Stratégie énergétique : "On a été mous sur l'électrification des usages", selon Jean-Marc Jancovici
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Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, analyse la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) de la France, critiquant la lenteur de l'électrification des usages et discutant des enjeux du nucléaire, des énergies renouvelables et de la perception de l'écologie par les élus locaux.
- 0:00 Quels seront nos besoins en électricité d'ici dix ans et comment la produire cette
- 0:04 électricité ? Question stratégique pour la France, enjeu de souveraineté, de compétitivité,
- 0:09 enjeu climatique aussi en vue d'une sortie des énergies fossiles.
- 0:14 On en parle avec un spécialiste de l'énergie et du climat ce matin et avec vous, chers
- 0:19 auditeurs au 01, 45, 24, 7000 et sur l'application Radio France.
- 0:23 Bonjour Jean-Marc Jancovici, merci d'être avec nous sur France Inter, vous êtes le
- 0:28 président du groupe de réflexion de Shift Project, vous publiez une étude en vue des
- 0:33 élections municipales après avoir consulté 3000 élus locaux sur l'écologie mais d'abord
- 0:39 forcément c'est l'actualité du jour, la présentation par Sébastien Lecornu de la
- 0:42 PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie, c'est-à-dire la feuille de route énergétique
- 0:48 de la France d'ici 2035, c'est un texte crucial qui fixe notamment la part du nucléaire
- 0:55 et du renouvelable dans la production d'électricité, ça fait 3 ans qu'on l'attend cette PPE qui
- 1:00 a fait les frais des tensions politiques des derniers mois, il était temps Jean-Marc
- 1:04 Jancovici, la France a besoin de ce cap ?
- 1:06 Alors l'énergie c'est un système très lent, c'est un système extrêmement inertiel.
- 1:11 Si on prend une centrale nucléaire, puisqu'on parle d'électricité, entre le moment où
- 1:16 on commence le dessin d'une nouvelle centrale et le moment où la dernière centrale du
- 1:21 dessin en question sortira de service, il se passe un siècle.
- 1:24 Un réseau électrique c'est une infrastructure, c'est pareil, dans le pas de temps caractéristique
- 1:29 se compte en demi-siècle ou en siècle.
- 1:30 Si vous regardez la façon dont fonctionne le parc de voitures de l'autre côté, un
- 1:35 parc de voitures thermique c'est quelque chose qui met un demi-siècle à se changer
- 1:39 de manière significative.
- 1:40 Donc on est sur des pas de temps très longs, on va dire le pas de temps caractéristique
- 1:43 du système énergétique c'est une vie humaine.
- 1:44 Donc c'est quelque chose qui se planifie, c'est quelque chose qui se programme et c'est
- 1:49 quelque chose qu'on ne peut pas gérer, enfin si on veut être efficace, on ne peut pas
- 1:52 gérer à la petite semaine et on ne peut pas dire, exactement comme pour le budget,
- 1:56 chaque année on va décider de ce qu'on fait et puis si d'une année sur l'autre on change
- 2:00 des orientations, ce n'est pas très grave, ça suivra.
- 2:02 Donc on est obligé de faire de la planification et de la programmation, du reste programmation
- 2:07 pluriannuelle, ça dit bien ce que ça veut dire, donc effectivement oui c'est essentiel
- 2:11 d'avoir ce genre de document.
- 2:12 Ce qui n'empêche pas de changer d'avis, en l'occurrence la dernière feuille de route
- 2:16 elle prévoyait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires, là on a totalement changé d'optique
- 2:22 puisque dans les dix ans qui viennent le gouvernement veut six nouveaux réacteurs
- 2:26 de type EPR avec huit supplémentaires en option, vous qui êtes un fervent défenseur
- 2:30 du nucléaire, vous applaudissez ce changement d'orientation ?
- 2:35 Je déplore surtout l'orientation précédente, c'est-à-dire qu'en fait avec le système
- 2:40 de « je t'aime moi non plus » qu'on a eu entre le gouvernement, on va dire, le pouvoir
- 2:45 politique et le nucléaire en France pendant 20 ans, on a pris ces 20 ans d'hésitation,
- 2:51 on commence à les payer aujourd'hui avec des réacteurs qui mettent du temps à sortir
- 2:54 de terre, avec un nucléaire qui coûte cher, voilà c'est la sanction directe j'ai envie
- 2:59 de dire une génération après ces hésitations, on est en train de la voir aujourd'hui.
- 3:03 Sur les renouvelables c'est exactement pareil, en fait on ne joue qu'une fois, il faut bien
- 3:09 comprendre qu'on ne joue qu'une fois quand on planifie un système énergétique et donc
- 3:13 si la première fois on s'est décidé pour des raisons non pertinentes j'ai envie de
- 3:18 dire, c'est-à-dire qui n'ont pas de trait au fonctionnement même du système, ce qui
- 3:21 a été le cas quand on a décidé de supprimer 14 réacteurs, eh bien on se retrouve derrière
- 3:26 avec une dette, un héritage qui devient compliqué à gérer et c'est la raison pour laquelle
- 3:31 il est légitime de beaucoup discuter de ce texte avant de le décider, donc moi je ne
- 3:34 trouve pas ça anormal que ça prenne du temps, que il y ait des gens qui expriment des opinions
- 3:40 différentes et qu'on prenne le temps d'en discuter, ça je trouve ça tout à fait normal.
- 3:43 On va détailler la feuille de route et il y a beaucoup de réactions politiques qui
- 3:46 disent aussi de la façon dont les responsables politiques français envisagent la question
- 3:50 de l'énergie mais sur les grandes orientations de cette programmation pluriannuelle.
- 3:54 Florence le disait, on pousse les feux sur le nucléaire, sur la question des énergies
- 3:58 renouvelables on fait plus d'éoliens en mer et sur l'éolien terrestre et le solaire
- 4:03 on ralentit un peu.
- 4:04 Le gouvernement dit c'est un « en même temps », est-ce que c'est une bonne façon
- 4:09 d'envisager la programmation de l'énergie ?
- 4:11 Alors oui et non parce qu'il manque un gros « en même temps » dans cette histoire.
- 4:15 Aujourd'hui l'électricité représente un peu plus de 20% de l'énergie qui alimente
- 4:19 toutes les machines que nous avons en France.
- 4:21 Parce que l'énergie c'est la nourriture des machines, c'est à ça que ça sert.
- 4:23 Donc l'électricité en représente 20% ce qui veut dire que la non-électricité représente
- 4:27 80%.
- 4:28 80% de ce qui alimente les chaudières domestiques ou d'usines, de ce qui alimente les engins
- 4:34 qui roulent, qui volent, qui naviguent etc.
- 4:37 C'est aujourd'hui pas de l'électricité, c'est-à-dire essentiellement des combustibles
- 4:41 fossiles et un peu de renouvelable chaleur, de la biomasse.
- 4:44 Et le gros enjeu, majeur, massif, c'est de passer ces 80% à pas grand-chose, c'est-à-dire
- 4:51 d'électrifier tous nos usages.
- 4:52 Et en fait le gros problème qu'on a en ce moment et la raison pour laquelle on a ce
- 4:55 débat sur est-ce qu'il faut ralentir ou pas sur les ENR, c'est tout simplement qu'on
- 4:58 a été beaucoup trop mous sur l'électrification des usages.
- 5:00 Donc là on stagne, la consommation d'électricité elle stagne.
- 5:04 Oui, on s'est pas occupé suffisamment vigoureusement de passer à l'électricité, la mobilité,
- 5:08 le chauffage et une partie des processus industriels.
- 5:11 Ce qui vient d'être annoncé à Dunkerque pour Arcelor, c'est une très bonne idée,
- 5:14 mais ça aurait été une encore meilleure idée si on l'avait fait il y a 10 ou 15 ans.
- 5:19 Et c'est bien ça, c'est-à-dire qu'en même temps qu'on augmente la production,
- 5:24 si on veut pas avoir de problème, il faut augmenter la consommation.
- 5:27 Et cet aspect-là de la politique publique, aujourd'hui, reste très très imparfait.
- 5:33 Ce qu'il faut dire aussi pour qu'on comprenne bien, c'est qu'il y a un enjeu géostratégique
- 5:36 derrière la production d'énergie et la production d'électricité, c'est qu'on veut pouvoir
- 5:41 se passer à terme du gaz, du pétrole russe-américain.
- 5:44 Oui, alors ça c'était déjà le cas au titre du réchauffement climatique.
- 5:48 Si on veut baisser les émissions de gaz à effet de serre, on veut déjà se passer du gaz et du pétrole,
- 5:52 d'où qu'ils viennent du reste, qu'ils viennent des Norvégiens, qu'ils viennent des Algériens,
- 5:55 ou qu'ils viennent des Américains, ou qu'ils viennent des Qataris, tout ça c'est pareil.
- 5:58 Là en plus, l'actualité nous rappelle que même chez les gens qu'on pensait nos copains,
- 6:03 c'est parfois pas tout à fait nos copains.
- 6:05 Donc, moi je trouve que l'Europe a été gentiment naïve quand elle a dit se passer du gaz russe,
- 6:12 ça va pas être un problème, on va retomber sur nos pieds, ben c'est pas si simple que ça de retomber sur ses pieds.
- 6:16 Il faut savoir que l'Union Européenne importe 97% de son pétrole et 90% de son gaz.
- 6:22 Ces chiffres étant respectivement de 99% et 100% pour la France.
- 6:25 Et il faut savoir par ailleurs qu'en ce qui concerne le pétrole dit conventionnel,
- 6:29 c'est-à-dire tout ce qui n'est pas le shale oil américain et les sables bitumineux canadiens,
- 6:32 la production mondiale est passée par un maximum il y a maintenant plus de 15 ans, en 2008.
- 6:38 Et c'est directement lié à une partie des désordres économiques qu'on constate maintenant en Europe.
- 6:42 Baisse de la production industrielle, fin de mois de plus en plus difficiles pour une partie de la population,
- 6:47 baisse de la circulation des marchandises en Europe parce que ça baisse depuis 2008,
- 6:51 baisse de la construction en Europe parce que ça baisse depuis 2008.
- 6:53 Donc vous avez tout un tas de signaux qui vous montrent que en fait,
- 6:56 moi j'ai envie de dire, la décarbonation subie on y est déjà, c'est déjà en route là.
- 7:01 Parce qu'on en fait du moins.
- 7:02 Parce qu'on en a moins à notre disposition.
- 7:04 Voilà, l'Europe est la première zone régionale qui est contrainte sur ses approvisionnements de manière significative.
- 7:09 Ce qui n'est pas le cas des Etats-Unis, parce qu'ils croulent sous le pétrole et ils croulent sous le gaz.
- 7:12 On va y revenir d'ailleurs.
- 7:14 Et donc nous, on n'a pas conscience de cette réalité physique.
- 7:17 Et on est en train en ce moment de réagir de façon beaucoup trop molle
- 7:23 par rapport à la réalité physique qui est celle qui nous arrive dessus de manière croissante.
- 7:28 Parmi les réactions, il y a celle de Marine Le Pen qui s'oppose à cette nouvelle programmation pluriannuelle.
- 7:33 Au Rassemblement national, on dit qu'il faut du 100% nucléaire.
- 7:36 Est-ce que c'est envisageable ?
- 7:38 Non.
- 7:39 Aujourd'hui, vous savez, moi j'adore le nucléaire,
- 7:41 mais aujourd'hui la production nucléaire en France, c'est 350 milliards de kilowattheures.
- 7:45 350 térawattheures.
- 7:47 L'énergie qui permet à la France de fonctionner au total, c'est 2100 térawattheures.
- 7:50 D'accord ? Donc le nucléaire fournit 350 sur 2100.
- 7:54 Donc si madame Marine Le Pen est prête à parier toutes ses économies contre les miennes,
- 7:57 qu'en l'espace de son mandat, si elle arrive à être élue, elle fait du tout nucléaire,
- 8:02 moi je prends le pari devant notaire demain matin,
- 8:04 c'est évident que là on est dans le slogan électoraliste
- 8:06 parce que les chefs de partis ont besoin de se différencier par rapport aux autres
- 8:10 en promotant des choses, qu'elles soient réalistes ou pas.
- 8:12 Marine Le Pen qui elle-même, il y a 10-15 ans, n'était pas une grande fan du nucléaire par ailleurs.
- 8:15 Non mais on est dans le jeu classique, c'est-à-dire que quand tous ces gens-là sont devant votre micro,
- 8:19 ils ont besoin de se différencier du voisin ou de la voisine
- 8:22 et donc ils ont besoin d'affirmer des choses qui sont parfois parfaitement farfelues.
