The Shift Project liste les 20 chantiers à lancer d'urgence pour réussir la transition énergétique

interview 24:07 Fonte ↗ jean-marc jancovici the shift project transition énergétique décarbonation économie française énergie fossile
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Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project, présente un plan robuste en 20 chantiers pour réussir la transition énergétique de l'économie française, soulignant l'urgence de la décarbonation face à la dépendance aux énergies fossiles et aux défis climatiques.

  1. 0:00 Dans le Grand Entretien, ce matin, nous recevons un ingénieur, sa voix est importante, c'est
  2. 0:05 l'un des meilleurs spécialistes des questions d'énergie et de climat, auteur de nombreux
  3. 0:10 best-sellers, enseignant à Mines Paris Tech, associé de Carbon4 et président de The Fee
  4. 0:16 Shift Project.
  5. 0:17 Il est l'un des auteurs pour ce think-tank d'un plan robuste pour l'économie française
  6. 0:24 dont le premier volet vient de paraître, son titre « Réussir la transition dans l'incertitude
  7. 0:29 la méthode en 20 chantiers ». Bonjour Jean-Marc Jancovici, et bienvenue sur France Inter.
  8. 0:36 Les auditeurs peuvent intervenir au 01 45 24 7000, vous vous interrogez sur l'application
  9. 0:42 Radio France parce que nous avons beaucoup de questions à vous poser, mais commençons
  10. 0:47 Jean-Marc Jancovici par ce titre « Réussir la transition dans l'incertitude », c'est
  11. 0:53 le premier volet d'un plan robuste pour l'économie française sur lequel vous travaillez avec
  12. 0:58 le Shift Project, 20 grands chantiers sans lesquels la transition ne réussira pas et
  13. 1:05 on va s'y arrêter, les transports, le logement, le numérique, l'industrie, il n'y aura
  14. 1:10 pas d'économie robuste sans décarbonation ?
  15. 1:13 On est en train de le voir en ce moment me semble-t-il, les deux derniers siècles nous
  16. 1:19 ont permis de disposer d'une économie extrêmement performante mais par ailleurs extrêmement
  17. 1:22 fragile.
  18. 1:23 Un exemple que j'aime bien donner, alors l'électricité n'est pas totalement fossile
  19. 1:27 dans le monde, mais quand même c'est un exemple que j'aime bien donner, si demain
  20. 1:30 matin on devait être privé définitivement d'électricité, on se retrouverait dans
  21. 1:33 une situation beaucoup moins confortable qu'avant que l'électricité n'apparaisse.
  22. 1:37 Ah oui ?
  23. 1:38 Bah oui, si demain matin on est totalement privé d'électricité, définitivement en
  24. 1:41 France vous avez des dizaines de millions de morts, on n'alimente plus les villes,
  25. 1:46 vous n'avez plus de transactions économiques, aucune, parce que l'argent aujourd'hui
  26. 1:50 c'est de l'électricité, c'est les banques, c'est les ordinateurs, on a bâti un système
  27. 1:55 qui est extrêmement performant grâce à l'électricité, mais si l'électricité disparaît, le système
  28. 1:59 est moins performant que ce qu'on avait avant l'apparition de l'électricité.
  29. 2:02 Donc d'une manière générale, le monde moderne est un monde qui est devenu extrêmement
  30. 2:06 confortable, performant, etc. à condition qu'on ait les ingrédients qui l'alimentent.
  31. 2:11 Et dans les ingrédients qu'il alimente, il y a les combustibles fossiles qu'il alimente
  32. 2:14 de façon dominante, même en France, et donc nous savons tous qu'il va falloir s'en débarrasser
  33. 2:19 un jour ou l'autre.
  34. 2:20 Alors la raison que tout le monde avait en tête c'est qu'il faut s'en débarrasser
  35. 2:23 pour des raisons de climat, mais l'actualité est en train de nous rappeler qu'il faut éventuellement
  36. 2:27 aussi s'en débarrasser parce que c'est épuisable, pas nécessairement disponible, et que nous
  37. 2:32 n'en avons pas en France.
  38. 2:33 Et vous écrivez, vous alertez sur le sujet depuis longtemps.
  39. 2:37 Est-ce que ça vous surprend que nous soyons surpris de notre dépendance au pétrole et
  40. 2:43 aux énergies fossiles en ce moment, et particulièrement depuis la guerre d'Iran et la fermeture du
  41. 2:49 détroit d'Ormuz ? On découvre, on redécouvre qu'on est accro aux pétroles ?
  42. 2:54 Disons qu'on s'est un peu trop facilement raconté qu'avec l'électricité nucléaire
  43. 3:00 et le développement des renouvelables, tout ça était un problème qui était en train
  44. 3:03 de disparaître.
  45. 3:04 En fait, quand je suis né, la part des combustibles fossiles dans l'approvisionnement énergétique
  46. 3:08 mondial était pas loin de 80%, et aujourd'hui elle est pas loin de 80%.
  47. 3:11 Donc ça n'a pas beaucoup changé.
