Les Cévennes, un retour aux sources - Échappées belles
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Ce voyage dans les Cévennes explore la beauté naturelle de la région et rencontre des habitants qui ont choisi de vivre en harmonie avec la nature, adoptant des modes de vie alternatifs et solidaires, loin du tumulte urbain.
- 0:00 Les Cévennes. Depuis que je suis enfant, ce nom résonne pour moi comme une promesse,
- 0:14 celle de grands espaces spectaculaires et d'un écran de nature absolument grandiose.
- 0:19 Mon voyage vient de commencer et je ne suis pas déçu. J'ai l'impression de retrouver
- 0:31 ici un peu de la Mongolie où j'avais vécu des échappées belles qui m'avaient absolument
- 0:35 bouleversé. C'est magnifique ce paysage. C'est tranquille.
- 0:41 C'est trop beau. Je te remercie de m'avoir pris en stop
- 0:49 en tout cas parce qu'il n'y a pas beaucoup de passages.
- 0:51 Il n'y a pas beaucoup de passages, mais il n'y a aussi pas beaucoup de monde qui fait
- 0:53 du stop. Avec ta veste rouge, on te voyait bien et je ne pouvais pas te rater.
- 0:57 Merci, c'est sympa ça. Et tout le monde prend les gens en stop comme ça ici ?
- 1:00 Oui, normalement oui. On ne peut pas laisser les gens comme ça au milieu tout seul. C'est
- 1:07 ça les Cévennes. Et là, je vais te laisser juste au croisement pour avoir accès à droite.
- 1:15 Je prends le chemin qui monte, c'est ça ? Oui, tu prends le chemin qui monte. Ce n'est
- 1:18 pas trop loin. Et moi, je m'en vais à gauche. Merci, je continue tout droit là, tout simplement.
- 1:28 Super. Merci beaucoup à toi. Courage.
- 1:32 Et bonne route surtout.
- 1:34 Bonne route à toi.
- 1:39 Salut.
- 1:49 Si je suis venu ici, c'est parce que je suis en quête d'inspiration. Et je sais que dans
- 1:54 ce parc national m'attendent des pionniers et des idéalistes, en tout cas des gens qui
- 1:59 tentent de réinventer une vie plus solidaire et plus fraternelle.
- 2:11 J'ai hâte d'aller les rencontrer et de découvrir avec vous ce qu'ils ont à partager.
- 2:16 Alors, parez pour l'aventure les amis, c'est parti !
- 2:29 Un voyage dans les Cévennes, c'est plus qu'un voyage.
- 2:31 C'est la première fois de ma vie que je fais du sidecar.
- 2:33 Quand on vit ici, c'est la plus grande occupation.
- 2:35 Être en admiration devant le paysage.
- 2:37 En fonction des saisons, c'est vraiment trop beau.
- 2:39 C'est un état d'esprit.
- 2:41 Je ne voyage pas pour aller quelque part, je voyage pour le plaisir du voyage.
- 2:44 Nous, notre projet de vie, voilà, c'était que nos enfants grandissent à la campagne
- 2:48 avec des bêtes et le plus proche de la nature possible.
- 2:51 On est de plus en plus à vouloir rester.
- 2:53 C'est pour ça qu'on s'est fait un projet de vie.
- 2:55 On est de plus en plus à vouloir rester.
- 2:57 C'est pas qu'on ne veut pas quitter nos parents ou qu'on ne veut pas quitter nos racines.
- 2:59 C'est qu'on se rend compte de la chance de la vie qu'on a ici.
- 3:01 Ismaël Kenifa va le découvrir.
- 3:03 Il y a une ambiance tellement apaisante ici.
- 3:05 On se sent bien, je trouve, il y a des bonnes ondes partout.
- 3:07 En croisant quelques parcours de vie atypiques.
- 3:09 Ici, j'oublie le monde.
- 3:11 Il faut juste trouver le bon équilibre entre sa solitude et sa socialité.
- 3:16 Je suis quelqu'un qui a choisi sa vie et qui ne la subit pas.
- 3:19 Et très inspirant.
- 3:21 Allez, bonjour à tous et bonjour à toutes.
- 3:23 Bienvenue sur Radio Bartas.
- 3:25 C'est le week-end, on est bien, on est bien.
- 3:27 C'est un secteur qui n'est pas desservi par les médias, on va dire, traditionnels.
- 3:31 La télé en Cévennes, il fallait le faire, il fallait l'inventer.
- 3:35 Les Cévennes, c'est aussi une aventure intérieure.
- 3:40 Bonjour Ismaël.
- 3:42 Merci de m'accueillir dans votre monastère.
- 3:44 Ce que j'ai envie de vivre, moi, c'est vraiment cette immersion dans votre façon de vivre.
- 3:50 J'ai l'impression que c'est l'endroit parfait pour ça.
- 4:05 Salut Kanel.
- 4:07 Salut Ismaël, enchantée.
- 4:09 Ça va ?
- 4:10 Bien et toi ?
- 4:11 Très bien, tu ne m'as pas trop attendu.
- 4:13 Non, parfait au soleil.
- 4:14 T'es pas mal, j'ai vu, t'es bien installée sur ta pierre.
- 4:17 Avec une jolie vue, on ne va pas se plaindre.
- 4:19 Je suis super heureux de te rencontrer parce que, pour moi, l'idée de traverser les Cévennes
- 4:23 avec un âne, en tout cas une partie des Cévennes, c'est assez mythique.
- 4:27 C'est la chose à faire, je trouve, quand tu viens en Cévennes.
- 4:30 Il y a quand même historiquement déjà des ânes depuis longtemps
- 4:33 parce que c'est quand même un animal qui était adapté
- 4:35 et qui est toujours adapté à des terrains qui ne sont pas très praticables.
- 4:39 Il n'y a pas très longtemps, il y avait des ânes un peu partout dans chaque ferme
- 4:42 pour pouvoir chercher des fruits, pour pouvoir l'utiliser au quotidien.
- 4:46 Quand on fait ça, on se fait une expérience de voyage singulière
- 4:50 mais on plonge quand même dans la culture des Cévennes.
- 4:52 C'est ça aussi, il y a des gens qui vivent là.
- 4:55 C'est beau que ça soit préservé aussi, les ânes,
- 4:58 pour faire découvrir les paysages, le patrimoine, la faune, la flore.
- 5:12 C'est cool de faire un peu de vélo avant de partir avec les ânes,
- 5:15 ça va me mettre en jambes.
- 5:23 Ce n'est pas facile de te suivre.
- 5:24 Moi, j'ai l'assistance.
- 5:26 Voilà, c'est vraiment moi qui me fais les mollets, c'est ça ?
- 5:29 C'est ça.
- 5:38 C'est un peu décourageant de se voir avec ton moteur.
- 5:41 Je ne vais pas l'enlever, sinon je n'y arriverai pas.
- 5:46 Allez, courage !
- 5:54 En haut de la montée, tu as la récompense.
- 6:00 Ce qui me surprend, c'est qu'entre le Cosmejan où j'ai commencé et ici,
- 6:05 ça n'a rien à voir en termes de paysages.
- 6:07 Pourtant, on n'est pas si loin, on est à quelques dizaines de kilomètres.
- 6:10 Quelques dizaines de kilomètres à tout casser.
- 6:15 Tu as grandi ici ?
- 6:16 Oui.
- 6:17 Tu es une fille des Cévennes ?
- 6:18 C'est ça.
- 6:19 Je suis native des Cévennes, comme on dit.
- 6:22 C'était une très belle enfance, j'ai eu une chance incroyable.
- 6:24 On allait à la rivière, on retrouvait les copains, on allait à pied ou à vélo.
- 6:30 On était tout le temps dans la nature.
- 6:31 Même l'école, c'était une petite école où on pouvait aller dans les châtaigneries.
- 6:37 Ça fait rêver, ça !
- 6:38 C'est vrai.
- 6:40 Ça te dit qu'on se fait une petite pause là ?
- 6:42 Je ne suis pas contre.
- 6:44 Il est beau le hêtre.
- 6:46 Magnifique !
- 6:54 On est bien là.
- 6:56 Oui, au soleil.
- 6:58 Petite tisane.
- 7:00 C'est fabuleux.
- 7:04 Merci beaucoup !
- 7:06 C'est Vennes alors ?
- 7:07 On trinque ?
- 7:08 On trinque à la tisane, c'est cool.
- 7:12 Je t'en coupe un petit morceau ?
- 7:14 Oui, volontiers.
- 7:18 Merci monsieur.
- 7:20 Tu es partie à un moment d'ici ?
- 7:22 Je suis partie pour les études.
- 7:25 Je suis allée à Montpellier d'abord, puis à Toulouse.
- 7:29 Après en Italie, j'ai vécu en Italie.
- 7:30 J'ai eu un besoin de nature important qui m'a fait dire que ce n'était plus possible pour moi de vivre en ville.
- 7:37 Ça ne m'a plus un temps d'être aussi en ville, ça m'a apporté autre chose.
- 7:40 Mais quand même, il y a quelque chose qui m'a rattrapée.
- 7:42 Même quand je suis revenue ici dans les Cévennes après l'Italie,
- 7:46 j'ai pleuré en regardant les paysages.
- 7:48 Tellement ça m'a touchée de retrouver ces paysages-là.
- 7:53 C'est beau.
- 7:57 Et tu as des enfants ?
- 7:58 Oui, j'ai deux enfants.
- 8:00 J'ai un petit garçon qui a deux ans et une fille qui a six ans.
- 8:03 Ils ont aussi la chance de pouvoir aller à la rivière l'été, au beau jour.
- 8:08 C'est vrai que je dis que c'est une chance parce que ça pourrait paraître simple,
- 8:11 mais aujourd'hui, ce n'est pas forcément partout.
- 8:15 C'est une belle opportunité.
- 8:17 C'est un beau privilège, c'est sûr.
- 8:19 Dans les années 70,
- 8:21 les Cévennes ont vu l'arrivée de ce que l'on va appeler les néo-ruraux.
- 8:25 Des citadins, pour la plupart, en quête d'une vie plus proche de la nature.
- 8:29 En ce début de 21e siècle, le même mouvement semble se produire.
- 8:33 Partout, des hameaux abandonnés reprennent vie
- 8:37 grâce à l'arrivée de nouvelles familles venues d'horizons opposés
- 8:40 avec des projets de vie très différents.
- 8:42 Les hameaux abandonnés,
- 8:44 c'est-à-dire les hameaux qui ont été abandonnés,
- 8:45 sont de nouvelles familles venues d'horizons opposés
- 8:48 avec des projets de vie très différents.
- 8:50 La tarte à l'oignon.
- 8:52 Après une carrière de fonctionnaire et d'infographiste,
- 8:55 Magali et Simon ont décidé en 2012 de quitter leur vie urbaine
- 8:59 pour voir leurs deux filles grandir au contact des animaux.
- 9:03 C'est ainsi qu'ils ont acquis le masque du diable dans les Cévennes gardoises
- 9:07 et commencé une nouvelle vie de paysans.
- 9:10 Moi, j'avais 5 ans et Margaux avait 4 ans.
- 9:13 Je m'en souviens, mais que très peu de la maison d'avant.
- 9:17 Il n'y avait que la rue qui était devant et c'est tout.
- 9:19 Notre projet de vie, c'était que nos enfants grandissent
- 9:23 à la campagne avec des bêtes
- 9:25 et le plus proche de la nature possible.
- 9:39 Lorsqu'elles ne sont pas à l'école,
- 9:40 Manon et Margaux participent activement à la vie de la ferme,
- 9:43 notamment en s'occupant des nombreux animaux.
- 9:48 Manon ne craint pas de se frotter aux cornes acérées
- 9:51 de cette brebis raca,
- 9:53 l'une des plus anciennes races de moutons existantes,
- 9:55 aujourd'hui menacée.
- 9:57 Même que ce soit sauvage,
- 9:59 quand tu les attrapes, ils sont calmes.
- 10:01 Il faut juste réussir à les attraper.
- 10:03 Depuis toute petite, elle court après les bêtes
- 10:06 et elle les soigne.
- 10:08 Elle le sent très à l'aise avec les animaux.
- 10:14 Pendant que Simon part garder le troupeau
- 10:16 destiné à la production de laine Mérinos...
- 10:19 Allez, fais le tour !
- 10:21 Doucement, doucement !
- 10:25 De leur côté,
- 10:27 Magali et ses filles s'occupent
- 10:29 de tout le reste de la basse-cour.
- 10:31 Bonjour les lapins !
- 10:33 Des lapins de compagnie sélectionnés
- 10:35 pour leur douceur et leur prospérité.
- 10:36 Mais aussi diverses espèces rares de poules
- 10:38 élevées dans un but de conservation
- 10:40 des races anciennes.
- 10:42 Tout le monde participe
- 10:44 au nourrissage des animaux.
- 10:46 Ici, nous avons des poules La Flèche.
- 10:48 C'est une très vieille race française
- 10:50 qui était servie à la table des rois.
- 10:52 Pour le moment,
- 10:54 l'élevage des animaux
- 10:56 et la vente de leurs produits
- 10:58 ne génèrent pas beaucoup de revenus.
- 11:00 Mais qu'importe,
- 11:02 pour Magali,
- 11:04 leur qualité de vie n'a pas de prix.
- 11:06 Elles méritent bien
- 11:08 quelques sacrifices.
- 11:10 Changer de vie,
- 11:12 ça ne se fait pas tout seul.
- 11:14 Il faut un investissement personnel,
- 11:16 un investissement dans le travail.
- 11:18 Et puis on sait
- 11:20 qu'agriculteur,
- 11:22 c'est un travail de tous les jours,
- 11:24 surtout en élevage.
- 11:26 Donc oui,
- 11:28 il y a un investissement important.
