🍷 La Clef des Terroirs 🎥 Film documentaire français
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Ce documentaire explore la biodynamie en viticulture, de ses origines philosophiques avec Rudolf Steiner à ses applications pratiques dans le respect du terroir, la vie des sols et la production de vins authentiques, soulignant son impact croissant sur l'agriculture moderne.
- 0:00 Je viens de l'agriculture conventionnelle, j'ai été conseiller agricole dans une chambre
- 0:24 d'agriculture.
- 0:25 J'ai fait un retour à la terre après mai 68, qui a duré quand même 22 ans, et j'ai
- 0:33 repris depuis maintenant un peu plus de 15 ans une activité de conseil et de formation.
- 0:38 Dès le départ, mon retour à la terre, c'était lié à la biodynamie, c'est-à-dire à cet
- 0:46 aspect de respect de la terre, de travail avec l'idée d'organisme agricole complexe
- 0:52 avec la présence d'animaux, la présence de cultures diverses, c'est quelque chose
- 0:56 qui s'est beaucoup développé dans le domaine de la vigne et du vin, donc ça présente
- 1:01 aujourd'hui 80% de mon travail, mais c'est en train de changer, c'est-à-dire que le
- 1:07 succès de la biodynamie en viticulture, les résultats obtenus dans le développement
- 1:12 du sol, dans la qualité des produits, c'est quelque chose qui est aujourd'hui en train
- 1:15 de gagner le maraîchage, en train de gagner l'arboriculture, en train de gagner les grandes
- 1:20 cultures.
- 1:21 Il y a des problèmes qui sont énormes aujourd'hui dans l'agriculture moderne et la biodynamie
- 1:27 peut, par certains aspects en tout cas, apporter certaines réponses.
- 2:20 de l'agriculture moderne et la biodynamie peut, par certains aspects en tout cas, apporter
- 2:36 certaines réponses.
- 2:39 de l'agriculture moderne et la biodynamie peut, par certains aspects en tout cas, apporter
- 3:08 certaines réponses.
- 3:38 de l'agriculture moderne et la biodynamie peut, par certains aspects en tout cas, apporter
- 3:54 certaines réponses.
- 3:57 Partir à la découverte des arômes, comprendre chaque vigneron à travers ses vins, faire
- 4:24 des voyages sensoriels inoubliables.
- 4:26 Une quête que je me suis instituée et qui m'a poussé vers une recherche de plus en
- 4:31 plus précise du terroir.
- 4:33 La biodynamie est arrivée comme une révélation, un tournant de ma vie.
- 4:40 L'identité des vins s'est tout à coup magnifiée de façon exemplaire.
- 4:46 Oui, à l'origine c'est né dans un courant spiritualiste avec un philosophe et scientifique
- 4:53 d'ailleurs, Rudolf Steiner, et ce philosophe là il s'est posé des questions, il a été
- 5:02 questionné d'ailleurs lui-même par des paysans qui étaient en difficulté après
- 5:06 la guerre de 14-18, devant les problèmes d'industrialisation de l'agriculture, devant
- 5:11 l'arrivée des engrais de synthèse, l'arrivée des nitrates.
- 5:18 Les paysans l'ont questionné parce qu'il avait à son actif un grand nombre de réalisations
- 5:23 dans le domaine pédagogique, dans le domaine de la médecine, dans le domaine de l'art,
- 5:27 et ils l'ont questionné en lui disant « mais est-ce que vous pourriez à partir de votre
- 5:33 imagination, à partir de vos connaissances spirituelles, nous apporter des éléments
- 5:36 de réflexion ou de travail pour l'avenir de l'agriculture ? ». Et là il a développé
- 5:41 un certain nombre de concepts très particuliers qui sont l'idée, une idée difficile à
- 5:46 comprendre, l'idée d'individualité agricole, c'est-à-dire que tout domaine agricole c'est
- 5:52 un lieu, un terroir on pourrait dire, mais animé par une personne, par un paysan, par
- 5:58 un groupe de paysans, et cette individualité là elle est en évolution, elle est susceptible
- 6:06 de se développer.
- 6:07 Bon là on est dans un endroit qui est vraiment magique, c'est un des lieux, un des lieux
- 6:37 des jardins secrets que notre grand-père nous a fait découvrir, et où j'aime énormément
- 6:43 passer du temps, et voilà donc on est dans les collines du Maconé, et on a la chance
- 6:52 d'avoir des beaux bois avec des champignons superbes, on a en présence d'un cèpe.
- 6:58 Finalement en à peine 20 ans on a vu le milieu naturel se dégrader à une vitesse folle,
- 7:10 à cause de l'agriculture intensive entre autres, de l'urbanisation, c'est sûr qu'on
- 7:14 ne se voyait pas travailler autrement qu'en biodynamie, c'est certain.
- 7:17 Ce qui m'a beaucoup plu dans la biodynamie, c'est cette vision plus globale, de voir
- 7:30 les choses de plus en plus globales, pour moi c'est basé sur plusieurs piliers, le
- 7:35 premier c'est Romain Steiner qui disait qu'il faut tout compter, et d'ailleurs je pense
- 7:41 que si Steiner était là aujourd'hui je pense qu'il ne verrait pas la biodynamie
- 7:45 comme peut-être on la voit, et quand les élèves de Steiner lui demandaient pourquoi
- 7:50 finalement toute personne ne mettait en place ses préceptes, c'est quelque chose de fondamental
- 7:56 pour moi, il disait que tout est dans le niveau de conscience et si on veut asservir un peuple
- 8:01 il faut lui donner mal à boire et mal à manger, et c'est comme ça qu'on le domine,
- 8:05 parce qu'on perd le sacré qui est la nourriture, et le sacré il ne faut pas en rajouter, ni
- 8:11 mystifier les choses, mais c'est un produit de la terre, c'est juste sacré, c'est
- 8:17 comme ça, et du coup on perd son sens critique, on diminue son niveau de conscience, et du
- 8:23 coup ça c'était 1924, et quand on a vu ce qui s'est passé après et ce qui se
- 8:28 passe encore aujourd'hui, on ne peut qu'adhérer à cette vision là.
- 8:42 Lorsque Rudolf Steiner pose les bases de la biodynamie durant la pentecôte 1924, il parle
- 8:52 énormément de la vie des sols. Alors le sol c'est une fraction minérale
- 9:00 qui vient de l'altération de ce qu'on appelle une roche mère, avec de la matière
- 9:05 organique, plus on descend plus on est dans le domaine purement minéral, et quand on
- 9:10 arrive dans le dessus, on voit qu'il a une structure totalement différente. La différence
- 9:15 de structure, qui s'accompagne aussi d'une différence de couleur, c'est dû à la matière
- 9:20 organique. La matière organique, quand elle se transforme, elle donne des couleurs plus
- 9:24 sombres, qui vont vers le noir, donc l'horizon de surface est toujours plus sombre que l'horizon
- 9:28 profond, et l'aspect structure, ce n'est pas vraiment dû à la matière organique,
- 9:34 mais plutôt à l'activité microbienne. L'un des plus gros problèmes de l'agriculture
- 9:40 moderne, avec l'arrivée de la chimie, c'est que le sol a été considéré comme un simple
- 9:45 support minéral. Notre grand-père a fait partie de cette génération de personnes,
- 9:52 il n'était pas du tout agriculteur, mais il avait un peu de vigne, mais il avait quand
- 9:55 même fait partie de cette génération qui a connu les désherbants, et qui a apprécié
- 9:58 les désherbants, qui a connu toute cette phase un peu chimique de l'agriculture, et
- 10:03 où ça a été vécu réellement comme du progrès, en fait. Et donc il y a un peu cette
- 10:07 bivalence où il y avait l'utilisation du chimique, mais d'un autre côté, il y avait
- 10:11 aussi cet amour de la nature. Et ce qui est amusant, c'est que, moi je me souviens très
- 10:17 bien lorsqu'on a repris les vignes au tout début, lorsqu'on a un peu raconté notre
- 10:22 projet à nos grands-parents, dire qu'on voulait partir en bio, la bourrer, etc., lorsqu'il
- 10:28 a recommencé à y avoir un petit peu d'herbe dans la vigne, c'était quelque chose qu'ils
- 10:32 avaient complètement oublié, puisque culturellement, les 30 dernières années, il fallait que
- 10:36 les vignes soient propres. Propres, ça veut dire pas un brin d'herbe. Et lorsqu'il y
- 10:39 avait un peu d'herbe, oulala, c'était... Enfin moi j'avais mon grand-père qui disait
- 10:43 jamais grand-chose, mais un simple regard suffisait et on comprenait que ça voulait
- 10:47 dire plein de choses, c'est-à-dire qu'il y a quand même un peu d'herbe. Et puis finalement
- 10:50 il s'est réhabitué à avoir de l'herbe, mais de l'herbe, on va dire, organisée, c'est-à-dire
- 10:54 c'était pas non plus 1m50 d'herbe dans les rangs, c'était un joli tapis vert, et avec
- 11:00 des sols qui recommencent à vivre. Dans les organismes vivants qui donnent de la vie
- 11:09 au sol, il y a effectivement les plus visibles, les plus reconnus, c'est les vers de terre.
- 11:16 Alors ces vers de terre, en fait, il y en a plusieurs sortes, mais ils ont un rôle effectivement
- 11:24 près des compositions de la matière organique. Donc les vers de terre vont fragmenter de
- 11:28 la matière organique. Et l'autre avantage du vers de terre, c'est que ce qu'il a digéré
- 11:33 est aussi enrichi en muthus. Donc le vers de terre, par sa production de muthus, favorise
- 11:39 un peu l'adrénaline sur les partitules. Alors ça ne se voit pas tellement dans le profil
- 11:44 du sol, ça va se voir au niveau des turitules, des tortillons qu'on voit en surface.
