L'intelligence animale ou comment apprendre des comportements primitifs - Matière Grise
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Ce documentaire explore les avancées scientifiques sur l'intelligence animale, révélant des capacités cognitives complexes comme le raisonnement analogique, l'empathie, la conscience de soi et l'apprentissage par imitation chez diverses espèces, remettant en question la frontière entre l'homme et l'animal.
- 0:00 Nous recherchons leur compagnie. Nous les dressons. Nous les observons. Nous les aimons aussi. Et nous les maltraitons.
- 0:16 Qu'il y a-t-il derrière ce regard sombre ? Cela reste un grand mystère.
- 0:21 Comment l'animal perçoit-il le monde qui l'entoure ? Comment interprète-t-il les événements qui lui arrivent ?
- 0:28 Comment réagit-il face à un problème ? A-t-il conscience de lui-même ? Et que pense-t-il de nous ?
- 0:35 Aujourd'hui, des avancées scientifiques remarquables nous amènent à nous interroger sur la frontière entre l'homme et l'animal.
- 0:43 Une frontière de plus en plus floue à mesure que l'on observe, chez nos amis les bêtes, des comportements que l'on pensait réservés à l'espèce humaine.
- 0:58 Le centre de primatologie du CNRS, près d'Aix-en-Provence. 29 babouins y vivent en semi-liberté.
- 1:17 Ici, on essaie de comprendre comment réfléchit un animal, grâce à une installation unique en son genre.
- 1:29 Nous avons développé notre laboratoire au sein de ces bengalos qui sont adjacents à l'enclos.
- 1:35 Et c'est à l'intérieur de ces bengalos que les animaux vont pouvoir aller librement se tester en situation de laboratoire.
- 1:41 L'animal est donc libre d'effectuer ses tests quand bon lui semble.
- 1:50 Dans ce dispositif, il y a sur l'avant un écran tactile pour lui présenter des expériences.
- 1:55 Et l'animal va devoir répondre aux expériences en touchant du doigt des stimuli qu'on lui présente sur l'écran de manière correcte.
- 2:01 Et donc le travail pour le singe consiste à donner les meilleures réponses possibles à la situation qui lui est proposée pour obtenir le maximum de récompenses alimentaires possibles.
- 2:16 La grosse originalité du dispositif qu'on utilise ici, c'est que l'animal est en réalité identifié numériquement.
- 2:22 On lui a implanté à l'intérieur du bras un tout petit élément. En fait, on appelle ça un transpondeur.
- 2:27 Et donc lorsqu'il va se présenter seul et librement à l'intérieur du système expérimental, l'ordinateur qui contrôle l'expérience va présenter l'expérience en fonction de l'identité du sujet qui se trouve à l'intérieur du système.
- 2:40 Et donc on va pouvoir comme ça présenter des protocoles expérimentaux qui soient adaptés à chaque singe et particuliers pour chaque singe.
- 2:48 Les chercheurs essaient de démontrer qu'un singe est capable de raisonner par analogie, c'est-à-dire de transférer une information d'un contexte à un autre.
- 2:58 Nous allons présenter des paires de formes à l'écran, sur l'écran tactile.
- 3:02 Imaginons par exemple que l'on présente cette première paire au singe. Cette paire est composée de deux éléments qui sont soit identiques, soit différents, ce qui est le cas ici.
- 3:12 Une fois que l'animal a touché ces stimuli, on lui présente deux autres paires.
- 3:16 Une première paire représente une relation d'identité et l'autre paire représente une relation de différence.
- 3:22 Et l'animal va devoir identifier quelle est la paire qui correspond à la première relation qu'il a vue et doit en fait la toucher.
- 3:32 A priori, on peut croire que le singe va comparer les formes et choisir la paire la plus proche de celle de départ.
- 3:39 En réalité, il va comparer la relation entre les icônes et trouver ainsi la bonne réponse.
- 3:45 Un raisonnement par analogie que l'on pensait auparavant spécifique à l'homme.
