Le numérique va provoquer un effondrement … Barrau expose une vérité terrifiante !

lecture 9:55 ソース ↗ aurélien barrau numérique intelligence artificielle effondrement écologie pollution
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Aurélien Barrau expose les dangers du numérique et de l'intelligence artificielle, détaillant leurs nocivités matérielles et immatérielles directes et indirectes, et argumentant que cette technologie mène à un effondrement écologique et social.

  1. 0:00 Je crois que c'est absolument nécessaire, et je veux absolument que nous tentions de sortir du « il y a du bon et du mauvais ».
  2. 0:07 Non, non, c'est mauvais. Parce que le bon et le mauvais, il y en a partout, même dans les dictatures.
  3. 0:12 Je n'ai pas de statistiques, mais je suis à peu près certain qu'il y a moins d'agressions dans les dictatures.
  4. 0:16 Donc il y a du bon. Mais globalement, c'est mauvais.
  5. 0:20 Et je suis absolument persuadé que c'est le point de vue qu'il faut aujourd'hui défendre sur ce cancer numérique qui nous envahit.
  6. 0:31 Alors maintenant, j'en viens au numérique.
  7. 0:34 Parce que le thème de cet exposé, c'est de se centrer un peu sur l'intelligence artificielle en particulier, et le numérique en général.
  8. 0:41 Alors, les petits bienfaits du numérique, on les connaît. On les connaît trop bien.
  9. 0:46 Ils sont surmédiatisés et surplébiscités.
  10. 0:50 Je vais donc faire, à dessein, un portrait à charge. Volontairement à charge.
  11. 0:58 Mais je crois que c'est absolument nécessaire, et je veux absolument que nous tentions de sortir du « il y a du bon et du mauvais ».
  12. 1:06 Non. Non. C'est mauvais. Parce que le bon et le mauvais, il y en a partout, même dans les dictatures.
  13. 1:11 Je n'ai pas de statistiques, mais je suis à peu près certain qu'il y a moins d'agressions dans les dictatures.
  14. 1:15 Donc il y a du bon. Mais globalement, c'est mauvais.
  15. 1:19 Et je suis absolument persuadé que c'est le point de vue qu'il faut aujourd'hui défendre sur ce cancer numérique qui nous envahit.
  16. 1:26 Quatre points. Premièrement, nocivité matérielle directe. Pollution.
  17. 1:33 Vous savez que dans un smartphone, il y a 50 métaux distincts, majoritairement non renouvelables.
  18. 1:40 Et je pense en particulier au mercure, à l'arsenic et au cyanure, extraits généralement dans des conditions épouvantables.
  19. 1:47 Vous savez que la technologie engendre des effets rebonds quasi systématiques.
  20. 1:51 C'est-à-dire que la hausse d'usage surcompense toujours la hausse d'efficacité.
  21. 1:56 Autrement dit, même quand on gagne, on perd. C'est un théorème.
  22. 2:00 La dématérialisation est illusoire. N'utilisez plus jamais ce mot. C'est un mensonge éhonté.
  23. 2:06 Une étude scientifique récente dans 60 domaines différents, qui ont fait leur transition numérique,
  24. 2:12 a montré que dans tous les domaines, les 60 étudiés, la hausse de consommation matérielle a augmenté par le passage au numérique.
  25. 2:21 Le numérique, c'est matériel. C'est matériel. Les data centers, c'est très lourd, c'est très gros, c'est très volumineux.
  26. 2:27 Ce n'est pas du tout dématérialisé. C'est faux. C'est un mensonge.
  27. 2:31 Aujourd'hui, la consommation augmente de 9% par an dans le canal numérique,
  28. 2:38 alors qu'il faudrait être à moins 5% par an pour tenir les accords de Paris.
  29. 2:43 Les émissions de CO2 sont considérables. L'utilisation pour les armes est avérée.
  30. 2:48 Et quand on voit les résultats dans les massacres récents, ce n'est pas exactement une réussite.
  31. 2:53 Un seul entraînement de GPT équivaut à trois jours de consommation d'une ville entière.
  32. 2:58 La conclusion à laquelle parviennent toutes les études est claire et sans appel.
