Peut-on nourrir le monde entier ? Le grand patron de Rungis Stéphane Layani est dans Quotidien
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Stéphane Layani, président du marché international de Rungis, est interviewé sur son livre "Le Monde a faim", le fonctionnement du plus grand marché de produits frais au monde, son rôle dans l'approvisionnement alimentaire et son expansion internationale.
- 0:00 Bonsoir Stéphane Layani, bienvenue sur le plateau de Quotidien, voici une partie de l'équipe et le public, vous avez 65 ans, vous êtes né à Alger, vous avez fait l'ENA, promotion Gambetta
- 0:09 et depuis 13 ans vous êtes le Président de ce qu'on voit derrière moi, du marché international de Rungis et aussi depuis 2021 le Président de l'Union Mondiale des Marchés de Gros.
- 0:19 Rungis c'est, on va avoir une carte de la banlieue parisienne, donc Paris est là, au sud de Paris il y a l'aéroport d'Orly et juste à côté de l'aéroport d'Orly
- 0:31 il y a cet énorme espace qui est le marché de Rungis, c'est le plus gros marché de produits frais au monde, 230 hectares, 1200 grossisses, 3 millions de tonnes de marchandises
- 0:42 par an et 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 12 milliards pardon excusez-moi, on va voir ici donc Rungis, il est où votre bureau, est-ce que c'est ça la tour ?
- 0:55 Alors moi je suis dans la tour de contrôle qui est dans le point rouge, il y a un hublot et c'est mon bureau.
- 1:04 Et vous voyez tout Rungis et l'aéroport c'est ça ? Je vois la tour Eiffel. Ah oui d'accord, vous voyez aussi tous les entrepôts. Bien sûr, oui oui bien sûr.
- 1:13 Vous voyez le petit hublot ? C'est ça, c'est ici. Alors vous publiez ce livre, un plaidoyer passionnant sur la faim, ça s'appelle le monde à faim, c'est au Cherchemidi,
- 1:24 on va en parler mais d'abord ce lieu qui fait fantasmer et qui fait partie de notre imaginaire collectif, Rungis, la ville à l'envers, vous l'appelez comme ça
- 1:34 pourquoi la ville à l'envers ? Non c'est pas une ville à l'envers mais comme on travaille de nuit, et bien évidemment tout est un peu différent et donc les codes sont différents,
- 1:46 les gens sont beaucoup plus sympas, c'est un monde du travail, c'est un monde de l'efficacité, c'est un monde qui vous nourrit tous les jours, je sais pas si...
- 1:56 Ca ferme ? Ca ferme ou pas ? Ca ferme le dimanche. D'accord mais sinon c'est 24h sur 24 ? Absolument. Ca tourne tout le temps ? Tout le temps, tout le temps, il y a quand même des moments où on travaille un peu moins mais...
- 2:07 Et le prime time c'est quelle heure ? Il faut être là à 3h. Ah c'est ça le prime time, vous vous y êtes pas à 3h du matin ? Je vais pas vous raconter d'histoire, vous habitez à côté de chez moi.
- 2:18 Oui. Mais je vous surveille pas. C'est vrai mais je dois vous dire que c'est toujours assez tôt, j'y vais entre 50 et 60 fois sur le terrain, assez tôt le matin, par an et c'est toujours trop tôt.
- 2:34 D'accord. C'est quoi un marché de gros ? Alors un marché de gros c'est un endroit qui massifie les flux amonts, c'est-à-dire qui source des produits agricoles de préférence de notre beau pays, qui les amène sur un carreau que vous voyez.
- 2:54 C'est quoi un carreau ? Un carreau, c'est un endroit... C'est un hangar. Non, c'est pas un hangar, c'est une halle où les acheteurs et les vendeurs vont se rencontrer, ils vont discuter du prix et chaque jour...
