Les photons existent-ils ? 🟡
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Ce vidéo explore la question de l'existence des photons, examinant leur concept historique et leur définition en électrodynamique quantique, tout en démystifiant l'image populaire de la lumière comme un flux de petites particules.
- 0:00 Les photons existent-ils vraiment ? Faudrait-il carrément interdire l'usage du mot photon ?
- 0:06 C'est en tout cas ce que pense le très respectable physicien Willis Lamb,
- 0:11 qui dans un article violemment intitulé Antiphoton, affirme carrément les photons ça n'existe pas.
- 0:18 Le concept de photon n'a pas de justification scientifique.
- 0:22 Et Willis Lamb c'est quand même pas n'importe qui, il a eu le prix Nobel en 1955
- 0:26 précisément pour des travaux fondateurs sur le comportement quantique du rayonnement électromagnétique.
- 0:32 Donc il sait un peu de quoi il parle.
- 0:34 Pourquoi tant de haine envers le photon ?
- 0:37 Pourtant on a tous appris que le photon c'est une particule élémentaire au même titre que l'électron
- 0:42 et que la lumière est composée de photons.
- 0:45 Donc ça doit bien exister, non ?
- 0:47 Eh bien oui, mais vous allez voir que ça ne ressemble pas franchement
- 0:51 à une petite boule d'énergie qui se déplace.
- 0:57 Pour comprendre comment on en est arrivé à parler de photons, un peu d'histoire.
- 1:02 Dans l'antiquité, des savants comme Euclide ou Ptolémée avaient déjà modélisé la lumière
- 1:07 comme étant formée de rayons.
- 1:09 Et autour de l'an 1000, ce furent les savants arabes qui poursuivirent les efforts de compréhension
- 1:15 et notamment Al Hazen qui formalisa la première théorie moderne de l'optique.
- 1:21 Plus tard, au XVIIe siècle, en Europe, Snell et Descartes publièrent les lois de la réflexion et de la réfraction,
- 1:27 celles que l'on apprend au lycée et qui fondent toute l'optique géométrique,
- 1:31 toujours autour du concept de rayons lumineux.
- 1:34 Mais vers la fin du XVIIe, certains ont voulu pousser plus loin
- 1:38 et essayer de comprendre de quoi pouvaient bien être composés ces rayons lumineux.
- 1:43 Et deux théories se sont affrontées.
- 1:46 D'un côté, celle d'Isaac Newton, qui imaginait les rayons lumineux comme faits de petits corpuscules,
- 1:52 des petites particules de lumière qui se déplaceraient à une certaine vitesse.
- 1:56 Et de l'autre côté, celle de Christian Huygens,
- 2:00 oui alors je sais, on prononce...
- 2:04 Huygens donc, qui pensait que la lumière était en fait une onde qui se propage,
- 2:08 comme des vagues à la surface de l'eau.
- 2:10 Et précisons qu'à cette époque, on avait déjà une estimation assez bonne de la vitesse de la lumière,
- 2:15 grâce à Olé Romer qui, en observant les lunes de Jupiter,
- 2:19 l'avait estimée à 220 000 km par seconde.
- 2:22 Alors la lumière onde ou particule ?
- 2:25 Eh bien le débat a fait rage pendant presque un siècle
- 2:28 entre les partisans de Newton-particule et ceux de Huygens-onde,
- 2:33 avant qu'en 1802 Thomas Young ne vienne siffler la fin de la récréation
- 2:37 et mette tout le monde d'accord avec ses expériences de diffraction et d'interférence.
- 2:42 Alors généralement on parle de l'expérience de la double fente de Young,
- 2:45 même s'il est vraisemblable qu'il ait fait quelque chose d'un peu différent.
- 2:48 Mais le résultat est le même, il a démontré que la lumière pouvait donner lieu à des interférences,
- 2:53 comme des ondes à la surface de l'eau.
- 2:55 Ce qui a donné, a posteriori, raison à Huygens et tort à Newton.
- 3:00 60 ans plus tard, en 1864, Maxwell en rajoute une couche
- 3:04 en publiant ses fameuses équations sur la théorie électromagnétique.
- 3:08 Or ces équations impliquent l'existence d'ondes électromagnétiques
- 3:12 dont Maxwell soupçonne qu'elles sont de même nature que les ondes lumineuses.
- 3:16 Et il avait raison, en 1887 Heinrich Hertz prouve expérimentalement
- 3:22 que ces ondes électromagnétiques existent bel et bien.
- 3:25 Et à ce stade l'idée de particules de lumière est vraiment morte et enterrée,
- 3:29 absolument tout montre que la lumière est véritablement une onde.
- 3:35 Jusqu'en 1905 et un certain Albert Einstein.
- 3:39 A cette époque Einstein s'intéresse entre autres à l'effet photoélectrique
- 3:44 et en propose une interprétation audacieuse qui semble ressusciter la théorie corpusculaire de Newton.
- 3:50 Voyons d'abord ce qu'est cet effet photoélectrique.
- 3:53 Imaginez que vous ayez un morceau de métal que vous illuminez avec une lampe.
- 3:59 Et supposons que cette lampe ait deux réglages,
- 4:02 un pour la puissance et un pour la fréquence de la lumière, sa couleur si vous voulez.
- 4:07 Et le but de l'expérience c'est de balancer de la lumière sur le métal
- 4:11 dans le but de lui arracher des électrons.
- 4:14 On imagine qu'on a un détecteur à électrons au-dessus
- 4:17 qui nous dit s'il y en a qui ont effectivement été expulsés du métal.
- 4:21 Instructivement on se dit que pour arracher des électrons il suffit de taper suffisamment fort.
- 4:27 Donc on monte la puissance de la lampe.
- 4:30 Mais là, rien ne se passe.
- 4:32 Aussi puissante que soit la lampe, aucun électron n'est arraché au métal.
- 4:36 Par contre, de façon étonnante, en jouant sur la fréquence en l'augmentant,
- 4:41 on se rend compte qu'au-delà d'un certain seuil, on arrive à arracher des électrons.
- 4:46 Et si on admet que la lumière est juste une onde, c'est assez contre-intuitif.
- 4:51 Je veux dire, si je veux vous éclater les tympans avec du son
- 4:54 et que j'ai le choix de jouer sur la fréquence et sur la puissance,
- 4:56 je vais clairement mettre le son à fond, peu importe la fréquence finalement.
- 5:00 Alors pourquoi pour arracher des électrons, monter la puissance de la lampe ne marche pas ?
- 5:05 Pourquoi est-ce qu'il faut d'abord franchir un seuil minimum de fréquence ?
- 5:10 Eh bien Einstein a son idée sur la question.
- 5:12 Il propose que la lumière se comporte comme si elle était faite de particules, les photons,
- 5:17 et que l'énergie E de chaque photon soit proportionnelle à sa fréquence, f.
- 5:23 Et la constante de proportionnalité étant H, la fameuse constante de Planck
- 5:27 que ce dernier avait introduit quelques années plus tôt.
- 5:30 Avec cette interprétation, pour éjecter un électron du métal,
- 5:34 il faut qu'il se fasse taper dedans par un photon suffisamment énergétique,
- 5:38 donc de fréquence suffisamment élevée.
- 5:41 Et si ce n'est pas le cas, peu importe la quantité de photons qu'on balance,
- 5:44 ça ne fera pas bouger les électrons.
- 5:46 Alors vous le savez, peut-être cette idée d'Einstein a été un des concepts clés
- 5:50 dans la construction de la mécanique quantique.
- 5:52 Et son interprétation prouve manifestement que Newton avait finalement un peu raison.
- 5:58 La lumière serait d'une façon ou d'une autre quand même faite de particules.
- 6:02 Mais est-ce que c'est vraiment le cas ?
- 6:05 Si j'ai une source de lumière et que je la fiche dans le temps,
- 6:08 est-ce que ces rayons lumineux, je peux véritablement dire qu'ils sont constitués d'un flux de photons,
- 6:14 tout comme on dit que la matière est constituée d'atomes, d'électrons, de protons ?
- 6:18 Est-ce que le rayon est vraiment composé de petits machins bien localisés
- 6:23 qui sont en nombre déterminé et qui se déplacent à la vitesse de la lumière quand le temps s'écoule ?
- 6:28 C'est important comme question, parce que c'est quand même une représentation qu'on voit partout
- 6:32 et que j'ai probablement déjà utilisée plein de fois,
- 6:35 et qui peut amener des questions légitimes du genre
- 6:38 où sont les photons ? Quelle taille font-ils ? Est-ce qu'ils ralentissent dans du vert ?
- 6:43 Pour savoir si ces questions ont un sens,
- 6:45 il faut d'abord savoir si on peut vraiment dire que la lumière est d'une façon ou d'une autre
- 6:49 constituée de petites boules qui avancent, comme l'imaginait Newton.
- 6:53 Eh ben, pas vraiment.