- 8:25 Et Marine Le Pen n'est pas une exception dans cette histoire.
- 8:28 Je veux dire, tous les chefs de partis font parfois des promesses parfaitement farfelues
- 8:32 parce qu'ils ont besoin de se différencier des autres.
- 8:34 Mais c'est pas parce qu'elle le dit que c'est quelque chose qui est physiquement possible
- 8:37 et en l'occurrence c'est pas physiquement possible.
- 8:38 Alors on a précisément une question pour vous sur le nucléaire au standard
- 8:42 où nous accueillons Hélène, bonjour Hélène, bienvenue.
- 8:44 Oui, bonjour, j'appelle parce qu'en tant que citoyenne, je suis toujours choquée
- 8:52 du fait qu'on n'ait pas l'occasion d'avoir de réels débats sur des choix qui vont engager
- 9:01 nos sociétés sur le plan économique, sociétal, environnemental pour des décennies,
- 9:08 voire des millénaires et que tous ces choix depuis le début du nucléaire
- 9:13 n'ont toujours été faits sans qu'il y ait un réel débat qui soit possible,
- 9:19 y compris avec des professionnels du métier, par exemple il y a la Crérate qui est un organisme sérieux
- 9:28 qui a des arguments par rapport à ça, mais on n'entend jamais ou très rarement ce genre de choses
- 9:37 et moi ce qui m'inquiète c'est pour non seulement nos enfants mais les générations à venir
- 9:41 comment on est en train de transformer notre planète en poubelle.
- 9:44 Bon, alors le nucléaire vous inquiète manifestement, qu'est-ce qu'on répond Jean-Marc Jancovici ?
- 9:50 Qu'en matière d'énergie, en fait, on ne peut pas à tout moment remettre, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure,
- 9:56 malheureusement on ne peut pas à tout moment remettre en cause ou remettre en débat l'orientation du moment.
- 10:01 On est un peu obligé de temps en temps de faire, enfin ce qu'il faut c'est avoir un moment, un débat qui soit éclairé
- 10:10 et puis une fois qu'on a fait un choix, si on en change tous les quatre matins,
- 10:13 j'ai envie de dire, là c'est la plus mauvaise des options.
- 10:17 Je n'étais pas là quand on a mis en oeuvre, enfin si j'étais né, je n'étais pas haut,
- 10:21 quand la France a mis en oeuvre le programme électronucléaire au sortir des chocs pétroliers,
- 10:26 donc je n'ai pas fait d'archéologie pour savoir combien on a consulté la population ou pas,
- 10:31 par contre je peux vous dire qu'à l'époque la population n'était pas du tout hostile à ce programme.
- 10:37 Qu'il n'y ait jamais eu de la voix donnée aux personnes qui avaient des réticences sur le nucléaire,
- 10:43 là par contre je m'inscris en faux, je peux vous dire que, pour vous taquiner un peu,
- 10:47 le service public donnait essentiellement le micro aux antinucléaires jusqu'à il y a 2-3 ans.
- 10:53 Je crois Jean-Marc Jocovici vous avoir assez régulièrement entendu sur l'antenne de France Inter.
- 10:57 Oui, oui, mais quand je dis essentiellement, c'est si on regarde les proportions,
- 11:02 c'était quand même, et en particulier tout le temps où la gauche a été au pouvoir alliée avec les verts,
- 11:07 c'était quand même essentiellement ça le discours médiatique qu'on entendait.
- 11:10 Donc ça fluctue avec les époques, en ce moment c'est différent.
- 11:15 Moi ce que je dis juste, c'est qu'en matière d'énergie, c'est ce que je disais tout à l'heure,
- 11:19 c'est juste impossible d'avoir une révision permanente des orientations qu'on prend.
- 11:26 On peut les ajuster, mais les réviser en permanence, c'est quelque chose qui malheureusement n'est physiquement pas possible.
- 11:31 Vous venez de nous dire 100% nucléaire c'est pas possible, est-ce que 100% de renouvelable c'est possible ?
- 11:38 Pas plus, les renouvelables il faut bien voir que, enfin pas plus, pas plus en conservant la civilisation industrielle.
- 11:46 Il faut bien comprendre que la civilisation industrielle dans laquelle nous sommes aujourd'hui,
- 11:49 avec les 35 heures, les retraites, les congés payés, les gens qui habitent en ville, les machines qui bossent à notre place, etc.
- 11:54 Tout ça c'est arrivé avec les combustibles fossiles.
- 11:56 Et la décarbonation consiste à se dire, on va garder tout ce que les combustibles fossiles nous ont amené,
- 12:01 puis retirer le tiroir du bas, qui est les combustibles fossiles, et on va réussir à garder tout le reste.
- 12:05 Et en fait mon analyse de la situation c'est que ça ne peut pas physiquement se passer comme ça.
- 12:09 Donc la question c'est comment est-ce qu'on accepte de gérer nos renoncements d'une certaine manière ?
- 12:13 Qu'est-ce qu'on considère comme superflu et qu'est-ce qu'on considère comme essentiel ?
- 12:17 Ce qui est absolument certain pour moi c'est que les 2100 milliards de kilowattheures qui aujourd'hui permettra la France de vivre comme elle vit,
- 12:23 si on a juste des renouvelables ou juste du nucléaire, en l'espace de quelques décennies, on les a pas.
- 12:29 Un mot rapide Jean-Marc Jancovici, on sollicite votre expertise, il y a un argument qu'on entend dans le débat,
- 12:34 c'est un peu complexe mais c'est très important, c'est ceux qui protestent contre cette feuille de route au nom de ce qu'on appelle la modulation.
- 12:40 C'est-à-dire le fait que faire davantage d'énergie renouvelable, ça risque de mettre en danger les centrales nucléaires
- 12:47 parce qu'on va moduler l'énergie qu'on sollicite d'elles et que ça pourrait poser des problèmes de sécurité.
- 12:51 Est-ce que vous êtes d'accord avec cette critique ?
- 12:53 Sécurité, à ma connaissance, non. Vieillissement et sous-optimisation des centrales, ça oui, c'est ça l'enjeu.
- 13:03 Une centrale c'est ce qu'on appelle un système à coût fixe, c'est-à-dire une fois que vous l'avez construite,
- 13:08 l'opérer plus ou moins vous coûte pas grand-chose, c'est-à-dire que ça fonctionne 5000 heures ou 8000 heures dans l'année,
- 13:12 ça vous coûte à peu près la même chose, enfin pas tout à fait mais pas loin.
- 13:15 Donc vous avez tout à fait intérêt à les faire fonctionner le plus souvent possible.
- 13:19 Si une partie du temps vous arrêtez de les faire fonctionner parce que vous avez autre chose qui produit à la place,
- 13:27 c'est une désoptimisation économique.
- 13:28 Et par ailleurs, la modulation vous oblige à modifier tout un tas de choses concrètes,
- 13:33 le moment où vous faites la maintenance, le moment où vous faites etc.
- 13:36 Et ça aussi c'est une désoptimisation économique, donc c'est essentiellement ça le sujet.
- 13:41 Parlons de votre étude, Jean-Marc Jancovici, l'étude du Shift Project,
- 13:45 le résultat d'une grande consultation des maires et des élus municipaux.
- 13:48 Ça s'inscrit dans votre programme d'action pour 2027 parce que vous assumez de préparer aussi ces échéances électorales.
- 13:53 Ce qui ressort de cette étude, c'est qu'il n'y a pas de rejet de l'écologie chez les élus, pas de tentation d'un retour en arrière.
- 13:59 Ça veut dire que malgré le bruit ambiant, malgré ce que certains appellent un backlash écologique,
- 14:03 il y a une forme de consensus sur la nécessité d'opérer pour la transition écologique ?
- 14:09 De ce point de vue, les élus locaux sont beaucoup plus proches de la population dans son ensemble que les élus nationaux.
- 14:15 En fait, quand vous regardez la population dans son ensemble, il n'y a pas de backlash non plus.
- 14:18 Si vous regardez les préoccupations de nos concitoyens, elles sont à peu près identiques aujourd'hui à ce qu'elles étaient il y a deux ans.
- 14:23 Elles n'ont pas beaucoup changé. Les préoccupations et les contradictions, incidemment.
- 14:26 Parce qu'on est tous d'accord pour changer, à condition que ça commence par les autres, souvent.
- 14:30 Donc ça, ça n'a pas tellement changé. Et les élus locaux, de ce point de vue, sont assez proches.
- 14:35 Alors, on a souhaité les consulter avant les municipales parce qu'on avait envie de voir comment est-ce qu'eux se sentaient vis-à-vis de ces enjeux.
- 14:41 Donc l'idée, ce n'était pas de leur demander ce qu'ils sont prêts à faire, c'était plutôt de leur demander, par exemple,
- 14:47 s'ils se sentent suffisamment outillés pour ce genre de choses, s'ils considèrent qu'aujourd'hui, ils en font déjà ou pas.
- 14:52 Est-ce qu'ils en font pour des raisons environnementales ou est-ce qu'ils en font au titre d'autres raisons ?
- 14:57 Cadre de vie, santé, pouvoir d'achat, etc.
- 15:01 Et c'était ça qu'on cherchait à tester.
- 15:04 Alors, pourquoi est-ce qu'on s'est intéressé aux élus locaux, enfin aux maires plus exactement ?
- 15:08 Parce que c'est des élus un peu hybrides. C'est des élus et en même temps, c'est des chefs d'entreprise.
- 15:13 C'est-à-dire le maire, il a des effectifs, il a un banquier, il a des prestations de service à assurer.
- 15:18 Donc en fait, il n'est pas très éloigné d'un chef d'entreprise.
- 15:21 Et ça nous intéressait de voir comment est-ce que ces gens-là se sentaient.
- 15:24 Justement, qu'est-ce qu'ils vous disent sur à la fois leur latitude et les freins qui les empêcheraient à l'échelle de leur ville de mener une vraie politique ?
- 15:31 Ils nous disent plusieurs choses. D'abord, il n'y a pas que les villes, il y a les territoires ruraux aussi.
- 15:35 Il y en a beaucoup des territoires ruraux.
- 15:38 Ils nous disent plusieurs choses. La première chose qu'ils nous disent, c'est que l'environnement est quelque chose d'important.
- 15:43 Ça se place toujours dans les objectifs prioritaires.
- 15:47 Alors, la revitalisation du centre-ville peut en être un aussi, etc.
- 15:50 Mais l'environnement arrive très, très haut.
- 15:52 Et ça arrive encore plus haut pour les objectifs du prochain mandat.
- 15:56 C'est un objectif qui gagne en importance.
- 15:58 La deuxième chose qu'ils nous disent, c'est que ça se vend pour des raisons qui sont des raisons locales.
- 16:03 C'est-à-dire qu'en fait, contribuer à un effort global, c'est quelque chose qui, pour eux, part le moins que d'obtenir un bénéfice local sur le cadre de vie,
- 16:12 la facilité à se déplacer, le pouvoir d'achat de leurs électeurs, la santé de leurs électeurs, etc.
- 16:19 En fait, les politiques locales vont avec des enjeux locaux.
- 16:22 Mais ils ont des vraies marges de manœuvre, les maires ?
- 16:25 J'en suis pas encore là. Pour le moment, je disais les motivations à agir, c'est là qu'elles sont.
- 16:31 La troisième chose qu'ils nous disent, c'est qu'il n'y a pas de différenciation forte selon la couleur politique.
- 16:39 Et ça, c'est quelque chose qui est extrêmement intéressant.
- 16:41 Et ça nous renvoie à ce qu'on disait tout à l'heure sur le fait que les élus nationaux, devant votre micro,
- 16:45 ils ont besoin de dire l'exact inverse de ce que dit le type d'en face ou la nana d'en face parce qu'ils ont besoin de se différencier.
- 16:50 On sent beaucoup moins ça au niveau des élus locaux où, sur un certain nombre de questions,
- 16:55 en fait, il n'y a pas de différenciation marquée sur beaucoup de questions selon la couleur partisane.
- 17:00 Donnez-nous quelques exemples. C'est quoi la mise en pratique concrète d'une politique écologique et en faveur du climat ?
- 17:08 Qu'est-ce qui se passe le plus souvent ?
- 17:10 On ne leur a pas demandé quelles étaient les actions qu'ils mettaient en œuvre le plus souvent.
- 17:15 Par contre, on leur a demandé par exemple ce qu'ils constataient déjà en ce qui concerne les conséquences du changement climatique.
- 17:22 Donc là, on a beaucoup de maires qui nous ont répondu qu'ils constataient déjà des conséquences.
