Le magnétisme est une illusion
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Cette vidéo explore l'origine du magnétisme, démontrant qu'il n'est pas une force indépendante mais une manifestation relativiste de la force électrostatique, en s'appuyant sur la relativité restreinte pour expliquer ce phénomène.
- 0:00 Bonjour à tous. Aujourd'hui on va parler de l'origine du magnétisme et on va voir
- 0:06 que, en un certain sens, le magnétisme n'existe pas en tant que tel. Ce qu'on
- 0:11 appelle la force magnétique n'est rien d'autre qu'une force électrostatique
- 0:16 dont on ne s'était pas vraiment rendu compte qu'elle en était une. Et pour
- 0:21 comprendre ça, on va découvrir que le magnétisme a beau être un phénomène
- 0:25 courant, il trouve profondément son origine dans la théorie de la
- 0:29 relativité restreinte.
- 0:36 La manifestation la plus habituelle du magnétisme dans notre quotidien, ce sont
- 0:40 les aimants qui s'attirent et bien sûr le fait que le champ magnétique terrestre
- 0:45 oriente l'aiguille d'une boussole de façon à nous montrer le nord. Mais à la
- 0:51 base du magnétisme, il y a un phénomène plus fondamental, les champs
- 0:54 magnétiques dévient les particules chargées. Si une particule qui possède
- 1:00 une charge pénètre dans un champ magnétique,
- 1:02 elle va se mettre à dévier de sa trajectoire et c'est un truc super
- 1:06 important sur Terre car le soleil nous envoie régulièrement des particules de
- 1:10 ce genre, principalement des protons et des électrons qui forment ce qu'on
- 1:14 appelle le vent solaire. Si ces particules arrivaient toutes jusqu'à nous, non
- 1:19 seulement ça mettrait un sacré bazar dans nos télécommunications, mais en plus
- 1:23 à terme ça pourrait éroder et détruire l'atmosphère, dont on a quand même un
- 1:28 peu besoin. Heureusement pour nous, ces particules
- 1:31 chargées que nous envoie le soleil sont déviées par le champ magnétique
- 1:35 terrestre et les rares fois où certaines atteignent notre atmosphère, c'est quand
- 1:41 il y a des éruptions solaires vraiment importantes et chez nous ça se
- 1:45 manifeste par des aurores boréales. Le fait que les champs magnétiques dévient
- 1:50 les particules chargées, c'est fondamental et on peut s'en servir pour faire des
- 1:54 expériences intéressantes. Par exemple si on prend ce qu'on appelle un tube
- 1:58 cathodique, qui est en gros un canon à électrons, on peut voir la trajectoire du
- 2:04 faisceau d'électrons dedans, mais aussi visualiser comment cette trajectoire est
- 2:08 déviée quand on approche un aimant du tube et cela confirme bien que les
- 2:14 champs magnétiques dévient les électrons. Pour les moins jeunes qui ont connu les
- 2:19 télé cathodiques, c'est pour ça que si vous approchiez un aimant de l'écran ça
- 2:24 faisait un gros trou noir dans l'image. Ce qui est amusant avec cette force
- 2:28 magnétique qui agit sur les particules chargées, c'est que si on analyse ses
- 2:33 caractéristiques, on peut découvrir qu'elle est liée à la vitesse des
- 2:36 particules et toujours dirigée de façon perpendiculaire à cette vitesse. Et c'est
- 2:42 pour ça que cette force a tendance à provoquer des trajectoires circulaires
- 2:45 comme celle-ci. Une trajectoire circulaire, c'est ce qu'on obtient quand la force est
- 2:50 toujours perpendiculaire à la vitesse. Et c'est assez utile comme caractéristique
- 2:55 car c'est ça qui permet de faire des accélérateurs de particules ayant une
- 3:00 forme d'anneau. C'est le cas de ce qu'on appelle les cyclotrons ou bien encore du
- 3:05 LHC au CERN. Je vous renvoie à cette chouette vidéo que j'avais tournée là-bas.
- 3:10 L'ingrédient de base d'un accélérateur de particules,
- 3:14 c'est d'abord un champ électrique. C'est lui qui va permettre d'accélérer les
- 3:19 particules en leur appliquant une force dirigée dans la direction du champ. Une
- 3:24 force qui va accélérer la particule en maintenant sa trajectoire rectiligne.
- 3:27 Mais pour pouvoir en profiter au maximum, on alterne ces champs électriques avec
- 3:33 des champs magnétiques qui vont dévier les particules de façon circulaire. Ici
- 3:38 dans la zone du champ magnétique, la force magnétique est perpendiculaire à la
- 3:42 trajectoire. Et ça va permettre de faire une boucle et donc de ramener les
- 3:47 particules dans une zone d'accélération avec un champ électrique pour les
- 3:51 accélérer à nouveau. Et en faisant plein de tours de cette façon, les particules
- 3:56 peuvent acquérir une vitesse proche de celle de la lumière.