- 6:55 On va voir que dans les théories modernes du rayonnement électromagnétique,
- 6:58 on est assez loin de cette vision newtonienne de la lumière.
- 7:02 D'ailleurs, contrairement à ce qu'on pense souvent, Einstein, dans ce fameux article sur l'effet photoélectrique,
- 7:08 ne parle pas vraiment de particules et encore moins de photons.
- 7:12 Il parle de paquets d'énergie, de quanta,
- 7:15 et il insiste surtout sur le fait que c'est l'opération d'échange de transferts d'énergie
- 7:20 entre la lumière et les électrons du métal qui est quantifiée.
- 7:24 Les quantités d'énergie qui passent de l'un à l'autre
- 7:27 ne peuvent prendre que certaines valeurs qui sont liées à la fréquence de la lumière.
- 7:32 Alors, on pourrait dire que ça suggère quand même fortement qu'il existe dans la lumière
- 7:36 un machin quantifié, un discret, qui interagit avec la matière.
- 7:40 En fait, même pas.
- 7:42 C'est un résultat trop peu connu, mais il a été découvert plus tard qu'il est parfaitement possible
- 7:47 d'expliquer l'effet photoélectrique avec une simple onde électromagnétique, complètement classique.
- 7:53 Il suffit que les niveaux d'énergie des électrons, eux, soient quantifiés.
- 7:57 Et ça suffit à expliquer le phénomène sans qu'il y ait besoin de changer la nature de la lumière.
- 8:02 Pour bien saisir la différence, voici une analogie que j'ai trouvée dans un article.
- 8:06 Quand on achète du beurre au supermarché, on ne peut le faire que par plaquette de, mettons, 250 grammes.
- 8:12 La transaction se fait par paquet quantifié, mais c'est juste le transfert, l'échange.
- 8:17 Ça n'empêche pas le beurre d'exister en n'importe quelle quantité.
- 8:21 Et on ne dit pas que le beurre est constitué de plaquettes de 250 grammes.
- 8:25 Donc finalement, l'effet photoélectrique ne prouve pas du tout que les photons existent.
- 8:30 Et d'ailleurs, l'origine de ce mot est vraiment étrange.
- 8:32 Ça n'est pas Einstein qui a proposé le terme de photon, mais c'est Lewis, le chimiste, 21 ans plus tard, en 1926.
- 8:40 Et il l'a proposé pour désigner un nouveau type d'atome qu'il avait imaginé.
- 8:44 Et il insistait justement pour dire que ça n'était pas des quantas de lumière.
- 8:48 Comment à partir de là, on en est venu à utiliser le mot photon pour désigner justement une particule de lumière ?
- 8:54 Bah, aucune idée.
- 8:56 Alors là, vous dites peut-être que je sonne un peu comme un conspirationniste.
- 8:59 On vous ment, le photon n'a jamais existé, c'est le gouvernement Illuminati qui vous cache que la lumière, c'est en fait juste des ondes électromagnétiques.
- 9:07 Alors non, en fait, je ne dis pas ça.
- 9:09 Il existe bien quelques phénomènes dont on sait qu'ils ne sont pas explicables avec une simple théorie ondulatoire.
- 9:17 Mais je vous l'ai dit, l'effet photoélectrique n'en fait pas partie.
- 9:20 Parmi ces phénomènes inexplicables avec juste par exemple la théorie de Maxwell, il y a l'émission spontanée de la lumière par les atomes.
- 9:28 Et on va en reparler.
- 9:30 Et il y a aussi ce qu'on appelle le décalage de Lamb.
- 9:34 C'est un décalage qu'on observe entre certains niveaux d'énergie atomique qui ne peut s'expliquer qu'en invoquant la théorie quantique du vide électromagnétique.
- 9:42 Et d'ailleurs, ce décalage porte le nom de Lamb, qui l'a découvert, et qui est bien le chercheur dont je parlais au début de la vidéo.
- 9:49 Celui qui pense qu'on devrait arrêter de parler de photons.
- 9:52 Ce que je suis en train de vous dire, c'est que Lamb a contribué à démontrer que la théorie purement ondulatoire ne suffit pas,
- 9:58 et en même temps, il refuse l'idée de photons comme une particule de lumière.
- 10:03 Est-ce qu'on peut essayer de comprendre pourquoi ?
- 10:06 Eh bien oui, mais pour ça, il va falloir plonger dans ce que dit vraiment la théorie quantique de la lumière et de l'électromagnétisme,
- 10:13 ce qu'on appelle l'électrodynamique quantique.
- 10:16 On va voir que le concept de photons, il existe bel et bien, mais qu'il ne désigne pas forcément ce que notre intuition voudrait y voir.
- 10:24 Et donc, dans la suite, on va se demander de quoi le photon est-il le nom.
- 10:35 Pour comprendre la théorie quantique de l'électromagnétisme, il va falloir parler de théorie quantique des champs.
- 10:42 C'est un terme un peu effrayant, mais qui désigne en gros la mécanique quantique 2.0,
- 10:47 telle qu'elle est utilisée aujourd'hui pour fonder toute la physique des particules.
- 10:52 Et avant de plonger dans le vif du sujet, je voudrais rappeler quelques principes de la mécanique quantique
- 10:57 qui vont nous être utiles pour comprendre cette théorie quantique des champs.
- 11:01 Prenons une simple particule, disons un électron.
- 11:05 Pour complètement caractériser l'état de cet électron à un instant T,
- 11:09 j'ai besoin de deux informations, sa position, on va la noter x, et son vecteur vitesse, v.
- 11:15 Pour nous faciliter la tâche, on va imaginer que notre électron ne se déplace qu'en une dimension,
- 11:20 comme ça on oublie les vecteurs.
- 11:22 Si je connais ces deux quantités, position et vitesse, je sais tout ce qu'il y a à savoir sur l'état de cet électron à l'instant T.
- 11:30 Et si je connais les forces qui agissent sur lui, avec ça je peux calculer sa trajectoire.
- 11:35 Puisque l'état de l'électron est représenté par deux nombres, je peux les placer dans un diagramme.
- 11:40 En abscisse la position, en ordonnée la vitesse, et donc à un instant donné, l'état de l'électron s'est un point dans ce diagramme.
- 11:48 Et un peu plus tard, quand le temps se sera écoulé, il sera peut-être dans une autre position, possédera une autre vitesse, et ainsi de suite.
- 11:55 La position et la vitesse, c'est ce qu'on appelle l'état classique de l'électron.
- 12:00 Et puisque cet état est un point dans ce diagramme, vous voyez qu'il y a une infinité d'états classiques possibles,
- 12:06 autant que deux points dans le plan.
- 12:08 Maintenant quand on passe en mécanique quantique, les choses changent.
- 12:11 Vous connaissez peut-être le principe de superposition quantique,
- 12:15 qui nous dit que si un électron peut être dans un état A et dans un état B,
- 12:19 alors il peut aussi être dans une superposition de ces deux possibilités.
- 12:24 Et on peut superposer comme ça autant d'états qu'on veut, même une infinité.
- 12:30 Graphiquement, si on peut mélanger plein de possibilités d'états, et à différents degrés,
- 12:36 ça veut dire qu'au lieu de représenter un état par simplement un point dans mon diagramme position-vitesse,
- 12:41 je vais devoir considérer des situations de ce genre.
- 12:45 Une sorte de mélange flou de plein de possibilités avec des proportions plus ou moins importantes en chaque point.
- 12:51 Ça, c'est un état quantique possible.
- 12:54 Ça aussi, ça aussi, etc.
- 12:57 Et vous comprenez probablement qu'il y a infiniment plus d'états quantiques que d'états classiques.
- 13:02 Là où avant on donnait juste deux quantités, position et vitesse,
- 13:06 là il semble qu'on puisse avoir toutes les nuances et toutes les superpositions possibles.
- 13:10 Il y avait déjà une infinité d'états classiques, mais là on a une infinité d'infinités d'états quantiques.
- 13:15 En regardant tous ces états quantiques possibles, on peut se demander
- 13:19 est-ce que les états classiques font partie des états quantiques ?
- 13:23 Est-ce que je peux avoir un état quantique qui soit juste un point,
- 13:26 avec une vitesse et une position parfaitement bien déterminées ?
- 13:30 Eh bien non. Vous connaissez sans doute le principe de Heisenberg.
- 13:34 Il nous dit qu'on ne peut pas avoir un état quantique qui soit parfaitement défini
- 13:38 à la fois pour la position et pour la vitesse.
- 13:41 Il y a donc une sorte de taille minimale que doit avoir la tâche floue dans le diagramme.
- 13:47 Les valeurs de position et de vitesse ne peuvent jamais être parfaitement bien définies en même temps.
- 13:52 Et plus l'une est définie, moins l'autre l'est.
- 13:56 Si je veux faire une tâche très fine en position, je me retrouve avec une tâche très étalée en vitesse.
