Vincent Munier présente Le chant des forêts
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Vincent Munier présente son film "Le chant des forêts", explorant la transmission intergénérationnelle de l'amour de la nature et l'urgence de préserver les forêts face au changement climatique, notamment à travers la disparition du Grand Tétras.
- 0:00 Comment est-ce qu'on fait pour faire comme les bêtes être à notre juste place de pas trop déborder sur les autres ça ce serait quand
- 0:06 même assez génial
- 0:08 on entend un
- 0:19 C'est mon père qui est de l'autre côté c'est notre sifflement de ralliement
- 0:24 ouais ouais c'est qu'on a dans le film c'est vraiment lui
- 0:28 C'est quoi ton meilleur souvenir c'est comme j'ai vu pour la première fois le grand état
- 0:37 Ça c'était un grand moment
- 0:39 ça fait longtemps plus de 35 ans que je suis dehors à filmer les animaux à les photographier et
- 0:45 et là je me suis dit que c'était le moment c'était le moment j'approche la cinquantaine
- 0:49 d'être un relais et puis d'être ou plutôt même un trait d'union entre entre deux générations donc mon fils j'ai qu'un enfant c'est un
- 0:57 garçon qui a
- 0:58 qui a douze ans et puis mon père qui m'a tout appris en tout cas sur comment
- 1:03 se comporter comment habiter la forêt
- 1:05 comment est-ce qu'on s'efface et comment est-ce qu'on prend le temps de
- 1:09 de s'émerveiller de tout ce qu'il y a autour
- 1:11 Simon il a l'âge que j'avais
- 1:14 quand j'ai fait ma première photo j'avais douze ans
- 1:16 et il s'est passé comme un espèce d'énorme déclic grâce à une rencontre
- 1:21 avec un chevreuil où j'étais tout seul mon père était beaucoup plus loin à l'affût
- 1:25 et c'était un moment mais hallucinant qui a fait basculer le chemin de ma vie quoi
- 1:29 après j'ai vraiment consacré ma vie à essayer de revivre des instants comme celui ci
- 1:34 et tout ça pour dire que je trouvais que ce sont des âges à 12 12 ans
- 1:38 10 12 ans même 14 ans où où il se passe des choses on peut vraiment avoir comme un choc
- 1:45 et que ça oriente un peu notre vie donc voilà c'était une envie de
- 1:49 partager cet enseignement de mon père et puis d'avoir cette fraîcheur cet émerveillement cette insouciance de mon gamin
- 1:55 et moi juste un peu caché j'essaye de les filmer un peu de manière très animale
- 2:02 et tout en voilà leurs échanges au coin du feu dans une cabane et puis après sur le terrain
- 2:08 cet oiseau vivait dans les Vosges depuis plus de 10 000 ans en 50 ans j'assiste à sa disparition
- 2:16 on vit la disparition d'un oiseau totémique un oiseau qu'elle a depuis des dizaines de milliers d'années
- 2:21 donc c'est quand même pas rien c'est comme le dodo quoi c'est un oiseau qui représente la forêt le sauvage donc donc il y a
- 2:27 de quoi vraiment être complètement dans une grande tristesse et puis
- 2:30 s'effondrer franchement parce que nous le fait qu'il soit plus là c'est quand même hyper fort comme me dit mon père il en avait des
- 2:36 larmes et en même temps il y a ces notes du vivant qui sont quand même toujours là quoi il ya ce petit troglodyte qui vient
- 2:40 lui dire en gros bah ouais mais moi aussi j'existe on est il y a encore de la vie quoi et le grand tétras c'est pas parce
- 2:45 qu'il a disparu en l'occurrence
- 2:47 On a essayé de tout faire mon père et puis toute une équipe de naturalistes pour préserver son milieu sa forêt parce qu'il était exigeant
- 2:53 et en l'occurrence c'est la
- 2:56 réchauffement climatique nous on peut pas quoi c'est on est démuni par rapport à ça
- 2:59 on n'a plus d'hiver comme on avait dans les Vosges lui est armé pour le froid
- 3:03 donc il faut pas être dans un déni en disant bah voilà c'est une réalité mais de continuer à