- 3:59 Donc si on regarde les choses dans leur ensemble, il semble exister deux forces
- 4:04 indépendantes qui agissent sur les particules chargées. D'un côté la force
- 4:09 électrostatique associée au champ électrique et qui accélère les
- 4:13 particules dans la direction du champ. La force qui s'applique c'est simplement la
- 4:17 charge de la particule Q multipliée par le champ électrique. Et de l'autre côté la
- 4:22 force magnétique associée au champ magnétique et qui dévie les particules
- 4:27 en une trajectoire circulaire et de façon proportionnelle à la vitesse. Et on a
- 4:32 aussi une formule pour ça qui fait intervenir la charge, la vitesse et le
- 4:36 champ magnétique B. Et comprendre les trajectoires des particules chargées
- 4:41 avec juste ces deux forces, eh bien ça marche super bien. On pourrait s'arrêter
- 4:46 là sans se poser de questions. Mais il y a vraiment un truc bizarre dans cette
- 4:50 dernière formule. La force magnétique dépend de la vitesse de la particule sur
- 4:56 laquelle elle s'applique. C'est un peu suspect ça car ça rentre en
- 5:00 contradiction avec le principe de relativité. Et là quand je dis principe
- 5:04 de relativité je parle même pas d'Einstein. On oublie souvent que l'idée
- 5:08 de relativité est bien antérieure à notre ami Albert. Bien avant lui, au XVIe
- 5:14 siècle, Galilée avait remarqué que si on fait une expérience sur la terre ferme
- 5:18 et qu'on fait la même expérience dans un bateau qui se déplace à vitesse
- 5:22 constante, le résultat était toujours identique. Le fait d'être dans un
- 5:27 référentiel qui se déplace à vitesse rectiligne uniforme, ici le bateau, n'a
- 5:32 aucun impact sur la façon dont se déroulent les phénomènes physiques.
- 5:35 Ceux-ci ne peuvent donc pas dépendre de cette vitesse puisque dans le bateau et
- 5:40 sur la plage on a toujours la même chose. Galilée aurait résumé ça de façon
- 5:44 compacte en disant le mouvement est comme rien. Être immobile ou se déplacer à
- 5:51 vitesse constante c'est absolument pareil du point de vue des lois de la
- 5:55 physique. Les mêmes règles s'appliquent. Vous le sentez bien quand vous êtes dans
- 6:00 une voiture, un train ou même un avion, tant que le véhicule va tout droit à
- 6:04 vitesse constante, les choses se passent pour vous et les objets qui vous entourent
- 6:09 comme si vous étiez immobile au sol. Pour exprimer ça on dit que, quel que soit le
- 6:15 référentiel galiléen dans lequel on se place, les lois de la physique sont les
- 6:19 mêmes. Et revenons donc à notre force magnétique. Si on a une force qui dépend
- 6:24 de la vitesse de la particule, ça veut dire que si je change de référentiel, la
- 6:28 vitesse de cette particule change et donc la force change, voire carrément si
- 6:33 je me mets dans le référentiel de la particule elle-même, la force magnétique
- 6:36 disparaît, il n'y aurait plus de déviation. C'est pas possible, c'est incohérent.
- 6:41 On l'a vu sur les expériences du tube cathodique, les électrons sont vraiment
- 6:46 déviés par les champs magnétiques. La force existe vraiment. Comment peut-elle
- 6:50 dépendre de la vitesse de la particule ? Qu'est-ce qui cloche dans ce raisonnement ?
- 6:55 Pour le comprendre, on va devoir s'intéresser à un autre type d'aimants,
- 6:59 les électro-aimants.
- 7:06 À part les aimants classiques, qu'on appelle les aimants permanents, si vous
- 7:10 voulez créer un champ magnétique, le meilleur moyen c'est de faire circuler
- 7:13 du courant dans un fil électrique. Car oui, le courant électrique engendre une
- 7:18 force magnétique autour de lui, qu'on sait quantifier. Prenez un fil de cuivre
- 7:24 et placez une particule chargée à une certaine distance du fil. Mettons que
- 7:28 cette particule se déplace à une certaine vitesse V. Le fil est neutre
- 7:32 électriquement, il contient autant de charge positive que négative, donc il ne
- 7:37 crée pas de champ électrique autour de lui. Il n'y a donc pas de force
- 7:40 électrostatique qui s'exerce sur la particule et celle-ci continuera tout
- 7:44 droit sa trajectoire. Maintenant, si vous faites circuler un
- 7:48 courant dans le fil, les lois du magnétisme nous disent qu'autour du
- 7:52 fil va se créer un champ magnétique et que ce champ va exercer une force sur la
- 7:58 particule et la dévier, du moins si celle-ci possède déjà une vitesse.
- 8:02 Par exemple dans cette configuration, une charge positive subira une force qui
- 8:07 l'attirera vers le fil. Cette force sera perpendiculaire à la
- 8:11 trajectoire et pour ceux qui aiment les formules, on peut écrire son expression
- 8:15 mathématique. On multiplie la charge Q par la vitesse V et l'intensité du
- 8:20 courant électrique. On divise par la distance au fil R, plus la charge est
- 8:25 loin, plus la force est faible et puis il y a une petite constante devant notée
- 8:29 mu0 sur 2pi. Et cette formule est très bien vérifiée expérimentalement.