- 14:01 Et réciproquement.
- 14:03 Voilà pour les éléments essentiels de mécanique quantique dont on va avoir besoin ensuite.
- 14:07 Mais je vous l'ai dit, pour comprendre la lumière et les ondes électromagnétiques,
- 14:11 ça ne va pas être suffisant.
- 14:13 Il va falloir passer au niveau supérieur avec la mécanique quantique 2.0
- 14:17 qu'on appelle la théorie quantique des champs.
- 14:20 La théorie quantique des champs, c'est le formalisme
- 14:23 qui est derrière toute la physique des particules modernes,
- 14:26 depuis les électrons jusqu'au boson de Higgs.
- 14:29 Ce qu'on appelle le modèle standard de la physique des particules
- 14:32 est une combinaison de théorie quantique des champs.
- 14:36 Dans notre compréhension actuelle du monde au niveau fondamental,
- 14:40 tout n'est que champ quantique.
- 14:43 Mais qu'est-ce que c'est un champ quantique ?
- 14:45 C'est ce qu'on obtient quand on applique les principes de la mécanique quantique
- 14:49 non pas à une simple particule comme on l'a fait avec l'électron,
- 14:53 mais à un champ classique.
- 14:55 Le champ électromagnétique, celui que nous décrivent les équations de Maxwell,
- 14:59 est un champ classique.
- 15:01 En fait, ce sont même deux champs, électrique et magnétique.
- 15:04 Mais comme ils sont très liés, on va se simplifier la vie
- 15:07 en ne considérant par exemple que le champ électrique.
- 15:09 Si vous prenez un champ électrique qui remplit potentiellement tout l'espace,
- 15:13 pour le décrire complètement, il faut donner sa valeur partout.
- 15:17 Donc une infinité de flèches de ce genre.
- 15:20 Vous voyez que c'est beaucoup plus compliqué que de décrire une particule
- 15:23 pour laquelle il fallait simplement donner deux valeurs, position et vitesse.
- 15:27 Et vous vous souvenez qu'avec l'électron,
- 15:29 quand on voulait passer aux états quantiques,
- 15:31 on se retrouvait avec infiniment plus de possibilités.
- 15:35 Eh bien avec le champ électrique, c'est pareil, mais encore pire.
- 15:38 Pour décrire complètement un état quantique du champ,
- 15:41 il faut faire une superposition de tout un tas de possibilités classiques.
- 15:46 C'est un espace des états monstrueusement grand,
- 15:49 et c'est très difficile à se représenter.
- 15:51 Je ne vais même pas tenter d'en faire un dessin, c'est vraiment un truc énorme.
- 15:54 La théorie qu'on obtient en faisant ça pour le champ électromagnétique
- 15:57 s'appelle l'électrodynamique quantique.
- 16:00 Et à cause de cet espace des états monstrueux,
- 16:02 elle semble bien difficile à appréhender.
- 16:05 Heureusement, en 1932, un physicien russe, Vladimir Fok,
- 16:09 a trouvé un moyen de décrire cet espace monstrueux
- 16:12 d'une façon un peu plus intelligible.
- 16:14 Il s'est rendu compte qu'on pouvait le découper en sous-espaces plus petits
- 16:18 qui seraient classés par nombre d'excitation.
- 16:22 Et plus un état possède de niveau d'excitation, plus il a d'énergie.
- 16:26 Si le champ est dans un certain état quantique,
- 16:28 il peut posséder par exemple 1 excitation,
- 16:31 2 excitations, 3 excitations, 47 excitations, etc.
- 16:35 Et ces fameuses excitations du champ électromagnétique quantique,
- 16:39 c'est ça qu'on appelle officiellement des photons.
- 16:42 Un champ qui est dans un état quantique à 47 excitations,
- 16:46 on dit qu'il contient 47 photons.
- 16:48 Avec quand même une nuance très importante qui est,
- 16:51 comme toujours en mécanique quantique,
- 16:53 ce nombre d'excitations, tout comme l'énergie,
- 16:56 n'est pas forcément toujours bien défini.
- 16:59 Un champ quantique peut parfois être dans un état
- 17:02 qui soit une superposition de plein de possibilités d'excitation différentes.
- 17:07 Mais malgré tout, en théorie quantique des champs,
- 17:10 on a vraiment une définition claire de ce que c'est un photon.
- 17:13 C'est un niveau d'excitation de l'état quantique du champ électromagnétique.
- 17:18 Mais est-ce que c'est la même chose que des particules de lumière
- 17:22 telles que se les imaginait Newton ?
- 17:24 Est-ce qu'une excitation du champ quantique,
- 17:26 c'est un petit paquet d'énergie qui se déplace ?
- 17:28 Ce qui nous permettrait de dire que la lumière est effectivement composée de ces photons,
- 17:33 comme la matière est composée d'atomes.
- 17:35 Eh bien, pour répondre à cette question,
- 17:38 on va essayer d'examiner en détail l'état du champ quantique
- 17:42 qui décrit la lumière pour des situations de la vie de tous les jours.
- 17:46 Enfin, presque tous les jours.
- 17:54 Commençons avec le laser.
- 17:56 Une des spécificités d'un laser, c'est de produire de la lumière,
- 18:00 une onde électromagnétique,
- 18:02 qui soit en quelque sorte très stable, très régulière,
- 18:05 à la fois dans l'espace et dans le temps.
- 18:08 À notre échelle, on pourrait penser qu'un laser émet de la lumière
- 18:12 de façon totalement continue, ininterrompue.
- 18:15 Mais il faut s'imaginer qu'elle est plutôt faite de ce qu'on appelle des trains d'ondes,
- 18:20 qui sont des sortes de longues vagues de champs électriques.
- 18:23 Chacune de ces vagues n'a qu'une longueur donnée,
- 18:26 mais c'est comme si elles se relayaient les unes les autres,
- 18:29 donnant l'impression de continuité.
- 18:31 Un train d'onde de laser, ça peut faire de quelques centimètres à quelques mètres,
- 18:37 voire plusieurs kilomètres pour certains lasers ultra-stables,
- 18:40 comme ceux qu'on utilise pour détecter les ondes gravitationnelles.
- 18:44 Une autre caractéristique importante des lasers,
- 18:47 c'est leur pureté du point de vue de la fréquence,
- 18:50 et donc de la longueur d'onde du champ électromagnétique.
- 18:52 Et c'est d'ailleurs relié à la longueur du train d'onde.
- 18:55 Plus celui-ci est long, plus la fréquence sera pure.
- 18:59 Ce que je viens de vous décrire comme étant ce que nous fournit un laser,
- 19:03 c'est un état classique du champ électromagnétique.
- 19:06 Mais on peut se demander quel est l'état quantique qui lui correspond le mieux.
- 19:11 Et est-ce qu'on peut le comprendre comme étant composé
- 19:14 d'un certain nombre d'excitations de photons ?
- 19:17 Eh bien oui, on peut le faire.
- 19:18 Si je prends un train d'onde de mon laser,
- 19:20 il existe un état quantique qui le décrit assez bien.
- 19:24 On appelle ça un état cohérent.
- 19:26 Et alors à quoi il ressemble cet état ?
- 19:29 Combien d'excitation, combien de photons il contient ?
- 19:32 Eh bien la réponse n'est pas précisément définie.
- 19:36 Un état cohérent n'a jamais un nombre fixe d'excitation.
- 19:40 Il est toujours dans une superposition d'une infinité de possibilités différentes.
- 19:45 Et même si on peut donner une valeur moyenne à un ordre de grandeur,
- 19:49 la lumière d'un laser, si on la fiche dans le temps,
- 19:52 on ne peut pas dire qu'elle soit composée d'un nombre fixe
- 19:55 et bien défini d'excitation de photons.
- 19:58 L'autre problème, c'est que même si on oublie cette difficulté,
- 20:01 ces excitations superposées qui composent l'état quantique,
- 20:05 elles ne sont pas du tout réparties dans le faisceau comme on pourrait se l'imaginer.
- 20:09 Ce n'est pas une excitation ici, l'autre ici, l'autre là, etc.
- 20:12 Non, elles sont toutes en quelque sorte délocalisées sur l'ensemble du train d'onde.
- 20:18 Elles sont partout à la fois.
- 20:20 Et comme le train d'onde peut faire plusieurs mètres de long,
- 20:22 ça veut dire que les photons ne sont nulle part en particulier sur une telle distance.
- 20:27 Ce qu'on voit en regardant ces états quantiques de la lumière laser,
- 20:31 c'est qu'on est assez conforme à la première intuition qu'a Weinstein.
- 20:35 Il y a bien une quantification dans l'énergie qu'on échange, en nombre d'excitation.
- 20:41 Mais on est très loin de l'image du petit grain de lumière qui se déplace à la newton.