- 11:49 Et l'activité du sol, notamment les microbes qui font l'aspect grumeleux du sol, ce sont
- 12:03 des types de bactéries plutôt que des types de champignons qui font ça. Et après, dans
- 12:08 les sols pauvres, dans l'installation des plantes, on a des champignons qui s'associent
- 12:14 aux racines, qui s'appellent effectivement les mycorhizes. Une mycorhize, c'est un champignon
- 12:18 qui vit en symbiose avec une racine. C'est-à-dire qu'il y a vraiment une fusion quasiment
- 12:27 organique entre la racine et la mycorhize. La racine fournit de l'énergie, des sucres
- 12:36 aux champignons, et le champignon, lui, fournit les éléments, il a une capacité d'exploration
- 12:44 du sol, notamment pour le phosphore, beaucoup plus forte que la racine.
- 12:47 Les biodynamicistes ont l'habitude de dire qu'il faudrait que la Terre accueille le ciel.
- 12:54 C'est une manière un peu difficile de parler. Mais dans la réalité, c'est vrai. Qu'est-ce
- 12:58 qu'on demande au sol ? Si un sol est structuré, s'il est humifié, il est capable d'accueillir
- 13:04 les gaz de l'atmosphère, il est capable d'accueillir la chaleur solaire, il est capable d'accueillir
- 13:09 la lumière. On sait que pour que les plantes germent, il faut que les graines soient touchées
- 13:14 par la lumière solaire. On sait qu'aujourd'hui, il y a des tas d'éléments qui sont présents
- 13:18 dans l'atmosphère, c'est le cas du phosphore, c'est le cas, bien évidemment, de l'azote
- 13:21 au travers du gaz, mais le phosphore, le calcium, etc., le fer, qui sont présents dans l'atmosphère,
- 13:28 et qui sont capables, si le sol est vivant, s'il y a de la végétation, c'est capable
- 13:36 de se lier au sol. Alors, on a souvent tendance à penser terroir en regardant la minéralogie,
- 13:42 en regardant la géologie du sol, son évolution sur le plan de la pédologie, quoi, et souvent
- 13:48 je souris quand je vois des gens qui apportent des fumiers de moutons qui viennent de 300
- 13:53 kilomètres, etc., alors qu'en fait, le terroir, c'est ce qui s'est construit au fil des siècles
- 13:58 parce qu'il y avait ces unités agricoles locales, les gens ne transportaient pas du
- 14:03 fumier sur 50 kilomètres, même pas sur 10 kilomètres, ils étaient là, dans une espèce
- 14:07 de production où il y avait des animaux, il y avait des cultures, il y avait des vignobles,
- 14:12 il y avait des vergers, il y avait des jardins, et tout ça constituait un ensemble dans lesquels
- 14:17 se sont constituées des unités, des accords entre des porte-greffes, mais c'était même
- 14:23 avant les porte-greffes, entre des cépages complètement adaptés aux lieux. Si on regarde
- 14:27 un cépage comme le Pinot, par exemple, on voit que la diversité des Pinots, c'est
- 14:32 quelque chose qui s'est construit dans des lieux particuliers.
- 14:37 Autant de cépages, autant de terroirs, nous devons tout ce patrimoine à nos aïeux qui
- 15:07 ont travaillé sans relâche durant des siècles. Ils ont su délimiter des zones adaptées aux blancs
- 15:16 et d'autres adaptées aux rouges, comme à ce mur où le chenin et le cabernet franc sont les maîtres.
- 15:28 Donc ici c'est ce qu'on appelle le clou romand, en fait c'est un clou qui date du XIe siècle,
- 15:35 qui était associé à la chapelle, au petit manoir qui est derrière. Ici on est sur les
- 15:40 grands terroirs de l'appellation, notamment sur l'appellation sous-murs blancs, on est sur
- 15:46 les terroirs sur le calcaire cénonien et sur les calcaires lacustres. Donc on voit bien que la
- 15:50 structure du sol est très peu profonde. En structure, en surface, on est vraiment sur les
- 15:54 cénoniens, donc sur un calcaire très très dense, tel qu'on peut le voir, et plus on va descendre,
- 16:00 plus on va arriver sur ce qu'on appelle le thuronien inférieur. Donc c'est un calcaire
- 16:05 qui va être un petit peu plus crayeux, qui reste quand même aussi encore assez dense,
- 16:08 donc qui est très proche du cénonien. Sur les blancs, on pourrait vraiment chercher toutes
- 16:12 ces notes d'agrumes, de sorbets, tous les petits sorbets de fruits, donc toute la palette de fruits
- 16:17 blancs. Truffes, menthol, fraîcheur, agrumes, citrons, finesse, coins, poire, élégance.
- 16:33 Donc là on est sur la côte et on va descendre dans des terres beaucoup plus chaudes,
- 16:40 donc qui est l'entrecôte. Donc on voit bien en fait les croupes géologiques qui sont
- 16:49 complètement différentes de l'autre côté. On vient dans un cirque, donc beaucoup plus chaud.
- 16:53 Le thuronien, comme j'expliquais tout à l'heure, va amener vraiment toute cette finesse en fait au
- 16:57 cabernet franc, va ramener en fait cette chaleur. Il faut savoir que champigny ça veut dire champ
- 17:03 de feu, donc campus ignis en fait, c'est sur le mot latin, donc qui provient vraiment en fait
- 17:11 de ce secteur-là, de l'appellation. Épices, fruits rouges, franchise,
- 17:24 harmonie, charisme. Pourquoi parler du vin selon des critères ? Le vin c'est d'abord une histoire,
- 17:37 mis en bouteille pour traverser le temps. Une passion enfin éveillée dans un verre,
- 17:43 une boisson culturelle dont l'alchimie ne peut être révélée que par le caractère du vigneron.
- 17:51 Donc là on est dans la cave du domaine et on est à peu près à six mètres sous terre ici. On voit
- 18:08 en fait la structure ici du sol, il y a la roche mer qui est toujours dominante, donc on peut la voir
- 18:14 en fait ici, et toujours avec des zones très très crayeuses comme on a pu voir tout à l'heure.
- 18:21 Les racines vont se diriger à travers ces différents interstices et percer la roche directement. On le
- 18:29 voit par exemple ici, la racine va passer entre deux roches principales. Donc là, le Turonien,
- 18:39 le grand Turonien, c'est ça. Un calcaire qui est plutôt ocre, couleur ocre, donc très friable
- 18:48 et puis très humide. Finalement, à l'origine, le sol était plat, on situait au fond des mers,
- 18:57 et puis toutes ces vallées et toutes ces petites combes ont été creusées par l'érosion, ce qui fait
- 19:04 que le sol lui est resté en place et l'érosion finalement a ressorti les différentes strates,
- 19:10 les différentes couches, ce qui donne totalement les différents terroirs. Au niveau de la pierre
- 19:15 calcaire, donc en roche sédimentaire, on voit bien les différentes couches, les différentes strates
- 19:21 qui caractérisent bien vraiment ce type de pierre. Ces strates correspondent à l'origine,
- 19:30 quand on était au milieu des mers, des fonds marins, correspondent à des zones où il y a eu
- 19:38 une tempête ou des choses comme ça, ce qui fait qu'on a un très petit dépôt sédimentaire qui
- 19:43 est différent des deux autres, des dépôts massifs qui se sont déposés tranquillement au fil des
- 19:52 années, des millions d'années même, sans qu'il y ait trop de mouvements au niveau de l'eau,
- 19:57 et puis donc au final, l'empilement fait qu'on se retrouve avec des quantités de roches sédimentaires
- 20:05 très importantes. Les matériaux géologiques, ils ont des millions d'années, les calcaires
- 20:09 jurassiques, ils ont plusieurs centaines de millions d'années, les sols sur l'altération, ils ont
- 20:16 quelques milliers d'années. La plupart des sols, ils apparaissent après la dernière glaciation, donc
- 20:24 ça peut se compter en milliers d'années. Et l'évolution d'un sol au niveau pédologique, ça se compte en
- 20:28 milliers d'années, c'est-à-dire qu'une pratique agricole ne change pas un sol. Si votre sol est
- 20:33 calcaire aujourd'hui, il est calcaire pour 3000 ans. Donc vos pratiques agricoles ne vont pas
- 20:38 changer l'intérêt du sol, les pratiques agricoles vont simplement changer le fonctionnement du sol.
- 20:42 Et je dirais, les anciens d'aujourd'hui, on aurait presque tendance à se dire, c'est eux qui vont
- 20:48 vous réapprendre à labourer, et ainsi de suite. Non, parce qu'en fait, il y a eu quasiment une
- 20:52 génération qui a complètement oublié ce travail du sol, ce travail de la terre. Et les gens qui ont
- 20:58 aujourd'hui 60 ans, mais c'est pas leur faute. Quand on regarde le système, il y a eu tout un
- 21:02 système d'enseignement, d'accompagnement professionnel, qui a fait qu'on a fait des
- 21:08 générations, pour moi, d'agriculteurs chimistes. C'est-à-dire de super tractoristes, de gens qui
- 21:14 sont des pros du tracteur, mais qui ne savent plus du tout à quoi ressemble le sol. Et ça,
- 21:17 ça pose pour moi un vrai problème lorsqu'on utilise le mot d'agriculteur ou de paysan,
- 21:23 enfin pour moi au sens noble, un paysan c'est vraiment quelqu'un qui est amoureux de sa terre.
- 21:27 Il y a 80, enfin je vais pas donner de chiffres, mais il y a une proportion énorme de gens qui ont
- 21:32 le statut d'agriculteur qui pour moi n'en sont plus. En fait, on avait un peu ce vieux rêve
- 21:37 également depuis le début de remettre un cheval dans les vignes, donc de refaire les labours au
- 21:43 cheval. Et on a eu la chance de rencontrer quelqu'un il y a deux ans qui se trouvait
- 21:48 être passionné de cheval. Et on a pu mettre en place, sur l'équivalent maintenant de 2 hectares
- 21:53 sur nos vignes en blanc, le retour du cheval pour le travail du sol. Idéalement, si on pouvait
- 22:00 faire toute la souffrandière au cheval, on le ferait, et on le fera. Là, on s'est fixé 2 hectares,
- 22:07 et on va essayer de passer à 4 hectares l'année prochaine. Si on peut faire 6 hectares,
- 22:11 donc qui correspond à la totalité des blancs, ce serait fantastique.
