L'électrification : la réponse à la crise du pétrole ? | 28 minutes | ARTE

reportage 22:14 Fonte ↗ électrification crise énergétique prix carburant dépendance énergétique véhicules électriques pompe à chaleur
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Ce reportage explore la stratégie d'électrification de l'économie française face à la flambée des prix du pétrole et aux crises énergétiques, avec des experts débattant de sa faisabilité et de ses implications.

  1. 0:00 Dans cette PME charenthèse, Luc Binaud jongle avec la calculatrice et les factures de gasoil.
  2. 0:08 Le prix du litre a flambé depuis le début de la guerre en Iran.
  3. 0:12 Le surcoût c'est à peu près 27 000 euros TTC pour ma petite boutique de 14 camions.
  4. 0:23 A 400 kilomètres de là en Ile-et-Vilaine, cette infirmière libérale sur la route tous
  5. 0:28 les jours tente de limiter les frais avec un véhicule moins gourmand en essence.
  6. 0:33 J'ai choisi l'hybride-voie pour essayer de gagner un peu en conso, un peu tricher on va dire.
  7. 0:40 Et si c'était ça la solution ? Réduire notre dépendance aux hydrocarbures.
  8. 0:45 Le gouvernement était réuni hier pour identifier les actions prioritaires pour électrifier
  9. 0:50 l'économie à la demande de Sébastien Lecornu.
  10. 0:53 Tournons vite la page de ces énergies fossiles, on peut le faire et c'est pour ça que j'ai
  11. 0:57 demandé d'accélérer le plan d'électrification, il n'est pas normal qu'en 2026 on ait encore
  12. 1:02 autant de dépendance.
  13. 1:03 Le Premier ministre suggère d'utiliser les surplus des recettes fiscales générées
  14. 1:08 par la hausse des prix des carburants pour décarboner l'économie avec des mesures concrètes
  15. 1:13 à commencer par le remplacement du chauffage au fioul et au gaz dans nos habitations.
  16. 1:18 Ça veut dire aussi bien du chauffage électrique tel qu'on l'imagine classique mais aussi
  17. 1:23 remplacer sa chaudière à énergie fossile par ce qu'on appelle des pompes à chaleur
  18. 1:27 air-eau qui vont chauffer de l'eau pour vos radiateurs historiques.
  19. 1:31 Les bailleurs sociaux sont également invités à accélérer cette mutation dans les logements
  20. 1:35 mais aussi en installant des bornes de recharge pour inciter à utiliser des véhicules électriques.
  21. 1:41 Le gouvernement prépare de son côté des offres de location pour les professionnels
  22. 1:46 appelés à beaucoup rouler.
  23. 1:47 Alors la flambée des prix représente-t-elle finalement une opportunité de repenser notre
  24. 1:52 modèle énergétique ? La stratégie de l'électrification peut-elle mettre les Français à l'abri
  25. 1:58 des chocs pétroliers ? La France a-t-elle les moyens de ses ambitions ?
  26. 2:02 Nos trois invités, Niel Macarof, bonsoir, vous êtes directeur de Stratégique Perspective,
  27. 2:08 c'est un think-tank européen, vous êtes spécialiste dans la décarbonation de l'économie,
  28. 2:12 vous avez publié récemment Décarboner ou Décliner et vous considérez que nous sommes
  29. 2:16 moins dépendants du pétrole aujourd'hui que dans les années 70 car une grosse partie
  30. 2:21 de notre électricité ne dépend pas des énergies fossiles.
  31. 2:24 En revanche, ajoutez-vous, notre dépendance existe parce qu'une grosse partie de l'économie
  32. 2:28 dépend du pétrole.
  33. 2:30 A côté de vous, Anne de Bréjas, bonsoir, ingénieur de recherche sur le fonctionnement
  34. 2:34 du système électrique, vous êtes porte-parole de la Fédération Sudénergie.
  35. 2:37 Selon vous, les crises récentes comme la guerre en Ukraine n'ont pas permis le grand
  36. 2:41 virage pour sortir du pétrole, c'est pourtant indispensable pour des raisons évidemment
  37. 2:46 climatiques.
