Comment améliorer le bien-être des animaux d'élevage ? - Science En Questions
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Cette émission explore comment la science, notamment via les recherches de l'ANSES, contribue à améliorer le bien-être des animaux d'élevage, en définissant objectivement le concept, mesurant son impact et informant les consommateurs.
- 0:00 Ces dernières années, le bien-être des animaux est devenu une préoccupation de plus en plus importante pour une large partie des Français.
- 0:06 Cette demande des consommateurs fait petit à petit évoluer les pratiques, mais aussi les connaissances,
- 0:10 car la science a aussi son rôle à jouer pour éclairer les décisions et améliorer notre compréhension du bien-être des animaux.
- 0:16 Mais comment définir le bien-être d'un animal ? Comment le mesurer de manière objective dans un élevage ?
- 0:21 Et comment mieux informer les consommateurs ?
- 0:23 Dans un instant, on reçoit deux spécialistes de l'ANSES qui travaillent précisément sur ces questions.
- 0:29 On découvre ça juste après le générique, c'est parti !
- 0:45 Salut à toutes et à tous, on est heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission consacrée au bien-être des animaux d'élevage.
- 0:51 Et aujourd'hui, pour en discuter, nous avons le plaisir de recevoir Maryse Guigne-Bretière.
- 0:55 Bonjour Maryse !
- 0:56 Bonjour Jean !
- 0:57 Bienvenue sur le plateau !
- 0:58 Alors vous travaillez à l'ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail,
- 1:05 où vous êtes chargée de projet scientifique sur le bien-être animal.
- 1:09 Alors Maryse, le bien-être animal, c'est un sujet dont on entend parler de plus en plus ces dernières années.
- 1:14 Mais depuis quand finalement l'ANSES travaille dessus ?
- 1:17 Alors l'ANSES fait de la recherche sur le bien-être animal, sur des espèces variées,
- 1:22 depuis une trentaine d'années, même peut-être un peu plus.
- 1:25 Par contre, l'expertise en soi, vraiment a commencé en 2012.
- 1:29 Ok, donc l'agence a vraiment deux rôles sur cette question-là ?
- 1:33 Oui c'est ça. La recherche fournit des éléments pour l'expertise,
- 1:37 et l'expertise en fait c'est vraiment, le cadre c'est vraiment de répondre à des questions qui lui sont posées,
- 1:43 et donc de répondre scientifiquement avec un panel d'experts.
- 1:46 Alors le concept de bien-être animal, ça ne date pas de hier, c'est un peu comme le travail de l'ANSES sur cette question-là.
- 1:51 La définition a évolué depuis que le concept a été inventé.
- 1:56 Aujourd'hui est-ce qu'on a une définition scientifique précise de ce qu'est le bien-être animal ?
- 2:01 Tout à fait, effectivement elle a vraiment évolué avec les années,
- 2:05 et là en fait depuis 2018, l'ANSES a défini le bien-être animal de manière très précise.
- 2:11 Donc le bien-être animal, le bien-être d'un animal est défini comme l'état mental et physique positif,
- 2:17 lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux,
- 2:21 et ainsi que de ses attentes qui peuvent varier en fonction de la situation, de la perception de la situation par l'animal.
- 2:27 Ok, donc si je comprends bien, on se contente plus simplement de lui apporter les éléments de base,
- 2:32 donc de l'eau, de la nourriture et un abri ?
- 2:35 C'est ça, on ne se satisfait pas seulement de ses besoins physiologiques,
- 2:39 et donc d'apporter des éléments qui permettent de satisfaire ses besoins physiologiques,
- 2:43 mais également on fait en sorte qu'il ait un ressenti des émotions qui ne soient pas négatives et qui soient même plutôt positives.
- 2:50 Ok, c'est un changement de point de vue par rapport à ce qu'on avait l'intention de faire ?
- 2:53 Exactement, ça va plus loin en fait, et l'ANSES a été vraiment précurseur sur ce point de vue-là,
- 2:58 sur cette thématique d'aller plus loin effectivement.
- 3:01 Alors avant l'enregistrement de cette émission, on a testé les connaissances du public sur le sujet,
- 3:06 on a demandé à nos followers sur Instagram s'ils savaient depuis quand les animaux
- 3:10 ne sont plus considérés comme des objets dans le code civil.
- 3:13 On a 4 propositions, donc la réponse A 1960, réponse B 1985, C 1999 ou D 2015.
- 3:23 On va regarder ce que les gens ont répondu.
- 3:27 On voit qu'en grande majorité, ils ont répondu 2015 à 49%.
- 3:30 Alors Maryse, quelle est la bonne réponse ?
- 3:32 C'est 1999 pour cette question-là précisément.
- 3:35 Je pense comprendre pourquoi les gens ont plus répondu en 2015,
- 3:39 parce que ça correspond en fait à l'année où, dans le code civil,
- 3:42 l'animal a été statué comme un être doué de sensibilité.
- 3:48 D'accord, donc en fait il y a eu plusieurs étapes dans l'évolution de cette...
- 3:51 Exactement, dans le droit animal, dans le code civil.
- 3:54 Et aujourd'hui, c'est quoi la tendance en France et plus largement en Europe ?
- 3:58 Est-ce qu'il y a une vraie demande sociétale pour une meilleure prise en compte du bien-être animal ?
- 4:04 Tout à fait. En fait, on le voit notamment par une initiative citoyenne
- 4:09 qui a eu lieu récemment au niveau européen,
- 4:14 qui a recueilli beaucoup de signatures,
- 4:17 qui demandait la fin des élevages en cage par exemple.
- 4:20 Alors maintenant que les choses sont un peu plus claires,
- 4:22 on va découvrir les recherches que vous menez à l'Anses
- 4:24 pour évaluer le bien-être des animaux d'élevage.
- 4:27 C'est le Science en Action.
- 4:28 Alors Maryse, vous menez vos recherches au laboratoire de Ploufragan en Bretagne.
- 4:33 Est-ce que le laboratoire s'est spécialisé sur certains animaux plus que d'autres ?
- 4:38 Alors oui, c'est ça. Le laboratoire de Ploufragan, c'est un...
- 4:42 En fait, il y a trois laboratoires.
- 4:44 Il y a Plouzané, à côté de Brest, et Nyorre.
- 4:46 Et celui de Ploufragan s'est spécialisé sur les volailles et les porcs.
- 4:50 En ce qui me concerne plus précisément,
- 4:52 vous vous menez vos travaux de recherche sur les volailles et les porcs.
- 4:56 Quels sont les principaux objectifs de vos travaux de recherche ?
- 4:59 Alors, il y a plusieurs objectifs.
- 5:01 Tout d'abord, c'est d'évaluer différents systèmes d'élevage.
- 5:05 Donc des nouveaux systèmes ou des systèmes actuels,
- 5:09 mais avec des pratiques qu'on peut faire évoluer sur le bien-être animal.
- 5:13 Également, de limiter les mutilations et les choses qu'on peut infliger aux animaux.
- 5:19 Et troisièmement, c'est de travailler sur les nouveaux indicateurs
- 5:22 Et troisièmement, c'est de travailler sur les nouveaux indicateurs
- 5:25 à développer des indicateurs sur le bien-être animal.
- 5:28 En fait, c'est une science qui évolue tout le temps
- 5:30 et on a besoin de nouveaux indicateurs très souvent.
- 5:33 Alors, on va en discuter en détail, mais avant,
- 5:35 je voudrais peut-être...
- 5:36 On ne se rend pas forcément compte de ce que ça peut être
- 5:38 peut-être un élevage avicole.
- 5:40 Est-ce que vous pourriez nous décrire à quoi ça ressemble ?
- 5:42 On a peut-être l'image de la ferme traditionnelle avec la base cour,
- 5:45 mais bon, on est assez loin de ça finalement.
- 5:47 Oui, en fait, bon déjà, il y a plusieurs types d'élevage avicole.
- 5:51 Il y a les élevages pour les poulets de chair et les élevages pour les poules pondeuses.
- 5:55 Donc, pour les poulets de chair,
- 5:58 70% des poulets de chair sont élevés de manière standard.
- 6:03 Donc voilà, exactement comme on peut voir sur la photo.
- 6:06 La plupart des élevages n'ont pas de lumière naturelle,
- 6:08 mais ça vient de plus en plus,
- 6:10 justement pour apporter du bien-être aux animaux
- 6:14 et également à l'éleveur d'ailleurs.
- 6:17 Donc ça, c'est plutôt les poulets de chair standard.
- 6:19 Donc ça, c'est une grosse proportion des élevages français.
- 6:21 On a également des élevages où les poulets peuvent aller dehors,
- 6:24 donc c'est ce qu'on appelle le plein air.
- 6:26 Ça peut être du bio, du label rouge, voilà.
- 6:29 Et concernant les poules pondeuses ?
- 6:30 Et concernant les poules pondeuses,
- 6:31 donc là, on a différents types d'élevages aussi.
- 6:34 Alors effectivement, les élevages où les poules vont dehors
- 6:38 et sont un tout petit nombre, ça n'existe pas.
- 6:40 Ça existe très peu, on va dire.
- 6:41 On a vu là, il y avait beaucoup.
- 6:42 Voilà, c'est souvent des élevages avec beaucoup d'animaux
- 6:45 et à peu près un tiers des poules sont élevées en cage,
- 6:49 donc avec des cages qui sont les unes sur les autres.
- 6:53 Et puis après, le reste, on a des élevages en volière, au sol,
- 6:57 et puis ceux qui vont en plein air.
- 6:59 Ça, c'est des volières.
- 7:01 Les poules élevées en cage, c'est ça qu'on appelle l'élevage en batterie ?
- 7:03 Oui, c'est ça.
- 7:04 C'est ça ce qu'on appelle les poules en batterie.
- 7:06 Donc il faut bien comprendre que les poulets sont élevés au sol,
- 7:09 uniquement au sol, jamais en batterie, jamais en cage.
- 7:12 Et donc les poules, elles, par contre, peuvent être élevées en cage et en volière,
- 7:16 comme on voit à l'image.
- 7:18 Alors pour évaluer le bien-être des volailles,
- 7:20 vous utilisez une approche multicritère.
- 7:22 Qu'est-ce que vous regardez exactement ?
- 7:24 Quels sont les critères que vous prenez en compte ?
- 7:26 Oui, c'est ça.
- 7:27 En fait, le bien-être, c'est vraiment multicritère.
- 7:32 On évalue le comportement de l'animal dans son environnement,
- 7:35 à savoir est-ce qu'il peut exprimer des comportements spécifiques de l'espèce ?
- 7:39 Est-ce qu'il a des comportements anormaux ?