- 8:34 Cette loi nous montre que les courants électriques sont à l'origine d'une
- 8:38 force magnétique car il crée un champ magnétique. Et qu'est ce que c'est un
- 8:43 courant électrique ? A l'intérieur du fil finalement ce sont juste des charges,
- 8:47 des électrons du métal qui se déplacent. C'est le mouvement des charges qui
- 8:52 engendre le champ magnétique. Ça c'est le principe de l'électroaimant et ça
- 8:56 vous semble peut-être assez différent de ce qui semble se passer dans un
- 8:59 aimant permanent. Et vous avez raison, même s'il y a des similarités et qu'on
- 9:04 peut en quelque sorte relier les deux. On peut en exagérant un peu voir les
- 9:08 aimants permanents comme des électroaimants naturels.
- 9:11 Pour la suite je vous propose de mettre cette différence sous le tapis et de
- 9:16 considérer que fondamentalement dans les deux cas ce sont les mouvements des
- 9:19 charges qui créent les champs magnétiques. On voit donc que la force
- 9:23 électrostatique et la force magnétique semblent bien toutes les deux au départ
- 9:27 créées par des charges mais avec un mécanisme différent. Dans le cas
- 9:32 électrostatique c'est la simple présence d'une charge qui va engendrer une force
- 9:36 électrostatique, la force de Coulomb, mais pour la force magnétique c'est le
- 9:40 déplacement de la charge qui compte. On peut écrire des équations précises
- 9:46 qui expriment les champs en fonction des caractéristiques de la charge qui
- 9:51 sert de source. Pour le champ électrique c'est la loi de Coulomb que vous
- 9:55 connaissez peut-être. Pour le champ magnétique c'est une formule un peu plus
- 9:58 compliquée et j'ai pas forcément besoin que vous la compreniez complètement. Mais
- 10:03 vous pouvez remarquer qu'il y a des similarités entre les deux formules.
- 10:07 Elles dépendent toutes les deux de la charge qs qui crée le champ, de la
- 10:12 distance R et chaque phénomène a sa propre constante dans l'expression de la
- 10:17 force. C'est ε0 dans le cas du champ électrique et μ0 dans le cas du champ
- 10:21 magnétique. Et on connaît les valeurs expérimentales de ces deux constantes.
- 10:26 Bien on a donc deux forces de nature différentes et c'est important de
- 10:31 comprendre qu'elles sont a priori indépendantes. On peut avoir l'une sans
- 10:35 l'autre. On l'a vu dans un fil électrique les
- 10:38 charges positives et négatives se compensent, il y a autant de plus que de
- 10:41 moins, donc pas de champ électrique. Mais si les électrons bougent, car il y a un
- 10:46 courant, un champ magnétique sera créé autour. On a donc bien deux phénomènes
- 10:51 distincts. Une fois qu'on en est là le paysage est plus clair mais on a
- 10:55 toujours ce problème de la vitesse. Comment est-ce possible que la force
- 10:59 magnétique puisse dépendre de la vitesse de la particule qui l'a subie
- 11:03 sachant que la vitesse c'est une notion relative qui dépend du référentiel.
- 11:07 Et bien pour résoudre ce paradoxe apparent il faut faire appel à la
- 11:12 relativité restreinte. On va voir en effet que d'une certaine façon il
- 11:17 n'existe en réalité qu'une seule force, la force électrostatique. Et que ce
- 11:22 qu'on appelle le magnétisme n'est qu'une manifestation un peu déguisée de la
- 11:27 force électrostatique, une sorte d'effet secondaire et qui peut se comprendre en
- 11:31 s'intéressant aux changements de référentiel en relativité restreinte.
- 11:35 Alors comme le sujet est un peu subtil dans la suite de la vidéo je voudrais
- 11:38 faire deux choses. Tout d'abord je vais vous présenter un
- 11:41 argument classique qu'on voit assez souvent vulgarisé et qui permet de
- 11:44 comprendre en gros ce qui se passe. Mais cet argument n'est pas complètement
- 11:48 satisfaisant et parfois si on creuse un peu on tombe sur des failles. Et donc dans
- 11:52 un deuxième temps la vidéo aura une sorte d'annexe, de bonus dans lequel je
- 11:56 présenterai une version plus rigoureuse qu'on trouve assez peu dans la
- 11:59 littérature mais qui à mon avis mérite d'être exposée car elle permet de
- 12:02 comprendre bien comment manipuler les lois de la relativité restreinte.
- 12:13 Alors allons-y. Considérons un fil conducteur disons du cuivre parcouru par
- 12:17 un courant électrique. Si le courant conventionnel est orienté vers la
- 12:21 droite on sait que ça signifie au niveau du fil que des électrons ici en bleu se
- 12:26 déplacent vers la gauche. Au contraire en rouge les ions du réseau cristallin qui
- 12:31 sont chargés positivement sont fixes. Ici je représente les ions et les
- 12:35 électrons côte à côte. Pour y voir clair évidemment il faut s'imaginer que tout est
- 12:38 mélangé. La vitesse de déplacement moyenne des électrons est assez faible
- 12:43 c'est ce qu'on appelle la vitesse de dérive et elle est en général de
- 12:47 seulement quelques millimètres par seconde. Je vous renvoie à ma vidéo sur
- 12:51 l'électricité pour en savoir plus. Maintenant considérez une particule de
- 12:56 charge Q, on va dire que la charge est positive, est située à une certaine
- 13:00 distance du fil. Si elle est au repos dans le référentiel du laboratoire dans
- 13:06 lequel se trouve le fil on sait qu'elle ne subit pas de force.