- 11:30 Je ne reviendrai pas
- 11:32 à ma vie d'avant,
- 11:34 c'est sûr.
- 11:36 À quelques kilomètres de là,
- 11:38 à Saint-Michel-de-Dèze,
- 11:40 Marie et Philippe Lafarge
- 11:42 sont encore dans l'émerveillement.
- 11:44 Car voici seulement deux ans
- 11:46 que ce couple de Monegasque
- 11:48 a quitté la principauté,
- 11:50 leurs emplois au casino
- 11:52 et dans les ressources humaines
- 11:54 pour vivre leur rêve
- 11:56 d'une vie au grand air.
- 11:58 Le plaisir du matin,
- 12:00 c'est un petit panoramique
- 12:02 en regardant tout autour.
- 12:04 C'est exactement cette vue
- 12:06 que ce sera là.
- 12:09 Leur projet aurait pourtant
- 12:11 de quoi en effrayer plus d'un.
- 12:13 Transformer un hameau délabré
- 12:15 en agite au standing haut de gamme.
- 12:22 Et voilà.
- 12:24 Donc ici, on a dit
- 12:26 la salle de musique au fond
- 12:28 et la salle de jeux des ados ici.
- 12:30 Je crois qu'on était
- 12:32 complètement inconscients.
- 12:34 Ça s'est réglé
- 12:36 et ça nous a pris pour des fous.
- 12:38 Mais je ne sais pas,
- 12:40 ça ne nous a pas fait peur.
- 12:42 On s'est dit, ça va aller.
- 12:44 Même si tout n'est pas encore terminé,
- 12:46 la métamorphose
- 12:48 est déjà spectaculaire.
- 12:50 C'est juste avant
- 12:52 de démarrer les travaux.
- 12:54 Il y a notre salon maintenant.
- 12:56 C'est ça.
- 12:58 Les bâtisses aux murs éventrés
- 13:00 envahies par la végétation
- 13:02 ne seront bientôt
- 13:04 qu'un lointain souvenir.
- 13:06 La nature,
- 13:08 c'est un des aspects,
- 13:10 un des axes forts
- 13:12 de notre projet.
- 13:14 Puis après,
- 13:16 il y a quand même
- 13:18 toute une quête du bien-être.
- 13:20 C'est vrai que cet endroit-là
- 13:22 est propice à ça.
- 13:24 Après avoir investi
- 13:26 des centaines de milliers
- 13:28 d'euros,
- 13:30 les premières chambres d'hôtes
- 13:32 seront bientôt prêtes
- 13:34 pour la location.
- 13:36 C'est ça.
- 13:41 Ce changement de vie
- 13:43 c'est aussi celui des enfants du couple.
- 13:45 Même si pour Arthur et Maël,
- 13:47 quitter leur vie sur la côte d'Azur
- 13:49 n'a pas été aussi facile.
- 13:51 Étant donné que j'ai passé
- 13:53 toute ma vie à Monaco,
- 13:55 forcément du jour au lendemain
- 13:57 qu'on me dise,
- 13:59 on s'en va,
- 14:01 alors que j'ai passé 15 ans là-bas,
- 14:03 j'ai toute ma vie là-bas,
- 14:04 c'est pas facile.
- 14:06 Au début,
- 14:08 je savais pas si c'était vrai ou pas.
- 14:10 C'était une blague.
- 14:13 On s'est dit,
- 14:15 c'est pas une blague en fait,
- 14:17 on va vraiment partir
- 14:19 dans un trou pommé
- 14:21 dans la montagne.
- 14:23 Là maintenant,
- 14:25 je me rends compte
- 14:27 que c'est bien mieux ici
- 14:29 que avant.
- 14:31 Finalement,
- 14:32 Arthur se repose
- 14:34 personne qui connait
- 14:36 et est inversé
- 14:38 dans ses envies
- 14:40 et pour cela il est
- 14:42 encore petit
- 14:43 et obstacles
- 14:45 actuellement.
- 14:48 Maintenant je perceive
- 14:50 que j'ai l'envie
- 14:52 d'en revivre,
- 14:54 dé weakest
- 14:56 c'est-à-dire
- 14:57 de s'ébranler
- 14:59 dans la voie
- 15:01 Coucou les filles !
- 15:05 Salut les filles !
- 15:07 Voilà !
- 15:08 Eh ben voilà, maman est là
- 15:09 On va aller à l'intérieur
- 15:11 Juste tu fais attention
- 15:12 que ça électrifie la clôture
- 15:13 Ah d'accord ok !
- 15:14 Du coup on va enlever les poignets
- 15:18 Voilà !
- 15:19 Hop là !
- 15:20 Bonjour !
- 15:21 Je peux m'approcher ?
- 15:22 Oui oui tu peux t'approcher
- 15:23 Tu peux même les gratouiller
- 15:25 Elles aiment
- 15:27 les gratouilles papouilles
- 15:28 Ah ben je vois ça
- 15:29 Là tu es en train
- 15:30 de caresser Belle-Amie
- 15:31 Salut Belle-Amie !
- 15:33 Là l'ânesse blanche
- 15:34 c'est Yo-Yo
- 15:36 La plus vieille des ânesses
- 15:38 Toi !
- 15:39 Ah c'est ta doyenne ?
- 15:40 C'est la doyenne, ouais
- 15:41 Et là il y a Ellipse
- 15:42 la petite jeune
- 15:43 elle a 4 ans
- 15:44 donc elle est encore
- 15:45 en train d'apprendre
- 15:47 Elles sont magnifiques
- 15:48 toutes les trois
- 15:49 Les petites peloutes
- 15:50 Elles sont trop belles
- 15:51 Mais c'est très doux
- 15:52 C'est une grosse peluche quoi
- 15:53 Ouais vraiment
- 15:54 J'adore
- 15:56 Ça me plaît tellement
- 15:57 Ça me plaît tellement
- 15:58 Ah ma belle
- 16:02 Ma petite Ellipse
- 16:03 Je suis désolée aujourd'hui
- 16:04 c'est pas toi qui sors
- 16:06 Aujourd'hui
- 16:07 c'est Belle-Amie
- 16:08 la copine
- 16:09 Allez
- 16:11 Yo-Yo elle tente
- 16:12 de s'incruster sur le côté
- 16:14 Avance boulette
- 16:16 Voilà
- 16:17 Je vois vous vouliez sortir aussi
- 16:20 Bye bye les filles
- 16:21 Allez
- 16:26 Allez c'est parti Belle-Amie
- 16:29 J'aime bien ce prénom moi
- 16:31 Elle s'appelait comme ça
- 16:32 quand je l'ai eue
- 16:33 Belle-Amie c'est
- 16:34 soit Belle-Amie le mot passant
- 16:35 ou Belle-Amie le pirate
- 16:39 Par contre je me fais bien pousser
- 16:42 Alors ce que tu vas essayer de faire
- 16:43 c'est soit te mettre devant
- 16:44 soit clairement derrière
- 16:45 C'est bien de lui laisser
- 16:46 un peu d'espace
- 16:52 Voilà ma belle
- 17:09 Je ne t'ai même pas demandé
- 17:10 où est-ce qu'on va
- 17:11 On va prendre une partie du GR
- 17:12 et puis ça nous amènera
- 17:14 au terrain incognito
- 17:16 C'est un lieu où il y a
- 17:17 des habitants insolites
- 17:19 des constructions qui ont été
- 17:20 faites avec les matériaux sur place
- 17:23 Donc on va dans un autre monde
- 17:25 C'est ça
- 17:26 En terre inconnue c'est prometteur ça
- 17:27 Terre inconnue avec un très bon paysage
- 17:51 Alors qu'est-ce qu'il y a ma belle ?
- 17:53 Elle est gênée ?
- 17:54 Il y a quelque chose ?
- 17:56 C'est têtu les ânes un peu coréennes non ?
- 17:58 Disons que quand il y a
- 17:59 quelque chose qui ne va pas
- 18:00 ils s'arrêtent
- 18:01 Soit c'est parce qu'il a un souvenir
- 18:02 il est en train de se rappeler
- 18:03 qu'il y a eu un chien
- 18:04 par exemple à un endroit
- 18:05 qui a été agressif
- 18:06 soit la mâle
- 18:08 Ils ne vont pas le faire sans elle
- 18:09 Ils vont le faire sans elle
- 18:10 Ils vont le faire sans elle
- 18:11 C'est ça
- 18:12 C'est ça
- 18:13 C'est ça
- 18:14 C'est ça
- 18:15 C'est ça
- 18:16 C'est ça
- 18:17 C'est ça
- 18:18 C'est ça
- 18:19 Ils ne vont pas le faire sans raison
- 18:20 Après il faut trouver la raison
- 18:21 C'est tout là
- 18:22 Parce que là par exemple
- 18:23 elle ne veut pas avancer
- 18:24 Bon bah on va camper ici
- 18:26 Allez allez
- 18:27 Un petit lit
- 18:28 Viens ma belle
- 18:30 Non elle ne veut pas
- 18:31 Tu veux que j'essaye ?
- 18:32 Tu veux que je lui parle ?
- 18:33 Allez essaye vas-y
- 18:35 Si ça marche avec moi
- 18:36 c'est la classe
- 18:37 Ouais c'est clair
- 18:38 Allez belle amie
- 18:40 Non elle est gênée
- 18:41 Ah non
- 18:42 Elle n'a pas envie du tout
- 18:44 Bon on essaie de repartir
- 18:45 dans l'autre sens ?
- 18:46 Allez on essaye
- 18:48 Allez viens belle amie
- 18:49 Donc là elle veut avancer
- 18:50 Je vais reprendre la longe
- 18:52 Ah la coquinette
- 18:53 On prend l'autre chemin ?
- 18:55 Ah comment t'exagères en vrai toi
- 19:07 Quand tu es revenue ici Cannelle
- 19:09 ça te paraissait naturel
- 19:11 de travailler avec les ânes
- 19:13 et d'y mêler aussi ta passion
- 19:15 pour le théâtre, le mythe, les contes
- 19:16 C'est ça
- 19:17 J'ai commencé par les balades contées
- 19:19 Là je développe les balades avec du chant
- 19:22 C'est une chance de pouvoir proposer aux gens
- 19:24 d'être en immersion dans la nature
- 19:26 tout en apportant aussi la dimension artistique
- 19:29 Et c'est vrai que les ânes
- 19:30 ça a un côté sympa
- 19:32 notamment avec les enfants
- 19:33 parce qu'ils portent les enfants sur dos
- 19:35 Viens ma belle
- 19:39 Dernière livre Nora
- 19:40 t'en es presque arrivée
- 19:42 Elle va pouvoir se reposer auprès
- 19:44 Et nous aussi
- 19:45 On y va
- 19:49 Waouh génial
- 19:53 Tu m'avais promis une belle vue
- 19:55 C'est beau quand même
- 19:56 Tu m'avais pas menti
- 19:58 Waouh c'est beau
- 20:01 Je me disais que ça ressemblait un peu
- 20:02 à la Mongolie au début de mon voyage
- 20:04 Il y a même des yurts
- 20:07 Hello hello
- 20:08 Hello Philippe
- 20:09 Bonjour Israël
- 20:10 Alors, ça a été ?
- 20:11 Super
- 20:13 Enchanté
- 20:14 Salut
- 20:15 C'est génial chez toi
- 20:17 C'est trop bien
- 20:18 Oui, c'est pas mal
- 20:20 C'est pas trop mal
- 20:21 On va dormir dans quelle hutte ?
- 20:25 Yurt ?
- 20:26 Toi dans la yurt
- 20:27 et Kadel dans la case
- 20:30 Alors ma belle
- 20:33 T'es prête ?
- 20:34 Ça peut être trop dur aujourd'hui
- 20:35 1, 2, 3, hop
- 20:38 Voilà
- 20:40 Dis donc, tu m'en reconnais
- 20:42 Et c'est toi qui les a construites alors ?
- 20:44 Oui
- 20:45 Cette case et cette yurt ?
- 20:46 C'est moi qui les ai construites
- 20:47 Pas tout seul
- 20:49 Non, non
- 20:50 J'ai exploité mes enfants
- 20:52 des copains
- 20:54 Tu as exploité carrément
- 20:56 C'est monté en torchis
- 20:57 et c'est quasi que de la récup
- 20:59 de terre, de fenêtres
- 21:01 de tout
- 21:02 sauf la porte que j'ai achetée
- 21:04 Porte blindée je vois
- 21:05 avec un truc de serrure
- 21:07 C'est une porte qui viendrait d'Asie
- 21:10 Sait-on jamais
- 21:11 Peut-être qu'on va aller mettre la naisse à l'enclos ?
- 21:13 Je me demandais si elle dormait dans la case ou dans la yurt
- 21:16 Et toi tu vas à l'enclos ?