- 3:52 Les babouins du CNRS ont participé à plusieurs milliers d'essais, dont les résultats, une fois dépouillés, lèvent un coin du voile sur la manière dont l'animal fonctionne.
- 4:07 Certains singes sont capables de raisonnements complexes, mais ils ne maîtrisent pas le langage verbal.
- 4:14 En revanche, d'autres espèces sont capables d'articuler et certains sont loin d'avoir une cervelle d'oiseau.
- 4:23 Ici, on va observer un perroquet qui va parler carrément et répondre aux sollicitations d'une chercheuse célèbre américaine qui a travaillé avec lui pendant plusieurs dizaines d'années.
- 4:45 Ici, on a pu voir qu'Alex a répondu à une question relative au nombre.
- 4:50 Irene Pepperberg lui a présenté deux clés, mais elle lui a posé la question « How many ? »
- 4:56 Et Alex est capable de répondre à cette question, c'est-à-dire de numériser, de compter le nombre de clés et de répondre par le mot « to » en anglais, qui correspond, comme vous avez pu le voir, au nombre de clés qui ont été présentées.
- 5:10 « Quelle couleur est plus grande ? »
- 5:12 « Quelle couleur est plus grande ? »
- 5:13 « Bienvenue ! Oh, tu es un bon garçon ! »
- 5:17 Irene présente les deux clés à nouveau, mais elle lui pose une question un peu plus complexe.
- 5:22 Elle lui demande « Quelle couleur est plus grande ? »
- 5:26 Quelle est la couleur qui est la plus grande ?
- 5:28 Donc, il y a deux clés. Il y a une clé qui est la plus grande et vous avez tous pu voir que c'était la verte.
- 5:34 Et non seulement il maîtrise le concept de taille. Qu'est-ce que ça veut dire ? « Big » pour lui, la taille.
- 5:40 Mais en plus, il peut ordonner les objets en fonction de leur taille et nous dire quel est l'objet qui est le plus grand ici, par l'intermédiaire de la couleur qu'il maîtrise également.
- 6:05 « Regarde, dis-moi, sur la table, combien de blocs verts ? Combien de blocs verts ? »
- 6:19 Ici, ça se complique pour Alex. Voilà un plateau d'objets qu'il n'a jamais vus.
- 6:24 Dans cette question, il y a trois choses différentes.
- 6:27 Il y a le nombre, « how many ? », la couleur, « green », « vert », et le type d'objet, « block ».
- 6:35 Donc, Alex, pour pouvoir répondre à cette question, doit maîtriser trois concepts, ces trois concepts-là,
- 6:42 mais aussi pouvoir les mixer, les faire interagir les uns avec les autres pour pouvoir répondre à la question posée « Combien y a-t-il de blocs verts ? »
- 6:55 On va voir ce qu'Alex va répondre.
- 7:06 Et voilà, Alex répond correctement à la question.
- 7:09 Ici, il est important de noter que tous les objets que l'on voit sur cette vidéo qui sont présentés à Alex, il ne les connaît pas, il ne les a jamais vus.
- 7:19 On a l'impression qu'Alex réfléchit, puisqu'il n'y a pas de réflexe.
- 7:24 Il n'y a pas, comme chez un chien à qui on va dire « assis » et qui s'assied tout de suite, une réponse de type réflexe qu'on appelle une réponse conditionnée.
- 7:33 Donc, on pense qu'Alex réfléchit, qu'il a des capacités mentales qui lui permettent d'aller plus loin que le conditionnement.
- 7:42 Nous voici à Naples.
- 7:46 Barbara et Marinella sont deux chercheuses habituées de ce petit marché.
- 7:50 Elles y viennent très souvent afin d'y choisir des spécimens d'animaux pour leurs expériences.
- 7:56 En l'occurrence, elles sont à la recherche de beaux mâles, des poulpes.
- 8:00 Des animaux sauvages, tout neufs, n'ayant jamais eu aucun contact avec les hommes.
- 8:04 Enfin, avec les femmes avant ce matin.
- 8:10 « Et vous avez vu ? Le bras est dédoublé au bout, c'est un mâle.
