Derrière l'image : risques, protections et alternatives... Les pesticides en questions

talk-show 12:43 Source ↗ pesticide agriculture santé néonicotinoïdes équipement de protection maladie professionnelle
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Ce reportage explore les risques liés aux pesticides pour les travailleurs agricoles, l'inefficacité des équipements de protection, le débat sur les néonicotinoïdes en France et les alternatives réussies, notamment en Slovénie, soulignant les impacts sur la santé et l'environnement.

  1. 0:00 On prend le temps, comme chaque jour, de décrypter l'info à partir de photos qui font sens.
  2. 0:04 On accueille aujourd'hui Gabrielle Maréchaux, que vous connaissez désormais, journaliste environnement à The Conversation France.
  3. 0:08 Bonjour, Gabrielle. On va regarder peut-être tout de suite un cliché.
  4. 0:11 Vous êtes venue avec cette image, image qui nous vient de Hong Kong.
  5. 0:14 Expliquez-nous de quoi il est question.
  6. 0:16 Bonjour, Elisabeth. Bonjour à tous et à toutes.
  7. 0:18 Oui, tout à fait. Alors, c'est une photo qui a été prise par un photographe de l'AFP à Hong Kong.
  8. 0:22 Alors, on y voit un employé municipal faire une pause après un travail tout bonnement harassant,
  9. 0:27 puisque ce monsieur, qui est de surcroît assez âgé, est en fait chargé d'épandre des pesticides dans les espaces verts de la ville.
  10. 0:35 Alors, pour ça, il doit travailler avec un énorme bidon de pesticides sur le dos.
  11. 0:38 Là, on le voit dans un moment de pause. Alors, il a enlevé le masque qu'il est obligé de porter,
  12. 0:41 mais il a gardé ses gants et cette combinaison.
  13. 0:44 Et c'est justement pour cette combinaison que je vous ai ramené cette photo aujourd'hui, Elisabeth.
  14. 0:48 En fait, cette combinaison, c'est un vrai calvaire au quotidien quand on travaille dans le climat de Hong Kong.
  15. 0:53 C'est chaud.
  16. 0:54 Exactement. Le même jour, le photographe de l'AFP qui a pris cette photo a pris une photo du thermomètre qui mesure l'intérieur de la combinaison.
  17. 1:01 Et on voit que c'est 32 degrés et 90% d'humidité.
  18. 1:05 Donc, c'est un peu comme si ce monsieur travaillait dans un hamam, quoi.
  19. 1:07 Ça ne fait pas rêver, effectivement. Alors, c'est sûr que ça semble extrêmement pénible.
  20. 1:10 Cette combinaison, au moins, elle est censée le protéger, j'imagine, du produit qui l'épand partout, non ?
  21. 1:16 Eh bien, c'est ce qu'on pourrait penser, mais pas nécessairement.
  22. 1:19 En fait, c'est un groupe de chercheurs français qui ont découvert ça en travaillant sur l'exposition aux pesticides des agriculteurs dans la région de Bordeaux.
  23. 1:27 Alors, pour étudier ça, ils ont mis des patchs sur la peau des agriculteurs.
  24. 1:30 Alors, dans le groupe d'agriculteurs en question, sur lequel ils ont mis des patchs juste avant que ceux-ci épandent des pesticides,
  25. 1:35 certains avaient des équipements semblables à celui de ce monsieur, qui sont obligatoires selon les réglementations françaises quand on épande des pesticides.
  26. 1:42 D'autres n'en portaient pas, parce qu'à Hong Kong, comme en France, ces combinaisons peuvent être très gênantes et encombrantes.
  27. 1:51 Et ce qu'ont découvert ces chercheurs, et qui dépasse tout bonnement l'entendement,
  28. 1:54 c'est que les personnes qui portaient des combinaisons étaient plus exposées aux pesticides que ceux qui n'en portaient pas.
  29. 2:00 Donc, complètement contre-productif, comment c'est possible ?
  30. 2:04 Eh bien, en fait, c'est à cause d'un phénomène de perméation chimique.
  31. 2:07 En fait, si vous voulez, Elisabeth, les molécules de certains pesticides peuvent traverser les combinaisons.