- 7:41 On a également une étude du comportement pour étudier ses réactions face à des tests
- 7:46 qu'on leur fait subir.
- 7:48 Et puis il y a également des aspects physiologiques,
- 7:51 le stress, des hormones, etc.
- 7:53 On peut aussi également étudier les performances zootechniques.
- 7:59 Ça veut dire quoi exactement ?
- 8:01 Donc c'est par exemple le taux de ponte, la croissance du poulet, voilà.
- 8:05 Et on a d'autres aspects qu'on essaye de mesurer également maintenant,
- 8:10 par exemple sur le microbiote incestinal.
- 8:13 On peut aussi avoir d'impact du bien-être sur le microbiote incestinal.
- 8:16 Donc vraiment, ça ouvre à d'autres champs.
- 8:19 Et par exemple, chez les poules, à quoi on peut s'attendre
- 8:22 ou qu'est-ce qu'on recherche comme comportement normaux, habituel ?
- 8:26 Chez la poule pondeuse, on s'attend à ce qu'elle puisse exprimer des comportements,
- 8:32 des besoins comportementaux.
- 8:34 Et donc par exemple, c'est de pouvoir pondre dans un nid,
- 8:37 de pouvoir faire des bains de poussière,
- 8:39 de pouvoir se percher et marcher, faire des volets.
- 8:44 C'est bourrifé.
- 8:46 Voilà, c'est bourrifé, explorer son environnement,
- 8:49 donc avoir suffisamment de place pour pouvoir explorer
- 8:51 et avoir des interactions sociales aussi.
- 8:53 C'est très important pour ces animaux.
- 8:54 Ça, c'est un bon indicateur.
- 8:55 Oui, tout à fait.
- 8:56 Alors vous disiez que vous comparez des dispositifs différents.
- 9:01 À l'intérieur de ces dispositifs, on trouve des enrichissements.
- 9:04 Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est et à quoi ça sert ?
- 9:07 En fait, l'animal, s'il a un environnement appauvri,
- 9:13 juste à manger et à boire,
- 9:16 il ne va pas pouvoir exprimer ses comportements,
- 9:18 il ne va pas avoir le choix dans ce qu'il a envie d'exprimer.
- 9:21 Et donc, on apporte des choses supplémentaires à juste la brevoire et la mangeoire,
- 9:27 ce qu'on appelle les enrichissements.
- 9:28 Par exemple ?
- 9:29 Donc par exemple, ça peut être des perchoirs, ça peut être des balleaux de paille,
- 9:32 ça peut être des objets pour qu'il puisse picorer,
- 9:35 prendre des éléments et puis pouvoir les disposer où il a envie.
- 9:38 Ce sont vraiment des petites choses qui modifient l'environnement ?
- 9:40 C'est ça, voilà.
- 9:41 Donc ça permet de les occuper et puis surtout de satisfaire leurs besoins comportementaux.
- 9:46 Et donc, le but de vos recherches, c'est justement d'estimer, d'évaluer l'impact de ces…
- 9:51 C'est ça, d'évaluer si vraiment l'apport de tel ou tel enrichissement
- 9:54 a vraiment un impact positif sur le bien-être.
- 9:56 Parce qu'on peut mettre des choses, répondre et cocher au fait qu'on a amené des choses différentes,
- 10:02 des enrichissements, mais s'ils ne sont pas utilisés,
- 10:04 ça n'a pas d'intérêt.
- 10:05 Par exemple, là, on voit… Quel type d'enrichissement on voit ici ?
- 10:08 Donc ça, c'est une plateforme.
- 10:10 Donc ça permet aux animaux de se percher.
- 10:12 Donc là, c'est des poulets de chair.
- 10:13 Et en fait, les poulets de chair, ils ont un poids quand même très important par rapport à leur taille.
- 10:18 Donc ils ont un peu plus de mal à se percher, certains types de poulets,
- 10:21 à se percher sur des petits perchoirs comme on pourrait avoir sur des poules.
- 10:24 Donc on leur permet de se mettre en hauteur.
- 10:27 C'est vraiment un besoin pour eux, de se mettre en hauteur.
- 10:29 Ça permet…
- 10:30 De se protéger.
- 10:31 Voilà, de se protéger, de se sentir à l'abri.
- 10:33 Et donc, ils aiment pouvoir se mettre un petit peu en hauteur comme ça.
- 10:36 Voilà, ils ont l'air d'apporter parce qu'ils sont nombreux dessus.
- 10:38 Voilà, exactement, exactement.
- 10:40 Donc il y a toute une façon de voir ces plateformes, la hauteur, la pente,
- 10:45 le type de matériaux, etc.
- 10:47 Donc les recherches, en fait…
- 10:48 Il ne suffit pas de mettre quelque chose de suspendu au sol.
- 10:52 Non, ça ne suffit pas parce que, voilà, selon la hauteur,
- 10:54 selon si ça bouge ou pas, etc., la surface…
- 10:57 Et alors, on commence à le voir, mais vous menez vos travaux dans un lieu un peu spécial.
- 11:01 C'est une ferme-laboratoire, on pourrait dire ?
- 11:04 Oui, c'est ce qu'on appelle une station expérimentale.
- 11:06 Effectivement, à l'ANSES de Poufraguin, on est doté d'une station
- 11:10 avec des dispositifs qui nous permettent de faire de la recherche
- 11:14 de manière très satisfaisante puisqu'on a à disposition des bâtiments
- 11:18 qui ont plusieurs salles, qui répètent en fait des mini-élevages.
- 11:22 C'est très similaire à ce qu'on peut retrouver dans…
- 11:24 C'est très similaire, mais en version plus petite.
- 11:27 Donc c'est ce qu'on appelle une échelle semi-commerciale.
- 11:30 Et on peut… L'avantage, c'est qu'on peut répéter,
- 11:32 on peut avoir plusieurs dispositifs.
- 11:34 Donc dans une même salle, on va avoir jusqu'à 8 unités.
- 11:38 Et donc on peut répéter et voir l'effet sur plusieurs groupes d'animaux.
- 11:42 À l'inverse d'une situation en élevage commercial,
- 11:47 où on va avoir un élevage, si on le compare à un autre,
- 11:49 il y aura plein d'autres facteurs qui vont impacter.
- 11:52 Là, dans une station expérimentale, on peut vraiment tout contrôler
- 11:55 et ne faire varier que ce qu'on recherche à tester.
- 11:58 Oui, vous avez vraiment la main sur l'aménagement, le dispositif…
- 12:01 Voilà, tout à fait.
- 12:02 Donc là, c'est vraiment des bâtiments qui ont été créés pour la recherche,
- 12:05 mais qui, ses vertus, ont vraiment ressemblé à ce qu'on trouve sur le terrain quand même.
- 12:10 Très bien.
- 12:11 Alors, on va s'intéresser un peu plus précisément à un type d'enrichissement.
- 12:15 C'est le jardin d'hiver.
- 12:17 Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est et à quoi ça sert ?
- 12:21 Quel est l'intérêt pour les poules ?
- 12:23 Alors, le jardin d'hiver, c'est une espèce de pré-eau
- 12:27 qui est fermée, grillagée,
- 12:30 ce qui empêche les animaux de la faune sauvage de rentrer
- 12:33 et de répandre des maladies qu'on pourrait retrouver dans un parcours.
- 12:38 On a quelques images pour montrer un peu à quoi ça ressemble.
- 12:41 Vous allez nous les décrire.
- 12:42 D'accord.
- 12:43 C'est ce qu'on voit là ?
- 12:44 Voilà, c'est ça.
- 12:45 En fait, depuis l'intérieur du bâtiment qui se trouve à gauche,
- 12:48 les poulets peuvent sortir et avoir accès à cette terre qui est supplémentaire.
- 12:52 Ça leur laisse le choix de rester à l'intérieur ou de sortir.
- 12:55 C'est déjà positif.
- 12:56 Et ensuite, à l'extérieur, ils ont un air frais,
- 12:59 un air avec de la lumière naturelle
- 13:02 et beaucoup plus d'espace, évidemment,
- 13:04 puisque c'est un espace supplémentaire à ce qu'ils trouvent à l'intérieur.
- 13:07 Donc, on peut également ajouter une litière différente,
- 13:09 des enregistrements, etc.
- 13:11 Donc, c'est vraiment bénéfique pour le bien-être animal.
- 13:15 Et en plus de ça, ça répond à la demande sociétale
- 13:18 de voir des animaux qui puissent aller dehors.
- 13:21 Oui, parce que là, c'est eux qui choisissent.
- 13:22 C'est ça, de sortir.
- 13:24 C'est ça.
- 13:25 Mais tout en étant protégés des maladies qu'on peut retrouver
- 13:28 ou des prédateurs à l'extérieur.
- 13:30 Ou même du soleil.
- 13:32 Aussi, exactement.
- 13:33 Voilà.
- 13:34 Et là, les images que vous voyez,
- 13:35 c'est dans cette fameuse station expérimentale.
- 13:37 Oui, voilà.
- 13:38 Tout à fait.
- 13:39 Alors, en pratique, comment vous testez l'effet, justement,
- 13:42 de ce jardin d'hiver
- 13:44 et comment vous mesurez l'impact sur le bien-être des poulets ?
- 13:48 Alors là, notamment, par exemple, sur cette expérimentation,
- 13:52 on a fait toute une bêterie de tests.
- 13:55 On a mis la moitié des animaux qui avaient accès à ce jardin d'hiver,
- 13:59 l'autre qui n'avait pas accès.
- 14:01 Après, on fait varier, par exemple, l'âge de sortie.
- 14:04 On ne l'a pas fait cette fois-ci,
- 14:06 mais on pourrait imaginer par la suite
- 14:08 faire varier les dispositifs qu'on peut mettre dehors,
- 14:11 dans ce jardin d'hiver.
- 14:13 La souche, la génétique, le type de poulet.
- 14:18 Et en fonction, voir justement...
- 14:20 Alors là, on va vérifier s'ils utilisent bien le jardin d'hiver,
- 14:23 donc on met des caméras, on observe en direct,
- 14:25 on compte le nombre d'animaux, à quel moment ils sortent.
- 14:28 Et puis, on peut, après, en plus, ce qu'on a fait,
- 14:31 faire des tests comportementaux
- 14:33 pour évaluer si ça a une influence sur leur état émotionnel.
- 14:38 Et puis après, on regarde aussi ce qu'ils y font dans ce jardin d'hiver,
- 14:41 quels comportements ils font exactement,
- 14:44 s'ils sont différents de ce qui se fait à l'intérieur.
- 14:47 Une autre curiosité, comment on mesure l'état émotionnel d'un poulet, par exemple ?
- 14:50 Alors, on a plusieurs manières de le faire.