- 22:53 Alors, les grecs et les égyptiens, ils n'avaient pas besoin de faire passer tout ça par le chemin
- 23:22 de l'intellect. Ils n'avaient pas besoin d'un système de compréhension comme le nôtre. Ce sont
- 23:26 des choses relativement récentes et modernes dans l'histoire du développement humain. Eux,
- 23:32 ils avaient une sensibilité, ils arrivaient à ressentir. Aujourd'hui, on a beaucoup perdu
- 23:38 cette sensibilité. On a beaucoup perdu un rapport juste avec les rythmes. Les gens sont dérythmés,
- 23:45 ils ne savent plus ce que c'est que le jour et la nuit. En regardant l'alimentation, on ne sait
- 23:51 même plus ce qu'est la saison. Alors, aujourd'hui, c'est un chemin, ça serait de réacquérir,
- 23:57 de retrouver les liens qui existent entre nos organismes et le monde naturel, le monde vivant.
- 24:05 La vache fait une analyse cosmique qualitative, c'est-à-dire qu'elle est en mesure de rendre au
- 24:13 lieu ce qui lui manque. Et ça, c'est une logique. Quand on voit le tube digestif d'un bovin,
- 24:19 tous ses différents estomacs, la pince, la caillette, la feuillette, c'est d'une complexité pour finir
- 24:27 finalement avec très peu de performance. Parce que finalement, dans la bouche de vache,
- 24:32 ça sort quasiment comment on s'est rentré. Comment la nature peut garder au fil des siècles un animal
- 24:40 avec une telle complexité et une telle inutilité ? Ce n'est pas possible, tout simplement. Pour avoir
- 24:45 discuté avec quelques amis, il y a des pyramides, il y a des hiéroglyphes en Égypte où sous la mamelle,
- 24:52 il y a l'arbre de la fécondité qui est grand comme ça. Je crois que c'est Pierre Masson qui m'avait
- 24:56 dit ça. Et sous la bouse, sous la queue de la vache, il y a l'arbre qui est au moins le double ou plus
- 25:04 grand que sous la mamelle. Ce qui vient de dire qu'ils avaient vraiment bien compris en domestiquant
- 25:09 le bovin, vraiment son rôle. On peut dire que les bovins, dans le processus de rumination,
- 25:18 ils font ce que font un peu les dégustateurs de vin, quand ils font ce qu'on appelle la
- 25:24 rétro-olfaction. La rétro-olfaction, c'est un processus qui fait se développer les qualités
- 25:32 aromatiques, les molécules aromatiques vont par la chaleur buccale envahir les fosses nasales et les
- 25:39 sinus. Et là on a une capacité de discrimination extrêmement intéressante qui permet donc de
- 25:46 juger les qualités d'un vin. La vache, elle fait ça en permanence à propos de son alimentation
- 25:52 quotidienne. Elle est capable, dans les sinus et dans les os des cornes, qui sont le prolongement
- 25:58 des sinus, elle est capable de comprendre, de saisir qu'est-ce qui se passe dans son
- 26:03 environnement. C'est le reflet d'une ambiance, c'est le reflet d'un paysage, c'est le reflet d'un
- 26:08 climat. Ça, la vache, elle le saisit intérieurement dans le processus de rumination et dans le
- 26:13 processus de rétro-olfaction dans les cornes et elle est capable d'adapter ensuite, de compenser,
- 26:21 on peut dire ça comme ça, dans ses excréments, dans sa bouse, dans son urine. Elle va apporter
- 26:26 des éléments compensateurs pour les excès du climat ou pour les défauts du sol. Et bien,
- 26:33 elle adapte, elle fertilise. La fertilisation, c'est ça, c'est créer de l'équilibre. Et la vache,
- 26:38 c'est un être qui, elle pense dans sa pence, mais elle pense aussi dans ses cornes et elle est
- 26:43 capable donc de vraiment redonner de l'équilibre au terroir dans lequel elle vit, dans lequel elle
- 26:51 l'analyse et elle redonne dans ses excréments donc des choses adaptées au lieu.
- 27:08 Après la mort des animaux, on peut recueillir les cornes et on va introduire de la bouse de
- 27:18 vache à l'intérieur. Elle va subir un processus d'évolution, de métamorphose et Steiner décrit
- 27:25 que les forces qui vivent dans la terre pendant la période d'hiver, elles vont s'engouffrer là dans
- 27:30 la corne, elles vont y rester, elles vont même être augmentées, elles vont s'accroître. On voit
- 27:35 bien qu'on a là quelque chose qui est du domaine d'une sorte de condensation de forces liées à la
- 27:41 forme et à la nature même de la corne qui ne laissent pas partir ces influences, ces forces
- 27:49 dites forces de vie, forces de sensibilité que les biodynamistes appellent aussi force éthérique ou
- 27:55 force astrale. Un des pionniers de la biodynamie, Aaron Preet Pfeiffer, qui était un collaborateur
- 28:02 de Steiner, il était chimiste et biologiste et il a montré qu'on avait 500 millions de bactéries
- 28:11 au gramme dans cette préparation, c'est-à-dire que la bouse de vache qui a été introduite dans
- 28:14 des cornes de vache, qui a séjourné dans le sol pendant six mois d'hiver, elle contient
- 28:21 des bactéries, elle s'est multipliée en nombre inimaginable. Ce n'est pas seulement l'aspect
- 28:27 bactérien qui va faire sa qualité dans l'application ensuite sur le sol, mais c'est un
- 28:32 fait, elle contient 500 millions de bactéries au gramme, c'est pour ça qu'on l'appelle 500.
- 28:48 Donc tu vois Guillaume, là j'ai fait chauffer de l'eau à 37 degrés et puis donc je vais incorporer
- 28:54 de la bouse de corne, donc c'est de la bouse de vache qui a finalement, qui s'est transformée en humus
- 28:59 pendant six mois dans une corne de vache et donc là on a à peu près 300 grammes de bouse de corne
- 29:06 pour 110 litres d'eau et donc ces 110 litres d'eau vont être pulvérisés sur trois hectares de vignes.
- 30:24 J'ai réussi, je pense, à moi, à ma façon, à intégrer la bouse de corne vraiment, autant la
- 30:39 Cilice, on est peut-être une région assez solaire pour que ce soit un peu plus compliqué aussi,
- 30:44 mais je commence à entrevoir vraiment le sens de la Cilice, parce que je crois vraiment entre
- 30:52 entrepasser une préparation dynamique et la ressentir, c'est pas la même chose et encore
- 30:58 une fois, faut pas en rajouter, faut pas non plus éterrer trop le discours et la pratique.
- 31:04 Et au niveau de la plante, la Cilice a plusieurs rôles, elle a un rôle de structuration un peu
- 31:12 des tiges, c'est ce qu'ils voient le mieux dans l'aprèl où l'aprèl est très riche en Cilice,
- 31:18 la plante absorbe de la Cilice sous forme soluble et la Cilice se re-précipite, forme quasiment des
- 31:25 pierres qu'on appelle des phytolithes dans la plante et les phytolithes, la forme des pierres
- 31:29 des plantes, sont caractéristiques des plantes. La vigne contient des phytolithes dans les feuilles
- 31:33 qui n'auront pas la même allure que les phytolithes d'aprèl ou d'autres espèces.
- 31:37 Et après cette Cilice, indirectement, mais c'est plus en termes de catalyseurs et c'est le rôle
- 31:44 qui est plus expliqué par la biodynamie, elle va jouer un rôle dans la synthèse des molécules aromatiques.
- 31:49 Voilà, donc là on en a pour 9 hectares de vigne.
- 32:15 Incroyable, hein?
- 32:19 C'est pas mal, il n'y a pas de vent ce matin, il fait beau.
- 33:16 C'est pas mal.
- 33:41 Le revache est une étape qui est belle, qui symbolise presque la fin d'une des
- 34:11 gros parties des travaux en verre, après la taille, après le pliage, les bourgeonnages,
- 34:18 le mouchage, vient enfin le relevage.
- 34:21 Et c'est joli, esthétiquement en plus c'est joli, les vignes sont très belles, et puis
- 34:27 là on se dit ça y est enfin, les raisins vont pouvoir se développer, c'est beau.
- 34:32 La vie, l'adolescence de la vigne tu vois, c'est ça, on en a plein dedans.
- 34:35 Il y a encore des orages prévus certainement ce soir, et le fait de bloquer la vigne comme
- 34:43 ça, ça évite la casse des rameaux.
- 34:44 Mais ce qui est intéressant c'est de se dire qu'il y a quand même 150 ans, les fils de
- 34:49 fer, les piquets n'existaient pas, et toutes les vignes étaient plantées et taillées
- 34:52 souvent un petit peu gobelets, ce qu'on peut avoir dans le Beaujolais ou dans le sud de
- 34:57 la France, et il y avait certainement un petit peu de casse, mais on le supportait.
- 35:02 Après les pratiques biodynamiques, que ce soit les bouches de corne, que ce soit l'acidis,
- 35:15 que ce soit les tisanes, tout ce qui est lactofermentation, tout ça, ça c'est, on pourrait dire que
- 35:20 c'est quand même des clés dans la caisse à outils, c'est comme la clé de 17 ou la
- 35:25 clé de 19, il y a des clés universelles un peu.
- 35:32 Bon là il n'y a pas grand chose à expliquer, on chauffe de l'eau, c'est pas sorcier comme
- 35:36 dirait l'autre.
- 35:37 Je vais chercher les tisanes.
- 35:39 Donc là je vais peser 100 grammes de pissenlit, ça sent très bon, très très bon.
- 35:51 Donc là on en fait une tisane, ce qui fait qu'on attend que l'eau arrive à ébullition,
- 35:58 on coupe l'eau et on jette l'épissenlit dans l'eau.
- 36:01 Donc je le cuis un petit peu, j'ai vraiment l'impression de faire de la cuisine.
- 36:07 Le gros intérêt des tisanes c'est de renforcer le système immunitaire de la plante, donc
- 36:14 de la vigne, contre les maladies, ce qui nous permet de descendre énormément les doses
- 36:18 de produits phyto, tout ce qui est soufre, cuivre, on utilise finalement très peu de
- 36:23 soufre et de cuivre, et encore moins depuis qu'on passe ces préparations de tisane en
- 36:28 même temps.
