#1830 : l'art de l'éloquence

talk-show 20:02 ソース ↗ éloquence prise de parole en public art débat confiance en soi réinsertion
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Cette émission explore l'art de l'éloquence et son importance dans la vie professionnelle, associative et personnelle, en présentant des associations qui œuvrent pour rendre la prise de parole en public accessible à tous, y compris les jeunes des quartiers prioritaires et les personnes détenues.

  1. 0:00 Vous êtes sur France 3 Paris Île-de-France et le 18-30,
  2. 0:06 soyez les bienvenus et ce soir avec vous on s'intéresse à l'art de l'éloquence,
  3. 0:10 savoir parler en public pour défendre une cause, une opinion ou encore un engagement.
  4. 0:15 C'est essentiel pour persuader, convaincre et arriver à ses fins.
  5. 0:18 De plus en plus de concours d'éloquence ont lieu dans la capitale et en Île-de-France.
  6. 0:22 Nous recevons ce soir des participants et des organisateurs.
  7. 0:25 L'aisance à l'oral est aussi une qualité pour trouver un travail,
  8. 0:28 évoluer dans la vie professionnelle et associative.
  9. 0:30 Vous allez le voir, de nombreux citoyens interviennent dans des quartiers prioritaires
  10. 0:34 ou même en prison pour offrir toutes les clés de l'art oratoire et de la prise de parole en public.
  11. 0:39 Bonsoir à nos invités.
  12. 0:40 Vous allez pouvoir prendre la parole ce soir dans le 18-30
  13. 0:44 comme chaque soir dans cette émission avec nos invités.
  14. 0:46 Charline Aussombeau, bonsoir.
  15. 0:47 Vous êtes secrétaire générale de l'association Graines d'orateurs 93
  16. 0:52 pour un art oratoire accessible à toutes et tous.
  17. 0:56 Bonsoir Ilan Volson de Rabourg, fondateur de l'association À travers les murs.
  18. 1:01 Donnez la parole, rendre la voix, c'est votre lettre motif.
  19. 1:04 Et vous intervenez avec une dizaine d'étudiants en centre pénitentiaire,
  20. 1:07 notamment dans les Hauts-de-Seine à Nanterre, pour des ateliers de formation à l'éloquence.
  21. 1:12 Et bonsoir Hugo Roussel, vous êtes président de la Fédération francophone de débat.
  22. 1:18 Comme chaque soir, regardez ce chiffre pour débuter cette émission.
  23. 1:21 Ce soir, c'est 100 000, car c'est le nombre de mots de notre belle langue française
  24. 1:26 répertoriée et définie dans le plus grand dictionnaire de France.
  25. 1:30 Si l'éloquence est synonyme d'aisance à l'oral,
  26. 1:32 encore faut-il avant tout maîtriser les mots.
  27. 1:34 Et justement, Charline Aussombeau,
  28. 1:36 en quoi c'est important dans l'art de l'éloquence de trouver toujours le bon mot ?
  29. 1:41 Tout simplement pour se faire comprendre et se faire entendre,
  30. 1:44 donc avoir les bons mots afin que l'auditoire comprenne où on cherche à en venir.
  31. 1:51 Vous partagez cette position, est-ce que vous arrivez toujours à trouver le bon mot Hugo Roussel ?
  32. 1:55 Je ne sais pas si j'arrive toujours à trouver le bon mot,
  33. 1:57 mais je dirais qu'en tout cas, l'éloquence et l'art oratoire,
  34. 2:00 c'est aussi mettre le beau au service du vrai, de la recherche de la vérité,
  35. 2:04 même si ce n'est pas toujours le cas, on s'en fout.
  36. 2:07 Ce qui est extraordinaire, c'est bien sûr la francophonie.
  37. 2:10 Le français est la cinquième langue la plus parlée au monde,
  38. 2:14 avec 321 millions de locuteurs selon l'Organisation internationale de la francophonie.
  39. 2:20 Justement, Hugo Roussel, votre association, c'est la fédération francophone de débat.
  40. 2:24 Pourquoi c'est important, francophone ?