- 17:27 Et quand je dis beaucoup, c'est qu'il n'y en a que quelques pourcents qui nous disent « moi, je n'ai rien constaté du tout ».
- 17:32 Donc c'est ultra minoritaire. Alors sans surprise, vous allez avoir les canicules, les inondations.
- 17:37 La moitié des maires, par exemple, nous disent qu'ils ont déjà constaté les effets du retrait gonflement des argiles.
- 17:41 Qui fissurent les maisons ?
- 17:43 Oui, alors c'est quelque chose qui concerne la moitié des maisons individuelles dans ce pays.
- 17:48 C'est que l'argile se gonfle quand il est humide et se contracte quand il est sec.
- 17:52 Et quand vous avez une alternance de périodes très humides et de périodes très sèches,
- 17:56 ce que le changement climatique va renforcer, ça crée un effet de cisaillement dans le sol qui va fissurer les murs.
- 18:02 La moitié des maires nous disent « moi, j'ai déjà constaté ça ».
- 18:05 Tout ce que vous nous dites là, c'est paradoxal parce qu'on a l'impression d'être dans un retour en arrière.
- 18:12 On a eu l'annonce de la suppression des ZFE, les zones à faible émission.
- 18:17 C'est sur le point d'être enterrainé par le Parlement.
- 18:19 Et il n'y a pas tellement de candidats, par exemple, pour venir à la rescousse de ces zones
- 18:25 où il ne faudrait plus faire rouler les vieilles voitures.
- 18:28 De candidats à quoi ?
- 18:29 Aux municipales.
- 18:31 Les ZFE, ça concernait surtout les grandes villes.
- 18:34 Dans les grandes villes, il y a une différenciation en fonction de la taille de l'agglomération dans les répondants.
- 18:42 Et plus l'agglomération est importante, plus les élus, un, y considèrent enfer pour l'environnement.
- 18:49 Deux, moins ils se sentent désemparés.
- 18:52 Ce qui est assez normal.
- 18:55 Quand vous êtes maire d'une commune rurale de 2000 habitants,
- 18:58 les moyens que vous avez à votre disposition sont considérablement plus faibles.
- 19:02 Mais les ZFE, nous on les a interrogés sur les enjeux environnementaux globaux.
- 19:08 De manière globale.
- 19:10 On ne les a pas interrogés sur telle ou telle mesure de façon particulière.
- 19:14 D'un mot, Jean-Marc Jancovici, sur le regard que vous portez aussi sur les maires écologistes
- 19:19 qui ont été élus à la tête de grandes villes et qui sont, pour certains et même pour beaucoup,
- 19:23 en difficulté à l'occasion des municipales.
- 19:25 Quel regard est-ce que vous portez sur leurs bilans Bordeaux, Strasbourg, Lyon ?
- 19:30 Je ne porte aucun regard parce que je ne suis habitant ni de Bordeaux, ni de Strasbourg, ni de Lyon.
- 19:35 Est-ce que vous considérez qu'ils ont regardé en détail leur politique ?
- 19:39 Ce que je considère simplement, c'est que vous pouvez avoir plein de raisons pour lesquelles ils sont en difficulté.
- 19:45 Ça peut être des raisons liées effectivement à un enjeu local qui est mal passé.
- 19:52 Et ça peut être lié aussi aux alliances électorales qui se font ou qui ne se font pas.
- 19:57 Vous avez une étude d'une association qui s'appelle Parlons Climat, je ne sais pas si vous connaissez,
- 20:02 qui a été publiée il n'y a pas longtemps, qui dit que 55% des Français qui considèrent que l'environnement
- 20:07 est un enjeu prioritaire votent à droite.
- 20:09 Mais c'est très cohérent avec ce que j'ai dit tout à l'heure sur le fait qu'au niveau des enjeux locaux,
- 20:14 il n'y a pas de différenciation forte selon la couleur politique.
- 20:18 Il y en a une évidemment, mais pas nécessairement très forte.
- 20:22 Ce qui veut dire que le fait que les maires écologistes, enfin du parti écologiste,
- 20:28 conservent leur mandat ou pas, moi je n'ai pas regardé en détail si ça voulait dire que la population
- 20:33 se détourne de ces enjeux ou si c'est lié à d'autres causes.
- 20:36 On ne peut pas ne pas parler, Jean-Marc Jancovici, de ce vaste retour en arrière qui est à l'œuvre aux Etats-Unis.
- 20:42 Puisqu'on a un président américain, Donald Trump, qui est climato-sceptique
- 20:46 et qui va aujourd'hui abroger un texte fondateur pour la lutte contre le changement climatique
- 20:51 avec une dérégulation des émissions de gaz à effet de serre.
- 20:55 Comment est-ce que vous qualifiez cette nouvelle offensive Trumpienne ?
- 20:59 Il a détruit en même pas un an toute amorce de transition aux Etats-Unis ?
- 21:05 Alors les Etats-Unis, moi je ne sais pas s'ils avaient jamais amorcé une transition.
- 21:10 Vous savez, sous Obama...
- 21:12 Il s'est signé à terre de l'accord de Paris, par exemple.
- 21:14 Oui, oui, mais ça n'engage que, comme disait Pasquois, les promesses n'engagent que ceux qui les croient.
- 21:18 Vous avez plein de pays qui ont signé l'accord de Paris, qui n'ont absolument pas respecté,
- 21:22 l'Espagne par exemple, n'a absolument pas respecté la trajectoire pendant longtemps et il ne lui est rien arrivé.
- 21:27 Donc, la question est plutôt de savoir ce qui se passe en pratique.
- 21:33 Sous Obama, la production pétrolière aux Etats-Unis a augmenté de 80%.
- 21:37 Donc, les Etats-Unis, c'est un pays qui s'est construit par la violence sur un territoire immense, doté de ressources immenses.
- 21:45 La culture américaine est hostile à la limite globale de manière générale.
- 21:49 Je veux dire, c'est comme ça.
- 21:52 Moi, ça fait 10 ou 15 ans que je dis que ce sera le dernier pays à s'occuper sérieusement de la question du réchauffement climatique.
- 21:58 Mais là, on a quand même le sentiment que Jean-Marc Jancovici...
- 22:00 Culturellement, la limite est un truc qu'il ne leur parle pas.
- 22:04 C'est-à-dire que là, on a un président des Etats-Unis qui est climato-sceptique
- 22:08 et qui, par ailleurs, agit aussi comme une sorte de désinhibiteur pour d'autres pays dans la lutte contre le réchauffement climatique.
- 22:13 Il est climato-sceptique parce que 80% des républicains sont climato-sceptiques.
- 22:17 Trump n'est pas l'homme qui façonne l'Amérique.
- 22:20 Trump est l'émanation d'une partie de l'Amérique.
- 22:23 C'est comme ça qu'il faut le voir.
- 22:25 Donc, aux Etats-Unis, vous avez une différenciation politique extrêmement marquée, je dis bien extrêmement marquée,
- 22:31 sur le rapport aux faits et à la science.
- 22:34 Extrêmement marquée.
- 22:35 Qu'on n'a pas du tout chez nous, et heureusement.
- 22:38 Donc, 80% des républicains sont climato-sceptiques et 20% des démocrates.
- 22:43 C'est très très très marqué en fonction de la préférence partisane.
- 22:46 Et la façon dont moi, je vois la chose, c'est que, en gros, cette histoire-là, c'est pas que les gens ne croient pas à la science.
- 22:53 C'est que c'est le prétexte, c'est le cache-sexe qu'ils trouvent pour dire
- 22:56 en fait, le programme politique qui va avec le respect de la limite ne me convient pas.
- 23:00 En fait, c'est ça le vrai sujet.
- 23:02 Et ça ne leur convient pas parce que, aux Etats-Unis, la question du respect de la limite globale
- 23:07 est un truc qui est culturellement très compliqué pour eux.
- 23:11 Un pays qui nous ressemble beaucoup plus de ce point de vue, à mon avis, c'est la Chine.
- 23:16 La Chine est un vieux pays qui a connu la famine, la maladie, qui est dirigée par des ingénieurs.
- 23:20 Et on voit bien qu'eux sont en train de s'occuper du problème
- 23:23 d'une manière qui est radicalement différente de celle des Etats-Unis.
- 23:27 Donc les Etats-Unis, et aux Etats-Unis, comme la limite, ça ne leur parle pas.
- 23:31 En fait, Trump est assez cohérent avec ça.
- 23:33 Et il cherche à s'approprier, par tous les moyens possibles,
- 23:36 toutes les ressources qui permettent de continuer la trajectoire comme avant.
- 23:39 Merci beaucoup Jean-Marc Jancovici.
- 23:42 Je signale qu'on a eu beaucoup d'éditeurs qui nous ont appelés,
- 23:44 qui nous ont laissé des messages sur le nucléaire.
- 23:46 C'est un sujet qui fait toujours énormément parler.
- 23:49 Merci d'avoir été avec nous ce matin.
- 0:00 What will our electricity needs be in ten years and how will we produce this
- 0:04 electricity? A strategic question for France, an issue of sovereignty, competitiveness,
- 0:09 and also a climate issue with a view to phasing out fossil fuels.
- 0:14 We're discussing this with an energy and climate specialist this morning, and with you, dear
- 0:19 listeners, at 01, 45, 24, 7000 and on the Radio France app.
- 0:23 Good morning, Jean-Marc Jancovici, thank you for being with us on France Inter. You are the
- 0:28 president of the Shift Project think tank. You are publishing a study for the upcoming
- 0:33 municipal elections after consulting 3000 local elected officials on ecology, but first
- 0:39 of course, it's the news of the day: Sébastien Lecornu's presentation of the
- 0:42 PPE, the multi-year energy program, which is France's energy roadmap
- 0:48 until 2035. It's a crucial text that notably sets the share of nuclear
- 0:55 and renewables in electricity production. We've been waiting 3 years for this PPE, which
- 1:00 has been a casualty of political tensions in recent months. It was time, Jean-Marc
- 1:04 Jancovici, does France need this direction?
- 1:06 So, energy is a very slow system, it's an extremely inertial system.
- 1:11 If we take a nuclear power plant, since we're talking about electricity, between the moment when
- 1:16 we start designing a new plant and the moment the last plant of that
- 1:21 design goes out of service, a century passes.
- 1:24 An electrical grid is an infrastructure, it's the same; its characteristic timescale
- 1:29 is measured in half-centuries or centuries.
- 1:30 If you look at how the car fleet works on the other hand, a
- 1:35 thermal car fleet takes half a century to change
- 1:39 significantly.
- 1:40 So we're on very long timescales; let's say the characteristic timescale
- 1:43 of the energy system is a human lifetime.
- 1:44 So it's something that needs to be planned, it's something that needs to be programmed, and it's
- 1:49 something that cannot be managed, well, if we want to be effective, we cannot
- 1:52 manage it on a week-to-week basis, and we can't say, exactly like for a budget,
- 1:56 each year we'll decide what we do, and then if we change directions from one year to the next,
- 2:00 it's not a big deal, it will follow.
- 2:02 So we are obliged to do planning and programming, and indeed, multi-year programming
- 2:07 says exactly what it means, so yes, it is indeed essential
- 2:11 to have this kind of document.
- 2:12 Which doesn't prevent changing one's mind; in this case, the last roadmap
- 2:16 it planned the closure of 14 nuclear reactors. Now we have completely changed our approach
- 2:22 since in the next ten years the government wants six new reactors
- 2:26 of the EPR type, with eight additional ones as an option. You, who are a fervent defender
- 2:30 of nuclear power, do you applaud this change of direction?
- 2:35 I mainly deplore the previous direction, meaning that with the
- 2:40 love-hate
- 2:45 system we had between the government, let's say, the political power and nuclear power in France for 20 years, we've taken those 20 years of hesitation,
- 2:51 we're starting to pay for them today with reactors that take a long time to get off
- 2:54 the ground, with nuclear power that is expensive. That's the direct consequence, I'd say,
- 2:59 a generation after those hesitations, we are seeing it today.
- 3:03 It's exactly the same for renewables; in fact, you only get one shot, you have to understand
- 3:09 that you only get one shot when planning an energy system, and so
- 3:13 if the first time we decided for irrelevant reasons, I'd say,
- 3:18 that is, reasons unrelated to the system's own functioning, which
- 3:21 was the case when we decided to shut down 14 reactors, well, we end up with
- 3:26 a debt, a legacy that becomes complicated to manage, and that's why
- 3:31 it is legitimate to discuss this text extensively before deciding on it, so I don't
- 3:34 find it abnormal that it takes time, that people express different opinions
- 3:40 and that we take the time to discuss it. I find that completely normal.
