée
- 1:21:31 Si ces vins figurent parmi les plus recherchés et appréciés au monde, ils le doivent à sa propriétaire
- 1:21:37 Un personnage iconoclaste de 85 ans, qui répond au nom poétique de Lalou-Bise-Leroy
- 1:21:45 Vous voyez comme c'est joli, il est beau, c'est un joli petit raisin, ça c'est la bourgogne
- 1:21:54 Regarde comme il est beau, 1, 2, 3, 4 raisins, c'est superbe
- 1:22:03 C'est aussi comme une personne la terre, la terre elle vit
- 1:22:08 Elle est bonne, elle sent bon, vous avez senti, elle est belle
- 1:22:16 Lalou est infatigable quand elle parle de ses vignes, elle en prend soin comme de ses enfants
- 1:22:24 Adepte de la biodynamie depuis la création de son domaine en 1988, Lalou délaisse par exemple la technique du rognage afin de renforcer l'immunité de la plante
- 1:22:36 C'est une liane, la vigne c'est une liane, alors l'apprivoiser d'accord, mais la garder quand même avec des vrilles qui savent s'accrocher partout
- 1:22:46 Et pas l'arrogner et le stropier
- 1:22:49 Les petits raisins sont beaux, regardez, ils sont jolis, c'est ces petits raisins qui font le meilleur vin, c'est pas les gros raisins
- 1:22:59 On imagine, on perçoit déjà le vin comme il sera
- 1:23:06 Lalou prodigue à sa terre et ses pieds de vigne des soins dont elle a le secret
- 1:23:11 Aucun pesticide, aucun herbicide, que des composts, des préparations biodynamiques et des tisanes pulvérisés à même le dos par de vaillants employés
- 1:23:28 Lalou nous invite à découvrir une pièce inhabituelle chez un vigneron, son officine
- 1:23:34 Derrière ce sont toutes mes tisanes, mes plantes qui me servent tout au long de l'année
- 1:23:45 L'origan qui est comme le futur antibiotique lorsque nos antibiotiques ne marcheront plus, c'est l'origan
- 1:23:53 Parce que c'est très antibactérien, moi j'en prends tout le temps aussi, j'ai de l'as mais j'en prends tout le temps, ça me fait du bien
- 1:24:00 Du reste j'essaie tout sur moi avant, comme ça j'y vais
- 1:24:05 La rhubarbe très très efficace contre tout ce qui est champignons, donc les attaques de mildiou, odium, black rot, c'est extraordinaire
- 1:24:15 Romarin quand il fait froid, quand ils ont un coup de chaud
- 1:24:21 On leur donne des forces de vie, on les empêche d'être malades et on les renforce, on les veut belles, on les veut jolies
- 1:24:29 Heureuses, voilà
- 1:24:33 On vous le disait, Lalou est un personnage iconoclaste, ses collaborateurs dont Frédéric le plus proche doivent composer avec un caractère bien trempé
- 1:24:44 C'est mal fagoté, le nouveau objet a tout arrangé
- 1:24:51 Il est où le Frédéric, il y a encore un conscrit là
- 1:24:54 Quand est-ce qu'elle vient ?
- 1:24:58 Frédéric viens voir, il faut que tu viennes m'aider
- 1:25:01 Frédéric viens voir, m'aider, regarde moi ça
- 1:25:06 Tu vois bien qu'elle souffre celle-là, les croisés, tout ce que je n'aime pas
- 1:25:12 Les croisés, c'est natté, je ne peux pas m'emmener trop loin dans mes vies parce que je vais être emmerdeuse
- 1:25:19 Pardon Dieu, pardon
- 1:25:22 Nous avons eu nous aussi droit à notre lot de remarques
- 1:25:26 Bon on y va, ils arrivent ? Ah mais non ils continuent toujours, il faudrait qu'ils se dépêchent quand même
- 1:25:33 Mais à l'image de ses 20, Lalou bise le roi, c'est aussi se rendre séduisante et généreuse
- 1:25:39 Mais moi j'ai de la chance que d'abord j'ai Fred qui comprend, qui m'aide beaucoup, beaucoup, beaucoup
- 1:25:47 Et puis quand même qui est avec les gars et qui les encourage quand ça va pas, parce que bon
- 1:25:52 Comment ça vient de lui ?
- 1:25:55 Je ne suis pas très patiente non plus des fois
- 1:25:58 Je vous ai préparé un bon coq, un bon coq au vin et puis on va bien manger, j'ai tout préparé, tout est prêt
- 1:26:06 Bon où est Fred ?