  41. 2:27 Effectivement, nous sommes 300 millions de locuteurs déjà,
  42. 2:30 donc pour nous c'est important de rappeler qu'on n'est pas ethnocentrés
  43. 2:35 et que ce n'est pas uniquement en France qu'on parle le français.
  44. 2:38 Ça nous permet donc d'organiser aussi des rencontres avec des pays de la francophonie,
  45. 2:43 notamment les pays africains ou bien le Québec, enfin le Canada bien sûr,
  46. 2:49 la Suisse, la Belgique,
  47. 2:51 et c'est important pour nous d'avoir ces échanges-là aussi sur la langue,
  48. 2:54 car nous n'avons pas toujours la même pratique de la langue,
  49. 2:57 donc ça permet de l'enrichir et d'enrichir les échanges culturels.
  50. 3:01 Alors Hélène Volson, de rabours cette question aussi,
  51. 3:04 ce qui est important quand on parle d'éloquence,
  52. 3:05 on parle des mots de la langue française, mais aussi de l'aisance à l'oral.
  53. 3:09 Vaincre sa timidité, est-ce que vous étiez un grand timide vous par exemple ?
  54. 3:12 Non, moi je n'ai jamais été un grand timide,
  55. 3:14 mais effectivement de nombreux avocats, de nombreux orateurs ont été des grands timides
  56. 3:18 et se sont dépassés grâce aux mots, grâce à l'art oratoire.
  57. 3:21 Qui par exemple ?
  58. 3:22 Je pense à Bertrand Perrier, l'avocat Bertrand Perrier,
  59. 3:24 qui raconte dans ses livres effectivement qu'il était un grand timide
  60. 3:27 et qu'il s'est peu à peu, grâce à cet amour des mots, grâce à l'art oratoire,
  61. 3:32 développé là-dedans et qu'il a réussi à être parfaitement à l'aise.
  62. 3:36 Donc vaincre sa timidité, c'est peur justement.
  63. 3:38 Vous Charlène Ossumbo, vous étiez une grande timide,
  64. 3:42 alors aujourd'hui comment ça va ?
  65. 3:44 Et en quoi l'art de l'éloquence a-t-il pu vous aider pour vaincre votre timidité ?
  66. 3:46 Ça va mieux, ça va mieux, là après je suis quand même ici,
  67. 3:49 donc j'ai pris quand même ce courage pour venir et échanger avec vous.
  68. 3:53 Donc l'art oratoire m'a aidée sur pas mal de choses,
  69. 3:55 dont le fait de l'émancipation, le fait de se sentir un peu plus libre,
  70. 4:00 de pouvoir aussi aimer prendre la parole et prendre la parole aussi.
  71. 4:05 Et alors c'est quoi par exemple une petite technique
  72. 4:07 pour se détendre avant un concours d'éloquence par exemple ?
  73. 4:10 Déjà travailler son discours, c'est vrai que c'est quelque chose qu'on ne dit pas assez,
  74. 4:13 on parle beaucoup de l'improvisation, de se faire confiance,
  75. 4:15 il faut toujours travailler son texte,
  76. 4:17 et aussi bien sûr se faire confiance et maîtriser,
  77. 4:21 comme là on va pouvoir en discuter, les codes de la prise de parole en public.
  78. 4:24 Et passer à la télévision c'est stressant ?
  79. 4:26 C'est stressant, mais ça va, quand on maîtrise l'école.
  80. 4:28 Donc se détendre, bien souffler,
  81. 4:30 est-ce que vous avez des conseils pour bien être à l'aise à l'oral par exemple, Hugo ?
  82. 4:35 Moi je suis d'accord, c'est surtout la pratique en réalité.
  83. 4:39 Généralement, d'abord quand on se lance dans le bain,
  84. 4:41 on n'a absolument pas les codes, on ne connaît pas du tout la théorie,
  85. 4:45 et c'est d'abord par la pratique qu'on arrive à trouver la façon de s'exprimer,
  86. 4:51 et ensuite on regarde la théorie et on se rend compte
  87. 4:55 qu'il y a des choses qu'on fait naturellement,
  88. 4:57 et il y a des choses qu'on peut améliorer évidemment.