- 3:43 We're going to detail the roadmap, and there are many political reactions that
- 3:46 also speak to how French political leaders view the issue
- 3:50 of energy, but on the main orientations of this multi-year program.
- 3:54 As Florence said, we're pushing hard on nuclear power. Regarding renewable energies,
- 3:58 we're doing more offshore wind, and for onshore wind and solar,
- 4:03 we're slowing down a bit.
- 4:04 The government says it's a
- 4:09 to consider energy planning?
- 4:11 Well, yes and no, because there's a big "at the same time" missing from this story.
- 4:15 Today, electricity accounts for a little over 20% of the energy that powers
- 4:19 all the machines we have in France.
- 4:21 Because energy is the food for machines; that's what it's for.
- 4:23 So electricity represents 20%, which means non-electricity represents
- 4:27 80%.
- 4:28 80% of what powers domestic or factory boilers, what powers vehicles
- 4:34 that drive, fly, sail, etc.
- 4:37 Today, that's not electricity; it's essentially fossil fuels
- 4:41 and a bit of renewable heat, biomass.
- 4:44 And the big, major, massive challenge is to reduce that 80% to almost nothing, meaning
- 4:51 to electrify all our uses.
- 4:52 And in fact, the big problem we have right now, and the reason we're having this
- 4:55 debate about whether or not to slow down on renewables, is simply that we've
- 4:58 been far too slow on the electrification of uses.
- 5:00 So we're stagnating; electricity consumption is stagnating.
- 5:04 Yes, we haven't vigorously enough addressed switching to electricity for mobility,
- 5:08 heating, and some industrial processes.
- 5:11 What was just announced in Dunkerque for Arcelor is a very good idea,
- 5:14 but it would have been an even better idea if we had done it 10 or 15 years ago.
- 5:19 And that's the point: at the same time as we increase production,
- 5:24 if we don't want problems, we need to increase consumption.
- 5:27 And this aspect of public policy today remains very, very imperfect.
- 5:33 What also needs to be said, for a clear understanding, is that there's a geostrategic stake
- 5:36 behind energy production and electricity production: we want to be able to eventually
- 5:41 do without Russian-American gas and oil.
- 5:44 Yes, well, that was already the case due to climate change.
- 5:48 If we want to reduce greenhouse gas emissions, we already want to do without gas and oil,
- 5:52 wherever they come from, whether from the Norwegians, the Algerians,
- 5:55 or the Americans, or the Qataris, it's all the same.
- 5:58 Now, in addition, current events remind us that even among those we thought were our friends,
- 6:03 they are sometimes not quite our friends.
- 6:05 So, I think Europe was rather naive when it said getting rid of Russian gas
- 6:12 wouldn't be a problem, we'd land on our feet. Well, it's not that simple to land on your feet.
- 6:16 It's important to know that the European Union imports 97% of its oil and 90% of its gas.
- 6:22 These figures are 99% and 100% respectively for France.
- 6:25 And it's also important to know that regarding so-called conventional oil,
- 6:29 meaning everything that isn't American shale oil and Canadian oil sands,
- 6:32 global production peaked more than 15 years ago, in 2008.
- 6:38 And this is directly linked to some of the economic disruptions we are now seeing in Europe.
- 6:42 Decreased industrial production, increasingly difficult end-of-month for part of the population,
- 6:47 decreased circulation of goods in Europe because it's been declining since 2008,
- 6:51 decreased construction in Europe because it's been declining since 2008.
- 6:53 So you have a whole host of signals showing you that, in fact,
- 6:56 I'd say, involuntary decarbonization is already here, it's already underway.
- 7:01 Because we're doing less of it.
- 7:02 Because we have less of it available.
- 7:04 That's right, Europe is the first regional zone significantly constrained in its supplies.
- 7:09 This is not the case for the United States, because they are overflowing with oil and gas.
- 7:12 We'll come back to that, by the way.
- 7:14 And so we are not aware of this physical reality.
- 7:17 And right now, we are reacting far too weakly
- 7:23 in comparison to the physical reality that is increasingly bearing down on us.
- 7:28 Among the reactions, there's Marine Le Pen's, who opposes this new multi-year energy plan.
- 7:33 At the National Rally, they say we need 100% nuclear power.
- 7:36 Is that feasible?
- 7:38 No.
- 7:39 Today, you know, I love nuclear power,
- 7:41 but today, nuclear production in France is 350 billion kilowatt-hours.
- 7:45 350 terawatt-hours.
- 7:47 The total energy that allows France to function is 2100 terawatt-hours.
- 7:50 Okay? So nuclear power provides 350 out of 2100.
- 7:54 So if Madame Marine Le Pen is ready to bet all her savings against mine,
- 7:57 that within her mandate, if she gets elected, she'll make it all nuclear,
- 8:02 I'll take that bet with a notary public tomorrow morning,
- 8:04 it's obvious that we're dealing with an electoral slogan here
- 8:06 because party leaders need to differentiate themselves from others
- 8:10 by promoting things, whether they are realistic or not.
- 8:12 Marine Le Pen herself, 10-15 years ago, wasn't a big fan of nuclear power, by the way.
- 8:15 No, but we're in the classic game, meaning when all these people are in front of your microphone,
- 8:19 they need to differentiate themselves from their neighbor
- 8:22 and so they need to assert things that are sometimes perfectly outlandish.
- 8:25 And Marine Le Pen is no exception in this story.
- 8:28 I mean, all party leaders sometimes make perfectly outlandish promises
- 8:32 because they need to differentiate themselves from others.
- 8:34 But just because she says it doesn't mean it's physically possible
- 8:37 and in this case, it's not physically possible.
- 8:38 So we have a question for you specifically about nuclear power on the line
- 8:42 where we welcome Hélène, hello Hélène, welcome.
- 8:44 Yes, hello, I'm calling because as a citizen, I'm always shocked
- 8:52 by the fact that we don't get the chance to have real debates on choices that will commit
- 9:01 our societies economically, socially, environmentally for decades,
- 9:08 even millennia, and that all these choices since the beginning of nuclear power
- 9:13 have always been made without any real debate being possible,
- 9:19 including with professionals in the field, for example, there's Crérate, which is a serious organization
- 9:28 that has arguments regarding this, but we never or very rarely hear such things
- 9:37 and what worries me is for not only our children but future generations
- 9:41 how we are turning our planet into a garbage dump.
- 9:44 Well, nuclear power clearly worries you, what's your response, Jean-Marc Jancovici?
- 9:50 Regarding energy, in fact, we cannot constantly question, as I said earlier,
- 9:56 unfortunately, we cannot constantly question or re-debate the current direction.
- 10:01 We are somewhat obliged from time to time to do, well, what's needed is to have an informed debate at some point
- 10:10 and then once a choice is made, if we change it every other day,
- 10:13 I'd say, that's the worst option.
- 10:17 I wasn't there when it was implemented, well, I was born, but I wasn't old enough,
- 10:21 when France implemented the nuclear power program after the oil shocks,
- 10:26 so I haven't done any archaeology to find out how much the population was consulted or not,
- 10:31 but I can tell you that at the time, the population was not at all hostile to this program.
- 10:37 As for the idea that people with reservations about nuclear power were never given a voice,
- 10:43 I disagree with that. I can tell you, to tease you a bit,
- 10:47 public service media essentially gave the microphone to anti-nuclear advocates until 2-3 years ago.
- 10:53 I believe, Jean-Marc Jancovici, I've heard you quite regularly on France Inter.
- 10:57 Yes, yes, but when I say essentially, it's if we look at the proportions,
- 11:02 it was still, and particularly all the time the left was in power allied with the Greens,
- 11:07 that was essentially the media discourse we heard.
- 11:10 So it fluctuates with the times; right now it's different.
- 11:15 What I'm just saying is that regarding energy, as I said earlier,
- 11:19 it's simply impossible to have a permanent revision of the directions we take.
- 11:26 We can adjust them, but revising them permanently is unfortunately not physically possible.
- 11:31 You just told us 100% nuclear isn't possible, is 100% renewable possible?
- 11:38 No more, renewables, one must realize that, well, no more, not while maintaining industrial civilization.
- 11:46 It's important to understand that the industrial civilization we live in today,
- 11:49 with 35-hour workweeks, pensions, paid holidays, people living in cities, machines working in our place, etc.
- 11:54 All of that came with fossil fuels.
- 11:56 And decarbonization consists of saying, we're going to keep everything that fossil fuels brought us,
- 12:01 then remove the bottom drawer, which is fossil fuels, and we'll manage to keep everything else.
- 12:05 And in fact, my analysis of the situation is that it cannot physically happen that way.
- 12:09 So the question is, how do we accept to manage our renunciations, in a way?
- 12:13 What do we consider superfluous and what do we consider essential?
- 12:17 What is absolutely certain for me is that the 2100 billion kilowatt-hours that currently allow France to live as it does,
- 12:23 if we only have renewables or only nuclear power, within a few decades, we won't have them.
- 12:29 A quick word, Jean-Marc Jancovici, we're asking for your expertise. There's an argument we hear in the debate,
- 12:34 it's a bit complex but very important: those who protest against this roadmap in the name of what's called modulation.
- 12:40 That is, the fact that producing more renewable energy risks endangering nuclear power plants
- 12:47 because we will modulate the energy we request from them, and that could pose security problems.
- 12:51 Do you agree with this criticism?
- 12:53 Security, to my knowledge, no. Aging and sub-optimization of power plants, yes, that's the issue.
- 13:03 A power plant is what we call a fixed-cost system; that is, once you've built it,
- 13:08 operating it more or less doesn't cost you much. Meaning, whether it runs 5000 hours or 8000 hours a year,
- 13:12 it costs you roughly the same, well, not exactly, but close.
- 13:15 So you have every interest in operating them as often as possible.
- 13:19 If for part of the time you stop operating them because you have something else producing instead,
- 13:27 that's an economic sub-optimization.
- 13:28 And furthermore, modulation forces you to modify a whole host of concrete things,
- 13:33 the timing of maintenance, the timing of other operations, etc.
- 13:36 And that too is an economic sub-optimization, so that's essentially the issue.
- 13:41 Let's talk about your study, Jean-Marc Jancovici, the Shift Project study,
- 13:45 the result of a large consultation with mayors and municipal officials.
- 13:48 This is part of your action program for 2027 because you also take responsibility for preparing for these electoral deadlines.
- 13:53 What emerges from this study is that there is no rejection of ecology among elected officials, no temptation to go back.
- 13:59 Does that mean that despite the ambient noise, despite what some call an ecological backlash,
- 14:03 there is a form of consensus on the need to act for the ecological transition?
- 14:09 From this point of view, local elected officials are much closer to the population as a whole than national elected officials.
- 14:15 In fact, when you look at the population as a whole, there's no backlash either.
- 14:18 If you look at the concerns of our fellow citizens, they are roughly identical today to what they were two years ago.
- 14:23 They haven't changed much. The concerns and the contradictions, incidentally.
- 14:26 Because we all agree to change, provided it starts with others, often.
- 14:30 So that hasn't changed much. And local elected officials, from this point of view, are quite similar.
- 14:35 So, we wanted to consult them before the municipal elections because we wanted to see how they felt about these issues.
- 14:41 So the idea wasn't to ask them what they're ready to do, but rather to ask them, for example,
- 14:47 if they feel sufficiently equipped for this kind of thing, if they consider that they are already doing it or not.
- 14:52 Are they doing it for environmental reasons or for other reasons?
- 14:57 Quality of life, health, purchasing power, etc.
- 15:01 And that's what we were trying to test.
- 15:04 So, why were we interested in local elected officials, or more precisely, mayors?
- 15:08 Because they are somewhat hybrid elected officials. They are elected officials and at the same time, they are business leaders.
- 15:13 That is, the mayor has staff, a banker, and services to provide.
- 15:18 So in fact, he's not very different from a business leader.
- 15:21 And we were interested in seeing how these people felt.
- 15:24 Precisely, what do they tell you about both their leeway and the obstacles that would prevent them from implementing a real policy at their city's level?
- 15:31 They tell us several things. First, it's not just cities; there are rural areas too.
- 15:35 There are many rural areas.
- 15:38 They tell us several things. The first thing they tell us is that the environment is important.
- 15:43 It always ranks among the priority objectives.
- 15:47 Of course, downtown revitalization can also be one, etc.
- 15:50 But the environment ranks very, very high.
- 15:52 And it ranks even higher for the objectives of the next term.
- 15:56 It's an objective that is gaining importance.
