Cette énergie pourrait achever la planète !
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Ce discours critique l'idée que le problème énergétique principal est le CO2, arguant que l'enjeu majeur est l'utilisation destructrice de l'énergie, et que même des sources "propres" comme la fusion nucléaire pourraient aggraver la dévastation si la finalité de nos actions ne change pas.
- 0:00 Soyons un tout petit peu honnête.
- 0:01 Vous n'avez déjà plus l'âge des bisounours.
- 0:03 Aujourd'hui, on utilise l'énergie pour tout raser.
- 0:08 Le plus grave aujourd'hui, ce n'est pas que cette énergie,
- 0:10 elle émet du CO2 et que ça réchauffe un peu la planète.
- 0:13 Ça, c'est une conséquence secondaire.
- 0:15 Le plus grave, c'est ce qu'on fait avec l'énergie.
- 0:18 Qu'est-ce qu'on fait avec l'énergie ?
- 0:19 On rase la forêt, on fait un parking de supermarché.
- 0:22 Et imaginez que maintenant, grâce aux gentils,
- 0:24 on va le faire avec de l'énergie propre.
- 0:26 Super. On aura un parking fait à l'énergie propre.
- 0:29 On aura quand même plus de forêt.
- 0:37 Tout détruire avec des machines propres
- 0:42 nous apporterait-il un quelconque bénéfice ?
- 0:45 J'ai été récemment conspué,
- 0:49 ce qui est plutôt bon signe,
- 0:50 les gens consensuels n'ont aucun intérêt,
- 0:53 parce que j'ai remis en cause le bienfait que serait
- 0:57 l'éventuelle fusion nucléaire.
- 1:00 Je vous explique ce dont il est question.
- 1:02 Vous savez qu'aujourd'hui, une grande partie de l'énergie
- 1:05 utilisée à l'échelle mondiale, c'est ce qui vient des fossiles,
- 1:08 donc du pétrole, du charbon, etc.
- 1:10 Ça émet beaucoup de gaz à effet de serre.
- 1:12 Ça réchauffe la planète. C'est mal.
- 1:14 On a dit que c'est mal, mais vous savez que le charbon
- 1:17 est la source d'énergie qu'on a le plus augmentée,
- 1:20 enfin, dont l'utilisation a le plus augmenté récemment.
- 1:23 On dit que c'est mal, mais en fait, on s'en sert de plus en plus.
- 1:26 Puis les gentils, ceux qui se croient gentils,
- 1:29 les ingénieurs, les physiciens, certains d'entre eux,
- 1:31 certaines d'entre elles,
- 1:32 essayent de développer une source d'énergie
- 1:34 qui serait presque propre et presque infinie.
- 1:37 Et cette source, c'est ce qu'on appelle la fusion nucléaire.
- 1:39 Ce n'est pas celle qui est utilisée aujourd'hui dans les centrales.
- 1:42 Dans les centrales, c'est la fission nucléaire.
- 1:43 On casse des gros noyaux.
- 1:45 La fusion, c'est qu'on prend essentiellement de l'hydrogène
- 1:48 et on fait de l'hélium, comme dans le soleil.
- 1:50 Alors la fusion, si ça marche, c'est vrai,
- 1:53 si ça marche, parce qu'on n'en est pas là,
- 1:55 mais si ça marche, c'est vrai que ça sera très peu polluant,
- 2:00 beaucoup moins, en tout cas, que ce qu'on a aujourd'hui.
- 2:02 Et c'est vrai que ça sera presque, avec des guillemets,
- 2:05 infini, parce que l'hydrogène, ça ne manque pas.
- 2:08 Donc on serait sauvés, non ?
- 2:09 Si les ingénieurs arrivaient à nous concocter ça,
- 2:11 qu'est-ce que ça serait bien ?
- 2:12 On aura une énergie presque infinie et presque propre.
- 2:16 A mon humble avis, ça serait pire que tout.
- 2:18 Mais je suis sincère, là,
- 2:19 ce n'est pas une posture d'intellectuel critique
- 2:22 qui est systématiquement négative ou que sais-je.
- 2:24 Moi, je ne suis pas du tout négatif.
- 2:26 Je suis enchanté par le monde, enchanté.
- 2:28 J'ai marché tout à l'heure, là,
- 2:30 j'ai trouvé que tout était beau, en fait.
