L'intelligence animale ou comment apprendre des comportements primitifs - Matière Grise

documentary 23:14 Source ↗ intelligence animale cognition animale comportement animal babouins perroquets poulpes
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Ce documentaire explore les avancées scientifiques sur l'intelligence animale, révélant des capacités cognitives complexes comme le raisonnement analogique, l'empathie, la conscience de soi et l'apprentissage par imitation chez diverses espèces, remettant en question la frontière entre l'homme et l'animal.

  1. 0:00 Nous recherchons leur compagnie. Nous les dressons. Nous les observons. Nous les aimons aussi. Et nous les maltraitons.
  2. 0:16 Qu'il y a-t-il derrière ce regard sombre ? Cela reste un grand mystère.
  3. 0:21 Comment l'animal perçoit-il le monde qui l'entoure ? Comment interprète-t-il les événements qui lui arrivent ?
  4. 0:28 Comment réagit-il face à un problème ? A-t-il conscience de lui-même ? Et que pense-t-il de nous ?
  5. 0:35 Aujourd'hui, des avancées scientifiques remarquables nous amènent à nous interroger sur la frontière entre l'homme et l'animal.
  6. 0:43 Une frontière de plus en plus floue à mesure que l'on observe, chez nos amis les bêtes, des comportements que l'on pensait réservés à l'espèce humaine.
  7. 0:58 Le centre de primatologie du CNRS, près d'Aix-en-Provence. 29 babouins y vivent en semi-liberté.
  8. 1:17 Ici, on essaie de comprendre comment réfléchit un animal, grâce à une installation unique en son genre.
  9. 1:29 Nous avons développé notre laboratoire au sein de ces bengalos qui sont adjacents à l'enclos.
  10. 1:35 Et c'est à l'intérieur de ces bengalos que les animaux vont pouvoir aller librement se tester en situation de laboratoire.
  11. 1:41 L'animal est donc libre d'effectuer ses tests quand bon lui semble.
  12. 1:50 Dans ce dispositif, il y a sur l'avant un écran tactile pour lui présenter des expériences.
  13. 1:55 Et l'animal va devoir répondre aux expériences en touchant du doigt des stimuli qu'on lui présente sur l'écran de manière correcte.
  14. 2:01 Et donc le travail pour le singe consiste à donner les meilleures réponses possibles à la situation qui lui est proposée pour obtenir le maximum de récompenses alimentaires possibles.
  15. 2:16 La grosse originalité du dispositif qu'on utilise ici, c'est que l'animal est en réalité identifié numériquement.
  16. 2:22 On lui a implanté à l'intérieur du bras un tout petit élément. En fait, on appelle ça un transpondeur.
  17. 2:27 Et donc lorsqu'il va se présenter seul et librement à l'intérieur du système expérimental, l'ordinateur qui contrôle l'expérience va présenter l'expérience en fonction de l'identité du sujet qui se trouve à l'intérieur du système.
  18. 2:40 Et donc on va pouvoir comme ça présenter des protocoles expérimentaux qui soient adaptés à chaque singe et particuliers pour chaque singe.
  19. 2:48 Les chercheurs essaient de démontrer qu'un singe est capable de raisonner par analogie, c'est-à-dire de transférer une information d'un contexte à un autre.
  20. 2:58 Nous allons présenter des paires de formes à l'écran, sur l'écran tactile.
  21. 3:02 Imaginons par exemple que l'on présente cette première paire au singe. Cette paire est composée de deux éléments qui sont soit identiques, soit différents, ce qui est le cas ici.
  22. 3:12 Une fois que l'animal a touché ces stimuli, on lui présente deux autres paires.
  23. 3:16 Une première paire représente une relation d'identité et l'autre paire représente une relation de différence.
  24. 3:22 Et l'animal va devoir identifier quelle est la paire qui correspond à la première relation qu'il a vue et doit en fait la toucher.