  38. 2:47 Et à côté de vous, Anne de Guinier, bonsoir, vous êtes grand reporter pour le quotidien
  39. 2:50 Le Figaro, service économie, selon vous, il est parfaitement utopique d'imaginer qu'on
  40. 2:55 pourra sortir du pétrole à l'horizon 2030 mais cela va se faire pas à pas et les dernières
  41. 3:00 annonces du gouvernement sur l'électrification relèvent plutôt de l'exercice de communication,
  42. 3:06 c'est votre jugement.
  43. 3:07 On va y revenir mais on évoque d'abord le sondage du jour.
  44. 3:09 Oui, 92% des Français, donc une très large majorité, s'inquiètent de la hausse du
  45. 3:13 prix de l'énergie.
  46. 3:14 Il faut dire que pendant la semaine du 23 mars, le prix du diesel a atteint en moyenne
  47. 3:17 2,19€ le litre, un pic inédit depuis 1985, date de la mise en place du suivi du prix
  48. 3:24 des carburants.
  49. 3:25 Ce record dépasse les sommets enregistrés en 2022 après l'invasion de l'Ukraine par
  50. 3:30 la Russie.
  51. 3:31 Naïm Makarov, on n'a jamais été aussi dépendant du pétrole, des énergies fossiles et on
  52. 3:35 continue à l'être, notamment dans les nouvelles constructions, dans les nouveaux bâtiments.
  53. 3:38 On a déjà été plus dépendant du pétrole et des énergies fossiles dans les années
  54. 3:42 60, 50, 60 et suite au choc pétrolier des années 70, on a quand même fortement réduit
  55. 3:48 notre dépendance au pétrole, notamment dans la production d'électricité.
  56. 3:50 Il faut imaginer que dans les années 60, on produisait de l'électricité à partir
  57. 3:53 de centrales au fioul.
  58. 3:54 Donc, on a quand même fait d'énormes progrès depuis, mais c'est vrai que plus de la moitié
  59. 4:00 de notre énergie que nous consommons vient du pétrole, du gaz et donc est importée,
  60. 4:06 ce qui a d'ailleurs un coût assez net pour l'économie française.
  61. 4:10 En 2025, on estime que les importations représentaient 60 milliards d'euros de gaz et de pétrole
  62. 4:17 pour l'économie française.
  63. 4:19 On imagine que cet argent pourrait être mieux dépensé s'il n'était pas dépensé
  64. 4:22 pour des pays comme l'Arabie Saoudite, les États-Unis ou même encore un peu d'énergie
  65. 4:29 fossile venant de Russie.
  66. 4:30 Anne de Bréjas, il faut dire qu'en fait, l'or noir, le pétrole, il rigue notre quotidien,
  67. 4:34 l'essence dans la voiture, tout aujourd'hui, le plastique, on ne se rend pas compte, mais
  68. 4:39 il est présent tout le temps, quotidiennement.
  69. 4:42 Oui, on a 60% de notre consommation énergétique qui est carbonée et là-dessus qui est fossile
  70. 4:48 et il y a une grande partie de pétrole effectivement, on l'a dit, dans l'industrie, dans le chauffage,
  71. 4:52 évidemment dans les véhicules.
  72. 4:53 Donc, difficile de s'en passer, si on entend bien, le changement d'usage, par exemple
  73. 4:58 moins rouler, faire du télétravail, prendre les transports en commun ne suffirait pas,
  74. 5:03 c'est massif.
  75. 5:04 Ah si, on saurait le faire, on saurait le faire, il y a d'ailleurs des scénarios, je pense
  76. 5:08 notamment au futur énergétique de RTE à l'horizon 2050, qui propose des sorties
  77. 5:14 et d'autres, des sorties complètement du pétrole et aussi du gaz, RTE c'est le gestionnaire
  78. 5:19 de réseau, de transport électrique, qui exploite les lignes hautes tensions et qui
  79. 5:24 est aussi en charge de la prévision à long terme de l'équilibre du système électrique.
  80. 5:29 Mais même, on a la stratégie nationale carbone, tous les objectifs disent qu'il faut atteindre
  81. 5:36 la neutralité carbone en 2050, c'est-à-dire, pour résumer, se passer des énergies fossiles
  82. 5:41 et je dirais même…
  83. 5:42 Pétrole et gaz.