- 21:17 Oui c'est ça, moi je dors à l'enclos
- 21:19 C'est génial
- 21:33 Depuis 40 ans, les Cévennes sont un des hauts lieux
- 21:36 de la randonnée pédestre en France
- 21:38 Clarence et Sylvain se sont lancés
- 21:40 voici une semaine sur le GR70
- 21:42 plus connu sous le nom de chemin de Stevenson
- 21:45 et qui relie le sud de l'Auvergne
- 21:47 au Languedoc-Roussillon
- 21:50 Donc c'est ça, la Lauzerette
- 21:52 Village Madame Aguilon
- 21:54 Du coup il faut rajouter 6 kilomètres
- 21:57 Ça va être long
- 22:01 Allez
- 22:05 Randonneur débutant, il ne s'attendait pas
- 22:07 à trouver un itinéraire aussi exigeant
- 22:10 On n'est pas forcément des marcheurs professionnels
- 22:13 donc effectivement on ne s'attendait pas
- 22:16 à cette difficulté-là
- 22:18 de faire 7-8 heures de rando par jour
- 22:20 en fait ça fait mal aux pieds
- 22:22 Après il n'y a pas beaucoup de dénivelé
- 22:24 donc elle n'est pas très dure non plus
- 22:26 C'est juste la durée qui est longue
- 22:28 le fait de faire 8 heures par jour
- 22:31 L'histoire de ce sentier commence à l'automne 1878
- 22:35 Un voyageur et son anesse, prénommée Modestine
- 22:38 chemine à travers les Cévennes
- 22:41 Cet homme c'est Robert Louis Stevenson
- 22:44 Âgé de 28 ans, cet Écossais est encore inconnu
- 22:48 La célébrité ne viendra que plus tard
- 22:50 avec le succès de ses livres comme
- 22:52 L'île au Trésor ou encore Dr Jekyll et Mr Hyde
- 23:01 Juliette Lévéjac s'est passionnée pour cette histoire
- 23:04 et a retranscrit dans une bande dessinée
- 23:06 le voyage contrepris Stevenson
- 23:08 pour, dit la rumeur, se remettre d'une rupture amoureuse
- 23:15 Alors non, il n'était pas du tout en chagrin de l'amour
- 23:18 il languissait de l'absence de sa future femme, Fanny
- 23:23 qui était une Américaine
- 23:25 qui était repartie aux Etats-Unis
- 23:27 pour divorcer de son premier mari
- 23:29 et donc il avait décidé d'occuper son temps en voyageant
- 23:33 et il voulait connaître cette partie de la France, les Cévennes
- 23:40 La principale motivation du voyage de Stevenson en Cévennes
- 23:43 était de marcher sur les traces des Camisards
- 23:46 ces paysans cévenoles protestants
- 23:48 qui à la fin du 18ème siècle
- 23:50 ont mené dans ces montagnes
- 23:52 une révolte sanglante contre le pouvoir de Louis XIV
- 23:56 Pour écrire sa bande dessinée, Juliette est repartie
- 23:58 sur les traces de l'écrivain
- 24:01 C'est une région qui a été
- 24:03 suite à la révocation de l'édit de Nantes
- 24:06 le théâtre d'une guerre cruelle
- 24:08 entre les catholiques et les protestants
- 24:10 il était lui-même d'origine protestante
- 24:12 et en venant ici
- 24:14 il voulait voir ce qu'était devenue
- 24:16 cette terre dévastée par la guerre
- 24:20 En 12 jours, Stevenson et Modestine
- 24:22 vont parcourir 220 kilomètres
- 24:24 entre le monastier sur Gazeille et Saint-Jean-du-Gare
- 24:27 dormant sous le couvert des arbres
- 24:29 et se restaurant dans les auberges
- 24:31 comme celle des Cévennes au pont de Montvert
- 24:36 Bonjour !
- 24:37 Bienvenue à l'auberge des Cévennes
- 24:39 Vous avez fait un bon chemin ?
- 24:41 Magnifique !
- 24:43 Plus de 140 ans après le passage de Stevenson
- 24:45 l'auberge est toujours là
- 24:47 entièrement restaurée par Eva Pulcinelli
- 24:50 qui a voulu faire de ce lieu
- 24:52 un camp de base pour aventuriers et voyageurs
- 24:55 Voilà votre chambre
- 24:57 avec nos lits-cabanes
- 24:59 créations qu'on a réalisées
- 25:01 avec chacun son petit jeu
- 25:03 son petit filet, sa petite prise, son lit
- 25:05 la vue sur le tard
- 25:07 Magnifique !
- 25:09 Et je vous souhaite une bonne nuit
- 25:11 Son auberge, Eva l'a imaginée
- 25:13 comme un hommage à la grande famille
- 25:15 des écrivains voyageurs
- 25:17 dont Stevenson serait un peu le père
- 25:19 Là on est dans cette chambre pour un voyageur
- 25:21 ça pourrait être un voyageur écrivain
- 25:23 ça pourrait être la chambre de Robert Louis Stevenson
- 25:25 Il aurait pu être là
- 25:27 donc on a chiné des objets
- 25:29 on a essayé de trouver des choses liées à son histoire
- 25:31 à ses voyages et aux chemins
- 25:33 et puis on a voulu mettre cette citation
- 25:35 Je ne voyage pas pour aller quelque part
- 25:37 je voyage pour le plaisir du voyage
- 25:43 De leur côté, Clarence et Sylvain arrivent
- 25:45 au terme de leur septième journée de randonnée
- 25:49 Et ce soir, ils pourront reprendre des forces
- 25:51 à la table très réputée de Pierrette Aguillon
- 25:53 à l'hôtel de la Loserette
- 25:57 Voilà, des asperges blanches
- 26:01 en compagnie d'une huile d'olive
- 26:03 du Moulin du Zès
- 26:05 Bon appétit !
- 26:07 Merci beaucoup !
- 26:09 Une semaine de vacances pour nous
- 26:11 c'était pas que pour être dans la douleur
- 26:13 le but c'était quand même
- 26:15 qu'il y ait un petit peu de plaisir
- 26:17 et qu'après la douleur, plus il y a de douleur
- 26:19 plus il y a de plaisir aussi à la fin
- 26:21 Le récit que Stevenson écrivit
- 26:23 durant son voyage continue
- 26:25 un siècle et demi plus tard
- 26:27 d'inspirer plus de 6000 randonneurs chaque année
- 26:51 ...
- 27:03 Coucou les petits loups, c'est papa
- 27:05 J'espère que vous allez bien
- 27:07 Je suis dans les Cévennes
- 27:09 et je voulais vous montrer mes petits chats
- 27:11 que je suis avec un âne avec lequel je voyage
- 27:13 en ce moment, regardez
- 27:15 Hop là !
- 27:17 Salut bel amie !
- 27:19 Tu viens de dire un bonjour à mes petits garçons ?
- 27:23 Bon, ça se passe super bien
- 27:25 Vous me manquez beaucoup les petits chats
- 27:27 et on se retrouve bientôt
- 27:29 Je vous embrasse très fort !
- 27:37 Allez bel amie
- 27:49 Je peux la prendre un peu ?
- 27:51 Ah bah tiens, avec plaisir !
- 27:53 Cool !
- 27:55 Ça y est, elle s'est habituée à toi
- 27:57 C'est vrai, elle est plus calme aujourd'hui
- 27:59 C'est vrai qu'il y a vraiment une relation qui se crée
- 28:01 Oui
- 28:03 Premier jour, on se rencontre, on s'habitue
- 28:05 et après déjà, ça devient plus fluide
- 28:07 alors après une semaine
- 28:09 ça doit être l'amitié
- 28:11 la vraie
- 28:13 mais c'est un peu comme entre nous finalement
- 28:15 C'est ça, c'est vrai
- 28:19 Je vois qu'il y a des endroits où elle préfère être gratouillée aussi
- 28:21 Oui, et quand tu trouves l'endroit
- 28:23 où elle aime gratouiller, après
- 28:25 elle vient redemander
- 28:29 Voilà, doucement
- 28:31 Tranquille
- 28:41 Allez, c'est sous, c'est parti
- 28:43 Coucou !
- 28:45 Salut ! Ça va ?
- 28:47 Oui, vous grimpez bien
- 28:49 Bonjour, Ismaël
- 28:51 Enchanté, Cédric
- 28:53 Je ne peux peut-être pas te dire bonjour
- 28:55 Non, je vais garder mes mains sur la corde
- 28:57 si ça ne te dérange pas
- 28:59 Est-ce que ça te dérange qu'il garde ses mains sur la corde ?
- 29:01 Allez, Cécile, super là !
- 29:03 Et Kanel, tu en fais de l'escalade ?
- 29:05 Moi j'en ai fait un peu
- 29:07 avant, j'en fais plus
- 29:09 Moi je suis de l'autre côté, en train de me baigner
- 29:11 et je regarde les grimpeurs
- 29:13 J'aime bien aussi
- 29:15 Les deux font très envie
- 29:17 C'est difficile de choisir
- 29:19 En été, on fait les deux
- 29:21 On se baigne, on grimpe, on se baigne
- 29:23 Et toi, Cédric, tu es d'ici ?
- 29:25 Non, je suis à la base de la Drôme
- 29:27 Je suis venu dans les Cévennes
- 29:29 à Saint-Jean-du-Gar
- 29:31 il y a une douzaine d'années
- 29:33 un peu par hasard
- 29:35 C'est vraiment un copain à moi
- 29:37 qui m'a proposé de venir faire une formation professionnelle
- 29:39 pour être moniteur d'escalade, de canoë, de canyon
- 29:41 Et voilà, je suis resté
- 29:43 Et toi, Cédric ?
- 29:45 Il y a un côté très simple chez les gens
- 29:47 Partager un repas simple
- 29:49 de bons produits locaux
- 29:51 Parce qu'ici, il y a toujours le bien
- 29:53 de se faire plaisir
- 29:55 de vivre avec peu, en fait
- 29:57 Yes !
- 29:59 Bravo !
- 30:01 Nickel !
- 30:03 Je travaille un peu
- 30:05 pour subvenir à mes besoins
- 30:07 Après, je ne vais pas chercher à faire plus
- 30:09 Je ne vais pas capitaliser
- 30:11 Je ne suis pas carriériste
- 30:13 Je ne suis pas capitaliste
- 30:15 Non, non, j'ai juste envie de continuer
- 30:17 de ne pas me dire
- 30:19 Il fait beau aujourd'hui
- 30:21 Ok, je vais aller jouer à l'escalade
- 30:23 Je vais aller faire du vélo
- 30:25 D'autres disent que c'est une petite vie
- 30:27 d'insouciance, d'immaturité
- 30:29 Le temps jugera
- 30:31 Je laisse un peu couler
- 30:33 et je profite
- 30:35 Merci à vous, en tout cas
- 30:37 De rien, au plaisir
- 30:39 Mon ami, mon ami
- 30:41 a bien mal à sa tête
- 30:43 Madame lui a fait faire
- 30:45 un bonnet pour sa tête
- 30:47 et des souliers lilas
- 30:49 et des souliers lilas
- 30:57 Tu veux y aller avec les brebis, toi ?
- 31:09 C'est ça, il y aura quand même
- 31:13 Hop, tout de suite, ma jolie
- 31:15 On trempe les pieds ?
- 31:17 Ouais
- 31:21 C'était chouette de te rencontrer
- 31:23 de te faire découvrir cet endroit
- 31:25 La Messe
- 31:27 Ouais, vraiment
- 31:31 J'ai adoré parce que
- 31:33 j'ai découvert un univers que je ne connaissais pas du tout
- 31:35 C'était une expérience complète
- 31:37 Il y a de l'échange, du partage
- 31:39 Je suis bien contente que ça ne fait plus
- 31:41 Et tu sais quoi ? Vous allez me manquer
- 31:43 toutes les deux
- 31:45 Elle aussi ? Non !
- 31:47 Ne part pas !
- 32:07 Le Marac 3 rivières, 2000 habitants
- 32:09 Surnommée la capitale des Cévennes
- 32:11 C'est ici que les vallées convergent
- 32:13 et que s'échangent les nouvelles
- 32:17 Ce matin, Cléo est venue tendre son micro
- 32:19 sur la place du marché pour la radio locale
- 32:23 Coucou
- 32:25 Qui c'est qui a envie de discuter ?
- 32:27 La reporter veut justement savoir
- 32:29 ce qu'attendent les habitants de leur radio de proximité
- 32:31 Est-ce que
- 32:33 pour toi ça a de l'importance d'avoir des médias locaux ?
- 32:35 D'hyper proximité
- 32:37 ici à Fleurac
- 32:39 Je m'en fous moi de ce qui se passe dans le reste du monde
- 32:41 C'est ce qui se passe ici qui m'intéresse
- 32:43 à mes voisins et mes amis
- 32:45 C'est ça qui m'intéresse
- 32:47 Cléo aime être en prise directe avec la vie locale
- 32:49 Dès qu'elle le peut
- 32:51 cette ancienne agricultrice
- 32:53 employée au centre culturel de Fleurac
- 32:55 devient reporter bénévole pour Radio Bartas
- 32:59 J'aime bien faire ça
- 33:01 quand je ne suis pas au théâtre
- 33:03 J'aime bien m'investir
- 33:05 pour cette radio pour laquelle j'ai travaillé
- 33:07 pendant 8 mois
- 33:09 en tant que chargée de reportage
- 33:11 J'ai vraiment adoré ça
- 33:13 Je n'ai pas pu arrêter
- 33:15 Les annonces de Bartas
- 33:17 Faut bien les écouter
- 33:19 Les annonces de Bartas
- 33:21 Faut pas les oublier
- 33:25 Bonjour à tous et bienvenue sur Radio Bartas
- 33:27 C'est le week-end, on est bien
- 33:29 C'est l'heure des annonces de cette fin de semaine
- 33:31 Radio Bartas, radio associative
- 33:33 non commerciale et indépendante
- 33:35 Radio Bartas
- 33:37 c'est la voix de Fleurac et de sa région
- 33:39 L'association des parents d'élèves
- 33:41 des abris vous propose ce samedi
- 33:43 à l'Espinasse des pizzas à emporter
- 33:45 Tout ce qui fait la vie culturelle
- 33:47 associative ou économique des Cévennes
- 33:49 trouve un écho sur cette antenne
- 33:51 qui repose en grande partie sur la passion des bénévoles
- 33:53 Radio Bartas
- 33:55 on a la chance d'avoir une vingtaine
- 33:57 de bénévoles actifs
- 33:59 qui font de la radio
- 34:01 soit ils partent en reportage
- 34:03 soit ils font des émissions qui peuvent
- 34:05 concerner l'environnement
- 34:07 on a une émission qui s'appelle Parlez-Abre en forêt
- 34:09 qui va parler de forêt, on a une émission culturelle
- 34:11 on a Cévennes Bonnes Nouvelles
- 34:13 qui va justement donner les bonnes nouvelles
- 34:15 qui se passent ici et il y en a beaucoup
- 34:17 Dans les mêmes locaux, une autre équipe
- 34:19 se prépare à partir en reportage
- 34:21 mais cette fois pour faire de la télé
- 34:25 Depuis dix ans, Télédraille
- 34:27 elle aussi associative
- 34:29 couvre le territoire des Cévennes
- 34:31 et aujourd'hui toute l'équipe doit enregistrer un numéro
- 34:33 de l'émission En Camille
- 34:35 qui signifie En Chemin en langue occitane
- 34:37 Tu préfères qu'on les ramasse là-bas ?