  32. 2:12 À l'intérieur, elles vont être dans un microcosme plein d'humidité, de sueur, de chaleur, qui vont empêcher leur évaporation.
  33. 2:18 Donc, c'est en quelque sorte comme si ces molécules étaient coincées à l'intérieur.
  34. 2:21 Et ça va donc, du coup, provoquer des contacts prolongés avec la peau.
  35. 2:25 Mais ce n'est pas tout. Ce que racontent les deux chercheurs, les deux arcotoxicologues qui ont écrit à ce sujet pour nous, pour The Conversation,
  36. 2:31 c'est que si les agriculteurs veulent respecter scrupuleusement à la lettre les réglementations,
  37. 2:36 ça peut aussi les mettre dans un danger immédiat.
  38. 2:39 Alors, ils citent le cas d'un monsieur qui, au moment de régler le pulvérisateur juste avant de dépendre les pesticides, enlève son masque.
  39. 2:46 Pourquoi est-ce qu'il enlève son masque ?
  40. 2:47 Eh bien, tout simplement parce qu'il y a de la buée sur ce masque.
  41. 2:49 Et du coup, il ne peut rien voir et se mettre en danger.
  42. 2:52 Et donc, du coup, il doit fatalement l'enlever.
  43. 2:54 Alors, c'est quand même une information importante.
  44. 2:57 J'imagine choquante pour ceux qui utilisent ces combinaisons.
  45. 3:01 Les protections qui sont obligatoires ne protègent pas vraiment.
  46. 3:03 Est-ce que cela surprend aussi les agriculteurs qui sont les premiers concernés ?
  47. 3:07 Eh bien, pas vraiment, racontent encore une fois ces deux chercheurs, Fabienne Gouty et Alain Garrigou,
  48. 3:11 qui ont fait un vrai travail colossal de terrain.
  49. 3:14 Ils rapportent dans ce travail de terrain des témoignages de compagnes d'agricultrices
  50. 3:19 qui racontent que la nuit, quand elles dorment à côté de leur conjoint,
  51. 3:22 elles peuvent reconnaître le type de pesticides qu'il a épandu la journée,
  52. 3:26 rien qu'à l'odeur de leur mari, quand bien même leur mari a pris une douche avant d'aller se coucher.
  53. 3:30 Ça ne les surprend pas vraiment.
  54. 3:32 Et ce que concluent ces deux chercheurs, c'est que si on ne prend pas en compte
  55. 3:37 les contraintes, les connaissances et le vécu de terrain de tous ces travailleurs et travailleuses
  56. 3:41 qui doivent travailler avec des agriculteurs,
  57. 3:43 eh bien, on ne pourra jamais vraiment les protéger contre les risques.
  58. 3:46 On imagine que ces risques ne sont pas sans impact sur leur santé, forcément.
  59. 3:49 Oui, tout à fait.
  60. 3:50 Alors, aujourd'hui, on sait que les agriculteurs sont particulièrement vulnérables
  61. 3:53 face à certains types de cancers, comme le cancer du colon,
  62. 3:56 le cancer du myelôme multiple, qui est un type de cancer du sang,
  63. 3:59 et les lymphômes non-otchkiens qui, eux, attaquent le système lymphatique.
  64. 4:03 Et rien que pour ce dernier type de cancer, le risque augmente jusqu'à 70%
  65. 4:07 chez les agriculteurs qui sont exposés aux pesticides.
  66. 4:11 Alors ça, c'est pour les cancers, mais il y a aussi d'autres types de maladies,
  67. 4:13 comme la maladie de Parkinson.
  68. 4:15 Là, on a diverses études qui mettent en évidence un risque qui double
  69. 4:19 chez les agriculteurs qui épandent des pesticides.
  70. 4:21 Quand on entend tout ça, on est tenté de se dire que réduire les pesticides,
  71. 4:25 au final, ça pourrait protéger les agriculteurs, non ?
  72. 4:28 Les agriculteurs sont clairement les premières victimes, en tout cas,
  73. 4:31 des ravages sanitaires potentiels des pesticides,
  74. 4:33 et ces mêmes agriculteurs demandent parfois eux-mêmes de l'aide au pouvoir public
  75. 4:37 et aussi, encore une fois, à la recherche, à la science,
  76. 4:40 pour trouver des alternatives pour leur permettant de se passer de pesticides.