  84. 5:43 Pétrole et gaz.
  85. 5:44 Alors on a presque plus de charbon en France, dans d'autres pays c'est aussi du charbon,
  86. 5:47 et donc comment on fait ça ? Ça veut dire qu'on remplace massivement par de l'électricité,
  87. 5:51 des carbonés, puis un petit peu de biomasse mais qui est en difficulté.
  88. 5:53 Donc voilà, on n'a pas le choix en fait, si on veut préserver une planète habitable,
  89. 5:59 on n'a pas le choix que de sortir, on sait le faire, par contre c'est très compliqué,
  90. 6:02 il faut s'inscrire sur le long terme.
  91. 6:04 Anne Le Guinier, dans l'opinion publique, est-ce qu'on peut, voilà on parle d'un sondage,
  92. 6:07 99% des Français qui s'inquiètent de la hausse des prix de l'énergie, mais ce qui
  93. 6:09 prévaut chez eux, c'est économique, c'est pas forcément des intérêts en termes de
  94. 6:13 sobriété et d'écologie non aujourd'hui ?
  95. 6:15 Oui, c'est le fameux dilemme, il y a beaucoup écrit dessus, fin du mois, fin du monde,
  96. 6:20 et chacun évidemment arbitre plutôt dans les périodes de tension pour la fin du mois,
  97. 6:26 tout le monde, pour partir du présupposé que les gens ne sont pas irresponsables, tout
  98. 6:30 le monde rêve que ses arrière-petits-enfants vivent dans un monde qui soit habitable,
  99. 6:35 avec de la biodiversité.
  100. 6:36 Comme on le disait avec Marc-André Sellos précisément avant.
  101. 6:38 Mais à court terme, les gens doivent aller bosser, veulent faire leur plein, s'inquiètent
  102. 6:42 de pouvoir faire leur course, et c'est vrai que ce fameux dilemme, il y a eu une tentative
  103. 6:46 d'essayer de le réconcilier, c'était par le prix de la tonne de CO2, si on augmente
  104. 6:54 le prix de la pollution, pour que les gens arbitrent de manière responsable, on a bien
  105. 7:04 vu ce que ça a donné avec les gilets jaunes, donc ça reste, d'un point de vue économique
  106. 7:09 en tout cas, c'est la meilleure manière pour permettre à chacun d'arbitrer, en aidant
  107. 7:13 évidemment les plus défavorisés, mais les gouvernements, ça fait des années qu'on
  108. 7:18 a ce problème des prix, il y a déjà Rocart planché dessus, et ce qui est très compliqué
  109. 7:22 c'est que Bercy a essayé 50 fois de le faire, de trouver le bon dispositif, où vous ciblez
  110. 7:29 les personnes modestes qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler, et grosso
  111. 7:33 modo pas les parisiens qui prennent leur SUV pour aller un week-end à Noville, et c'est
  112. 7:39 compliqué de trouver vraiment le bon...
  113. 7:40 Alors c'est compliqué, et regardez, on va regarder une archive qui date de 73, après
  114. 7:47 le premier choc pétrolier, et déjà on cherchait comment appliquer peut-être la sobriété,
  115. 7:52 et c'est le président français Georges Pompidou, comment réagir face à l'afflambée du prix du pétrole.
  116. 7:57 Il est certain que si la pénurie de pétrole devait se prolonger pendant des mois et des
  117. 8:05 années, et bien tous les pays finiraient par en subir les conséquences, directes ou
  118. 8:11 indirectes, et que par conséquent le devoir du gouvernement est de se préparer à prendre
  119. 8:18 le cas échéant, des mesures sérieuses, des mesures graves, mais avant d'en arriver
  120. 8:26 à ce type de mesures, je fais appel, et nous faisons appel avant tout, à cette vertu traditionnelle
  121. 8:33 paraît-il du peuple français, qui est l'esprit d'économie, économisons l'essence, économisons
  122. 8:41 l'électricité, économisons le chauffage.
  123. 8:45 – Nelmakaros, à l'époque, il n'y a aucune idée du changement de modèle, on se le pose
  124. 8:50 aujourd'hui, mais encore une fois, attaquons.