- 34:39 Prêt ? Ca tourne ?
- 34:41 Ca tourne
- 34:43 Action !
- 34:45 Oh Véro
- 34:47 est-ce une camille des câbles
- 34:49 ou est-ce qu'elle nous amène ?
- 34:53 On s'amuse donc dans cette émission
- 34:55 à continuer à faire
- 34:57 vivre notre langue
- 34:59 donc on explique
- 35:01 ces balades
- 35:03 En Chemin
- 35:05 tout en occitan
- 35:07 on essaye de lui redonner un souffle
- 35:13 Instituteur à plein temps
- 35:15 David et Véronique font de la télévision en loisir
- 35:17 quant à Pierrette
- 35:19 avant d'être la réalisatrice
- 35:21 elle est d'abord viticultrice
- 35:23 et à l'origine de ce projet de télévision
- 35:25 100% Cévenoles
- 35:29 C'est un secteur qui n'est pas
- 35:31 desservi par les médias on va dire traditionnels
- 35:33 et nous on pense qu'on a un rôle à jouer
- 35:35 en faisant connaître
- 35:37 les initiatives, les projets développés
- 35:39 par les gens de ce territoire
- 35:41 la télé en Cévennes
- 35:43 il fallait le faire
- 35:45 il fallait l'inventer
- 35:47 à Télébraille
- 35:49 à Télébraille
- 35:53 Depuis un an
- 35:55 une nouvelle télévision a fait son apparition en Cévennes
- 35:59 Comment on fait ?
- 36:01 C'est vous qui filmez ou on se débrouille ?
- 36:03 On va aller déjà rencontrer
- 36:05 François et Evelyne
- 36:07 Je t'en prie Adèle
- 36:11 KWZ TV Lozère
- 36:13 utilise les réseaux sociaux
- 36:15 pour proposer chaque jour des reportages en direct
- 36:17 Bonjour et bienvenue
- 36:19 vous êtes sur KWZ TV Lozère
- 36:21 votre petite chaîne 100% lecerienne
- 36:23 aujourd'hui nous sommes à Solpérières
- 36:25 dans les Cévennes
- 36:27 et je vous laisse vous présenter
- 36:29 qui êtes-vous ?
- 36:31 Evelyne et François agriculteurs
- 36:33 à Solpérières
- 36:35 A l'ère du numérique
- 36:37 faire de la télévision devient un rêve accessible à tous
- 36:39 même au fond des vallées sévenoles
- 36:41 les plus reculées
- 36:43 Je vous passe le micro les filles on y va ?
- 36:45 Allez on vous suit
- 36:47 François votre femme c'est un petit peu une magicienne
- 36:49 Comme 25 autres correspondants de la chaîne
- 36:51 Adèle et Céline aiment le temps d'une journée
- 36:53 quitter leur emploi respectif
- 36:55 pour s'improviser animatrice télé
- 36:57 On est tous bénévoles
- 36:59 donc on a tous un autre métier à côté
- 37:01 donc on essaye de faire chacun
- 37:03 à son rythme
- 37:05 moi j'en fais à peu près un ou deux par mois
- 37:09 Qu'il soit radiophonique ou télévisé
- 37:11 grâce à ces médias d'hyper proximité
- 37:13 les Cévennes se montrent
- 37:15 pour ce qu'elles sont
- 37:17 un territoire foisonnant d'expériences humaines
- 37:19 bien loin de l'image de désert humain
- 37:21 qu'on lui prête
- 37:37 Allez Monique !
- 37:39 C'est la première fois de ma vie que je fais du sidecar
- 37:41 Je suis contente que ce soit avec moi
- 37:45 Merci d'être venue me chercher d'ailleurs
- 37:47 C'est adorable
- 37:49 Avec plaisir
- 38:09 Et voilà !
- 38:19 C'est génial le sidecar !
- 38:21 Voilà !
- 38:25 Bienvenue à la maison
- 38:27 Mais merci !
- 38:29 Pas trop peur ?
- 38:31 Pas trop peur !
- 38:33 C'est génial !
- 38:35 Bienvenue à la maison
- 38:37 Mais merci !
- 38:39 Pas trop peur ?
- 38:41 Ah non ! Un petit peu !
- 38:43 C'est ici que vous habitez ?
- 38:45 Voilà !
- 38:47 C'est notre maison
- 38:49 C'est notre chambre d'hôte
- 38:51 et notre maison
- 38:53 Si tu veux on peut visiter
- 38:55 Avec grand plaisir !
- 38:57 Je vais prendre mon sac
- 38:59 J'adore ! C'est tellement classe
- 39:01 Il y a une ambiance tellement apaisante ici
- 39:03 On se sent bien
- 39:05 Il y a des bonnes ombres partout
- 39:07 On est apaisé
- 39:09 C'est une maison qui a été faite
- 39:11 avec beaucoup de bonnes ombres
- 39:13 parce qu'on l'a fait par un rebond de vie
- 39:15 un moment négatif
- 39:17 on l'a tourné en positif
- 39:19 grâce à nos enfants
- 39:21 qui ont l'idée de construire ces maisons
- 39:23 avec des matériaux locaux
- 39:25 qu'on trouvait autour
- 39:27 C'était Théo, l'un de nos fils
- 39:29 qui l'a imaginé, qui l'a dessiné
- 39:31 C'était une très belle aventure
- 39:33 Il y a un dicton qui dit
- 39:35 vos enfants seront vos professeurs
- 39:37 C'est à 200% !
- 39:39 C'est complètement ça
- 39:41 Ça dépasse nos rêves
- 39:43 Il est où Daniel ?
- 39:45 On va le rejoindre
- 39:47 J'ai entendu dire que tu es un personnage en couleur
- 39:49 Je le supporte tous les jours
- 39:51 On va voir s'il dit la même chose de toi
- 39:55 Il doit être dans les casseroles
- 39:57 Coucou !
- 39:59 Bonjour !
- 40:01 Salut Smaël !
- 40:03 Salut Daniel !
- 40:05 Tu veux te réchauffer, boire un petit café ?
- 40:07 Avec grand plaisir !
- 40:09 Qu'est-ce que c'est chaleureux chez vous ?
- 40:11 C'était un rêve depuis très longtemps
- 40:13 et maintenant on vit notre rêve
- 40:15 au chaud, cocooné
- 40:17 Je vois qu'il y a un vrai accord dans le couple
- 40:19 parce que Monique m'a dit la même chose
- 40:21 C'est cool alors !
- 40:23 Peut-être qu'on est faits pour vivre ensemble
- 40:25 C'est possible
- 40:27 On y pensera
- 40:29 On a les lunettes originales
- 40:33 Je fais le café
- 40:37 Je ne vous connais pas mais je me sens bien avec vous
- 40:39 Franchement !
- 40:41 Nous c'est notre petit coin
- 40:43 On aime bien le faire partager aux gens
- 40:45 Vous êtes un peu généreux
- 40:47 Quand tu vois le café
- 40:49 Tu peux brûler les doigts
- 40:51 C'est pas grave
- 40:53 Qu'est-ce qui prend un café avec moi ?
- 40:55 Monique, si tu veux une petite tartine de confiture
- 40:57 Fais comme chez toi
- 40:59 Merci !
- 41:01 Le pain c'est toi qui l'as fait ?
- 41:03 J'ai été boulanger
- 41:05 un peu plus de 30 ans
- 41:07 Il y a eu un petit problème de santé
- 41:09 qui m'a pourri la vie
- 41:11 qui m'a obligé d'arrêter mon métier net
- 41:13 Maintenant je ne fais plus que du pain
- 41:15 pour le plaisir et pour les autres
- 41:17 Est-ce que c'est lié à ce que Monique m'expliquait
- 41:19 qu'il y a eu un petit accident de la vie
- 41:21 qui a donné l'impulsion pour créer cet endroit ?
- 41:23 Oui, c'est exactement ça
- 41:25 C'est l'impulsion
- 41:27 Quand ça nous est arrivé
- 41:29 C'était un peu l'effondrement
- 41:31 On ne savait pas trop comment ça allait se passer
- 41:33 On ne savait pas ce qu'on allait faire
- 41:35 Un de nos fils nous a dit
- 41:37 J'ai une idée un peu farfelue
- 41:39 Quelque chose d'original
- 41:41 J'ai fait des dessins
- 41:43 Quand on a vu les dessins
- 41:45 La première chose qu'on lui a dit
- 41:47 Est-ce que ça va tenir debout ces trucs ?
- 41:49 Ce n'est pas conventionnel
- 41:51 En tant que parent, on faisait confiance à notre fils
- 41:53 Il avait 21 ans à l'époque
- 41:55 On s'est dit
- 41:57 Où il nous embarque ?
- 41:59 Il était tellement à fond, tellement motivé
- 42:01 On avait tellement envie de sortir ce passage
- 42:03 qui était avide, voire même très avide
- 42:05 On lui a dit
- 42:07 Si tu le sens, on est partant
- 42:09 Il y avait même l'âme du lieu
- 42:11 Déjà dans ses dessins
- 42:13 C'est quelque chose qu'on ressentait
- 42:15 C'est marrant que tu parles d'une maison comme ça
- 42:17 On ressent qu'il y a vraiment une âme
- 42:19 On sent que c'est très habité ici
- 42:21 Avec tout ce bois
- 42:23 On a l'impression qu'on est dans les branches d'un arbre
- 42:25 C'est ce qu'on voulait faire aussi
- 42:27 Rentrer la nature à l'intérieur
- 42:29 Vous me touchez beaucoup
- 42:31 Vous me rappelez mes beaux-parents
- 42:33 Qui se sont rencontrés à 16-17 ans
- 42:35 C'est génial parce que vous êtes pareils
- 42:37 Dès qu'il y en a un qui commence une phrase
- 42:39 C'est l'autre qui la finit
- 42:41 C'est super, vraiment, j'adore
- 42:47 Allez go !
- 42:53 Je vais te montrer ta chambre
- 42:59 Et voilà !
- 43:01 Ton petit coin coucoune
- 43:03 L'expression à un petit nid douillet
- 43:07 Je t'en mets une bûche pour pas que t'aies froid
- 43:09 C'est du tout fait maison
- 43:11 C'est génial
- 43:13 Cette chambre c'est la première qu'on a construit
- 43:15 Il y a énormément de récupération
- 43:17 Et d'objets détournés
- 43:19 Toute la salle de bain
- 43:21 Il n'y a aucune faïence, aucun carrelage qui n'a été acheté
- 43:23 Ça a été récupéré à la déchetterie
- 43:25 Ou dans les garages des voisins
- 43:27 C'est que des choses qu'on a récupéré
- 43:29 Les lampadaires, les moules à fromage
- 43:31 Qui sont très typiques du coin
- 43:33 Je suis admiratif, franchement
- 43:35 Quel travail !
- 43:37 On est très bien sur le cause
- 43:39 Je dois aller récupérer de la farine, ça te dit de venir avec moi ?
- 43:41 Avec grand plaisir
- 43:43 On va changer de pilote alors
- 43:45 Très bien
- 43:47 Mais attention, j'avais un super pilote
- 43:49 La barrée haute
- 44:13 C'est la première fois que j'y vais
- 44:33 Notre petit balade
- 44:37 C'est étonnant de voir un moulin comme ça ici
- 44:39 Ah oui
- 44:41 Il y en a un peu partout en France
- 44:43 Et nous on a la chance d'avoir notre moulin
- 44:45 Sur le Cosmejan
- 44:47 Qui a été restauré il n'y a pas très longtemps
- 44:49 Quelques années, il est en marche
- 44:51 Et avec des vrais meuniers à l'intérieur
- 44:53 Qui produisent de la farine pour faire du pain, des gâteaux
- 44:55 Moi je viens chercher ma petite farine
- 44:57 Superbe
- 44:59 Et le lieu est magique ici
- 45:05 Salut Thierry
- 45:07 Bonjour Thierry
- 45:09 Enchanté Ismaël
- 45:11 On vient visiter ton moulin
- 45:13 On vient visiter ton moulin
- 45:15 Bienvenue
- 45:17 C'est un super endroit pour se parler
- 45:19 Ah oui c'est très bien
- 45:25 Qu'est-ce que tu es en train de faire là ?
- 45:27 On a rempli la trimie avec du blé bio
- 45:29 Qu'on est en train de moudre
- 45:33 Mais ça c'est le mécanisme des pales dehors ?
- 45:35 Oui c'est ça
- 45:37 Le bruit c'est annihilant
- 45:41 Et il a toujours été conservé comme ça ce moulin ?
- 45:43 Non pas du tout
- 45:45 On l'a remis en route en octobre 2017
- 45:47 Mais il manquait 2 mètres de maçonnerie
- 45:53 Il n'y avait plus de charpate, il n'y avait plus rien
- 45:57 Si tu cherches un bon bâtisseur, il est là
- 46:01 Je ne pourrais pas faire, c'est un peu compliqué
- 46:07 C'est moins bruyant ici déjà
- 46:11 Le blé vient d'être moulu, il tombe dans ce conduit
- 46:15 Et là il rentre dans la blûterie
- 46:19 C'est pour tamiser le produit écrasé
- 46:21 Première partie, farine
- 46:27 Deuxième partie, du somme
- 46:29 La dernière fraction
- 46:31 C'est la fraction plutôt externe du blé
- 46:33 Et ça s'appelle le gros somme
- 46:35 Les paysans du coin t'ont suivi sur ce projet ?