- 13:09 Cela traduit le fait que dans le fil les charges électriques, les ions et les
- 13:13 électrons se compensent, il n'y a pas de force électrostatique.
- 13:17 Maintenant imaginons que la particule aille à une certaine vitesse V. Quand je
- 13:22 parle de cette vitesse je parle bien sûr de sa valeur dans le référentiel du
- 13:26 laboratoire qui est celui du fil électrique. Mais on peut si on le souhaite
- 13:30 analyser toute la situation dans un autre référentiel, par exemple celui de la
- 13:35 particule. Dans ce référentiel la particule est immobile évidemment, les
- 13:41 ions positifs se déplacent vers la gauche à la vitesse V qui était celle
- 13:44 de la particule dans le référentiel du labo et les électrons se déplacent
- 13:48 aussi vers la gauche mais à une vitesse un peu plus élevée puisqu'ils avaient
- 13:51 déjà une vitesse dans le référentiel du labo. Mais pour comprendre ce que ça
- 13:56 change d'analyser les choses dans ce référentiel il faut faire appel à la
- 14:00 relativité restreinte. D'une certaine façon ce que fait la
- 14:04 relativité restreinte c'est qu'elle nous indique quelle est la bonne façon de
- 14:09 passer d'un référentiel galidéen à un autre.
- 14:11 Avant avec Newton et Galilée on croyait que c'était simple de changer de
- 14:16 référentiel mais l'apport d'Einstein a été de nous montrer que ça n'était pas
- 14:20 si évident. La conséquence de ces nouvelles règles de changement de
- 14:25 référentiel c'est qu'en relativité restreinte
- 14:27 certaines notions deviennent relatives. Des notions qu'on croyait absolues
- 14:32 identiques dans tous les référentiels vont maintenant dépendre du
- 14:35 référentiel d'observation. C'est par exemple le cas de la mesure des durées ou
- 14:40 des longueurs. Ces quantités vont varier quand on va
- 14:43 passer d'un référentiel galidéen à un autre et on dispose de formules qui nous
- 14:48 permettent de correctement faire ces changements. Un cas bien connu c'est ce
- 14:52 qu'on appelle la contraction des longueurs. L'expression n'est pas
- 14:55 forcément très bien choisie et on verra que son utilisation abusive mène parfois
- 15:00 à des contresens. Mais ce que nous dit en gros ce phénomène c'est que la
- 15:04 longueur d'un objet va maintenant changer en fonction du référentiel
- 15:08 d'observation. En particulier une longueur nous paraîtra toujours plus
- 15:12 courte dans un référentiel en mouvement comparé à ce qu'on mesurerait si on
- 15:17 était immobile à côté de l'objet. Et il est vraiment important de comprendre que
- 15:21 c'est un phénomène relatif. C'est pas le fait que moi je me déplace qui va faire
- 15:26 que vous vous subissez une pression qui vous fait vous contracter comme par
- 15:30 magie. Non c'est juste mes mesures à moi qui seront différentes.
- 15:34 La mesure des longueurs n'est plus absolue, elle dépend du référentiel.
- 15:38 Si vous voulez c'est votre longueur apparente pour moi qui va changer. Et en
- 15:43 pratique il faut faire attention à ne pas manipuler n'importe comment cette
- 15:46 notion de contraction des longueurs si on veut pas raconter des bêtises.
- 15:49 Ceci dit pour le moment appliquons ça sans trop nous poser de questions.
- 15:52 Si on se place donc dans le référentiel de la particule on voit que les ions et
- 15:57 les électrons sont en mouvement par rapport à nous. Et si on imagine qu'ils
- 16:00 sont bien répartis dans le métal, ce qui est à peu près le cas d'ailleurs, la
- 16:04 distance moyenne qui les sépare nous apparaîtra plus faible, contractée.
- 16:08 Donc on va rapprocher les uns des autres les ions du cristal en rouge.
- 16:13 J'exagère beaucoup sur les dessins, c'est pas du tout à l'échelle.
- 16:17 Et pour les électrons, souvenez-vous que dans le référentiel de la particule ils
- 16:20 s'éloignent un peu plus vite que les ions. Donc ces électrons apparaîtront
- 16:24 encore un peu plus rapprochés les uns des autres que les ions du cristal.
- 16:27 Cela signifie que du point de vue de la particule dans son référentiel, on a dans
- 16:32 une portion de fil de nez un excès d'électrons par rapport aux ions
- 16:37 positifs. Et donc du point de vue de la particule toujours dans son
- 16:40 référentiel, cet excès de charge négative va produire une force
- 16:45 électrostatique. Et si par exemple la charge Q est positive, cette force sera
- 16:50 dirigée vers le fil électrique, perpendiculairement à la vitesse. Et le
- 16:55 phénomène sera d'autant plus prononcé que la vitesse de la particule est
- 16:59 élevée puisque l'effet de contraction sera plus important. Et il dépendra aussi
- 17:03 de l'intensité du courant. S'il y a plus d'électrons qui circulent ou qu'ils
- 17:07 circulent plus vite, la force résultante sera plus élevée.