  125. 8:51 – On se le pose, il y a déjà eu une crise en 2022, une crise énergétique majeure suite
  126. 8:57 à la guerre en Ukraine, qui a été un moment où le politique a plutôt cherché à passer
  127. 9:03 l'hiver.
  128. 9:04 – Donc la sobriété à nouveau.
  129. 9:05 – Exactement, on passait l'hiver 2022-2023, aujourd'hui on a une nouvelle crise énergétique
  130. 9:09 seulement 4 ans après, et là le politique commence à se poser la question, comment
  131. 9:13 est-ce qu'on change durablement notre mix énergétique pour pouvoir se séparer de
  132. 9:18 ses dépendances au pétrostate que sont le Moyen-Orient, les Etats-Unis, la Russie.
  133. 9:24 – Les pétro-monarchies pour traduire.
  134. 9:25 – Exactement, et c'est là où l'électrification est véritablement l'unique stratégie dont
  135. 9:31 nous disposons pour nous affranchir du pétrole et du gaz, mais aussi de mettre à l'abri
  136. 9:36 les français les plus modestes, finalement de la volatilité de ces énergies, parce
  137. 9:40 que le prix du pétrole et du gaz n'est pas fixé en France, il est avant tout fixé
  138. 9:44 sur les marchés internationaux, ce qui veut dire que le jour où vous avez un choc géopolitique,
  139. 9:49 du jour au lendemain vos factures énergétiques et à la pompe à essence explosent.
  140. 9:53 – Et c'est le cas depuis un mois.
  141. 9:54 – Et c'est le cas depuis un mois, donc la véritable stratégie pour mettre à l'abri
  142. 9:58 les français, c'est avant tout d'électrifier les véhicules, le chauffage et l'industrie.
  143. 10:02 – Yann Nebreja, c'est pourquoi ça serait un déclic maintenant avec cette crise plutôt
  144. 10:05 qu'il y a 4 ans, qu'est-ce qui a changé ? Ça paraît aussi peut-être conjoncturel
  145. 10:09 cette guerre pour s'arrêter.
  146. 10:10 – Je crains que ça ne suffise pas, mais je suis quand même étonnée avec tous les
  147. 10:14 rapports du GIEC, les uns après les autres, vous en avez parlé avec votre précédent
  148. 10:17 invité, qui disent qu'il faut faire vite, très vite, sinon on sera dans une planète
  149. 10:23 inhabitable.
  150. 10:24 Quand on voit déjà les conséquences aujourd'hui sur la biodiversité, sur l'état de nos
  151. 10:27 forêts, des sols, on a l'impression qu'il n'y a toujours pas eu le déclic et on continue
  152. 10:32 effectivement avec des réactions à la petite semaine alors qu'on sait, c'est massif
  153. 10:36 ce qu'il faut faire, il faut complètement revoir nos modes de production, nos modes
  154. 10:40 de consommation.
  155. 10:41 Je prends l'exemple du transport, oui bien sûr il faut absolument sortir des véhicules
  156. 10:44 thermiques, ça ne fait pas de doute, mais il faut aussi réduire la taille de nos véhicules
  157. 10:49 et surtout il faut développer les transports en commun.
  158. 10:52 Or encore aujourd'hui, l'avion coûte moins cher que le train par exemple, on n'investit
  159. 10:55 pas du tout assez dans le train, sur l'isolation on n'a pas du tout fait cette balaise etc.
  160. 10:59 – Alors attendez, on va y venir mais on va déjà se concentrer sur la mobilité électrique
  161. 11:02 comme on dit, donc les voitures électriques et on en parle avec vous Anna, depuis le début
  162. 11:04 de la guerre au Moyen-Orient, les ventes de voitures électriques explosent, enfin en
  163. 11:08 tout cas repartent à la mousse.