- 46:39 Quand on a commencé le projet, il y avait 9 agriculteurs
- 46:43 4 mois après, c'est 18
- 46:45 Et aujourd'hui, ils sont 25
- 46:49 Il y en a beaucoup qui commencent à frapper à la porte
- 46:51 Tout le monde en bénéficie alors ?
- 46:53 Autant toi que eux
- 46:55 Et que les gens qui à la fin
- 46:57 mangent cette farine
- 46:59 C'est délicieux
- 47:01 Il y a aussi des boulangers
- 47:03 Est-ce que tu as un peu de farine pour moi ?
- 47:05 Oui, on en a un
- 47:21 La Brousse, un petit village perché
- 47:23 à 1300 mètres d'altitude sur les pentes
- 47:25 du Mont Lozère
- 47:27 C'est ici que Christian Plagne élève son troupeau
- 47:29 Le chèvre est de vache d'Aubrac
- 47:33 Salut Christian !
- 47:35 Salut Manon !
- 47:37 Ça va toi ?
- 47:39 Je suis venue te chercher du fromage
- 47:41 Il n'y a pas de soucis, on y va
- 47:47 Christian produit un petit fromage de chèvre
- 47:49 à pâte molle, emblématique des Cévennes
- 47:51 Le Pélardon
- 47:53 J'ai des crémeux
- 47:55 Et ici, plutôt des secs
- 47:57 Super !
- 47:59 Je te mets un petit jour de choc
- 48:01 Oui !
- 48:03 Connu dans la région depuis le XVIIIe siècle
- 48:05 Le Pélardon est indéniablement
- 48:07 le produit sévenol le plus connu
- 48:09 avec la châtaigne
- 48:13 Manon Fabre se devait donc
- 48:15 de le proposer dans sa boutique du Pont de Montvert
- 48:17 entièrement consacrée aux produits locaux
- 48:21 Ici on est à Cévennes de Vox
- 48:23 au Pont de Montvert
- 48:25 On rassemble bientôt 50 producteurs
- 48:27 ça fait à peu près 500 références produits
- 48:29 On peut retrouver des produits d'exception
- 48:31 comme la truffe des gorgetanes
- 48:33 donc là elle est dans sa version séchée
- 48:35 dans des petites feuilles comme ça
- 48:37 On peut retrouver également
- 48:39 du safran
- 48:41 aussi juste là
- 48:43 Passionnée autant par les produits sévenol
- 48:45 que par leurs producteurs
- 48:47 la jeune entrepreneuse ne compte pas s'arrêter
- 48:49 à une simple boutique
- 48:51 La prochaine étape principale
- 48:53 c'est un site internet
- 48:55 où on pourra composer des boxes surprise
- 48:57 de produits sévenol
- 48:59 pour retrouver un peu de Cévennes dans sa boîte aux lettres
- 49:01 Le made in Cévennes
- 49:03 ne concerne pas seulement les produits alimentaires
- 49:05 Depuis 1892
- 49:07 l'atelier Tuferie de Florac produit des jeans
- 49:09 autrefois appelés toiles de nîmes
- 49:13 Une saga familiale
- 49:15 liée à la création de la ligne de chemin de fer
- 49:17 des Cévennes
- 49:19 attirant des milliers d'ouvriers
- 49:21 qui en région vont devoir équiper
- 49:23 en vêtements de travail
- 49:25 C'est ailleurs, on a dû répondre à une problématique de bon sens
- 49:27 c'est comment habiller ses ouvriers
- 49:29 pour que ce soit robuste, confortable
- 49:31 facile d'entretien et surtout pas cher
- 49:33 d'où l'utilisation de cette fameuse
- 49:35 toile de nîmes
- 49:37 qui à la base n'était pas du tout destinée à faire des vêtements
- 49:39 c'était vraiment de la bâche agricole
- 49:41 à toile de tente ou à toile de charrette
- 49:43 Ce qui va dessiner toute l'histoire emblématique
- 49:45 de cette toile
- 49:47 ce qu'on appelle vulgairement la toile de jeans
- 49:49 c'est qu'en fait en ne colorant
- 49:51 que la moitié des fils
- 49:53 on arrive à avoir un recto foncé et un verso clair
- 49:55 du coup c'était une super économie
- 49:57 parce qu'à l'époque il y a 150 ans
- 49:59 ce qui coûtait cher dans le textile
- 50:01 c'était surtout la coloration puisque c'était que des colorants naturels
- 50:03 qui parfois venaient de loin
- 50:05 Julien et Myriam Tuferi sont la quatrième génération
- 50:07 à la tête de l'atelier familial
- 50:09 Si aujourd'hui leurs jeans
- 50:11 sont vendus dans le monde entier
- 50:13 les deux entrepreneurs restent attachés
- 50:15 à une fabrication aussi locale que possible
- 50:17 C'est pourquoi la toile de leur jeans
- 50:19 est tissée en partie
- 50:21 avec de la laine de mouton des Cévennes
- 50:23 Alors voilà ce qu'on fait avec cette laine
- 50:25 cette laine d'Ecosse
- 50:27 après la collecte il va y avoir
- 50:29 toute l'étape de lavage, l'étape de filature
- 50:31 l'étape de tissage
- 50:33 et ensuite on récupère ces sergés
- 50:35 qui sont la fameuse toile emblématique
- 50:37 le toile de jeans chêne et trame
- 50:39 où tout le fil de trame
- 50:41 donc 50% de la matière c'est du fil
- 50:43 100% de laine locale
- 50:45 Et ce matin à la Canourgue
- 50:47 sur l'Ecosse sauveterre
- 50:49 la saison de la tonte des moutons
- 50:51 vient justement de commencer
- 50:53 Julien est venu prêter main forte
- 50:55 Ca y est c'est parti, grosse journée
- 50:57 la première de la collecte de laine
- 50:59 2021
- 51:01 Depuis 40 ans
- 51:03 la laine française trop chère à transformer
- 51:05 n'est quasiment plus valorisée
- 51:07 La toison des moutons est donc brûlée
- 51:09 Mais cet éleveur a été sensible
- 51:11 au projet de Julien visant à utiliser
- 51:13 la laine locale dans la fabrication de ses jeans
- 51:15 C'est considéré encore aujourd'hui
- 51:17 comme un déchet à niveau de l'agriculture
- 51:19 alors qu'en fait pas du tout
- 51:21 s'il peut y avoir de la valorisation là-dedans
- 51:23 autant en profiter
- 51:25 Par contre ça passe par une étape clé
- 51:27 qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui
- 51:29 c'est-à-dire la tonte mais surtout
- 51:31 le trier pour collecter
- 51:33 de la très belle laine locale
- 51:35 Alors mes critères sont essentiellement
- 51:37 basés sur la longueur
- 51:39 donc j'ai besoin d'une fibre
- 51:41 qui atteint entre 4 et 6 centimètres
- 51:43 et là voilà
- 51:45 les talons ils m'en poussent
- 51:47 et j'ai la longueur
- 51:49 et là c'est parfait
- 51:53 Pour le moment
- 51:55 cette valorisation de la laine locale
- 51:57 reste encore anecdotique
- 51:59 mais Julien est convaincu que d'ici quelques années
- 52:01 elle reviendra en force
- 52:11 Musique
- 52:41 Salut Daniel !
- 52:43 Salut Ismaël !
- 52:45 ça va ?
- 52:47 Et toi ?
- 52:49 Ouais ça va la petite musique ?
- 52:51 Bah ouais c'est dimanche matin
- 52:53 un petit peu d'accordéon
- 52:55 un peu traditionnel à la maison
- 52:57 En cuisinant
- 52:59 Ben oui tu vois
- 53:01 T'as pas eu trop froid ?
- 53:03 Tu veux boire un jus ?
- 53:05 J'ai bien un petit café
- 53:07 Allez je te fais un petit café
- 53:09 C'est vrai qu'il fait assez froid
- 53:11 Et ça t'a plu ?
- 53:13 Les paysages sont dingues
- 53:15 ça me fait plaisir d'aller entendre cette musique
- 53:17 Tu veux un petit bout de brioche ?
- 53:19 Il en a déjà ?
- 53:21 Oui parce que j'en ai fait ce matin de bonne heure
- 53:23 et après j'en refais pour demain
- 53:25 Je te fais goûter le produit avant de le finir
- 53:27 Allez je bois un petit thé avec toi
- 53:35 C'est pas parce que t'es là
- 53:37 Allez parfait
- 53:39 Un petit peu sucré mais pas trop
- 53:41 Juste ce qu'il faut
- 53:43 Tu vois il y en a et on en refait
- 53:45 tu vas pouvoir en profiter
- 53:47 J'espère que j'ai pas gâché ta préparation
- 53:49 parce que je suis meilleur pour manger que pour faire la cuisine
- 53:51 C'est le meilleur moment de la cuisine
- 53:53 c'est la dégustation
- 53:55 ça c'est important
- 53:57 si il y a personne pour déguster ta cuisine
- 53:59 ça sert à rien de la faire
- 54:01 Je te fais voir tout simplement
- 54:03 on va prendre de la brioche qu'on va couper en plusieurs morceaux
- 54:05 Comme ça
- 54:07 T'as le geste sûr de l'artisan toi
- 54:13 Ça va bien, ça colle pas ?
- 54:17 J'adore l'ambiance, l'accordéon
- 54:19 le petit feu, la brioche
- 54:21 Bonne heure à sur le Kos
- 54:23 C'est ça
- 54:25 Je vois que tu cuisines avec les gens du village
- 54:27 Armand et Marie
- 54:29 sur ton tablier
- 54:31 Armand et Marie c'est des anciens du village
- 54:33 ils travaillent avec les brevilles
- 54:35 ils font du lait pour la fromagerie que tu as toi
- 54:37 sur ton tablier
- 54:41 et Lorraine nous fait des glaces au lait de brevilles
- 54:43 qui sont assez extraordinaires
- 54:45 Tu parles de tous ces gens avec beaucoup d'émotions
- 54:47 je trouve cette vie un peu communautaire
- 54:49 avec les gens d'ici
- 54:51 ça te touche ?
- 54:53 ça me touche beaucoup
- 54:55 parce qu'on est dans une société
- 54:57 je suis pas très fort avec les mots
- 54:59 individualiste
- 55:01 dans un lieu où il y a une entraide
- 55:03 et le vivre avec les autres
- 55:05 ici c'est quelque chose qui est naturel
- 55:09 Qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ?
- 55:11 On va laisser lever notre brioche
- 55:13 et après je te repropose un tour de city car
- 55:15 parce qu'on a vu que t'avais apprécié
- 55:17 J'ai vraiment aimé
- 55:19 et on va t'emmener voir quelque chose
- 55:21 qu'on apprécie beaucoup
- 55:23 la beauté du paysage
- 55:25 et le lieu où on va t'emmener
- 55:27 Tu le vends bien
- 55:29 C'est notre super pilote
- 55:55 C'est épique le voyage en sidecar
- 55:57 On voit vraiment les choses différemment
- 55:59 Ah oui là !
- 56:01 Il y aura de la route comme ça
- 56:03 On dirait que j'ai une petite voiture de course
- 56:05 Allez hop !
- 56:07 On manage !
- 56:13 Ah la la, qu'est-ce que c'est beau !
- 56:15 On va t'arrêter de faire voir quelque chose
- 56:17 qui est très particulier
- 56:19 La vue tout simplement
- 56:21 C'est ça !
- 56:23 Fais-moi voir ça
- 56:25 Quand on vit ici
- 56:27 c'est la plus grande occupation
- 56:29 être en admiration devant le paysage
- 56:31 en fonction des saisons
- 56:33 C'est vraiment trop beau
- 56:35 Donc ce sont les grèves
- 56:37 qui sont les plus importantes
- 56:39 C'est la vie
- 56:41 C'est la vie
- 56:43 C'est vraiment trop beau
- 56:45 Ce sont les gorges du Tarn
- 56:47 C'est une île
- 56:49 qui est entourée d'eau
- 56:51 pratiquement partout
- 56:53 d'un côté il y a le Tarn
- 56:55 de l'autre côté il y a la Jonte
- 56:57 C'est bluffant cet endroit
- 56:59 Vous l'avez découvert quand ?
- 57:01 Il y a 25 ans je dirais
- 57:03 On avait fait les bateliers
- 57:05 de la Malène
- 57:07 On a découvert les gorges par bateau
- 57:09 et c'est très chouette
- 57:11 ça me fait très plaisir d'y retourner
- 57:13 Parce qu'on va faire ça nous aujourd'hui ?
- 57:15 Oui
- 57:17 C'est une bonne idée non ?
- 57:19 C'est super romantique quand même
- 57:21 Merci de me ramener sur vos traces
- 57:23 en quelque sorte
- 57:41 Et voilà !
- 57:45 On est arrivé dans un autre coin de paradis
- 57:47 C'est clair
- 57:49 Ce n'est pas facile de descendre
- 57:51 Il faut être souple
- 57:53 C'est le croissant
- 57:55 C'est sympa de me le faire remarquer
- 57:57 C'est la brioche
- 57:59 Le bruit de la rivière
- 58:01 comme c'est bon
- 58:03 C'est calme
- 58:05 Salut Ismaël, enchanté
- 58:07 Bonjour
- 58:09 Allez je vous en prie
- 58:11 Attention à la marche
- 58:13 Vous avez la perche pour vous aider
- 58:15 Et du coup vous pressionnez sur la banquette
- 58:17 à l'arrière
- 58:19 Est-ce qu'on va avoir le bal de mer ?