- 3:08 Ils négocient. On va négocier, on va faire le cours du produit, c'est le thermomètre. Et puis ensuite, on va désapprovisionner et on va nourrir la ville et donc sur ce carreau, il y a 3 millions de tonnes de fruits et légumes,
- 3:24 de viande, de poisson, de fromage, de produits gastronomiques et aussi des fleurs qui transitent chaque année.
- 3:32 Alors on a plein de questions concrètes à vous poser parce que j'imagine qu'aujourd'hui, on a mangé Rangis. Mais Abda, avant, tu as pu aller à Rangis alors que tu n'es pas un professionnel de la restauration, alors qu'on droit d'y aller que les professionnels.
- 3:46 Tous les professionnels, il faut avoir un camis, il faut acheter pour être acheté.
- 3:51 Tous les professionnels qui ont un rapport avec...
- 3:53 Bien sûr, de préférence. Et alors, évidemment...
- 3:58 Mais pourquoi on peut pas le visiter ?
- 4:00 On le visite.
- 4:01 Quand ?
- 4:01 Il y a une société avec qui on met un contrat qui s'appelle Rangis Visite.
- 4:06 Donc on a le droit de le visiter ?
- 4:07 On a le droit de le visiter, c'est payant et ça nous permet d'arrondir les fins de mois.
- 4:13 D'accord.
- 4:15 Vous voulez voir à quoi ressemble la ville à l'envers ?
- 4:18 Oui s'il te plaît Abda.
- 4:20 C'est parti pour la caméra embarquée à Rangis.
- 4:22 Je suis arrivé à 5h sur place. Premier constat, ici on a pensé à tout.
- 4:26 Il y a une crèche, une poste, des banques, un centre médical.
- 4:30 Il y a même une agence France Travail.
- 4:33 Rangis à 5h du mat, c'est Paris en heure de pointe. Il faut faire gaffe aux camions, aux trottinettes et évidemment aux vélos.
- 4:42 13 000 salariés s'activent sur ce site. Immense, 13 000 salariés donc, mais un seul patron.
- 4:47 Stéphane Laiany, il représente quoi ici ?
- 4:49 C'est le boss.
- 4:50 C'est le big boss Laiany.
- 4:52 C'est un peu comme notre président, le président de la République mais sur Rangis.
- 4:57 Président de la République carrément, il est 6h, c'est bon, vous êtes prêts ?
- 5:00 Vous m'avez donné rendez-vous devant les secteurs des viandes.
- 5:03 Bonjour, ça va et vous ?
- 5:05 Allez, on y va.
- 5:07 Ici, c'est extrêmement moderne en réalité.
- 5:09 Les forts des Halles, avant, ils portaient ça sur leur dos, c'est lourd, une carcasse.
- 5:14 Tu vois comment ça rentre après dans le camion, avec des bras articulés.
- 5:21 Avec le robot, c'est plus facile.
- 5:24 Le plus difficile, c'est d'accrocher dans la boîte.
- 5:29 Vous voulez pas leur filer un coup de main ?
- 5:31 Je suis incapable, mais je vais essayer.
- 5:33 Bon, on vous a pas senti hyper à l'aise au milieu des carcasses.
- 5:36 Clairement, vous préférez le rayon fruits et légumes.
- 5:39 Oh là !
- 5:41 Incroyable.
- 5:41 Moi, j'adore celle-là.
- 5:43 Elles sont très bonnes, je vais en reprendre une d'ailleurs.
- 5:45 Lui, il a les plus belles fraises de la Terre.
- 5:47 Je vois qu'il y a des asperges, elles sont belles.
- 5:50 Alors ça, c'est plein de vitamines C.
- 5:52 La soupe au cresson, c'est un délice.
- 5:54 À Rangis, on marche beaucoup, mais vous, vous trichez un peu.
- 5:58 Vous avez un chauffeur, Udo ?
- 5:59 C'est normal, je crois que je vais marcher à pied.
- 6:01 On est sur un marché qui est plus grand que Monaco,
- 6:04 qui est une véritable ville, avec des camions qui roulent tous les jours.