- 3:10 protéger l'existant et puis peut-être s'armer c'est franchement le message du film qu'est ce qu'une vraie forêt sous son
- 3:17 son aspect très poétique et très contemplatif il ya quand même des messages en filigrane qui sont ceux là ce qui sont qu'est ce
- 3:22 qu'une forêt résistante avec par rapport à ce qui va nous arriver une forêt vivante une forêt qui chante en entend les petites mésanges
- 3:30 il faut qu'on travaille là dessus et c'est pour ça que l'onf en l'occurrence où les forestiers c'est aussi un hommage
- 3:35 ils ont une responsabilité comment on continue de prendre mais avec raison
- 3:40 comment est ce qu'on fait pour que nos forêts ne soient pas des champs d'arbres
- 3:44 mais que ça reste une forêt d'un bien commun pas que pour l'homme mais pour tout un ensemble d'êtres vivants
- 3:49 pour avoir cette cette résistance quoi
- 3:52 on entend
- 4:03 C'est mon père qui est de l'autre côté
- 4:06 c'est notre sifflement de ralliement
- 4:08 Ouais ouais c'est qu'on a dans le film c'est vraiment lui c'est ce qui m'a appris c'est de rentrer
- 4:14 en forêt sur la pointe des pieds discrets s'effacer
- 4:17 et donc après il ya tout un monde qui s'illumine c'est quand même assez magique
- 4:21 et donc c'est de pas être bruyant quoi et de pas parler ou de s'appeler
- 4:26 ne crier en forêt donc on utilise des voilà là c'est le sifflement du loriot qu'on utilise
- 4:31 pour essayer de se retrouver sur le terrain
- 4:34 Le monde sauvage c'est un monde invisible mais qui laisse des traces
- 4:41 Ca bouge dans le fond
- 4:44 Tu veux te réveiller dans la nuit pour écouter les chouettes ?
- 4:46 Ah non moi je veux dormir là
- 4:49 Faut qu'on aille dans le grand nord
- 4:53 Et tu penses qu'on va revoir des tétras ?
- 4:55 On a des chances de les entendre mais de les voir c'est moins sûr
- 4:58 Comment est-ce qu'on retrouve une espèce d'harmonie un respect
- 5:01 une espèce de loyauté envers tout ce qui nous entoure
- 5:03 comment est-ce qu'on fait pour faire comme les bêtes être à notre juste place
- 5:07 de pas trop déborder sur les autres
- 5:09 ça ce serait quand même assez génial
- 5:11 et qu'est-ce qui est prioritaire quoi
- 5:13 c'est pas juste que l'homme est l'homme
- 5:15 c'est revenir redescendre un peu notre piédestal
- 5:17 ça m'agace quand on parle d'une espèce
- 5:19 moi je le vois avec les gens avec qui je parle de temps en temps
- 5:22 tout de suite ils vont parler de l'espèce en fonction de leur intérêt personnel ou propre
- 5:28 mais pourquoi ?
- 5:29 elle a le droit de vivre comme ça
- 5:31 on parle du castor
- 5:32 ah bah s'il fait des dégâts il coupe des arbres
- 5:34 le renard c'est un usible il bouffe mes poules
- 5:37 le loup non c'est une saloperie on en a pas
- 5:39 nos anciens ils l'ont éradiqué c'est une bonne raison
- 5:42 mais il a son rôle
- 5:43 on est submergé on a du mal à tuer tous les sangliers
- 5:46 les ongulés qu'il y a
- 5:47 il a un rôle énorme chez nous
- 5:49 mais comment est-ce qu'on retrouve une harmonie
- 5:51 c'est un peu bateau de dire ça
- 5:53 mais comment est-ce qu'on cohabite différemment
- 5:55 sans tout de suite avoir une espèce de haine
- 5:58 envers un animal parce qu'il nous pose un problème
- 6:01 c'est quand même fou quoi
- 6:02 je trouve que notre société nous a un peu
- 6:05 un peu fracassé
- 6:06 cette capacité à se nourrir de toute cette beauté
- 6:09 de cette poésie qui nous entoure
- 6:11 s'il y avait un message ce serait de
- 6:13 de ralentir
- 6:14 d'aller dehors
- 6:15 c'est presque une nourriture un peu spirituelle dont on a tous besoin
- 6:19 franchement
- 6:20 et sans qu'on s'en rende compte elle nous fait un bien fou
- 6:22 elle nous remplit
- 6:23 et c'est ça quoi
- 6:24 c'est de donner envie d'aller dehors
- 6:25 et puis de ralentir
- 6:26 de s'émerveiller
- 6:29 c'est la première fois