  89. 4:59 Il a une personne de rapport, vous en prison par exemple,
  90. 5:01 vous intervenez dans les centres pénitentiaires,
  91. 5:03 comment ça se passe avec les détenus ?
  92. 5:04 Est-ce qu'ils sont habitués à parler comme ça publiquement ?
  93. 5:07 Est-ce qu'il faut justement beaucoup travailler déjà sur le corps et la confiance en soi ?
  94. 5:12 Il faut travailler sur la confiance en soi, ils ne sont pas habitués,
  95. 5:14 c'est l'un des détenus, et vous avez rappelé notre lettre motive,
  96. 5:17 c'est l'un des détenus qui le disait, en prison on ne les écoute plus,
  97. 5:21 et c'est une souffrance particulière de la détention,
  98. 5:23 on ne les écoute plus, leur parole n'a plus le même sens
  99. 5:26 qu'elle peut avoir quand ils sont des citoyens lambda dehors,
  100. 5:30 et effectivement il y a cette réapprovisation de soi, de son corps,
  101. 5:33 d'être à l'aise, d'arriver à se faire confiance
  102. 5:36 et à comprendre que l'autre peut écouter avec bienveillance,
  103. 5:40 peut être dans une écoute attentive, même quand on est détenu,
  104. 5:42 même quand on a atteint l'ordre social, etc.
  105. 5:45 Donc il y a ce vrai travail qui est un travail important qu'on fait en détention,
  106. 5:47 de leur redonner confiance en eux et de leur rendre la voix.
  107. 5:51 – Merci pour les photographies qu'on a vues,
  108. 5:52 bien sûr les visages sont cachés par confidentialité,
  109. 5:56 merci donc votre association, je rappelle à travers les murs,
  110. 5:58 on va en parler justement de vos actions,
  111. 6:00 alors vous Charlène Dussonbeau, je rappelle l'association Graines d'orateurs 93,
  112. 6:06 à qui s'adresse votre association ?
  113. 6:08 – Alors notre association s'adresse principalement aux jeunes,
  114. 6:11 âgés entre 12 ans et 25 ans, issus des milieux populaires,
  115. 6:16 et donc on va beaucoup dans les lycées, c'est vraiment notre première cible,
  116. 6:19 ce sont les lycéens, mais il peut arriver qu'on aille en dehors de ces structures-là
  117. 6:24 et qu'on se rende dans les structures de jeunesse, dans les maisons de jeunesse,
  118. 6:28 ou même avec des mairies qui nous sollicitent
  119. 6:30 pour qu'on puisse former leurs jeunes pour pourquoi pas des concours ou des activités.
  120. 6:35 – Qu'est-ce que vous faites concrètement ?
  121. 6:36 Ce sont des ateliers, ça dure combien de temps ?
  122. 6:39 Qu'est-ce que vous apprenez à ces personnes ?
  123. 6:41 – Alors ce sont des ateliers qui durent deux heures,
  124. 6:44 où pendant tout ce temps-là, nous décortiquons des notions
  125. 6:48 qui vont permettre à ces jeunes de découvrir l'art oratoire,
  126. 6:52 de découvrir tout cet univers-là qui est méconnu pour la majorité,
  127. 6:58 donc on voit avec plusieurs notions, on discute avec eux,
  128. 7:03 on a cette habitude de structurer notre formation avec une partie théorique
  129. 7:09 et ensuite de la pratique, on les invite vraiment à se prêter au jeu,
  130. 7:14 à prendre plaisir et à se faire confiance.
  131. 7:16 – Par exemple, est-ce que vous leur demandez de défendre une cause,
  132. 7:19 un sujet qui les concerne, ou parfois c'est un tirage au sort,
  133. 7:21 ils découvrent et font improviser, comment ça se passe ?