  77. 4:44 Ça a été le cas en France, et on en a peu parlé, pour les néonicotinoïdes.
  78. 4:48 Alors, pour rappel, les néonicotinoïdes, qu'est-ce que c'est ?
  79. 4:51 C'est un type d'insecticide qui va attaquer le système nerveux des abeilles
  80. 4:56 et des insectes de manière plus globale.
  81. 4:58 En France, ces types d'insecticides ont été interdits en 2018,
  82. 5:01 mais cette année, la loi du plomb, à l'été, a été votée.
  83. 5:04 Elle permettait la réintroduction de certains néonicotinoïdes.
  84. 5:08 Cependant, le Conseil constitutionnel a interdit cette mesure-là dans la loi du plomb.
  85. 5:13 Aujourd'hui, du coup, où est-ce qu'on en est ?
  86. 5:15 C'est un peu un sujet brûlant en ce moment en France.
  87. 5:19 On a, d'un côté, les législateurs à l'origine de la loi du plomb
  88. 5:22 qui ont assuré qu'ils voulaient refaire des propositions de loi
  89. 5:25 pour repermettre l'autorisation des néonicotinoïdes.
  90. 5:28 On a vu aussi 2 millions de citoyens français
  91. 5:30 signer la pétition sur le site de l'Assemblée nationale
  92. 5:32 contre cette loi du plomb.
  93. 5:34 Et on a aussi, au milieu de tout ça, des agriculteurs,
  94. 5:36 notamment des betteraviers, qui, dans les médias, ont pris la parole
  95. 5:40 pour partager leur inquiétude sur leur rendement
  96. 5:43 si on ne réautorise pas les néonicotinoïdes.
  97. 5:46 Je vous propose d'en écouter un dans un reportage
  98. 5:48 qui avait été diffusé à l'époque sur France 24.
  99. 5:52 Là, il y a toute une colonie. Regardez.
  100. 5:55 Ils sont la bête noire de Nicolas de Diezbach.
  101. 5:58 Ces milliers de pucerons ravagent ses champs de betteraves sucrières.
  102. 6:02 Pour les éradiquer, une seule solution,
  103. 6:04 un insecticide aujourd'hui interdit.
  104. 6:07 Tous les autres pays européens ont le droit d'utiliser la cétamipride,
  105. 6:11 sauf la France.
  106. 6:13 Donc ça, c'est une concurrence déloyale.
  107. 6:17 C'était l'une des revendications des agriculteurs l'année dernière.
  108. 6:20 Le projet de loi débattu aujourd'hui à l'Assemblée
  109. 6:23 permettait sa réintroduction sous condition,
  110. 6:26 mais le texte devrait être largement amendé.
  111. 6:29 Ils détricotent le texte du Sénat
  112. 6:31 et rajoutent des contraintes encore pires que celles qu'on avait avant.
  113. 6:35 Dans ses parcelles de chou-fleurs, Antim Coupé fait face, lui, à la sécheresse.
  114. 6:40 La loi était censée faciliter la construction de bassines,
  115. 6:43 mais le dispositif a été retoqué.
  116. 6:45 Je pense que le ton va monter un peu plus fort
  117. 6:48 que ce qu'on a pu l'être à l'heure d'aujourd'hui.
  118. 6:51 J'ai des jeunes qui en ont plus que ras-le-bol.
  119. 6:53 L'agriculteur manifestera mercredi à Paris devant l'Assemblée nationale.
  120. 6:58 On imagine, Gabrielle, qu'il y a des solutions alternatives, non ?
  121. 7:02 Pour les néonicotinoïdes, dont parlait ce monsieur
  122. 7:05 qu'on a vu au début du reportage qui s'alarmait
  123. 7:08 du fait que lui disait qu'il n'y avait pas d'alternative
  124. 7:10 et était inquiet pour ses récoltes.
  125. 7:12 Depuis l'interdiction des néonicotinoïdes,
  126. 7:14 il y a eu des années pour les betteraves françaises
  127. 7:17 qui ont été particulièrement dures.
  128. 7:19 En 2020, les rendements étaient de moins 28%,
  129. 7:23 donc ce n'est pas rien.