- 14:53 L'état émotionnel, ça veut dire aussi beaucoup de choses,
- 14:56 mais on peut mesurer la peur,
- 14:59 donc la réactivité face à de la nouveauté, par exemple.
- 15:02 Donc, on va mettre un objet nouveau ou un humain,
- 15:05 qu'ils n'ont jamais vu.
- 15:07 Donc, soit dans leur parquet, soit on fait en dehors.
- 15:10 Et puis, on regarde le nombre d'animaux qui s'approchent,
- 15:13 tout simplement, la vitesse à laquelle ils vont s'approcher, etc.
- 15:16 Ça, c'est le test de réactivité.
- 15:19 Et ça, c'est les fameux tests comportementaux que vous disiez que vous faites en parallèle.
- 15:22 En dehors de l'observation in situ des animaux.
- 15:25 Vous m'aviez parlé du test du détour,
- 15:28 en préparant l'émission. En quoi ça consiste ?
- 15:31 Alors, en fait, là, l'animal est placé derrière un v,
- 15:34 où il peut voir ses congénères qui se trouvent à distance.
- 15:40 Et on enlève la première planche qui se trouve en bas de l'écran.
- 15:45 Et à ce moment-là, l'animal doit contourner le dispositif en v
- 15:50 pour rejoindre ses congénères. Il est censé être motivé à rejoindre ses congénères.
- 15:54 Et donc, là, on mesure la motivation à retrouver ses congénères.
- 15:58 Mais on mesure aussi la cognition que l'animal a de ce dispositif.
- 16:03 Il doit perdre de vue son objectif et donc contourner le dispositif.
- 16:08 Donc, c'est des tests qui paraissent assez simples,
- 16:11 mais ça permet de mesurer quand même pas mal de choses.
- 16:13 Et c'est des choses que j'imagine que vous répétez avec différents poulets
- 16:16 pour avoir finalement des statistiques à la fin sur quel type de comportement.
- 16:21 C'est là qu'effectivement, si on le fait que sur 3-4 poulets,
- 16:24 on va donner une réponse qui n'est pas viable.
- 16:26 Donc, on le répète. C'est assez variable d'un individu à l'autre.
- 16:29 C'est la complexité des comportements.
- 16:31 Et donc, on le répète sur beaucoup, beaucoup d'animaux.
- 16:33 Et à la fin, on voit statistiquement s'il y a des différences.
- 16:36 J'imagine que c'est beaucoup de temps passé derrière les caméras
- 16:39 à regarder les enregistrements, à noter tel poulet à tel endroit.
- 16:42 D'ailleurs, comment vous les repérez ?
- 16:45 Oui, c'est ça.
- 16:47 Après, on n'a pas forcément besoin de les repérer.
- 16:50 On prend un lot d'animaux et on les fait tous passer.
- 16:53 Mais on a aussi parfois besoin de les repérer.
- 16:56 Et là, on leur met soit des marques sur le dos avec un marqueur,
- 17:00 soit on leur enfile une sorte de poncho ou de dossard avec un numéro.
- 17:05 Et ça nous permet en caméra de pouvoir les suivre.
- 17:09 On va voir maintenant les résultats que vous avez obtenus.
- 17:12 On a deux images à montrer, deux graphiques.
- 17:15 Je voudrais que vous puissiez nous les commenter pour expliquer ces résultats-là.
- 17:18 Alors là, par exemple, qu'est-ce qu'on voit ?
- 17:21 Alors là, par exemple, c'est un graphique qui montre à gauche le nombre d'animaux.
- 17:26 Et donc, objet, ça veut dire que c'est un test qui a été réalisé face à un objet nouveau,
- 17:32 comme je l'expliquais.
- 17:33 Et là, on a le nombre d'animaux qui s'est rapproché de l'objet,
- 17:36 que ce soit en milieu.
- 17:37 Alors là, ce n'était pas avec les jardins d'hiver.
- 17:39 C'était un milieu enrichi.
- 17:40 Donc, on avait mis vraiment beaucoup d'enrichissement dans le milieu
- 17:43 versus un environnement classique témoin.
- 17:47 Et donc là, on voit que les animaux en milieu enrichi,
- 17:51 ont été plus nombreux à se rapprocher de l'objet nouveau que les animaux témoins.
- 17:56 Et en fait, on a fait exactement la même chose chez l'humain, avec un humain, pardon.
- 18:00 Mais pourquoi pas ? Peut-être que vous plaissez avec humain.
- 18:04 Et donc, un humain qu'il ne connaissait pas.
- 18:06 Et on voit aussi une augmentation du nombre d'animaux qui s'est rapproché de l'humain.
- 18:10 Là, c'est juste un exemple.
- 18:11 Normalement, on rajoute des statistiques qui vont avec.
- 18:14 Et là, je peux vous le dire, c'était statistiquement...
- 18:17 Donc, c'est vraiment probant.
- 18:18 Oui, là, c'était différent.
- 18:19 Et on l'a répété plusieurs fois avec différents lots, etc.
- 18:23 Et on a toujours eu ce résultat.
- 18:25 Alors, on a un autre graphique, je voudrais qu'on regarde.
- 18:28 Dans cette expérimentation-là,
- 18:30 on testait encore une fois le milieu très enrichi et le milieu standard.
- 18:35 Donc, on avait beaucoup de répétitions avec des enrichissements
- 18:39 et beaucoup de répétitions sans enrichissement.
- 18:41 Et on comparait l'activité des animaux,
- 18:43 le comportement des animaux in situ, dans leur environnement.
- 18:47 Et donc là, par exemple, on peut s'apercevoir sur ces différents critères.
- 18:51 Le nombre d'animaux debout, le pourcentage d'animaux debout,
- 18:54 qui marchent, qui courent, qui explorent,
- 18:56 est plus important dans les milieux enrichis.
- 18:58 Systématiquement, en plus.
- 18:59 Voilà, là, ça tombe bien, j'ai donné ce graphique.
- 19:02 Mais de manière générale, dans cette expérimentation,
- 19:05 on avait vraiment des résultats très intéressants.
- 19:07 Donc, on arrive vraiment à faire ressortir des comportements différents
- 19:10 quand on est dans un milieu avec de la nouveauté et des problèmes spécifiques.
- 19:14 Voilà, c'est des choses qui leur permettent d'exprimer.
- 19:16 Leurs comportements, en fait, favorisent en plus des comportements
- 19:19 qui sont ciblés par les enrichissements.
- 19:21 Donc, par exemple, un perchoir, une plateforme, comme on a vu.
- 19:23 En dehors de ces enrichissements,
- 19:25 on a vu que dans des zones neutres autres,
- 19:28 on avait une augmentation des autres comportements exploratoires,
- 19:32 d'activités, ce qu'on cherche à faire aussi.
- 19:34 Alors, spécifiquement pour le jardin d'hiver,
- 19:36 qu'est-ce que vous avez obtenu comme résultat ?
- 19:38 Alors, pour le jardin d'hiver, on a observé que les animaux
- 19:41 qui étaient dehors, qui avaient choisi d'aller dehors,
- 19:43 faisaient beaucoup plus de comportements de jeu, de course.
- 19:47 Voilà, on les voit à la volée, enfin, courir.
- 19:51 Il y a des comportements positifs de jeu.
- 19:54 Effectivement, on est beaucoup plus en locomotion,
- 19:57 debout, etc., qu'à l'intérieur,
- 19:59 et que ceux qui n'avaient pas accès du tout au jardin d'hiver.
- 20:02 Donc là, on a vraiment des comportements très différents
- 20:04 qui peuvent être liés à cet accès à un air frais,
- 20:08 à de la lumière, etc., et aussi certainement
- 20:10 à un accès à une surface supplémentaire.
- 20:12 Et alors, concernant les animaux que vous utilisez,
- 20:15 finalement, est-ce que pareil, vous étudiez leur bien-être,
- 20:19 mais est-ce que vous, j'imagine que vous faites attention
- 20:21 à leur bien-être, vous faites en sorte
- 20:23 qu'ils soient dans de bonnes conditions ?
- 20:25 Qu'est-ce que vous...
- 20:26 Alors, comme tout établissement qui fait de l'expérimentation animale,
- 20:30 on est suivi par une structure sur le bien-être animal,
- 20:34 et on doit déposer nos projets, nos protocoles
- 20:37 à un comité d'éthique.
- 20:38 Et donc, on doit garantir des règles
- 20:42 qui permettent d'optimiser le bien-être des animaux
- 20:46 qu'on expérimente.
- 20:47 Donc là, on a des règles bien précises,
- 20:49 et on est un comité d'éthique qui suit ça
- 20:52 de manière très régulière.
- 20:54 Merci beaucoup, Maryse.
- 20:56 Alors, le bien-être animal, c'est un sujet
- 20:58 qui fait beaucoup parler,
- 20:59 et pas mal d'idées reçues circulent sur le sujet.
- 21:02 On fait le point ensemble avec un vrai ou faux.
- 21:08 Alors, le principe est simple.
- 21:09 On va afficher trois affirmations les unes après les autres,
- 21:13 et puis on va vous demander de nous apporter la bonne réponse,
- 21:16 donc de savoir si c'est vrai ou faux.
- 21:18 À la maison, vous pouvez jouer.
- 21:20 On vous laissera cinq petites secondes.
- 21:21 Ça va être assez court pour trouver la bonne réponse.
- 21:24 Alors, on commence avec la première affirmation.
- 21:27 Je la lis.
- 21:28 Tous les animaux d'élevage ont les mêmes besoins
- 21:31 en matière de bien-être.
- 21:33 Alors, avec ce qu'on vient de raconter,
- 21:35 on peut peut-être avoir une petite idée
- 21:37 de savoir si c'est vrai ou faux.
- 21:39 Maryse ?
- 21:40 Eh bien, non, pas du tout.
- 21:41 On a vu que le bien-être est lié
- 21:44 à leurs besoins comportementaux et physiologiques,
- 21:46 et donc les besoins comportementaux
- 21:48 ne sont pas les mêmes selon l'espèce.
- 21:50 J'ai parlé des poules qui ont besoin de se percher.
- 21:52 Le poulet a besoin de se mettre en hauteur, par exemple.
- 21:55 Et voilà, on a des bains de poussière,
- 21:57 des choses comme ça,
- 21:58 qu'on ne retrouve pas dans d'autres espèces.
- 22:00 Alors, on passe à l'affirmation numéro deux.
- 22:02 Une production importante est synonyme
- 22:04 de bien-être de l'animal.
- 22:06 Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?
- 22:09 Ça n'est pas vrai.
- 22:12 En fait, c'est une production importante.