- 6:08 Direction maintenant les pavillons BOF, beurre, oeufs, fromage.
- 6:11 Ici, c'est Franck, le spécialiste.
- 6:13 On a l'exclusivité de ce produit-là.
- 6:15 Là, c'est les fromages du mois d'octobre 2024.
- 6:17 On a reçu pas mal de spécialités du lot, là.
- 6:20 Il s'y connaît tellement que vous allez lui faire une proposition.
- 6:23 Tu viendrais, moi, dans mon marché à Abu Dhabi, qu'on est en train de construire ?
- 6:26 On va pas.
- 6:26 J'aimerais bien.
- 6:28 Et oui, depuis 4 ans, Rangis a signé un partenariat avec Abu Dhabi.
- 6:31 Mais restons en France.
- 6:32 Victime de votre succès, vous êtes obligé d'ouvrir une nouvelle halle au fromage.
- 6:37 Vendredi, c'est l'inauguration pour le personnel.
- 6:39 Ah, très bien.
- 6:40 On a une ventilation, une hydrométrie qui est bien adaptée à ces produits-là,
- 6:44 pour pas les assécher trop.
- 6:45 Voilà.
- 6:46 Il peut se faire rouler comme ça.
- 6:47 Ah oui, d'accord.
- 6:48 112 kilos, celui-là.
- 6:50 Et en fait, on s'est rendu compte que vous faites la même proposition à tout le monde.
- 6:54 Tu m'accompagneras à l'international, non ?
- 6:56 Ouais.
- 6:56 Je compte sur toi, Abu Dhabi.
- 6:59 Bon, dites-le, vous partez quand, Abu Dhabi ?
- 7:01 Écoutez, c'est mon obsession.
- 7:03 C'est même dans le bouquin.
- 7:04 Parce que si on veut que tout le monde mange à sa faim,
- 7:08 il faut vraiment construire des marchés de gros dans le monde entier.
- 7:11 Il y en a combien en France ?
- 7:12 Il y en a actuellement pas plus de 800.
- 7:17 Mais c'est des parkings.
- 7:19 En fait, quand vous allez en Chine, très souvent,
- 7:22 vous allez dans un parking, le camion monte,
- 7:24 ils ouvrent le camion et ils vendent la marchandise.
- 7:27 Vous n'allez pas en faire un à Canton ?
- 7:29 J'en ferai un à Canton.
- 7:30 Il est géré par Angis ?
- 7:32 Il va être géré par les Chinois, mais on va les accompagner.
- 7:36 Est-ce que c'est un savoir-faire français de faire des marchés ?
- 7:39 On est les plus forts.
- 7:40 On est les plus forts parce qu'on s'intéresse beaucoup à l'alimentation,
- 7:43 qu'on a été les premiers, sous le général De Gaulle,
- 7:46 à construire une grande infrastructure.
- 7:48 À Paris, au Léal ?
- 7:49 Voilà.
- 7:50 Qu'on a continué à la perfectionner.
- 7:52 Et qu'à chaque fois qu'un pays a des difficultés alimentaires,
- 7:57 en Chine, c'est plutôt la sécurité alimentaire.
- 8:01 En Afrique, au Nigeria, ça peut être l'insécurité alimentaire,
- 8:05 c'est-à-dire qu'on ne mange pas à sa faim.
- 8:07 Ils viennent me voir et me disent qu'on aimerait bien avoir la même chose.
- 8:10 Nous, on sait faire trois choses.
- 8:12 On est capable de faire des entrepôts sous froid,
- 8:16 on est capable de faire de la logistique qui marche
- 8:20 et on est capable d'avoir des normes sanitaires
- 8:24 qui sont très importantes pour que la marchandise soit de qualité
- 8:27 dans les assiettes du consommateur.
- 8:29 Avec la guerre en Iran, on s'est rendu compte
- 8:31 à quel point les pays riches du Golfe étaient super fragiles
- 8:35 et toute l'alimentation y est importée.