- 17:11 Cette force électrostatique qui apparaît dans le référentiel de la
- 17:15 particule du fait de la contraction des longueurs,
- 17:17 on trouve donc bien qu'elle a toutes les caractéristiques de ce qu'on appelait
- 17:21 dans le référentiel du labo une force magnétique. Ce que nous montre cet
- 17:26 argument, c'est que le magnétisme et l'électrostatique ne sont en réalité pas
- 17:31 deux phénomènes distincts. Il n'y a fondamentalement qu'un seul phénomène,
- 17:34 c'est l'électrostatique. Mais quand on considère la force électrostatique pour
- 17:38 des particules en mouvement, le changement de référentiel induit des
- 17:41 différences de densité de charge qui se traduisent par une force supplémentaire.
- 17:46 Ce qu'on a appelé historiquement le magnétisme, ça n'est rien d'autre qu'une
- 17:51 conséquence de l'électrostatique une fois pris en compte les lois de la
- 17:56 relativité restreinte. Et ça permet en quelque sorte de résoudre le paradoxe du
- 18:00 fait que la force magnétique dépend de la vitesse.
- 18:03 Je vous ai dit tout à l'heure que ce qui semblait bizarre c'est qu'on pouvait
- 18:06 annuler la force magnétique en se mettant dans le référentiel de la
- 18:09 particule. Et bien oui c'est vrai, si c'est ce qu'on fait la force
- 18:13 magnétique disparaît bien. Mais une force électrostatique apparaît à cause de la
- 18:18 contraction des longueurs et du déséquilibre de charge dont on a parlé.
- 18:22 Tout est donc bien cohérent, les forces ne disparaissent pas en changeant de
- 18:26 référentiel. On pourrait dire qu'elles changent de nature de magnétique à
- 18:30 électrostatique. Mais c'est même pas ça en fait, c'est nous qui avons
- 18:34 artificiellement créé cette différence avec nos concepts, fondamentalement ça
- 18:38 reste la même force. Ce qu'on peut conclure de cet argument c'est que ce
- 18:43 qu'on a appelé historiquement le magnétisme découle en fait de
- 18:46 l'association de la force électrostatique et de la relativité
- 18:49 restreinte. Le magnétisme n'est pas un phénomène indépendant, il est en quelque
- 18:53 sorte inévitable. Si on admet l'électrostatique et la
- 18:57 relativité restreinte, le magnétisme vient automatiquement dans le package.
- 19:01 Cet argument que je viens de vous présenter, vous le savez peut-être, c'est
- 19:05 une histoire différente de la façon dont les découvertes ont été faites
- 19:08 historiquement. L'électrostatique a été formalisé par Coulomb en 1785, le rôle
- 19:14 des courants électriques dans le magnétisme a été envisagé par Ampère
- 19:17 vers 1820 et à l'époque on ne connaissait pas la relativité restreinte et on
- 19:21 voyait ça comme deux phénomènes indépendants.
- 19:23 Ensuite entre 1860 et 1880 Maxwell a réussi à montrer que les champs
- 19:29 magnétiques et électriques étaient en fait reliés, interdépendants, sous la
- 19:33 forme de ce qu'on appelle aujourd'hui les équations de Maxwell. Et ce sont ces
- 19:37 mêmes équations qui ont ensuite en partie inspiré Lorenz puis Einstein pour
- 19:42 la découverte de la relativité restreinte.
- 19:44 Hystériquement ça s'est passé comme ça mais ce qu'on comprend maintenant c'est
- 19:49 que les choses auraient pu se passer de façon différente.
- 19:51 Si la relativité restreinte avait été découverte plus tôt on aurait pu réaliser
- 19:57 que le magnétisme était juste une conséquence inévitable de
- 20:00 l'électrostatique avant même de découvrir les équations de Maxwell.
- 20:03 Alors ça peut paraître bizarre de prendre cette perspective qui est
- 20:07 contraire à l'histoire des sciences mais je trouve que justement elle est
- 20:10 assez éclairante. Elle nous montre une connexion profonde
- 20:14 entre électricité et magnétisme, une connexion qui autrement ne se voit qu'à
- 20:18 travers les équations de Maxwell qui, il faut l'avouer, sont un peu difficiles à
- 20:22 appréhender. Bien alors on pourrait s'arrêter là mais il faut dire un truc.
- 20:27 L'argument que je vous ai exposé là avec la contraction des longueurs, il a
- 20:31 beau être présenté souvent, il n'est pas exactement hyper solide. Si vous
- 20:35 essayez de calculer vraiment avec l'intensité des forces tout ça, vous
- 20:39 allez voir que ça marche pas forcément très bien.
- 20:41 Une des raisons c'est qu'on a appliqué la contraction des longueurs de façon
- 20:45 un peu cavalière. Comme je vous l'ai dit il faut toujours se méfier quand on
- 20:49 fait ça et donc pour être plus précis on peut refaire la même analyse mais de
- 20:53 façon un peu plus carrée et ça va être l'objectif de la fin de la vidéo.
- 20:57 Alors mon but ici c'est pas de faire de la surenchère de rigueur et de vous dire
- 21:01 que cet argument de contraction des longueurs est faux. Non il est grosso modo
- 21:04 correct mais je trouve ça intéressant de traiter le problème proprement car
- 21:09 ça montre comment il faut procéder avec la relativité restreinte.
- 21:13 Quand on raisonne à un niveau vulgarisé on peut avoir tendance à appliquer de
- 21:17 façon trop légère les idées de contraction des longueurs ou dilatation
- 21:21 du temps et si on fait ça mal on tombe vite sur des paradoxes.