  25. 3:32 A priori, on peut croire que le singe va comparer les formes et choisir la paire la plus proche de celle de départ.
  26. 3:39 En réalité, il va comparer la relation entre les icônes et trouver ainsi la bonne réponse.
  27. 3:45 Un raisonnement par analogie que l'on pensait auparavant spécifique à l'homme.
  28. 3:52 Les babouins du CNRS ont participé à plusieurs milliers d'essais, dont les résultats, une fois dépouillés, lèvent un coin du voile sur la manière dont l'animal fonctionne.
  29. 4:07 Certains singes sont capables de raisonnements complexes, mais ils ne maîtrisent pas le langage verbal.
  30. 4:14 En revanche, d'autres espèces sont capables d'articuler et certains sont loin d'avoir une cervelle d'oiseau.
  31. 4:23 Ici, on va observer un perroquet qui va parler carrément et répondre aux sollicitations d'une chercheuse célèbre américaine qui a travaillé avec lui pendant plusieurs dizaines d'années.
  32. 4:45 Ici, on a pu voir qu'Alex a répondu à une question relative au nombre.
  33. 4:50 Irene Pepperberg lui a présenté deux clés, mais elle lui a posé la question « How many ? »
  34. 4:56 Et Alex est capable de répondre à cette question, c'est-à-dire de numériser, de compter le nombre de clés et de répondre par le mot « to » en anglais, qui correspond, comme vous avez pu le voir, au nombre de clés qui ont été présentées.
  35. 5:10 « Quelle couleur est plus grande ? »
  36. 5:12 « Quelle couleur est plus grande ? »
  37. 5:13 « Bienvenue ! Oh, tu es un bon garçon ! »
  38. 5:17 Irene présente les deux clés à nouveau, mais elle lui pose une question un peu plus complexe.
  39. 5:22 Elle lui demande « Quelle couleur est plus grande ? »
  40. 5:26 Quelle est la couleur qui est la plus grande ?
  41. 5:28 Donc, il y a deux clés. Il y a une clé qui est la plus grande et vous avez tous pu voir que c'était la verte.
  42. 5:34 Et non seulement il maîtrise le concept de taille. Qu'est-ce que ça veut dire ? « Big » pour lui, la taille.
  43. 5:40 Mais en plus, il peut ordonner les objets en fonction de leur taille et nous dire quel est l'objet qui est le plus grand ici, par l'intermédiaire de la couleur qu'il maîtrise également.
  44. 6:05 « Regarde, dis-moi, sur la table, combien de blocs verts ? Combien de blocs verts ? »
  45. 6:19 Ici, ça se complique pour Alex. Voilà un plateau d'objets qu'il n'a jamais vus.
  46. 6:24 Dans cette question, il y a trois choses différentes.
  47. 6:27 Il y a le nombre, « how many ? », la couleur, « green », « vert », et le type d'objet, « block ».
  48. 6:35 Donc, Alex, pour pouvoir répondre à cette question, doit maîtriser trois concepts, ces trois concepts-là,
  49. 6:42 mais aussi pouvoir les mixer, les faire interagir les uns avec les autres pour pouvoir répondre à la question posée « Combien y a-t-il de blocs verts ? »
  50. 6:55 On va voir ce qu'Alex va répondre.
  51. 7:06 Et voilà, Alex répond correctement à la question.
  52. 7:09 Ici, il est important de noter que tous les objets que l'on voit sur cette vidéo qui sont présentés à Alex, il ne les connaît pas, il ne les a jamais vus.
  53. 7:19 On a l'impression qu'Alex réfléchit, puisqu'il n'y a pas de réflexe.
  54. 7:24 Il n'y a pas, comme chez un chien à qui on va dire « assis » et qui s'assied tout de suite, une réponse de type réflexe qu'on appelle une réponse conditionnée.