- 8:38 Est-ce qu'ils importent de Rangis ?
- 8:40 En fait, aujourd'hui, je connais surtout les EAU,
- 8:44 c'est-à-dire Dubaï et Abu Dhabi.
- 8:49 Ils importent aussi de Rangis.
- 8:51 Quand on va à Dubaï, on voit des huîtres gilardeaux,
- 8:55 on voit des fromages qui viennent d'Orangis.
- 8:58 Mais en revanche, sur les fruits et légumes,
- 9:00 à part les pommes, on est un peu moins bon,
- 9:02 on n'exporte pas assez.
- 9:04 Et si on veut être vraiment résilient dans notre pays,
- 9:08 il faut aussi exporter beaucoup.
- 9:10 Et donc, je pense que demain, on va faire à Abu Dhabi,
- 9:15 sur le port, un nouveau marché qui sera très automatisé
- 9:19 et on fera un pavillon France.
- 9:21 Et dans ce pavillon France, il y aura des entreprises
- 9:23 de Rangis qui m'accompagneront.
- 9:25 C'est pour ça qu'à chaque fois que j'en vois un,
- 9:27 tu m'accompagnerais avec moi ?
- 9:29 Avec plaisir.
- 9:30 Merci à toi.
- 9:31 À qui appartient Rangis ?
- 9:33 À une société...
- 9:35 Le domaine public appartient principalement à l'État
- 9:40 et aux collectivités territoriales.
- 9:42 Et la société qui gère, dont je suis le président,
- 9:44 là, c'est Marie.
- 9:45 C'est privé ?
- 9:46 C'est une société à conseil d'administration
- 9:48 où l'État est présent.
- 9:50 Quand vous dites les 12 milliards,
- 9:51 ils remontent où ? À l'État ?
- 9:52 Ah non, ils vont dans les poches des grossistes,
- 9:55 heureusement.
- 9:55 Très bien.
- 9:56 Qu'est-ce que vous faites...
- 9:57 Enfin, très bien, je disais...
- 10:00 Qu'est-ce que vous faites avec vos déchets ?
- 10:01 C'est vrai que ça fait du chauffage pour Orly ?
- 10:05 On recycle tout.
- 10:06 On brûle les palettes.
- 10:08 Ça fait du chauffage pour Orly et pour Rangis.
- 10:10 Et même du froid.
- 10:11 Et on chauffe les villes avoisinantes.
- 10:15 Carrefour, Leclerc, Intermarché,
- 10:17 est-ce que c'est vos copains ou vos ennemis ?
- 10:19 Eux, je leur parle.
- 10:21 C'est à leur centrale d'achat que je leur parle.
- 10:23 Donc c'est ça, ils ne servent pas à Rangis, eux.
- 10:25 Ils ont leur propre centrale.
- 10:26 Oui, centrale d'achat.
- 10:28 Et surtout maintenant qu'elles sont dans le Benelux,
- 10:30 qu'elles ne sont même plus en France.
- 10:31 Ah oui, vous ne les aimez pas.
- 10:32 Donc j'ai la réponse à ma question.
- 10:34 Mais je ne les critique pas
- 10:35 parce qu'ils nous achètent aussi.
- 10:37 Ils se servent aussi ?
- 10:38 Ils se servent aussi à Rangis
- 10:40 parce qu'en fait, les centrales d'achat,
- 10:41 elles ne sont pas capables
- 10:43 d'acheter des produits très pointus.
- 10:45 C'est bon pour acheter des tonnes d'oranges,
- 10:48 des choses très basiques.
- 10:50 Mais en revanche,
- 10:51 quand il faut avoir une mara des bois
- 10:53 au bon moment,
- 10:54 c'est à Rangis qu'on la trouve.
- 10:55 La différence entre le prix d'un kilo de pomme à Rangis
- 10:58 et un kilo de pomme chez mon primeur ?