  134. 7:23 – Justement, ça se traduit par de l'impro,
  135. 7:26 donc on appelle à un jeune qui est amené à se mettre devant l'auditoire,
  136. 7:30 donc devant toute la salle, on lui donne un sujet
  137. 7:33 et il va devoir incarner un personnage et essayer de débattre,
  138. 7:37 d'essayer d'argumenter pendant deux petites minutes
  139. 7:39 et après, dès qu'il a fini, on fait un petit retour mais de manière politique,
  140. 7:43 donc avec les jeunes de la salle et du coup le formateur qui est là,
  141. 7:46 et on est là, on essaie de voir les points qui étaient bien
  142. 7:50 et ce qui a amélioré, tout ceci dans la bienveillance.
  143. 7:53 – On parlait bien sûr de la bienveillance, de vocabulaire, de langue,
  144. 7:57 est-ce que le vocabulaire doit être soutenu ?
  145. 7:59 Comment vous faites avec, entre le quotidien de notre vie de tous les jours
  146. 8:03 et puis, l'art de l'éloquence,
  147. 8:05 est-ce qu'il faut aller vers un langage plus soutenu et donc travailler le vocabulaire ?
  148. 8:09 – Bien sûr, le vocabulaire, il faut qu'il soit là
  149. 8:11 mais on ne les invite pas à apprendre à bien parler,
  150. 8:13 on part du principe que tout le monde sait parler,
  151. 8:16 on les accompagne juste à mieux exprimer leurs pensées
  152. 8:20 et à structurer leur argument.
  153. 8:23 – Ça c'est formidable, donc graine d'orateur 93,
  154. 8:26 je tiens à souligner que la fondation de France Télévisions
  155. 8:29 soutient cette association depuis trois ans,
  156. 8:32 bravo pour votre engagement, graine d'orateur 93.
  157. 8:36 Alors, est-ce que vous faites d'ailleurs des concours d'éloquence ?
  158. 8:38 – On organise des concours d'éloquence,
  159. 8:40 l'année dernière il y en a eu un qui s'est déroulé le samedi 17 décembre,
  160. 8:44 qui s'est très très bien passé d'ailleurs,
  161. 8:46 mais sinon là, actuellement, on travaille sur la formation ouverte au public
  162. 8:50 qui aura lieu samedi 14 janvier 2023 à Bondy.
  163. 8:54 – Eh bien formidable, on sait tout grâce à vous,
  164. 8:55 alors puisqu'on parle de concours d'éloquence,
  165. 8:56 alors justement de nombreuses associations organisent ces fameux concours
  166. 9:00 à travers l'Île-de-France, comme la Ligue des Jeunes Talents, vous connaissez ?
  167. 9:04 Oui, vous connaissez cette association ?
  168. 9:06 – J'en ai entendu parler aussi.
  169. 9:07 – Eh bien justement, alors des jeunes demandeurs d'emploi de l'Île-de-France
  170. 9:09 sont invités à monter sur scène pour interpeller des élus de la République
  171. 9:13 sur des causes qui les concernent.
  172. 9:15 L'année dernière, la grande finale a eu lieu, quelques jours juste avant d'ailleurs,
  173. 9:19 le premier tour de l'élection présidentielle,
  174. 9:21 l'occasion aussi de s'adresser au candidat de la fameuse sacro-sainte élection,
  175. 9:24 Tania Ouattin et Morgane Prévost ont suivi deux finalistes.
  176. 9:29 Floriane, 27 ans, vient de Seine-Saint-Denis, Florian, 19 ans, du Val-d'Oise.
  177. 9:35 Leur point commun, être finaliste du concours d'éloquence,
  178. 9:38 les Arènes de la République.
  179. 9:41 – Top, tu rentres sur scène, tu viens sur la croix, dès que la musique elle se baisse.
  180. 9:46 – En formation pour être éducateur spécialisé,
  181. 9:48 le jeune homme a 3 minutes 30 pour délivrer son message.
  182. 9:53 – J'ai mal pour ces éducateurs mal payés, pour ce social affeuré.
  183. 9:58 – Sa demande, que l'État finance plus d'actions de solidarité.
  184. 10:02 – J'ai envie qu'on se dise, ah, il y a un jeune qui a dit ça,
  185. 10:05 peut-être qu'on va réfléchir sur ça et poser les bonnes questions.
  186. 10:09 – Floriane, graphiste, est au chômage depuis 9 mois, ce qui lui a valu une dépression.