- 36:29 Généralement on utilise beaucoup de prêles, d'orties, osiers, aquilées, épissenlits
- 36:37 en début de saison, jusqu'à la fleur, et puis pendant la fleur on arrête l'ortie,
- 36:44 parce que l'ortie quand même est un stimulant assez fort et on a peur quand même d'entraîner
- 36:50 certaines maladies, donc juste pendant cette période là, maladies et puis risque de coulure
- 36:55 au niveau de la vigne, donc perte de raisins.
- 36:57 Donc pendant une quinzaine de jours on n'utilise pas d'ortie et puis on recommence ensuite.
- 37:01 On apporte nos petites tisanes qui sont toutes prêtes dehors, on va les filtrer, les mettre
- 37:08 dans les bonbonnes.
- 37:09 Les tisanes, grosso modo, on les prépare un jour à trois jours avant le traitement,
- 37:32 donc normalement on va traiter vendredi soir, demain soir, ou samedi matin.
- 37:39 A la coppe, ils ont dit que je ne faisais plus qu'une seule tenue, en taille, donc c'est
- 38:00 du XL, mais ce qui paraît ce n'est pas du XL, car pour les grands, ce qui paraît les
- 38:08 grands sont trop courts.
- 38:09 On va voir, je sais plus, je m'en fous.
- 38:10 Il souffre.
- 38:11 Il souffre au mougable.
- 38:12 Donc là on va tourner aujourd'hui 7 kg d'hectares de souffle.
- 38:41 Et 1 kg d'hectares de bouillies vandalaises.
- 38:49 Il est très très difficile de se passer des produits minéraux qui sont le cuivre et
- 38:54 le souffle.
- 38:55 Si on fait un travail très intensif avec les tisanes, au minimum une fois par semaine,
- 39:02 on peut peut-être, si les circonstances ne sont pas trop mauvaises, si l'année est bonne,
- 39:07 on peut peut-être arriver à se passer, ou presque, à diminuer beaucoup en tout cas
- 39:12 les doses de cuivre et de souffle.
- 39:14 Alors moi ma recherche aujourd'hui c'est de faire que le plus de domaines possibles
- 39:18 puissent passer vers la bio et vers la biodynamie avec assez de sécurité.
- 39:22 Donc maintenant j'incorpore le cuivre aux 6 hectares de vignes.
- 39:28 On a 6 kg de bouillies vandalaises.
- 39:37 Les conditions sont bonnes, on peut dire idéales.
- 40:01 Pas de vent, il n'y a vraiment pas de vent.
- 40:04 Un tout petit peu de rosée, 3 fois rien.
- 40:08 Et on essaie de viser ce genre de jour, ce n'est pas évident, mais là sur cette année
- 40:19 ça fait déjà 3 jours comme ça quasiment.
- 40:20 Ça reste toxique c'est sûr, c'est toujours des molécules qui sont toxiques, mais aux
- 40:30 doses auxquelles on les utilise, et du fait qu'on a une vie dans les sols, ces doses
- 40:36 qu'on utilise nous-mêmes ne sont pas toxiques ou très peu toxiques pour la vigne.
- 40:40 Les 3 quarts des produits conventionnels contiennent du cuivre aussi.
- 40:44 Non seulement c'est du cuivre, c'est du cuivre, plus du manèbre, plus d'autres produits,
- 40:48 mais même l'efficacité des produits conventionnels elle est peut-être due en partie au cuivre.
- 40:53 Et interdire le cuivre ça serait encore peut-être plus embêtant pour les conventionnels que
- 40:57 pour les bio.
- 40:58 Très souvent c'est la question récurrente, on va dire c'est plutôt le...
- 41:04 C'est trouver un inconvénient de la bio.
- 41:06 Exactement.
- 41:07 Et c'est ce qui revient sur le tapis systématiquement, c'est ces doses de cuivre, on dit le cuivre
- 41:11 est phyto-toxique pour vous les bio, vous utilisez du cuivre, c'est phyto-toxique, c'est
- 41:17 même toxique pour le fonctionnement du sol.
- 41:19 Alors en dose de soufre, on est à peu près, suivant les années, entre 35 kg et 45 kg
- 41:26 de soufre par hectare et par an, et en cuivre, métal, on est, suivant les années, entre
- 41:33 1,5 kg et 2,5 kg, mais généralement plus proche d'1,5 kg, 2 kg.
- 41:38 Il y a eu des problèmes de cuivre sur certaines vieilles parcelles de vignes, mais c'était,
- 41:43 on était à des doses qui étaient plutôt 10 ou 20 fois celles-là.
- 41:48 Il n'y a pas si longtemps, on voyait encore des vignes qui étaient complètement bleues,
- 41:52 repeintes en sulfate du cuivre.
- 41:54 Oui, les piquets, tout était bleu.
- 43:54 Il y a eu de la flotte et de la grêle, en même temps.
- 44:24 Ça, ce sont les impacts de samedi.
- 44:27 C'est un petit peu, on va dire, pour le moral, c'est un peu rude.
- 44:31 C'est en 2008, cette parcelle-là était dans le même état.
- 44:35 Gros orage de grêle qui avait déjà tout détruit.
- 44:39 Et là, on est en 2010, et rebelote.
- 44:42 Voilà, les raisins ont été...
- 44:55 Une rafle encore.
- 45:00 Et pour te montrer quand même l'impact et la violence de la grêle, c'est ça qui est impressionnant.
- 45:05 Là, on voit bien les bois.
- 45:09 Ça, c'est les impacts de grêle, ça.
- 45:12 Il ne vaut mieux pas se trouver sous un orage de grêle quand c'est comme ça.
- 45:16 Ça a été complètement haché.
- 45:18 Donc, il faut imaginer des grêlons qui étaient transportés par des bourrasques de vent à 120, 130 à l'heure.
- 45:24 Ce n'est pas la chute du grêlon qui a fait mal.
- 45:27 C'est la violence du vent qui a véritablement lancé des projectiles.
- 45:33 Donc, pas de Beaujolais pour nous en 2010.
- 45:39 C'est la misère.
- 45:41 On attend que ça sèche et puis on va passer un peu d'argile.
- 45:43 Valérienne, argile.
- 45:46 Essayer de cicatriser tout ça et puis de sauver les meubles.
- 45:53 J'ai connu des gens meilleurs.
- 46:03 Voilà, royage.
- 46:06 Après la tempête.
- 46:08 Après la grêle.
- 46:10 Ça a quand même bien séché.
- 46:12 On aurait voulu passer de l'argile pour sécher justement ces plaies.
- 46:16 Mais globalement, ça a déjà bien séché.
- 46:18 Donc, ce n'est pas sûr qu'on passe avec de l'argile.
- 46:21 Donc, ça fait des raisins qui sont bien abîmés.
- 46:23 Ça n'aura pas forcément beaucoup de conséquences sur la qualité du jus.
- 46:26 Mais c'est surtout en termes de rendement.
- 46:28 C'est quoi la moyenne de rendement ?
- 46:30 Là, on est à peu près à 40 hecto à l'hectare.
- 46:33 Sachant que l'appellation Pouilly-Vinzel comme Pouilly-QC, c'est 50 hecto de base.
- 46:40 Mais il y a toujours une dérogation qu'on appelle le PLC qui est de 20% supplémentaire.
- 46:44 Donc, ça veut dire que le rendement réel est de 60 hecto autorisé.
- 46:48 Donc, tu vois, nous, on est à 40.
- 46:50 Ce qui est pour nous le très bon équilibre entre le sol, la vigne.
- 46:54 Ce qui permet de donner des raisins mûrs et sains, équilibrés.
- 46:58 Là, du fait de la grêle, comme en 2008, on va se retrouver avec des rendements très bas.
- 47:03 De l'ordre de 20 à 25 hecto à l'hectare.
- 47:28 Il est apparu assez vite, il y a déjà 25 ans, que si on voulait obtenir de grands vins
- 47:54 et qu'il soit l'expression de leur terroir, ce qui était recherché,
- 47:58 eh bien, on était obligé de s'orienter vers une culture bio,
- 48:03 c'est-à-dire une culture qui respecte le terroir et les hommes qui y travaillent.
- 48:08 Et je pense que les méthodes bio apportent ce que j'appellerais une finesse de maturité.
- 48:14 Non pas plus de sucre ou moins d'acidité, mais une maturité qui est propre à une expression plus fine du terroir.
- 48:23 La biodynamie, puisqu'elle respecte les terroirs,
- 48:31 est certainement une méthode qui, mieux que n'importe quelle autre,
- 48:36 permet de transmettre les terroirs dans leur intégrité aux générations futures.
- 48:42 Je dirais qu'elles font partie du terroir, exactement comme, pour moi,
- 48:46 comme le sol, comme la vigne, comme tout ce qui entoure nos climats,
- 48:53 la biodynamie en fait partie, c'est un élément devenu essentiel.
- 49:16 On va déguster, on va déguster tout ça.
- 49:26 Alors, depuis quelle époque est-ce que vous travaillez ici ?
- 49:30 Depuis le début de l'hiver.
- 49:32 Depuis le début de l'hiver ?
- 49:34 Oui, depuis le début de l'hiver.
- 49:36 Et vous travaillez ici depuis combien de temps ?
- 49:39 Depuis le début de l'hiver.
- 49:41 Depuis le début de l'hiver.
- 49:44 Alors, depuis quelques temps, on a décidé de goûter les tonneaux,
- 49:50 chacun des tonneaux, dans un lieu neutre, c'est-à-dire dans un lieu autre que la cave.
- 49:55 On s'est aperçu que très souvent on pouvait goûter des vins très très bien en cave,
- 49:59 et qu'une fois qu'on les goûtait en dehors de cette ambiance de cave,
- 50:03 qui sont très bons, on n'arrive pas du tout à avoir la même palette aromatique.
- 50:07 C'est pour ça que maintenant, systématiquement, on essaie de goûter chacun des tonneaux
- 50:11 qui ira dans la cuillée finale, dans un espace qui est ici le bureau ou dans la cuisine à côté,
- 50:17 donc qui est neutre par rapport à cette odeur d'ambiance de cave.