- 22:14 Une baisse de production va indiquer
- 22:16 un problème de santé et peut-être de bien-être.
- 22:19 A l'inverse, une bonne productivité,
- 22:21 une bonne production,
- 22:22 donc un taux de ponte très bon,
- 22:24 ne va pas forcément être synonyme
- 22:26 de bien-être de la poupondeuse.
- 22:28 Et parfait.
- 22:29 Alors, troisième et dernière affirmation.
- 22:31 L'élevage en cage n'est pas interdit en France.
- 22:34 Donc là, normalement, si vous avez bien écouté,
- 22:36 on a déjà apporté quelques éléments de réponse.
- 22:39 Maryse, je vous demande de nous donner la bonne réponse.
- 22:41 C'est ça.
- 22:42 En fait, en France,
- 22:44 l'élevage en cage est toujours autorisé,
- 22:47 mais toute nouvelle construction d'élevage
- 22:49 pour les poupondeuses en cage est interdite.
- 22:52 Donc c'est plutôt voué à disparaître.
- 22:54 Ça va disparaître petit à petit,
- 22:56 mais en tout cas,
- 22:57 il n'y a pas de nouveaux bâtiments en cage
- 22:59 qui se construisent.
- 23:00 On va découvrir que votre travail
- 23:01 sert de base à des expertises
- 23:03 menées par vos collègues à l'ANSES.
- 23:05 Dans un instant, nous allons recevoir
- 23:06 une nouvelle invitée.
- 23:07 Elle s'appuie sur les résultats
- 23:09 des travaux scientifiques,
- 23:10 comme les vôtres, Maryse,
- 23:11 pour rendre des expertises
- 23:12 et éclairer les décisions publiques.
- 23:14 Elle va nous parler d'un sujet
- 23:15 qui intéresse de près les consommateurs,
- 23:17 c'est l'étiquetage du bien-être animal.
- 23:19 Alors, quelles informations
- 23:20 pourraient nous apporter
- 23:21 ce type d'étiquetage
- 23:22 et sur quels critères scientifiques repose-t-il ?
- 23:24 On en parle tout de suite
- 23:25 dans l'esprit d'équipe.
- 23:30 Bonjour Julie Chiron.
- 23:32 Vous êtes chargée de projet scientifique
- 23:34 en évaluation des risques
- 23:35 sur le bien-être des animaux à l'ANSES
- 23:37 et vous avez coordonné ce rapport
- 23:39 « Lignes directrices pour l'établissement
- 23:41 de référentiels d'étiquetage
- 23:42 du bien-être des animaux »
- 23:43 paru en mars 2024.
- 23:45 Pour commencer,
- 23:46 qu'est-ce que c'est
- 23:47 l'étiquetage du bien-être animal ?
- 23:49 L'étiquetage du bien-être animal,
- 23:52 c'est apposer une étiquette sur un produit
- 23:56 qui va fournir des renseignements
- 23:58 soit visuels, soit des allégations écrites
- 24:02 sur le produit sur lequel l'étiquette est apposée
- 24:06 et donc, plus spécifiquement dans ce cas-là,
- 24:08 sur les animaux qui sont à l'origine
- 24:11 du produit qui est acheté.
- 24:13 Donc c'est destiné à informer le consommateur ?
- 24:16 L'étiquette est destinée
- 24:17 à l'information du consommateur, exactement.
- 24:19 Est-ce que c'est un peu comparable
- 24:20 à ce qu'on voit déjà dans les supermarchés
- 24:22 avec le Nutri-Score ?
- 24:24 Le Nutri-Score, c'est une information
- 24:26 destinée au consommateur
- 24:28 et qui est en principe assez simple d'accès,
- 24:32 assez simple à comprendre.
- 24:34 Ce qui est proposé dans le rapport
- 24:37 de l'agence, c'est effectivement
- 24:40 une information sur plusieurs niveaux
- 24:42 avec des couleurs associées,
- 24:44 mais ça n'a rien à voir avec le Nutri-Score.
- 24:46 Ça ne porte pas sur la même chose ?
- 24:48 Le visuel, effectivement,
- 24:49 peut correspondre un petit peu,
- 24:52 mais oui, bien sûr, évidemment,
- 24:54 ici on parle de bien-être des animaux.
- 24:57 Cet étiquetage y concernerait donc
- 24:59 les produits animaux ou d'origine animale,
- 25:01 donc on a la viande, le poisson,
- 25:03 mais aussi les produits laitiers, les œufs.
- 25:05 Les œufs, est-ce qu'on a d'autres exemples ?
- 25:07 Ça peut même concerner les produits
- 25:09 transformés qui contiennent
- 25:10 des produits d'origine animale.
- 25:12 Pareil.
- 25:13 Exactement, c'est les personnes
- 25:16 qui vont être responsables
- 25:17 de la création de l'étiquette
- 25:18 qui vont s'emparer de ces lignes directrices
- 25:20 pour les mettre à profit
- 25:21 pour leur étiquette.
- 25:22 Alors aujourd'hui, quand on fait ces courses,
- 25:24 il existe déjà certaines indications
- 25:27 qui donnent des informations
- 25:28 sur les conditions d'élevage.
- 25:30 On a des œufs élevés en plein air
- 25:32 ou nourris à l'herbe.
- 25:34 Quel serait l'apport
- 25:36 d'un nouvel étiquetage plus global
- 25:38 sur le bien-être animal ?
- 25:39 Pourquoi on aurait besoin
- 25:40 d'autre chose que ces mentions-là ?
- 25:42 Il faut bien séparer les œufs du reste
- 25:44 parce que les œufs,
- 25:45 c'est une obligation réglementaire
- 25:46 à l'échelle européenne.
- 25:48 Ça fait l'objet d'un règlement européen
- 25:50 qui dit que les œufs doivent être étiquetés
- 25:52 0, 1, 2, 3, etc.
- 25:54 en fonction du mode d'élevage
- 25:56 des poules pondeuses.
- 25:57 Le reste, parce que vous avez dit élevé à l'herbe,
- 25:59 là, ce sont des allégations
- 26:01 qui n'engagent que le distributeur du produit.
- 26:06 Il n'y a pas de réglementation
- 26:08 qui impose à part le fait,
- 26:10 évidemment, de ne pas mentir aux consommateurs.
- 26:13 Mais justement,
- 26:15 on a vu toutes ces dernières années
- 26:17 une profusion de ce type d'allégations,
- 26:19 une profusion d'étiquettes,
- 26:21 et on ne sait plus, en tant que consommateur,
- 26:23 où se trouve le vrai du faux
- 26:25 puisqu'il n'y a pas de législation
- 26:27 spécifique pour l'étiquetage
- 26:29 du bien-être des animaux.
- 26:30 Comme il n'existe rien
- 26:32 au niveau législatif pour l'instant,
- 26:34 l'ANSES a proposé
- 26:36 des lignes directrices scientifiques
- 26:39 et c'est très important
- 26:41 parce que là, on a abordé uniquement
- 26:43 le niveau scientifique
- 26:45 de l'étiquetage
- 26:47 pour que si des étiquettes
- 26:49 sont créées
- 26:51 ou s'il y a une décision d'harmoniser les étiquettes,
- 26:53 on puisse se baser sur ce référentiel scientifique
- 26:56 qui va venir attester du bien-être des animaux.
- 26:59 Par ailleurs, comme on l'a un petit peu évoqué
- 27:01 en première partie de l'émission,
- 27:03 ce qu'on peut voir comme information
- 27:05 pour le consommateur, c'est beaucoup basé
- 27:07 sur les conditions sur l'environnement,
- 27:09 quand on parle d'élevés en plein air
- 27:11 ou des modes d'alimentation.
- 27:13 Est-ce que l'idée serait à terme
- 27:15 de produire un étiquetage
- 27:17 qui prendrait en compte
- 27:19 des informations venant de l'animal lui-même ?
- 27:21 Oui, c'est vraiment l'objectif
- 27:23 de ce rapport, c'est de bien différencier
- 27:25 comme le disait Maryse en début d'émission,
- 27:27 tout ce qui est mis
- 27:29 à disposition des animaux
- 27:31 par les humains, ce qu'on va appeler
- 27:33 la bien-traitance.
- 27:35 Je fournis un nid,
- 27:37 mais l'animal a besoin
- 27:39 de construire lui-même son nid,
- 27:41 donc ça ne va pas satisfaire ses besoins.
- 27:43 Là, on va s'assurer
- 27:45 avec ces lignes directrices
- 27:47 que
- 27:49 ce sont des
- 27:51 critères
- 27:53 qui vont être pris en compte,
- 27:55 qui vont être mesurés directement
- 27:57 sur les animaux.
- 27:59 Je rejoins Maryse, on va regarder
- 28:01 les animaux, les observer
- 28:03 et relever des mesures directement
- 28:05 sur les animaux.
- 28:07 Une autre limite des informations
- 28:09 qu'on a actuellement sur les produits
- 28:11 qu'on achète, c'est qu'on n'a pas spécialement
- 28:13 d'informations sur les conditions de transport
- 28:15 des animaux ou sur leurs conditions
- 28:17 d'abattage, ça ne porte que
- 28:19 sur la partie élevage.
- 28:21 Est-ce que ce sont des aspects qui sont aussi pris en compte
- 28:23 dans les lignes directrices présentées par le rapport ?
- 28:25 Tout à fait, le rapport
- 28:27 envisage trois étapes de vie
- 28:29 des animaux, comme je le voyais
- 28:31 sur le visuel,
- 28:33 on a bien l'étape de vie
- 28:35 en élevage, l'étape de vie
- 28:37 pendant le transport, où on va
- 28:39 cette fois avoir des critères
- 28:41 qui seront plus sur de la protection
- 28:43 animale, puisqu'on n'envisage pas un animal
- 28:45 en état de bien-être dans un
- 28:47 moyen de transport, ni même
- 28:49 a fortiori dans un établissement
- 28:51 d'abattage. Pour revenir sur le
- 28:53 rapport, depuis le début vous parlez de lignes
- 28:55 directrices, on est d'accord, le rapport n'est pas là
- 28:57 pour construire un étiquetage
- 28:59 à fournir clé en main, c'est
- 29:01 un guide plutôt ?
- 29:03 C'est un guide, ce sont des lignes directrices
- 29:05 qui justement sont restées
- 29:07 très générales et
- 29:09 doivent pouvoir s'appliquer à toute
- 29:11 filière de production, à tout type de produit
- 29:13 et on laisse beaucoup
- 29:15 de largesse aux
- 29:17 personnes qui vont s'en emparer
- 29:19 pour produire leur propre étiquette.