  33. 3:03 Les intelligences artificielles ruinent les maigres efforts environnementaux qui avaient été entrepris.
  34. 3:10 Des processeurs ultra énergivores aux gigantesques serveurs et aux data centers qui explosent littéralement,
  35. 3:17 en passant par la surconsommation d'eau et la mise en place de climatisation pour refroidir les machines,
  36. 3:25 c'est une véritable dystopie.
  37. 3:28 L'optimisation du rendement est extraordinairement inférieure à l'augmentation des dommages.
  38. 3:34 Absolument tout ce qu'il ne fallait pas faire est là. C'est un cas d'école, échec et mat.
  39. 3:41 Mais ce n'est que le premier point.
  40. 3:43 Deuxième point. Nocivité matérielle indirecte.
  41. 3:48 Donc impact écologique délétère sur les territoires qui sont déjà globalement fragilisés.
  42. 3:54 Génération de vulnérabilité immense.
  43. 3:58 Aujourd'hui, tout dépend du numérique.
  44. 4:00 Et on sait que le numérique dépend de métaux qui vont manquer.
  45. 4:03 Et on en arrive à un point où aujourd'hui, boire et manger dépend du numérique.
  46. 4:07 Ce que je vous dis là, ce n'est pas une lubie d'écolos, bobos, décroissantistes.
  47. 4:11 C'est très concret.
  48. 4:13 Vous savez que l'autonomie alimentaire de Paris, c'est deux jours.
  49. 4:16 Donc si on n'alimente plus Paris, au bout de deux jours, on est en disette.
  50. 4:20 Et au bout d'une semaine, on est en famine.
  51. 4:22 Il se trouve que les camions, aujourd'hui, ne peuvent plus rouler sans numérique.
  52. 4:26 On ne sait plus nourrir Paris sans numérique.
  53. 4:29 Ce qui est complètement inepte parce qu'on n'a pas réellement besoin de numérique.
  54. 4:32 Mais si on a des éruptions solaires qui détruisent les puces, aujourd'hui on ne peut plus manger.
  55. 4:37 Ce n'est pas très grave si on n'a plus de téléphone portable.
  56. 4:39 Si on n'a plus rien à boire et à manger, c'est un petit peu plus embêtant.
  57. 4:42 Nous sommes très inconséquents par rapport à la perte de résilience
  58. 4:46 qui est associée à la généralisation du numérique.
  59. 4:50 Sans compter l'artificialisation des territoires.
  60. 4:53 Par exemple, la guettoisation de la ville-usine de nickel de Norilsk, en Russie.
  61. 4:58 La dissémination des pollutions par les décharges qui sont encore bien pires que les mines d'extraction.
  62. 5:04 Les intoxications corrélatives, les eaux sont chargées en métaux lourds,
  63. 5:08 relâchées directement et généralement sans filtration dans les nappes phréatiques.
  64. 5:13 Et quand un arbitrage doit être rendu entre production vivrière et production électronique,
  65. 5:19 les pouvoirs corrompus tranchent presque toujours en faveur de cette seconde.
  66. 5:24 Autrement dit, des gens commencent à mourir de faim et de soif
  67. 5:27 pour que nous puissions nous amuser avec ces gadgets.
  68. 5:30 Je pense en particulier à l'acide sulfurique dans les ressources d'eau potable en Zambie,
  69. 5:35 aux doses létales de plomb qui sont avérées dans les rizières de Thaïlande.
  70. 5:40 Troisièmement, nocivité immatérielle directe.
  71. 5:46 Vous le savez aussi bien que moi.
  72. 5:48 Addiction, précarisation, existence de travailleurs du clic qui sont sous-payés,
  73. 5:54 essentiellement dans les pays pauvres bien sûr,
  74. 5:57 et confrontés à des contenus d'une extrême violence.
  75. 6:00 Les IA ne savent pas ce qui est bien et ce qui est mal.
  76. 6:03 Donc il faut qu'il y ait des vrais gens qui regardent toute la journée
  77. 6:06 des contenus pédopornographiques et des chatons en train de se faire torturer vif
  78. 6:10 pour apprendre aux IA que c'est mal.
  79. 6:13 Il faut que des gens le fassent ça.