- 1:26:10 Nine, tu ne vas pas dans l'eau
- 1:26:13 A l'heure du déjeuner, nous avons donc goûté ce fameux coq au vin, vin du domaine bien sûr
- 1:26:19 Énième moment d'authenticité
- 1:26:22 Parfait
- 1:26:24 Je lui dois de la sauce parce qu'elle est bonne ma soeur, je te le jure qu'elle est bonne
- 1:26:28 Vous voyez comment ces deux grands coups sont bien vides, c'est magique
- 1:26:33 Cette intimité que nous avons eu le privilège de partager, nous avons voulu la graver lors d'une conversation improvisée
- 1:26:41 Pour connaître les motivations de celles que l'on peut aujourd'hui considérer comme un véritable trésor vivant
- 1:26:47 Viens mon bébé, venez, je vous aime mon amour
- 1:26:50 J'ai été baptisée, un quart d'heure après ma naissance, mon père m'a mis sur les lèvres, bien sûr je ne me rappelle plus
- 1:26:58 Quelques gouttes de Musigny 29, je suis née dans le vin, j'ai aimé le vin, j'ai été élevée dans le respect du vin, dans l'amour du vin
- 1:27:12 Sans mon père je n'aurais rien pu faire parce que mon père était extraordinaire, d'abord de me laisser faire une gamine de 23 ans
- 1:27:19 La Lou nous confie qu'elle a travaillé pendant 30 ans aux côtés de ce père qu'elle vénère, négociant en vin et copropriétaire du domaine de la Romane et Conti
- 1:27:30 Jusqu'à ce qu'elle décide de constituer son propre domaine
- 1:27:37 Ce que je savais c'est que je voulais produire des vins tels que je les rêvais depuis toujours, tels que je les ai cherchés tout au long de ma carrière
- 1:27:46 Un vin, ça reflète son village, les habitants du village, le passé du village, et voilà, le vin est le miroir de l'homme, tout à fait, c'est ça
- 1:28:01 Avec son humilité paysanne, la Lou Biseleuroy n'aimerait certainement pas contempler ses vins, elle y verrait pourtant de véritables chefs d'oeuvre que le monde entier brûle de déguster
- 1:28:12 Toutes mes dégustations ont toujours été à la gloire de la Bourgogne, pas forcément à la gloire de Leroy, à la gloire de la Bourgogne, vraiment, vraiment, parce que c'est énorme, je me rends bien compte que c'est énorme comme patrimoine
- 1:28:43 Modeste en superficie, ce patrimoine viticole de Bourgogne est effectivement énorme en prestige et en histoire
- 1:28:54 En témoigne le château du Clos de Vougeot, bien sûr
- 1:29:00 L'abbaye de Citeaux
- 1:29:04 Le palais des ducs de Bourgogne à Dijon
- 1:29:08 Ou encore les Hospices de Beaune, dont les illustres ventent aux enchères, rassemblent les touristes et amateurs de vin du monde entier
- 1:29:18 Château d'Iquem
- 1:29:28 Vingt mythiques châteaux extraordinaires, la main de l'homme a façonné des trésors inestimables que le monde entier nous envie
- 1:29:36 La main de l'homme bien sûr, mais aussi cette terre, une terre nourricière qui ici, à Château d'Iquem, comme dans tous les autres domaines que nous avons eu la chance de découvrir aujourd'hui, est certainement le trésor le plus précieux
- 1:29:49 Ce patrimoine exceptionnel du vignoble français nous a été légué il y a des siècles, il nous appartient donc de le cultiver, de le protéger, pour que jamais ne disparaisse ces trésors
- 1:30:36 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Ce documentaire captivant plonge au cœur des vignobles français, célébrant leur richesse historique, culturelle et humaine. Il débute par la reconnaissance de l'UNESCO, qui a classé les coteaux, maisons et caves de Champagne, ainsi que les climats de Bourgogne, au patrimoine mondial en 2015, rejoignant les vignes de Saint-Émilion. Le film nous emmène dans des lieux mythiques tels que le Château d'Yquem, Pétrus, Margaux, Romanée Conti, Clos de Vougeot, Krug et Veuve Clicquot, dévoilant les histoires exceptionnelles, le savoir-faire ancestral et l'art de vivre à la française qui se cachent derrière ces nectars de légende.Nous rencontrons des figures emblématiques du monde du vin, comme Virginie Routis, la première sommelière du Palais de l'Élysée, qui nous ouvre les portes de la cave secrète de la présidence, abritant 12 000 bouteilles. En Champagne, nous visitons la Maison Krug, où l'œnologue Julie Caville nous explique le processus méticuleux de création de leur champagne, perpétuant une tradition de plus de 170 ans. Le film met en lumière l'importance de la transmission intergénérationnelle et l'exigence de qualité qui caractérisent ces maisons. L'histoire de Barbe Nicole Ponsardin, la Veuve Clicquot, est également racontée, soulignant son audace et sa vision qui ont propulsé la maison à une renommée mondiale.Le documentaire explore ensuite la Bourgogne, avec une immersion dans le monde des enchères de vins rares, notamment ceux du Domaine de la Romanée Conti, et une visite du Château du Clos de Vougeot. Vincent Barbier, grand maître de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, nous guide à travers ce site historique où les moines cisterciens ont façonné l'identité des vins de Bourgogne et inventé la notion de climats. Enfin, le film nous introduit à Lalou Bise-Leroy, figure iconoclaste du Domaine Leroy à Vosne-Romanée, adepte de la biodynamie, qui partage sa passion et son approche unique de la viticulture. Ce voyage à travers les vignobles français est une ode à un patrimoine inestimable, façonné par la main de l'homme et la richesse de la terre, un trésor que la France s'efforce de cultiver et de protéger pour les générations futures.
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