- 58:21 Normalement ça devrait aller
- 58:23 Vous avez survécu à la descente
- 58:25 On se met tous les bras comme ça ?
- 58:27 Oui
- 58:29 C'est pas mal
- 58:31 C'est pas mal
- 58:33 On se met tous les bras comme ça ?
- 58:35 Oui
- 58:37 Allez c'est parti
- 58:39 Pour une petite balade
- 58:41 On ne s'ennuie pas avec vous
- 58:43 On parie les plaisirs
- 58:45 J'aime bien ce petit bateau
- 58:47 On va se mettre dans le sens du courant
- 58:49 ça sera plus sympa
- 58:51 C'est très calme
- 58:53 Là vous voyez une rivière très calme
- 58:55 mais il faut vous imaginer
- 58:57 qu'elle est aussi très capricieuse
- 58:59 Le pont que vous avez devant vous
- 59:01 a déjà été détruit deux fois
- 59:03 La rivière peut monter par-dessus le pont
- 59:05 Il y a moins d'un an
- 59:07 elle était au niveau du renfoncement
- 59:09 C'est une crue d'à peu près 6 mètres
- 59:11 T'as vu tout ça ?
- 59:13 Le ciel de 6 mètres
- 59:15 c'est un brouhaha incessant
- 59:17 les troncs d'arbres se fracassent
- 59:19 sur les pics du pont
- 59:21 on se sent petit
- 59:23 et il faut rester humble
- 59:25 par rapport à la nature
- 59:27 mais ça fait aussi la magie des lieux
- 59:29 ça nous remet à notre place
- 59:41 La rivière change de visage
- 59:43 à la dernière année ?
- 59:45 Très régulièrement
- 59:47 A chaque crue le courant augmente
- 59:49 les cailloux sont transportés par le cours d'eau
- 59:51 et il y a des choses qui ne bougent pas
- 59:53 c'est les falaises
- 59:55 Le cours d'eau a tendance à taper sur le rocher
- 59:57 et ça balaye les galets de l'autre côté
- 59:59 C'est tout le temps le même schéma
- 1:00:01 une falaise, de la profondeur à maplomb
- 1:00:03 et des plages de l'autre côté
- 1:00:05 Il faut s'imaginer que la rivière
- 1:00:07 était tout en haut
- 1:00:09 et que c'est le plancher du cours d'eau
- 1:00:11 qui descend petit à petit
- 1:00:19 Regarde cette cavité
- 1:00:21 J'ai envie d'y habiter
- 1:00:23 C'est tellement grandiose
- 1:00:25 C'est grandiose, vraiment
- 1:00:27 Tout ça, il faut se dire que c'est l'oeuvre de la rivière
- 1:00:37 Moi je suis en lévitation avec le lieu
- 1:00:41 Attention le petit rapide
- 1:00:43 ne vous inquiétez pas, on peut toucher un petit peu le fond
- 1:00:45 avec le bateau, c'est normal
- 1:00:47 Il y a du danger, de l'émotion, du suspense
- 1:00:49 Et toi tu as grandi avec cette rivière ?
- 1:00:51 J'ai grandi, mes parents habitaient
- 1:00:53 à une quinzaine de kilomètres d'ici
- 1:00:55 mais historiquement, de famille
- 1:00:57 elles sont implantées sur le village
- 1:00:59 et du coup, tous mes week-ends, toutes mes vacances
- 1:01:01 on était les pieds dans l'eau
- 1:01:03 et après, historiquement aussi
- 1:01:05 ce métier de batelier
- 1:01:07 ça perdure de génération en génération
- 1:01:09 Ça veut dire que tu avais des ancêtres
- 1:01:11 des anciens dans ta famille
- 1:01:13 Tout à fait, mon papa a fait batelier
- 1:01:15 quand il était jeune, en job d'été
- 1:01:17 mes deux grands-pères aussi
- 1:01:19 trois de mes arrière-grands-pères aussi
- 1:01:21 Ah oui, d'accord
- 1:01:23 Donc vous comprenez bien que je n'ai pas trouvé le choix non plus
- 1:01:25 si je voulais rester dans la famille
- 1:01:27 C'est clair, c'est une grosse pression
- 1:01:29 Et les jeunes du village d'ailleurs
- 1:01:31 ils restent Clément ou ils partent ?
- 1:01:33 On est de plus en plus à vouloir rester
- 1:01:35 et c'est pas qu'on ne veut pas quitter nos parents
- 1:01:37 ou qu'on ne veut pas quitter nos racines
- 1:01:39 C'est qu'on se rend compte de la chance de la vie qu'on a ici
- 1:01:41 C'est vraiment ça, c'est une prise de conscience
- 1:01:43 Moi je trouve que t'es un grand sage Clément
- 1:01:45 Il a 23 ans
- 1:01:47 Il est très très mature
- 1:01:49 Et moi ça me fait plaisir de voir des jeunes comme ça
- 1:01:51 avec une telle maturité
- 1:01:53 Ils ont compris plein de choses
- 1:01:55 C'est vrai, je suis assez d'accord
- 1:01:57 C'est beau, ça c'est chouette
- 1:01:59 ça donne plein d'espoir
- 1:02:02 Le jour se lève à peine sur les Cévennes
- 1:02:04 que déjà Alain Fournier marche sur les sentiers
- 1:02:06 du Massif de l'éguale
- 1:02:10 C'est toujours un ébouissement
- 1:02:12 Là c'est la vallée de Talerac
- 1:02:14 C'est vraiment un endroit au coeur du parc
- 1:02:16 C'est un endroit très très très important
- 1:02:18 C'est là que je me sens bien
- 1:02:20 Je m'en souviens
- 1:02:22 Je suis content de m'être retrouvé
- 1:02:24 Je suis content de m'être retrouvé
- 1:02:26 Je suis content de m'être retrouvé
- 1:02:28 Je sais que tout le monde est content
- 1:02:30 C'est le coeur du parc des Cévennes
- 1:02:32 du Massif de l'éguale
- 1:02:34 qui est vraiment très beau
- 1:02:36 Depuis des années, ce photographe animalier
- 1:02:38 parcourt le parc national
- 1:02:40 dans l'espoir de saisir des moments rares
- 1:02:42 de la vie sauvage
- 1:02:44 Aujourd'hui, il espère capturer
- 1:02:46 des clichés d'un des animaux
- 1:02:48 les plus emblématiques des Cévennes
- 1:02:50 le mouflon
- 1:02:52 A partir de là, on va essayer
- 1:02:54 de faire le moins de bruit possible
- 1:02:56 Il y a une montée, un petit rédillon
- 1:02:58 Mais souvent, ils sont derrière
- 1:03:00 Malheureusement, ce matin
- 1:03:02 le vent violent ne facilite pas
- 1:03:04 l'approche
- 1:03:06 car le mouflon reste un animal farouche
- 1:03:08 difficile à approcher
- 1:03:10 Cette photo prise en 2020
- 1:03:12 n'en a que plus de valeur
- 1:03:14 aux yeux d'Alain
- 1:03:16 Il y avait une proximité
- 1:03:18 fabuleuse, je l'avais entendu
- 1:03:20 renifler
- 1:03:22 Il savait que je n'étais pas loin
- 1:03:24 mais il ne me voyait pas
- 1:03:26 et ça m'a énormément marqué
- 1:03:28 De ses nombreuses heures
- 1:03:30 passées à sillonner le parc
- 1:03:32 est né le livre Cévennes Sauvages
- 1:03:34 une ode à la beauté et à la biodiversité
- 1:03:36 des Cévennes
- 1:03:38 Toutes ces photos sont des souvenirs
- 1:03:40 riches pour moi, chargés d'émotions
- 1:03:42 et de rencontres animales
- 1:03:44 C'est une sorte de recueil
- 1:03:46 entre guillemets
- 1:03:48 un best-of
- 1:03:50 de mes photos sévenoles
- 1:03:52 Les Cévennes sont le territoire
- 1:03:54 d'un autre animal emblématique
- 1:03:56 qui avait pourtant totalement disparu
- 1:03:58 victime de sa mauvaise réputation
- 1:04:00 de tueur de brebis
- 1:04:04 Aujourd'hui, le vautour vole de nouveau
- 1:04:06 dans le ciel des Cévennes
- 1:04:08 et depuis quelques années
- 1:04:10 le parc national incite même
- 1:04:12 les éleveurs de brebis à mettre en place
- 1:04:14 des aires de nourrissage des vautours
- 1:04:16 directement sur leur exploitation
- 1:04:18 Une placette d'écarissage naturel
- 1:04:20 c'est un endroit qu'on voit ici
- 1:04:22 qui est clos
- 1:04:24 et qui se fait
- 1:04:26 chez un éleveur
- 1:04:28 qui en a fait la demande
- 1:04:30 et en fait l'objectif
- 1:04:32 c'est vraiment d'avoir pour lui
- 1:04:34 un endroit proche de son exploitation
- 1:04:36 où il peut déposer
- 1:04:38 les cadavres des brebis
- 1:04:40 mortes sur l'exploitation
- 1:04:42 et ensuite c'est les vautours
- 1:04:44 qui viennent pour les manger
- 1:04:46 et les évacuer
- 1:04:52 Le retour du plus grand oiseau d'Europe
- 1:04:54 en Cévennes remonte à 1981
- 1:04:56 lorsque quelques spécimens
- 1:04:58 sont réintroduits dans les gorges de la Jonte
- 1:05:02 40 ans plus tard
- 1:05:04 on y dénombre 800 couples de vautours fauves
- 1:05:06 et près de 30 couples de vautours moines
- 1:05:08 Il y a un vautour moine
- 1:05:10 qui vient d'arriver là
- 1:05:14 Bruno Veillet travaille à la LPO
- 1:05:16 la Ligue de Protection des Oiseaux
- 1:05:18 des Grandes Causses
- 1:05:20 qui assure le suivi de la population des vautours
- 1:05:22 et est en charge chaque semaine
- 1:05:24 d'organiser la curée
- 1:05:26 certainement la des spectacles
- 1:05:28 les plus impressionnants du monde animal
- 1:05:30 C'est la guilde des vautours
- 1:05:32 chacun a son rôle dans la curée
- 1:05:34 pour nettoyer le plus rapidement possible la carcasse
- 1:05:36 Ils s'attaquent en premier
- 1:05:38 ils sont en ombre
- 1:05:40 ils vont faire le plus gros du travail
- 1:05:42 et s'attaquer aux parties molles
- 1:05:44 les muscles, les viscères
- 1:05:46 quand ils auront bien engagé ce travail
- 1:05:48 les vautours moines qui vont se joindre à eux
- 1:05:50 vont attaquer les parties un peu plus dures
- 1:05:52 les tendons, les oreilles, la peau
- 1:05:54 La curée on la fait depuis 40 ans
- 1:05:56 depuis les premières réintroductions
- 1:05:58 on collecte des carcasses de brebis
- 1:06:00 qui sont mortes chez des éleveurs
- 1:06:02 qui servent d'alimentation
- 1:06:04 ou 4 espèces de vautours
- 1:06:08 Même si les Cévennes sont encore un territoire
- 1:06:10 où les vautours peuvent vivre librement
- 1:06:12 certains sont les victimes
- 1:06:14 d'une pression humaine grandissante
- 1:06:16 A La Roque
- 1:06:18 un petit hôpital recueille les oiseaux blessés
- 1:06:20 dans l'espoir de les remettre sur pied
- 1:06:22 grâce aux bons soins
- 1:06:24 de Marie-Pierre Peche, la vétérinaire
- 1:06:30 Donc là, on a 2 vautours
- 1:06:34 On va les laisser tranquilles
- 1:06:36 Vautours pauvres, juvéniles
- 1:06:38 Vautours moines juvéniles
- 1:06:40 C'est un jeune bébé qui est arrivé en train de mourir
- 1:06:42 avec des fractures
- 1:06:44 des mouches qui avaient pondu à l'arrière
- 1:06:46 c'était vraiment suite à un orage
- 1:06:48 et en fait on s'est aperçu qu'il était très riche en plomb
- 1:06:50 en saturnisme et un taux de plomb
- 1:06:52 qui faisait que toute l'os que j'ai opéré
- 1:06:54 n'a pas pu se réparer donc il ne revolera pas
- 1:06:58 L'hôpital de Marie-Pierre
- 1:07:00 est un peu une arche de Noé
- 1:07:02 3 000 animaux y sont soignés chaque année
- 1:07:04 grâce aux dons et au travail de nombreux bénévoles
- 1:07:08 C'est pas pour sauver le monde
- 1:07:10 mais c'est sûrement pour sauver
- 1:07:12 l'idée d'un monde
- 1:07:14 équilibré, harmonieux
- 1:07:16 beau, la beauté du monde
- 1:07:18 on est vraiment pour ça
- 1:07:20 donc là, les humains tous seuls, on est morts
- 1:07:22 donc on a besoin de sauver l'humanité
- 1:07:24 cette humanité doit devenir humaine, homo, sapiens, sapiens
- 1:07:26 sapiens, un de plus
- 1:07:28 Après des semaines de soins
- 1:07:30 plusieurs oiseaux sont prêts à quitter l'hôpital
- 1:07:32 pour être relâchés dans les Cieux-Sévenols
- 1:07:36 Une joie et une récompense pour les bénévoles
- 1:07:38 comme pour Marie-Pierre
- 1:07:42 Et aujourd'hui
- 1:07:44 un jet d'échelle et un épervier
- 1:07:46 seront les premiers à retrouver la liberté
- 1:07:50 Alors le Milan, regardez
- 1:07:52 il fait semblant d'être mort
- 1:07:54 mais pas longtemps
- 1:07:56 et là, il va falloir faire attention
- 1:07:58 c'est très beau
- 1:08:00 attention à toi, tu t'éloignes
- 1:08:02 alors tu lui donnes un coup d'élan
- 1:08:04 pour qu'il parte avec le vent
- 1:08:06 voilà, il y a 2000 ans, 3000 ans autour
- 1:08:08 il va repartir en bas, lui aussi
- 1:08:10 il va se cacher
- 1:08:12 il se cache tous, au revoir, à bientôt
- 1:08:16 Marie-Pierre, Benoît
- 1:08:18 Alain et les autres
- 1:08:20 tous oeuvrent au quotidien pour que les Sévènes
- 1:08:22 restent un des plus beaux sanctuaires
- 1:08:24 de la biodiversité de l'Hexagone
- 1:08:28 C'est parti !