- 6:33 excellent
- 6:37 regarde comme il est maladroit
- 6:38 mais j'adore
- 6:39 cette petite tête quoi
- 6:40 un vrai petit punk
- 6:41 un peu comme toi au réveil Simon
- 6:43 je pense que l'émerveillement est un levier d'action
- 6:45 pour se remplir de cette énergie là
- 6:48 et puis d'être acteur, de préserver tout ça
- 6:50 c'est un peu la magie du cinéma
- 6:52 on est entouré, on est enveloppé par des sons, des micros
- 6:55 on ne peut pas scroller
- 6:57 on ne peut pas faire x2
- 6:59 donc j'impose un rythme
- 7:01 qui est souvent quand même celui de la nature
- 7:03 on n'est pas dans le sensationnel
- 7:05 on est plutôt dans l'intime
- 7:07 et c'est sans trop de paroles
- 7:09 nous on chuchote, on murmure
- 7:11 mais on laisse la parole aux bêtes justement
- 7:13 il y a une dimension sonore qui est
- 7:15 avec les sons de nature qui est très forte
- 7:17 et on le voit mon père
- 7:18 il a toujours le regard pétillant
- 7:19 il continue à construire des cabanes
- 7:21 et des affûts à 78 ans
- 7:23 donc il a toujours cette capacité
- 7:25 à s'émerveiller et ça c'est quand même assez riche
- 7:28 et nous je pense qu'on a tous ce capital là
- 7:30 mais qui est plus ou moins endormi
- 7:32 et là c'est une tentative de le réveiller un peu
- 7:34 ouais je crois
- 7:36 et de manière sensitive
- 7:40 encore de l'histoire
- 7:49 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Dans cette présentation, Vincent Munier nous plonge au cœur de son film "Le chant des forêts", une œuvre qui explore la transmission de l'amour et du respect de la nature à travers les générations. Le film met en scène trois figures : son père, qui lui a tout appris sur la manière d'habiter la forêt, lui-même, et son fils Simon, âgé de douze ans, l'âge auquel Munier a eu son propre déclic avec la nature. Munier souligne l'importance de ces âges charnières où des rencontres marquantes peuvent orienter une vie, comme sa première photo de chevreuil qui a bouleversé son existence. Au-delà de cette dimension personnelle et familiale, le film aborde des thèmes environnementaux cruciaux. Munier évoque avec tristesse la disparition du Grand Tétras dans les Vosges, un oiseau totémique présent depuis des dizaines de milliers d'années, dont la disparition est directement liée au réchauffement climatique et à la perte des hivers froids. Cet événement sert de puissant catalyseur pour le message du film : l'urgence de protéger l'existant et de s'armer pour l'avenir. Le film interroge ce qu'est une "vraie forêt", une forêt résistante et vivante, par opposition à de simples "champs d'arbres", et rend hommage au rôle des forestiers dans cette mission. Un autre pilier du message est la nécessité de retrouver une harmonie et une loyauté envers tout ce qui nous entoure. Munier critique la tendance humaine à évaluer les espèces uniquement en fonction de nos intérêts, citant l'exemple du castor, du renard ou du loup. Il plaide pour une cohabitation différente, dénuée de haine envers les animaux qui "posent problème", et insiste sur le rôle essentiel de chaque espèce dans l'écosystème. Le film invite à ralentir, à sortir et à s'émerveiller de la beauté et de la poésie de la nature, qu'il décrit comme une "nourriture spirituelle" essentielle. Cet émerveillement est présenté comme un levier d'action pour la préservation. Munier explique également sa démarche cinématographique : imposer un rythme contemplatif, intime et non sensationnel, où les sons de la nature et les murmures des hommes laissent la "parole aux bêtes". Il admire la capacité de son père, à 78 ans, à continuer de s'émerveiller et de construire des affûts, un capital d'émerveillement que le film cherche à réveiller en chacun de nous.
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