- 15:58 The second thing they tell us is that it sells for local reasons.
- 16:03 That is, contributing to a global effort is something that, for them, is less appealing than obtaining a local benefit on the quality of life,
- 16:12 ease of movement, the purchasing power of their constituents, the health of their constituents, etc.
- 16:19 In fact, local policies go hand in hand with local issues.
- 16:22 But do mayors really have leeway?
- 16:25 I'm not there yet. For now, I was talking about the motivations to act, that's where they are.
- 16:31 The third thing they tell us is that there's no strong differentiation based on political affiliation.
- 16:39 And that's something extremely interesting.
- 16:41 And that brings us back to what we were saying earlier about national elected officials, in front of your microphone,
- 16:45 they need to say the exact opposite of what the person across from them says because they need to differentiate themselves.
- 16:50 We feel that much less at the local elected official level where, on a number of issues,
- 16:55 in fact, there isn't a marked differentiation on many issues based on party affiliation.
- 17:00 Give us some examples. What does a concrete ecological and climate-friendly policy look like in practice?
- 17:08 What happens most often?
- 17:10 We didn't ask them what actions they implemented most often.
- 17:15 However, we did ask them, for example, what consequences of climate change they were already observing.
- 17:22 So, many mayors told us they were already observing consequences.
- 17:27 And when I say many, I mean only a few percent told us, 'I haven't observed anything at all.'
- 17:32 So it's a tiny minority. Unsurprisingly, you'll have heatwaves, floods.
- 17:37 Half of the mayors, for example, tell us they have already observed the effects of clay shrinkage and swelling.
- 17:41 Which crack houses?
- 17:43 Yes, it's something that affects half of the detached houses in this country.
- 17:48 It's that clay swells when it's wet and contracts when it's dry.
- 17:52 And when you have an alternation of very wet and very dry periods,
- 17:56 which climate change will intensify, it creates a shearing effect in the soil that will crack walls.
- 18:02 Half of the mayors tell us, 'I've already observed that.'
- 18:05 Everything you're telling us is paradoxical because it feels like we're going backwards.
- 18:12 We had the announcement of the abolition of ZFE, the low-emission zones.
- 18:17 It's about to be approved by Parliament.
- 18:19 And there aren't many candidates, for example, to come to the rescue of these zones
- 18:25 where old cars should no longer be driven.
- 18:28 Candidates for what?
- 18:29 For the municipal elections.
- 18:31 ZFE mainly concerned large cities.
- 18:34 In large cities, there's a differentiation among respondents based on the size of the urban area.
- 18:42 And the larger the urban area, the more elected officials, one, consider the environmental situation there to be dire.
- 18:49 Two, the less helpless they feel.
- 18:52 Which is quite normal.
- 18:55 When you are mayor of a rural commune of 2,000 inhabitants,
- 18:58 the resources at your disposal are considerably fewer.
- 19:02 But we questioned them on global environmental issues.
- 19:08 Globally.
- 19:10 We didn't question them on specific measures.
- 19:14 In a word, Jean-Marc Jancovici, regarding your view on the Green mayors
- 19:19 who were elected to lead large cities and who are, for some and even for many,
- 19:23 facing difficulties during the municipal elections.
- 19:25 What is your assessment of their track records in Bordeaux, Strasbourg, Lyon?
- 19:30 I have no assessment because I am not a resident of Bordeaux, Strasbourg, or Lyon.
- 19:35 Have you looked at their policies in detail?
- 19:39 What I simply consider is that there can be many reasons why they are in difficulty.
- 19:45 It could be reasons effectively linked to a local issue that didn't go well.
- 19:52 And it could also be linked to electoral alliances that are made or not made.
- 19:57 There's a study by an association called Parlons Climat, I don't know if you're familiar with it,
- 20:02 which was published not long ago, stating that 55% of French people who consider the environment
- 20:07 to be a priority issue vote right-wing.
- 20:09 But that's very consistent with what I said earlier about the fact that at the local issue level,
- 20:14 there isn't a strong differentiation based on political affiliation.
- 20:18 There is one, obviously, but not necessarily very strong.
- 20:22 Which means that whether the Green mayors, or rather, mayors from the Green party,
- 20:28 retain their mandate or not, I haven't looked in detail to see if that means the population
- 20:33 is turning away from these issues or if it's linked to other causes.
- 20:36 We cannot not talk, Jean-Marc Jancovici, about this vast rollback underway in the United States.
- 20:42 Since we have an American president, Donald Trump, who is a climate skeptic
- 20:46 and who today is going to repeal a foundational text for the fight against climate change
- 20:51 with a deregulation of greenhouse gas emissions.
- 20:55 How do you characterize this new Trumpian offensive?
- 20:59 Has he destroyed any semblance of transition in the United States in less than a year?
- 21:05 Well, the United States, I don't know if they ever initiated a transition.
- 21:10 You know, under Obama...
- 21:12 He signed the Paris Agreement, for example.
- 21:14 Yes, yes, but that only commits, as Pasquois said, promises only commit those who believe them.
- 21:18 Many countries signed the Paris Agreement but absolutely did not respect it,
- 21:22 Spain, for example, absolutely did not follow the trajectory for a long time, and nothing happened to it.
- 21:27 So, the question is rather what happens in practice.
- 21:33 Under Obama, oil production in the United States increased by 80%.
- 21:37 So, the United States is a country built through violence on an immense territory, endowed with immense resources.
- 21:45 American culture is generally hostile to global limits.
- 21:49 I mean, that's how it is.
- 21:52 I've been saying for 10 or 15 years that it will be the last country to seriously address the issue of global warming.
- 21:58 But here, we still have the feeling that Jean-Marc Jancovici...
- 22:00 Culturally, the concept of limits doesn't resonate with them.
- 22:04 That is to say, we have a US president who is climate-skeptic
- 22:08 and who, moreover, also acts as a kind of disinhibitor for other countries in the fight against global warming.
- 22:13 He is climate-skeptic because 80% of Republicans are climate-skeptic.
- 22:17 Trump is not the man who shapes America.
- 22:20 Trump is the emanation of a part of America.
- 22:23 That's how you have to see it.
- 22:25 So, in the United States, you have an extremely marked political differentiation, I mean extremely marked,
- 22:31 regarding the relationship to facts and science.
- 22:34 Extremely marked.
- 22:35 Which we don't have at all here, and fortunately.
- 22:38 So, 80% of Republicans are climate-skeptic, and 20% of Democrats.
- 22:43 It's very, very, very marked depending on partisan preference.
- 22:46 And the way I see it is that, basically, this whole thing isn't about people not believing in science.
- 22:53 It's that it's the pretext, the fig leaf they find to say
- 22:56 in fact, the political program that comes with respecting the limit doesn't suit me.
- 23:00 In fact, that's the real issue.
- 23:02 And it doesn't suit them because, in the United States, the question of respecting the global limit
- 23:07 is something that is culturally very complicated for them.
- 23:11 A country that resembles us much more from this point of view, in my opinion, is China.
- 23:16 China is an old country that has known famine, disease, and is run by engineers.
- 23:20 And we can clearly see that they are dealing with the problem
- 23:23 in a way that is radically different from that of the United States.
- 23:27 So the United States, and in the United States, since the concept of limits doesn't resonate with them.
- 23:31 In fact, Trump is quite consistent with that.
- 23:33 And he seeks to appropriate, by all possible means,
- 23:36 all the resources that allow the trajectory to continue as before.
- 23:39 Thank you very much, Jean-Marc Jancovici.
- 23:42 I should point out that we had many editors who called us,
- 23:44 who left us messages about nuclear power.
- 23:46 It's a subject that always generates a lot of discussion.
- 23:49 Thank you for being with us this morning.
- 0:00 Nhu cầu điện của chúng ta trong mười năm tới sẽ là bao nhiêu và làm thế nào để sản xuất
- 0:04 điện đó? Đây là một câu hỏi chiến lược đối với Pháp, là vấn đề chủ quyền, năng lực cạnh tranh,
- 0:09 và cũng là vấn đề khí hậu nhằm thoát khỏi năng lượng hóa thạch.
- 0:14 Sáng nay chúng ta sẽ nói chuyện về vấn đề này với một chuyên gia về năng lượng và khí hậu, và với quý vị, thính giả
- 0:19 thân mến, qua số 01, 45, 24, 7000 và trên ứng dụng Radio France.
- 0:23 Chào buổi sáng Jean-Marc Jancovici, cảm ơn ông đã tham gia cùng chúng tôi trên France Inter, ông là
- 0:28 chủ tịch nhóm chuyên gia cố vấn Shift Project, ông đang công bố một nghiên cứu chuẩn bị cho
- 0:33 cuộc bầu cử thành phố sau khi tham khảo ý kiến 3000 quan chức địa phương về sinh thái, nhưng trước hết
- 0:39 tất nhiên đó là tin tức trong ngày, bài trình bày của Sébastien Lecornu về
- 0:42 PPE, chương trình năng lượng đa niên, tức là lộ trình năng lượng
- 0:48 của Pháp đến năm 2035, đây là một văn bản quan trọng đặc biệt quy định tỷ lệ năng lượng hạt nhân
- 0:55 và năng lượng tái tạo trong sản xuất điện, chúng ta đã chờ đợi PPE này 3 năm rồi,
- 1:00 nó đã phải chịu đựng những căng thẳng chính trị trong những tháng gần đây, đã đến lúc rồi Jean-Marc
- 1:04 Jancovici, Pháp có cần định hướng này không?
- 1:06 Vâng, năng lượng là một hệ thống rất chậm, một hệ thống có quán tính cực lớn.
- 1:11 Nếu chúng ta lấy một nhà máy điện hạt nhân, vì chúng ta đang nói về điện, giữa thời điểm
- 1:16 chúng ta bắt đầu thiết kế một nhà máy mới và thời điểm nhà máy cuối cùng trong
- 1:21 thiết kế đó ngừng hoạt động, một thế kỷ sẽ trôi qua.
- 1:24 Một mạng lưới điện là một cơ sở hạ tầng, cũng vậy, trong khoảng thời gian đặc trưng
- 1:29 được tính bằng nửa thế kỷ hoặc một thế kỷ.
- 1:30 Nếu bạn nhìn vào cách hoạt động của đội xe ở phía bên kia, một
- 1:35 đội xe động cơ đốt trong là thứ mất nửa thế kỷ để thay đổi
- 1:39 một cách đáng kể.
- 1:40 Vì vậy, chúng ta đang ở trong những khoảng thời gian rất dài, có thể nói khoảng thời gian đặc trưng
- 1:43 của hệ thống năng lượng là một đời người.
- 1:44 Vì vậy, đây là thứ cần được lập kế hoạch, cần được lập chương trình và đây là
- 1:49 thứ mà chúng ta không thể quản lý, nói cách khác, nếu muốn hiệu quả, chúng ta không thể
- 1:52 quản lý theo kiểu ngắn hạn và chúng ta không thể nói, giống hệt như đối với ngân sách,
- 1:56 mỗi năm chúng ta sẽ quyết định làm gì và nếu từ năm này sang năm khác chúng ta thay đổi
- 2:00 các định hướng, điều đó không quá nghiêm trọng, nó sẽ theo kịp.
- 2:02 Vì vậy, chúng ta buộc phải lập kế hoạch và lập chương trình, hơn nữa, chương trình
- 2:07 đa niên, điều đó nói rõ ý nghĩa của nó, vì vậy thực sự là rất cần thiết
- 2:11 để có loại tài liệu này.
- 2:12 Điều này không ngăn cản việc thay đổi ý kiến, trong trường hợp này, lộ trình cuối cùng
- 2:16 nó dự kiến đóng cửa 14 lò phản ứng hạt nhân, nhưng bây giờ chúng ta đã hoàn toàn thay đổi quan điểm
- 2:22 vì trong mười năm tới chính phủ muốn sáu lò phản ứng mới
- 2:26 loại EPR với tám lò bổ sung tùy chọn, ông là một người ủng hộ nhiệt thành
- 2:30 năng lượng hạt nhân, ông có hoan nghênh sự thay đổi định hướng này không?
- 2:35 Tôi đặc biệt tiếc nuối định hướng trước đó, tức là, thực tế với hệ thống
- 2:40 kiểu
- 2:45 yêu ghét lẫn lộn
- 2:51 mà chúng ta đã có giữa chính phủ, có thể nói, quyền lực chính trị và năng lượng hạt nhân ở Pháp trong 20 năm, chúng ta đã mất 20 năm do dự đó, chúng ta bắt đầu phải trả giá ngày hôm nay với những lò phản ứng mất nhiều thời gian để xây dựng
- 2:54 xong, với năng lượng hạt nhân đắt đỏ, đó là hậu quả trực tiếp, tôi muốn nói
- 2:59 là một thế hệ sau những do dự đó, chúng ta đang chứng kiến điều đó ngày hôm nay.