- 29:21 On le rappelle, c'est un rapport d'expertise,
- 29:23 ça veut dire que vous avez
- 29:25 réuni un groupe de scientifiques indépendants
- 29:27 issus de différentes disciplines et
- 29:29 qui ont tous ensemble analysé
- 29:31 la littérature scientifique existante
- 29:33 sur le sujet du bien-être animal
- 29:35 pour ensuite proposer ces fameuses lignes directrices.
- 29:37 Quelles étaient
- 29:39 les disciplines qui étaient représentées
- 29:41 dans ce groupe d'experts ?
- 29:43 Nos groupes d'experts,
- 29:45 surtout en bien-être des animaux,
- 29:47 sont souvent multidisciplinaires
- 29:49 et alors là,
- 29:51 évidemment, comme on a un sujet très vaste,
- 29:53 on avait
- 29:55 des vétérinaires,
- 29:57 des éthologistes
- 29:59 spécifiques de toute filière,
- 30:01 c'est-à-dire des poissons, des grands
- 30:03 ruminants, des petits ruminants...
- 30:05 Est-ce qu'on peut rappeler éthologiste ce que ça désigne ?
- 30:07 C'est un scientifique
- 30:09 qui étudie
- 30:11 le comportement des animaux
- 30:13 et donc nous travaillons beaucoup
- 30:15 avec eux dans le cadre
- 30:17 de la thématique du bien-être
- 30:19 des animaux.
- 30:21 Nous avions également, pour cette thématique
- 30:23 ligne directrice
- 30:25 pour des référentiels d'étiquetage,
- 30:27 une spécialiste
- 30:29 en droits du consommateur,
- 30:31 droits des consommateurs,
- 30:33 droits de la consommation
- 30:35 au niveau européen...
- 30:37 Nous avions également des spécialistes
- 30:39 en génétique des animaux puisque
- 30:41 justement, parmi les points
- 30:43 forts de ce rapport,
- 30:45 il y a
- 30:47 l'obligation de s'intéresser
- 30:49 aux grands-parents
- 30:51 et aux parents
- 30:53 des animaux qui sont producteurs
- 30:55 directement à l'origine
- 30:57 des produits qui sont vendus.
- 30:59 Est-ce qu'en plus de l'analyse scientifique,
- 31:01 vous allez aussi parler à différents acteurs du milieu,
- 31:03 je veux dire extérieur au milieu
- 31:05 scientifique, par exemple des éleveurs,
- 31:07 des associations éventuellement de protection
- 31:09 animale ?
- 31:11 Bien entendu.
- 31:13 Comme ce groupe
- 31:15 est un groupe scientifique de l'agence,
- 31:17 ils sont, comme vous l'avez dit, indépendants
- 31:19 et il y a tout un travail très important
- 31:21 d'expertise,
- 31:23 j'allais dire,
- 31:25 des déclarations publiques
- 31:27 d'intérêt
- 31:29 que les experts nous soumettent avant
- 31:31 de rentrer dans nos groupes de travail.
- 31:33 C'est pour s'assurer qu'il n'y a pas de conflit
- 31:35 d'intérêt ?
- 31:37 Exactement. On ne peut pas prendre
- 31:39 une personne d'un institut technique
- 31:41 pour la production de la viande
- 31:43 dans un groupe de travail
- 31:45 qui va travailler
- 31:47 sur l'étiquetage. Donc toutes ces
- 31:49 personnes qui ont un intérêt
- 31:51 dans le sujet,
- 31:53 on va les auditionner
- 31:55 et on va évidemment échanger
- 31:57 avec elles, on ne peut absolument pas
- 31:59 se passer de leur point de vue.
- 32:01 Pour construire un système de notes
- 32:03 qui sont à terme, donc affichées
- 32:05 sur les produits, il faut être en mesure
- 32:07 de pouvoir mesurer le niveau
- 32:09 de bien-être animal. Quels sont les critères
- 32:11 qui ont été retenus dans le rapport ?
- 32:13 Vous verrez dans le rapport, il y a
- 32:15 un magnifique schéma.
- 32:17 Peut-être l'afficher,
- 32:19 il me semble qu'on a
- 32:21 les différents critères.
- 32:23 Ici,
- 32:25 on parle de l'étape de vie
- 32:27 en élevage,
- 32:29 parce que bien sûr il faut aussi aborder l'étape de vie
- 32:31 en transport, l'étape de vie
- 32:33 en établissement d'abattage.
- 32:35 Le bien-être
- 32:37 d'un animal est jugé avec
- 32:39 six domaines que vous voyez au centre.
- 32:41 Génétique, interaction, comportemental,
- 32:43 état mental, alimentation,
- 32:45 environnement, santé. Pour chacun de ces
- 32:47 domaines, un ou plusieurs
- 32:49 critères, au total 14 critères.
- 32:51 Pour chaque critère,
- 32:53 soit des indicateurs
- 32:55 qui vont être relevés directement
- 32:57 sur l'animal. Parce qu'on voit là
- 32:59 les ABM, Animal Based
- 33:01 Measure. Ces indicateurs,
- 33:03 ils sont nécessaires et prioritaires.
- 33:05 C'est-à-dire que s'ils existent,
- 33:07 il faut s'en emparer,
- 33:09 il faut les mesurer.
- 33:11 Sinon, si ces indicateurs
- 33:13 n'existent pas ou s'ils ne sont
- 33:15 pas mesurables
- 33:17 dans l'élevage en question, on va utiliser
- 33:19 des indicateurs basés
- 33:21 sur les ressources, les RBM.
- 33:23 Ça fait beaucoup de critères. Est-ce qu'ils ont
- 33:25 tous le même poids dans
- 33:27 la décision au final ?
- 33:29 Vous parlez ici du
- 33:31 système d'agrégation parce qu'évidemment
- 33:33 les notes vont être
- 33:35 relevées
- 33:37 en fonction de la taille du troupeau.
- 33:39 Un ou plusieurs
- 33:41 animaux, souvent plusieurs
- 33:43 voire beaucoup. Ces notes,
- 33:45 il faut les agréger
- 33:47 pour obtenir une note finale.
- 33:49 On laisse là la possibilité,
- 33:51 mais comme dans le choix des
- 33:53 indicateurs,
- 33:55 aux partenaires qui
- 33:57 vont co-construire ce
- 33:59 référentiel, de faire des choix de
- 34:01 pondération. On a noté dans le
- 34:03 rapport quelques interdits.
- 34:05 Il n'y a pas de compensation
- 34:07 possible entre les grands domaines.
- 34:09 Si on est nul
- 34:11 en génétique, on peut être fort
- 34:13 dans l'état mental
- 34:15 et ça va se compenser. Ça, ce n'est pas possible.
- 34:17 Il y a vraiment des
- 34:19 grandes règles à respecter.
- 34:21 Tout ce qu'on demande, c'est de la
- 34:23 transparence. Vous êtes libre de faire
- 34:25 les choses, mais vous l'affichez et ça doit être
- 34:27 disponible à tout acteur qui jugerait
- 34:29 nécessaire de le consulter.
- 34:31 On a vu qu'il y avait plusieurs critères.
- 34:33 Il y a aussi plusieurs indicateurs. Là, on parle
- 34:35 plus précisément de comment on les mesure.
- 34:37 Par exemple, comment
- 34:39 on peut mesurer le niveau de
- 34:41 douleur d'un animal ou la qualité
- 34:43 de son couchage ? Est-ce qu'il y a
- 34:45 des unités de mesure à chaque fois ?
- 34:47 Ce sont des indicateurs bien particuliers.
- 34:49 Je pense que Maryse en parlerait beaucoup mieux que moi.
- 34:51 Vous pouvez
- 34:53 prendre par exemple
- 34:55 le Welfare Quality,
- 34:57 qui était un projet européen
- 34:59 qui visait à évaluer
- 35:01 directement sur les animaux
- 35:03 certains indicateurs.
- 35:05 Le confort de couchage
- 35:07 est évalué. Pour que ce soit standardisé,
- 35:09 vous avez des petites photos
- 35:11 avec, en dessous de chaque photo,
- 35:13 la mesure correspondante
- 35:15 du niveau de confort.
- 35:17 C'est ce qu'on a vu tout à l'heure. C'est le fait
- 35:19 de pouvoir étudier
- 35:21 le comportement et la fréquence
- 35:23 à laquelle l'animal le répète.
- 35:25 J'imagine que sur cet indicateur-là,
- 35:27 la façon dont l'animal
- 35:29 se couche, s'il est tout replié,
- 35:31 c'est qu'il n'a sans doute pas assez de place.
- 35:33 On va pouvoir mesurer comme ça.
- 35:35 On a des catégories bien définies.
- 35:37 C'est très objectif.
- 35:39 Une fois qu'on a
- 35:41 agrégé
- 35:43 les différentes parties et les différents critères,
- 35:45 on aboutit
- 35:47 à une sorte de score
- 35:49 qui donne une note de A à E.
- 35:51 C'est pour ça que j'évoquais
- 35:53 le Nutri-Score qui est un
- 35:55 indicateur différent.
- 35:57 Ça va être ça, à terme, l'objectif.
- 35:59 C'est proposé
- 36:01 ainsi. On a proposé
- 36:03 un référentiel
- 36:05 en
- 36:07 cinq niveaux
- 36:09 de manière
- 36:11 à avoir quelque chose de progressif
- 36:13 qui permette aussi à l'éleveur
- 36:15 éventuellement de progresser par
- 36:17 palier et qui puisse fournir
- 36:19 au consommateur une information fiable
- 36:21 et facile à comprendre.
- 36:23 Une chose importante aussi,
- 36:25 c'est qu'on parle de score final
- 36:27 ou de note finale.
- 36:29 On a quand même deux étages
- 36:31 de la production à évaluer.
- 36:33 Encore une fois, je tiens à le rappeler parce que
- 36:35 c'est vraiment une innovation à ce niveau-là.
- 36:37 On évalue d'habitude
- 36:39 l'étage de production
- 36:41 avec les animaux qui vont fournir
- 36:43 directement et à grande échelle
- 36:45 les produits qui sont consommés.
- 36:47 Encore une fois, on veut évaluer le bien-être
- 36:49 des animaux qui sont dans les élevages
- 36:51 de sélection-multiplication
- 36:53 où se fait la génétique,
- 36:55 qui sont des animaux qui ont des conditions de vie
- 36:57 particulières parce que soumis
- 36:59 à beaucoup de biosécurité,
- 37:01 ces animaux valent très cher,
- 37:03 ils sortent moins, ils sont plus
- 37:05 contraints. Pour clarifier,
- 37:07 c'est quand on fait de la sélection génétique pour ensuite
- 37:09 avoir les meilleurs individus
- 37:11 qui vont ensuite donner lieu
- 37:13 à la production ? Exactement.
