Paroles de chercheurs - Fanny Jaulin

interview 4:31 Fonte ↗ Fanny Jaulin inserm gustave roussy cancer métastase dissémination métastatique
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Fanny Jaulin, directrice de recherche à l'Inserm, présente ses travaux sur la dissémination métastatique des cancers digestifs et la médecine personnalisée, en soulignant la découverte d'un mode de migration cellulaire tumoral inédit.

  1. 0:00 InScience, le festival qui fait du bien de ta santé.
  2. 0:07 Je m'appelle Fanny Jolin, je suis directrice de recherche à l'Inserm.
  3. 0:11 J'ai effectué ma thèse de science à Marseille, dans le laboratoire de Jean-Paul Borg à l'Institut Paoli Calmet.
  4. 0:19 Puis je suis partie faire mes études postdoctorales à New York,
  5. 0:22 où j'ai fait deux instituts, au Cornell Medical College, puis au Memorial Sloan Kettering.
  6. 0:29 Mon but, c'était de me spécialiser en biologie cellulaire.
  7. 0:32 Ensuite, je suis revenue en France grâce au programme AtipAvenir,
  8. 0:35 qui est un programme joint entre l'Inserm et le CNRS,
  9. 0:37 qui permet à des jeunes chercheurs de leur donner l'opportunité de créer une équipe
  10. 0:41 avec une nouvelle thématique et de mobiliser des ressources sur ce sujet-là.
  11. 0:45 J'ai été recrutée en tant que chercheure à l'Inserm en 2016.
  12. 0:50 Depuis dix ans, je dirige un laboratoire à l'Institut Gustave Roussy, qui s'intéresse à deux choses.
  13. 0:57 Dans un premier temps, on a étudié la dissémination métastatique des cancers digestifs,
  14. 1:01 avec pour but de comprendre quelles sont les capacités migratoires
  15. 1:05 qui sont acquises par ces cellules et ces groupes de cellules
  16. 1:07 pour quitter l'organe primitif dans lequel elles sont nées
  17. 1:09 et rejoindre les organes secondaires où elles vont former les métastases,
  18. 1:12 ce qui est la principale cause de mortalité des patients atteints de cancer.
  19. 1:16 Et dans un deuxième axe, on a voulu impacter à plus court terme les patients atteints de cancer.
  20. 1:23 On travaille avec les médecins à déployer un programme de médecine personnalisée de type fonctionnel
  21. 1:29 qui consiste à prendre des cellules tumorales du patient
  22. 1:32 et de faire des tests de médicaments pour orienter son traitement.
  23. 1:42 Dans l'équipe et avec nos collaborateurs, on s'intéresse à la dissémination métastatique.
  24. 1:47 C'est le processus par lequel les cellules tumorales qui sont nées dans un organe primaire
  25. 1:52 vont acquérir des propriétés migratoires pour aller coloniser un organe secondaire
  26. 1:58 et y former des métastases.
  27. 1:59 Donc c'est les tumeurs qui vont se former dans des organes à distance.
  28. 2:02 On a été financé par l'Agence nationale de recherche
  29. 2:05 afin de comprendre comment des groupes de cellules tumorales
  30. 2:09 qu'on avait identifiés dans les cancers colorectaux
  31. 2:11 acquièrent des propriétés migratoires qui n'avaient jamais été observées dans des modèles expérimentaux.
  32. 2:16 Et donc on pense que baser nos recherches sur des échantillons
  33. 2:19 qui viennent directement des patients atteints de cancer
  34. 2:21 nous permet d'identifier des processus fondamentaux
  35. 2:24 qui n'ont jamais été identifiés sur le matériel
  36. 2:27 qui est disponible dans les laboratoires de façon classique,
  37. 2:31 c'est-à-dire soit les modèles murins, soit les lignées cellulaires.
  38. 2:35 On a pu démontrer que des groupes de cellules tumorales
  39. 2:38 sont capables de rester liés et de disséminer ensemble,
  40. 2:42 d'acquérir des propriétés migratoires pour se déplacer dans les différents tissus
  41. 2:46 et avec une modalité qu'on appelle non adhérente,
  42. 2:50 c'est-à-dire indépendante de leur interaction avec ces tissus qu'elles vont traverser.
  43. 2:56 Et donc ce mode de migration qu'on a baptisé collectif amyboïde
  44. 2:59 n'avait jamais été décrit dans aucun système expérimental.
  45. 3:10 Alors avant tout la biologie, c'est ce qui me passionne depuis longtemps, depuis l'université.
  46. 3:14 Je trouve que c'est passionnant de comprendre les mécanismes de la vie
  47. 3:17 et pour impacter positivement la société, j'ai eu envie de m'impliquer
  48. 3:20 quand j'ai rejoint Gustave Roussy dans des questions liées à une maladie, le cancer.
  49. 3:24 Et ce qui me motive tous les jours, c'est d'animer un groupe de collaborateurs,
  50. 3:28 que ce soit mon équipe où il y a énormément de chercheurs incroyables,
  51. 3:32 mais aussi les collaborateurs de façon plus large,
  52. 3:34 donc les médecins avec qui on travaille à l'hôpital
  53. 3:36 ou les biophysiciens avec qui on travaille dans le cadre du projet migration collectif amyboïde.
  54. 3:48 Je n'ai pas de conseil type à vous donner,
  55. 3:50 je pense qu'il n'y a pas de conseil générique pour tous les chercheurs.
  56. 3:53 C'est plein de personnalités, plein de typologies de chercheurs différents,
  57. 3:56 donc soyez vous-même.
  58. 3:58 Peut-être deux grandes lignes de réflexion.
  59. 4:00 La résilience, c'est un métier sur le long terme,
  60. 4:02 aussi bien dans les thématiques de recherche,
  61. 4:04 arriver à comprendre des choses qui étaient inconnues jusqu'alors,
  62. 4:06 c'est un processus qui prend du temps.
  63. 4:09 Intégrer la recherche, c'est aussi quelque chose de long, mais il ne faut pas se décourager.
  64. 4:13 Et puis, ne pas oublier de se faire plaisir.
  65. 4:15 Il y a des moments difficiles dans la recherche, mais comme dans tous les métiers,
  66. 4:18 mais c'est une activité formidable et il ne faut pas l'oublier.