- 20:46 Si on veut vraiment trouver une image moins mauvaise,
- 20:49 on peut faire comme si le nombre d'excitation reflétait l'intensité du champ électromagnétique.
- 20:55 Comme si ça, c'était le champ pour une excitation, puis deux excitations, trois excitations, etc.
- 21:01 Alors attention, c'est une image. En vrai, ce que je dis est faux.
- 21:04 Ce n'est pas comme ça.
- 21:05 Mais c'est une image probablement beaucoup moins mauvaise
- 21:08 que des petites boules qui se déplacent dans le faisceau.
- 21:11 Une conséquence de cette structure de l'état quantique de la lumière laser,
- 21:15 c'est que si vous prenez un laser et que vous en atténuez le faisceau,
- 21:18 par exemple avec des filtres,
- 21:20 vous n'obtiendrez jamais vraiment des photons uniques.
- 21:24 Si le laser était un flux de photons,
- 21:26 on pourrait s'imaginer que si on en arrête la majorité,
- 21:29 il ne restera qu'un photon unique de temps en temps.
- 21:32 Mais ce qu'il se passe plutôt si on met plein de filtres,
- 21:34 c'est qu'on réduit énormément l'intensité du champ,
- 21:37 et donc le nombre moyen d'excitations qui sont en superposition dans le faisceau.
- 21:42 Mais elles seront toujours délocalisées.
- 21:44 Un laser, ce n'est vraiment pas comme une mitraillette à photons.
- 21:48 Pourtant, vous savez peut-être qu'aujourd'hui,
- 21:51 on sait faire des sources de photons uniques, des vrais.
- 21:54 Et c'est même très important pour certaines expériences.
- 21:57 Alors, à quoi ressemblent ces photons uniques ?
- 22:00 Est-ce que cette fois, on a un truc qui s'apparente
- 22:02 à des petits grains de lumière qui se déplacent ?
- 22:05 Eh bien, voyons ça.
- 22:12 Pour faire des sources de photons uniques,
- 22:14 on va utiliser les transitions d'énergie des atomes.
- 22:17 Alors, il existe plein de méthodes,
- 22:19 mais sur le principe, l'idée est toujours la même.
- 22:22 Imaginez qu'on prenne un atome unique,
- 22:24 qu'il soit dans le vide électromagnétique total,
- 22:27 et qu'on le mette dans un état excité,
- 22:29 par exemple parce qu'un de ses électrons passe dans un niveau d'énergie supérieur.
- 22:33 Et puis, on attend qu'il se désexcite spontanément.
- 22:37 Et en faisant ça, il va émettre un photon.
- 22:40 C'est ce qu'on appelle le phénomène de l'émission spontanée.
- 22:43 Bon, ben voilà, on l'a, notre photon unique, là.
- 22:46 Vous n'allez pas me dire que là,
- 22:47 ce n'est pas un petit grain de lumière qui se déplace.
- 22:50 Exactement ce qu'imaginait Newton.
- 22:53 Eh ben, non, pas vraiment.
- 22:55 Avec le formalisme de l'électrodynamique quantique,
- 22:57 on peut calculer exactement ce qu'il se passe dans cette situation
- 23:01 et donc estimer à quoi ressemble l'état quantique du champ
- 23:05 qui correspond à ce photon unique.
- 23:07 Et surtout, où est-ce qu'il se localise ?
- 23:10 La façon la plus simple, c'est d'imaginer que notre atome est dans une cavité,
- 23:14 une boîte, qui est isolée du reste du monde,
- 23:17 surtout du point de vue des rayonnements électromagnétiques extérieurs.
- 23:20 On met l'atome au centre, on l'excite et on attend.
- 23:24 Il existe un modèle qui permet de calculer ce qui va se passer.
- 23:28 Ça s'appelle le modèle de James Cummings.
- 23:30 Et il nous dit que quand l'atome se désexcite,
- 23:33 il va effectivement mettre le champ électromagnétique
- 23:36 dans un état quantique à une seule excitation, un seul photon.
- 23:40 Sauf que si on calcule où se trouve ce photon,
- 23:43 eh bien, il est partout à la fois dans la cavité.
- 23:46 Il est complètement délocalisé.
- 23:48 Et comme l'atome désexcité baigne complètement là-dedans,
- 23:51 on peut montrer qu'au bout d'un certain temps,
- 23:53 il va pouvoir réabsorber le photon et revenir dans un état excité,
- 23:56 et même osciller entre les deux.
- 23:58 Et tout ça, ce n'est pas juste une expérience de pensée.
- 24:01 Le physicien français Serge Haroche a eu le prix Nobel de physique en 2012
- 24:05 pour des expériences magnifiques de ce genre qu'il a fait avec son équipe
- 24:09 et qui ont permis d'apprendre plein de choses,
- 24:11 notamment sur les phénomènes de décohérence quantique.
- 24:14 Vous allez me dire, OK, le photon n'est nulle part en particulier,
- 24:17 mais c'est à cause de cette histoire de cavité.
- 24:20 Si on refait la même expérience à l'air libre, si j'ose dire,
- 24:23 l'atome va se désexciter, le photon va se barrer,
- 24:26 et là on aura vraiment une petite boule de lumière qui avance en ligne droite.
- 24:30 Eh bien, là aussi, il existe un modèle pour calculer ça,
- 24:33 le modèle de Wigner-Weisskopf.
- 24:35 Et ce qu'il nous montre ne correspond pas tout à fait à cette intuition.
- 24:40 Ce qu'il faut voir, c'est que la désexcitation d'un atome
- 24:43 n'est pas un phénomène qui se produit à un instant précis de façon prédictible.
- 24:48 À partir du moment où on excite l'atome,
- 24:50 il a une certaine probabilité de se désexciter à chaque instant qui passe.
- 24:54 Et il existe un temps typique moyen de désexcitation.
- 24:57 Par exemple, pour un atome de néon,
- 25:00 ce temps typique de désexcitation est de quelques dizaines de nanosecondes.
- 25:04 Ça veut dire que si vous excitez votre atome à l'instant t égale zéro,
- 25:08 la désexcitation va se produire peut-être au tout début,
- 25:11 peut-être au bout de quelques nanosecondes,
- 25:13 peut-être plus tard, au bout d'une dizaine, d'une centaine de nanosecondes.
- 25:17 On ne sait pas.
- 25:18 Mais plus on avance dans le temps,
- 25:20 plus il est probable que la désexcitation ait déjà eu lieu.
- 25:23 La courbe de probabilité a une tête de ce genre.
- 25:26 Mais attention, on parle d'un phénomène quantique.
- 25:29 Donc ce qu'on obtient en fait dans cette situation,
- 25:32 ça n'est pas l'une de ses possibilités et on ne sait pas laquelle.
- 25:35 On obtient une superposition de toutes ces possibilités.
- 25:39 Notre photon émis est dans un état superposé
- 25:42 qui mélange tous les cas qui vont d'une désexcitation immédiate
- 25:46 à une désexcitation au bout d'une centaine de nanosecondes.
- 25:49 Et si on essaye de se demander où se trouve le photon,
- 25:52 disons 100 nanosecondes après le début de l'expérience,
- 25:55 eh bien il se trouve délocalisé sur l'ensemble de ses possibilités.
- 25:58 Assez concentré ici, qui correspondrait à une émission rapide,
- 26:02 un peu ici pour une émission un peu plus tard,
- 26:05 et un tout petit peu là si l'émission a pris beaucoup de temps.
- 26:08 On a dit que typiquement la désexcitation prenait quelques dizaines de nanosecondes.
- 26:13 Or, quelques dizaines de nanosecondes à la vitesse de la lumière,
- 26:16 c'est le temps qu'il faut pour parcourir une dizaine de mètres.
- 26:19 Donc notre photon unique émis par désexcitation
- 26:22 est dans un état qui est superposé, délocalisé sur 10 mètres de longueur.
- 26:27 À nouveau, on est assez loin de la petite boule de lumière qui se déplace.
- 26:32 Pour essayer de faire des photons plus localisés,
- 26:34 on pourrait chercher des transitions atomiques
- 26:36 qui se désexcitent beaucoup plus rapidement,
- 26:38 ou même d'autres phénomènes d'émission.
- 26:40 Mais on sera difficilement au niveau d'une localisation
- 26:43 de l'ordre de la longueur d'onde de la lumière,
- 26:45 donc d'un truc qui ressemblerait à ça.
- 26:47 Et même si c'était le cas,
- 26:49 prenez la transition hyper fine de l'atome d'hydrogène.
- 26:52 C'est une transition entre deux niveaux très proches,
- 26:54 qui impliquent très peu d'énergie,
- 26:56 et dont la longueur d'onde associée est 21 cm.
- 27:00 Donc même si le photon était confiné sur quelques longueurs d'onde,
- 27:04 il serait quand même gros comme ça.