  48. 3:14 Ça n'a pas beaucoup changé ?
  49. 3:15 Non, non, non.
  50. 3:16 Et oui, effectivement, alors je sais pas si on le découvre, mais enfin, on avait tendance
  51. 3:20 à pas trop s'en soucier.
  52. 3:21 Après, c'est le court-termisme propre au monde moderne et aux démocraties qui fait
  53. 3:27 que tant qu'on n'a pas le problème sous le nez, on a un peu tendance à l'oublier.
  54. 3:30 Mais est-ce qu'au fond, cette guerre au Moyen-Orient, c'est pas ça qui va nous obliger à faire
  55. 3:34 un marche-forcée, la transition écologique que vous appelez de vos voeux depuis longtemps ?
  56. 3:38 Si, c'est un coup de pied dans le derrière, sauf que c'est toujours beaucoup plus désagréable
  57. 3:44 de faire les choses parce qu'on se retrouve obligé que de faire les choses parce qu'on
  58. 3:49 l'a décidé et qu'on l'a organisé en conséquence.
  59. 3:51 Quand vous avez un...
  60. 3:53 Alors, prenons l'exemple du pétrole, si on consomme moins de pétrole parce qu'on s'organise
  61. 3:58 en conséquence, parce qu'on est plus sobre dans nos déplacements, parce qu'on est plus
  62. 4:02 sobre dans le chauffage, parce qu'on a isolé les logements, parce qu'on a électrifié
  63. 4:05 les déplacements, etc., ça n'empêche pas la société de fonctionner.
  64. 4:10 Si on se retrouve avec moins de pétrole parce qu'il y a moins de pétrole, alors qu'on
  65. 4:14 n'a rien organisé en conséquence, ça empêche un peu plus la société de fonctionner.
  66. 4:18 C'est un peu plus inconfortable, du reste, on le voit bien en ce moment, il y a plein
  67. 4:21 de gens qui disent « Ah, on n'arrive pas à fonctionner, aidez-nous ! ».
  68. 4:23 Il y a quelque chose de très frappant, il y a beaucoup de questions d'auditeurs, on
  69. 4:27 va y revenir dans un instant, mais sur ce rapport à l'incertitude, vous dites que
  70. 4:33 notre modèle énergétique n'est pas adapté à l'incertitude et que vous présentez
  71. 4:37 une sorte de plan d'évacuation en cas d'incendie, l'expression est très frappante.
  72. 4:42 Pour sortir de cette incertitude, est-ce qu'on doit, est-ce qu'on peut encore atteindre
  73. 4:47 la neutralité carbone d'ici 2050, malgré tout le retard accumulé, malgré tous les
  74. 4:54 constats que vous faites dans ce rapport ? Il faut agir sur l'ensemble des 20 chantiers
  75. 4:59 en même temps.
  76. 5:00 Transport, logement, numérique, tous les pans de l'économie sont concernés et il
  77. 5:04 faut agir de manière concertée.
  78. 5:06 Le discours qui a souvent été tenu ces dernières années, c'est décarboner, c'est développer
  79. 5:11 les énergies bas carbone, selon les préférences des uns et des autres, les renouvelables ou
  80. 5:14 le nucléaire.
  81. 5:15 Maintenant, de plus en plus, les gens disent les deux, mais c'est essentiellement là-dessus.
  82. 5:19 C'est ce que vous dites aussi d'ailleurs, jusqu'ici vous disiez plutôt le nucléaire.
  83. 5:22 On ne dit pas que ça.
  84. 5:23 Ce qu'on dit, c'est qu'il faut aussi s'occuper, et qu'on ne s'en est pas occupé
  85. 5:26 ces dernières années, électrifier les usages, donc développer les pompes à chaleur, développer
  86. 5:30 les voitures électriques, développer les camions électriques, diminuer par ailleurs
  87. 5:33 la quantité de kilomètres que nous faisons en voiture et la quantité de marchandises
  88. 5:37 que nous transportons, qu'il faut s'occuper de transformer l'agriculture, etc.
  89. 5:41 Et tous ces trucs-là et qu'il faut électrifier un certain nombre de processus industriels
  90. 5:44 et il faut faire tout ça en même temps, selon une expression célèbre.
  91. 5:48 Et aujourd'hui, on a eu trop de tendance, enfin jusqu'à récemment, on a eu trop
  92. 5:51 de tendance à penser que c'était un problème qu'on pouvait confier au secteur énergétique.
  93. 5:55 D'accord ? Dans son coin là, il faut construire plus d'éoliennes, plus de panneaux solaires
  94. 6:02 et plus de réacteurs nucléaires et puis c'est bon, ça règle le problème.
  95. 6:05 Alors en fait non, ça ne règle pas le problème, c'est une partie de ce qui règle le problème,
  96. 6:10 mais ce qui règle le problème, c'est aussi de s'occuper de tout le reste.
