Cépages hybrides : une recette longtemps boudée mais qui porte ses fruits

reportage 2:38 Fuente ↗ Valentin Morel jura vin bio cépages hybrides viticulture durable pesticide
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Valentin Morel, vigneron dans le Jura, cultive des cépages hybrides résistants aux maladies sans pesticides pour produire des vins bio de qualité, défiant les préjugés historiques contre ces variétés.

  1. 0:00 Ici, dans le Jura, Valentin Morel produit des vins bio sur 7 hectares de vignes.
  2. 0:06 Qu'est-ce qu'on fait dans les vignes en ce moment ?
  3. 0:07 En ce moment, c'est la période de la taille.
  4. 0:09 Le problème de la vigne, c'est que c'est une liane,
  5. 0:11 elle a tendance tout le temps à s'étendre.
  6. 0:12 Et nous, simplement, à la taille, on va la réduire, la restreindre.
  7. 0:15 Ici, Valentin, vous avez planté des vignes qu'on appelle hybrides en 2017.
  8. 0:19 C'est quoi ?
  9. 0:20 C'est un croisement entre des espèces de vignes américaines
  10. 0:22 et des espèces de vignes européennes
  11. 0:24 qui permet de résister aux maladies sans pesticides
  12. 0:26 tout en faisant des vins qualitatifs.
  13. 0:28 C'est ça, l'exigence.
  14. 0:29 Si ces pages hybrides, en France, ne représentent quasi rien, pourquoi ?
  15. 0:33 Avant, en 1958, ils représentaient 40% de la surface.
  16. 0:36 Aujourd'hui, même pas 1%.
  17. 0:37 Pourquoi ?
  18. 0:38 Parce qu'ils ont été victimes de tout un tas de campagnes de calomnies
  19. 0:41 qui ont laissé des traces.
  20. 0:42 Dans les années 30, il y a eu des lois d'interdiction.
  21. 0:44 Quand on interdit 6, certains sont convaincus que ce n'est pas bon.
  22. 0:50 Là, on va dans une de mes caves de vieillissement des tonneaux.
  23. 0:53 C'est une ancienne cave d'affinage de Comté.
  24. 0:55 Et comme ça, en plein milieu de la ville ?
  25. 0:57 En plein milieu du quartier.
  26. 0:58 Là, on est dans un très vieux quartier vigneron de Poligny.
  27. 1:00 Et toutes les maisons ont des caves envoûtées, enterrées.
  28. 1:04 C'est magnifique.
  29. 1:05 Il y a le secret des levures.
  30. 1:06 Il y a toute la poésie du vin là-dedans.
  31. 1:08 En 2014, Valentin a quitté sa vie d'attaché de préfecture
  32. 1:11 pour reprendre l'exploitation familiale.
  33. 1:13 Pourquoi vous avez fait un tel choix ?
  34. 1:14 Quand on est fils de vigneron, on a envie de tout, sauf d'être vigneron.
  35. 1:18 Donc, je n'avais surtout pas envie de faire ça.
  36. 1:19 Mon père me disait lui-même qu'il fallait arrêter ce métier de con,
  37. 1:22 comme il le disait lui-même.
  38. 1:23 Et puis après, quand je me suis retrouvé à mon bureau de préfecture,
  39. 1:25 je me suis rendu compte que mon père aussi, et mon frère qui est vigneron,
  40. 1:28 eux aussi œuvraient pour le service public, parfois peut-être plus que moi,
  41. 1:31 en étant paysan, et notamment maintenant paysan bio.
  42. 1:34 Donc, voilà pourquoi je suis revenu.
  43. 1:39 Valentin vend 30 000 bouteilles de vin par an,
  44. 1:41 principalement en cave et dans les restaurants français.
  45. 1:44 Écoute, je viens de faire goûter des hybrides, comment on en avait parlé ?
  46. 1:46 C'est un vin d'été sur la fraîcheur, tu vois.
  47. 1:49 Qu'est-ce que vous en pensez de ces vins hybrides de Valentin ?
  48. 1:51 On retrouve toutes les qualités d'un vin, il y a de l'acidité, il y a de l'aromatique.
  49. 1:55 Quand vous voyez que vos vins hybrides plaisent comme ça, qu'est-ce que ça vous fait ?
  50. 1:58 Il y a un sentiment de réussite, après je reste modeste,
  51. 2:00 parce qu'attention, je ne sais pas ce que ça va devenir.
  52. 2:02 Ça se trouve, certaines vignes, certains cépages que j'ai vont devenir sensibles aux maladies,
  53. 2:05 donc je suis très prudent.
  54. 2:06 C'est votre combat justement au quotidien de trouver des solutions
  55. 2:09 pour faire une vigne écologique, biologique et durable.
  56. 2:11 On ne peut pas continuer de manière éternelle à faire ce métier
  57. 2:14 comme on l'a fait il y a 50 ans, il faut qu'on trouve des solutions.
  58. 2:17 Je ne dis pas que les hybrides sont la solution,
  59. 2:19 je dis que c'est une des solutions qui permet que si on en avait tous 30%,
  60. 2:22 ça permet quand même de répondre à une des grosses difficultés du métier de vigneron,
  61. 2:26 les gels de printemps et puis les difficultés économiques.
  62. 2:29 Être vigneron et militant au final, c'est un combat qui est parfois dur à mener.
  63. 2:34 Je ne vois pas ma vie autrement que comme ça.