- 21:25 Je reçois à peu près toutes les semaines des mails de gens qui prétendent avoir
- 21:29 trouvé une contradiction dans la relativité en me faisant des raisonnements
- 21:33 un peu foireux à base de contraction et de dilatation appliquées n'importe comment.
- 21:37 Donc voilà dans la fin de la vidéo je vais vous montrer comment traiter ce cas
- 21:41 correctement. Considérez ça comme une partie bonus, une annexe pour celles et
- 21:46 ceux qui en veulent plus. Dans la suite on va un peu plus manipuler les formules
- 21:51 donc si vous préférez en rester là je vous en voudrais pas.
- 21:54 Vous êtes toujours là ? Bon bah ok alors on y va.
- 22:03 Alors oublions pour l'instant notre fil électrique et considérons une ligne de
- 22:08 charge régulièrement espacée ainsi qu'une particule chargée située à une
- 22:13 distance r de la ligne et supposons que tout le monde est immobile pour commencer.
- 22:18 Si r est suffisamment grand on peut approximer les charges individuelles de
- 22:23 la ligne par simplement une densité de charge notée lambda qui s'exprime en
- 22:28 coulombs par mètre. Si on suppose la ligne infinie on peut
- 22:33 calculer la force électrostatique exercée sur la particule par toutes ses
- 22:37 charges et il y a deux façons de le faire soit la façon pédestre soit le
- 22:41 raccourci. Pour faire la façon pédestre on considère chaque segment infinitésimal
- 22:46 de la ligne, on calcule la force électrostatique qu'il crée sur notre
- 22:50 charge et on fait une intégrale sur toute la ligne. Pour le raccourci on
- 22:54 utilise l'essimétrie et le théorème de Gauss. Dans les deux cas on trouve
- 22:58 évidemment le même résultat. La force électrostatique exercée par la ligne de
- 23:02 charge est perpendiculaire à la ligne et égale à q lambda divisé par 2 pi
- 23:09 epsilon 0 r. Epsilon 0 ici c'est la permittivité du vide, c'est la constante
- 23:13 qui apparaît dans la force de coulomb. Si les charges sont de même signe c'est
- 23:17 une force répulsive sinon c'est attractif. Jusqu'ici tout va bien.
- 23:21 Maintenant que se passe-t-il si je donne une vitesse u aux charges de la ligne et
- 23:27 une vitesse v à la particule ? Pour analyser cette situation il y a trois
- 23:31 référentiels possibles. Celui du labo dans lequel on se trouve pour l'instant,
- 23:35 celui de la particule qui se déplace et celui des charges de la ligne.
- 23:40 Les observations qu'on fait c'est dans le référentiel du labo évidemment donc
- 23:44 si on fait des raisonnements dans un autre référentiel il faudra
- 23:47 impérativement revenir au référentiel du labo pour exprimer nos conclusions.
- 23:51 Dans l'argument que j'ai présenté avant on avait choisi de se mettre dans le
- 23:54 référentiel de la particule mais en fait il est plus rigoureux de se mettre dans
- 23:59 celui des charges qui se déplacent dans la ligne. Alors pourquoi ? Dans la force
- 24:03 électrostatique telle qu'elle a été formulée par Coulomb on peut séparer
- 24:07 conceptuellement les deux charges entre celles qui jouent le rôle de source et
- 24:11 celles qui subit la force. Et dans notre situation comme les deux
- 24:16 bougent on peut choisir un référentiel permettant d'avoir soit l'une soit
- 24:20 l'autre qui soit immobile. Mais pas les deux à la fois puisque a priori la
- 24:24 vitesse des charges du courant et la vitesse de notre particule sont
- 24:27 différentes. Quand la source est au repos et que la
- 24:30 particule bouge on est en terrain connu. C'est exactement ce qui se passe quand
- 24:35 on étudie une particule chargée en mouvement dans un champ électrique
- 24:38 vu qu'on applique f égale ma. C'est avec ça qu'on fait des accélérateurs, on a des
- 24:44 plaques chargées immobiles et des particules qui ont une certaine vitesse
- 24:47 entre les plaques et ça marche très bien. Si la source est au repos on sait
- 24:51 que la loi de Coulomb fonctionne parfaitement bien même si la particule
- 24:55 qui est affectée bouge. Donc c'est ce point de vue qu'on va prendre, il est plus
- 24:59 fiable que le point de vue inverse. Notre démarche va donc être la suivante.
- 25:04 Considérez que l'expression usuelle de la force électrostatique de Coulomb est
- 25:08 parfaitement valide tant qu'on est dans le référentiel de la source, donc de la
- 25:12 ligne de charge. Et si on veut se mettre ensuite dans un autre référentiel et
- 25:15 bien il va falloir en changer grâce aux lois de la relativité restreinte.
- 25:20 Donc mettons nous dans le référentiel des charges du fil. Dans ce référentiel la
- 25:24 particule est en mouvement mais ça ne nous pose pas de problème.
- 25:28 On calcule la force électrostatique simplement avec la formule de Coulomb.
