Les jardins extraordinaires de la Côte d'Azur|TF1 INFO

reportage 12:36 Source ↗ Côte d'Azur jardins botanique Parc du Mugel Domaine du Rayol villa ephrussi de rothschild
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Ce reportage explore les jardins extraordinaires de la Côte d'Azur, de La Ciotat à Èze, en passant par le Domaine du Rayol, Grasse et la Villa Ephrussi de Rothschild, révélant leur histoire, leur biodiversité unique et les défis de leur entretien.

  1. 0:00 Place à notre zoom du dimanche et si vous êtes sur la Côte d'Azur à la recherche d'un petit peu de fraîcheur, d'apaisement, rien de mieux que les jardins.
  2. 0:08 Ceux que vous allez découvrir ont aussi l'avantage de vous faire voyager avec des plantes venues du monde entier et chouchouter par leurs jardiniers.
  3. 0:17 De La Ciotta à Saint-Jacques-à-Pféra en passant par Grasse, Mathieu Perrault, Sylvain Fargeau et Philippe Fontalba.
  4. 0:24 C'est une histoire de couleurs, de contrastes, le bleu, le vert et le rouge bordeaux de notre deux-chevaux modèle Charleston.
  5. 0:38 La Côte d'Azur côté jardin, le décor d'un périple qui commence là, à La Ciotta, dans la calanque du Mugel.
  6. 0:48 Bonjour Mathis, vous êtes bien occupé, il y a du boulot dans un jardin comme ça ?
  7. 0:54 Ce parc botanique créé au 19e siècle s'étend sur 12 hectares, niché au creux d'un vallon verdoyant, ouvert sur la mer.
  8. 1:03 Une incitation à la promenade et à la rêverie portée par des odeurs et des couleurs du sud, notamment celles de ce bougainvillier.
  9. 1:12 Les fleurs sont comme des petites feuilles, le violet c'est une extension et la fleur c'est juste cette petite...
  10. 1:18 Ça c'est typiquement méditerranéen ?
  11. 1:20 Ça ça pousse très très bien, c'est typiquement de chez nous.
  12. 1:22 Il y a une plante typiquement de chez nous aussi, ce qu'on appelle le pistaché lantisque.
  13. 1:26 Ça ne fait pas des pistaches qui sont comestibles, mais si vous prenez une feuille, vous la frottez très fort dans votre main,
  14. 1:31 vous sentez, vous allez reconnaître, vous aurez l'impression d'être dans la garille.
  15. 1:35 Certaines espèces viennent de plus loin, comme cette plante du Chili, appelée le désespoir des singes, parce qu'ils ne peuvent pas s'y accrocher.
  16. 1:44 Un patrimoine naturel qu'il faut entretenir et arroser un peu pendant l'été.
  17. 1:49 Pour cela, les anciens avaient mis au point un système de récupération des eaux de pluie,
  18. 1:54 avec des murettes en forme d'entonnoirs que le jardinier nous emmène voir plus haut dans la colline.
  19. 1:59 Donc toute l'eau qui tombe là, elle est vraiment canalisée. Ils avaient maçonné aussi un petit mur en bas de ça.
  20. 2:07 Aujourd'hui, cet impluvium est en cours de rénovation, avec l'espoir que ces grands bassins puissent de nouveau se remplir avec les orages.
  21. 2:16 Il fait pratiquement un million de litres celui-là.
  22. 2:18 Un million de litres ici ?
  23. 2:19 Pratiquement, quelque chose comme ça.
  24. 2:22 Ah oui, donc si on arrive à récupérer toute l'eau de la colline...
  25. 2:25 Ça peut faire déjà de l'arrosage uniquement pour le jardin.
  26. 2:28 C'est d'autant plus important que ce jardin accueille plus de 5000 petits écoliers par an.
  27. 2:33 On va rester sur le même côté pour arriver jusqu'à la bambouserie.
  28. 2:36 Ce jour-là, des classes de maternelles venues d'Aubagne pour un jeu de pistes.
  29. 2:41 Et visiblement, les messages de sensibilisation ont bien été enregistrés.
  30. 2:47 Il ne faudra pas arracher les feuilles, pas arracher les fleurs.