- 8:14 Il est bifide.
- 8:16 »
- 8:18 « C'est un mâle. »
- 8:20 « C'est un mâle. »
- 8:22 « C'est un mâle. »
- 8:24 « C'est un mâle. »
- 8:26 « C'est un mâle. »
- 8:28 « C'est un mâle. »
- 8:30 « Alors on prend celui-ci.
- 8:38 Et celui-là aussi. »
- 9:00 Les heureux élus sont amenés à la station de biologie marine de Naples,
- 9:03 où on étudie les performances étonnantes de cet animal.
- 9:08 Elles sont les assistants du Dr Graziano Fiorito,
- 9:10 l'un des plus grands spécialistes mondiaux de l'intelligence des poulpes.
- 9:16 « Le poulpe est un animal complexe,
- 9:19 qui contient environ 500 millions de neurones.
- 9:23 500 millions de neurones,
- 9:25 dont 200 millions dans ce que nous appelons le cerveau,
- 9:29 et 300 millions répartis dans les huit bras,
- 9:33 dans la colonne nerveuse de ses bras,
- 9:35 qui gère les ventouses et les mouvements.
- 9:42 Il y avait une image célèbre dans les films et les livres de Cousteau
- 9:46 qui montrait qu'un poulpe pouvait ouvrir un bocal de verre
- 9:49 contenant un crustacé.
- 9:52 La littérature scientifique disait que c'était impossible
- 9:56 et qu'un poulpe ne pouvait pas apprendre à faire ça.
- 10:01 On a donc commencé par étudier 20 individus
- 10:04 pour voir qui pouvait le faire ou pas.
- 10:09 Et on a découvert que certains poulpes
- 10:11 pouvaient ouvrir directement le bocal,
- 10:14 alors que d'autres devaient s'y reprendre jusqu'à six fois.
- 10:19 À l'Institut, on a poussé le bouchon encore un peu plus loin.
- 10:35 Voici un casse-tête pour le poulpe.
- 10:38 C'est une boîte qui possède trois ouvertures
- 10:41 avec trois difficultés différentes.
- 10:44 Une que l'on tire,
- 10:46 une que l'on fait basculer
- 10:49 et ici, une que l'on tourne et puis on tire.
- 10:54 Celle-là, c'est la plus difficile.
- 10:58 Nous allons donner cette boîte à Marinelle
- 11:01 et elle va y mettre un petit crâne.
- 11:05 Ensuite, on présentera le tout à l'animal
- 11:08 qu'elle a été acheté ce matin
- 11:10 et on va voir ce qui arrive.
- 11:17 Musique intrigante
- 11:36 En principe, le crabe est la friandise préférée du poulpe.
- 11:40 Pourtant, notre nouvelle recrue se contente d'observer.
- 11:44 Il n'a pas l'air de vouloir s'aventurer à ouvrir la boîte.
- 11:51 On a vu que quand on présente la boîte
- 11:54 à un animal fraîchement pêché,
- 11:56 il manifeste peu d'intérêt.
- 12:00 Maintenant, on va présenter la boîte
- 12:03 dans un aquarium où se trouve un autre poulpe,
- 12:06 expert en ouverture, le maestre.
- 12:10 Dans l'aquarium d'à côté,
- 12:12 il y aura notre nouvelle recrue candide.
- 12:15 Et nous allons observer
- 12:17 si le fait de voir le maestre en action
- 12:20 peut influencer notre candide.
- 12:24 Au départ, les deux poulpes ne peuvent pas se voir.
- 12:27 Marinella soulève un volet opaque,
- 12:30 ce qui permet maintenant aux animaux de s'observer.
- 12:35 Musique intrigante
- 12:42 Dès que la boîte est mise à l'eau dans son aquarium,
- 12:45 Maestro se précipite.
- 12:47 Il sait depuis longtemps comment ouvrir la boîte
- 12:50 de la manière la plus rapide.
- 12:56 À côté, Candide est intrigué.
- 12:59 Il se rapproche et va se coller à la vitre pour observer.