- 25:32 C'est la même formule que juste avant, il n'y a pas d'histoire de longueur qui se
- 25:36 contrate. Maintenant une fois que c'est fait il va falloir revenir dans le
- 25:40 référentiel du labo. En relativité galiléenne ce serait facile, les
- 25:44 distances et les intervalles de temps sont absolus, les vitesses s'additionnent et les
- 25:49 forces restent identiques quand on passe d'un référentiel galiléen à l'autre.
- 25:53 En relativité restreinte et bien ça se complique, il y a des règles précises à
- 25:57 suivre. Par exemple la composition des vitesses
- 26:01 devient subtile. On a dit que dans le référentiel du labo les charges de la
- 26:06 ligne allaient à la vitesse u et notre particule à la vitesse v. Quand on passe
- 26:11 dans le référentiel des charges on pourrait être tenté de dire que la
- 26:15 particule y va à la vitesse v moins u. Mais non, en relativité restreinte on n'a
- 26:21 plus le droit d'additionner bêtement les vitesses. Il faut utiliser la loi de
- 26:25 composition des vitesses qui est plus compliquée. Donc vraiment il faut faire
- 26:29 attention et appliquer rigoureusement toutes les règles de changement de
- 26:32 référentiel. Et notamment en relativité restreinte quand on change des
- 26:36 référentiels l'expression des forces change aussi.
- 26:39 C'est quelque chose dont on a moins l'habitude car souvent quand on débute
- 26:43 la relativité restreinte on fait surtout beaucoup de cinématiques.
- 26:47 On a en général des vitesses constantes et on ne parle pas tellement de force ou
- 26:52 d'accélération. On entend même parfois dire que la
- 26:54 relativité restreinte n'est valide que quand il n'y a pas d'accélération ce
- 26:58 qui est évidemment complètement faux. En relativité restreinte on peut
- 27:01 parfaitement avoir des forces, des accélérations et on a même l'équivalent
- 27:04 de la formule somme des forces égale ma. Mais avec ces forces et ces
- 27:08 accélérations pour passer d'un référentiel à l'autre
- 27:11 et bien il y a des formules précises à appliquer. Pour faire ce changement
- 27:15 attention cette fois on veut aller dans l'autre sens par rapport à mon exemple
- 27:18 des vitesses. Ici on a calculé une force dans le référentiel des charges et on
- 27:22 veut revenir dans le référentiel du labo. Quand on a une force qui est
- 27:25 perpendiculaire à la vitesse de la particule à laquelle elle s'applique, ce
- 27:28 qui est notre cas, la formule n'est pas trop compliquée.
- 27:31 La voici. Vous voyez que la force exprimée dans le référentiel du labo dépend à
- 27:36 la fois de la vitesse relative des référentiels donc de u dans notre cas
- 27:39 et de la vitesse de la particule affectée par la force qui est v.
- 27:44 Maintenant qu'on dispose de ces formules, appliquons donc ça sur l'expression de
- 27:49 la force qu'on a trouvé pour la ligne de charge. Pour revenir dans le
- 27:53 référentiel du labo on a juste à multiplier la force qu'on avait
- 27:56 calculée précédemment par ce facteur. Alors là vous avez peut-être envie de me
- 28:01 dire que j'ai oublié d'appliquer la contraction des longueurs sur la densité
- 28:05 lambda. Mais pas du tout, la contraction des longueurs c'est pas un truc
- 28:08 fondamental, c'est un phénomène qui émerge quand on fait les changements de
- 28:12 référentiel car ces changements affectent les coordonnées. Là si vous
- 28:16 faites proprement le calcul, et vous pouvez même le faire au niveau de
- 28:19 l'intégral pédestre qui calcule la force totale, vous verrez qu'il n'y a pas de
- 28:24 contraction des longueurs à rajouter à la main. On applique simplement les
- 28:28 formules de changement de référentiel. On peut comparer le résultat qu'on
- 28:32 obtient avec ce qu'on avait dans le cas statique. C'est presque pareil sauf qu'on
- 28:37 a ce facteur en plus qui dépend des vitesses et de la vitesse de la lumière.
- 28:41 Ok très bien la force électrostatique exercée par une ligne de charge n'est
- 28:46 donc pas la même quand il y a des mouvements.
- 28:48 Jusqu'ici on l'a dit je n'ai pas considéré un fil électrique conducteur
- 28:52 mais juste une ligne de charge. Or dans un conducteur on le sait on a à la fois
- 28:56 des charges positives, les ions du réseau cristallin, et des charges négatives.
- 29:00 Donc on va appliquer deux fois cette formule puisque deux forces s'exercent.
- 29:05 Appelons lambda plus et lambda moins les densités de charge des ions et des
- 29:09 électrons respectivement. Pour les électrons qui se déplacent à vitesse u
- 29:14 on applique notre formule telle qu'elle. Pour les ions vu que leur vitesse est
- 29:18 déjà nulle et bien c'est la formule standard qu'on avait déjà. On obtient pour la force
- 29:23 totale la formule suivante. Alors regardons d'abord cette formule pour v
- 29:28 égale 0 quand la particule n'a pas de vitesse.
- 29:31 On sait que dans ces conditions il n'y a pas de force ni magnétique ni électrique
- 29:35 c'est un fait empirique. Donc cette expression doit valoir zéro.