- 11:00 Eh bien, la différence, c'est que
- 11:05 votre primeur, il paye des loyers,
- 11:07 il a des salariés,
- 11:09 il est venu la chercher,
- 11:11 il a ajouté de la valeur ajoutée.
- 11:13 C'est du simple au double ?
- 11:15 Je ne dirais rien.
- 11:17 Ça veut dire que ceux qui ont leur carte
- 11:19 et qui font leur course à Rangis...
- 11:21 Non, mais c'est justifié.
- 11:23 Ce qu'il faut savoir,
- 11:24 c'est que si vous voulez encore avoir
- 11:25 du commerce de proximité,
- 11:27 il faut que les Français
- 11:30 payent leur alimentation.
- 11:32 C'est ce que vous dites sur le bio aussi ?
- 11:34 Bien sûr.
- 11:35 C'est 100% français ou plus tout à fait ?
- 11:38 Nous, on est les champions du français
- 11:40 puisqu'on fait 62% de français chaque année.
- 11:44 Mais on est un pays du Nord,
- 11:46 on est obligé, en hiver,
- 11:48 si on ne veut pas manger que des racines,
- 11:50 d'importer des produits.
- 11:52 Vous n'êtes pas fan du Nutri-Score ?
- 11:54 Je déteste ça.
- 11:56 Pourquoi ?
- 11:58 Je vais vous donner un exemple très court.
- 12:00 Le foie gras, très mauvais au Nutri-Score.
- 12:03 L'huile d'olive, très mauvais au Nutri-Score.
- 12:05 On ne mange pas du foie gras tous les jours ?
- 12:06 Il faut.
- 12:08 Il faut pouvoir manger du foie gras tous les jours.
- 12:16 Écoutez, je vais vous dire une chose.
- 12:18 Le problème,
- 12:20 on parle toujours de l'alimentation,
- 12:22 le problème du budget des ménages,
- 12:24 c'est le logement.
- 12:26 Le deuxième truc qui s'est beaucoup développé,
- 12:28 c'est les abonnements Internet et autres.
- 12:30 L'alimentation n'a pas tant augmenté que ça
- 12:34 dans les budgets des ménages.
- 12:36 Donc c'est des allocations de ressources.
- 12:38 Il faut quand même se poser la question
- 12:40 est-ce qu'il vaut mieux payer 2 euros
- 12:44 et mieux manger chaque jour
- 12:46 ou est-ce qu'il vaut mieux attendre dans son lit
- 12:50 qu'Uber Eats vous livre ?
- 12:52 Oui, vous avez certainement raison,
- 12:54 mais 2 euros pour beaucoup de gens,
- 12:56 c'est quand même énorme aussi.
- 12:58 Vous constatez un boom du fromage.
- 13:00 Comment vous l'expliquez ?
- 13:02 Et on l'a vu dans les images d'Abda,
- 13:04 vous avez ouvert un nouveau bâtiment pour le fromage.
- 13:06 Oui, parce que cette année,
- 13:08 le chiffre d'affaires du fromage a augmenté de 6%.
- 13:12 Comment on l'explique ?
- 13:14 Le fromage est à la mode.
- 13:16 On a beaucoup bénéficié du Covid
- 13:18 parce que les soirées fromage,
- 13:20 les plateaux de fromage devant la télé
- 13:22 se sont développés énormément,
- 13:24 les soirées raclette.
- 13:26 Et le deuxième truc,
- 13:28 c'est que l'obsession du cholestérol
- 13:30 est passée un peu derrière nous
- 13:32 et les gens se sont dit
- 13:34 ce qui compte,
- 13:36 c'est de se faire plaisir.
- 13:38 Oui, mais ça ne rend vraiment pas sur du Nutriscore.
- 13:42 Paul, Rungis,
- 13:44 c'est le passage obligé des femmes
- 13:46 et des hommes politiques.