  187. 10:15 – On pourrait offrir à ceux qui sont dans le besoin des aides psychologiques gratuites,
  188. 10:20 mais en plus, pourquoi pas créer des groupes de parole ?
  189. 10:23 – C'était plus sincère, tu vois, que de...
  190. 10:28 – Et c'est justement en cherchant un emploi
  191. 10:30 qu'elle a découvert ce concours d'éloquence, organisé dans toute l'île de France.
  192. 10:34 – Comme la Ligue des jeunes talents, c'est une association qui met en lumière les jeunes,
  193. 10:38 qui met en lumière surtout les demandeurs d'emploi ou les jeunes qui cherchent une alternance,
  194. 10:42 eh bien là, avec ce temps fort qu'est les élections présidentielles,
  195. 10:46 c'était de leur laisser la parole.
  196. 10:47 – Moi, je suis une petite fourmi, dans la grande fourmilière de la France.
  197. 10:51 C'est un peu un honneur pour moi, qui a grandi dans la banlieue,
  198. 10:55 de pouvoir parler directement à des élus sans filtre.
  199. 10:58 – C'est le quotidien du burn-out du chômeur.
  200. 11:01 – Une vingtaine d'élus de la République, maires, députés, sénateurs,
  201. 11:05 sont chargés d'évaluer la prestation des 12 jeunes finalistes,
  202. 11:09 sélectionnés parmi 500 candidats.
  203. 11:11 – La banlieue est riche, la banlieue est magnifique.
  204. 11:17 – Précarité, environnement, handicap, tous les thèmes sont abordés.
  205. 11:21 – Il faut qu'on apprenne à écouter et à se rapprocher d'eux
  206. 11:25 pour faire ensemble l'avenir.
  207. 11:27 C'est ça qu'ils nous ont appris, là, en si peu de temps.
  208. 11:30 – Simao !
  209. 11:31 – Le vainqueur, un lycéen de Creil,
  210. 11:34 tombe dans les bras d'une sénatrice du Val-d'Oise.
  211. 11:37 Ces jeunes ont tous appris à mieux parler en public
  212. 11:42 et iront sans aucun doute voter dimanche.
  213. 11:45 – Les candidats sont un élu !
  214. 11:48 – Donc dimanche, c'était pour l'élection présidentielle de 2022.
  215. 11:51 Attention, je tiens à préciser, en tout cas,
  216. 11:53 c'était formidable de voir, côté coulisses et aussi sur scène,
  217. 11:57 un type de concours d'éloquence,
  218. 11:58 comme il y a de nombreux concours à travers l'Île-de-France.
  219. 12:01 On continue dans les actions avec vous, Ilan Volson de Rabour.
  220. 12:06 L'art de l'éloquence en prison avec votre association à travers les murs.
  221. 12:10 Le leitmotiv, je rappelle, donner la parole, rendre la voix,
  222. 12:14 vous intervenez avec une dizaine d'étudiants
  223. 12:16 au centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine à Nanterre.
  224. 12:19 Comment se passent les ateliers
  225. 12:21 et combien sont-ils, ces détenus, à y participer ?
  226. 12:24 – Alors, on intervient toujours en binôme,
  227. 12:25 effectivement, pour l'instant, dans la maison d'arrêt des Hauts-de-Seine
  228. 12:28 et on essaye d'étendre nos actions.
  229. 12:31 On a globalement une dizaine de détenus,
  230. 12:32 on est contraint par les salles qui ne sont pas très grandes en prison,
  231. 12:35 comme vous pouvez l'imaginer.
  232. 12:37 Ça se passe très bien, on fait des modules de huit cours, huit séances,
  233. 12:40 donc pendant huit semaines, on vient chaque semaine le samedi matin
  234. 12:42 parce que nous, à côté, on est étudiants,
  235. 12:44 donc il faut pouvoir venir, pouvoir être là.
  236. 12:47 On intervient donc en binôme et effectivement,
  237. 12:49 on donne, au travers de ces huit séances, des clés, d'éloquence,
  238. 12:53 notamment axées sur la réinsertion, évidemment,
  239. 12:55 puisqu'on essaye de s'inscrire dans cette dynamique-là.