  164. 11:09 – Oui, on ne donnait plus forcément très cher de la voiture électrique depuis le recul
  165. 11:13 de l'Union Européenne en décembre sur la fin des voitures thermiques en 2035 et pourtant
  166. 11:19 ce mois de mars, les ventes de véhicules électriques ont atteint des records, plus
  167. 11:23 de 49 000 immatriculations neuves, c'est plus de 69% par rapport à mars 2025, alors
  168. 11:29 plusieurs raisons expliquent ce regain d'intérêt, la première, la hausse des prix du carburant,
  169. 11:34 faire le choix de l'électrique aujourd'hui, c'est gagner en pouvoir d'achat, une étude
  170. 11:38 de l'ONG transport et environnement montre qu'en période de crise, un plein d'essence
  171. 11:43 revient en moyenne à 142 euros par mois contre 65 euros pour un plein d'électricité,
  172. 11:49 sur un an ça fait quand même plus de 900 euros de différence, ça n'est pas rien
  173. 11:53 et puis la deuxième raison qui pousse les Français à se tourner vers l'électrique,
  174. 11:56 c'est le cumul des aides publiques, la prime coup de pouce qui est venue remplacer le bonus
  175. 12:01 écologique peut atteindre 5 700 euros pour les ménages les plus précaires à laquelle
  176. 12:06 on peut désormais ajouter un bonus entre 1200 et 2000 euros si les batteries de ce
  177. 12:11 véhicule sont fabriquées en Europe et puis du côté des constructeurs, eux ils ont saisi
  178. 12:16 l'enjeu de proposer des voitures citadines qui coûtent moins cher pour pouvoir continuer
  179. 12:21 à vendre, la Renault Twingo E-Tech en est l'exemple parfait, elle arrive en France
  180. 12:27 ce mois-ci, elle coûte moins de 20 000 euros avant Aide et elle est déjà sacrée voiture
  181. 12:32 électrique la moins chère de France, Aine de Guigny, Sébastien Lecornu a demandé justement
  182. 12:37 des réflexions, des mesures d'urgence, est-ce que l'électrification du parc automobile
  183. 12:42 ça deviendra uniquement grâce à davantage d'aides publiques ?
  184. 12:45 Non, pas uniquement, vous en avez largement parlé, il y a aussi évidemment une impulsion
  185. 12:51 du côté des constructeurs, évidemment le nouveau modèle de Renault répond en partie
  186. 12:57 à la question, donc il y avait une question d'offres et de demandes et jusqu'à présent
  187. 13:03 il y avait un peu un problème des deux côtés, en tout cas du côté des constructeurs français,
  188. 13:07 après ceux qui ont des voitures électriques, on entend un peu moins mais c'était quand
  189. 13:11 même un des grands moments des dîners de raconter ces galères, ces prises et à quel
  190. 13:16 point on s'est trouvé perdu, de recharge, c'était compliqué, donc il y a quand même
  191. 13:21 de tous côtés il y a eu des faiblesses, les constructeurs ont raté parfois le coche,
  192. 13:26 l'État aussi a vraiment manqué de déploiement par les recharges, les bornes électriques.
  193. 13:30 Nelmakaroff, il y a aussi une initiative prise par le gouvernement, aider les infirmières
  194. 13:35 qui sillonnent la France des centaines de kilomètres par jour ou par semaine à louer
  195. 13:40 des voitures électriques.
  196. 13:41 Absolument.
  197. 13:42 Avec des aides.
  198. 13:43 Absolument et c'est une façon de rendre le véhicule électrique beaucoup plus populaire
  199. 13:46 et accessible pour les ménages des classes moyennes, basses et populaires mais aussi
  200. 13:51 pour les professionnels parce qu'évidemment, on l'a vu, les avantages du véhicule électrique
  201. 13:55 sont nets en termes de pouvoir d'achat, sur un an avec les prix actuels à la pompe
  202. 13:59 on peut économiser près de 1000 euros donc c'est un avantage qui est net surtout pour
  203. 14:04 des professionnels qui roulent beaucoup, les infirmières, les aides de vie, il y a également
  204. 14:08 les artisans et là le gouvernement veut élargir le leasing social notamment aux camionnettes,
  205. 14:13 aux fourgonnettes pour aider les artisans à électrifier et ce sont des excellentes
  206. 14:17 mesures d'autant plus qu'en France, contrairement à 2022 maintenant, nous avons des usines
  207. 14:21 de véhicules électriques sur le territoire français, nous avons aussi des usines de
  208. 14:24 batteries électriques et qui ne demandent qu'une seule chose, c'est qu'on remplisse
  209. 14:28 leur carnet de commandes donc on peut, avec un plan d'électrification ambitieux, à
  210. 14:32 la fois aider les ménages à sortir du pétrole mais aussi réindustrialiser une partie de
  211. 14:38 l'économie française grâce aux véhicules électriques donc ça peut être gagnant-gagnant.