- 13:48 On ne peut pas présider la France
- 13:50 si on ne va pas à Rungis de nuit.
- 13:52 Absolument, de nuit.
- 13:54 C'est un peu comme le salon de l'agriculture,
- 13:56 c'est un incontournable.
- 13:58 Aujourd'hui, je me suis plongé dans les archives
- 14:00 et j'ai pu, avec le même objectif,
- 14:02 montrer qu'ils sont à l'aise dans vos entrepôts.
- 14:06 C'est Gavroche.
- 14:10 Le professionnel du genre, c'est Nicolas Sarkozy.
- 14:12 On est en 2007, il est encore candidat.
- 14:20 Nicolas Sarkozy est venu chez vous
- 14:22 pour illustrer l'un de ses slogans de campagne
- 14:24 qui entrera dans la postérité.
- 14:26 Ce matin, je suis venu à Rungis
- 14:28 pour montrer à la France qu'il se lève tôt.
- 14:30 Et c'est vrai qu'il faut se lever tôt,
- 14:32 on l'a dit, pour venir vous voir
- 14:34 quand Sarkozy revient en 2008
- 14:36 car la brunie a l'air d'avoir bien souffert du réveil.
- 14:38 Elle mange en une classe.
- 14:40 C'est le plein emploi.
- 14:42 C'est pas de gérer le chômage.
- 14:44 Le chômage va continuer à baisser.
- 14:46 A la présidentielle, chacun vient faire son bon mot
- 14:48 sur un ton goguenard.
- 14:50 Merci aux fleurs coupées et aux plantes en peau
- 14:52 de nous accueillir.
- 14:54 Et c'est notamment chez vous
- 14:56 le montage de la tête de veau.
- 14:58 On l'a senti fascinée.
- 15:00 Attention, éloignez les enfants, c'est du brutal.
- 15:02 C'est très bon.
- 15:16 Il faut avoir le cœur bien accroché.
- 15:18 Quand on vient chez vous à Rungis,
- 15:20 on sent qu'à chaque fois, chacun se force
- 15:22 à être naturel.
- 15:24 Et celui haut la main qu'on a senti
- 15:26 le plus à l'aise,
- 15:28 c'est notre Jean Castex national.
- 15:30 Évidemment, pour lui, Rungis.
- 15:32 C'est la vraie vie, quoi.
- 15:34 On se souvient de cette dégustation
- 15:36 de fromage.
- 15:38 J'ai pas osé mettre le coup de blanc
- 15:40 parce que...
- 15:44 A la pause de midi, celui qui était alors
- 15:46 Premier ministre n'avait clairement pas la tête au boulot.
- 15:48 Le président
- 15:50 à la fois du bio et des produits
- 15:52 gastronomiques, Yann Bersan.
- 15:54 Bonjour.
- 15:56 Bon appétit.
- 15:58 Rendez-vous aujourd'hui bio,
- 16:00 charcutier en Normandie.
- 16:02 Vous arrivez en pleine réunion de travail.
- 16:04 Bon, maintenant, dites-nous honnêtement
- 16:06 parmi tous les politiques qui sont venus,
- 16:08 vous les avez quasiment tous rencontrés,
- 16:10 lequel connaissait le mieux le sujet ?
- 16:12 C'est le ministre de l'Agriculture
- 16:14 qui connaisse le mieux le sujet.
- 16:16 Que ce soit Julien Denormandie,
- 16:18 Le Foll, Annie Gennevard,
- 16:20 ils connaissent très bien.
- 16:22 Et en chef d'Etat ?
- 16:24 En candidat...
- 16:26 Ou alors celui qui fait le plus
- 16:28 semblant, ou celle qui fait le plus semblant
- 16:30 d'aimer être là à 3h du matin
- 16:32 et puis d'aimer manger la tête de veau
- 16:34 à 3h du matin.
- 16:36 Je vais pas les partager parce qu'on va dire que j'ai des préférences.