- 3:03 Đối với năng lượng tái tạo cũng vậy, thực ra chúng ta chỉ có một cơ hội, cần phải hiểu rõ
- 3:09 rằng chúng ta chỉ có một cơ hội khi lập kế hoạch cho một hệ thống năng lượng và do đó
- 3:13 nếu lần đầu tiên chúng ta quyết định vì những lý do không phù hợp, tôi muốn nói
- 3:18 là, những lý do không liên quan đến hoạt động của chính hệ thống, điều mà
- 3:21 đã xảy ra khi chúng ta quyết định loại bỏ 14 lò phản ứng, thì chúng ta sẽ phải đối mặt với
- 3:26 một khoản nợ, một di sản trở nên phức tạp để quản lý và đó là lý do tại sao
- 3:31 việc thảo luận nhiều về văn bản này trước khi quyết định là hợp lý, vì vậy tôi không
- 3:34 thấy bất thường khi nó mất thời gian, khi có những người bày tỏ ý kiến
- 3:40 khác nhau và chúng ta dành thời gian để thảo luận, tôi thấy điều đó hoàn toàn bình thường.
- 3:43 Chúng ta sẽ đi sâu vào lộ trình và có rất nhiều phản ứng chính trị cũng
- 3:46 nói lên cách các nhà lãnh đạo chính trị Pháp nhìn nhận vấn đề
- 3:50 năng lượng nhưng về các định hướng lớn của chương trình đa niên này.
- 3:54 Florence đã nói, chúng ta đang đẩy mạnh năng lượng hạt nhân, về vấn đề năng lượng
- 3:58 tái tạo, chúng ta làm nhiều điện gió ngoài khơi hơn và đối với điện gió trên đất liền và năng lượng mặt trời
- 4:03 chúng ta đang chậm lại một chút.
- 4:04 Chính phủ nói đó là một
- 4:09 để xem xét việc lập kế hoạch năng lượng?
- 4:11 Vâng, có và không, vì câu chuyện này thiếu một yếu tố lớn là "đồng thời".
- 4:15 Ngày nay, điện chiếm hơn 20% năng lượng cung cấp cho
- 4:19 tất cả các máy móc mà chúng ta có ở Pháp.
- 4:21 Vì năng lượng là thức ăn của máy móc, đó là công dụng của nó.
- 4:23 Vì vậy, điện chiếm 20%, có nghĩa là năng lượng không phải điện chiếm
- 4:27 80%.
- 4:28 80% năng lượng cung cấp cho lò hơi gia đình hoặc nhà máy, cung cấp cho các phương tiện
- 4:34 chạy, bay, đi biển, v.v.
- 4:37 Ngày nay, đó không phải là điện, mà chủ yếu là nhiên liệu
- 4:41 hóa thạch và một ít nhiệt tái tạo, sinh khối.
- 4:44 Và thách thức lớn, quan trọng, to lớn là giảm 80% này xuống còn rất ít, tức là
- 4:51 điện khí hóa tất cả các mục đích sử dụng của chúng ta.
- 4:52 Và thực ra, vấn đề lớn mà chúng ta đang gặp phải và lý do chúng ta có cuộc
- 4:55 tranh luận về việc có nên chậm lại hay không đối với năng lượng tái tạo, đơn giản là vì chúng ta
- 4:58 đã quá chậm chạp trong việc điện khí hóa các mục đích sử dụng.
- 5:00 Vì vậy, chúng ta đang trì trệ, mức tiêu thụ điện đang trì trệ.
- 5:04 Vâng, chúng ta đã không đủ mạnh mẽ trong việc chuyển sang điện, di chuyển,
- 5:08 sưởi ấm và một phần các quy trình công nghiệp.
- 5:11 Những gì vừa được công bố ở Dunkerque cho Arcelor là một ý tưởng rất hay,
- 5:14 nhưng sẽ còn là một ý tưởng hay hơn nữa nếu chúng ta đã thực hiện nó cách đây 10 hoặc 15 năm.
- 5:19 Và đó chính là điều này, tức là đồng thời với việc tăng sản lượng,
- 5:24 nếu chúng ta không muốn gặp vấn đề, chúng ta phải tăng mức tiêu thụ.
- 5:27 Và khía cạnh này của chính sách công, ngày nay, vẫn còn rất rất nhiều thiếu sót.
- 5:33 Điều cần nói thêm để chúng ta hiểu rõ, đó là có một vấn đề địa chiến lược
- 5:36 đằng sau việc sản xuất năng lượng và sản xuất điện, đó là chúng ta muốn có thể
- 5:41 cuối cùng không cần đến khí đốt, dầu mỏ của Nga-Mỹ.
- 5:44 Vâng, điều đó đã là trường hợp trong bối cảnh biến đổi khí hậu rồi.
- 5:48 Nếu chúng ta muốn giảm lượng khí thải nhà kính, chúng ta đã muốn không cần đến khí đốt và dầu mỏ,
- 5:52 dù chúng đến từ đâu, dù từ Na Uy, từ Algeria,
- 5:55 hay từ Mỹ, hay từ Qatar, tất cả đều như nhau.
- 5:58 Hơn nữa, tin tức hiện tại nhắc nhở chúng ta rằng ngay cả những người mà chúng ta nghĩ là bạn bè,
- 6:03 đôi khi họ không hoàn toàn là bạn bè của chúng ta.
- 6:05 Vì vậy, tôi thấy rằng châu Âu đã ngây thơ một cách đáng yêu khi nói rằng việc không cần đến khí đốt của Nga,
- 6:12 sẽ không phải là vấn đề, chúng ta sẽ ổn thôi, nhưng việc ổn định lại không hề đơn giản như vậy.
- 6:16 Cần biết rằng Liên minh châu Âu nhập khẩu 97% dầu mỏ và 90% khí đốt của mình.
- 6:22 Các con số này lần lượt là 99% và 100% đối với Pháp.
- 6:25 Và cũng cần biết rằng, đối với dầu mỏ được gọi là thông thường,
- 6:29 tức là tất cả những gì không phải là dầu đá phiến của Mỹ và cát dầu của Canada,
- 6:32 sản lượng toàn cầu đã đạt đỉnh cách đây hơn 15 năm, vào năm 2008.
- 6:38 Và điều này liên quan trực tiếp đến một phần các rối loạn kinh tế mà chúng ta đang chứng kiến ở châu Âu.
- 6:42 Sản xuất công nghiệp giảm, cuối tháng ngày càng khó khăn hơn đối với một bộ phận dân số,
- 6:47 lưu thông hàng hóa ở châu Âu giảm vì nó đã giảm từ năm 2008,
- 6:51 xây dựng ở châu Âu giảm vì nó đã giảm từ năm 2008.
- 6:53 Vì vậy, bạn có rất nhiều tín hiệu cho thấy rằng thực ra,
- 6:56 tôi muốn nói, việc khử carbon bắt buộc chúng ta đã ở đó rồi, nó đã bắt đầu rồi.
- 7:01 Bởi vì chúng ta làm ít hơn.
- 7:02 Bởi vì chúng ta có ít hơn để sử dụng.
- 7:04 Đúng vậy, châu Âu là khu vực đầu tiên bị hạn chế đáng kể về nguồn cung của mình.
- 7:09 Điều này không xảy ra với Hoa Kỳ, vì họ có rất nhiều dầu mỏ và khí đốt.
- 7:12 Chúng ta sẽ quay lại vấn đề đó sau.
- 7:14 Và vì vậy, chúng ta không nhận thức được thực tế vật lý này.
- 7:17 Và hiện tại chúng ta đang phản ứng quá yếu ớt
- 7:23 so với thực tế vật lý đang ngày càng tác động đến chúng ta.
- 7:28 Trong số các phản ứng, có phản ứng của Marine Le Pen, người phản đối chương trình đa niên mới này.
- 7:33 Tại Rassemblement national, họ nói rằng cần phải có 100% năng lượng hạt nhân.
- 7:36 Liệu điều đó có khả thi không?
- 7:38 Không.
- 7:39 Hôm nay, bạn biết đấy, tôi rất thích năng lượng hạt nhân,
- 7:41 nhưng ngày nay sản lượng điện hạt nhân ở Pháp là 350 tỷ kilowatt giờ.
- 7:45 350 terawatt giờ.
- 7:47 Tổng năng lượng giúp Pháp hoạt động là 2100 terawatt giờ.
- 7:50 Được chứ? Vậy năng lượng hạt nhân cung cấp 350 trên 2100.
- 7:54 Vậy nếu bà Marine Le Pen sẵn sàng đặt cược tất cả tiền tiết kiệm của bà ấy với tôi,
- 7:57 rằng trong nhiệm kỳ của bà ấy, nếu bà ấy được bầu, bà ấy sẽ làm tất cả bằng năng lượng hạt nhân,
- 8:02 thì tôi sẽ đặt cược trước công chứng viên vào sáng mai,
- 8:04 rõ ràng là chúng ta đang ở trong khẩu hiệu tranh cử
- 8:06 vì các lãnh đạo đảng cần phải tạo sự khác biệt so với những người khác
- 8:10 bằng cách quảng bá những điều, dù chúng có thực tế hay không.
- 8:12 Marine Le Pen, người mà bản thân bà ấy, cách đây 10-15 năm, cũng không phải là một người hâm mộ lớn của năng lượng hạt nhân.
- 8:15 Không, nhưng chúng ta đang ở trong trò chơi cổ điển, nghĩa là khi tất cả những người này đứng trước micro của bạn,
- 8:19 họ cần phải tạo sự khác biệt so với người hàng xóm
- 8:22 và do đó họ cần khẳng định những điều đôi khi hoàn toàn vô lý.
- 8:25 Và Marine Le Pen không phải là một ngoại lệ trong câu chuyện này.
- 8:28 Ý tôi là, tất cả các lãnh đạo đảng đôi khi đưa ra những lời hứa hoàn toàn vô lý
- 8:32 vì họ cần phải tạo sự khác biệt so với những người khác.
- 8:34 Nhưng không phải vì bà ấy nói mà điều đó là khả thi về mặt vật lý
- 8:37 và trong trường hợp này, điều đó không khả thi về mặt vật lý.
- 8:38 Vậy thì chúng tôi có một câu hỏi dành cho bạn về năng lượng hạt nhân tại tổng đài
- 8:42 nơi chúng tôi chào đón Hélène, chào Hélène, chào mừng bạn.
- 8:44 Vâng, chào buổi sáng, tôi gọi vì với tư cách là một công dân, tôi luôn bị sốc
- 8:52 vì chúng ta không có cơ hội tranh luận thực sự về những lựa chọn sẽ ràng buộc
- 9:01 xã hội của chúng ta về mặt kinh tế, xã hội, môi trường trong nhiều thập kỷ,
- 9:08 thậm chí hàng thiên niên kỷ và tất cả những lựa chọn này kể từ khi bắt đầu năng lượng hạt nhân
- 9:13 luôn được đưa ra mà không có một cuộc tranh luận thực sự nào có thể diễn ra,
- 9:19 kể cả với các chuyên gia trong ngành, ví dụ có Crérate là một tổ chức nghiêm túc
- 9:28 có những lập luận về vấn đề này, nhưng chúng ta không bao giờ hoặc rất hiếm khi nghe thấy những điều như vậy
- 9:37 và điều khiến tôi lo lắng là không chỉ cho con cái chúng ta mà còn cho các thế hệ tương lai
- 9:41 chúng ta đang biến hành tinh của mình thành một bãi rác như thế nào.
- 9:44 Vâng, rõ ràng là năng lượng hạt nhân khiến bạn lo lắng, Jean-Marc Jancovici sẽ trả lời thế nào?
- 9:50 Rằng trong vấn đề năng lượng, thực ra, chúng ta không thể lúc nào cũng đặt lại, như tôi đã nói lúc nãy,
- 9:56 thật không may, chúng ta không thể lúc nào cũng đặt lại vấn đề hoặc tranh luận lại về định hướng hiện tại.
- 10:01 Chúng ta buộc phải thỉnh thoảng làm, cuối cùng điều cần thiết là có một thời điểm, một cuộc tranh luận sáng suốt
- 10:10 và sau khi đã đưa ra lựa chọn, nếu chúng ta thay đổi nó liên tục,
- 10:13 tôi muốn nói, đó là lựa chọn tồi tệ nhất.