  55. 7:33 Donc, on pense qu'Alex réfléchit, qu'il a des capacités mentales qui lui permettent d'aller plus loin que le conditionnement.
  56. 7:42 Nous voici à Naples.
  57. 7:46 Barbara et Marinella sont deux chercheuses habituées de ce petit marché.
  58. 7:50 Elles y viennent très souvent afin d'y choisir des spécimens d'animaux pour leurs expériences.
  59. 7:56 En l'occurrence, elles sont à la recherche de beaux mâles, des poulpes.
  60. 8:00 Des animaux sauvages, tout neufs, n'ayant jamais eu aucun contact avec les hommes.
  61. 8:04 Enfin, avec les femmes avant ce matin.
  62. 8:10 « Et vous avez vu ? Le bras est dédoublé au bout, c'est un mâle.
  63. 8:14 Il est bifide.
  64. 8:16 »
  65. 8:18 « C'est un mâle. »
  66. 8:20 « C'est un mâle. »
  67. 8:22 « C'est un mâle. »
  68. 8:24 « C'est un mâle. »
  69. 8:26 « C'est un mâle. »
  70. 8:28 « C'est un mâle. »
  71. 8:30 « Alors on prend celui-ci.
  72. 8:38 Et celui-là aussi. »
  73. 9:00 Les heureux élus sont amenés à la station de biologie marine de Naples,
  74. 9:03 où on étudie les performances étonnantes de cet animal.
  75. 9:08 Elles sont les assistants du Dr Graziano Fiorito,
  76. 9:10 l'un des plus grands spécialistes mondiaux de l'intelligence des poulpes.
  77. 9:16 « Le poulpe est un animal complexe,
  78. 9:19 qui contient environ 500 millions de neurones.
  79. 9:23 500 millions de neurones,
  80. 9:25 dont 200 millions dans ce que nous appelons le cerveau,
  81. 9:29 et 300 millions répartis dans les huit bras,
  82. 9:33 dans la colonne nerveuse de ses bras,
  83. 9:35 qui gère les ventouses et les mouvements.
  84. 9:42 Il y avait une image célèbre dans les films et les livres de Cousteau
  85. 9:46 qui montrait qu'un poulpe pouvait ouvrir un bocal de verre
  86. 9:49 contenant un crustacé.
  87. 9:52 La littérature scientifique disait que c'était impossible
  88. 9:56 et qu'un poulpe ne pouvait pas apprendre à faire ça.
  89. 10:01 On a donc commencé par étudier 20 individus
  90. 10:04 pour voir qui pouvait le faire ou pas.
  91. 10:09 Et on a découvert que certains poulpes
  92. 10:11 pouvaient ouvrir directement le bocal,
  93. 10:14 alors que d'autres devaient s'y reprendre jusqu'à six fois.
  94. 10:19 À l'Institut, on a poussé le bouchon encore un peu plus loin.
  95. 10:35 Voici un casse-tête pour le poulpe.
  96. 10:38 C'est une boîte qui possède trois ouvertures
  97. 10:41 avec trois difficultés différentes.
  98. 10:44 Une que l'on tire,
  99. 10:46 une que l'on fait basculer
  100. 10:49 et ici, une que l'on tourne et puis on tire.
  101. 10:54 Celle-là, c'est la plus difficile.
  102. 10:58 Nous allons donner cette boîte à Marinelle
  103. 11:01 et elle va y mettre un petit crâne.
  104. 11:05 Ensuite, on présentera le tout à l'animal
  105. 11:08 qu'elle a été acheté ce matin
  106. 11:10 et on va voir ce qui arrive.
  107. 11:17 Musique intrigante
  108. 11:36 En principe, le crabe est la friandise préférée du poulpe.
  109. 11:40 Pourtant, notre nouvelle recrue se contente d'observer.
  110. 11:44 Il n'a pas l'air de vouloir s'aventurer à ouvrir la boîte.