- 29:40 Ça veut dire que contrairement à ce qu'on pourrait penser intuitivement les
- 29:44 deux densités de charge lambda plus et lambda moins sont légèrement différentes
- 29:48 du fait du mouvement des électrons. Donc ici si on exprime tout en fonction de la
- 29:53 densité des ions positifs lambda plus on obtient la formule totale suivante.
- 29:58 Essayons de comparer à ce qu'on sait des lois du magnétisme. Par exemple en
- 30:03 essayant de lui donner une forme connue. On va la mettre sous la forme q fois v
- 30:07 fois un machin. Le produit de lambda par la vitesse des charges c'est juste le
- 30:13 courant électrique. Et là on se retrouve exactement avec ce que nous dirait les
- 30:18 lois du magnétisme, la formule que je vous avais présentée un peu plus tôt.
- 30:22 Les seules différences ce sont les constantes. On a 1 sur ε0 c² d'un côté
- 30:26 et μ0 de l'autre. Et bien il se trouve que ces deux quantités sont en fait
- 30:31 exactement égales. Les deux constantes ε0 et μ0 qui avaient été au départ
- 30:37 déterminées de façon indépendante sont en fait reliées entre elles par la vitesse
- 30:41 de la lumière. C'est une des choses qui a mis la puce à l'oreille de Maxwell pour
- 30:45 comprendre que sa théorie de l'électromagnétisme était aussi une
- 30:49 théorie de la lumière. Et avec notre analyse on comprend que c'était
- 30:52 inévitable. Si on dit que le magnétisme c'est juste de l'électrostatique plus la
- 30:57 relativité, ça nous dit que cette constante μ0 doit se déduire de ε0 c².
- 31:02 Voilà si vous êtes arrivé au bout de cette partie, félicitations. A nouveau mon
- 31:06 but n'est pas ici de jouer à celui qui sera le plus rigoureux mais je trouve
- 31:09 intéressant de mettre en lumière que la relativité restreinte il faut faire
- 31:13 attention quand on joue avec. L'argument heuristique à base de
- 31:16 contraction des longueurs fonctionne bien qualitativement mais si vous voulez
- 31:20 traiter les choses proprement il faut vraiment y aller en suivant les règles.
- 31:23 D'ailleurs de façon étonnante l'argument précis que je viens de vous
- 31:27 présenter est assez peu présent dans les livres d'électrodynamique. On le trouve
- 31:31 un peu chez Feynman mais le seul bouquin que j'ai trouvé qu'il le traite
- 31:34 vraiment de façon propre c'est celui de French. Donc si vous étudiez la physique
- 31:37 ça vaut le coup d'aller lire ce chapitre. Voilà c'est tout pour aujourd'hui
- 31:41 n'oubliez pas de vous abonner si ça n'est pas le cas sinon vous risquez de
- 31:44 rater les prochaines vidéos. Retrouvez moi aussi sur le serveur
- 31:48 discord de la communauté, le lien est en description et puis moi je vous dis à
- 31:51 très vite pour une nouvelle vidéo. A bientôt !
Cette vidéo explore l'idée que le magnétisme, tel que nous le connaissons, n'est pas une force fondamentale indépendante, mais plutôt une manifestation de la force électrostatique, expliquée par la théorie de la relativité restreinte. Le présentateur commence par des exemples quotidiens du magnétisme, comme les aimants et la boussole, et souligne son rôle crucial dans la déviation des particules chargées, protégeant la Terre du vent solaire et permettant des technologies comme les tubes cathodiques et les accélérateurs de particules (cyclotrons, LHC).
Le cœur du problème réside dans le fait que la force magnétique dépend de la vitesse de la particule sur laquelle elle agit, ce qui semble contredire le principe de relativité de Galilée. Si l'on se place dans le référentiel de la particule, sa vitesse est nulle, et la force magnétique devrait disparaître, ce qui est incohérent avec les observations. Pour résoudre ce paradoxe, la vidéo introduit les électroaimants, montrant que les courants électriques (mouvement de charges) génèrent des champs magnétiques.
La solution est apportée par la relativité restreinte d'Einstein, qui modifie la façon dont nous percevons les longueurs et les durées lors des changements de référentiel. L'argument principal, souvent vulgarisé, est que la contraction des longueurs relativiste affecte différemment les densités de charges positives (ions fixes) et négatives (électrons en mouvement) dans un fil parcouru par un courant, lorsqu'observé depuis un référentiel en mouvement. Ce déséquilibre de charge apparent crée un champ électrique qui, dans le référentiel du laboratoire, est interprété comme une force magnétique. Ainsi, la force magnétique n'est qu'une force électrostatique "déguisée", une conséquence inévitable de l'électrostatique et de la relativité restreinte.
La vidéo replace ensuite cette compréhension dans son contexte historique, notant que les découvertes de Coulomb, Ampère et Maxwell ont précédé la relativité restreinte, mais que cette perspective inversée révèle une connexion profonde entre l'électricité et le magnétisme. Enfin, une section bonus plus rigoureuse est proposée pour ceux qui souhaitent approfondir, expliquant comment appliquer correctement les transformations de force en relativité restreinte pour dériver la force magnétique à partir de la force électrostatique, sans recourir à une application simpliste de la contraction des longueurs. Cette partie souligne l'importance de la rigueur dans l'application des principes relativistes et démontre la relation fondamentale entre les constantes électromagnétiques ε0 et μ0 et la vitesse de la lumière.
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