- 50:21 Et donc là, le but aujourd'hui, c'est de valider les dégustations qu'on avait déjà faites au mois de juin,
- 50:28 qui définissaient les tonneaux qui iraient dans les assemblages finaux,
- 50:32 et puis également, ça permet de retirer toutefois un tonneau qu'on aime moins,
- 50:37 et de l'éliminer, c'est-à-dire qu'on ne le reprendra pas l'année prochaine.
- 50:41 Alors là, nous sommes en train de soutirer 2009, donc on est tout début septembre, fin août,
- 51:10 demain c'est le 1er septembre, et en effet, comme ça, de cette façon-là, on garde les tonneaux frais pour le mélisme qui suit,
- 51:18 c'est-à-dire que les tonneaux qu'on est en train de vider ici, on va les re-remplir de nouveau d'ici 3-4 semaines.
- 51:23 Donc les tonneaux n'ont pas le temps de sécher, ainsi, et ils restent frais.
- 51:40 Donc là, je suis en train de mettre du dioxyde de soufre, c'est un gaz qui sert à stabiliser le vin.
- 51:54 On a un peu tendance à diaboliser le soufre, alors là-dessus, on est très clair,
- 51:58 on met du soufre, c'est un antioxydant antiseptique aussi,
- 52:03 c'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier une chose, c'est que le vin, c'est une étape entre du jus de raisin et du vinaigre.
- 52:09 C'est une civilisation telle que les Romains ou les Grecs.
- 52:12 Les Romains mettaient généralement de l'huile d'olive dans leurs amphores sur le dessus du vin,
- 52:17 c'est à protéger de l'air, de l'oxygène.
- 52:20 Ou bien on mettait aussi des plantes aromatiques type lavande, romarin, ainsi de suite,
- 52:26 qui avaient des qualités antiseptiques et surtout antioxydantes.
- 52:32 Les Grecs, même histoire avec les redinas, on parle beaucoup des redinas,
- 52:36 les redinas, c'est des tonneaux en fait en pin, et les pins contiennent des terpènes qui sont des antioxydants.
- 52:41 Donc je dirais, ce souci de stabilisation du vin ne remonte pas aujourd'hui,
- 52:45 et l'utilisation du soufre n'est pas nouvelle.
- 52:47 Je suis aidé par le fait que je ne connais rien en vinification, ça c'est très important,
- 52:51 et je me suis toujours amusé à appliquer les concepts de logique classique,
- 52:57 et puis toujours garder une barrique sur laquelle je n'appliquais pas les concepts.
- 53:01 Par exemple, mettre 2 grammes ou 4 grammes de soufre après une barrique qui avait fait ça malot.
- 53:07 Et puis au fur et à mesure des vinifications, on s'aperçoit qu'on diminue de façon constante les soufres,
- 53:16 et puis ça ne va pas plus mal pour autant.
- 53:19 Il y a des régions, on a en tête, je ne vais pas les citer, mais on pense à certaines régions au blanc,
- 53:24 on dit, oh là là, moi ce vin-là me donne mal à la tête, c'est à cause du vin blanc ?
- 53:29 Non, pas du tout, c'est à cause, à un moment donné, dans les années 70-80,
- 53:33 on a mis des doses extrêmement massives, très massives, de soufre, et c'est le soufre qui fait mal à la tête.
- 53:38 Mais lorsqu'on est sur des teneurs de 200 mg par litre, oui en effet, même 150 mg par litre,
- 53:42 on peut commencer à avoir mal à la tête, c'est sûr.
- 53:44 Le soufre gustativement se goûte, se sent, c'est l'aspect fermeté, dureté en bouche,
- 53:57 me gêne, me gêne beaucoup.
- 54:00 Il y a d'autres éléments aromatiques, évidemment, qui me gênent aussi,
- 54:06 mais je suis persuadé que le soufre n'est pas fondamentalement,
- 54:09 le fait de resserrer au soufre n'est pas fondamentalement la bonne chose.
- 54:13 C'est un petit peu la façon de gérer le problème des banlieues à notre époque,
- 54:17 en mettant un peu plus de police dans la rue.
- 54:20 Je ne pense pas que ce soit vraiment la solution,
- 54:23 parce que ça semble évident pour beaucoup de monde, heureusement.
- 54:53 Déjà, on a le beau temps, c'est pas mal.
- 54:55 Les raisins, on le sait, ne sont pas terribles cette année, et beaucoup de grêle.
- 54:59 Mais avec un peu de tri, ça se fait bien, et au final, la vie continue.
- 55:07 C'est bon, l'année prochaine, ça sera encore là.
- 55:23 Le fait de vendanger à la main, c'est encore plus d'importance, ce genre d'année,
- 55:27 donc des années un peu difficiles où il y a eu de la grêle.
- 55:30 Ça permet à la main de pouvoir justement faire le tri des raisins,
- 55:34 et de garder que le meilleur.
- 55:36 Le gros intérêt aussi de vendanger à la main,
- 55:39 et de mettre les raisins dans des caisses de 20 kilos,
- 55:42 ça évite donc tout ce qui est tassement, trituration,
- 55:46 et ensuite, ça permet d'acheminer des raisins vraiment sains, propres,
- 55:50 jusqu'au cuivrage, et de presser des raisins entiers.
- 56:17 En fait, pressurer, charger les caisses à la main tel qu'on le fait,
- 56:22 pour presser un raisin entier, finalement, c'est un peu la fin de la logique
- 56:26 qu'on peut avoir au niveau de la vigne.
- 56:28 C'est tout le temps que l'on passe dans la vigne, qui est très longue,
- 56:32 tous les travaux qu'on fait à la main,
- 56:34 sont respectés par cette étape finale de pressurage.
- 56:38 Ce serait vraiment dommage d'utiliser un fouloir, un air-rafloir,
- 56:43 ou même de vendanger à la machine,
- 56:45 des raisins qu'on s'est évertués à faire qu'il y soit le plus beau possible.
- 56:50 Donc là, c'est vraiment pour aller au bout de la démarche du respect du raisin.
- 56:54 N'est-ce pas ?
- 56:55 Tout à fait.
- 56:56 Is that it ?
- 56:57 Bien sûr.
- 56:59 Sur les blancs, on s'aperçoit d'un confort de vignification formidable,
- 57:05 et c'est vrai que c'est un confort de vignification qui m'a fait évoluer aujourd'hui,
- 57:11 au point que je ne mets effectivement plus de soufre sur ces derniers millésimes.
- 57:17 Je n'ai pas de soufre sur les blancs.
- 57:19 Je n'ai pas de soufre sur les blancs.
- 57:22 Je ne mets plus de souffre à la vendange,
- 57:26 et je n'en mets plus du tout, durant toute la vignification.
- 57:29 Alors ça c'est une règle qui…
- 57:35 que je me refuse de généraliser,
- 57:39 parce que je ne peux pas garantir cette attitude sur le millésime 2014 ou 2015.
- 57:46 J'attends d'abord de tailler la glare,
- 57:48 d'aller à la voie humaine,
- 57:50 d'abord de tailler la vigne,
- 57:51 et puis de faire tout le cycle végétatif
- 57:55 avant d'avoir la moindre opinion sur les jus.
- 57:58 Mais c'est vrai que les derniers millésimes m'ont donné cette opportunité.
- 58:02 On rentre des vendanges qui sont magnifiques,
- 58:04 et on a un vin qui semble…
- 58:08 un jus de raisin qui semble résistant.
- 58:10 On travaille beaucoup sur le pied de cuve,
- 58:13 qui est, à mon avis, assez important.
- 58:16 Juste pour rappeler, donc, la fermentation alcoolique,
- 58:19 ça se fait grâce aux levures
- 58:21 qui sont normalement naturellement présentes sur le raisin,
- 58:24 ou naturellement présentes dans l'atmosphère même.
- 58:26 C'est ce qu'on appelle Saccharomyces cerevisiae,
- 58:29 c'est la levure du boulanger.
- 58:30 Et cette levure-là, donc, va fermenter, va dégrader les sucres
- 58:33 naturellement présents du raisin en alcool.
- 58:36 Et cette dégradation, elle produit de la chaleur et du gaz carbonique.
- 58:40 C'est amusant, ça fait bop.
- 58:42 Bop, bop, bop.
- 58:43 Je fais confiance au cycle des levures, si je puis dire,
- 58:48 et au cycle des saisons.
- 58:50 Je me suis aperçu que chauffer une cave
- 58:53 lorsque les levures ont tendance à vouloir s'arrêter l'hiver,
- 58:57 n'était pas bon.
- 58:58 On avait tendance à avoir un vin qui patinait,
- 59:01 qui jaunissait, qui souffrait,
- 59:05 qu'on le forçait un peu.
- 59:07 Alors aujourd'hui, j'ai adopté une démarche totalement inverse.
- 59:09 C'est que lorsque le froid vient,
- 59:11 lorsque la végétation est vraiment en sommeil,
- 59:14 je laisse rentrer le froid,
- 59:15 toutes les fermentations s'arrêtent,
- 59:17 qu'elles soient en malolactique, qu'elles soient en alcoolique,
- 59:20 puisque bien évidemment, les fermentations malolactiques
- 59:22 se font toujours au milieu des sucres.
- 59:26 Et je laisse repartir au printemps.
- 59:34 Ah, celle-là, elle reprend plus.
- 59:36 Viens voir.
- 59:37 Ça y est, elle serait repartie en celle du bas.
- 59:40 Eh oui !
- 59:43 Celle-là, elle est entre deux.
- 59:45 Toujours, allez.
- 59:50 Ça y est, c'est lancé, c'est lancé.
- 59:52 Allez, les cocottes.
- 59:54 Ah ben, je veux l'avoir.
- 59:56 Je t'avais dit que c'était une verdure.
- 1:00:00 Les pois sont épaisses.