  130. 7:25 Mais cette même année, des agriculteurs ont demandé
  131. 7:28 à l'Etat d'intensifier les recherches pour trouver ces alternatives.
  132. 7:32 Donc j'y viens.
  133. 7:33 Il y a des chercheurs qui travaillent d'arrache-pied
  134. 7:35 depuis plus de quatre ans sur ces alternatives,
  135. 7:38 main dans la main avec les agriculteurs
  136. 7:40 et les aides à expérimenter dans les champs ces alternatives.
  137. 7:43 Ça fait donc quatre ans,
  138. 7:45 et ce groupe de chercheurs a pu publier un premier bilan
  139. 7:50 de cela dans The Conversation.
  140. 7:52 Alors qu'est-ce qu'on peut en retenir ?
  141. 7:54 C'est qu'il n'y a pas une solution miracle,
  142. 7:56 il y a plutôt un éventail de diverses alternatives
  143. 7:59 qui sont efficaces et complémentaires.
  144. 8:01 Alors je ne vais pas pouvoir toutes vous les citer,
  145. 8:03 je vais en mentionner peut-être juste deux aujourd'hui.
  146. 8:05 Il y a par exemple ce qui concerne les repousses
  147. 8:08 et la betterave sucrière qu'on voit à l'écran.
  148. 8:10 En fait, si vous voulez, une betterave sucrière,
  149. 8:13 la bête noire des agriculteurs,
  150. 8:15 c'est le puceron parce qu'il transmet la jaunisse aux betteraves.
  151. 8:18 Mais un puceron, pour pouvoir transmettre la jaunisse à une betterave,
  152. 8:22 il faut qu'il ait auparavant sucé la sève d'une autre betterave
  153. 8:25 qui avait elle-même la jaunisse.
  154. 8:27 Donc du coup, les repousses, c'est important
  155. 8:29 parce que si toute l'année dans le champ,
  156. 8:31 il y a des betteraves potentiellement contaminées,
  157. 8:33 ça veut dire que d'une année sur l'autre,
  158. 8:34 le virus pourra toujours être présent.
  159. 8:36 Ce que disent ces chercheurs,
  160. 8:37 c'est que si on élimine les repousses de betteraves,
  161. 8:39 déjà ça minimise les risques.
  162. 8:40 Il y a aussi d'autres choses qui peuvent être faites.
  163. 8:42 Par exemple, sur les prédateurs naturels des pucerons,
  164. 8:45 des insectes comme les chrysopes,
  165. 8:47 si on plante des haies,
  166. 8:48 ça va permettre à ces prédateurs naturels du puceron de proliférer
  167. 8:52 et donc d'être des adjuvants, des agriculteurs.
  168. 8:55 Bref, il y a plein de choses qui peuvent être faites.
  169. 8:57 Mais ce que racontent ces chercheurs,
  170. 8:59 c'est que si on n'aide pas les agriculteurs,
  171. 9:01 si on ne les accompagne pas, notamment financièrement,
  172. 9:03 tout cela sera très difficile.
  173. 9:05 Ce que vous êtes en train de dire, je vous lis.
  174. 9:07 Tout ça est une question de choix et d'arbitrage politique, forcément.
  175. 9:10 Oui, tout à fait.
  176. 9:11 Où est-ce qu'on veut investir ?
  177. 9:13 C'est clairement une question qui dépasse à la fois les agriculteurs
  178. 9:15 et les scientifiques.
  179. 9:16 Et en la matière, sur la question des néonicotinoïdes,
  180. 9:19 il y a un pays dont on parle assez peu régulièrement
  181. 9:21 et qui est très intéressant.
  182. 9:23 On a tendance à dire que la France est le seul pays
  183. 9:25 qui a interdit les néonicotinoïdes en Europe.
  184. 9:27 L'agriculteur le disait lui-même dans le reportage.
  185. 9:29 Eh bien, ce n'est pas tout à fait vrai.
  186. 9:30 Il y a un pays, avant la France,
  187. 9:32 qui a interdit les néonicotinoïdes.
  188. 9:34 Je vous propose de découvrir de quel pays il s'agit
  189. 9:36 dans ce reportage qui a été diffusé sur France 24.