- 27:07 En conclusion, vous voyez qu'il n'y a pas beaucoup de situations concrètes
- 27:11 qui soient dans l'esprit de notre intuition du photon
- 27:13 comme une petite particule qui compose les faisceaux lumineux.
- 27:17 D'une part, le nombre de photons est assez indéterminé
- 27:20 à cause de la superposition.
- 27:22 D'autre part, si on essaye de leur attribuer une taille ou une position,
- 27:26 on est très très loin de l'image
- 27:28 des petits constituants alimentaires bien localisés.
- 27:31 L'image la plus sûre, c'est de se dire qu'un photon,
- 27:34 ça n'est ni plus ni moins
- 27:36 qu'une excitation élémentaire du champ électromagnétique quantique.
- 27:40 Et cette excitation n'a pas forcément une tête de particule
- 27:44 au sens où on a envie de se l'imaginer.
- 27:47 Et je trouve que réaliser ça,
- 27:49 ça évite de se poser de mauvaises questions sur le photon.
- 27:52 Par exemple, est-ce qu'un photon ralentit quand il arrive dans du vert ?
- 27:56 Ou encore, comment il fait pour prendre un virage à l'interface
- 27:59 qui soit conforme aux lois de Stelle Descartes ?
- 28:01 À partir du moment où on arrête de penser au photon
- 28:04 comme un petit paquet qui se déplace,
- 28:06 la question n'a plus vraiment de sens.
- 28:08 Dans le même genre, on dit souvent
- 28:10 que le photon est le médiateur des forces électromagnétiques.
- 28:13 Et je me suis longtemps demandé
- 28:15 jusqu'à quel point il fallait prendre ça littéralement.
- 28:18 Par exemple, quand un électron est dévié
- 28:20 par la force électrostatique d'une plaque chargée.
- 28:23 Est-ce que c'est légitime de se les imaginer tous les deux
- 28:26 comme se balançant des petites boules de photons ?
- 28:29 Eh bien non, ça ne veut pas dire grand-chose.
- 28:32 Quand on a un champ classique, on l'a vu,
- 28:34 ça correspond à toute une superposition immense d'états
- 28:37 à différents niveaux d'excitation.
- 28:39 Et ces états sont très délocalisés.
- 28:41 Donc non, il n'y a pas d'échange de petites boules.
- 28:44 Et il faut que j'arrête d'utiliser cette analogie.
- 28:47 Voilà, j'espère que ce petit voyage
- 28:49 vous aura permis d'y voir un peu plus clair
- 28:51 sur ce qu'est vraiment un photon
- 28:53 et pourquoi Willis Lamb n'a pas complètement tort
- 28:55 d'appeler à son bannissement.
- 28:57 Je voudrais pour conclure saluer
- 28:59 3BlueOneBrown, Looking Glass Universe
- 29:01 et Wiggins Optics, trois chaînes
- 29:03 dont les séries sur l'optique m'ont inspiré
- 29:05 à creuser cette question.
- 29:07 Et j'espère que ça répond en partie à leurs interrogations.
- 29:10 Merci d'avoir suivi la vidéo.
- 29:11 N'oubliez pas de vous abonner si ça n'est pas déjà fait
- 29:13 et de rejoindre toute la communauté
- 29:15 sur le serveur Discord de Sciences Étonnantes.
- 29:17 On est déjà plus de 15 000.
- 29:19 Et l'ambiance est excellente.
- 29:20 Le lien est en description.
- 29:22 Et puis moi, je vous dis à très vite pour une nouvelle vidéo.
- 29:24 A bientôt.
- 0:00 Do photons really exist? Should the use of the word 'photon' be outright banned?
- 0:06 At least, that's what the highly respected physicist Willis Lamb thinks,
- 0:11 who, in a fiercely titled article 'Antiphoton,' flatly states that photons don't exist.
- 0:18 The concept of a photon has no scientific justification.
- 0:22 And Willis Lamb is not just anyone; he won the Nobel Prize in 1955
- 0:26 precisely for his foundational work on the quantum behavior of electromagnetic radiation.
- 0:32 So he knows a bit about what he's talking about.
- 0:34 Why so much hatred towards the photon?
- 0:37 Yet we all learned that the photon is an elementary particle, just like the electron,
- 0:42 and that light is composed of photons.
- 0:45 So it must exist, right?
- 0:47 Well, yes, but you'll see that it doesn't exactly resemble
- 0:51 a small ball of energy moving around.
- 0:57 To understand how we came to talk about photons, a little history.
- 1:02 In antiquity, scholars like Euclid and Ptolemy had already modeled light
- 1:07 as being formed of rays.
- 1:09 And around the year 1000, it was Arab scholars who continued the efforts to understand,
- 1:15 notably Al Hazen, who formalized the first modern theory of optics.
- 1:21 Later, in the 17th century, in Europe, Snell and Descartes published the laws of reflection and refraction,
- 1:27 the ones we learn in high school, which form the basis of all geometric optics,
- 1:31 still centered around the concept of light rays.
- 1:34 But towards the end of the 17th century, some wanted to push further
- 1:38 and try to understand what these light rays could be composed of.
- 1:43 And two theories clashed.
- 1:46 On one side, Isaac Newton's theory, which imagined light rays as being made of small corpuscles,
- 1:52 tiny particles of light that would travel at a certain speed.
- 1:56 And on the other side, Christian Huygens',
- 2:00 yes, I know, we pronounce it...
- 2:04 Huygens, then, who thought that light was actually a propagating wave,
- 2:08 like waves on the surface of water.
- 2:10 And let's specify that at that time, there was already a fairly good estimate of the speed of light,
- 2:15 thanks to Ole Rømer who, by observing Jupiter's moons,
- 2:19 had estimated it at 220,000 km per second.
- 2:22 So, light: wave or particle?
- 2:25 Well, the debate raged for almost a century
- 2:28 between the proponents of Newton's particle theory and Huygens' wave theory,
- 2:33 before Thomas Young, in 1802, called time on the debate
- 2:37 and brought everyone to agreement with his diffraction and interference experiments.
- 2:42 Generally, we talk about Young's double-slit experiment,
- 2:45 even though it's likely he did something a little different.
- 2:48 But the result is the same: he demonstrated that light could produce interference,
- 2:53 like waves on the surface of water.
- 2:55 Which, retrospectively, proved Huygens right and Newton wrong.
- 3:00 60 years later, in 1864, Maxwell added another layer
- 3:04 by publishing his famous equations on electromagnetic theory.
- 3:08 Now, these equations imply the existence of electromagnetic waves,
- 3:12 which Maxwell suspected were of the same nature as light waves.
- 3:16 And he was right; in 1887, Heinrich Hertz experimentally proved
- 3:22 that these electromagnetic waves indeed exist.
- 3:25 And at this stage, the idea of light particles was truly dead and buried;
- 3:29 absolutely everything showed that light was truly a wave.
- 3:35 Until 1905 and a certain Albert Einstein.
- 3:39 At that time, Einstein was interested, among other things, in the photoelectric effect,
- 3:44 and proposed a bold interpretation that seemed to resurrect Newton's corpuscular theory.
- 3:50 Let's first see what this photoelectric effect is.
- 3:53 Imagine you have a piece of metal that you illuminate with a lamp.
- 3:59 And let's assume this lamp has two settings,
- 4:02 one for power and one for the light's frequency, its color if you will.
- 4:07 And the goal of the experiment is to shine light on the metal
- 4:11 with the aim of dislodging electrons from it.
- 4:14 Imagine we have an electron detector above
- 4:17 that tells us if any have actually been ejected from the metal.
- 4:21 Intuitively, we tell ourselves that to dislodge electrons, you just need to hit them hard enough.
- 4:27 So we increase the lamp's power.
- 4:30 But nothing happens.
- 4:32 No matter how powerful the lamp, no electrons are dislodged from the metal.
- 4:36 However, surprisingly, by playing with the frequency and increasing it,
- 4:41 we realize that beyond a certain threshold, we manage to dislodge electrons.
- 4:46 And if we assume light is just a wave, that's quite counter-intuitive.
- 4:51 I mean, if I want to burst your eardrums with sound
- 4:54 and I have the choice to play with frequency and power,
- 4:56 I'm clearly going to turn the sound up full, regardless of the frequency.
- 5:00 So why doesn't increasing the lamp's power work to dislodge electrons?
- 5:05 Why do you first need to cross a minimum frequency threshold?
- 5:10 Well, Einstein has his own idea on the matter.
- 5:12 He proposes that light behaves as if it were made of particles, photons,
- 5:17 and that the energy E of each photon is proportional to its frequency, f.
- 5:23 And the constant of proportionality being H, the famous Planck's constant
- 5:27 which the latter had introduced a few years earlier.
- 5:30 With this interpretation, to eject an electron from the metal,
- 5:34 it must be struck by a sufficiently energetic photon,
- 5:38 meaning one with a sufficiently high frequency.