  97. 6:12 Mais il y a deux choses en ce moment, c'est-à-dire qu'on a cette guerre et le prix du pétrole
  98. 6:15 qui montait qui nous forcent à réfléchir à comment on peut se passer ou utiliser
  99. 6:19 moins de pétrole.
  100. 6:20 Et d'un autre côté, on entend aussi l'argument de la guerre pour dire « les temps sont durs,
  101. 6:24 attendons pour mettre en place certaines mesures ». Par exemple, le chancelier allemand Friedrich
  102. 6:27 Merz qui disait « la politique climatique ne doit pas mettre en péril l'industrie,
  103. 6:31 c'est la France, l'Allemagne, l'Italie qui demandent d'attendre pour réformer les
  104. 6:35 quotas carbone, c'est-à-dire ces droits à polluer que doivent acheter les entreprises ».
  105. 6:38 Vous l'entendez cet argument ?
  106. 6:40 Oui je l'entends, mais malheureusement c'est un argument qui ne sera pas opérant, parce
  107. 6:44 qu'il part du principe que plus tard ça sera plus facile.
  108. 6:46 Mais sauf que plus tard ça ne sera pas plus facile, plus tard ça sera encore plus dur.
  109. 6:50 Pourquoi est-ce que plus tard ça sera encore plus dur ? Parce que l'Europe est déjà
  110. 6:53 en décrus subie de combustibles fossiles depuis 2007.
  111. 6:56 Elle est en décrus subie de combustibles fossiles, alors si on regarde la consommation agrégée
  112. 7:00 de pétrole, gaz, charbon en Europe, ça baisse depuis 2007.
  113. 7:03 Mais c'est un choix non ?
  114. 7:05 Non, non.
  115. 7:06 La production de charbon en Europe baisse depuis les années 80, parce que ça fait
  116. 7:09 deux siècles qu'on tape dans nos mines à cause de la révolution industrielle.
  117. 7:12 Vous savez, extraire quelque chose d'une mine ou d'un gisement de pétrole c'est
  118. 7:16 vider un placard.
  119. 7:17 Vous avez un placard qui est rempli au départ, la nature l'a rempli en quelques dizaines
  120. 7:22 ou centaines de millions d'années, donc c'est lent le remplissage du placard, pour
  121. 7:26 le charbon il faut 300 millions d'années pour remplir le placard et pour le pétrole
  122. 7:29 entre 40 et 400 millions d'années.
  123. 7:30 Et donc, extraire du pétrole et du gaz et du charbon de terre, c'est vider un placard.
  124. 7:35 C'est assez simple de comprendre que quand on vide un placard, il y a un moment où
  125. 7:38 il y en a moins, et que quand il y en a moins, c'est pas facile d'avoir toujours le même
  126. 7:41 flux extractif tous les ans.
  127. 7:43 Donc en ce qui concerne le pétrole, l'Europe voit sa consommation baisser parce que la
  128. 7:48 mer du Nord, qui produisait une partie du pétrole qu'on consomme, a passé son pic
  129. 7:51 en 2000, et que le monde a passé son pic en 2008 sur le pétrole qu'on appelle conventionnel,
  130. 7:56 tout ce qui n'est pas le pétrole de schiste américain et les sables bitumineux canadiens.
  131. 7:59 Sur le gaz, la mer du Nord a passé son pic en 2005, le gaz étant gazeux, il se transporte
  132. 8:04 plus difficilement que le pétrole, et donc ça, ça a déclenché instantanément la
  133. 8:07 baisse de la consommation de gaz en Europe, et enfin sur le charbon, comme je le disais,
  134. 8:11 ça date des années 80.
  135. 8:12 Donc en fait, on est en décrus subi de combustibles fossiles en Europe depuis 2007, et depuis
  136. 8:16 2007, la production industrielle en volume a tendance à baisser.
  137. 8:19 La production automobile, par exemple, est passée par un maximum en 2007 en Europe,
  138. 8:22 les tonnes chargées dans les camions sont passées par un maximum en 2007 en Europe,
  139. 8:26 la construction est passée par un maximum en 2007 en Europe, donc en fait, et on voit
  140. 8:30 bien aujourd'hui qu'un nombre croissant de nos concitoyens sur des choses matérielles,
  141. 8:34 le logement, les déplacements, la nourriture, la consommation, etc., sont déjà dans la
  142. 8:38 décroissance, ils y sont déjà.
  143. 8:40 Donc, l'argument des politiques, qui ne comprennent pas ça, parce qu'ils ne regardent
  144. 8:44 pas la physique, ils ne regardent que l'économie, qui ne représentent pas la physique, ils
  145. 8:48 se disent « demain ça sera plus simple », non non, c'est comme le vieillissement, si
  146. 8:51 vous voulez penser que « demain je pourrai faire des choses plus facilement parce que
  147. 8:54 j'aurai arrêté de vieillir ou que ça j'aurai rajeuni », non, c'est pas vrai, donc il
  148. 8:58 faut s'en occuper tout de suite et arrêter de se raconter des histoires en pensant que
  149. 9:02 « demain ça sera plus facile ».