  31. 2:53 Sur ces belles paroles, notre voyage continue le long du littoral, en direction du domaine du Rayol, dans le Var.
  32. 3:03 Un écrin de verdure entre le Lavandou et Saint-Tropez.
  33. 3:07 Ce jardin des Méditerranées rassemble sur un terrain de 20 hectares des paysages du monde entier, composés avec des espèces adaptées au climat provençal.
  34. 3:17 Vous avez un beau bureau.
  35. 3:18 C'est le moins qu'on puisse dire, en effet.
  36. 3:20 Notre visite commence à la pointe du Figuier, par une rencontre avec Jérémy, le botaniste en chef de ce balcon qui surplombe la mer.
  37. 3:28 C'est un jardin de paysages. Ce n'est pas un jardin botanique.
  38. 3:30 Moi, j'invite souvent le visiteur à prendre un petit peu ses mains comme ça, puis à cadrer.
  39. 3:35 Alors, ça serait un peu exagéré d'imaginer qu'à chaque fois qu'on bouge l'eau main, comme ça, effectivement, ça a été conceptualisé, mais un petit peu quand même.
  40. 3:42 Ici, en l'espace de quelques pas...
  41. 3:44 On arrive en Nouvelle-Zélande.
  42. 3:47 Je vous laisse apprécier le panorama composé par ces fameuses fougères arborescentes.
  43. 3:52 Dans ce vallon aux allures de forêt subtropicale, les plantes sont surveillées de près, en plein été, et brumisées pendant quelques minutes, matin et soir.
  44. 4:01 Et malgré ça, il y a des pertes d'année en année...
  45. 4:04 Exactement, oui, dû au réchauffement climatique.
  46. 4:08 Il y a moins d'inquiétudes, évidemment, du côté des parcelles australiennes, chiliennes ou californiennes, mieux adaptées aux périodes de canicule.
  47. 4:16 Au total, dix jardins du monde sont à découvrir ici, pour la plus grande joie des visiteurs.
  48. 4:22 Avec le bleu en fond, le vert autour, plus les couleurs des plantes qui sont en fleurs, on trouve ça magnifique.
  49. 4:31 Un écrin de nature, protégé depuis 1989.
  50. 4:35 A l'époque, les promoteurs se battaient dans l'espoir d'y construire hôtels et résidences de luxe.
  51. 4:41 Le projet a été dans les mains de tous les promoteurs de France.
  52. 4:44 Et il y a eu une association qui s'est créée, qui a milité pour empêcher que ce soit les promoteurs.
  53. 4:49 Et puis il y a eu un deal à ce moment-là avec la mairie, et donc le conservatoire du littoral a pu acheter.
  54. 4:55 Aujourd'hui, 90 000 visiteurs profitent chaque année du calme de ce domaine sur la Méditerranée.
  55. 5:02 On y passerait la journée, mais il est temps pour nous de reprendre la route.
  56. 5:07 Et de quitter un peu la côte, pour rejoindre Grasse.
  57. 5:10 C'est ici, dans la capitale mondiale des parfums, que nous attend un maître chocolatier,
  58. 5:15 venu spécialement de Saint-Rémy-de-Provence, avec une idée précise.
  59. 5:19 On va chercher les dernières oranges de la saison, parce qu'il n'y en aura plus après, ça se termine.
  60. 5:23 Et il y a un petit jardin assez extraordinaire.
  61. 5:26 Celui du musée international de la parfumerie.
  62. 5:29 C'est là, au milieu des orangées non traitées, que Joël Durand est venu capturer une senteur, une saveur.
  63. 5:36 C'est puissant.
  64. 5:38 Ça, on l'imagine assez bien dans un petit chocolat noir.
  65. 5:41 Absolument.
  66. 5:42 A l'aide de cet outil, digne d'un alchimiste, il va pouvoir isoler les molécules odorantes.
  67. 5:50 Pour justement faire comme une macération rapide, pour extraire après ce qu'on va vouloir.
  68. 5:55 Toute sa visite du jour tient dans ce petit bocal, sur lequel il va ensuite travailler chez lui.