  212. 14:42 Oui mais en même temps Anne de Brilhaste, il y a une contradiction, l'Europe vient
  213. 14:44 annoncer qu'on a renoncé aux 100% électriques en 2035 donc on écoute ça et on se dit
  214. 14:49 bon ben finalement voilà ce qu'on nous a dit depuis l'actualité mais quand même
  215. 14:51 acheter de l'électrique alors on ne sait plus trop où on va.
  216. 14:53 Ah oui mais moi cette décision de reporter la fin de vente des véhicules thermiques
  217. 14:58 alors qu'on sait qu'il va falloir en sortir et très vite, si on continue à vendre des
  218. 15:03 véhicules électriques c'est une aberration et effectivement on peut se réjouir de ces
  219. 15:06 mesures.
  220. 15:07 Donc ces mesures sont pionnières par rapport à une Europe qui recule ?
  221. 15:09 Oui on peut dire ça, elles sont pionnières, je pense qu'on peut dire ça mais elles sont
  222. 15:14 quand même en retard.
  223. 15:15 Je veux dire ça fait quand même longtemps qu'on dit que, enfin à nouveau les scénarios
  224. 15:19 d'électrification ils existent maintenant depuis plusieurs années, on sait qu'il faut
  225. 15:23 aller très vite et pour l'instant on stagne quoi, l'électrification, la consommation
  226. 15:29 d'électricité ne décolle pas parce que l'électrification des usages n'est pas là
  227. 15:33 et une des causes, enfin il y a plein de causes, c'est que les investissements ne sont pas
  228. 15:37 faits, encore une fois je parlais du transport public par exemple ou de l'isolation des
  229. 15:42 bâtiments mais on a appris, ce qui est fou c'est qu'on a appris l'électricité encore
  230. 15:47 aujourd'hui qui dépend beaucoup du prix du gaz, alors on est temporairement protégé
  231. 15:51 par le fait qu'on est en surproduction et que nos interconnexions avec nos voisins sont
  232. 15:55 saturées mais si la situation en devient normale on est toujours, après cette crise
  233. 16:00 qu'on a eue en 2022-2024, dans une situation aberrante qui ne donne pas la visibilité
  234. 16:04 pour investir.
  235. 16:05 Aide de Guinier, il faut aussi électrifier les logements avec peut-être des pompes à
  236. 16:08 chaleur, ça c'est quelque chose qu'il faut généraliser à l'ensemble du pays ?
  237. 16:12 Oui, ça fait partie du plan électrification du gouvernement qui va être accéléré et
  238. 16:19 les pompes à chaleur notamment pour les logements collectifs, les logements sociaux, il y a
  239. 16:24 tout un plan qui est, évidemment vous voyez bien que c'est plus compliqué, il y a encore
  240. 16:27 beaucoup de gaz en France pour les logements, pour le chauffage, pour l'eau chaude et donc
  241. 16:34 ça ce sont beaucoup d'investissements donc évidemment on sait qu'il faut le faire.
  242. 16:38 Oui, d'autant que ma prime rénov' a été fortement diminuée on le sait ces dernières
  243. 16:42 années.
  244. 16:43 Oui, voilà, mais en partie pour des bonnes raisons, donc là il y a des investissements
  245. 16:47 à faire et le problème, on le sait tous, c'est que la France n'est pas dans un état
  246. 16:51 budgétaire très tendu mais en soi évidemment oui il faut, les grands sujets c'est les entreprises
  247. 16:57 qui doivent s'électrifier, le logement, le transport, on le sait depuis des années.
  248. 17:01 Mais si on veut plus d'électricité, il faut en produire davantage et le gouvernement
  249. 17:05 mise sur les énergies renouvelables, en tout cas c'est ce que dit la ministre déléguée
  250. 17:08 chargée de l'énergie, écoutez c'était ce matin même.