- 1:00:01 C'est intéressant quand on goûte les raisins,
- 1:00:03 quand on goûte pendant les vendanges
- 1:00:07 et avant les vendanges aussi,
- 1:00:09 c'est intéressant, c'est de croquer le pépin,
- 1:00:12 de voir comment le pépin se fend,
- 1:00:14 de lécher un peu le pépin,
- 1:00:16 parce qu'on voit vraiment la qualité des tannins également,
- 1:00:19 et puis la maturité de la baie,
- 1:00:21 et puis également aussi de croquer la pellicule
- 1:00:23 et de voir l'épaisseur de la pellicule.
- 1:00:25 L'épaisseur de la pellicule, il faut savoir que
- 1:00:27 quand on fait goûter l'épineau noir,
- 1:00:31 le jus à l'intérieur, il est blanc.
- 1:00:33 Comme 99% des raisins rouges.
- 1:00:36 Par contre,
- 1:00:38 quand on va travailler un peu cette peau,
- 1:00:46 on se rend compte que ça commence à se teindre.
- 1:00:49 On voit que c'est un peu rosé.
- 1:00:51 Et donc, simplement en triturant un peu cette peau,
- 1:00:54 elle va commencer à donner la couleur,
- 1:00:56 mais également, il y a un peu d'eau.
- 1:00:59 Il y a des tannins,
- 1:01:01 c'est les tannins les plus importants du raisin,
- 1:01:03 et il y a également des composés aromatiques.
- 1:01:05 C'est pour ça qu'on cherche des peaux épaisses,
- 1:01:07 c'est pour ça que l'épineau noir a des peaux épaisses.
- 1:01:09 Donc ça, c'est très important,
- 1:01:11 parce que c'est pour ça que je parle souvent d'infusion
- 1:01:13 plutôt que d'extraction.
- 1:01:19 Alors, c'est clair que
- 1:01:21 si on fait tout ce travail dans la digne,
- 1:01:23 ce n'est pas pour aller
- 1:01:25 faire ce que j'appelle des sur-vignifications.
- 1:01:27 À partir du moment où on a un beau raisin,
- 1:01:29 une belle matière,
- 1:01:31 c'est comme...
- 1:01:33 Je discute souvent avec les chefs de cuisine,
- 1:01:35 s'ils ont un beau produit,
- 1:01:37 ils vont très peu le cuisiner,
- 1:01:39 parce qu'il pourra
- 1:01:41 se donner de lui-même.
- 1:01:43 Un beau raisin,
- 1:01:45 quand on comprend que c'est un beau raisin,
- 1:01:47 il ne faut pas aller chercher trop loin.
- 1:01:49 Je pense que,
- 1:01:51 en fait,
- 1:01:53 à nous de respecter...
- 1:01:55 Nous, on n'est pas grand-chose, en fait.
- 1:01:57 Moi, je dis souvent qu'on doit être derrière l'étiquette
- 1:01:59 et pas devant.
- 1:02:01 Les terroirs, les sols, ils sont là depuis des années,
- 1:02:03 des milliers d'années, des millions d'années.
- 1:02:05 Nous, on est là, sur Terre,
- 1:02:07 peut-être pour 80 ans,
- 1:02:09 peut-être plus, si on a de la chance.
- 1:02:11 Ça, c'est des beaux raisins,
- 1:02:13 bien mûrs,
- 1:02:15 de belles couleurs, ça sent bon.
- 1:02:17 C'est nos bébés.
- 1:02:19 Alors là, on fait ce qu'on appelle le pigeage.
- 1:02:21 L'objectif, il est double.
- 1:02:23 Il est, d'une part,
- 1:02:25 de faire
- 1:02:27 de l'eau,
- 1:02:29 de l'eau,
- 1:02:31 de l'eau,
- 1:02:33 de l'eau,
- 1:02:35 de l'eau,
- 1:02:37 de l'eau,
- 1:02:39 de l'eau,
- 1:02:41 de l'eau,
- 1:02:43 de l'eau,
- 1:02:45 de l'eau,
- 1:02:47 de la terre,
- 1:02:49 de renouveler le pain.
- 1:02:51 C'est-à-dire que le pain de raisin soit pas le même
- 1:02:53 au-dessus.
- 1:02:55 Que les raisins ne soient pas
- 1:02:57 organisés pareil
- 1:02:59 et puis l'objectif
- 1:03:01 est également
- 1:03:03 de marier la matière solide
- 1:03:05 à la matière liquide.
- 1:03:07 Là, on voit bien que le raisin
- 1:03:09 a bien changé de couleur, qu'il a pris une teinte
- 1:03:11 plus
- 1:03:13 violacée, marron, un peu tuilée.
- 1:03:15 On voit bien
- 1:03:17 quand je prends des grappes
- 1:03:19 comme ça, on voit bien qu'il y a encore pas mal de baie entière.
- 1:03:21 Je vais vous expliquer.
- 1:03:23 On a déjà des couleurs
- 1:03:25 qui ressortent de façon intéressante.
- 1:03:27 C'est toujours très intéressant
- 1:03:29 de sentir les cuves
- 1:03:31 parce qu'on a une idée
- 1:03:33 déjà des futurs arômes.
- 1:03:35 De la puissance aromatique
- 1:03:37 peut avoir le millésime. Aussi des dérives
- 1:03:39 aromatiques parce qu'il peut avoir des problèmes.
- 1:03:41 Le vin est un produit vivant.
- 1:03:43 Il peut avoir, comme n'importe quel être vivant,
- 1:03:45 que ce soit animal ou végétal,
- 1:03:47 des maladies.
- 1:03:49 Il faut le surveiller. Il faut être attentif.
- 1:03:51 Il faut être aussi attentif
- 1:03:53 dans une vigne qu'un raisin
- 1:03:55 en fermentation ou en élevage.
- 1:03:57 Alors,
- 1:03:59 déjà, boiser les vins,
- 1:04:01 je trouve que c'est du maquillage.
- 1:04:03 Si on fait tout ce travail à la vigne
- 1:04:05 et en vignification,
- 1:04:07 c'est pour respecter.
- 1:04:09 Donc,
- 1:04:11 boiser les vins, c'est pas l'objectif.
- 1:04:13 Le feu est là pour faire grandir le vin.
- 1:04:15 Alors, pour essayer de...
- 1:04:17 Et ça, je suis sûr qu'il y en a
- 1:04:19 des gens qui le font,
- 1:04:21 mais c'est pas le but.
- 1:04:23 Le but, c'est de faire grandir le vin.
- 1:04:25 Alors, pour essayer de...
- 1:04:27 Et ça, autant je suis assez coulant sur certaines choses,
- 1:04:29 autant, là-dessus, je suis assez...
- 1:04:31 Je sais ce que je veux.
- 1:04:33 Après, je pense qu'on a besoin
- 1:04:35 de travailler et de comprendre
- 1:04:37 un peu plus le bois.
- 1:04:39 Alors, moi, je me suis mis en tête
- 1:04:41 d'essayer, dans mon métier,
- 1:04:43 d'essayer de comprendre toute l'origine.
- 1:04:45 C'est-à-dire que j'ai jamais accepté
- 1:04:47 qu'on me donne un feu et qu'on me dise
- 1:04:49 voilà, ça, ce sera bien pour tes vins.
- 1:04:51 Alors, je dis pas que je suis spécialiste,
- 1:04:53 mais j'ai voulu essayer de faire
- 1:04:55 des fûts et d'aller à la base,
- 1:04:57 c'est-à-dire d'aller choisir les arbres,
- 1:04:59 de couper les arbres, d'être en forêt
- 1:05:01 quand on les coupe et de choisir au moment
- 1:05:03 où on les coupe. Parce que quand on coupe
- 1:05:05 un arbre, on sait exactement,
- 1:05:07 quand on voit juste après la coupe,
- 1:05:09 on a exactement le dessin de l'arbre
- 1:05:11 et notamment la finesse du grain.
- 1:05:13 Et c'est ça qui m'intéresse.
- 1:05:15 Donc, on va choisir nos arbres,
- 1:05:17 on va les couper, pendant 3 ans,
- 1:05:19 on va les laisser sécher.
- 1:05:21 Quand on fait vraiment des vinifications,
- 1:05:23 en général, mon tonnelier,
- 1:05:25 mon tonnelier, d'ailleurs,
- 1:05:27 on a un peu marre de ça,
- 1:05:29 puisqu'en fait, je prends la tonnellerie
- 1:05:31 pendant une journée,
- 1:05:33 on fait une cinquantaine de fûts par an,
- 1:05:35 et chaque fût est fait toujours
- 1:05:37 après les vinifications.
- 1:05:51 Notre objectif, en termes d'éleveur,
- 1:05:53 puisque là, c'est vraiment le travail d'éleveur,
- 1:05:55 va être d'essayer de redonner,
- 1:05:57 ou en tout cas, de faire exprimer
- 1:05:59 la fraîcheur dans les vins.
- 1:06:01 Et pour ça, cette année,
- 1:06:03 on a fait un travail un peu particulier.
- 1:06:05 C'est la première fois qu'on fait,
- 1:06:07 on a fait ce qu'on appelle des fûts tartare.
- 1:06:09 C'est-à-dire qu'en général, un fût,
- 1:06:11 on va le chauffer pendant 3 ans,
- 1:06:13 et après, on va le mettre dans le vin.
- 1:06:15 C'est-à-dire qu'on va le couper,
- 1:06:17 on va le mettre dans le vin,
- 1:06:19 en général, un fût, on va le chauffer
- 1:06:21 pendant quasiment une heure,
- 1:06:23 ça dépend de la puissance du feu
- 1:06:25 et de la puissance de la flamme.
- 1:06:27 Là, on a fait une flamme moyenne
- 1:06:29 et on les a chauffés 5 minutes de chaque côté.
- 1:06:31 Et ensuite, on a fermé.
- 1:06:33 L'objectif, c'est d'avoir un fût
- 1:06:35 quasiment brut de bois
- 1:06:37 et de travailler sur la sève du bois,
- 1:06:39 sur la sève du chêne,
- 1:06:41 qui va apporter ce côté sèveux,
- 1:06:43 un côté sèveux, mais aussi un côté frais.
- 1:06:49 Et la deuxième chose aussi sur les fûts,
- 1:06:51 c'est que l'ensemble des bois
- 1:06:53 pour faire un fût provient du même arbre.