  69. 6:00 Mais avant de quitter Grasse, le maître chocolatier embarque dans notre 2 chevaux, pour une dernière visite.
  70. 6:07 Chez sa productrice de roses.
  71. 6:16 La rose de mai, utilisée par les plus grands parfumeurs, sert donc aussi à réaliser ses chocolats.
  72. 6:23 Et Joël veut absolument avoir l'avis de Vanessa sur ce millésime 2025.
  73. 6:28 On a l'impression de mettre son nez dans la rose fraîche cueillie du matin.
  74. 6:33 C'est délicat cette année, c'est bien.
  75. 6:35 De quoi avoir le sourire, pour continuer notre périple.
  76. 6:41 Nous retrouvons le littoral, direction Saint-Jean-Cap-Ferrat,
  77. 6:46 où un lieu exceptionnel nous ouvre grand ses portes ce matin-là.
  78. 6:53 L'un des plus beaux palais de la Côte d'Azur, construit entre 1905 et 1912,
  79. 6:59 sur un sommet rocheux de la presqu'île du Cap-Ferrat.
  80. 7:04 Une villa de style renaissance italienne, raffinée et façonnée dans les moindres détails,
  81. 7:11 selon les goûts de la baronne Béatrice de Rothschild.
  82. 7:14 Une femme forte, indépendante et fortunée.
  83. 7:18 Béatrice, c'est la fille d'Alphonse de Rothschild, le plus grand banquier français du 19e siècle.
  84. 7:23 Elle décide de se faire construire une villa, parce que c'est à la mode, sur la Côte d'Azur.
  85. 7:28 C'est la belle époque sur la rivière, synonyme de luxe, d'opulence et de soleil,
  86. 7:33 particulièrement recherché pendant l'hiver.
  87. 7:48 Une villa tournée vers la mer, qui abrite l'une des plus belles collections privées d'objets d'art,
  88. 7:53 et notamment...
  89. 7:55 La vaisselle, la porcelaine.
  90. 7:57 À partir d'aujourd'hui, vous ne direz plus vaisselle.
  91. 8:00 C'est une passion Rothschild.
  92. 8:02 Ils ont tellement aimé ça qu'ils se sont fait la compétition entre eux
  93. 8:05 et ont fait monter les prix de la porcelaine à un point démentiel.
  94. 8:08 Et il faut vous imaginer qu'en 1905, une paire de très beaux vases, on va dire comme ceux-là,
  95. 8:12 ça vaut le même prix qu'un Raphaël.
  96. 8:14 Des objets rares et parfois surprenants,
  97. 8:16 comme ces petits fauteuils pour chiens dans la chambre de la baronne.
  98. 8:20 On sait qu'à Paris, en 1897, elle organise le mariage de ses caniches, Diane et Major.
  99. 8:25 En grande pompe, le Washington Post suit l'événement.
  100. 8:28 Il y a une centaine d'invités chiens, tous avec des petits souliers.
  101. 8:31 Donc évidemment, ça fait les gros titres.
  102. 8:34 Pour Béatrice, rien n'était impossible.
  103. 8:36 Même de créer un jardin à un endroit où il n'y avait rien.
  104. 8:40 Il a fallu dynamiter la roche pour aplanir ce terrain de 7 hectares
  105. 8:44 et apporter de la terre pour s'offrir un décor extraordinaire.
  106. 8:47 On prend les petits panachés qu'on va mettre sur le devant.
  107. 8:52 Aujourd'hui encore, 9 jardiniers travaillent ici quotidiennement.
  108. 8:56 C'est quand même une charge parce qu'on fait partie des plus beaux jardins de France
  109. 9:00 et on est visité, comme vous le dites, par le monde entier.
  110. 9:03 Forcément, l'erreur, non, non, c'est pas pour nous.
  111. 9:07 Voilà pourquoi Sébastien supervise tout,
  112. 9:10 avec l'aide d'André, son prédécesseur, qui partira à la retraite à la fin de l'année.
  113. 9:14 Je vois que ceux-là manquent un petit peu d'eau.
  114. 9:17 Je viens de le faire.
  115. 9:18 Parfait.
  116. 9:19 Cela fait plus de 20 ans qu'André est jardinier ici.