  150. 9:03 Alors justement, il y a Jean-Marc Jancovici, le Premier ministre, qui a créé la surprise
  151. 9:08 en annonçant une série de mesures qui vont prendre la forme d'un projet de loi qui sera
  152. 9:12 présenté d'ici l'été sur la rénovation urbaine, la décentralisation, les passoires
  153. 9:18 thermiques.
  154. 9:19 Le gouvernement lance en urgence un projet de loi « relance logement », laisser davantage
  155. 9:26 aux communes plus de latitude sur le logement social, la construction pour relancer la rénovation
  156. 9:31 urbaine.
  157. 9:32 En gros, ça repousserait le moment où on lutterait véritablement contre les passoires
  158. 9:37 thermiques.
  159. 9:38 Qu'est-ce que ça peut avoir comme conséquence pour vous ?
  160. 9:41 Alors, il faut encore une fois faire les deux, parce que l'idée qu'on ne lutte pas contre
  161. 9:46 les passoires thermiques va avec l'idée que les gens qui occupent ces logements auront
  162. 9:50 toujours accès à l'énergie de chauffage.
  163. 9:53 Or, on se focalise sur les prix, mais on devrait se focaliser un peu plus sur les quantités.
  164. 9:57 Parce que certes, il y a un cas de figure dans lequel on paye son chauffage un peu cher
  165. 10:02 mais on a de quoi se chauffer, mais il y a aussi un cas de figure dans lequel il n'y
  166. 10:05 a plus de quoi se chauffer parce que le gaz ou le pétrole ne rentrent plus.
  167. 10:08 Oui, mais là, vous comprenez, l'idée c'est de dire qu'on attend un peu de rendre inhabitable
  168. 10:12 certains logements, de rendre impossible d'allouer certains logements, parce qu'on a besoin
  169. 10:15 de ces logements pour loger ces gens.
  170. 10:18 Oui, mais ces gens, ils ont peut-être envie d'être dans un endroit dans lequel ils vont
  171. 10:22 avoir de quoi se chauffer.
  172. 10:23 Mais c'est mieux d'avoir un toit mal chauffé que pas de toit du tout.
  173. 10:26 On est d'accord, ça on est tout à fait d'accord.
  174. 10:29 Mais ce qu'il faut quand même, c'est se mettre dans une configuration dans laquelle
  175. 10:32 on fait les deux en même temps.
  176. 10:33 Donc peut-être qu'on pourrait se dire, moi je ne sais pas, je n'ai pas regardé dans
  177. 10:35 le détail parce que tout ça est récent, mais on pourrait peut-être se dire, on les
  178. 10:39 laisse rentrer dedans, mais dès à présent, on programme les travaux qui ne le réaliseront
  179. 10:43 pas tout de suite, dans un an, dans deux ans, dans trois ans.
  180. 10:45 C'est un peu l'idée, effectivement, d'avoir des devis.
  181. 10:47 Et on se garantit, on se donne quand même la garantie que les travaux vont arriver.
  182. 10:53 Alors il y a les questions des auditeurs d'Inter, je le disais sur l'application Jean-Marc
  183. 10:57 Jancovici.
  184. 10:58 Il y a Eric qui s'interroge sur la volonté d'imposer des pompes à chaleur.
  185. 11:02 Ce sont des systèmes de production d'énergie, dit-il, dont la rentabilité n'est pas assurée
  186. 11:07 dans certaines régions de France.
  187. 11:08 Pourquoi ne pas proposer des systèmes comme la géothermie, entre autres ?
  188. 11:11 Alors la rentabilité des pompes à chaleur est assurée à peu près partout.
  189. 11:15 Il faut savoir qu'en Suède, c'est un système qui est extrêmement répandu et qu'il fait
  190. 11:19 plus froid que chez nous.
  191. 11:20 Donc aujourd'hui, ça fonctionne bien, la pompe à chaleur, il n'y a pas de problème
  192. 11:23 avec ça.
  193. 11:24 La pompe à chaleur géothermique, c'est quelque chose qui coûte beaucoup plus cher que la
  194. 11:30 pompe à chaleur aérothermique, qui est celle qui est la plus répandue.
  195. 11:34 Donc si on impose la pompe à chaleur géothermique, en gros, ça double le coût d'installation
  196. 11:40 des pompes à chaleur partout.
  197. 11:41 Dans les mesures annoncées par le gouvernement, il y a le prix du litre de gazole qui a atteint
  198. 11:46 2,25 euros en moyenne nationale.
  199. 11:48 Et pour contrer ça, pour les personnes les plus modestes, toute une série d'aides.
  200. 11:52 A nouveau, 180 millions annoncés sur le mois en cours, déjà 150 millions d'euros le mois
  201. 11:59 précédent au mois d'avril.
  202. 12:00 Aides pour les travailleurs modestes, les pêcheurs, les agriculteurs.
  203. 12:02 Est-ce que l'exécutif a raison d'aider les plus pénalisés par cette hausse du prix
  204. 12:07 du pétrole ?