- 16:38 Mais par contre, je vais vous raconter une anecdote
- 16:42 très courte sur Castex
- 16:44 puisque vous l'avez montré.
- 16:46 Au moment où on le voit,
- 16:48 à un moment donné, il y a son officier de sécurité
- 16:50 qui lui dit
- 16:52 Monsieur le Premier Ministre,
- 16:54 il y a le Conseil des Ministres
- 16:56 avec l'accent
- 16:58 Le Conseil des Ministres attendra.
- 17:02 Et il a attendu.
- 17:04 La question bonus, vous faisiez partie
- 17:06 de la délégation française lors du voyage présidentiel
- 17:08 au Vietnam que l'on va voir.
- 17:10 On vous a vu en visite
- 17:12 ici avec le Président.
- 17:14 Vous étiez donc dans l'avion
- 17:16 quand il s'est passé
- 17:20 quand il s'est passé ça.
- 17:26 Donc, en gros,
- 17:28 vous savez, nous ne savons pas
- 17:30 donc nous sommes toutes oui.
- 17:34 Le seul truc que je peux vous dire
- 17:38 c'est qu'on arrive à Hanoi
- 17:40 et avec mon directeur international
- 17:42 on a passé
- 17:44 on a fait un tour
- 17:46 et il y a un lac central à Hanoi
- 17:48 et on se balade
- 17:50 bras-dessus, bras-dessous
- 17:52 avec Bertrand Ambroise, mon directeur international
- 17:54 et on tombe
- 17:56 nez à nez avec
- 17:58 Brigitte et Emmanuel
- 18:00 bras-dessus, bras-dessous.
- 18:02 C'est tout ce que je peux dire.
- 18:04 Mais du coup, qu'est-ce qui s'est passé ?
- 18:06 J'en sais rien, je n'étais pas là.
- 18:08 Vous avez dû en parler.
- 18:10 Vous étiez dans l'avion.
- 18:12 Non, bon, alors ça, je ne veux pas vous croire.
- 18:16 Donc, le patron de Rangis
- 18:18 fait de la langue de bois aussi.
- 18:20 Le patron de Rangis raconte des salades.
- 18:22 Les enfants aussi, vous savez.
- 18:26 On va faire l'interview rafale
- 18:28 spéciale Rangis.
- 18:32 Votre plat signature réalisé avec les produits de Rangis ?
- 18:34 La blanquette aux olives.
- 18:38 Votre légume préféré à Hanoi ?
- 18:40 J'ai tout soufflé aux langoustines.
- 18:44 Votre légume préféré à Rangis ?
- 18:48 Mon légume préféré ?
- 18:50 Le cresson.
- 18:52 Votre charcuterie préférée à Rangis ?
- 18:54 Le pâté croûte.
- 18:56 C'est vrai que c'est pas mal, on aime aussi ici beaucoup le pâté croûte.
- 19:00 Le fromage qui tue à Rangis ?
- 19:02 Ils sont tous bons.
- 19:06 Dans le sens le meilleur.
- 19:08 Le brioche à vin.
- 19:10 J'aime beaucoup le brioche à vin.
- 19:12 Le produit que vous ne connaissiez pas
- 19:14 et que Rangis vous a fait découvrir ?
- 19:18 J'en ai découvert plein.
- 19:20 Celui que j'ai découvert,
- 19:22 c'est le citron caviar.
- 19:24 Un tout petit citron.
- 19:26 Quand vous l'ouvrez...
- 19:28 Il y a des pépins dedans.
- 19:30 Vous mettez ça sur un plat
- 19:32 et ça craque dans la bouche.
- 19:34 Ça met un petit goût citronné.
- 19:36 C'est super.
- 19:38 Votre odeur préférée dans le marché ?
- 19:42 A l'aube, à la marée.
- 19:44 Cette odeur de poisson vous a l'impression d'être en Bretagne.
- 19:48 Le bruit qui résume le mieux le marché ?