  190. 9:41 C'est un concentré de nature au cœur de l'Europe centrale.
  191. 9:45 La Slovénie possède le plus grand nombre
  192. 9:48 de réserves naturelles par habitant en Europe.
  193. 9:50 Ici, 38% de la surface est protégée.
  194. 9:54 Et pour préserver les abeilles, son symbole national,
  195. 9:58 le pays a été le premier du continent
  196. 10:00 à bannir les néonicotinoïdes,
  197. 10:02 ces pesticides qui agissent
  198. 10:04 sur le système nerveux des insectes.
  199. 10:08 Dans son village, à l'ouest du pays,
  200. 10:10 Ivan Atelsek est un apiculteur heureux.
  201. 10:13 Il produit 6 tonnes de miel par an.
  202. 10:18 Regardez les abeilles telles qu'on les voit ici.
  203. 10:20 Les alvéoles sont lisses,
  204. 10:22 cela veut dire qu'elles sont en parfaite santé.
  205. 10:26 Ça, c'est le miel, un miel printanier
  206. 10:28 de cerisier et d'acacia.
  207. 10:33 Aujourd'hui, ces abeilles sont en pleine forme,
  208. 10:36 mais ça n'a pas toujours été le cas.
  209. 10:38 En 2009, il a vécu ce qu'il décrit
  210. 10:40 comme un traumatisme.
  211. 10:44 Un jour, nous sommes descendus vers les ruches
  212. 10:46 pour jeter un coup d'œil.
  213. 10:48 Et là, nous avons vu toutes les abeilles tomber.
  214. 10:50 3 kg d'abeilles mortes.
  215. 10:52 3 kg par ruche.
  216. 10:56 En fait, les champs de maïs alentour
  217. 10:58 avaient été pulvérisés d'insecticides.
  218. 11:00 Au cours de ces années-là,
  219. 11:02 c'est une hécatombe.
  220. 11:04 Des millions d'abeilles meurent.
  221. 11:06 Un choc.
  222. 11:08 La Slovénie connaît encore
  223. 11:10 une vague de mortalité d'abeilles.
  224. 11:12 Dans la région de Pesnika,
  225. 11:14 un apiculteur a perdu 40 %
  226. 11:16 de ses abeilles.
  227. 11:18 Le pays décide alors
  228. 11:20 d'en finir avec ses pratiques agricoles.
  229. 11:22 Les néonicotinoïdes
  230. 11:24 deviennent interdits en 2011.
  231. 11:26 Et dans les années qui suivent,
  232. 11:28 l'usage des autres pesticides
  233. 11:30 sera réduit de moitié.
  234. 11:32 Et je précise que
  235. 11:34 depuis l'interdiction des néonicotinoïdes
  236. 11:36 en Slovénie
  237. 11:38 et de bon nombre de pesticides,
  238. 11:40 les rendements sont restés
  239. 11:42 stables au niveau agricole.
  240. 11:44 Donc ça fonctionne si on veut.
  241. 11:46 Certains pays ont donc choisi d'autres voies.
  242. 11:48 Certains agriculteurs en France
  243. 11:50 également, en cultivant sans pesticides.
  244. 11:52 Ce choix peut être motivé
  245. 11:54 par des craintes environnementales
  246. 11:56 ou par un choix fait au nom
  247. 11:58 de l'efficacité.
  248. 12:00 Oui, tout à fait.
  249. 12:02 Si on pense long terme,
  250. 12:04 très souvent,
  251. 12:06 plus on utilisera
  252. 12:08 un certain pesticide pour un certain problème,
  253. 12:10 moins il sera efficace.
  254. 12:12 Les insectes ravageurs
  255. 12:14 peuvent développer des résistances.
  256. 12:16 On parle souvent de ça en France
  257. 12:18 à propos des antibiotiques et de l'antibiorésistance.
  258. 12:20 C'est aussi un phénomène qu'on observe sur les pesticides.
  259. 12:22 Donc à long terme, mieux vaut avoir
  260. 12:24 un catalogue d'options différentes à solliciter
  261. 12:26 plutôt que de tout mettre
  262. 12:28 et de se baser uniquement
  263. 12:30 sur les pesticides.