  205. 12:08 L'exécutif, il a éventuellement raison de les aider, à la condition que ce ne soit
  206. 12:12 pas la seule mesure mise en place.
  207. 12:14 Il faut bien voir que ces aides, c'est des anthalgiques, ce n'est pas des médicaments
  208. 12:19 qui guérissent la maladie, c'est juste des médicaments qui vous empêchent transitoirement
  209. 12:22 de ne pas avoir trop mal.
  210. 12:23 Mais tant qu'on reste dépendant des combustibles fossiles pour nos déplacements, on aura périodiquement
  211. 12:29 le problème qu'on a aujourd'hui.
  212. 12:30 Ça va avec le plan d'électrification annoncé par le gouvernement ?
  213. 12:34 Le gouvernement aujourd'hui, il a le choix entre dire tout de suite on vous paye votre
  214. 12:39 carburant ou bien tout de suite on vous promet que dans pas longtemps on va vous aider à
  215. 12:43 passer à l'électricité en vous aidant financièrement à faire ça.
  216. 12:47 Du reste, c'est le principe du leasing social.
  217. 12:49 Qui revient ?
  218. 12:50 Oui absolument, les deux dernières fois qu'il a été mis en place, il a été victime de
  219. 12:53 son succès.
  220. 12:54 Quoi qu'on puisse raconter sur l'électricité, finalement, quand on permet aux gens d'y goûter,
  221. 12:57 ils ne sont pas si mécontents que ça et personnellement je pense que c'était une
  222. 13:01 excellente mesure.
  223. 13:02 Alors certes, ça pompe aussi dans les finances publiques, mais ça règle définitivement
  224. 13:07 le problème.
  225. 13:08 Une fois que vous êtes passé à la voiture électrique, vous n'avez plus besoin jamais
  226. 13:11 de réclamer un chèque au gouvernement quand le prix du pétrole augmente et c'est vers
  227. 13:15 ça qu'il faut aller évidemment.
  228. 13:16 D'autres mesures ont été présentées par le Premier ministre Sébastien Lecornu, mais
  229. 13:22 il y a quelque chose d'intéressant dans votre rapport, je le disais, il était question
  230. 13:26 de logements, de transports, mais aussi d'agriculture et d'industrie, deux secteurs qui doivent
  231. 13:31 transformer leurs pratiques.
  232. 13:33 Les émissions non énergétiques laissent un talon d'émissions, pour vous citer, d'émissions
  233. 13:39 incompressibles.
  234. 13:40 Si rien ne change, je cite, pour atteindre les objectifs climatiques, il faudra réduire
  235. 13:44 la taille des cheptels bovins, remplacer les engrais de synthèse, changer le modèle agricole
  236. 13:50 au fond.
  237. 13:51 Est-ce qu'on y est prêt à ça ?
  238. 13:52 Alors, les agriculteurs y sont très majoritairement prêts à condition qu'ils y trouvent leur
  239. 13:56 compte sur le plan économique.
  240. 13:58 Il y a un peu plus d'un an, le Chiffre-Project avait publié un très gros rapport sur la
  241. 14:02 question agricole et qui avait été complété par ce qu'on avait appelé une grande consultation,
  242. 14:06 c'est-à-dire qu'on avait demandé directement leur avis aux agriculteurs.
  243. 14:08 On leur avait dit, ben voilà, vous en pensez quoi de tout ça ? Est-ce que vous êtes d'accord,
  244. 14:11 pas d'accord ? À quelles conditions vous êtes d'accord ? Est-ce que vous pensez que
  245. 14:14 vous en faites trop, vous en faites assez, etc.
  246. 14:15 Et l'esprit de ce qui nous avait été répondu, c'est, nous, on est tout à fait prêt à
  247. 14:21 se mettre en conformité avec les attentes des citoyens, parce que les citoyens demandent
  248. 14:25 globalement que l'agriculture soit, entre guillemets, plus vertueuse, mais on ne veut
  249. 14:30 pas y laisser notre chemise, qui n'est déjà pas grasse pour beaucoup d'agriculteurs, et
  250. 14:35 ce qu'on voudrait, c'est y trouver notre compte économiquement, et cette demande est
  251. 14:38 tout à fait légitime, et en plus, il est tout à fait possible de la satisfaire.
  252. 14:40 Jean-Marc Jancovici, l'invité du Grand Entretien, bonjour Benjamin, merci d'être avec nous
  253. 14:46 ce matin sur France Inter.
  254. 14:47 Oui, bonjour.
  255. 14:48 Vous avez une question pour notre invité ?
  256. 14:50 Oui, bonjour, merci à votre invité, merci à Jean-Marc Jancovici.
  257. 14:54 Moi, j'ai une question sur la sobriété, et plutôt la sobriété d'usage.