  240. 12:57 On sait que c'est le parent pauvre des politiques publiques
  241. 12:59 et que c'est quelque chose qui ne marche pas bien en France
  242. 13:02 avec globalement un taux de 60% de réitération d'infraction, de récidive
  243. 13:06 et donc on essaye de lutter contre ça à notre échelle et à notre manière.
  244. 13:11 – Ça peut les aider pour trouver un travail, effectivement,
  245. 13:13 ou encore, est-ce que ça peut les aider en vue de leur procès ?
  246. 13:16 – Notre but, c'est effectivement de les aider dans toutes les sphères,
  247. 13:18 dans toutes les étapes qu'ils vont avoir à vivre ou à subir.
  248. 13:23 Dans le cadre, évidemment, professionnel, pour trouver un travail,
  249. 13:26 nous, on essaye de les aider là-dessus,
  250. 13:28 on fait des entretiens simulés, des entretiens d'embauche simulés,
  251. 13:30 où on leur pose notamment la question de savoir
  252. 13:32 pourquoi il y a un trou dans leur CV.
  253. 13:33 On pose vraiment ces questions-là, on met les pieds dans le plat
  254. 13:35 et on essaye effectivement de travailler avec eux ces questions-là
  255. 13:37 qui sont des questions auxquelles ils seront confrontés
  256. 13:40 pour le procès, pour ce qui est de la phase judiciaire, effectivement.
  257. 13:42 C'est des questions qui nous sont posées, on travaille aussi là-dessus,
  258. 13:45 on essaye même plus de les mettre des fois dans la peau de juge,
  259. 13:48 on a un exercice où on les met dans la peau de juge, de juré d'assise,
  260. 13:53 et d'essayer de voir toutes ces facettes-là et de manière plus générale
  261. 13:56 de pouvoir dire ce qu'ils ont à dire dans un procès, c'est important.
  262. 13:58 Évidemment, on ne leur apprend pas à mentir ou ce genre de choses,
  263. 14:01 mais juste de pouvoir se poser, dire les choses,
  264. 14:03 et peut-être, je finirais sur le mot d'un détenu qui nous a dit,
  265. 14:07 là, il y a deux semaines, grâce à vous, j'ai pu me tenir debout à mon procès,
  266. 14:11 je n'ai pas forcément pu dire tout ce que j'avais à dire
  267. 14:13 parce que ça reste très compliqué, mais j'ai pu me tenir debout.
  268. 14:15 – Voilà, donc une belle conclusion de votre action.
  269. 14:17 Je rappelle l'association À travers les murs,
  270. 14:19 donc au centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine à Nanterre,
  271. 14:23 est-ce que vous vous êtes aidé, subventionné ?
  272. 14:26 – Non, on a décidé de ne pas dépendre de l'État,
  273. 14:28 on veut vraiment être un soutien aux politiques de réinsertion et pas un coût,
  274. 14:33 on sait qu'elles sont des coûts importants et des fois défavorisés
  275. 14:37 dans les choix politiques qui sont faits,
  276. 14:40 donc on ne veut pas être un coût à ce niveau-là, on veut vraiment aider,
  277. 14:43 donc on n'est pas subventionné par l'État,
  278. 14:45 par contre on peut avoir, pour l'instant on n'en a pas,
  279. 14:47 mais on peut avoir des partenariats privés, on les cherche.
  280. 14:50 – Donc un bel exemple concret d'action, association À travers les murs,
  281. 14:55 Hugo Roussel, président de la Fédération francophone de débat,
  282. 14:57 vous êtes passionné notamment pour les concours d'éloquence,
  283. 15:00 qu'est-ce qui vous plaît dans ces concours d'éloquence ?
  284. 15:03 – Alors moi ce qui me plaît dans les concours d'éloquence,
  285. 15:05 c'est plus le rendu final,
  286. 15:07 parce que le slogan de la Fédération francophone de débat,
  287. 15:10 que nous partageons d'ailleurs avec Graine d'orateur 93,
  288. 15:12 c'est on ne n'est pas orateur, on le devient.