- 13:04 Quand Maestro arrive à ses fins,
- 13:07 Candide n'en perd pas une miette.
- 13:12 Musique intrigante
- 13:21 Marinella replace maintenant le volet opaque
- 13:24 entre les deux aquariums.
- 13:26 Nous allons voir ce que Candide a retenu
- 13:29 de cette démonstration de Maestro.
- 13:33 Musique intrigante
- 13:42 Musique intrigante
- 14:00 Musique intrigante
- 14:13 Musique intrigante
- 14:24 Eh oui, les chercheurs sont contents.
- 14:27 Candide a parfaitement appris sa leçon.
- 14:30 Les poulpes sont bel et bien capables d'apprendre
- 14:33 par imitation comme les enfants humains.
- 14:38 Et tant pis pour notre caméra.
- 14:42 Musique intrigante
- 14:48 Avoir de l'empathie, c'est être capable
- 14:51 de comprendre les émotions des autres
- 14:54 et d'y réagir de façon appropriée.
- 14:57 Par exemple, en aidant une personne en difficulté.
- 15:00 C'est l'une des bases de nos sociétés humaines.
- 15:03 Musique intrigante
- 15:06 Mais qu'en est-il chez les animaux ?
- 15:09 Musique intrigante
- 15:12 Eh bien, l'empathie existerait aussi chez eux.
- 15:15 Quitte à faire mentir l'expression « tu n'es qu'un rat ».
- 15:18 Musique intrigante
- 15:21 Nous avons contacté Jean Dessety,
- 15:24 chercheur à l'université de Chicago
- 15:27 et spécialiste de l'empathie.
- 15:30 Nous pensons de plus en plus que l'empathie
- 15:33 n'est pas le propre de l'homme.
- 15:36 Les mécanismes fondamentaux de l'empathie,
- 15:39 nous les partageons avec énormément d'animaux
- 15:42 et en particulier les mammifères.
- 15:45 Pour mieux comprendre ces mécanismes,
- 15:48 Jean Dessety a tenté une série d'expériences originales
- 15:51 et ça n'a pas raté.
- 15:54 Le dispositif était très simple.
- 15:57 Dans une petite arène, un rat est emprisonné
- 16:00 dans un tube en plexiglas.
- 16:03 Il émet des signaux de détresse
- 16:06 qu'on peut capter avec des appareils.
- 16:09 Un autre rat est libéré,
- 16:12 on le met dans cet espace
- 16:15 et on peut observer avec des caméras ce qu'il va faire.
- 16:18 Ce qu'on observe, c'est que le rat va tourner,
- 16:21 va circuler autour,
- 16:24 est très intéressé par ce qui se passe,
- 16:27 va explorer tout ce dispositif
- 16:30 et va ouvrir la porte qui va pouvoir libérer son compagnon.
- 16:33 Les rats sont très sociaux,
- 16:36 ils adorent jouer entre eux
- 16:39 et quand le rat est libéré,
- 16:42 quand il sort, les deux rats jouent ensemble.
- 16:45 Ils se font des petits bisous,
- 16:48 ils jouent, ils se lèchent, ils interagissent.
- 16:51 On a pu montrer que le rat n'ouvrait pas la porte
- 16:54 si par exemple dans la petite prison en plexiglas,
- 16:57 si on mettait un faux rat en plastique
- 17:00 qui ressemble absolument,
- 17:03 le rat ne va pas ouvrir la porte.
- 17:06 Il ouvre la porte seulement si le rat qui est à l'intérieur est à peine à l'aide.
- 17:09 Le test ultime, c'était de proposer au rat un choix
- 17:12 entre une frayandise qu'il aime bien et libérer son compagnon.
- 17:15 Absolument. Comme on sait que les rats adorent le chocolat,
- 17:18 on a choisi des petits chips en chocolat
- 17:21 qu'on a mis dans un autre tube.
- 17:24 On peut ouvrir la porte, libérer son compagnon
- 17:27 ou ouvrir la porte à côté, manger le chocolat
- 17:30 et on s'est aperçu que ce que faisaient les rats,
- 17:33 c'est qu'ils libéraient leur compagnon et partageaient le chocolat.