  111. 11:51 On a vu que quand on présente la boîte
  112. 11:54 à un animal fraîchement pêché,
  113. 11:56 il manifeste peu d'intérêt.
  114. 12:00 Maintenant, on va présenter la boîte
  115. 12:03 dans un aquarium où se trouve un autre poulpe,
  116. 12:06 expert en ouverture, le maestre.
  117. 12:10 Dans l'aquarium d'à côté,
  118. 12:12 il y aura notre nouvelle recrue candide.
  119. 12:15 Et nous allons observer
  120. 12:17 si le fait de voir le maestre en action
  121. 12:20 peut influencer notre candide.
  122. 12:24 Au départ, les deux poulpes ne peuvent pas se voir.
  123. 12:27 Marinella soulève un volet opaque,
  124. 12:30 ce qui permet maintenant aux animaux de s'observer.
  125. 12:35 Musique intrigante
  126. 12:42 Dès que la boîte est mise à l'eau dans son aquarium,
  127. 12:45 Maestro se précipite.
  128. 12:47 Il sait depuis longtemps comment ouvrir la boîte
  129. 12:50 de la manière la plus rapide.
  130. 12:56 À côté, Candide est intrigué.
  131. 12:59 Il se rapproche et va se coller à la vitre pour observer.
  132. 13:04 Quand Maestro arrive à ses fins,
  133. 13:07 Candide n'en perd pas une miette.
  134. 13:12 Musique intrigante
  135. 13:21 Marinella replace maintenant le volet opaque
  136. 13:24 entre les deux aquariums.
  137. 13:26 Nous allons voir ce que Candide a retenu
  138. 13:29 de cette démonstration de Maestro.
  139. 13:33 Musique intrigante
  140. 13:42 Musique intrigante
  141. 14:00 Musique intrigante
  142. 14:13 Musique intrigante
  143. 14:24 Eh oui, les chercheurs sont contents.
  144. 14:27 Candide a parfaitement appris sa leçon.
  145. 14:30 Les poulpes sont bel et bien capables d'apprendre
  146. 14:33 par imitation comme les enfants humains.
  147. 14:38 Et tant pis pour notre caméra.
  148. 14:42 Musique intrigante
  149. 14:48 Avoir de l'empathie, c'est être capable
  150. 14:51 de comprendre les émotions des autres
  151. 14:54 et d'y réagir de façon appropriée.
  152. 14:57 Par exemple, en aidant une personne en difficulté.
  153. 15:00 C'est l'une des bases de nos sociétés humaines.
  154. 15:03 Musique intrigante
  155. 15:06 Mais qu'en est-il chez les animaux ?
  156. 15:09 Musique intrigante
  157. 15:12 Eh bien, l'empathie existerait aussi chez eux.
  158. 15:15 Quitte à faire mentir l'expression « tu n'es qu'un rat ».
  159. 15:18 Musique intrigante
  160. 15:21 Nous avons contacté Jean Dessety,
  161. 15:24 chercheur à l'université de Chicago
  162. 15:27 et spécialiste de l'empathie.
  163. 15:30 Nous pensons de plus en plus que l'empathie
  164. 15:33 n'est pas le propre de l'homme.
  165. 15:36 Les mécanismes fondamentaux de l'empathie,
  166. 15:39 nous les partageons avec énormément d'animaux
  167. 15:42 et en particulier les mammifères.
  168. 15:45 Pour mieux comprendre ces mécanismes,
  169. 15:48 Jean Dessety a tenté une série d'expériences originales
  170. 15:51 et ça n'a pas raté.
  171. 15:54 Le dispositif était très simple.
  172. 15:57 Dans une petite arène, un rat est emprisonné
  173. 16:00 dans un tube en plexiglas.
  174. 16:03 Il émet des signaux de détresse
  175. 16:06 qu'on peut capter avec des appareils.
  176. 16:09 Un autre rat est libéré,
  177. 16:12 on le met dans cet espace
  178. 16:15 et on peut observer avec des caméras ce qu'il va faire.