  289. 15:15 Donc d'abord des formations et ensuite à la fin,
  290. 15:18 on peut se faire plaisir avec des concours d'éloquence.
  291. 15:20 Nous, la Fédération francophone de débat, comme le nom l'indique,
  292. 15:24 on fait des concours de débat aussi, en quatre contre quatre,
  293. 15:27 notre objectif c'est surtout l'émancipation citoyenne,
  294. 15:30 donc le débat citoyen est important pour nous, structuré, argumenté,
  295. 15:35 et c'est ça qui nous plaît aussi dans l'art oratoire,
  296. 15:38 ce n'est pas simplement les bons mots,
  297. 15:40 mais c'est au service de la vérité, comme je le disais tout à l'heure.
  298. 15:42 – Alors revivons la dernière finale de la Coupe de France de débat,
  299. 15:46 qui s'est tenue le 6 mai 2022 à l'Hôtel de Ville à Paris,
  300. 15:49 nous allons écouter l'orateur Daniel de Paula,
  301. 15:52 alors il était membre de l'équipe Le Bec et la Plume,
  302. 15:53 association de Sciences Po Lille,
  303. 15:55 cette équipe d'ailleurs a remporté cette dernière Coupe de France de débat.
  304. 15:59 Alors lors de son intervention, vous allez voir,
  305. 16:00 Daniel parle d'un certain Jupiter,
  306. 16:02 qui incarne le pouvoir centralisateur parisien,
  307. 16:05 et d'un prénommé André Gion, le petit jeu de mots,
  308. 16:07 Région, André Gion, pour parler justement des tensions
  309. 16:10 entre le pouvoir jacobin à Paris et les régions qui veulent plus de pouvoir.
  310. 16:14 Écoutez.
  311. 16:15 – Face à cette histoire fallacieuse qui a tenté de nous faire croire l'opposition,
  312. 16:19 permettez-moi de vous conter une autre histoire.
  313. 16:21 Cette histoire, mesdames et messieurs, c'est celle d'un certain Jupiter.
  314. 16:26 Jupiter, jeune adulte, déjà fort populaire,
  315. 16:28 qui a voulu faire de sa vie un système idéal,
  316. 16:31 alors il a décidé de tester l'amour à distance.
  317. 16:34 L'amour à distance, lui, à Paris, ville éliséenne,
  318. 16:37 et puis l'autre, l'autre, André, André Gion.
  319. 16:42 Parce que voilà, André Gion et Jupiter ont vécu une histoire d'amour incroyable,
  320. 16:46 seulement, les défauts commencent à apparaître,
  321. 16:49 et alors, ma fonction m'oblige à vous dire la vérité,
  322. 16:52 cela ne finit pas bien.
  323. 16:53 Car en effet, la rupture est consommée, André Gion rêve de liberté,
  324. 16:57 Jupiter refuse, alors André Gion s'offusque et demande la rupture.
  325. 17:02 – Daniel Paula, gagnant avec ses coéquipiers
  326. 17:04 du dernier grand rendez-vous de la Coupe de France de débat.
  327. 17:07 On voit bien l'art de la rhétorique, c'est essentiel,
  328. 17:09 c'est quoi, comment l'expliquer, quelles sont les bonnes ficelles ?
  329. 17:12 – C'est savoir déjà construire un discours, tout ça a été théorisé,
  330. 17:16 nous, nous ne sommes que des nains sur les épaules de géants,
  331. 17:19 Aristote, Cicéron ont bien compris qu'un discours était structuré,
  332. 17:23 qu'il fallait structurer sa pensée, c'est l'essentiel,
  333. 17:26 et ensuite savoir, évidemment, le dire avec éloquence,
  334. 17:29 ou du moins se faire comprendre.
  335. 17:31 – Et parfois, un petit peu de détente,
  336. 17:33 on va regarder la photographie d'un procès qui a marqué l'histoire,
  337. 17:36 enfin un procès fictif, qui a marqué l'histoire des concours d'éloquence,
  338. 17:40 ou je dirais des scénographies, regardez, c'est Dark Vador,
  339. 17:43 grande vedette de Star Wars, les Forces Obscures avec,
  340. 17:47 à l'époque, il était encore avocat, Éric Dupond-Moretti,
  341. 17:50 procès fictif au Grand Racle, c'était en 2015.