- 37:15 C'est particulièrement vigilant.
- 37:17 Le rapport a été publié en mars 2024.
- 37:19 Est-ce que vous avez eu
- 37:21 des retours depuis, par exemple,
- 37:23 de la Commission européenne ou de différents acteurs ?
- 37:25 Oui.
- 37:27 Ce rapport a été présenté
- 37:29 au niveau européen.
- 37:31 On a surtout eu
- 37:33 des retours
- 37:35 de l'EFSA,
- 37:37 l'Autorité européenne de sécurité sanitaire,
- 37:39 qui
- 37:41 s'intéressent à ces travaux
- 37:43 et notamment à la suite des travaux
- 37:45 qui est liée au fait qu'en France,
- 37:47 on a restitué ces travaux
- 37:49 à toutes les parties prenantes que nous
- 37:51 avions auditionnées
- 37:53 durant cette expertise.
- 37:55 Des éleveurs, j'imagine ?
- 37:57 Oui.
- 37:59 Des instituts techniques, des représentants
- 38:01 de filières, des ONG de protection
- 38:03 des animaux, mais aussi
- 38:05 des sociologues, des spécialistes
- 38:07 de la consommation.
- 38:09 On a plusieurs instituts techniques
- 38:11 de filières qui sont revenus
- 38:13 vers nous pour indiquer leur intérêt
- 38:15 et surtout
- 38:17 nous poser la question
- 38:19 de comment
- 38:21 on s'en empare concrètement.
- 38:23 On a été là
- 38:25 pour expliquer, pour orienter,
- 38:27 mais surtout
- 38:29 l'ANSES va continuer dans ces travaux
- 38:31 pour à présent
- 38:33 se servir d'un exemple
- 38:35 concret qui sera
- 38:37 un vrai guide pour ceux qui voudraient
- 38:39 s'y mettre.
- 38:41 Marie-Julie, on est allé à la rencontre
- 38:43 du public pour savoir ce que les gens
- 38:45 pensaient d'un possible étiquetage du bien-être
- 38:47 animal et plus largement, on leur a demandé
- 38:49 si le bien-être animal
- 38:51 faisait partie de leurs habitudes
- 38:53 quand ils consomment,
- 38:55 quand ils font les courses. Écoutez leur réponse.
- 38:57 Il y a des labels pour ça,
- 38:59 si je ne me trompe pas.
- 39:01 J'avoue que quand j'achète mes blancs de poulet, je ne fais pas
- 39:03 forcément attention. C'est plus au niveau des oeufs
- 39:05 que là, par contre, on fait attention
- 39:07 que ce soit des élevages en plein air
- 39:09 et pas des élevages
- 39:11 en batterie
- 39:13 parce qu'on sait tous comment c'est
- 39:15 les élevages en batterie et que ce n'est pas terrible.
- 39:17 Personnellement, je sais que si j'achète de la viande,
- 39:19 c'est rarement en grande surface
- 39:21 donc je ne me fie pas trop à ça.
- 39:23 Je vais plus aller vers
- 39:25 les bouchers et c'est eux qui vont m'orienter
- 39:27 sur la provenance de leur viande.
- 39:29 Oui, bien sûr, je
- 39:31 regarde le marque sur les produits
- 39:33 et aussi j'essaie de manger
- 39:35 végétarien
- 39:37 quand je peux.
- 39:39 Je serais prête à payer un petit peu plus cher
- 39:41 pour avoir de la viande de qualité parce que les animaux
- 39:43 seront mieux traités et ça,
- 39:45 c'est un petit prix, donc oui.
- 39:47 Donc si on a un repère
- 39:49 justement sur ça, c'est très utile.
- 39:51 Oui, je pense que ça sera
- 39:53 une bonne chose, mais
- 39:55 si c'est vraiment...
- 39:57 si les règles sont bien appliquées
- 39:59 parce que sinon, ils peuvent dire n'importe quoi
- 40:01 et entendre
- 40:03 que consumeurs,
- 40:05 on ne peut pas savoir.
- 40:07 Après, les Nutri-Score, déjà, sont pas assez
- 40:09 clairs de base, donc est-ce que ça va être assez clair ?
- 40:11 Basé sur quoi ?
- 40:13 En fait, il faut voir l'échelle
- 40:15 qu'ils vont mettre en place.
- 40:17 Si l'échelle n'est pas bonne, l'évaluation
- 40:19 ne sera pas bonne.
- 40:21 Maryse, Julie, une réaction à chaud sur ce que vous venez d'entendre ?
- 40:23 Maryse ?
- 40:25 C'est vrai que
- 40:27 la crainte des consommateurs,
- 40:29 ça va être de te noyer
- 40:31 dans un trou plein d'informations.
- 40:33 C'est vraiment le challenge
- 40:35 d'appliquer
- 40:37 des étiquettes qui vont être très claires.
- 40:39 Mais justement, avec un guide comme ça,
- 40:41 qui permette vraiment de donner
- 40:43 des bases scientifiques
- 40:45 et d'être, en tout cas,
- 40:47 au moins, le consommateur peut être sûr
- 40:49 de cet étiquetage, c'est vraiment
- 40:51 un premier pas.
- 40:53 On voit que les gens sont soucieux
- 40:55 du bien-être animal, surtout quand ils achètent leurs oeufs.
- 40:57 Par contre, est-ce que
- 40:59 on peut trouver sa viande, par exemple,
- 41:01 ailleurs qu'en supermarché ? On a entendu des gens
- 41:03 qui parlaient de demander conseil à leur boucher
- 41:05 ou même en magasin bio.
- 41:07 Est-ce qu'actuellement, c'est une garantie que l'animal
- 41:09 a été mieux traité ou ce n'est pas forcément
- 41:11 un facteur ?
- 41:13 Déjà, en grande surface,
- 41:15 on peut trouver des animaux qui ont été bien traités.
- 41:17 Oui, c'est important de le dire.
- 41:19 Voilà, des bons produits.
- 41:21 Au boucher, je pense
- 41:23 qu'il faut vraiment demander
- 41:25 plus d'informations parce que ça ne garantit
- 41:27 pas forcément.
- 41:29 C'est quand même généralement
- 41:31 plus dans ce sens-là, mais il faut
- 41:33 quand même s'en assurer. Je pense que justement,
- 41:35 s'il n'y a pas de détectage,
- 41:37 on ne peut pas être garanti.
- 41:39 Après, tous les
- 41:41 labels, etc., ne garantissent pas
- 41:43 forcément un meilleur état de bien-être.
- 41:45 Certains
- 41:47 labels
- 41:49 ont une meilleure alimentation,
- 41:51 par exemple, mais pas forcément
- 41:53 un meilleur état de bien-être.
- 41:55 Ils ne prennent pas les critères qu'on a vus.
- 41:57 C'est ça, exactement.
- 41:59 Une dame a dit qu'elle serait prête à payer plus cher
- 42:01 si on lui garantissait un haut niveau de bien-être
- 42:03 animal, mais est-ce que ce serait forcément
- 42:05 plus cher pour le consommateur ?
- 42:07 Je pense qu'il y a déjà beaucoup d'éleveurs
- 42:09 qui font bien les choses et
- 42:11 qu'il faudrait se lancer
- 42:13 dans un étiquetage
- 42:15 pour des produits en particulier
- 42:17 pour voir
- 42:19 ce que ça peut donner.
- 42:21 Je pense que
- 42:23 on peut être surpris de ça
- 42:25 et qu'il n'y a pas forcément un surcoût
- 42:27 systématique à
- 42:29 envisager des animaux
- 42:31 en état de bien-être.
- 42:33 Quelqu'un d'autre a évoqué
- 42:35 l'alimentation végétarienne. C'est vrai qu'on ne l'a pas
- 42:37 dit jusque-là, mais est-ce que la meilleure solution
- 42:39 d'assurer le bien-être animal
- 42:41 c'est de ne pas les consommer ?
- 42:43 Effectivement,
- 42:45 c'est une des pistes.
- 42:47 Je pense qu'aussi
- 42:49 on peut essayer de mieux traiter les animaux
- 42:51 qu'on élève pour leur viande
- 42:53 et peut-être manger moins de viande.
- 42:55 C'est aussi une des pistes.
- 42:57 Manger moins, mais manger mieux.
- 42:59 Après, de là à vraiment bannir
- 43:01 l'alimentation,
- 43:03 la viande de notre alimentation,
- 43:05 c'est un autre débat qui est plus éthique.
- 43:09 En tout cas, on peut essayer
- 43:11 d'améliorer les conditions
- 43:13 dans lesquelles
- 43:15 les animaux sont élevés.
- 43:17 Globalement, l'idée d'un étiquetage
- 43:19 sur le bien-être animal a plutôt convaincu
- 43:21 les personnes qu'on a croisées, mais derrière,
- 43:23 on a une vraie exigence de rigueur. Il faut que ce soit bien
- 43:25 appliqué, il faut des indicateurs fiables.
- 43:27 Sinon, ça ne sert pas à grand-chose.
- 43:29 C'est important d'avoir un étiquetage qui, à terme, serait
- 43:31 vraiment transparent, qu'on puisse vérifier
- 43:33 derrière les critères ?
- 43:35 C'est une des lignes directrices du rapport.
- 43:37 C'est rappelé très souvent.
- 43:39 Il faut de la transparence.
- 43:41 Sinon, ça peut
- 43:43 amener à se poser des questions.
- 43:45 Il faut que les consommateurs puissent avoir accès
- 43:47 à ces informations, c'est normal.
- 43:49 Après,
- 43:51 être sûr de ça,
- 43:53 c'est-à-dire, la dame disait
- 43:55 oui, mais nous, les consommateurs,
- 43:57 on ne sait pas s'ils affichent
- 43:59 n'importe quoi ou si c'est de la vérité.
- 44:01 Pour ça,
- 44:03 il faut que l'État s'engage
- 44:05 peut-être à rendre obligatoire
- 44:07 cet étiquetage ou
- 44:09 à mettre en place des contrôles pour vérifier
- 44:11 que cet étiquetage suit bien les lignes
- 44:13 directrices de l'agence.
- 44:15 Il faut un engagement.
- 44:17 Il faut des contrôles, oui.
- 44:19 Il est temps pour nous de s'intéresser à votre
- 44:21 parcours, au chemin que vous avez
- 44:23 emprunté pour arriver là où vous en êtes
- 44:25 aujourd'hui. On découvre ça dans la séquence
- 44:27 en coulisses.
- 44:31 Cette séquence,
- 44:33 on a l'habitude de la commencer par un petit
- 44:35 défi. Vous allez avoir
- 44:37 chacune 30 secondes top chrono
- 44:39 pour vous présenter et pour nous présenter
- 44:41 vos parcours. Marie, c'est vous qui commencez.