- 5:41 And if that's not the case, no matter how many photons you throw at it,
- 5:44 it won't make the electrons move.
- 5:46 So, as you may know, this idea of Einstein's was one of the key concepts
- 5:50 in the development of quantum mechanics.
- 5:52 And his interpretation clearly proves that Newton was, after all, somewhat right.
- 5:58 Light would, in one way or another, still be made of particles.
- 6:02 But is that really the case?
- 6:05 If I have a light source and I fix it in time,
- 6:08 can I truly say that these light rays are made up of a stream of photons,
- 6:14 just as we say that matter is made of atoms, electrons, protons?
- 6:18 Is the ray really composed of small, well-localized things
- 6:23 that are in a determined number and move at the speed of light as time passes?
- 6:28 This is an important question, because it's a representation we see everywhere
- 6:32 and one I've probably used many times,
- 6:35 and which can lead to legitimate questions like
- 6:38 where are photons? How big are they? Do they slow down in glass?
- 6:43 To know if these questions make sense,
- 6:45 we first need to know if we can truly say that light is, in one way or another,
- 6:49 made up of little balls moving forward, as Newton imagined.
- 6:53 Well, not really.
- 6:55 We'll see that in modern theories of electromagnetic radiation,
- 6:58 we are quite far from this Newtonian view of light.
- 7:02 Moreover, contrary to popular belief, Einstein, in his famous article on the photoelectric effect,
- 7:08 doesn't really talk about particles, much less photons.
- 7:12 He talks about energy packets, quanta,
- 7:15 and he emphasizes that it is the operation of exchanging energy transfers
- 7:20 between light and the metal's electrons that is quantized.
- 7:24 The amounts of energy that pass from one to the other
- 7:27 can only take certain values that are linked to the frequency of light.
- 7:32 So, one might say that this strongly suggests that there exists in light
- 7:36 a quantized, discrete 'thing' that interacts with matter.
- 7:40 In fact, not even.
- 7:42 It's a little-known result, but it was discovered later that it's perfectly possible
- 7:47 to explain the photoelectric effect with a simple, completely classical electromagnetic wave.
- 7:53 It's enough for the energy levels of the electrons themselves to be quantized.
- 7:57 And that's enough to explain the phenomenon without needing to change the nature of light.
- 8:02 To fully grasp the difference, here's an analogy I found in an article.
- 8:06 When you buy butter at the supermarket, you can only do so in blocks of, say, 250 grams.
- 8:12 The transaction is done in quantified packets, but it's just the transfer, the exchange.
- 8:17 That doesn't prevent butter from existing in any quantity.
- 8:21 And we don't say that butter is made up of 250-gram blocks.
- 8:25 So ultimately, the photoelectric effect doesn't prove at all that photons exist.
- 8:30 And besides, the origin of this word is really strange.
- 8:32 It wasn't Einstein who proposed the term photon, but Lewis, the chemist, 21 years later, in 1926.
- 8:40 And he proposed it to designate a new type of atom he had imagined.
- 8:44 And he insisted precisely that they were not quanta of light.
- 8:48 How did we then come to use the word photon to designate a particle of light?
- 8:54 Well, no idea.
- 8:56 Now, you might be thinking I sound a bit like a conspiracy theorist.
- 8:59 You're being lied to, the photon never existed, it's the Illuminati government hiding from you that light is actually just electromagnetic waves.
- 9:07 No, actually, I'm not saying that.
- 9:09 There are indeed some phenomena that we know are not explainable with a simple wave theory.
- 9:17 But as I told you, the photoelectric effect is not one of them.
- 9:20 Among these phenomena inexplicable with just Maxwell's theory, for example, there is the spontaneous emission of light by atoms.
- 9:28 And we'll talk about that again.
- 9:30 And there's also what's called the Lamb shift.
- 9:34 It's a shift observed between certain atomic energy levels that can only be explained by invoking the quantum theory of the electromagnetic vacuum.
- 9:42 And incidentally, this shift is named after Lamb, who discovered it, and who is indeed the researcher I mentioned at the beginning of the video.
- 9:49 The one who thinks we should stop talking about photons.
- 9:52 What I'm telling you is that Lamb helped demonstrate that the purely wave theory is not enough,
- 9:58 and at the same time, he rejects the idea of photons as a particle of light.
- 10:03 Can we try to understand why?
- 10:06 Well, yes, but for that, we'll have to delve into what the quantum theory of light and electromagnetism really says,
- 10:13 what's called quantum electrodynamics.
- 10:16 We'll see that the concept of photons does indeed exist, but it doesn't necessarily mean what our intuition would want to see in it.
- 10:24 And so, next, we'll ask what the photon is the name of.
- 10:35 To understand the quantum theory of electromagnetism, we'll need to talk about quantum field theory.
- 10:42 It's a somewhat frightening term, but it essentially refers to quantum mechanics 2.0,
- 10:47 as it is used today to underpin all of particle physics.
- 10:52 And before diving into the heart of the matter, I'd like to recall a few principles of quantum mechanics
- 10:57 that will be useful for us to understand this quantum field theory.
- 11:01 Let's take a simple particle, say an electron.
- 11:05 To completely characterize the state of this electron at a given time T,
- 11:09 I need two pieces of information: its position, which we'll denote as x, and its velocity vector, v.
- 11:15 To make things easier, let's imagine our electron only moves in one dimension,
- 11:20 that way we can forget about vectors.
- 11:22 If I know these two quantities, position and velocity, I know everything there is to know about the state of this electron at time T.
- 11:30 And if I know the forces acting on it, with that I can calculate its trajectory.
- 11:35 Since the electron's state is represented by two numbers, I can place them on a diagram.
- 11:40 On the x-axis, position; on the y-axis, velocity. So at a given moment, the electron's state is a point on this diagram.
- 11:48 And a little later, when time has passed, it might be in another position, have another velocity, and so on.
- 11:55 Position and velocity are what we call the classical state of the electron.
- 12:00 And since this state is a point on this diagram, you see that there are infinitely many possible classical states,
- 12:06 as many as there are points in a plane.
- 12:08 Now, when we move to quantum mechanics, things change.
- 12:11 You might be familiar with the principle of quantum superposition,
- 12:15 which tells us that if an electron can be in state A and in state B,
- 12:19 then it can also be in a superposition of these two possibilities.
- 12:24 And we can superimpose as many states as we want, even an infinite number.
- 12:30 Graphically, if we can mix many possibilities of states, and to different degrees,
- 12:36 that means instead of representing a state by simply a point on my position-velocity diagram,
- 12:41 I'll have to consider situations like this.
- 12:45 A kind of fuzzy mix of many possibilities with more or less significant proportions at each point.
- 12:51 This is a possible quantum state.
- 12:54 This too, that too, and so on.
- 12:57 And you probably understand that there are infinitely more quantum states than classical states.
- 13:02 Where before we just gave two quantities, position and velocity,
- 13:06 now it seems we can have all possible nuances and superpositions.
- 13:10 There was already an infinity of classical states, but here we have an infinity of infinities of quantum states.
- 13:15 Looking at all these possible quantum states, one might ask
- 13:19 are classical states part of quantum states?
- 13:23 Can I have a quantum state that is just a point,
- 13:26 with a perfectly well-defined velocity and position?
- 13:30 Well, no. You probably know Heisenberg's principle.
- 13:34 It tells us that we cannot have a quantum state that is perfectly defined
- 13:38 for both position and velocity at the same time.
- 13:41 So there's a kind of minimum size that the fuzzy blob in the diagram must have.
- 13:47 The values for position and velocity can never be perfectly well-defined simultaneously.
- 13:52 And the more one is defined, the less the other is.
- 13:56 If I want a very precise position, I end up with a very spread-out velocity.
- 14:01 And vice versa.
- 14:03 So much for the essential elements of quantum mechanics that we'll need later.
- 14:07 But as I told you, to understand light and electromagnetic waves,
- 14:11 that won't be enough.
- 14:13 We'll have to move to the next level with quantum mechanics 2.0
- 14:17 which is called quantum field theory.
- 14:20 Quantum field theory is the formalism
- 14:23 that underpins all modern particle physics,
- 14:26 from electrons to the Higgs boson.
- 14:29 What is called the Standard Model of particle physics
- 14:32 is a combination of quantum field theories.
- 14:36 In our current understanding of the world at a fundamental level,
- 14:40 everything is just a quantum field.
- 14:43 But what is a quantum field?
- 14:45 It's what we get when we apply the principles of quantum mechanics
- 14:49 not to a simple particle, as we did with the electron,
- 14:53 but to a classical field.
- 14:55 The electromagnetic field, the one described by Maxwell's equations,
- 14:59 is a classical field.
- 15:01 In fact, they are even two fields, electric and magnetic.
- 15:04 But since they are closely related, we'll simplify things
- 15:07 by considering, for example, only the electric field.