- 19:50 Un Transpalette qui freine derrière vous.
- 19:54 Le souvenir du petit-déj le plus fou que vous ayez pris à Rangis ?
- 19:58 On a organisé pendant les JO
- 20:00 le plus grand brunch du monde.
- 20:02 Pour qui ?
- 20:04 Pour nous.
- 20:06 Je portais la flamme olympique.
- 20:08 Vous avez une belle vie.
- 20:12 On choisit dans la vie.
- 20:14 On s'amuse à Rangis.
- 20:18 Tant mieux pour vous.
- 20:20 Vous avez organisé un brunch.
- 20:22 Un grand brunch.
- 20:24 C'était le questionnaire Rafal
- 20:26 du patron de Rangis.
- 20:28 Merci Stéphane Layami.
- 20:30 Je remonte votre livre.
- 20:32 Votre livre s'appelle Le Monde a faim.
- 20:34 Et c'est aux éditions du Cher Smoothie.
- 20:36 A travers vous, on passe un énorme bonjour
- 20:40 à tous les salariés de Rangis.
- 20:42 Et s'ils veulent nous envoyer du fromage,
- 20:44 qu'ils n'hésitent pas.
- 20:46 Vraiment, qu'ils n'hésitent pas.
- 20:48 Ou autre chose.
- 20:50 N'hésitez pas. On est là.
- 20:52 Merci beaucoup.
Cette vidéo présente une interview approfondie avec Stéphane Layani, le président du marché international de Rungis et de l'Union Mondiale des Marchés de Gros, dans l'émission "Quotidien". L'entretien débute par une présentation de M. Layani, de son parcours et de l'ampleur de Rungis, décrit comme le plus grand marché de produits frais au monde, s'étendant sur 230 hectares et gérant 3 millions de tonnes de marchandises par an. Le cœur de la discussion tourne autour du nouveau livre de Stéphane Layani, "Le Monde a faim", qui plaide pour des solutions à la faim mondiale. L'interview explore le concept de Rungis comme une "ville à l'envers" en raison de son activité nocturne intense, soulignant son efficacité et son rôle vital dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Un reportage embarqué à 5h du matin à Rungis illustre la vie trépidante du marché, ses infrastructures complètes (crèche, banques, centre médical) et la diversité de ses pavillons (viandes, fruits et légumes, beurre, œufs, fromages). Stéphane Layani détaille le fonctionnement d'un marché de gros, expliquant comment il massifie les flux de produits agricoles, permet la négociation des prix et assure la distribution vers les villes. Il met en avant l'expertise française en matière de marchés de gros, notamment en termes d'entrepôts frigorifiques, de logistique et de normes sanitaires. Il évoque l'ambition de Rungis d'exporter ce savoir-faire à l'international, citant des projets à Abu Dhabi et en Chine, comme un moyen de renforcer la sécurité alimentaire mondiale. L'interview aborde également des sujets plus spécifiques tels que la gestion des déchets à Rungis, qui sont recyclés pour chauffer et refroidir Orly et les villes avoisinantes. M. Layani discute des relations avec les grandes centrales d'achat des supermarchés, soulignant que Rungis reste indispensable pour les produits très spécifiques ou de saison. Il défend le prix des produits alimentaires, arguant que le coût du logement et des abonnements numériques pèse davantage sur le budget des ménages que l'alimentation, et critique le Nutri-Score, le jugeant inapproprié pour certains produits de qualité. Il explique le boom du fromage, lié aux habitudes prises pendant le Covid et à un moindre souci du cholestérol. Enfin, la vidéo explore la tradition des visites politiques à Rungis, un passage obligé pour les candidats et dirigeants français, illustrant leur proximité avec le monde du travail. Stéphane Layani partage des anecdotes sur ces visites et conclut par un questionnaire rapide sur ses préférences culinaires et ses découvertes à Rungis, réaffirmant son engagement pour l'alimentation et le développement des marchés de gros à travers le monde.
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