  342. 17:52 – Absolument.
  343. 17:53 – Vous avez co-organisé ce rendez-vous ?
  344. 17:55 – On l'a organisé, tout simplement, et c'était effectivement un rendez-vous.
  345. 17:58 – Et pourquoi ? Parce que c'est étonnant, quand même.
  346. 18:01 – En fait, on organise plusieurs choses,
  347. 18:03 on organise des concours de débat, des concours d'éloquence,
  348. 18:05 et aussi, effectivement, des grands procès fictifs,
  349. 18:08 qui peuvent être des personnages historiques ou des personnages de fiction,
  350. 18:11 même des personnages récents, on a fait aussi le procès de Robespierre,
  351. 18:15 ici, à l'écran, mais il y a eu aussi le procès de Booba, par exemple,
  352. 18:19 le procès des communards, le procès aussi de Dark Vador,
  353. 18:23 qui est un personnage de fiction intéressant aussi,
  354. 18:26 le bien contre le mal, la république contre l'empire, qui sait,
  355. 18:29 il y a beaucoup de choses aussi politiquement à dire.
  356. 18:31 – C'est absolument passionnant, et puis attention, l'éloquence est une arme,
  357. 18:33 vous avez des personnes qui ont des idées parfois funestes,
  358. 18:35 et qui étaient ces personnes particulièrement éloquentes,
  359. 18:38 l'histoire du XXème siècle nous la montrait,
  360. 18:40 pour conclure cette émission, vous qui êtes intervenu en prison,
  361. 18:43 et puis vous qui êtes donc avec certains quartiers prioritaires,
  362. 18:46 qu'est-ce que vous voyez dans les personnes qui ont appris à l'éloquence ?
  363. 18:48 Est-ce que vous voyez des yeux qui pétillent, et enfin, une aisance qui apparaît ?
  364. 18:52 – En prison, peut-être pas toujours une aisance qui apparaît,
  365. 18:54 ça arrive avec certains, pas avec tous,
  366. 18:56 mais en tout cas, on sent une progression,
  367. 18:59 et on sent quand même quelque chose qui nous tient à cœur,
  368. 19:01 c'est la confiance en eux, les personnes détenues,
  369. 19:04 c'est des gens qui sont brisés, peu importe ce qu'ils ont fait,
  370. 19:06 ils sont brisés, ils sont dans un système qui les brise,
  371. 19:09 peut-être parfois encore plus, et effectivement,
  372. 19:12 reprendre confiance en eux, c'est l'une de nos missions,
  373. 19:13 et on essaye de faire ça avec À travers les murs.
  374. 19:15 – Et pour vous, Charlène Ossombo, Graine d'oratoire 93,
  375. 19:17 qu'est-ce que vous avez pu constater chez les jeunes qui apprennent l'art oratoire ?
  376. 19:21 – Exactement, j'ai un peu rejoint de ce qui a été dit,
  377. 19:23 on voit que ces jeunes deviennent passionnés,
  378. 19:24 que ces jeunes sont intéressés pour cette discipline-là,
  379. 19:27 et il y en a même certains qui vont jusqu'à vouloir intégrer des associations
  380. 19:30 ou à faire davantage de débats.
  381. 19:33 – Et bien, bravo à tous les trois, peut-être, je rappelle,
  382. 19:34 encore étudiants, n'est-ce pas ?
  383. 19:36 Bravo pour votre engagement, je rappelle, Charlène Ossombo,
  384. 19:40 secrétaire générale de l'association Graine d'orateur 93,
  385. 19:42 soutenue par la Fondation de France Télévisions depuis trois ans,
  386. 19:45 Hélène Wolson de Rabour,
  387. 19:47 association À travers les murs qui intervient en centre pénitentiaire,
  388. 19:50 et la Fédération francophone de débat qui a été représentée par Hugo Roussel.
  389. 19:53 Merci à tous les trois pour cette très belle émission,
  390. 19:55 tout de suite votre journal régional sur France 3.