- 1:06:55 Donc ça aussi, c'est quelque chose
- 1:06:57 d'important pour moi,
- 1:06:59 puisque je veux avoir le même grain,
- 1:07:01 je veux avoir la même énergie dans les bois
- 1:07:03 et surtout une homogénéité
- 1:07:05 dans les échanges.
- 1:07:07 Voilà.
- 1:07:19 ...
- 1:07:43 Il nous a semblé tout de suite
- 1:07:45 très intéressant et important
- 1:07:47 de pouvoir vinifier d'autres appellations
- 1:07:49 que celle de Pouilly-Vinzel.
- 1:07:51 Et on a tout de suite pensé au négoce.
- 1:07:53 Enfin, à la formule du négoce.
- 1:07:55 Alors, négoce particulier,
- 1:07:57 puisque ce qu'on a créé avec Bread Brothers,
- 1:07:59 c'est un négoce
- 1:08:01 qu'on appelle haute couture,
- 1:08:03 sans aucune prétention,
- 1:08:05 mais ça veut dire qu'on achète le raisin sur pied
- 1:08:07 à différents vignerons,
- 1:08:09 on vendange nous-mêmes avec notre propre équipe de vendangeurs
- 1:08:11 et en fait,
- 1:08:13 on produit aujourd'hui à peu près une quinzaine de cuvées différentes
- 1:08:15 qui sont réparties sur l'ensemble du Maconais.
- 1:08:17 Et chaque cuvée,
- 1:08:19 à l'exception de deux,
- 1:08:21 mais sinon les treize autres cuvées
- 1:08:23 correspondent à un vigneron
- 1:08:25 et à une parcelle.
- 1:08:27 Donc dans l'idée, en fait, c'était de se dire,
- 1:08:29 on sait que le Maconais est une région fantastique
- 1:08:31 avec un potentiel incroyable en termes de géologie,
- 1:08:33 en termes de qualité des vins,
- 1:08:35 et nous, ce qui nous passionnait,
- 1:08:37 c'était de se dire,
- 1:08:39 on va essayer de trouver des raisins
- 1:08:41 qui soient le plus proches possible de ce qu'on avait sur la Souffrandière,
- 1:08:43 ou si possible en bio,
- 1:08:45 et ensuite on va les vignifier de la même façon.
- 1:08:47 C'est plus quelque chose,
- 1:08:49 on n'est pas là,
- 1:08:51 on n'est pas dans un négoce
- 1:08:53 où on veut vendre du vin à tout prix et faire des volumes,
- 1:08:55 on veut que
- 1:08:57 tout le monde se régale
- 1:08:59 et puisse vivre de son métier,
- 1:09:01 du producteur jusqu'au consommateur,
- 1:09:03 et qu'il n'y ait pas
- 1:09:05 de personnes qui soient lésées dans l'affaire.
- 1:09:07 Et c'est quelque chose,
- 1:09:09 ce négoce vignificateur,
- 1:09:11 qui pour nous est très important
- 1:09:13 et totalement complémentaire
- 1:09:15 de tous les domaines qu'il y a
- 1:09:17 dans les terrasses du Larzac,
- 1:09:19 ici, là où on est.
- 1:09:21 Je pense que l'avenir aussi,
- 1:09:23 on est dans des sociétés souvent très individualistes,
- 1:09:25 et la culture du groupe,
- 1:09:27 elle doit revenir.
- 1:09:29 Et surtout dans le vin,
- 1:09:31 on boit rarement une bouteille seule,
- 1:09:33 on la boit à plusieurs,
- 1:09:35 donc faire du vin, c'est aussi le faire à plusieurs.
- 1:09:41 Comprendre tous ces terroirs demande du temps,
- 1:09:43 de la persévérance,
- 1:09:45 des conseils.
- 1:09:47 Faire un voyage sensoriel
- 1:09:49 appartient à chacun voulant entendre.
- 1:09:51 Des hommes sont là pour guider,
- 1:09:53 faire le lien entre la vigne et le verre.
- 1:09:55 Je pense qu'effectivement,
- 1:09:57 les vins ressemblent beaucoup
- 1:09:59 aux vignerons qui les ont faits.
- 1:10:01 Un vin rustique,
- 1:10:03 on a souvent, effectivement,
- 1:10:05 des gens qui ont fait
- 1:10:07 des vignes,
- 1:10:09 on a souvent, effectivement,
- 1:10:11 des gens un peu plus rustiques derrière,
- 1:10:13 on a l'élégance, la finesse.
- 1:10:19 Quand on a la chance
- 1:10:21 d'être né,
- 1:10:23 d'être de passage sur cette terre,
- 1:10:25 sur des endroits de
- 1:10:27 premier cru ou de grand cru bourguignon,
- 1:10:29 je crois qu'on a une forme de devoir
- 1:10:31 de prendre des risques
- 1:10:33 pour sortir ce qu'il y a de plus grand,
- 1:10:35 ce qu'il y a de plus rassé,
- 1:10:37 ce qu'il y a de plus noble sur ces grands terroirs
- 1:10:39 qui ont été définis par les anciens.
- 1:10:41 De nouveau, le bon sens de l'observation du temps
- 1:10:43 a fait qu'on a délimité cette notion
- 1:10:45 de climat village,
- 1:10:47 premier cru et grand cru.
- 1:10:49 Je crois que quand on a la chance
- 1:10:51 d'être né sur ces villages
- 1:10:53 et qu'on a la chance
- 1:10:55 d'hériter de manière momentanée
- 1:10:57 de la location de ces terres-là,
- 1:10:59 je crois qu'on doit prendre des risques
- 1:11:01 pour magnifier la matière,
- 1:11:03 pour essayer de sortir
- 1:11:05 toute la substantifique molle
- 1:11:07 de ce qu'on peut sortir sur un
- 1:11:09 pinot ou sur un chardonnay
- 1:11:11 sur ces grands terroirs bourguignons.
- 1:11:13 L'homme le plus gentil du monde,
- 1:11:15 s'il ne fait pas du bon vin, ce n'est pas intéressant.
- 1:11:17 Et ceux qui font du bon vin,
- 1:11:19 c'est très rare
- 1:11:21 qu'ils ne sont pas des gens
- 1:11:23 gentils et très intéressants
- 1:11:25 à travailler avec,
- 1:11:27 à discuter avec.
- 1:11:29 Et donc, souvent,
- 1:11:31 ils sont en bio
- 1:11:33 ou en biodynamie.
- 1:11:35 Ce n'est pas une règle chez moi, je n'insiste pas.
- 1:11:37 Mais ce qui m'intéresse,
- 1:11:39 ce qui me passionne,
- 1:11:41 c'est de trouver des jeunes,
- 1:11:43 ou ça peut être des gens qui s'installent
- 1:11:45 récemment, qui sont un peu moins jeunes,
- 1:11:47 mais de trouver des gens
- 1:11:49 qui vraiment
- 1:11:51 ont envie de faire le mieux possible.
- 1:11:55 Et puis finalement,
- 1:11:57 après Malo, les vins se goûtent bien.
- 1:11:59 Il n'y a pas de soucis,
- 1:12:01 il n'y a pas vraiment de creux.
- 1:12:03 Ça a bien supporté la Malo.
- 1:12:05 Donc on peut goûter les taurons?
- 1:12:07 Oui.
- 1:12:09 D'accord.
- 1:12:11 Ah oui, c'est un superbe équilibre.
- 1:12:13 Tout en finesse,
- 1:12:15 on a une richesse en fruits,
- 1:12:17 mais ce n'est pas exuberant.
- 1:12:19 C'est en finesse et en longueur.
- 1:12:23 C'est très harmonieux.
- 1:12:25 Ça, c'est une des mots
- 1:12:27 que j'arrive à trouver
- 1:12:29 avec les vins qui sont
- 1:12:31 en Biodinamique.
- 1:12:33 C'est précision,
- 1:12:35 minéralité
- 1:12:37 et puis harmonie.
- 1:12:39 C'est un très bon blésime.
- 1:12:41 On voit plus que ça, mais au moins très bon.
- 1:12:43 Et vous avez très bien
- 1:12:45 travaillé.
- 1:12:47 On voit la différence
- 1:12:49 de 4-5 ans de Biodinamique
- 1:12:51 que ça fait.
- 1:12:53 Il faut un certain temps pour que les vignes
- 1:12:55 commencent à bien s'intégrer.
- 1:12:57 Les vignes et les vignerons,
- 1:12:59 les deux ensemble.
- 1:13:01 Que ce soit à Londres,
- 1:13:03 en France ou ailleurs,
- 1:13:05 le travail de sélection des cavistes
- 1:13:07 reste un travail de passionné
- 1:13:09 que chaque amateur peut savourer.
- 1:13:13 Le rôle des consommateurs
- 1:13:15 est majeur.
- 1:13:17 Ce sont eux qui reconnaissent
- 1:13:19 la qualité ou non des produits.
- 1:13:21 Soit ils en reconnaissent
- 1:13:23 les qualités organoleptiques,
- 1:13:25 les qualités gustatives.
- 1:13:27 Soit ils en reconnaissent aussi des qualités
- 1:13:29 pour le soutien
- 1:13:31 de leur santé
- 1:13:33 pour les gens qui sont fragilisés.
- 1:13:35 Beaucoup de personnes qui utilisent
- 1:13:37 des produits de qualité d'émetteur
- 1:13:39 l'ont fait sur des conseils
- 1:13:41 de diététiciens ou de médecins
- 1:13:43 parce qu'ils savaient qu'ils avaient là une source
- 1:13:45 d'équilibre
- 1:13:47 et d'énergie pour un organisme
- 1:13:49 vieillissant ou un organisme malade
- 1:13:51 ou un organisme fatigué.
- 1:13:53 Les personnes qui ressentent ça,
- 1:13:55 qui ressentent ces qualités supplémentaires,
- 1:13:57 sont souvent prêtes
- 1:13:59 à soutenir ce type d'agriculture.
- 1:14:01 Pourquoi est-ce qu'ils méritent d'être soutenus ?