- 2:32 Donc je ne suis pas du tout négatif, moi.
- 2:34 Je trouve qu'on habite une planète extraordinaire.
- 2:37 Mais soyons un tout petit peu honnêtes.
- 2:39 Vous n'avez déjà plus l'âge des bisounours.
- 2:42 Aujourd'hui, on utilise l'énergie pour tout raser.
- 2:46 Le plus grave aujourd'hui, ce n'est pas que cette énergie,
- 2:48 elle émet du CO2 et que ça réchauffe un peu la planète.
- 2:51 Ça, c'est une conséquence secondaire.
- 2:53 Le plus grave, c'est ce qu'on fait avec l'énergie.
- 2:56 Qu'est-ce qu'on fait avec l'énergie ?
- 2:57 On rase la forêt, on fait un parking de supermarché.
- 3:00 Et imaginez que maintenant, grâce aux gentils,
- 3:02 on va le faire avec de l'énergie propre.
- 3:04 Super. On aura un parking fait à l'énergie propre.
- 3:07 On n'aura quand même plus de forêt.
- 3:08 Mais imaginez qu'en plus,
- 3:10 elle se voit presque gratuite, cette énergie.
- 3:12 Ah, à ce moment-là, on ne va peut-être pas en faire qu'un seul.
- 3:14 On va peut-être en faire 10.
- 3:15 On n'aura peut-être plus de forêt du tout.
- 3:17 Mais évidemment que c'est ce qui va se passer.
- 3:19 Alors, bien sûr, une partie de l'énergie est utile.
- 3:21 On est content de se chauffer en hiver.
- 3:23 On est content de pouvoir manger.
- 3:24 On est content de pouvoir se loger pour la plupart d'entre nous.
- 3:27 Evidemment que personne ne veut revenir à l'âge des grottes
- 3:31 ou que sais-je, ou des cavernes, comme disent
- 3:34 ceux qui souhaitent caricaturer les écologistes.
- 3:36 Bien sûr que personne ne veut ça.
- 3:38 Et bien sûr qu'il y a des pays dans le monde
- 3:40 où il serait souhaitable que les populations
- 3:42 aient un peu plus d'énergie.
- 3:44 Mais je parle ici en France à des Français.
- 3:46 Enfin, en tout cas, des gens qui habitent en France.
- 3:49 Et il se trouve que pour nous, aujourd'hui, la question,
- 3:51 c'est qu'est-ce qu'on veut faire de l'énergie ?
- 3:53 Ce n'est pas disposer de plus d'énergie.
- 3:56 Si vous voulez, nous sommes en train, par exemple,
- 3:58 de totalement dévaster les fonds marins.
- 4:00 C'est encore pire qu'en surface, ce qui se passe dans les fonds marins,
- 4:03 parce qu'on ne le voit pas.
- 4:04 Donc, il se croit autorisé à tout faire
- 4:06 pour aller chercher les métaux rares
- 4:07 qui sont en particulier dans nos téléphones portables.
- 4:11 Quand on aura une énergie propre et infinie,
- 4:14 qu'est-ce que vous croyez ? On va s'arrêter d'un seul coup ?
- 4:16 Maintenant qu'on peut le faire et qu'on peut le faire gratuitement,
- 4:19 on ne le fait plus.
- 4:21 Non, mais soyons un peu sérieux.
- 4:23 Soyons un peu sérieux.
- 4:25 La question à poser aujourd'hui,
- 4:26 ce n'est pas de trouver une énergie propre,
- 4:28 c'est de savoir ce qu'on veut faire avec l'énergie.
- 4:31 Si l'énergie est utilisée pour sauver les gens qui meurent de faim,
- 4:34 parfait.
- 4:35 Parfait. Je pense que ça mérite le travail entrepris.
- 4:38 Mais ce n'est pas vrai.
- 4:40 Ce n'est simplement pas vrai pour ce qui se passe en ce moment.
- 4:45 Je vous donne encore un dernier exemple
- 4:47 pour vous montrer à quel point penser, c'est concret.
- 4:50 Les gens qui sont dans le monde économique
- 4:54 aiment bien essayer d'être verteux
- 4:56 et de repenser le fonctionnement de l'entreprise.
- 4:58 Mais c'est parfait, ça.