- 1:08:46 Oh, ben voilà
- 1:08:48 belle arrivée
- 1:08:50 pas forcément contrôlée
- 1:08:52 pas contrôlée, mais bon
- 1:08:54 c'est parce qu'on n'a pas envie de se quitter
- 1:08:56 c'est ça
- 1:08:58 c'est ce que j'allais dire
- 1:09:00 c'était du coup très court
- 1:09:02 je vais prendre mon sac
- 1:09:04 il faut que tu continues
- 1:09:06 je crois que tu as quelque chose à donner
- 1:09:08 c'est pour moi ça ?
- 1:09:10 ça c'est le pain
- 1:09:12 un pain qu'on offre
- 1:09:14 pour les gens que tu vas aller voir
- 1:09:16 c'est super important
- 1:09:18 c'est fou, même la dernière petite attention
- 1:09:20 on a passé un tel moment
- 1:09:22 je suis très ému
- 1:09:24 c'est ça qui est beau
- 1:09:26 c'est de vivre avec ses émotions
- 1:09:28 je suis obligée de le consoler régulièrement
- 1:09:30 tu ne changes rien
- 1:09:32 parce qu'avec des gens comme vous
- 1:09:34 on a l'impression que tout est possible
- 1:09:36 mais tout est possible
- 1:09:38 vous êtes des héros ordinaires et anonymes
- 1:09:40 merci, c'est super
- 1:09:42 vous êtes trop beaux
- 1:09:44 bisous
- 1:09:46 à bientôt
- 1:09:54 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
- 1:10:24 Bonjour Espel, bienvenue
- 1:10:26 je vous en prie
- 1:10:28 merci frère Jean
- 1:10:30 merci de m'accueillir dans votre monastère
- 1:10:32 c'est une joie
- 1:10:34 je vous en prie, venez
- 1:10:36 j'ai un petit cadeau pour vous
- 1:10:38 ah bon, c'est gentil ça
- 1:10:40 c'est quoi ?
- 1:10:42 ça se mange ?
- 1:10:44 oui ça se mange
- 1:10:46 je crois que vous êtes un gourmet en plus
- 1:10:48 un gourmand surtout
- 1:10:50 et avant de venir j'étais chez des gens formidables
- 1:10:52 Daniel et Monique
- 1:10:54 et Daniel c'est un ancien boulanger
- 1:10:56 qui est toujours passionné de pain
- 1:10:58 quand il a su que je venais ici
- 1:11:00 il a voulu vous offrir du pain
- 1:11:02 le pain c'est le corps du prix
- 1:11:04 c'est la chair de la terre
- 1:11:06 merci, il est magnifique
- 1:11:08 vous l'embrassez quand vous le recevez ?
- 1:11:10 c'est intéressant, c'est un cadeau
- 1:11:12 c'est une bénédiction, c'est une grâce
- 1:11:14 c'est jamais un dû
- 1:11:16 si quelqu'un vient et nous offre quelque chose
- 1:11:18 surtout s'il l'a fait de ses mains
- 1:11:20 je vais vous présenter frère Joseph
- 1:11:22 vous vivez tous les deux ici ?
- 1:11:24 il y a deux sœurs qui habitent dans une autre maison
- 1:11:26 à 6 km
- 1:11:28 il y en a une à la maison de retraite
- 1:11:30 et l'autre à Jérusalem
- 1:11:32 je vous présente frère Joseph
- 1:11:34 bonjour frère Joseph
- 1:11:36 ils ont offert ce beau pain
- 1:11:38 c'est un vrai pain
- 1:11:40 ça fait toujours quelque chose
- 1:11:42 d'entrer dans un monastère
- 1:11:44 et d'avoir la chance d'y passer quelques jours
- 1:11:46 mais rien qu'en poussant la porte
- 1:11:48 ça aspire vraiment
- 1:11:50 dans une ambiance très singulière
- 1:11:52 le monastère est un lieu de silence
- 1:11:54 on écoute la présence en soi
- 1:11:56 et vous laissez tous les problèmes
- 1:11:58 à la porte
- 1:12:00 on les rendra en partant promis jurés
- 1:12:02 mais vous venez ici pour vous rencontrer
- 1:12:04 vous-même, rencontrer la présence
- 1:12:06 et être à l'écoute de la nature
- 1:12:08 ce serait trop facile, si on avait des réponses
- 1:12:10 ça serait depuis longtemps
- 1:12:12 on va vous faire visiter peut-être
- 1:12:14 et peut-être vous montrer votre cellule
- 1:12:16 la cellule, c'est pas la présence
- 1:12:18 vous me rassurez
- 1:12:20 on verra, c'est confortable
- 1:12:22 à tout à l'heure frère Jean
- 1:12:34 à l'entrée
- 1:12:36 merci
- 1:12:38 vous vous trouvez dans
- 1:12:40 une chambre que nous appelons
- 1:12:42 chambre de l'évêque
- 1:12:44 vous vous honorez
- 1:12:46 c'est une belle cellule
- 1:12:48 vous pouvez dormir ici
- 1:12:50 ici on pense qu'il y avait un prioré
- 1:12:52 bénédictin
- 1:12:54 peut-être au 14ème, 15ème siècle
- 1:12:56 et pourquoi c'est la chambre de l'évêque ?
- 1:12:58 dans tous les monastères
- 1:13:00 il y a toujours une chambre
- 1:13:02 un peu plus ornée, plus confortable
- 1:13:04 qui est destinée à accueillir
- 1:13:06 les personnes que nous voulons honorer
- 1:13:08 notre archevêque bien sûr quand il vient
- 1:13:10 un archiprêtre, et vous-même
- 1:13:12 ça me touche beaucoup
- 1:13:14 je vais être bien là
- 1:13:16 parce que ce que j'ai envie de vivre moi
- 1:13:18 c'est vraiment cette immersion
- 1:13:20 dans votre façon de vivre
- 1:13:22 j'ai l'impression que c'est l'endroit parfait pour ça
- 1:13:43 il a vraiment une âme
- 1:13:45 votre monastère frère Joseph
- 1:13:47 oui, oui, le Skitsanfoire
- 1:13:49 est un ancien masque sévenneul
- 1:13:51 et ces masques ont vraiment une âme
- 1:13:53 absolument
- 1:13:55 je trouve que rien que les façades
- 1:13:57 c'est une vraie oeuvre d'art
- 1:13:59 avec toutes ces pierres les unes sur les autres
- 1:14:01 c'est un vrai chef d'oeuvre
- 1:14:03 absolument, ces pierres en plus
- 1:14:05 ont été extraites du chemin
- 1:14:07 sur l'ancienne piste muletière du Moyen-Âge
- 1:14:09 qui longeait le monastère
- 1:14:11 ils extraient les pierres
- 1:14:13 et ils ont bâti avec les pierres du lieu
- 1:14:15 et les blocs de quartz
- 1:14:17 mes amis de Maisons Paysannes de France
- 1:14:19 une association qui aime restaurer comme moi
- 1:14:21 les murs de pierres
- 1:14:23 certains pensent que c'était pour voir de loin
- 1:14:25 et comme ça ils marchaient sur la piste muletière
- 1:14:27 dans le brouillard ou la nuit
- 1:14:29 avec la réverbération de la lune
- 1:14:31 sur les quartz
- 1:14:33 ça faisait un peu l'éclairage public
- 1:14:35 l'ingéniosité des gens qui vivaient ici
- 1:14:37 c'est fou, ils savaient utiliser leur environnement pleinement
- 1:14:39 l'environnement du lieu où ils étaient
- 1:14:41 mais qu'est-ce que ça fait
- 1:14:43 de vivre dans un bâtiment
- 1:14:45 qui dégage autant de dons
- 1:14:47 d'énergie, d'histoire
- 1:14:49 ça ne peut pas laisser insensible quand même
- 1:14:51 non ça ne laisse pas insensible
- 1:14:53 c'était les paysans eux-mêmes qui faisaient ces murs
- 1:14:55 je suis très admiratif
- 1:14:57 c'est un sacré savoir-faire
- 1:14:59 c'est un savoir-faire incroyable
- 1:15:01 avec ce bâtiment posé sur le roc
- 1:15:03 on se sent vraiment enraciné
- 1:15:05 c'est très beau
- 1:15:09 ça va frère Jean ?
- 1:15:11 ça va, je prépare un tarama
- 1:15:13 avec des pommes de terre du jardin
- 1:15:15 je vais venir vous aider alors
- 1:15:17 volontiers
- 1:15:19 je vous prépare un couteau
- 1:15:21 voilà votre petite cuisine
- 1:15:23 c'est des pommes de terre du jardin
- 1:15:25 elles sont un peu rustiques
- 1:15:27 mais elles sont délicieuses
- 1:15:29 elles sont très sucrées
- 1:15:31 vous épuisez simplement comme ça
- 1:15:33 et vous mettez un peu d'eau
- 1:15:35 et vous mettez un peu d'eau
- 1:15:37 vous épuisez simplement comme ça
- 1:15:39 et puis c'est tout
- 1:15:41 vous aimez beaucoup cuisiner frère Jean ?
- 1:15:43 moi ce que j'aime c'est le partage
- 1:15:45 parce que ça fait 40 ans que je suis moi
- 1:15:47 dans tous les monastères on m'a mis cuisinier
- 1:15:49 et chaque fois je me mets à l'écoute
- 1:15:51 comme toujours des produits du lieu
- 1:15:53 quand je suis en Grèce, en Terre Sainte
- 1:15:55 et chaque fois on est merveilleux
- 1:15:57 par exemple en Palestine, ils coupent tout en petit
- 1:15:59 il n'y a pas de portion
- 1:16:01 en France on met des portions
- 1:16:03 ici on ne sert jamais à la portion
- 1:16:05 chacun prend ce qu'il veut
- 1:16:07 il y a ceux qui jeûnent et ceux qui vont dévorer
- 1:16:09 on va mettre un quart d'heure pour les cuire
- 1:16:11 je vous écoute, vous êtes rationnels
- 1:16:13 quand on fait un travail
- 1:16:15 c'est vrai, on le fait en silence
- 1:16:17 on le fait toujours en silence
- 1:16:19 et des fois il y a des gens
- 1:16:21 quand ils parlent, ils s'arrêtent de travailler
- 1:16:23 alors il faut arriver quand même à faire les choses
- 1:16:25 je suis un peu comme ça
- 1:16:27 vous arrêtez de manger
- 1:16:29 quand vous parlez
- 1:16:31 vous êtes bien élevé
- 1:16:33 on ne parle pas la bouche pleine
- 1:16:35 faites plus profond
- 1:16:37 chez moi les repas durent 4 heures
- 1:16:39 ah oui, chez nous ils durent 20 minutes
- 1:16:41 c'est bien, vous entrez par la bonne porte
- 1:16:43 c'est-à-dire le travail manuel
- 1:16:45 aura et clabora, priez et travaillez
- 1:17:33 que ton nom soit sanctifié
- 1:17:35 que ton règne vienne
- 1:17:37 que ta volonté soit faite
- 1:17:39 sur la terre comme au ciel
- 1:17:41 donne-nous aujourd'hui
- 1:17:43 notre pain de ce jour
- 1:17:45 pardonne-nous nos offenses
- 1:17:47 comme nous pardonnons aussi
- 1:17:49 à ceux qui nous ont offensés
- 1:17:51 et ne nous laisse pas
- 1:17:53 secomber à la tentation
- 1:17:55 mais délivre-nous
- 1:17:57 du malin
- 1:17:59 Père veuillez-nous
- 1:18:01 accueillir les prières de notre Saint Père
- 1:18:03 Seigneur Jésus Christ, notre Dieu
- 1:18:05 et pitié de nous et sauve nous
- 1:18:07 Amen
- 1:18:09 Le moine
- 1:18:11 ne doit absolument
- 1:18:13 rien préférer
- 1:18:15 à l'amour du Christ
- 1:18:17 et dans sa vie
- 1:18:19 l'activité la plus importante
- 1:18:21 est la prière
- 1:18:23 cependant
- 1:18:25 l'amour de Dieu et la prière
- 1:18:27 ne sont pas des choses
- 1:18:29 que l'on puisse apprendre
- 1:18:31 d'un maître humain
- 1:18:33 c'est l'Esprit Saint
- 1:18:35 qui nous les enseigne
- 1:18:37 à l'intime de notre cœur
- 1:18:41 Voilà, ça vous plaît le clavier
- 1:18:43 un peu aillé quand même ?
- 1:18:45 C'est vrai qu'il y a de l'ail
- 1:18:47 je ne suis pas habitué
- 1:18:49 c'est bon pour le corps
- 1:18:51 c'est bon pour le cœur
- 1:18:55 c'est délicieux
- 1:18:57 Et vous êtes arrivé ici en quelle année frère Jean ?
- 1:18:59 Alors
- 1:19:01 on a fondé le lieu en 96
- 1:19:03 moi je suis originaire des Cévennes
- 1:19:05 D'accord
- 1:19:07 On est arrivés tous les deux en 96
- 1:19:09 Donc ça fait 26 ans que vous vivez tous les deux alors ?