- 44:43 Dès que vous êtes prête, on lance le chrono.
- 44:45 Est-ce que vous êtes prête ?
- 44:47 C'est parti. A l'étape chrono.
- 44:49 J'ai fait un bac
- 44:51 scientifique, puis un
- 44:53 DOG en biologie,
- 44:55 science de la vie. J'ai enchaîné avec
- 44:57 une maîtrise des sciences et techniques en
- 44:59 production animale, où j'ai
- 45:01 appris ce que c'était que l'éthologie. J'ai fait
- 45:03 un DESS, Master 2
- 45:05 en éthologie
- 45:07 à Paris 13.
- 45:09 J'ai terminé
- 45:11 mon cours de formation au
- 45:13 sein de mon travail à l'ANSES, par
- 45:15 une thèse que j'ai effectuée en
- 45:17 2007.
- 45:19 Parfait.
- 45:21 Bravo. Julie, on enchaîne tout de suite
- 45:23 avec vous, si vous êtes prête.
- 45:25 30 secondes pour vous présenter.
- 45:27 Est-ce qu'on peut lancer le chrono ? Oui, bien sûr.
- 45:29 C'est parti.
- 45:31 J'ai également fait un bac scientifique,
- 45:33 après lequel
- 45:35 j'ai fait une prépa vétérinaire.
- 45:37 Je suis
- 45:39 partie faire mon école vétérinaire
- 45:41 à Maisons-Alfort.
- 45:43 Après quoi, j'ai fait quelques années
- 45:45 de clinique, où je
- 45:47 me suis occupée plutôt de petits
- 45:49 animaux. Et puis,
- 45:51 je suis arrivée à l'AFSA,
- 45:53 l'Agence Française
- 45:55 de Sécurité des Aliments.
- 45:57 Ah oui, mince !
- 45:59 En 2007.
- 46:01 C'était à l'occasion
- 46:03 des grandes crises
- 46:05 de l'influenza aviaire,
- 46:07 la fièvre catarhalovine.
- 46:09 Et puis, en 2012,
- 46:11 le sujet
- 46:13 du bien-être animal
- 46:15 a pointé le bout de son nez
- 46:17 en expertise.
- 46:19 Bravo. Bien joué quand même à toutes les deux.
- 46:21 On va revenir sur certains
- 46:23 points de votre parcours.
- 46:25 Marie, je commence par vous.
- 46:27 L'éthologie, finalement, vous avez découvert ça
- 46:29 un peu par hasard dans votre cursus.
- 46:31 En particulier,
- 46:33 avec une professeure. Est-ce que vous pouvez
- 46:35 nous raconter ça ?
- 46:37 Exactement. En fait, moi, je suis
- 46:39 arrivée, comme tout
- 46:41 jeune, je cherchais un peu
- 46:43 ma voie et je suis arrivée
- 46:45 dans les productions animales, où là, j'ai découvert
- 46:47 un monde très varié
- 46:49 qui tournait autour de l'animal.
- 46:51 Multidisciplinaire, vraiment.
- 46:53 Et dans ces
- 46:55 disciplines, dans ces sciences, il y avait
- 46:57 l'éthologie. Et une professeure
- 46:59 nous avait expliqué
- 47:01 la façon dont elle étudiait
- 47:03 le comportement animal et comment ça pouvait
- 47:05 s'appliquer dans les élevages.
- 47:07 Donc, l'éthologie appliquée.
- 47:09 Et j'ai trouvé ça passionnant.
- 47:11 Donc, effectivement, c'est pour ça que j'ai voulu
- 47:13 continuer avec un diplôme
- 47:15 en éthologie. Le fait de pouvoir
- 47:17 avoir une mesure scientifique, c'est ça ?
- 47:19 Une mesure objective du
- 47:21 comportement. Pas simplement
- 47:23 dire, voilà, les animaux, on a
- 47:25 l'impression qu'ils sont bien ou moins bien.
- 47:27 Là, on a vraiment des indicateurs qu'on peut
- 47:29 mesurer objectivement, scientifiquement.
- 47:31 C'est ça qui m'intéressait. Vous saviez que ce métier
- 47:33 existait avant ? Non, pas du tout.
- 47:35 Non, c'est quelque
- 47:37 chose qu'on ne connaît pas forcément. Enfin, après si,
- 47:39 je savais qu'il y avait des études du
- 47:41 comportement des animaux sauvages
- 47:43 dans la savane, voilà, des animaux.
- 47:45 Mais sur des animaux d'élevage,
- 47:47 non, je ne pensais pas que c'était possible.
- 47:49 Donc, ça alliait tout à fait mes compétences
- 47:51 en production animale et donc
- 47:53 l'intérêt pour l'étude du comportement.
- 47:55 Alors, Julie, vos
- 47:57 premières années de carrière, vous les avez passées
- 47:59 en tant que vétérinaire, vous l'avez dit.
- 48:01 On sait que c'est un métier qui demande
- 48:03 des études exigeantes, beaucoup d'investissement.
- 48:05 Donc, j'imagine que ça n'a pas été anodin de
- 48:07 changer de voie ensuite. Qu'est-ce qui a
- 48:09 motivé votre réorientation ?
- 48:11 Beaucoup de choses
- 48:13 m'ont motivée à changer
- 48:15 de voie. Donc, quand on sort
- 48:17 de l'école, on est un petit peu
- 48:19 naïf et
- 48:21 on n'a pas d'expérience
- 48:23 de vraie vie en clinique.
- 48:25 Donc, on découvre un peu
- 48:27 cette vraie vie et tous les enjeux
- 48:29 qui vont avec comment
- 48:31 entretenir mon outil
- 48:33 et ma clinique.
- 48:35 Il n'y a pas uniquement le fait de
- 48:37 soigner les animaux.
- 48:39 On voudrait bien tous
- 48:41 les sauver, les soigner, mais
- 48:43 concrètement, c'est souvent
- 48:45 pas possible.
- 48:47 C'est vrai que ça, c'était
- 48:49 un point
- 48:51 qui me pesait beaucoup.
- 48:53 Et après,
- 48:55 des petites cliniques en ville,
- 48:57 on voit aussi
- 48:59 un petit peu souvent
- 49:01 les mêmes motifs de consultation
- 49:03 arriver, quelque chose d'un peu
- 49:05 répétitif.
- 49:07 Il y a beaucoup
- 49:09 de choses que je n'ai pas développées ici qui ont fait
- 49:11 qu'au bout d'un moment, je me suis dit
- 49:13 je vais tenter autre
- 49:15 chose. Et j'ai bien fait
- 49:17 parce que ça m'a beaucoup
- 49:19 plu et ça continue de me plaire énormément
- 49:21 l'expertise.
- 49:23 Vous avez travaillé sur les volailles, vous avez étudié
- 49:25 le comportement animal
- 49:27 sous d'autres formes, on va dire.
- 49:29 C'était à travers des stages
- 49:31 très variés. Vous pourriez nous raconter un peu
- 49:33 justement.
- 49:35 Effectivement, avant d'arriver à l'ANSES,
- 49:37 j'ai travaillé dans
- 49:39 une entreprise de pet food,
- 49:41 alimentation pour les animaux de compagnie.
- 49:43 Et
- 49:45 je devais voir
- 49:47 les signes, les indicateurs de
- 49:49 plaisir chez le chat
- 49:51 lorsqu'il mange,
- 49:53 les regards,
- 49:55 les oreilles, la queue, etc.
- 49:57 Plein de signes qui montrent
- 49:59 qu'il apprécie ce qu'il est
- 50:01 en train de manger ou de ce qu'il est en train de faire.
- 50:03 Et donc finalement, c'est un modèle différent
- 50:05 mais c'est toujours un peu la même méthode
- 50:07 d'étude du comportement.
- 50:09 Vous l'avez fait aussi chez l'homme ?
- 50:11 Oui, effectivement.
- 50:13 Alors là, c'était effectivement lors d'un stage
- 50:15 dans une entreprise agroalimentaire
- 50:17 qui cherchait aussi
- 50:19 des signes de plaisir
- 50:21 lorsque l'humain mange.
- 50:23 Donc là, c'était des yaourts.
- 50:25 Et donc, je
- 50:27 regardais les regards,
- 50:29 le se déchirer les babines.
- 50:31 Donc il y a vraiment, on peut faire...
- 50:33 Ça fonctionne pareil.
- 50:35 Exactement. Ce n'est pas les mêmes signes mais on mesure
- 50:37 de la même façon. La méthode est la même.
- 50:39 On applique.
- 50:41 Alors là, on s'appuie en plus sur un questionnaire
- 50:43 oral en plus.
- 50:45 Ce qu'on ne peut pas avoir avec les animaux.
- 50:47 En tout cas, ce que vous avez appris vous sert encore aujourd'hui.
- 50:49 Oui, tout à fait. On progresse.
- 50:51 Julie, vous le disiez, votre changement de parcours
- 50:53 vous a bien réussi. Vous êtes bien
- 50:55 où vous êtes aujourd'hui. Qu'est-ce qui vous plaît
- 50:57 dans votre métier à l'heure actuelle ?
- 51:01 Beaucoup de choses encore.
- 51:03 Le fait de
- 51:05 travailler avec
- 51:07 des experts variés
- 51:09 dans leur domaine et dans leur discipline.
- 51:11 Dans leur personnalité aussi.
- 51:13 Il y a toujours
- 51:15 quelque chose de nouveau.
- 51:17 Par ailleurs, quand on
- 51:19 s'engage sur un sujet de saisine
- 51:21 ou d'autosaisine,
- 51:23 dans le cadre du bien-être, c'est des sujets
- 51:25 qui vont être assez longs. En général,
- 51:27 des expertises qui vont durer deux ans.
- 51:29 Mais ça change
- 51:31 tous les deux ans.
- 51:33 On a un peu l'impression de
- 51:35 boucler une petite thèse à plusieurs
- 51:37 pour reprendre
- 51:39 un autre sujet ensuite.
- 51:41 On ne s'ennuie jamais.
- 51:43 On s'attache ou pas aux personnes
- 51:45 avec qui on va travailler pendant deux ans ?
- 51:47 Ça doit être un peu un temps de dire au revoir à chaque fois.
- 51:49 Oui, il y en a qu'on revoit
- 51:51 régulièrement.
- 51:53 Marie, c'est pareil pour vous. Aujourd'hui, le métier
- 51:55 colle parfaitement à ce que vous aimez.
- 51:57 Qu'est-ce qui vous
- 51:59 motive tous les jours ?