- 4:59 Essayer d'émettre un peu moins de CO2.
- 5:00 Alors, je ne sais pas, on va utiliser du plastique,
- 5:02 on va utiliser un truc recyclé.
- 5:04 Parfait, parfait, c'est très bien.
- 5:06 Mais la vraie question, ce n'est pas ça.
- 5:07 C'est à quoi sert l'entreprise ?
- 5:09 Qui se pose cette question ?
- 5:10 J'ai discuté récemment avec des chefs d'entreprise,
- 5:12 des gens très diplômés,
- 5:14 et ils ne s'étaient jamais posé la question.
- 5:16 Je dis, mais sérieusement, mec, t'es polytechnicien,
- 5:18 t'as bac plus 18, t'as 10 000 personnes sous tes ordres
- 5:20 et tu t'es jamais demandé à quoi ça sert, ce que tu fais ?
- 5:23 Ben non.
- 5:24 C'est pas parce qu'ils sont bêtes,
- 5:25 c'est parce que le système ne nous permet pas de poser la question.
- 5:28 C'est ça qui est intéressant.
- 5:30 C'est pas se demander comment émettre 5 % de CO2 en moins,
- 5:33 c'est de se demander, cette entreprise, en fait,
- 5:34 elle sert à quoi ?
- 5:36 Quelle est sa finalité ?
- 5:37 Si on n'interroge pas la finalité, c'est le fric, c'est le profit.
- 5:40 Si on ne pose pas la question,
- 5:42 c'est automatiquement ça, la finalité.
- 5:43 Mais on n'est pas obligé de le faire.
- 5:44 C'est rare, mais il y a des chefs d'entreprise qui ne le font pas,
- 5:47 qui se disent, par exemple,
- 5:48 moi, la finalité, c'est le bonheur des salariés.
- 5:51 Pas des clients, ça, c'est bidon, ça ne marche pas,
- 5:52 mais des salariés.
- 5:53 Chaque orientation stratégique que je prends,
- 5:56 c'est pour faire en sorte que les gens qui passent la porte
- 5:58 de mon entreprise, demain, soient plus heureux.
- 6:01 Et ce qui est dingue, c'est que ça paraît évident, en fait,
- 6:03 en se disant, ben oui, enfin, c'est pas déjà le cas ?
- 6:06 Eh ben non, c'est pas déjà le cas.
- 6:08 Et en fait, quand on le fait, ça change tout.
- 6:10 Et c'est là où vous voyez que penser,
- 6:12 c'est radical et révolutionnaire.
- 6:15 Bon, j'espère vous avoir convaincus.
- 6:18 Alors, vous voyez que ce qui est chouette pour vous,
- 6:21 là, les jeunes, c'est que vous êtes celles et ceux
- 6:22 qui n'ont pas le choix.
- 6:24 Parce que tout le monde a voulu changer le monde,
- 6:25 mais vous, vous ne pouvez pas faire l'économie
- 6:28 de cette révolution.
- 6:29 Sinon, ça va très mal se passer pour vous,
- 6:31 et pour pas que vos parents m'engueulent,
- 6:32 je ne vais pas rentrer dans le scénario catastrophe.
- 6:35 Donc, ça tombe plutôt bien, parce que finalement,
- 6:38 et c'est mon message,
- 6:39 et c'est là où, pour une fois, je suis optimiste,
- 6:42 ce qui était en train de rendre cette planète invivable
- 6:46 était aussi, finalement, ce qui nous rendait malheureux.
- 6:49 Voilà.
- 6:50 Et donc, je crois qu'on pourrait peut-être faire
- 6:53 d'une pierre deux coups,
- 6:54 c'est-à-dire s'autoriser l'inenvisager.
- 6:57 Non pas pour construire un monde de folie et de délire,
- 7:00 mais au contraire, pour revenir à l'évidence
- 7:04 que néanmoins, nous avions oublié.
- 7:08 Et si l'imagination vous manque et que vous vous dites,
- 7:10 ah bah oui, ok, il a raison.
- 7:13 Un tout autre monde, ça serait mieux, mais lequel ?
- 7:17 Après tout, que faire d'autre ?
- 7:18 Ce qu'on fait là, c'est ce qu'on sait faire,
- 7:20 c'est ce qui nous définit en tant qu'humains.