  179. 16:18 Ce qu'on observe, c'est que le rat va tourner,
  180. 16:21 va circuler autour,
  181. 16:24 est très intéressé par ce qui se passe,
  182. 16:27 va explorer tout ce dispositif
  183. 16:30 et va ouvrir la porte qui va pouvoir libérer son compagnon.
  184. 16:33 Les rats sont très sociaux,
  185. 16:36 ils adorent jouer entre eux
  186. 16:39 et quand le rat est libéré,
  187. 16:42 quand il sort, les deux rats jouent ensemble.
  188. 16:45 Ils se font des petits bisous,
  189. 16:48 ils jouent, ils se lèchent, ils interagissent.
  190. 16:51 On a pu montrer que le rat n'ouvrait pas la porte
  191. 16:54 si par exemple dans la petite prison en plexiglas,
  192. 16:57 si on mettait un faux rat en plastique
  193. 17:00 qui ressemble absolument,
  194. 17:03 le rat ne va pas ouvrir la porte.
  195. 17:06 Il ouvre la porte seulement si le rat qui est à l'intérieur est à peine à l'aide.
  196. 17:09 Le test ultime, c'était de proposer au rat un choix
  197. 17:12 entre une frayandise qu'il aime bien et libérer son compagnon.
  198. 17:15 Absolument. Comme on sait que les rats adorent le chocolat,
  199. 17:18 on a choisi des petits chips en chocolat
  200. 17:21 qu'on a mis dans un autre tube.
  201. 17:24 On peut ouvrir la porte, libérer son compagnon
  202. 17:27 ou ouvrir la porte à côté, manger le chocolat
  203. 17:30 et on s'est aperçu que ce que faisaient les rats,
  204. 17:33 c'est qu'ils libéraient leur compagnon et partageaient le chocolat.
  205. 17:36 Donc ça montre que c'est quelque chose qu'on pourrait penser
  206. 17:39 qu'il n'y a que les humains qui font ça. Non, pas du tout.
  207. 17:42 Les rats le font aussi.
  208. 17:45 Se regarder dans le miroir et prendre conscience de soi.
  209. 17:48 Chez les humains, ça se manifeste
  210. 17:51 durant la 2e année d'existence.
  211. 17:54 Mais une fois de plus,
  212. 17:57 cette capacité n'est pas seulement le propre de l'homme.
  213. 18:03 Il n'est pas évident de mettre en place des tests
  214. 18:06 pour évaluer la conscience des animaux.
  215. 18:09 Un des tests les plus classiques, c'est le test du miroir.
  216. 18:12 On va essayer de voir comment l'animal va se comporter face à un miroir.
  217. 18:15 Ici, l'expérimentateur est situé derrière un miroir sans teint
  218. 18:18 et on essaie de voir comment se comporte l'éléphant.
  219. 18:21 On lui a placé une croix au niveau de la tête,
  220. 18:24 naturellement qu'il ne sent pas, on a mis un système anesthésique
  221. 18:27 et on observe que quand l'éléphant se rapproche du miroir,
  222. 18:30 il touche la croix, ce qui laisse penser
  223. 18:33 qu'il a conscience de son image, de sa propre existence face au miroir.
  224. 18:39 L'hypothèse est donc de dire que les éléphants
  225. 18:42 pourraient être conscients de leur propre existence
  226. 18:45 en tant qu'individus, ce qu'on appelle la conscience de soi.
  227. 18:48 C'est démontré chez très peu d'espèces,
  228. 18:51 les grands singes, les éléphants, on l'a vu,
  229. 18:54 des mammifères marins, comme le dauphin,
  230. 18:57 chez qui on a pu montrer l'existence de cette réaction
  231. 19:00 qui prouverait qu'au moins cet individu-là
  232. 19:03 est conscient de sa propre existence.