  251. 17:10 C'est un grand honneur pour moi de vous annoncer la relance des appels d'offres pour les énergies
  252. 17:15 renouvelables électriques pour intégrer de manière plus forte la filière photovoltaïque
  253. 17:20 dans l'industrie française.
  254. 17:21 Concernant l'éolien terrestre maintenant, le développement de cette filière doit se
  255. 17:24 faire en privilégiant le renouvellement des parcs existants.
  256. 17:28 Cela nous permettra de consolider notre industrie sur l'éolien posé mais également de donner
  257. 17:31 un leader sur l'industrie de l'éolien flottant.
  258. 17:34 Gilles Macaroff, alors là on ne comprend pas non plus parce que début février dans
  259. 17:37 sa feuille de route énergétique, le Premier ministre Sébastien Lecornu semblait revenir
  260. 17:41 sur les engagements de la France sur les énergies renouvelables.
  261. 17:43 Donc c'est quoi là ? C'est de la com' ou réellement on va accélérer ?
  262. 17:46 On ne peut pas électrifier si on ne produit pas plus d'électricité notamment sur le
  263. 17:50 court terme.
  264. 17:51 Alors on a une surcapacité en ce moment mais d'ici à 2030-2035 on va devoir avoir besoin
  265. 17:56 de beaucoup plus d'électricité et l'éolien est notamment une solution comme le solaire.
  266. 18:01 L'éolien en mer est un gisement avec un potentiel énorme en France.
  267. 18:04 On a beaucoup d'entreprises qui assemblent des éoliennes au Havre, à Cherbourg, à
  268. 18:09 Faust-sur-Mer maintenant.
  269. 18:10 Donc c'est vraiment un secteur des fleurons industriels français et donc à un moment
  270. 18:15 donné ramener un peu de cohérence quelque part dans ce plan énergétique français en
  271. 18:19 ayant le parc nucléaire existant mais aussi les énergies renouvelables, c'est vraiment
  272. 18:24 un levier nécessaire pour électrifier rapidement notre économie.
  273. 18:27 Anne-Debré, en même temps, là aussi on se dit que c'est le nucléaire qui pourrait
  274. 18:30 nous permettre d'avoir davantage d'électricité et beaucoup plus rapidement que les énergies
  275. 18:34 renouvelables qu'on ne sait pas stocker encore aujourd'hui quant à le produit de l'électricité.
  276. 18:38 Non mais il y a des scénarios 100% renouvelables qui tiennent la route.
  277. 18:41 Donc on a un choix entre nucléaire et 100% renouvelable.
  278. 18:46 On a plutôt fait le choix du nucléaire.
  279. 18:48 Mais le problème c'est qu'on est toujours en train de se dire, effectivement la France
  280. 18:52 n'a pas d'argent pour investir.
  281. 18:54 Alors tous les investissements sont toujours rentables sur la durée.
  282. 18:56 Et ce qu'on sait maintenant, c'est que le coût de l'inaction climatique est infiniment
  283. 19:01 supérieur au coût, Bilal qui est un économiste qui a eu le prix des jeunes économistes
  284. 19:07 dit, on sous-estime complètement le coût de l'inaction climatique et on sait que plus
  285. 19:11 on attend, plus ça sera cher.
  286. 19:12 Donc il faut vraiment se mettre dans une perspective d'investissement à long terme qui en fait
  287. 19:16 pour la plupart doit être public parce que le privé n'a pas cette visibilité sur le
  288. 19:20 long terme et ne pas renvoyer à chaque personne la responsabilité de faire des gestes, ça
  289. 19:25 ne suffira pas.
  290. 19:26 Nagui, l'objectif c'est de faire passer de 60% à 40% d'ici à 2030 la dépendance
  291. 19:30 aux énergies fossiles importées, c'est énorme, c'est jouable quand même s'il y a une mobilisation
  292. 19:33 comme celle à laquelle on assiste visiblement là, peut-être conjoncturellement mais tout
  293. 19:36 de même ?
  294. 19:37 C'est énorme.