- 1:19:11 Oui
- 1:19:13 Deux mecs
- 1:19:17 Non je dis ça parce que si on n'avait pas la foi
- 1:19:19 on n'aurait pas tenu
- 1:19:21 ce qui nous soutient
- 1:19:23 c'est le respect de la différence
- 1:19:25 la complémentarité
- 1:19:27 donc le fait qu'il y ait
- 1:19:29 la complicité, la confiance
- 1:19:31 et bien ça nous permet de tenir
- 1:19:33 Vous avez senti les épices là ?
- 1:19:35 C'est trop bon
- 1:19:37 C'est d'une richesse incroyable
- 1:19:39 C'est un plaisir de partager ces moments avec vous
- 1:19:51 Souvent qualifié de désert français
- 1:19:53 en Lozère on sait ce que signifie l'isolement
- 1:19:57 et ils sont nombreux
- 1:19:59 à avoir choisi ce territoire
- 1:20:01 pour prendre quelques distances
- 1:20:03 avec le tumulte du monde
- 1:20:05 pour assumer un autre mode de vie
- 1:20:07 Prosperine est de cela
- 1:20:09 Cette écrivaine a décidé voici 20 ans
- 1:20:11 d'éliminer de son quotidien
- 1:20:13 tout ce qui pourrait l'éloigner d'une existence
- 1:20:15 au plus proche de la nature
- 1:20:17 quitte à faire des choix extrêmes
- 1:20:23 C'est une maison
- 1:20:25 sans électricité
- 1:20:27 sans eau courante
- 1:20:29 c'est un choix que j'ai fait il y a 20 ans
- 1:20:31 j'ai toujours fui la modernité
- 1:20:33 j'ai toujours été critique
- 1:20:35 avec la modernité
- 1:20:37 donc j'ai voulu expérimenter une vie
- 1:20:39 d'abord sans électricité
- 1:20:41 parce que j'étais comptée centrale nucléaire
- 1:20:43 et puis petit à petit
- 1:20:45 à redécouvrir une vie
- 1:20:47 du Moyen-Âge
- 1:20:49 un petit peu
- 1:20:51 Dans la faible lumière de sa tanière
- 1:20:53 comme elle la surnomme affectueusement
- 1:20:55 Prosperine écrit des romans
- 1:20:57 dont elle puise l'essence
- 1:20:59 au cours de ses longues randonnées quotidiennes
- 1:21:01 J'écris l'après-midi
- 1:21:03 parce que c'est là où j'ai la lumière sur mon bureau
- 1:21:05 j'apprends à vivre
- 1:21:07 en fonction de ce que le temps
- 1:21:09 et la lumière me permet de faire
- 1:21:11 je suis comme Alexandre le Bienheureux
- 1:21:13 j'aime bien prendre le temps de prendre mon temps
- 1:21:17 Si aujourd'hui Prosperine est revenue
- 1:21:19 il n'y a pas de loup vers le monde des hommes
- 1:21:21 pendant 3 ans la forêt a été sa maison
- 1:21:23 3 ans passés dans une cabane perdue
- 1:21:25 au fond des bois
- 1:21:27 qui ont imprégné profondément en elle
- 1:21:29 un lien fort avec le vivant
- 1:21:31 Je suis assez contente et fière de moi
- 1:21:33 parce que je suis passée il y a quelques semaines
- 1:21:35 et cet arbre était cassé en deux
- 1:21:37 et donc j'ai pris ma petite ficelle
- 1:21:39 que j'avais sur moi
- 1:21:41 je l'ai ligaturé
- 1:21:43 et là ça a l'air complètement ressoudé
- 1:21:45 c'est incroyable
- 1:21:47 Je pars marcher 3 heures par jour
- 1:21:49 tous les matins
- 1:21:51 et ici
- 1:21:53 j'oublie le monde
- 1:21:55 je me sens
- 1:21:57 revenue au paléolithique
- 1:21:59 on a besoin d'alternance dans la vie
- 1:22:01 on ne peut pas être complètement seul
- 1:22:03 des fois j'aimerais bien
- 1:22:05 pouvoir y arriver
- 1:22:07 mais finalement non
- 1:22:09 j'ai quand même encore besoin des humains
- 1:22:11 et ça me fait du bien
- 1:22:13 j'ai aussi du plaisir
- 1:22:15 à être avec eux
- 1:22:17 à partager des moments
- 1:22:21 donc il faut juste
- 1:22:23 trouver le bon équilibre
- 1:22:25 entre sa solitude
- 1:22:27 et sa socialité
- 1:22:33 Vivre libre, loin des hommes
- 1:22:35 c'est également le choix
- 1:22:37 qu'a fait Yves Pelletier
- 1:22:39 il y a près de 40 ans
- 1:22:41 Après avoir été chercheur d'or au Canada
- 1:22:43 prospecteur pétrolier en Arctique
- 1:22:45 marin sur un paquebot
- 1:22:47 et après avoir visité 57 pays
- 1:22:49 ce bourlingueur a décidé un jour
- 1:22:51 de revenir sur la terre de ses ancêtres
- 1:22:53 et de ne plus en bouger
- 1:22:55 Je suis arrivé ici pour 6 mois
- 1:22:57 le 23 novembre 1983
- 1:23:01 et je n'ai pas bougé depuis
- 1:23:05 Depuis ce jour, Yves est ainsi
- 1:23:07 le seul habitant permanent du hameau de la Vialas
- 1:23:09 perché à 1300 mètres d'altitude
- 1:23:11 presque au sommet du mont Lozère
- 1:23:21 Ici, je fais avec le climat
- 1:23:23 il suffit d'être adapté
- 1:23:25 d'être très prudent
- 1:23:27 parce que quand je suis tout seul l'hiver
- 1:23:29 il ne faut pas tomber, se blesser
- 1:23:31 et rester dans la neige
- 1:23:33 il faut faire attention
- 1:23:35 Je suis quelqu'un qui a choisi sa vie
- 1:23:37 et qui ne la subit pas
- 1:23:39 pour moi, ça c'est important
- 1:23:41 d'être quelqu'un qui
- 1:23:43 prend ses décisions
- 1:23:45 et n'attend pas qu'on décide pour lui
- 1:23:47 ou qu'on lui dise quoi faire
- 1:23:53 Je suis quelqu'un qui veut
- 1:23:55 être indépendant
- 1:23:59 Été comme hiver
- 1:24:01 le quotidien de l'ermite du mont Lozère
- 1:24:03 ne varie pas
- 1:24:05 imprimant sa trace dans le paysage
- 1:24:07 et la compétition
- 1:24:09 C'est pratique, il y a du brouillard
- 1:24:11 parce que je suis la trace
- 1:24:13 je ne me perds pas
- 1:24:15 Chaque jour depuis 1985
- 1:24:17 Yves relève les données météo
- 1:24:19 pour le compte du CNRS
- 1:24:23 Alors ça, c'est l'abri météo
- 1:24:25 où on voit la température
- 1:24:29 Présentement, il fait
- 1:24:31 5,6°C
- 1:24:33 à l'ombre
- 1:24:37 Et puis là, il y a
- 1:24:39 la station automatique
- 1:24:41 qui enregistre les données
- 1:24:43 mais moi je fais
- 1:24:45 je suis là juste pour
- 1:24:47 les jours où la station ne fonctionne pas
- 1:24:49 par exemple une fois
- 1:24:51 le van a cassé le poteau
- 1:24:53 donc là, ils avaient quand même
- 1:24:55 les données du jour grâce à moi
- 1:24:59 Et puis, tous les après-midi
- 1:25:01 Yves s'enferme dans sa forge
- 1:25:03 pour fabriquer des couteaux
- 1:25:05 Autodidacte
- 1:25:07 35 ans de pratiques quotidiennes
- 1:25:09 lui ont assuré une solide réputation
- 1:25:11 Ses couteaux se vendent désormais
- 1:25:13 bien au-delà des montagnes sévenoles
- 1:25:17 Les deux tiers de ma vie
- 1:25:19 qui sont passées ici
- 1:25:21 et quand je suis arrivé ici
- 1:25:23 je me suis mis à en faire comme ça
- 1:25:25 d'abord pour le plaisir
- 1:25:27 et après pour en même
- 1:25:29 petit à petit, j'ai appris les techniques
- 1:25:31 les différentes formes de couteaux
- 1:25:33 c'est de la chimie
- 1:25:35 la transformation
- 1:25:37 d'un morceau de métal
- 1:25:39 dans un objet fini
- 1:25:41 c'est magique
- 1:25:45 Même solitaire, Yves n'en est pas
- 1:25:47 pour autant misanthrope
- 1:25:49 et si la compagnie des humains
- 1:25:51 lui est toujours agréable
- 1:25:55 son bonheur n'est jamais aussi fort
- 1:25:57 que lorsqu'il est seul
- 1:25:59 face à l'immensité des Sévènes
- 1:26:01 J'apprécie chaque jour
- 1:26:03 surtout le silence
- 1:26:05 ici là, en ce moment
- 1:26:07 pas de bruit, tranquille
- 1:26:11 il y a des fois
- 1:26:13 on a l'impression de se déranger en marchant
- 1:26:15 tellement c'est calme
- 1:26:31 Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
- 1:27:01 L'heure est venue de quitter les Cévennes.
- 1:27:30 Je laisse derrière moi ce parc national,
- 1:27:32 ces paysages si variés,
- 1:27:34 et toutes celles et ceux qui m'y ont accueillis.
- 1:27:38 Ce que je retiendrai de Frère Jean, Frère Joseph, Canel,
- 1:27:41 ou encore Monique et Daniel,
- 1:27:43 c'est cette volonté de s'engager,
- 1:27:45 de vivre pleinement leur idéal,
- 1:27:47 habiter dans la nature,
- 1:27:49 et prendre soin d'elles et de ceux qui les entourent.
- 1:27:52 Et ce que je ressens au moment de partir,
- 1:28:00 c'est que ça fait un bien fou de partager du temps
- 1:28:02 avec des gens aussi humains.
- 1:28:04 Bon, écoutez, merci,
- 1:28:06 que le Seigneur bénisse,
- 1:28:08 et à bientôt si Dieu veut.
- 1:28:10 Oui, j'espère.
- 1:28:12 Au revoir.
- 1:28:14 Au revoir Frère Joseph.
- 1:28:16 Merci infiniment.
- 1:28:18 Au revoir.
- 1:28:20 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
- 1:28:50 Et c'est quand même à tomber ici, hein,
- 1:28:52 sans mauvais jeu de mots.
- 1:28:54 Si les évènements vous manquent, les amis,
- 1:28:56 vous le savez, vous pouvez revivre
- 1:28:58 mes échappées belles sur le replay.
- 1:29:00 Et puis avant de partir,
- 1:29:02 je voudrais faire un dernier petit coucou
- 1:29:04 à Vali, Emmanuel, Dominique,
- 1:29:06 ou encore Nadia,
- 1:29:08 bref, à vous toutes et vous tous
- 1:29:10 qui partagez avec nous sur les réseaux sociaux.
- 1:29:12 Franchement, ça fait toujours plaisir
- 1:29:14 de recevoir vos nombreux messages.
- 1:29:16 Donc, merci, merci à vous.
- 1:29:18 Allez, moi je vous donne rendez-vous très vite,
- 1:29:20 les amis, pour de nouvelles aventures
- 1:29:22 au bout du monde ou juste à côté de chez vous.
- 1:29:24 À bientôt !
- 1:29:48 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Ce documentaire "Les Cévennes, un retour aux sources" suit Ismaël Kenifa dans son exploration du Parc National des Cévennes, une région qu'il décrit comme une promesse de grands espaces et de nature grandiose. En quête d'inspiration, Ismaël part à la rencontre de "pionniers et idéalistes" qui réinventent une vie plus solidaire et fraternelle, loin du tumulte urbain.Le voyage débute par une immersion dans la vie de familles néo-rurales. Il rencontre Magali et Simon, qui ont quitté leur vie citadine en 2012 pour élever leurs filles à la campagne, au contact des animaux. Ils gèrent une ferme dans les Cévennes gardoises, se consacrant à l'élevage de races anciennes de moutons et de volailles, privilégiant la qualité de vie sur les revenus. Plus loin, Marie et Philippe Lafarge, un couple monégasque, ont abandonné leurs carrières pour transformer un hameau délabré en gîte haut de gamme, cherchant le bien-être et la connexion à la nature, malgré les défis initiaux pour leurs enfants.Ismaël découvre ensuite des expériences de voyage uniques, comme la randonnée avec des ânes proposée par Cannelle. Elle partage l'histoire des ânes dans la région et l'importance de cette immersion dans la culture et les paysages cévenols, mêlant nature et art à travers des balades contées et chantées.Le documentaire explore également des modes de vie plus contemplatifs et solitaires. Ismaël visite un monastère où Frère Jean et Frère Joseph partagent leur quotidien de prière, de travail manuel et de silence, expliquant l'importance de l'écoute de soi et de la nature. Il rencontre Prosperine, une écrivaine qui vit sans électricité ni eau courante depuis 20 ans, ayant même passé trois ans dans une cabane en forêt, et qui puise son inspiration dans une existence au plus proche du vivant. Enfin, Yves Pelletier, un ancien chercheur d'or et marin, est présenté comme l'ermite du Mont Lozère, vivant seul depuis près de 40 ans, relevant des données météorologiques pour le CNRS et forgeant des couteaux, incarnant l'indépendance et le silence.Le film met en lumière les efforts de conservation de la biodiversité, notamment à travers un centre de réhabilitation d'oiseaux. En conclusion, Ismaël exprime son émotion et sa gratitude envers ces "héros ordinaires et anonymes" qui, par leur engagement et leur idéal, montrent qu'une vie harmonieuse et connectée à la nature est possible, faisant des Cévennes un véritable sanctuaire de biodiversité et d'expériences humaines singulières.
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