  258. 14:58 Moi, je suis étonné de jamais entendre, en priorité en fait, le fait de recourir
  259. 15:04 à la sobriété, donc c'est-à-dire moins se déplacer, moins consommer, moins se produire
  260. 15:11 aussi, moins se chauffer, moins s'éclairer, ou en tout cas mieux, et on parle toujours
  261. 15:15 de voitures électriques, de nucléaires, d'énergies renouvelables, mais pour moi, la sobriété,
  262. 15:21 ça serait le premier levier activé, le plus facile, le plus immédiat, et le moins cher,
  263. 15:27 et qui rapporte de l'argent aussi.
  264. 15:28 Merci Benjamin pour votre intervention, qu'est-ce que vous en pensez Jean-Marc Jancovici ? Placer
  265. 15:33 la sobriété en premier, tout en haut des priorités ?
  266. 15:37 Alors, quand on regarde les préconisations du chiffre-project, c'est partout dedans,
  267. 15:42 mais par contre, la nature humaine étant ce qu'elle est, en fait, moins c'est quelque
  268. 15:46 chose qui est difficile à vendre, ce qu'on arrive à vendre, c'est mieux ou différemment.
  269. 15:50 Donc en fait, il faut arriver à mettre la sobriété dans des choses qui sont différentes
  270. 15:54 ou mieux.
  271. 15:55 Un exemple que je présente souvent, c'est pour les gens qui arrivent à passer de la
  272. 15:59 voiture au vélo à assistance électrique pour leur déplacement du quotidien, ce qui
  273. 16:04 concerne un gros paquet de déplacements possibles, en gros, dès que vous êtes à moins de 10-15
  274. 16:08 kilomètres de votre destination, le vélo à assistance électrique est souvent une bonne
  275. 16:11 alternative.
  276. 16:12 Les gens perçoivent ça comme moins, donc il faut arriver à faire passer le mieux qui
  277. 16:17 va avec.
  278. 16:18 Et la sobriété peut être heureuse.
  279. 16:20 C'est une expression de Pierre Rabhi, ce n'est pas de la même école que vous, mais...
  280. 16:24 Il faut qu'elle comporte des éléments désirables, sinon vous ne le ferez pas.
  281. 16:28 Sinon, c'est de la coercition.
  282. 16:29 Donc, là, si je reprends le même exemple, ce qu'il faut arriver à vendre, c'est l'élément
  283. 16:36 sanitaire, ça pollue moins, ça vous met un maintien en forme, etc.
  284. 16:39 Le fait que ce soit moins stressant, le fait que vous soyez moins coincé dans les bouchons,
  285. 16:44 le fait que ça vous coûte moins cher, le fait que vous n'ayez pas besoin de trouver
  286. 16:46 une place de parking pour vous garer, enfin voilà, il faut arriver à vendre les avantages,
  287. 16:50 parce que si vous ne vendez que le fait que ça va être moins de voitures, dit comme
  288. 16:54 ça, les gens ont beaucoup de mal à s'énerver.
  289. 16:56 Mais vous aviez assumé des mesures de coercition, par exemple, sur France Inter, d'ailleurs,
  290. 17:00 vous aviez fait beaucoup réagir en disant qu'il fallait limiter quatre vols en avion
  291. 17:04 par vue...
  292. 17:05 Je n'ai pas dit qu'il fallait.
  293. 17:06 Enfin, que c'était une...
  294. 17:07 Que vous préconisez.
  295. 17:08 Non, non, non, c'est la question qui m'avait été...
  296. 17:09 Une idée.
  297. 17:10 Je m'en rappelle très bien.
  298. 17:11 La question qui m'avait été posée par Léa Salamé, c'était si l'aviation prend
  299. 17:14 sa part dans la réduction mondiale des émissions, qu'est-ce que ça donne comme possibilité
  300. 17:19 de voyage ? C'était ça la question.
  301. 17:21 Et j'avais dit, dans ce cadre-là, ça veut dire qu'en 2050, il y a quatre vols par vie
  302. 17:25 et par personne.
  303. 17:26 Mais dans les quatre vols par vie et par personne, j'avais mis les Somaliens, les Français,
  304. 17:31 les Chinois et les Brésiliens.
  305. 17:32 C'est-à-dire que c'était une moyenne pour les terriens mondiaux, pour les terriens dans
  306. 17:36 leur ensemble.
  307. 17:37 Et ce n'était pas juste les quatre supérieurs qui vous écoutent.
  308. 17:39 D'accord.
  309. 17:40 Qui eux ont sauté en l'air.
  310. 17:41 Pas que des quatre supérieurs, Jean-Marc, vous conjurez comme si vous seriez surpris.
  311. 17:43 Il y a une bonne nouvelle quand même.
  312. 17:44 Je n'ai pas dit qu'il n'y avait que des quatre supérieurs qui vous écoutent.
  313. 17:46 J'ai dit que ceux qui vous écoutent et qui sont quatre supérieurs avaient sauté en
  314. 17:48 l'air.
  315. 17:49 Voilà.
  316. 17:50 Mais ça ne concernait pas qu'eux.
  317. 17:51 Il y a une bonne nouvelle quand même.