  117. 9:22 Il y a à faire un grand voyage et il faut se faire porter par les plantes.
  118. 9:26 Un voyage à travers 9 jardins, d'inspiration italienne, espagnole, mexicaine ou encore japonaise.
  119. 9:33 Certaines plantes ici sont centenaires.
  120. 9:36 André les connaît par cœur.
  121. 9:38 Il n'a jamais compté les heures passées à les chouchouter.
  122. 9:40 Ma femme m'a toujours dit, j'ai l'impression que ton travail, c'est une maîtresse.
  123. 9:47 Vous y passez beaucoup de temps.
  124. 9:49 Je passe beaucoup de temps et je ne pensais un peu qu'à ça.
  125. 9:52 C'est un jardin, une passion.
  126. 9:55 Une passion qui nous porte maintenant un peu plus loin.
  127. 9:59 Jusqu'au village médiéval d'Aize, perché au-dessus de la Méditerranée.
  128. 10:06 Ici, tout se fait à pied.
  129. 10:08 À 7h30, nous rencontrons Stéphane qui, comme tous les matins, monte au jardin.
  130. 10:13 Là, on est à 320 mètres et on va monter une centaine de mètres.
  131. 10:20 Le jardin exotique a été aménagé au sommet du village, sur l'emplacement d'une ancienne forteresse.
  132. 10:28 Nous avons la chance d'y pénétrer avant l'arrivée des visiteurs.
  133. 10:33 Et surprise, le sculpteur Jean-Philippe Richard est en train de refaire une beauté à l'une de ses petites protégées.
  134. 10:40 Bonjour, vous êtes déjà au travail ?
  135. 10:43 On y va tôt l'été.
  136. 10:45 Il y a 23 ans, il a posé dans le jardin une vingtaine de statues de femmes.
  137. 10:50 Elles n'ont jamais bougé.
  138. 10:52 Il en a fait don à la ville, mais il revient prendre de leurs nouvelles de temps en temps.
  139. 10:56 Elles me disent tout ce qui s'est passé.
  140. 10:59 Tout ce qu'elles ont entendu.
  141. 11:01 Elles voient beaucoup de monde et c'est quand même assez drôle.
  142. 11:04 Elles ont une des plus belles vues du monde.
  143. 11:08 Quand j'ai trouvé ce jardin, je me suis dit que c'est là qu'il faut vraiment les mettre.
  144. 11:13 Elles sortent de terre, les pieds bien ancrés et la tête dans les étoiles.
  145. 11:19 La douceur au milieu des cactus, avec leurs épines toutes différentes que ce jardinier connaît sur le bout des doigts.
  146. 11:27 Ça arrive fréquemment de se piquer ?
  147. 11:29 Oui, régulièrement.
  148. 11:31 Depuis 20 ans, quelques milliers.
  149. 11:34 C'est pour ça qu'il faut travailler doucement.
  150. 11:37 Il faut faire attention.
  151. 11:39 On a une gouge pour aller chercher les plantes un peu sèches dans les équinoctactus.
  152. 11:44 On essaie de se piquer le moins possible.
  153. 11:46 Sur 7500 mètres carrés, les espèces du monde entier se découvrent au détour des allées.
  154. 11:52 600 000 visiteurs défilent ici chaque année à la recherche de la photo parfaite ou simplement d'un moment hors du temps.
  155. 11:59 La mer, les nuages, le jardin suspendu.
  156. 12:02 On dirait un peu le jardin d'Éden.
  157. 12:05 C'est super impressionnant et beau.
  158. 12:07 Et ce n'est pas Stéphane qui dira le contraire.
  159. 12:10 Il a beau y passer des journées entières, il ne s'en lasse pas.
  160. 12:13 C'est clair que d'ici, c'est un peu le paradis.
  161. 12:16 Moi, c'est mon petit paradis sur terre.
  162. 12:18 Peut-être que je l'ai trouvé.
  163. 12:22 Voilà donc pourquoi, malgré la chaleur de l'été, Stéphane remonte à pied chaque jour, sans jamais râler, jusqu'à son balcon suspendu au-dessus de la Méditerranée.