- 15:09 If you take an electric field that potentially fills all space,
- 15:13 to describe it completely, you have to give its value everywhere.
- 15:17 So an infinity of arrows like this.
- 15:20 You see that it's much more complicated than describing a particle
- 15:23 for which you simply had to give two values: position and velocity.
- 15:27 And you remember that with the electron,
- 15:29 when we wanted to move to quantum states,
- 15:31 we ended up with infinitely more possibilities.
- 15:35 Well, with the electric field, it's the same, but even worse.
- 15:38 To completely describe a quantum state of the field,
- 15:41 you have to make a superposition of a whole bunch of classical possibilities.
- 15:46 It's a monstrously large state space,
- 15:49 and it's very difficult to visualize.
- 15:51 I won't even try to draw it; it's truly enormous.
- 15:54 The theory we get by doing this for the electromagnetic field
- 15:57 is called quantum electrodynamics.
- 16:00 And because of this monstrous state space,
- 16:02 it seems very difficult to grasp.
- 16:05 Fortunately, in 1932, a Russian physicist, Vladimir Fock,
- 16:09 found a way to describe this monstrous space
- 16:12 in a slightly more intelligible way.
- 16:14 He realized that it could be divided into smaller subspaces
- 16:18 which would be classified by the number of excitations.
- 16:22 And the more excitation levels a state has, the more energy it possesses.
- 16:26 If the field is in a certain quantum state,
- 16:28 it can, for example, possess 1 excitation,
- 16:31 2 excitations, 3 excitations, 47 excitations, etc.
- 16:35 And these famous excitations of the quantum electromagnetic field,
- 16:39 that's what we officially call photons.
- 16:42 A field that is in a quantum state with 47 excitations,
- 16:46 is said to contain 47 photons.
- 16:48 With a very important nuance, which is,
- 16:51 as always in quantum mechanics,
- 16:53 this number of excitations, just like energy,
- 16:56 is not necessarily always well-defined.
- 16:59 A quantum field can sometimes be in a state
- 17:02 that is a superposition of many different excitation possibilities.
- 17:07 But nevertheless, in quantum field theory,
- 17:10 we really have a clear definition of what a photon is.
- 17:13 It's an excitation level of the quantum state of the electromagnetic field.
- 17:18 But is it the same thing as particles of light
- 17:22 as Newton imagined them?
- 17:24 Is an excitation of the quantum field,
- 17:26 a small packet of energy that moves?
- 17:28 Which would allow us to say that light is indeed composed of these photons,
- 17:33 just as matter is composed of atoms.
- 17:35 Well, to answer this question,
- 17:38 we will try to examine in detail the state of the quantum field
- 17:42 that describes light for everyday situations.
- 17:46 Well, almost everyday.
- 17:54 Let's start with the laser.
- 17:56 One of the specificities of a laser is to produce light,
- 18:00 an electromagnetic wave,
- 18:02 that is, in a way, very stable, very regular,
- 18:05 both in space and in time.
- 18:08 At our scale, one might think that a laser emits light
- 18:12 in a totally continuous, uninterrupted way.
- 18:15 But one must imagine that it is rather made of what we call wave trains,
- 18:20 which are sorts of long waves of electric fields.
- 18:23 Each of these waves has only a given length,
- 18:26 but it's as if they relay each other,
- 18:29 giving the impression of continuity.
- 18:31 A laser wave train can be from a few centimeters to a few meters,
- 18:37 or even several kilometers for certain ultra-stable lasers,
- 18:40 like those used to detect gravitational waves.
- 18:44 Another important characteristic of lasers,
- 18:47 is their purity in terms of frequency,
- 18:50 and therefore the wavelength of the electromagnetic field.
- 18:52 And this is also related to the length of the wave train.
- 18:55 The longer it is, the purer the frequency will be.
- 18:59 What I have just described to you as what a laser provides us with,
- 19:03 is a classical state of the electromagnetic field.
- 19:06 But we can ask what is the quantum state that best corresponds to it.
- 19:11 And can we understand it as being composed
- 19:14 of a certain number of photon excitations?
- 19:17 Well yes, we can do that.
- 19:18 If I take a wave train from my laser,
- 19:20 there exists a quantum state that describes it quite well.
- 19:24 We call that a coherent state.
- 19:26 So what does this state look like?
- 19:29 How many excitations, how many photons does it contain?
- 19:32 Well, the answer is not precisely defined.
- 19:36 A coherent state never has a fixed number of excitations.
- 19:40 It is always in a superposition of an infinite number of different possibilities.
- 19:45 And even if we can give an average value to an order of magnitude,
- 19:49 the light from a laser, if we plot it over time,
- 19:52 we cannot say that it is composed of a fixed
- 19:55 and well-defined number of photon excitations.
- 19:58 The other problem is that even if we forget this difficulty,
- 20:01 these superimposed excitations that make up the quantum state,
- 20:05 they are not at all distributed in the beam as one might imagine.
- 20:09 It's not one excitation here, another here, another there, etc.
- 20:12 No, they are all, in a way, delocalized over the entire wave train.
- 20:18 They are everywhere at once.
- 20:20 And since the wave train can be several meters long,
- 20:22 that means the photons are nowhere in particular over such a distance.
- 20:27 What we see when looking at these quantum states of laser light,
- 20:31 is that we are quite consistent with Weinstein's initial intuition.
- 20:35 There is indeed a quantification in the energy exchanged, in terms of the number of excitations.
- 20:41 But we are very far from the image of a small particle of light moving in a Newtonian fashion.
- 20:46 If we really want to find a less inaccurate image,
- 20:49 we can pretend that the number of excitations reflects the intensity of the electromagnetic field.
- 20:55 As if this was the field for one excitation, then two excitations, three excitations, etc.
- 21:01 Now, be careful, this is an analogy. In reality, what I'm saying is false.
- 21:04 It's not like that.
- 21:05 But it's probably a much less inaccurate image
- 21:08 than small balls moving in the beam.
- 21:11 One consequence of this structure of the quantum state of laser light,
- 21:15 is that if you take a laser and attenuate its beam,
- 21:18 for example with filters,
- 21:20 you will never truly obtain single photons.
- 21:24 If the laser were a stream of photons,
- 21:26 one might imagine that if we stop the majority of them,
- 21:29 only a single photon would remain from time to time.
- 21:32 But what happens instead if we use many filters,
- 21:34 is that we greatly reduce the intensity of the field,
- 21:37 and thus the average number of excitations that are in superposition in the beam.
- 21:42 But they will always be delocalized.
- 21:44 A laser is really not like a photon machine gun.
- 21:48 However, you might know that today,
- 21:51 we can create true single-photon sources.
- 21:54 And this is even very important for certain experiments.
- 21:57 So, what do these single photons look like?
- 22:00 Do we, this time, have something that resembles
- 22:02 small particles of light moving around?
- 22:05 Well, let's see.
- 22:12 To create single-photon sources,
- 22:14 we use the energy transitions of atoms.
- 22:17 Now, there are many methods,
- 22:19 but in principle, the idea is always the same.
- 22:22 Imagine we take a single atom,
- 22:24 that it is in a total electromagnetic vacuum,
- 22:27 and we put it into an excited state,
- 22:29 for example, because one of its electrons moves to a higher energy level.
- 22:33 And then, we wait for it to spontaneously de-excite.
- 22:37 And by doing that, it will emit a photon.
- 22:40 This is what is called the phenomenon of spontaneous emission.
- 22:43 Okay, there it is, our single photon.
- 22:46 You're not going to tell me that here,
- 22:47 it's not a small particle of light moving.
- 22:50 Exactly what Newton imagined.
- 22:53 Well, no, not really.
- 22:55 With the formalism of quantum electrodynamics,
- 22:57 we can calculate exactly what happens in this situation
- 23:01 and thus estimate what the quantum state of the field looks like
- 23:05 that corresponds to this single photon.
- 23:07 And most importantly, where is it located?
- 23:10 The simplest way is to imagine that our atom is in a cavity,
- 23:14 a box, which is isolated from the rest of the world,
- 23:17 especially from the point of view of external electromagnetic radiation.
- 23:20 We place the atom in the center, excite it, and wait.
- 23:24 There is a model that allows us to calculate what will happen.
- 23:28 It's called the James Cummings model.
- 23:30 And it tells us that when the atom de-excites,
- 23:33 it will indeed put the electromagnetic field
- 23:36 into a quantum state with a single excitation, a single photon.
- 23:40 Except that if we calculate where this photon is,
- 23:43 well, it's everywhere at once within the cavity.
- 23:46 It is completely delocalized.
- 23:48 And since the de-excited atom is completely immersed in it,
- 23:51 we can show that after a certain time,
- 23:53 it will be able to reabsorb the photon and return to an excited state,
- 23:56 and even oscillate between the two.
- 23:58 And all of this isn't just a thought experiment.