- 17:36 Donc ça montre que c'est quelque chose qu'on pourrait penser
- 17:39 qu'il n'y a que les humains qui font ça. Non, pas du tout.
- 17:42 Les rats le font aussi.
- 17:45 Se regarder dans le miroir et prendre conscience de soi.
- 17:48 Chez les humains, ça se manifeste
- 17:51 durant la 2e année d'existence.
- 17:54 Mais une fois de plus,
- 17:57 cette capacité n'est pas seulement le propre de l'homme.
- 18:03 Il n'est pas évident de mettre en place des tests
- 18:06 pour évaluer la conscience des animaux.
- 18:09 Un des tests les plus classiques, c'est le test du miroir.
- 18:12 On va essayer de voir comment l'animal va se comporter face à un miroir.
- 18:15 Ici, l'expérimentateur est situé derrière un miroir sans teint
- 18:18 et on essaie de voir comment se comporte l'éléphant.
- 18:21 On lui a placé une croix au niveau de la tête,
- 18:24 naturellement qu'il ne sent pas, on a mis un système anesthésique
- 18:27 et on observe que quand l'éléphant se rapproche du miroir,
- 18:30 il touche la croix, ce qui laisse penser
- 18:33 qu'il a conscience de son image, de sa propre existence face au miroir.
- 18:39 L'hypothèse est donc de dire que les éléphants
- 18:42 pourraient être conscients de leur propre existence
- 18:45 en tant qu'individus, ce qu'on appelle la conscience de soi.
- 18:48 C'est démontré chez très peu d'espèces,
- 18:51 les grands singes, les éléphants, on l'a vu,
- 18:54 des mammifères marins, comme le dauphin,
- 18:57 chez qui on a pu montrer l'existence de cette réaction
- 19:00 qui prouverait qu'au moins cet individu-là
- 19:03 est conscient de sa propre existence.
- 19:15 Un des comportements assez troublants
- 19:18 que l'on observe chez certaines espèces de mammifères,
- 19:21 notamment de mammifères supérieurs,
- 19:24 c'est le comportement face à la mort.
- 19:27 Ici, on observe une femelle dauphin
- 19:30 qui a mis bas un petit dauphin qui est mort à la naissance
- 19:33 et au lieu d'abandonner le petit dauphin,
- 19:36 elle a gardé ce dauphin que l'on voit ici, le bébé,
- 19:39 sur sa nageoire dorsale et elle s'est promenée
- 19:42 pendant quasiment une journée avec ce dauphin sur son dos.
- 19:45 Il n'est pas évident d'interpréter ce genre de résultat,
- 19:48 mais on peut se dire que peut-être la femelle a refusé
- 19:51 de quitter ce petit avec qui elle avait probablement
- 19:54 un certain attachement et donc elle l'est restée
- 19:57 pendant plusieurs heures en contact avec elle.
- 20:00 On peut se poser la question que le sentiment de deuil
- 20:03 pourrait aussi exister chez certaines espèces de mammifères,
- 20:06 en tout cas les mammifères les plus évoluées,
- 20:09 les mammifères les plus évoluées,
- 20:12 ce serait bien plus proche de l'espèce humaine
- 20:15 que ce que beaucoup de personnes le pensent.
- 20:18 Et il y en a bien d'autres des comportements d'animaux
- 20:21 qui ressemblent à ceux que l'on trouve chez les hommes.
- 20:24 Prenons ce corbeau par exemple.
- 20:27 Il essaie d'extraire de la nourriture placée au fond d'un tube en verre.
- 20:30 Il n'y arrive pas, malgré la tige qu'il utilise.
- 20:33 Pour y parvenir, il va se mettre à tordre la tige
- 20:36 pour façonner son outil de façon plus efficace.
- 20:52 Et le tour est joué.
- 20:55 Dans l'expérience suivante, on va susciter la jalousie
- 20:58 chez des capucins.
- 21:01 Le singe de gauche doit donner un caillou.