- 1:14:03 Simplement parce qu'ils demandent plus de travail
- 1:14:05 parce qu'on limite les productions.
- 1:14:07 On n'est pas dans une agriculture hyper intensive.
- 1:14:09 On est dans une agriculture qui veut produire raisonnablement
- 1:14:11 mais surtout qui oriente
- 1:14:13 sa démarche vers la qualité.
- 1:14:15 Et ça, ça demande une reconnaissance du consommateur
- 1:14:17 qui se traduit dans l'acceptation
- 1:14:19 de payer un prix légèrement plus élevé
- 1:14:21 que ce qu'on pourrait avoir
- 1:14:23 pour un produit banal,
- 1:14:25 ordinaire,
- 1:14:27 qui n'aura pas les mêmes qualités.
- 1:14:29 La prise de conscience collective est en marche.
- 1:14:31 Au lycée viticole
- 1:14:33 de Macon d'Availlé,
- 1:14:35 le domaine est en conversion vers l'agriculture biologique.
- 1:14:37 Alors effectivement,
- 1:14:39 ici on a fait un peu l'inverse de ce qu'il faudrait faire.
- 1:14:41 Quand je suis arrivé il y a 5 ans,
- 1:14:43 on avait une viticulture très traditionnelle
- 1:14:45 à base d'atrans chimiques.
- 1:14:47 Et donc j'ai lancé tout de suite
- 1:14:49 des vinifications parcellaires
- 1:14:51 en vieux rhodigène.
- 1:14:53 Alors par chance ça a marché,
- 1:14:55 mais l'objectif était quand même
- 1:14:57 d'arriver à ce qu'on a aujourd'hui,
- 1:14:59 c'est-à-dire un domaine en conversion à l'agriculture biologique.
- 1:15:01 Donc maintenant depuis 2 ans,
- 1:15:03 avec des sols qui sont intégralement travaillés,
- 1:15:05 et donc effectivement d'avoir des vieux rhodigènes
- 1:15:07 du terroir, d'un terroir propre.
- 1:15:09 Donc émanation d'un terroir qui vit et qui respire.
- 1:15:11 Une belle initiative.
- 1:15:13 Mais qui reste à étendre
- 1:15:15 aux autres lycées agricoles français.
- 1:15:19 Aujourd'hui on peut dire qu'il n'y a pas de volonté politique
- 1:15:21 vis-à-vis de l'agriculture biologique.
- 1:15:23 Il y a un projet global
- 1:15:25 vers les agricultures
- 1:15:27 écologiques, biologiques.
- 1:15:29 Quelque chose qui nous sorte
- 1:15:31 du marasme de l'agriculture
- 1:15:33 industrielle
- 1:15:35 intensive, qui pose de nombreux
- 1:15:37 problèmes à tout niveau.
- 1:15:39 Mais vis-à-vis de la biodémie,
- 1:15:41 il n'y a pas de projet.
- 1:15:43 Nous sommes en lien
- 1:15:45 depuis de nombreuses années avec
- 1:15:47 les services du ministère de l'agriculture.
- 1:15:49 D'une part pour
- 1:15:51 la reconnaissance des produits
- 1:15:53 par exemple
- 1:15:55 les produits de la marque Demeter.
- 1:15:57 Et aussi pour les problèmes d'élaboration
- 1:15:59 des préparations biodynamiques
- 1:16:01 qui posent des problèmes
- 1:16:03 réglementaires.
- 1:16:05 La biodynamie pour moi
- 1:16:07 c'est quelque chose d'assez
- 1:16:09 personnel.
- 1:16:11 Ca reste une philosophie
- 1:16:13 de vie. Et je reste persuadé
- 1:16:15 que ce n'est pas la biodynamie
- 1:16:17 qui fait la qualité d'un vin.
- 1:16:19 La biodynamie aide le vigneron
- 1:16:21 à se remettre en question
- 1:16:23 et à avoir une lecture du végétal
- 1:16:25 et une compréhension du végétal
- 1:16:27 et du fonctionnement de son environnement
- 1:16:29 pour mieux comprendre
- 1:16:31 tout ce fonctionnement
- 1:16:33 de la nature et de la terre.
- 1:16:35 Je viens de finir un livre de Goethe
- 1:16:37 qui est la métamorphose des plantes.
- 1:16:39 C'est un livre qui est fantastique.
- 1:16:41 Après avoir lu ce livre
- 1:16:43 je suis en train de l'analyser.
- 1:16:45 On va essayer d'adapter certaines choses
- 1:16:47 et on va changer différentes choses
- 1:16:49 dans notre façon de cultiver.
- 1:16:51 Mais sur des choses philosophiques au départ.
- 1:16:53 Donc je pense que c'est possible
- 1:16:55 de ramener une vraie idéologie
- 1:16:57 dans notre façon de travailler au jour le jour.
- 1:16:59 Il n'y a pas de vraie vérité.
- 1:17:01 La vérité est personnelle.
- 1:17:03 Et à partir du moment où on amène des méthodes
- 1:17:05 et qu'on commence à dire qu'il faut faire
- 1:17:07 tant de 500 tonnes,
- 1:17:09 qu'il faut cultiver telle plante,
- 1:17:11 on se rapproche de la lutte raisonnée
- 1:17:13 qu'on combat aujourd'hui
- 1:17:15 sur des reproductions et des schémas
- 1:17:17 qui ne sont pas appliqués à la vigne.
- 1:17:19 La vigne évolue et on doit évoluer avec elle
- 1:17:21 et l'observer et adapter
- 1:17:23 notre façon de travailler
- 1:17:25 en fonction d'elle-même.
- 1:17:31 On peut toujours critiquer
- 1:17:33 classer les gens qui font la biodynamie
- 1:17:35 comme étant des ésotériques, des sectaires.
- 1:17:37 Mais ne serait-ce déjà par ça
- 1:17:39 le fait de se dire qu'on est bien
- 1:17:41 avec sa vigne ? C'est déjà un grand pas en avant.
- 1:17:43 Et si les gens regardaient
- 1:17:45 quand je dis les gens, je parle des vignerons,
- 1:17:47 regardaient déjà
- 1:17:49 avec un autre regard leurs vignes,
- 1:17:51 un regard amoureux,
- 1:17:53 je pense qu'on aurait fait déjà un grand pas
- 1:17:55 dans l'agriculture en termes de respect des terroirs
- 1:17:57 et en respect tout simplement
- 1:17:59 de la nature.
- 1:18:01 Puisqu'être amoureux de ces vignes,
- 1:18:03 c'est être amoureux de la nature
- 1:18:05 et là, c'est un grand pas.
- 1:18:09 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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Ce film documentaire français, intitulé "La Clef des Terroirs", plonge dans les principes et les pratiques de l'agriculture biodynamique, avec un accent particulier sur la viticulture et l'élaboration du vin. Le récit est principalement articulé autour des perspectives d'un conseiller agricole expérimenté et d'un vigneron passionné, tous deux profondément engagés dans la biodynamie. Le documentaire retrace les origines de la biodynamie aux conférences de Rudolf Steiner en 1924, motivées par les défis des agriculteurs face à l'industrialisation et aux engrais de synthèse après la Première Guerre mondiale. Le concept d'« individualité agricole » de Steiner, qui considère chaque ferme comme un organisme complexe et évolutif animé par ses agriculteurs, est présenté comme une idée fondamentale. Le conseiller agricole partage son parcours de 22 ans en biodynamie, initialement dans la viticulture, et observe son influence croissante dans le maraîchage, l'arboriculture et les grandes cultures, la présentant comme une solution potentielle aux problèmes agricoles modernes. Une partie significative du film est consacrée à l'explication du rôle crucial de la vie des sols. Il détaille la composition du sol (fraction minérale, matière organique) et les contributions vitales de l'activité microbienne, des vers de terre et des mycorhizes pour créer des sols sains, structurés et riches en nutriments. Les intervenants contrastent cette approche avec la vision de l'agriculture conventionnelle qui considère le sol comme un simple support minéral, rappelant comment les herbicides chimiques étaient autrefois perçus comme un progrès. Le documentaire montre comment les vignobles, autrefois maintenus « propres » de toute herbe, sont désormais intentionnellement cultivés avec un « tapis vert » pour favoriser la vitalité du sol. Le concept de « terroir » est exploré en profondeur, allant au-delà de la simple géologie pour englober les unités agricoles locales historiques où animaux, cultures, vignobles, vergers et jardins coexistaient, façonnant des écosystèmes uniques au fil des siècles. Des exemples spécifiques de la région du Mâconnais illustrent comment différentes formations géologiques (Cénonien, Lacustre, Turonien) influencent des cépages comme le Chenin et le Cabernet Franc, leur conférant des profils aromatiques distincts (agrumes, fruits, épices). Le processus de vinification est présenté comme une extension des principes biodynamiques. Le documentaire met l'accent sur une intervention minimale, évitant les « sur-vinifications » et un élevage excessif en bois. Une approche unique de la fabrication des fûts, utilisant des « fûts tartare » (fûts légèrement chauffés provenant d'un seul arbre), est présentée pour préserver la fraîcheur du vin et exprimer la sève naturelle du bois. Le modèle de « négoce haute couture » de Bread Brothers est introduit, où les raisins sont achetés sur pied auprès de vignerons bio et vinifiés avec le même soin, promouvant des pratiques équitables et la qualité à travers la région. En fin de compte, le film positionne la biodynamie comme une philosophie de vie personnelle qui encourage les vignerons à questionner, observer et comprendre profondément leur environnement et leurs vignes. Il soutient que si la biodynamie ne garantit pas intrinsèquement la qualité du vin, elle favorise un état d'esprit de respect de la nature et du terroir, conduisant à des vins plus précis, minéraux et harmonieux. Le documentaire conclut en plaidant pour une prise de conscience collective et un soutien des consommateurs à l'agriculture biodynamique, reconnaissant ses exigences en main-d'œuvre plus élevées mais soulignant son engagement envers la qualité, la santé et la durabilité environnementale. Il met également en évidence la nécessité d'une volonté politique pour soutenir de telles transitions agricoles écologiques, citant l'exemple positif d'un lycée viticole se convertissant aux pratiques biologiques.
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