- 7:22 Ne dites pas ça.
- 7:24 C'est faux, ce n'est pas vrai, et c'est même un peu raciste.
- 7:27 Pourquoi ?
- 7:28 Parce que d'autres civilisations, beaucoup d'autres civilisations
- 7:32 ont habité cette planète sans partager notre folie
- 7:38 de prédation et presque de nécrophilie,
- 7:41 c'est-à-dire d'amour de la mort.
- 7:43 En fait, nous sommes quasiment les seuls à nous comporter comme ça.
- 7:47 Donc ne vous dites pas, le reste est impossible.
- 7:50 En fait, ce n'est pas vrai.
- 7:51 Lisez un peu de ce qu'on appelle l'ethnologie ou l'anthropologie
- 7:54 et vous verrez que l'essentiel des êtres humains
- 7:56 qui ont habité cette planète n'étaient pas comme nous
- 7:59 et ne partageaient pas notre rapport à l'environnement.
- 8:02 C'est une fable, c'est un mensonge de l'Occident contemporain
- 8:07 que de tenter de nous faire croire qu'aucun ailleurs n'est possible.
- 8:12 Et cette interrogation quant à la direction, à la finalité,
- 8:17 moi, je crois que ce n'est pas du tout un délire de rêveur.
- 8:20 Je crois que c'est en fait, au contraire, une question hyper rationnelle.
- 8:24 Vous savez peut-être que nous sommes les héritiers
- 8:27 de ce qu'on a appelé en Grèce ancienne le Logos.
- 8:30 Logos, c'est un mot qui veut dire plein de choses,
- 8:32 mais qui veut dire avant tout la raison.
- 8:34 Et c'est vrai que nous sommes les héritiers et héritières du Logos.
- 8:37 Mais je voudrais vous dire pour le meilleur et pour le pire.
- 8:40 Pour le meilleur, parce que c'est de là que viennent nos sciences,
- 8:42 par exemple.
- 8:43 Moi, j'aime les mathématiques, j'aime la physique, j'aime la biologie.
- 8:46 Et je vous incite à les aimer aussi.
- 8:48 Mais également pour le pire, parce qu'on a oublié que cette forme-là
- 8:53 de raison n'était pas la seule possible.
- 8:57 Et pourtant, d'autres civilisations, pensez à l'Égypte par exemple,
- 9:01 avaient précisément développé d'autres rapports au monde
- 9:03 qui étaient tout aussi intelligents et peut-être moins prédateurs.
- 9:33 Sous-titrage Société Radio-Canada
Dans cette intervention percutante, l'orateur remet en question la vision simpliste selon laquelle la crise environnementale se résume aux émissions de CO2 et au réchauffement climatique. Il affirme avec force que le véritable problème réside dans l'usage que nous faisons de l'énergie, souvent à des fins destructrices. Il utilise l'exemple frappant de la déforestation pour créer des parkings de supermarchés, soulignant que même si cette destruction était réalisée avec une énergie "propre", la perte de la forêt demeurerait. L'argument central est que l'accès à une énergie quasi-infinie et propre, comme la fusion nucléaire, pourrait paradoxalement accélérer la dévastation environnementale en levant les dernières contraintes perçues, menant à une exploitation encore plus effrénée des ressources, comme l'illustre l'exemple de la dévastation des fonds marins pour les métaux rares. L'orateur insiste sur la nécessité de s'interroger sur la "finalité" de nos actions et de nos entreprises. Il critique l'approche qui se contente de réduire marginalement les émissions de CO2 sans remettre en cause l'objectif ultime de l'activité économique, qui est trop souvent le profit. Il propose de repenser la finalité des entreprises, suggérant par exemple le bonheur des salariés comme objectif primordial. Le discours se veut un appel à la réflexion radicale et révolutionnaire, invitant les jeunes générations à envisager un "tout autre monde". Il déconstruit l'idée que notre mode de vie prédateur est inhérent à l'humanité, rappelant que de nombreuses autres civilisations ont existé sans partager notre "folie de prédation". Il conclut en soulignant que le "Logos" grec, source de notre raison scientifique, a aussi conduit à une relation destructrice avec le monde, et qu'il est temps d'explorer d'autres formes d'intelligence et de rapports à l'environnement, pour notre bien-être et celui de la planète.
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