  318. 17:52 C'est que les énergies renouvelables ont produit plus d'électricité que le charbon
  319. 17:55 en 2025.
  320. 17:56 Ce qui fait dire aux auteurs du rapport, qui ont fait le calcul, un groupe de réflexion
  321. 18:01 britannique, dans le monde, nous sommes entrés dans l'ère de la croissance propre.
  322. 18:05 Ah oui, si on médite en électricité, oui, évidemment.
  323. 18:06 Voilà.
  324. 18:07 Est-ce qu'il ne pourrait pas suffire ces énergies renouvelables à faire la transition ?
  325. 18:09 À l'époque où il n'y avait que des énergies renouvelables, c'est-à-dire il y a un peu
  326. 18:15 plus de deux siècles, le monde ne ressemblait pas vraiment à ce qu'il y a aujourd'hui.
  327. 18:18 Et aujourd'hui, c'est très difficile de savoir à quoi pourrait ressembler un monde
  328. 18:22 dans lequel il n'y aurait de nouveau que des énergies renouvelables parce que ce qu'on
  329. 18:28 appelle les énergies renouvelables qu'on utilise aujourd'hui bénéficient aussi des
  330. 18:31 énergies fossiles.
  331. 18:32 Pour faire un panneau solaire, un barrage, une éolienne moderne ou une pompe à chaleur
  332. 18:37 moderne, il faut des énergies fossiles.
  333. 18:39 Il faut de l'acier qui a été fabriqué avec du charbon, il faut des moyens de transport
  334. 18:44 parce que toutes ces fabrications sont mondialisées.
  335. 18:46 La mondialisation, c'est des bateaux et des camions, donc c'est du pétrole, etc.
  336. 18:50 Donc en fait, la question qui est si je retire les énergies fossiles partout et tout le
  337. 18:56 temps et que je n'ai plus que des éoliennes, des panneaux solaires et des barrages pour
  338. 18:59 fabriquer tout ce que nous avons dans le monde moderne, à quoi est-ce que j'ai vraiment
  339. 19:03 droit ? C'est très difficile de répondre à cette question parce qu'en fait, c'est
  340. 19:06 un cas de figure qui est beaucoup trop loin du monde que nous connaissons aujourd'hui.
  341. 19:10 Jean-Marc Jancovici, l'électricité française est décarbonée à 95,2% en 2025, mais les
  342. 19:18 énergies fossiles représentent encore 56% de la consommation d'énergie finale du pays.
  343. 19:23 L'électricité française, elle est propre, mais notre énergie ne l'est pas.
  344. 19:27 Comment est-ce que vous expliquez ce paradoxe français ?
  345. 19:29 Ce n'est pas un paradoxe.
  346. 19:30 L'électricité ne représente qu'une partie.
  347. 19:33 L'énergie finale, pardon pour commencer par ça, c'est l'énergie qui alimente les
  348. 19:36 machines qu'on utilise.
  349. 19:37 C'est celle qui est à la fin du système énergétique, donc c'est celle qui alimente
  350. 19:41 les machines que nous utilisons, qu'il s'agisse des ascenseurs, des voitures, des laminoirs
  351. 19:45 ou des tractopelles.
  352. 19:46 Et dans cette énergie dite finale, effectivement, l'électricité représente un petit quart
  353. 19:52 et le reste, c'est essentiellement des combustibles fossiles.
  354. 19:55 Et en fait, si on regarde le mode de vie des Français, il faut en plus y rajouter l'énergie
  355. 19:59 qui a été utilisée en dehors de France et qui a servi à fabriquer les ordinateurs
  356. 20:03 qui sont dans ce studio, vos lunettes qui ont été pour partie fabriquées en dehors
  357. 20:06 de France, vos vêtements qui ont été pour partie fabriqués en dehors de France, etc.
  358. 20:09 Et si on regarde l'énergie totale utilisée par les Français pour leur mode de vie, y
  359. 20:13 compris celle qui a été utilisée en dehors de France et qui nous fournit les produits
  360. 20:17 et services qu'on consomme en France, on est fossile à 75%, très proche du mix mondial
  361. 20:21 qui est fossile à 80%.
  362. 20:23 Tout simplement parce que les Français ont un mode de vie industriel occidental qui a
  363. 20:27 été fabriqué par les combustibles fossiles et qui en dépend encore aujourd'hui énormément.
  364. 20:32 Mercredi, Emmanuel Macron était dans l'Allier pour inaugurer une mine de lithium de l'entreprise
  365. 20:36 Imerys.
  366. 20:37 Ce site permettra à partir de 2030 de produire des dizaines de tonnes par an d'hydroxyde
  367. 20:43 de lithium qui correspond à l'équipement de batterie pour 700 000 voitures électriques.
  368. 20:47 Emmanuel Macron a fait valoir, je cite, la méthode Notre-Dame.
  369. 20:51 La méthode Notre-Dame, c'est donc 5 ans, on va vite, on se débarrasse d'un certain
  370. 20:55 nombre de précautions pour accélérer les projets industriels.