  233. 19:15 Un des comportements assez troublants
  234. 19:18 que l'on observe chez certaines espèces de mammifères,
  235. 19:21 notamment de mammifères supérieurs,
  236. 19:24 c'est le comportement face à la mort.
  237. 19:27 Ici, on observe une femelle dauphin
  238. 19:30 qui a mis bas un petit dauphin qui est mort à la naissance
  239. 19:33 et au lieu d'abandonner le petit dauphin,
  240. 19:36 elle a gardé ce dauphin que l'on voit ici, le bébé,
  241. 19:39 sur sa nageoire dorsale et elle s'est promenée
  242. 19:42 pendant quasiment une journée avec ce dauphin sur son dos.
  243. 19:45 Il n'est pas évident d'interpréter ce genre de résultat,
  244. 19:48 mais on peut se dire que peut-être la femelle a refusé
  245. 19:51 de quitter ce petit avec qui elle avait probablement
  246. 19:54 un certain attachement et donc elle l'est restée
  247. 19:57 pendant plusieurs heures en contact avec elle.
  248. 20:00 On peut se poser la question que le sentiment de deuil
  249. 20:03 pourrait aussi exister chez certaines espèces de mammifères,
  250. 20:06 en tout cas les mammifères les plus évoluées,
  251. 20:09 les mammifères les plus évoluées,
  252. 20:12 ce serait bien plus proche de l'espèce humaine
  253. 20:15 que ce que beaucoup de personnes le pensent.
  254. 20:18 Et il y en a bien d'autres des comportements d'animaux
  255. 20:21 qui ressemblent à ceux que l'on trouve chez les hommes.
  256. 20:24 Prenons ce corbeau par exemple.
  257. 20:27 Il essaie d'extraire de la nourriture placée au fond d'un tube en verre.
  258. 20:30 Il n'y arrive pas, malgré la tige qu'il utilise.
  259. 20:33 Pour y parvenir, il va se mettre à tordre la tige
  260. 20:36 pour façonner son outil de façon plus efficace.
  261. 20:52 Et le tour est joué.
  262. 20:55 Dans l'expérience suivante, on va susciter la jalousie
  263. 20:58 chez des capucins.
  264. 21:01 Le singe de gauche doit donner un caillou.
  265. 21:04 En échange, il reçoit un morceau de concombre.
  266. 21:10 Le singe de droite doit lui aussi donner un caillou,
  267. 21:13 mais il reçoit lui du résa.
  268. 21:16 Ce que son compagnon de gauche ne manque pas de remarquer.
  269. 21:19 On lui demande à nouveau un caillou
  270. 21:22 et il reçoit à nouveau du concombre.
  271. 21:25 Et voyez sa réaction maintenant.
  272. 21:35 Si l'empathie existe chez les animaux,
  273. 21:38 le sentiment d'injustice aussi.
  274. 21:52 Dans cette dernière expérience,
  275. 21:55 on a placé de la nourriture sur le chariot vert à gauche de l'image.
  276. 21:58 Le dispositif ne permet pas à un éléphant seul
  277. 22:01 de tirer la nourriture à lui.
  278. 22:04 Il doit donc attendre qu'un congénère arrive
  279. 22:07 pour travailler en équipe avec lui.
  280. 22:13 Et deux éléphants s'attirent énormément.
  281. 22:16 L'espèce humaine a toujours considéré les animaux
  282. 22:19 comme des espèces inférieures,
  283. 22:22 qu'on pouvait utiliser un peu comme on voulait.
  284. 22:25 Et donc le fait qu'à l'heure actuelle,
  285. 22:28 les animaux ont une conscience nous fait prendre conscience
  286. 22:31 qu'on ne doit pas les gérer de la même manière
  287. 22:34 que ce qu'on fait à l'heure actuelle pour la nourriture ou l'expérimentation animale.
  288. 22:58 Sous-titrage Société Radio-Canada