- 21:04 En échange, il reçoit un morceau de concombre.
- 21:10 Le singe de droite doit lui aussi donner un caillou,
- 21:13 mais il reçoit lui du résa.
- 21:16 Ce que son compagnon de gauche ne manque pas de remarquer.
- 21:19 On lui demande à nouveau un caillou
- 21:22 et il reçoit à nouveau du concombre.
- 21:25 Et voyez sa réaction maintenant.
- 21:35 Si l'empathie existe chez les animaux,
- 21:38 le sentiment d'injustice aussi.
- 21:52 Dans cette dernière expérience,
- 21:55 on a placé de la nourriture sur le chariot vert à gauche de l'image.
- 21:58 Le dispositif ne permet pas à un éléphant seul
- 22:01 de tirer la nourriture à lui.
- 22:04 Il doit donc attendre qu'un congénère arrive
- 22:07 pour travailler en équipe avec lui.
- 22:13 Et deux éléphants s'attirent énormément.
- 22:16 L'espèce humaine a toujours considéré les animaux
- 22:19 comme des espèces inférieures,
- 22:22 qu'on pouvait utiliser un peu comme on voulait.
- 22:25 Et donc le fait qu'à l'heure actuelle,
- 22:28 les animaux ont une conscience nous fait prendre conscience
- 22:31 qu'on ne doit pas les gérer de la même manière
- 22:34 que ce qu'on fait à l'heure actuelle pour la nourriture ou l'expérimentation animale.
- 22:58 Sous-titrage Société Radio-Canada
Ce reportage scientifique, intitulé "L'intelligence animale ou comment apprendre des comportements primitifs", explore les frontières de plus en plus floues entre l'homme et l'animal, à la lumière de découvertes scientifiques récentes. Il s'interroge sur la perception du monde par les animaux, leur capacité à interpréter les événements, à résoudre des problèmes, et leur conscience d'eux-mêmes.
Le documentaire présente plusieurs études fascinantes. Au centre de primatologie du CNRS près d'Aix-en-Provence, des babouins en semi-liberté participent à des expériences uniques sur écran tactile. Grâce à un système d'identification numérique, les chercheurs démontrent que ces singes sont capables de raisonner par analogie, une compétence autrefois jugée propre à l'espèce humaine, en transférant des informations d'un contexte à un autre.
Ensuite, le reportage met en lumière les capacités linguistiques et cognitives exceptionnelles d'Alex, un perroquet célèbre qui a travaillé avec la chercheuse Irene Pepperberg. Alex démontre sa capacité à compter, à identifier des couleurs et des tailles, et même à combiner ces concepts pour répondre à des questions complexes sur des objets inconnus, prouvant une réflexion au-delà du simple conditionnement.
À Naples, les recherches du Dr Graziano Fiorito sur les poulpes révèlent leur intelligence remarquable. Ces animaux, dotés de 500 millions de neurones, sont capables d'ouvrir des bocaux et des boîtes complexes. Le documentaire montre comment un poulpe "candide" apprend à résoudre un casse-tête en observant un "maestro" expert, illustrant l'apprentissage par imitation, similaire à celui des enfants humains.
Le concept d'empathie est également abordé à travers les expériences de Jean Dessety de l'université de Chicago sur les rats. Ces études montrent que les rats sont capables de libérer un congénère en détresse, allant même jusqu'à prioriser cette action sur l'obtention de chocolat, et ne réagissent pas à un faux rat en plastique, suggérant une véritable empathie.
Enfin, le documentaire explore la conscience de soi à travers le test du miroir, démontré chez les éléphants, les grands singes et les dauphins. Il aborde également des comportements troublants comme le deuil chez les dauphins (une mère portant son petit mort-né) et la fabrication d'outils chez les corbeaux. Des expériences sur les singes capucins révèlent un sens de l'injustice, et sur les éléphants, une capacité à la coopération. Ces découvertes remettent en question la vision traditionnelle des animaux comme des êtres inférieurs et appellent à une réévaluation de nos interactions avec eux.
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