  371. 20:59 Est-ce qu'on peut faire la comparaison entre ce qu'il faudrait faire en matière énergétique
  372. 21:04 et la reconstruction de Notre-Dame ?
  373. 21:06 Alors, je ne suis pas un spécialiste de la reconstruction de Notre-Dame.
  374. 21:09 Non, justement, c'est qu'en pense l'ingénieur de cette comparaison.
  375. 21:12 Comparaison n'est pas raison ?
  376. 21:13 Par contre, oui, c'est un peu une image.
  377. 21:17 Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un certain nombre de sujets sur lesquels il va falloir
  378. 21:21 accélérer et par ailleurs, ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura pas de solution sans
  379. 21:25 inconvénient.
  380. 21:26 En fait, aujourd'hui, la solution que nous avons, les combustibles fossiles, c'est très
  381. 21:29 pratique, c'est très puissant, ça a des inconvénients, ça fait du changement climatique
  382. 21:34 et c'est épuisable.
  383. 21:35 Et ça crée également tout un tas de pollution locale dans un certain nombre de cas de figure.
  384. 21:40 Donc, les alternatives, elles ne seront jamais parfaites.
  385. 21:43 Donc, faire une mine, effectivement, ça fait un trou, ça fait de la poussière sur
  386. 21:46 place, etc.
  387. 21:47 On ne peut pas faire sans.
  388. 21:50 Après, il faut voir qu'entre la mine de lithium et la batterie, il y a plusieurs étapes
  389. 21:56 intermédiaires.
  390. 21:57 À partir du lithium, il faut faire les composants des batteries, il faut faire les cathodes,
  391. 22:03 il faut faire la batterie elle-même.
  392. 22:04 Alors, des usines de batterie, on en a, des mines de lithium, on en a, mais entre les
  393. 22:07 deux, il y a le raffinage du lithium et la fabrication des composants.
  394. 22:10 Et ça, pour le moment, on n'a pas.
  395. 22:11 Donc, il faudrait aussi faire ça chez nous si on veut être souverain sur la chaîne.
  396. 22:13 Il y a aussi la question du nucléaire qui occupe une grande place dans votre rapport
  397. 22:16 sur la transition.
  398. 22:17 Il y aura 40 ans, dimanche, qu'un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl a explosé.
  399. 22:22 La zone est encore hautement radioactive.
  400. 22:23 Il n'y a pas eu d'accident de cette ampleur, peut-être Fukushima encore il y a quelques
  401. 22:27 années.
  402. 22:28 Mais c'est impossible aujourd'hui d'écarter totalement les risques dans le nucléaire parce
  403. 22:32 qu'il y a eu plusieurs défaillances techniques ces dernières années.
  404. 22:35 Puis, il y a le réchauffement qui peut impacter les centrales.
  405. 22:37 Puis, il y a les guerres aussi.
  406. 22:38 Par exemple, la centrale de Zaporizhzhia, en Ukraine, qui peut être menacée.
  407. 22:41 Ça vaut le coup encore de prendre ce risque du nucléaire ?
  408. 22:44 Je le disais tout à l'heure, aucune énergie n'est sans inconvénients et aucune énergie
  409. 22:50 n'est sans risques.
  410. 22:51 Les risques associés aux alternatives sont très importants, les risques associés au
  411. 22:55 combustible bien supérieurs, évidemment.
  412. 22:57 Vous savez que les installations de production d'énergie qui ont fait le plus de morts
  413. 23:02 instantanés en Europe, c'est les barrages.
  414. 23:05 Les barrages ?
  415. 23:07 Oui, le barrage de Vajon, en Italie, au début des années 60, a fait plus de 2000 morts.
  416. 23:14 Il y a eu un accident de barrage instantané, absolument.
  417. 23:17 Et la rupture du barrage de Malpasset, en France, ce n'était pas un barrage de production
  418. 23:23 électrique, mais il a quand même fait quelques centaines de morts.
  419. 23:25 Et le plus grand complexe de barrages à avoir jamais rompu en Chine a fait 100 000 morts
  420. 23:30 dans les années 70.
  421. 23:31 Donc, vous avez des risques absolument partout.
  422. 23:36 Et en fait, ce qu'il faut regarder, c'est les bénéfices-risques ou l'arbitrage des
  423. 23:38 risques.
  424. 23:39 Quand vous demandez aux médecins, par exemple, ils vous disent que le nucléaire, accident
  425. 23:42 inclus, est le plus sûr des modes de production électrique.
  426. 23:46 Merci en tout cas, Jean-Marc Jancovici, d'avoir été l'invité de France Inter.
  427. 23:51 Je rappelle donc ce plan robuste pour l'économie française dont le premier volet vient de
  428. 23:55 paraître.
  429. 23:56 Il est très facile à trouver en ligne.
  430. 23:58 Son titre ? Réussir la transition dans l'incertitude, la méthode en 20 chantiers.
  431. 24:03 Espérons que les politiques le liront.
  432. 24:05 Merci infiniment et bonne journée.