- 10:17 Tôi không có mặt khi chương trình được triển khai, à nếu tôi đã sinh ra, tôi chưa lớn,
- 10:21 khi Pháp thực hiện chương trình điện hạt nhân sau các cú sốc dầu mỏ,
- 10:26 vì vậy tôi không đào sâu để biết chúng ta đã tham khảo ý kiến người dân bao nhiêu hay không,
- 10:31 nhưng tôi có thể nói với bạn rằng vào thời điểm đó, người dân hoàn toàn không phản đối chương trình này.
- 10:37 Việc chưa bao giờ có tiếng nói cho những người có sự dè dặt về năng lượng hạt nhân,
- 10:43 thì tôi lại phản đối, tôi có thể nói với bạn rằng, để trêu chọc bạn một chút,
- 10:47 dịch vụ công chủ yếu dành micro cho những người chống hạt nhân cho đến 2-3 năm trước.
- 10:53 Tôi nghĩ Jean-Marc Jancovici, tôi đã nghe bạn khá thường xuyên trên sóng France Inter.
- 10:57 Vâng, vâng, nhưng khi tôi nói chủ yếu, đó là nếu chúng ta nhìn vào tỷ lệ,
- 11:02 thì đó vẫn là, và đặc biệt là trong suốt thời gian cánh tả nắm quyền liên minh với đảng Xanh,
- 11:07 thì đó vẫn chủ yếu là những gì chúng ta nghe thấy trên truyền thông.
- 11:10 Vì vậy, nó thay đổi theo thời đại, hiện tại thì khác.
- 11:15 Điều tôi muốn nói là, trong vấn đề năng lượng, như tôi đã nói lúc nãy,
- 11:19 việc liên tục xem xét lại các định hướng mà chúng ta đưa ra là điều không thể.
- 11:26 Chúng ta có thể điều chỉnh chúng, nhưng việc liên tục xem xét lại chúng, thật không may, là điều không thể về mặt vật lý.
- 11:31 Bạn vừa nói với chúng tôi rằng 100% năng lượng hạt nhân là không thể, vậy 100% năng lượng tái tạo có thể không?
- 11:38 Cũng không hơn, năng lượng tái tạo cần phải thấy rằng, à không hơn, không hơn khi duy trì nền văn minh công nghiệp.
- 11:46 Cần phải hiểu rằng nền văn minh công nghiệp mà chúng ta đang sống ngày nay,
- 11:49 với 35 giờ làm việc, lương hưu, nghỉ phép có lương, những người sống ở thành phố, máy móc làm việc thay chúng ta, v.v.
- 11:54 Tất cả những điều đó đã đến cùng với nhiên liệu hóa thạch.
- 11:56 Và việc khử carbon có nghĩa là tự nhủ, chúng ta sẽ giữ lại tất cả những gì nhiên liệu hóa thạch đã mang lại cho chúng ta,
- 12:01 rồi rút ngăn kéo dưới cùng, là nhiên liệu hóa thạch, và chúng ta sẽ giữ được tất cả phần còn lại.
- 12:05 Và thực tế, phân tích của tôi về tình hình là điều đó không thể xảy ra về mặt vật lý.
- 12:09 Vậy câu hỏi là làm thế nào chúng ta chấp nhận quản lý những sự từ bỏ của mình theo một cách nào đó?
- 12:13 Chúng ta coi điều gì là dư thừa và điều gì là thiết yếu?
- 12:17 Điều hoàn toàn chắc chắn đối với tôi là 2100 tỷ kilowatt giờ mà ngày nay cho phép Pháp sống như hiện tại,
- 12:23 nếu chúng ta chỉ có năng lượng tái tạo hoặc chỉ có năng lượng hạt nhân, trong vòng vài thập kỷ, chúng ta sẽ không có đủ.
- 12:29 Một lời nhanh chóng, Jean-Marc Jancovici, chúng tôi cần đến chuyên môn của ông, có một lập luận mà chúng tôi nghe thấy trong cuộc tranh luận,
- 12:34 nó hơi phức tạp nhưng rất quan trọng, đó là những người phản đối lộ trình này nhân danh cái mà chúng ta gọi là điều chỉnh.
- 12:40 Tức là, việc sản xuất nhiều năng lượng tái tạo hơn có nguy cơ gây nguy hiểm cho các nhà máy điện hạt nhân
- 12:47 bởi vì chúng ta sẽ điều chỉnh năng lượng mà chúng ta yêu cầu từ chúng và điều đó có thể gây ra các vấn đề về an toàn.
- 12:51 Ông có đồng ý với lời chỉ trích này không?
- 12:53 An toàn, theo tôi biết, thì không. Lão hóa và tối ưu hóa dưới mức của các nhà máy, cái đó thì có, đó mới là vấn đề.
- 13:03 Một nhà máy là cái mà chúng ta gọi là hệ thống chi phí cố định, tức là một khi bạn đã xây dựng nó,
- 13:08 việc vận hành nó ít hay nhiều không tốn nhiều chi phí, tức là nó hoạt động 5000 giờ hay 8000 giờ trong năm,
- 13:12 nó tốn của bạn gần như cùng một số tiền, không hoàn toàn nhưng cũng không xa.
- 13:15 Vì vậy, bạn hoàn toàn có lợi khi vận hành chúng càng thường xuyên càng tốt.
- 13:19 Nếu một phần thời gian bạn ngừng vận hành chúng vì bạn có thứ khác sản xuất thay thế,
- 13:27 đó là một sự tối ưu hóa kinh tế kém hiệu quả.
- 13:28 Và ngoài ra, việc điều chỉnh buộc bạn phải thay đổi rất nhiều thứ cụ thể,
- 13:33 thời điểm bạn bảo trì, thời điểm bạn làm v.v.
- 13:36 Và điều đó cũng là một sự tối ưu hóa kinh tế kém hiệu quả, vì vậy về cơ bản đó là vấn đề.
- 13:41 Hãy nói về nghiên cứu của ông, Jean-Marc Jancovici, nghiên cứu của Shift Project,
- 13:45 kết quả của một cuộc tham vấn lớn với các thị trưởng và các quan chức thành phố.
- 13:48 Điều này nằm trong chương trình hành động của ông cho năm 2027 vì ông cũng chịu trách nhiệm chuẩn bị cho các cuộc bầu cử này.
- 13:53 Điều rút ra từ nghiên cứu này là không có sự từ chối về sinh thái học trong giới chức sắc, không có sự cám dỗ quay trở lại.
- 13:59 Điều đó có nghĩa là bất chấp những ồn ào xung quanh, bất chấp cái mà một số người gọi là phản ứng dữ dội về môi trường,
- 14:03 có một hình thức đồng thuận về sự cần thiết phải hành động vì quá trình chuyển đổi sinh thái?
- 14:09 Từ góc độ này, các quan chức địa phương gần gũi với toàn bộ dân chúng hơn nhiều so với các quan chức quốc gia.
- 14:15 Thực tế, khi bạn nhìn vào toàn bộ dân chúng, cũng không có sự phản ứng dữ dội nào.
- 14:18 Nếu bạn nhìn vào những mối quan tâm của công dân chúng ta, chúng gần như giống hệt hôm nay so với hai năm trước.
- 14:23 Chúng không thay đổi nhiều. Những mối quan tâm và những mâu thuẫn, tình cờ.
- 14:26 Bởi vì tất cả chúng ta đều đồng ý thay đổi, với điều kiện là nó bắt đầu từ người khác, thường là vậy.
- 14:30 Vì vậy, điều đó không thay đổi nhiều. Và các quan chức địa phương, từ góc độ này, khá gần gũi.
- 14:35 Vì vậy, chúng tôi muốn tham khảo ý kiến của họ trước cuộc bầu cử thành phố vì chúng tôi muốn xem họ cảm thấy thế nào về những vấn đề này.
- 14:41 Vì vậy, ý tưởng không phải là hỏi họ sẵn sàng làm gì, mà là hỏi họ, ví dụ,
- 14:47 liệu họ có cảm thấy đủ công cụ cho những việc như vậy không, liệu họ có coi rằng hôm nay họ đã làm rồi hay chưa.
- 14:52 Họ làm điều đó vì lý do môi trường hay vì những lý do khác?
- 14:57 Môi trường sống, sức khỏe, sức mua, v.v.
- 15:01 Và đó là điều chúng tôi muốn kiểm tra.
- 15:04 Vậy, tại sao chúng tôi lại quan tâm đến các quan chức địa phương, hay chính xác hơn là các thị trưởng?
- 15:08 Bởi vì họ là những quan chức hơi lai. Họ là những quan chức và đồng thời, họ là những nhà lãnh đạo doanh nghiệp.
- 15:13 Tức là thị trưởng, ông ấy có nhân viên, ông ấy có một ngân hàng, ông ấy có các dịch vụ phải đảm bảo.
- 15:18 Vì vậy, thực tế, ông ấy không khác nhiều so với một nhà lãnh đạo doanh nghiệp.
- 15:21 Và chúng tôi quan tâm muốn xem những người này cảm thấy thế nào.
- 15:24 Chính xác thì họ nói gì với ông về cả quyền tự do của họ và những trở ngại ngăn cản họ thực hiện một chính sách thực sự ở cấp thành phố của họ?
- 15:31 Họ nói với chúng tôi vài điều. Trước hết, không chỉ có các thành phố, mà còn có các vùng nông thôn nữa.
- 15:35 Có rất nhiều vùng nông thôn.
- 15:38 Họ nói với chúng tôi vài điều. Điều đầu tiên họ nói với chúng tôi là môi trường là một điều quan trọng.
- 15:43 Nó luôn nằm trong các mục tiêu ưu tiên.
- 15:47 Vậy thì, việc hồi sinh trung tâm thành phố cũng có thể là một mục tiêu, v.v.
- 15:50 Nhưng môi trường đứng ở vị trí rất, rất cao.
- 15:52 Và nó còn đứng cao hơn nữa đối với các mục tiêu của nhiệm kỳ tiếp theo.
- 15:56 Đó là một mục tiêu ngày càng trở nên quan trọng.
- 15:58 Điều thứ hai họ nói với chúng tôi là điều đó được chấp nhận vì những lý do mang tính địa phương.
- 16:03 Tức là, thực tế, đóng góp vào một nỗ lực toàn cầu là điều mà đối với họ, ít hấp dẫn hơn là đạt được lợi ích địa phương về môi trường sống,
- 16:12 sự dễ dàng di chuyển, sức mua của cử tri, sức khỏe của cử tri, v.v.
- 16:19 Thực tế, các chính sách địa phương đi kèm với các vấn đề địa phương.
- 16:22 Nhưng các thị trưởng có thực sự có quyền tự do hành động không?
- 16:25 Tôi chưa đến đó. Hiện tại, tôi đang nói về động lực để hành động, đó là nơi chúng tồn tại.
- 16:31 Điều thứ ba họ nói với chúng tôi là không có sự khác biệt rõ rệt theo màu sắc chính trị.
- 16:39 Và điều đó là một điều cực kỳ thú vị.
- 16:41 Và điều đó đưa chúng ta trở lại điều chúng ta đã nói lúc nãy về việc các quan chức quốc gia, trước micro của ông,
- 16:45 họ cần phải nói điều hoàn toàn ngược lại với những gì người đối diện nói vì họ cần phải tạo sự khác biệt cho bản thân.
- 16:50 Chúng ta ít cảm nhận được điều đó ở cấp độ các quan chức địa phương, nơi mà, về một số vấn đề,
- 16:55 thực tế, không có sự khác biệt rõ rệt về nhiều vấn đề tùy theo màu sắc đảng phái.
- 17:00 Hãy cho chúng tôi vài ví dụ. Việc thực hiện cụ thể một chính sách sinh thái và ủng hộ khí hậu là gì?
- 17:08 Điều gì thường xảy ra nhất?
- 17:10 Chúng tôi không hỏi họ những hành động nào họ thường thực hiện nhất.
- 17:15 Ngược lại, chúng tôi đã hỏi họ, ví dụ, những gì họ đã nhận thấy về hậu quả của biến đổi khí hậu.
- 17:22 Vì vậy, có rất nhiều thị trưởng đã trả lời chúng tôi rằng họ đã nhận thấy những hậu quả.
- 17:27 Và khi tôi nói nhiều, ý tôi là chỉ có vài phần trăm nói với chúng tôi rằng
- 17:32 Vì vậy, đó là thiểu số cực kỳ nhỏ. Vậy thì không ngạc nhiên, bạn sẽ thấy các đợt nắng nóng, lũ lụt.