- 52:01 Ce qui me plaît, c'est de
- 52:03 pouvoir avoir
- 52:05 cette question et rechercher comment on va y répondre.
- 52:07 Chercher
- 52:09 quel test, quel moyen,
- 52:11 quelle expérimentation on va monter pour pouvoir répondre à la question.
- 52:13 La démarche scientifique.
- 52:15 C'est vraiment ce qui me plaît.
- 52:17 Et d'aller chercher des nouveaux indicateurs aussi.
- 52:19 Ça nous ouvre à des nouveaux champs,
- 52:21 des nouvelles disciplines et des nouveaux collègues aussi.
- 52:23 C'est vraiment très motivant
- 52:25 de pouvoir se dire que ce n'est pas terminé.
- 52:27 On a toujours des nouvelles voies à explorer.
- 52:29 Toutes les deux maintenant, avec le recul que vous avez
- 52:31 sur votre parcours,
- 52:33 est-ce que vous donneriez un conseil
- 52:35 aux plus jeunes qui nous regardent et qui aimeraient
- 52:37 se lancer dans un domaine similaire au vôtre ?
- 52:39 D'y aller !
- 52:41 C'est un sujet d'avenir.
- 52:43 Oui, c'est un sujet d'avenir.
- 52:45 Je dirais
- 52:47 qu'il faut être curieux
- 52:49 et se lancer.
- 52:51 C'est passionnant
- 52:53 comme domaine.
- 52:55 C'est multidisciplinaire.
- 52:57 On ne s'ennuie pas.
- 52:59 Il est l'heure
- 53:01 de passer à la recommandation des invités.
- 53:03 On découvre ça dans la Roco.
- 53:07 Marie,
- 53:09 quelle recommandation culturelle
- 53:11 avez-vous choisi de nous partager
- 53:13 pour découvrir un peu autrement
- 53:15 le sujet du bien-être animal ?
- 53:17 J'ai choisi ce film,
- 53:19 un biopic sur Temple Grandin,
- 53:21 qui est une Américaine
- 53:23 qui est toujours en vie.
- 53:25 C'est un film qui date
- 53:27 de 2010,
- 53:29 que j'avais vu et qui m'avait
- 53:31 passionnée.
- 53:33 C'est une personne vraiment incroyable,
- 53:35 une chercheuse américaine.
- 53:37 Elle est éthologue.
- 53:39 Elle donne des cours
- 53:41 à l'université du Colorado.
- 53:43 Elle a développé plein de méthodes
- 53:45 en éthologie pour
- 53:47 améliorer les conditions
- 53:49 d'élevage et de transport des bovins
- 53:51 aux Etats-Unis.
- 53:53 Elle a la particularité d'être autiste.
- 53:55 Elle a beaucoup oeuvré
- 53:57 pour cette cause-là, pour faire connaître
- 53:59 ce que c'est que l'autisme.
- 54:01 Elle a une sensibilité particulière,
- 54:03 certainement, qui lui a permis
- 54:05 de mettre en place, de comprendre
- 54:07 des choses sur les animaux,
- 54:09 de se mettre à leur place.
- 54:11 Elle est vraiment une pionnière
- 54:13 au niveau de l'éthologie,
- 54:15 appliquée aux élevages.
- 54:17 Je trouvais ce film très intéressant.
- 54:19 C'est bien représenté dans le film.
- 54:21 Oui, le film est vraiment très intéressant.
- 54:23 On voit son histoire,
- 54:25 et on voit comment les industriels américains
- 54:27 se sont emparés de ses recherches
- 54:29 pour mettre en place des choses.
- 54:31 En ce moment, il y a la moitié
- 54:33 des abattoirs américains
- 54:35 qui utilisent ce qu'elle a mis en place
- 54:37 grâce à ses recherches.
- 54:39 J'ai eu la chance de la rencontrer
- 54:41 lors d'une conférence
- 54:43 sur un congrès en bien-être animal.
- 54:45 Elle est passionnante,
- 54:47 très intéressante.
- 54:49 Vous n'avez pas été déçue ?
- 54:51 Non, pas du tout.
- 54:53 Julie, qu'est-ce que vous souhaitez nous partager ?
- 54:55 On va faire vraiment
- 54:57 un pas de côté.
- 54:59 Je vous partage un peu
- 55:01 de moi,
- 55:03 de mon côté
- 55:05 un peu plus naïf
- 55:07 et amoureux de la nature.
- 55:09 J'avais envie
- 55:11 de vous parler de la peintre
- 55:13 Rosa Bonheur,
- 55:15 dont j'aime
- 55:17 beaucoup les tableaux.
- 55:19 C'est un ensemble
- 55:21 chez elle
- 55:23 qui me plaît.
- 55:25 Son côté non conventionnel,
- 55:27 elle portait
- 55:29 des pantalons,
- 55:31 elle a créé
- 55:33 une école
- 55:35 où elle enseignait le dessin
- 55:37 à des jeunes femmes.
- 55:39 Elle vivait avec une femme.
- 55:41 Son côté aussi
- 55:43 amoureux de la nature
- 55:45 qu'elle retranscrit parfaitement dans ses tableaux.
- 55:47 Est-ce qu'il y a un tableau que vous aimez particulièrement ?
- 55:49 Oui, je vous ai parlé de celui-ci.
- 55:51 Effectivement,
- 55:53 je traîne beaucoup mes baskets
- 55:55 dans les musées,
- 55:57 notamment au musée d'Orsay.
- 55:59 Je n'oublie jamais de passer devant
- 56:01 le labourage Nivernais.
- 56:03 J'ai une dernière chose
- 56:05 sur Rosa Bonheur,
- 56:07 c'est que ma soeur
- 56:09 a une maison tout près
- 56:11 de son château, située à Tomry.
- 56:13 Si vous avez l'occasion
- 56:15 d'y aller, parce que ce n'est pas loin de Paris,
- 56:17 c'est vraiment à une heure,
- 56:19 il faut y aller, c'est un endroit fantastique,
- 56:21 très bucolique,
- 56:23 de fleurs,
- 56:25 juste à l'orée
- 56:27 de la forêt, c'est magnifique.
- 56:29 Merci beaucoup Julie.
- 56:31 Merci à toutes les deux, merci d'être venues sur le plateau
- 56:33 de Sciences en Question, on arrive à la fin de l'émission.
- 56:35 Merci à vous également
- 56:37 de nous avoir écoutés tout au long de cette émission.
- 56:39 On se retrouve bientôt pour d'autres sujets passionnants.
- 56:41 Ciao et merci.
- 56:53 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Cet épisode de "Science En Questions" explore la préoccupation sociétale croissante pour le bien-être animal en France, soulignant le rôle essentiel de la science dans la compréhension et l'amélioration des conditions des animaux d'élevage. Le programme présente une discussion approfondie avec Maryse Guigne-Bretière et Julie, deux spécialistes de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail), qui partagent leur expertise et les résultats de leurs recherches. La discussion retrace l'engagement de longue date de l'ANSES en faveur du bien-être animal, depuis plus de 30 ans de recherche jusqu'à l'établissement d'une expertise formelle en 2012. Un point clé est la définition scientifique du bien-être animal, telle que définie par l'ANSES depuis 2018, qui englobe un état mental et physique positif résultant de la satisfaction des besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que des attentes de l'animal. Cette définition va au-delà de la simple fourniture des nécessités de base, mettant l'accent sur l'importance des expériences émotionnelles positives pour les animaux. L'évolution du statut de l'animal dans le droit civil français, de non-objet en 1999 à être doué de sensibilité en 2015, est également notée, reflétant un changement sociétal plus large. Le programme explore ensuite l'application pratique de la recherche scientifique au laboratoire de l'ANSES à Ploufragan, spécialisé dans les volailles et les porcs. Les principaux objectifs de leurs travaux comprennent l'évaluation de divers systèmes d'élevage, la minimisation des mutilations animales et le développement d'indicateurs innovants pour évaluer le bien-être. Les spécialistes décrivent différents types d'élevage avicole, des opérations standard de poulets de chair (70%) aux systèmes de plein air et biologiques, et discutent des diverses conditions de logement pour les poules pondeuses, y compris les cages (élevage en batterie), les volières et les environnements de plein air. Un aspect central de la recherche de l'ANSES est son approche multicritère pour évaluer le bien-être animal. Cela implique l'observation du comportement animal (actions spécifiques à l'espèce, comportements anormaux, réactions aux tests), l'analyse d'indicateurs physiologiques (hormones de stress), l'évaluation des performances zootechniques (par exemple, taux de ponte, croissance) et même l'étude de l'impact sur le microbiote intestinal. L'importance des enrichissements environnementaux, tels que les perchoirs, les balles de paille et les objets à picorer, est soulignée comme un moyen de permettre aux animaux d'exprimer des comportements naturels et de satisfaire leurs besoins. Un exemple discuté est le "jardin d'hiver", une zone extérieure protégée qui fournit de l'air frais, de la lumière naturelle et un espace supplémentaire, bénéficiant considérablement au bien-être animal tout en atténuant les risques comme la transmission de maladies. Ces études sont menées dans des stations expérimentales contrôlées, permettant une évaluation précise des interventions. La conversation aborde également le rôle crucial de l'information et de l'étiquetage pour les consommateurs. Bien qu'il existe une forte demande sociétale pour un meilleur bien-être animal, le défi consiste à créer des étiquettes claires, transparentes et scientifiquement rigoureuses auxquelles les consommateurs peuvent faire confiance. Les experts soulignent la nécessité d'un engagement officiel et de contrôles pour garantir la fiabilité de cet étiquetage. La discussion aborde la volonté des consommateurs de payer plus cher pour des produits élevés de manière éthique et le débat plus large sur la consommation de viande, suggérant que manger moins mais de meilleure qualité, provenant d'animaux élevés dans des conditions améliorées, est une voie viable. Enfin, les spécialistes partagent des aperçus de leurs parcours professionnels, Maryse détaillant son cheminement à travers l'éthologie et la production animale, et Julie racontant sa transition de la pratique vétérinaire à l'expertise à l'ANSES. Toutes deux expriment leur passion pour la méthode scientifique, la nature multidisciplinaire de leur travail et les opportunités continues de découverte dans la recherche sur le bien-être animal. Les recommandations culturelles incluent le biopic "Temple Grandin", célébrant une pionnière en éthologie et en autisme, et les œuvres de la peintre Rosa Bonheur, connue pour ses représentations de la nature et des animaux. Cette vidéo offre un aperçu complet des efforts scientifiques, des exigences sociétales et des défis pratiques impliqués dans l'amélioration du bien-être des animaux d'élevage, soulignant l'importance de choix éclairés pour les producteurs et les consommateurs.
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