  295. 19:38 Et puis il y a beaucoup d'inconnus technologiques, en effet le stockage, EDF a fait beaucoup de
  296. 19:43 promesses, moi je crois beaucoup au nucléaire mais EDF a quand même eu aussi des soucis
  297. 19:47 ces derniers temps.
  298. 19:48 Donc espérons que ça va bien aller, il y a des nouveaux réacteurs qui sont annoncés,
  299. 19:52 plus de 70 milliards d'investissement.
  300. 19:54 Donc ce n'est pas que de la com' parce que vous disiez justement qu'en ce moment c'est
  301. 19:57 de la com', qu'est-ce que vous trouvez de pas forcément probant dans ce qui est annoncé ?
  302. 20:03 C'est que la plupart des annonces d'électrification étaient déjà là, moi je trouve que c'est
  303. 20:08 habile de la part de Sébastien Lecornu qui est sous tension à l'Assemblée, tout le
  304. 20:11 monde lui demande de limiter les prix à la pompe et moi je trouve qu'il a raison de
  305. 20:16 dire attendez le sujet c'est l'électrification, le sujet c'est le long terme, et je dis de
  306. 20:21 la com' dans le sens, la politique c'est beaucoup de com' et il a raison pour moi.
  307. 20:24 Nel Makarov, et à l'échelle européenne ?
  308. 20:26 A l'échelle européenne aussi on réfléchit à l'électrification, il y a un plan d'électrification
  309. 20:31 européen qui sera proposé à partir du mois de mai donc peut-être que le plan d'électrification
  310. 20:35 français sera une bonne inspiration pour la Commission européenne, en tout cas la France
  311. 20:39 est le premier pays à dégainer sur l'électrification à l'échelle européenne, il y a un certain
  312. 20:44 nombre de pays qui sont plus avancés que la France, par exemple la Suède dans le secteur
  313. 20:48 du bâtiment ou par exemple l'Estonie dans le secteur de l'industrie, mais malgré tout
  314. 20:54 c'est la première fois qu'on a un plan un peu plus cohérent à l'échelle nationale
  315. 20:57 et ça peut faire un précédent à l'échelle européenne donc plutôt une bonne nouvelle.
  316. 21:01 Anne de Bréjas, ça nous coûtera moins cher quand même à nos consommateurs ou pas globalement
  317. 21:05 aux européens si on fait plus d'électricité ?
  318. 21:07 Ça nous coûtera moins cher à condition de revenir sur ce prix de marché de l'électricité
  319. 21:12 qui est complètement déconnecté de ce que ça nous coûte, aujourd'hui, on l'a connu
  320. 21:16 pendant la crise, les prix ont explosé alors que les coûts n'avaient pas du tout augmenté
  321. 21:20 dans ces dernières années.
  322. 21:21 Pourquoi ? Parce qu'on a un prix de marché, parce qu'on a voulu mettre en concurrence
  323. 21:24 une électricité qui ne s'y prête absolument pas et donc le prix de marché reflète le
  324. 21:28 coût de fonctionnement de la centrale la plus chère sur le réseau à chaque instant,
  325. 21:33 en général c'est une centrale à gaz, qu'est-ce que ça lui coûte ? Le gaz qu'elle met dedans,
  326. 21:37 alors qu'on est décarboné à 95%, on a un prix d'électricité qui est à peu près
  327. 21:42 les trois quarts du temps, sauf en ce moment à cause des problèmes de surcapacité, de
  328. 21:47 surproduction pardon, mais qui dit RTE, environ 75% du temps dépend du gaz et qui est très
  329. 21:53 volatile, qu'on n'arrive pas à prévoir et tous les industriels disent on ne peut pas
  330. 21:56 électrifier nos usages, on n'a pas de visibilité sur ces prix d'électricité.
  331. 21:59 Le long terme.
  332. 22:00 On se tire une balle dans le pied vraiment.
  333. 22:01 Ça nous revient sans arrêt, ça a une vision à long terme nécessaire.
  334. 22:04 Et la stabilité.
  335. 22:05 En tout cas c'est fini le débat pour ce soir, à court terme, mais merci de nous avoir
  336. 22:09 éclairés, si je puis dire sans mauvais jeu de mots, sur ces problématiques d'électrification.