  80. 6:15 Donc c'est des vraies personnes qui sont confrontées à ça.
  81. 6:18 Donc colonialisme sous-jacent, lui-même associé à une prédation des ressources.
  82. 6:23 Développement d'une économie de l'attention,
  83. 6:26 développement d'outils de surveillance de masse, déjà à l'œuvre.
  84. 6:29 Ça je ne comprends pas que ça ne nous inquiète pas un peu plus que ça,
  85. 6:33 parce que c'est des choses qui relèvent d'une dystopie qui est d'ores et déjà en marche,
  86. 6:37 avec des effets concrets.
  87. 6:39 Vous savez que moi j'ai des collègues chercheurs qui ne peuvent plus rentrer aux États-Unis
  88. 6:42 à cause de critiques du gouvernement faites dans des messages privés.
  89. 6:46 Pas sur YouTube. Moi vu ce que j'ai dit sur Trump sur YouTube, je sais que je suis foutu.
  90. 6:50 Mais là je parle de messages privés.
  91. 6:52 C'est quand même un peu bizarre que ça ne nous ennuie pas
  92. 6:55 et que ça ne nous inquiète pas outre mesure.
  93. 6:58 Déploiement des fake news, soutien implicite à toute une chaîne d'asservissement.
  94. 7:04 Vous savez que si des milliers de femmes n'étaient pas violées chaque mois au Congo,
  95. 7:09 nous n'aurions pas le cobalt quasi gratuit qui sont dans ces objets-là
  96. 7:12 et ils seraient donc essentiellement inaccessibles.
  97. 7:15 Généralisation des fake news, dévoiement et développement d'un néo-animisme réificateur,
  98. 7:21 débilisation de nos enfants.
  99. 7:23 Je pense que vous le savez mieux que moi, c'est très documenté aujourd'hui
  100. 7:27 et c'est quand même un peu criminel ce qu'on leur fait aujourd'hui.
  101. 7:30 Quatrièmement, nocivité immatérielle indirecte.
  102. 7:35 Donc perte du lien avec les choses, les gens, décompréhension du monde.
  103. 7:40 Situation de monopole radical, ça c'est très important, je vais y revenir.
  104. 7:44 Ce sont les cas dans lesquels on se retrouve à ne plus savoir faire sans le numérique,
  105. 7:50 ce qu'on savait très bien faire et généralement plus efficacement sans lui il y a dix ans.
  106. 7:55 Donc le monopole radical c'est on prend tout l'espace et on fait croire qu'on est nécessaire,
  107. 8:00 même quand on ne l'est pas.
  108. 8:01 Sédentarisation, fétichisme consumériste, rapport compulsif au contenu, amnésie sélective,
  109. 8:07 corroboration systématique de la vision dominante, parce que ça c'est inhérent aux intelligences génératives,
  110. 8:15 et impossibilité structurelle de l'apparition d'idées disruptives
  111. 8:20 alors que c'est exactement ce dont nous aurions besoin face aux crises.
  112. 8:26 Et tout cela pour un gain qui est quand même presque toujours marginal,
  113. 8:30 voire négatif si le paradigme d'évaluation est un peu élargi,
  114. 8:35 en tout cas qui est incontestablement inférieur aux pertes ou aux coûts si on regarde à l'échelle globale.
  115. 8:42 Mais ce qui est un peu étrange c'est que dès lors qu'il s'agit de technologie,
  116. 8:46 il y a une sorte de dogme délirant qui nous dit il faut le faire parce qu'on peut le faire.
  117. 8:53 Ce qui est complètement idiot, là vous pourriez vous lever et m'insulter impunément,
  118. 8:57 et pourtant vous ne le faites pas, enfin pas encore, peut-être à la fin on verra.
  119. 9:00 Et donc c'est très étrange, dans le domaine de la tech c'est ça le dogme de la Silicon Valley,
  120. 9:06 c'est on peut le faire donc on va le faire,
  121. 9:09 ce qui heureusement n'est appliqué dans aucun autre secteur de l'intelligence non pas artificielle mais réelle, humaine.
  122. 9:23 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
  123. 9:53 La vidéo n'a pas été réalisée sans l'accueil d'Amara.org