- 17:37 Ví dụ, một nửa số thị trưởng nói với chúng tôi rằng họ đã nhận thấy tác động của sự co rút và trương nở của đất sét.
- 17:41 Cái gì làm nứt nhà?
- 17:43 Vâng, đó là điều ảnh hưởng đến một nửa số nhà riêng lẻ ở đất nước này.
- 17:48 Đó là đất sét trương nở khi ẩm ướt và co lại khi khô.
- 17:52 Và khi bạn có sự xen kẽ giữa các giai đoạn rất ẩm ướt và các giai đoạn rất khô hạn,
- 17:56 điều mà biến đổi khí hậu sẽ làm tăng cường, nó tạo ra hiệu ứng cắt trong đất làm nứt tường.
- 18:02 Một nửa số thị trưởng nói với chúng tôi rằng
- 18:05 Tất cả những gì bạn nói với chúng tôi đều mâu thuẫn vì chúng tôi có cảm giác như đang quay ngược thời gian.
- 18:12 Chúng tôi đã có thông báo về việc bãi bỏ ZFE, các khu vực phát thải thấp.
- 18:17 Nó sắp được Quốc hội thông qua.
- 18:19 Và không có nhiều ứng cử viên, ví dụ, để đến giải cứu những khu vực này
- 18:25 nơi không nên cho những chiếc xe cũ lưu thông nữa.
- 18:28 Ứng cử viên cho cái gì?
- 18:29 Cho cuộc bầu cử thành phố.
- 18:31 ZFE chủ yếu liên quan đến các thành phố lớn.
- 18:34 Ở các thành phố lớn, có sự khác biệt tùy thuộc vào quy mô của khu đô thị trong số những người trả lời.
- 18:42 Và khu đô thị càng lớn, các nhà lập pháp, thứ nhất, càng coi đó là địa ngục đối với môi trường.
- 18:49 Thứ hai, họ càng ít cảm thấy bối rối.
- 18:52 Điều đó khá bình thường.
- 18:55 Khi bạn là thị trưởng của một xã nông thôn 2000 dân,
- 18:58 các phương tiện bạn có sẵn yếu hơn đáng kể.
- 19:02 Nhưng ZFE, chúng tôi đã hỏi họ về các vấn đề môi trường toàn cầu.
- 19:08 Một cách tổng thể.
- 19:10 Chúng tôi không hỏi họ về biện pháp cụ thể nào.
- 19:14 Nói tóm lại, Jean-Marc Jancovici, về quan điểm của ông đối với các thị trưởng theo chủ nghĩa môi trường
- 19:19 những người đã được bầu làm người đứng đầu các thành phố lớn và đang gặp khó khăn, đối với một số người và thậm chí nhiều người,
- 19:23 trong cuộc bầu cử thành phố.
- 19:25 Ông đánh giá thế nào về thành tích của họ ở Bordeaux, Strasbourg, Lyon?
- 19:30 Tôi không có ý kiến gì vì tôi không phải là cư dân của Bordeaux, Strasbourg hay Lyon.
- 19:35 Ông có cho rằng họ đã xem xét chi tiết chính sách của mình không?
- 19:39 Điều tôi đơn giản cho rằng là có rất nhiều lý do khiến họ gặp khó khăn.
- 19:45 Đó có thể là những lý do thực sự liên quan đến một vấn đề địa phương không được giải quyết tốt.
- 19:52 Và nó cũng có thể liên quan đến các liên minh bầu cử được hình thành hoặc không được hình thành.
- 19:57 Có một nghiên cứu của một hiệp hội tên là Parlons Climat, tôi không biết bạn có biết không,
- 20:02 được công bố cách đây không lâu, nói rằng 55% người Pháp coi môi trường
- 20:07 là một vấn đề ưu tiên bỏ phiếu cho cánh hữu.
- 20:09 Nhưng điều đó rất phù hợp với những gì tôi đã nói lúc nãy về việc ở cấp độ các vấn đề địa phương,
- 20:14 không có sự khác biệt rõ rệt theo màu sắc chính trị.
- 20:18 Rõ ràng là có, nhưng không nhất thiết phải quá mạnh.
- 20:22 Điều đó có nghĩa là việc các thị trưởng theo chủ nghĩa môi trường, hay nói đúng hơn là của đảng môi trường,
- 20:28 có giữ được nhiệm kỳ của họ hay không, tôi không xem xét chi tiết liệu điều đó có nghĩa là dân chúng
- 20:33 đang quay lưng lại với những vấn đề này hay liệu nó có liên quan đến các nguyên nhân khác.
- 20:36 Chúng ta không thể không nói đến, Jean-Marc Jancovici, về sự thụt lùi lớn đang diễn ra ở Hoa Kỳ.
- 20:42 Vì chúng ta có một tổng thống Mỹ, Donald Trump, người hoài nghi về khí hậu
- 20:46 và hôm nay sẽ bãi bỏ một văn bản nền tảng cho cuộc chiến chống biến đổi khí hậu
- 20:51 với việc bãi bỏ quy định về phát thải khí nhà kính.
- 20:55 Ông đánh giá thế nào về cuộc tấn công mới của Trump này?
- 20:59 Ông ấy đã phá hủy mọi khởi đầu chuyển đổi ở Hoa Kỳ chỉ trong chưa đầy một năm?
- 21:05 Vậy thì Hoa Kỳ, tôi không biết liệu họ đã từng bắt đầu một sự chuyển đổi nào chưa.
- 21:10 Bạn biết đấy, dưới thời Obama...
- 21:12 Ông ấy đã ký Hiệp định Paris, chẳng hạn.
- 21:14 Vâng, vâng, nhưng điều đó chỉ ràng buộc, như Pasquois đã nói, lời hứa chỉ ràng buộc những người tin vào chúng.
- 21:18 Có rất nhiều quốc gia đã ký Hiệp định Paris nhưng hoàn toàn không tuân thủ,
- 21:22 ví dụ như Tây Ban Nha, đã không tuân thủ lộ trình trong một thời gian dài và không có chuyện gì xảy ra với họ.
- 21:27 Vì vậy, vấn đề là thực tế đang diễn ra như thế nào.
- 21:33 Dưới thời Obama, sản lượng dầu mỏ ở Hoa Kỳ đã tăng 80%.
- 21:37 Vì vậy, Hoa Kỳ là một quốc gia được xây dựng bằng bạo lực trên một lãnh thổ rộng lớn, với nguồn tài nguyên khổng lồ.
- 21:45 Văn hóa Mỹ nói chung là thù địch với giới hạn toàn cầu.
- 21:49 Ý tôi là, nó là như vậy.
- 21:52 Tôi đã nói trong 10 hoặc 15 năm rằng đây sẽ là quốc gia cuối cùng nghiêm túc giải quyết vấn đề nóng lên toàn cầu.
- 21:58 Nhưng ở đây, chúng ta vẫn có cảm giác rằng Jean-Marc Jancovici...
- 22:00 Về mặt văn hóa, giới hạn là một điều không có ý nghĩa với họ.
- 22:04 Tức là, chúng ta có một tổng thống Hoa Kỳ là người hoài nghi về biến đổi khí hậu
- 22:08 và ngoài ra, ông ấy cũng đóng vai trò như một chất ức chế đối với các quốc gia khác trong cuộc chiến chống biến đổi khí hậu.
- 22:13 Ông ấy hoài nghi về biến đổi khí hậu vì 80% đảng viên Cộng hòa là người hoài nghi về biến đổi khí hậu.
- 22:17 Trump không phải là người định hình nước Mỹ.
- 22:20 Trump là hiện thân của một phần nước Mỹ.
- 22:23 Đó là cách chúng ta nên nhìn nhận.
- 22:25 Vì vậy, ở Hoa Kỳ, bạn có một sự khác biệt chính trị cực kỳ rõ rệt, tôi nhấn mạnh là cực kỳ rõ rệt,
- 22:31 về mối quan hệ với sự thật và khoa học.
- 22:34 Cực kỳ rõ rệt.
- 22:35 Điều mà chúng ta hoàn toàn không có ở đây, và may mắn thay.
- 22:38 Vì vậy, 80% đảng viên Cộng hòa là người hoài nghi về biến đổi khí hậu và 20% đảng viên Dân chủ.
- 22:43 Điều này rất rất rất rõ rệt tùy thuộc vào sự ưu tiên của đảng phái.
- 22:46 Và cách tôi nhìn nhận vấn đề này là, về cơ bản, câu chuyện này không phải là do mọi người không tin vào khoa học.
- 22:53 Mà đó là cái cớ, là vỏ bọc mà họ tìm thấy để nói rằng
- 22:56 thực ra, chương trình chính trị đi kèm với việc tôn trọng giới hạn không phù hợp với tôi.
- 23:00 Thực ra, đó mới là vấn đề thực sự.
- 23:02 Và điều đó không phù hợp với họ vì, ở Hoa Kỳ, vấn đề tôn trọng giới hạn toàn cầu
- 23:07 là một điều rất phức tạp về mặt văn hóa đối với họ.
- 23:11 Một quốc gia mà theo tôi, giống chúng ta hơn nhiều về mặt này, đó là Trung Quốc.
- 23:16 Trung Quốc là một quốc gia lâu đời đã trải qua nạn đói, bệnh tật, và được điều hành bởi các kỹ sư.
- 23:20 Và chúng ta thấy rõ rằng họ đang giải quyết vấn đề
- 23:23 theo một cách hoàn toàn khác so với Hoa Kỳ.
- 23:27 Vì vậy, Hoa Kỳ, và ở Hoa Kỳ, vì giới hạn không có ý nghĩa với họ.
- 23:31 Thực ra, Trump khá nhất quán với điều đó.
- 23:33 Và ông ấy tìm cách chiếm đoạt, bằng mọi cách có thể,
- 23:36 tất cả các nguồn lực cho phép tiếp tục lộ trình như trước đây.
- 23:39 Cảm ơn rất nhiều Jean-Marc Jancovici.
- 23:42 Tôi xin lưu ý rằng chúng tôi đã nhận được rất nhiều cuộc gọi từ các biên tập viên,
- 23:44 họ đã để lại tin nhắn cho chúng tôi về năng lượng hạt nhân.
- 23:46 Đây là một chủ đề luôn gây ra rất nhiều tranh cãi.
- 23:49 Cảm ơn quý vị đã đồng hành cùng chúng tôi sáng nay.
Cette interview avec Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, explore en profondeur la stratégie énergétique de la France, en particulier la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) et ses implications. Jancovici souligne l'inertie des systèmes énergétiques, nécessitant une planification sur le très long terme, souvent sur un siècle, et critique les hésitations politiques passées concernant le nucléaire, qui ont mené à des coûts et des retards actuels. Il aborde le virage du gouvernement vers la construction de nouveaux réacteurs EPR et l'équilibre avec les énergies renouvelables, notamment l'éolien en mer. Un point central de son analyse est la lenteur de l'électrification des usages en France. Il explique que l'électricité ne représente qu'un peu plus de 20% de l'énergie consommée, les 80% restants étant majoritairement des combustibles fossiles. Selon lui, le principal enjeu est d'électrifier massivement la mobilité, le chauffage et les processus industriels, un domaine où la France a été "trop molle". Il met en lumière l'enjeu géostratégique de la souveraineté énergétique, rappelant la forte dépendance de l'Europe et de la France aux importations de pétrole et de gaz, et évoque la "décarbonation subie" déjà à l'œuvre en Europe en raison de la contrainte sur les approvisionnements. Jancovici réfute la faisabilité de scénarios "100% nucléaire" ou "100% renouvelable" pour maintenir la civilisation industrielle actuelle, arguant que ces approches ne peuvent pas fournir les 2100 térawattheures nécessaires à la France. Il discute également de l'impact des énergies renouvelables sur l'optimisation économique des centrales nucléaires, notamment la modulation. La conversation se tourne ensuite vers une étude du Shift Project auprès de 3000 élus locaux sur l'écologie. Cette étude révèle un consensus fort parmi les maires sur l'importance de l'environnement, souvent motivé par des bénéfices locaux (cadre de vie, santé, pouvoir d'achat). Les élus constatent déjà les effets du changement climatique, comme les canicules, inondations et le retrait-gonflement des argiles. Jancovici note une moindre différenciation politique sur ces sujets au niveau local par rapport au niveau national. Enfin, il commente le climato-scepticisme aux États-Unis, notamment sous Donald Trump, qu'il perçoit comme une émanation d'une culture américaine hostile à la notion de limite globale, contrastant avec l'approche plus pragmatique de pays comme la Chine. Il conclut que la question n'est pas tant la croyance en la science que l'acceptation du programme politique associé à la décarbonation.
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