- 24:01 French physicist Serge Haroche received the Nobel Prize in Physics in 2012
- 24:05 for magnificent experiments of this kind that he conducted with his team
- 24:09 and which allowed us to learn many things,
- 24:11 particularly about quantum decoherence phenomena.
- 24:14 You might say, okay, the photon isn't anywhere in particular,
- 24:17 but that's because of this cavity situation.
- 24:20 If we repeat the same experiment in open air, so to speak,
- 24:23 the atom will de-excite, the photon will escape,
- 24:26 and then we'll truly have a small ball of light moving in a straight line.
- 24:30 Well, there's also a model to calculate that,
- 24:33 the Wigner-Weisskopf model.
- 24:35 And what it shows us doesn't quite match that intuition.
- 24:40 What we need to understand is that the de-excitation of an atom
- 24:43 is not a phenomenon that occurs at a precise, predictable moment.
- 24:48 From the moment we excite the atom,
- 24:50 it has a certain probability of de-exciting at every passing moment.
- 24:54 And there is a typical average de-excitation time.
- 24:57 For example, for a neon atom,
- 25:00 this typical de-excitation time is a few tens of nanoseconds.
- 25:04 This means that if you excite your atom at time t equals zero,
- 25:08 the de-excitation might occur right at the beginning,
- 25:11 perhaps after a few nanoseconds,
- 25:13 perhaps later, after ten, or a hundred nanoseconds.
- 25:17 We don't know.
- 25:18 But the further we go in time,
- 25:20 the more likely it is that the de-excitation has already occurred.
- 25:23 The probability curve looks something like this.
- 25:26 But be careful, we're talking about a quantum phenomenon.
- 25:29 So what we actually get in this situation,
- 25:32 is not one of these possibilities, and we don't know which one.
- 25:35 We get a superposition of all these possibilities.
- 25:39 Our emitted photon is in a superimposed state
- 25:42 that mixes all cases ranging from immediate de-excitation
- 25:46 to de-excitation after a hundred nanoseconds.
- 25:49 And if we try to ask where the photon is,
- 25:52 say, 100 nanoseconds after the start of the experiment,
- 25:55 well, it is delocalized across all of its possibilities.
- 25:58 Quite concentrated here, which would correspond to a rapid emission,
- 26:02 a bit here for a slightly later emission,
- 26:05 and a tiny bit there if the emission took a long time.
- 26:08 We said that typically de-excitation takes a few tens of nanoseconds.
- 26:13 Now, a few tens of nanoseconds at the speed of light,
- 26:16 that's the time it takes to travel about ten meters.
- 26:19 So our single photon emitted by de-excitation
- 26:22 is in a superimposed, delocalized state over 10 meters in length.
- 26:27 Again, we are quite far from the small ball of light that moves.
- 26:32 To try to make more localized photons,
- 26:34 we could look for atomic transitions
- 26:36 that de-excite much more quickly,
- 26:38 or even other emission phenomena.
- 26:40 But we will hardly reach a localization level
- 26:43 on the order of the wavelength of light,
- 26:45 so something that would look like that.
- 26:47 And even if that were the case,
- 26:49 take the hyperfine transition of the hydrogen atom.
- 26:52 It's a transition between two very close levels,
- 26:54 that involve very little energy,
- 26:56 and whose associated wavelength is 21 cm.
- 27:00 So even if the photon were confined to a few wavelengths,
- 27:04 it would still be this big.
- 27:07 In conclusion, you see that there aren't many concrete situations
- 27:11 that align with our intuition of the photon
- 27:13 as a small particle that makes up light beams.
- 27:17 On the one hand, the number of photons is quite indeterminate
- 27:20 due to superposition.
- 27:22 On the other hand, if we try to assign them a size or a position,
- 27:26 we are very, very far from the image
- 27:28 of small, well-localized elementary constituents.
- 27:31 The safest image is to say that a photon,
- 27:34 is nothing more and nothing less
- 27:36 than an elementary excitation of the quantum electromagnetic field.
- 27:40 And this excitation doesn't necessarily have the appearance of a particle
- 27:44 in the way we want to imagine it.
- 27:47 And I find that realizing this,
- 27:49 avoids asking the wrong questions about the photon.
- 27:52 For example, does a photon slow down when it enters glass?
- 27:56 Or, how does it manage to turn at the interface
- 27:59 in accordance with Snell's Law?
- 28:01 From the moment we stop thinking of the photon
- 28:04 as a small packet that moves,
- 28:06 the question no longer really makes sense.
- 28:08 Similarly, it is often said
- 28:10 that the photon is the mediator of electromagnetic forces.
- 28:13 And I've long wondered
- 28:15 to what extent that should be taken literally.
- 28:18 For example, when an electron is deflected
- 28:20 by the electrostatic force of a charged plate.
- 28:23 Is it legitimate to imagine them both
- 28:26 as throwing small balls of photons at each other?
- 28:29 Well no, that doesn't mean much.
- 28:32 When we have a classical field, as we've seen,
- 28:34 it corresponds to an immense superposition of states
- 28:37 at different excitation levels.
- 28:39 And these states are very delocalized.
- 28:41 So no, there's no exchange of small balls.
- 28:44 And I need to stop using that analogy.
- 28:47 So, I hope this little journey
- 28:49 has allowed you to see a little more clearly
- 28:51 what a photon truly is
- 28:53 and why Willis Lamb isn't entirely wrong
- 28:55 to call for its banishment.
- 28:57 To conclude, I would like to acknowledge
- 28:59 3BlueOneBrown, Looking Glass Universe
- 29:01 and Wiggins Optics, three channels
- 29:03 whose series on optics inspired me
- 29:05 to delve into this question.
- 29:07 And I hope this partly answers their questions.
- 29:10 Thank you for watching the video.
- 29:11 Don't forget to subscribe if you haven't already
- 29:13 and to join the entire community
- 29:15 on the Sciences Étonnantes Discord server.
- 29:17 We are already over 15,000.
- 29:19 And the atmosphere is excellent.
- 29:20 The link is in the description.
- 29:22 And I'll see you very soon for a new video.
- 29:24 See you soon.
Cette vidéo aborde la question fondamentale de l'existence et de la nature du photon, en commençant par la position controversée du physicien lauréat du prix Nobel Willis Lamb, qui a remis en question la validité scientifique du concept de photon. Le narrateur retrace l'histoire de la compréhension de la lumière, depuis les théories des rayons de l'Antiquité (Euclide, Ptolémée, Al Hazen) et du XVIIe siècle (Snell, Descartes), jusqu'au débat crucial entre la théorie corpusculaire de Newton et la théorie ondulatoire de Huygens. L'expérience de la double fente de Thomas Young est présentée comme un tournant décisif en faveur de la nature ondulatoire de la lumière, renforcée par les équations électromagnétiques de Maxwell et les preuves expérimentales de Hertz.Cependant, l'introduction de l'effet photoélectrique par Albert Einstein en 1905 semble ressusciter l'idée d'une nature particulaire de la lumière, avec l'hypothèse de quanta d'énergie (E=hf). La vidéo explique en détail l'effet photoélectrique et pourquoi l'interprétation d'Einstein, bien que cruciale pour la mécanique quantique, ne prouve pas nécessairement l'existence de photons comme petites "boules" de lumière. Il est souligné que l'effet peut être expliqué par la quantification des niveaux d'énergie des électrons, sans modifier la nature ondulatoire de la lumière. Le terme "photon" lui-même, inventé par Lewis en 1926, n'était pas initialement destiné à désigner un quantum de lumière.La vidéo reconnaît que certains phénomènes, comme l'émission spontanée et le décalage de Lamb (découvert par Willis Lamb), ne peuvent être expliqués par une simple théorie ondulatoire, nécessitant l'électrodynamique quantique. Pour comprendre la véritable nature du photon, le narrateur introduit les principes de la mécanique quantique (superposition, principe d'Heisenberg) et la théorie quantique des champs. Dans ce cadre, le photon est défini comme une "excitation élémentaire du champ électromagnétique quantique", une conceptualisation proposée par Vladimir Fok.L'analyse des états quantiques de la lumière laser (états cohérents) révèle que le nombre de photons n'est pas fixe et que ces excitations sont délocalisées sur l'ensemble du train d'onde. De même, les sources de photons uniques, obtenues par désexcitation atomique, produisent des photons qui sont également délocalisés sur des distances significatives (plusieurs mètres), loin de l'image intuitive d'une particule ponctuelle.En conclusion, la vidéo insiste sur le fait que l'image populaire du photon comme une petite particule localisée est trompeuse. Le photon est mieux compris comme une excitation du champ électromagnétique quantique, ce qui permet d'éviter des questions mal posées sur son comportement (ralentissement dans le verre, déviation). Le narrateur conclut que la position de Willis Lamb, appelant à l'abandon du terme "photon" dans certains contextes, n'est pas sans fondement, compte tenu de la complexité de sa nature quantique.
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