Quand une Palestinienne de Gaza et une Israélienne deviennent amies
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Tala, une Gazaouie, et Michel, une Israélienne, étudiantes en droit, partagent leurs expériences du conflit, leur correspondance qui a mené à une amitié, et leurs espoirs pour la paix, se rencontrant pour la première fois à Paris.
- 0:00 Tala, vous avez 22 ans, vous êtes Gazaoui, ça va, tout va bien ?
- 0:04 Oui.
- 0:06 Très bien, respirez, il n'y a pas de problème.
- 0:08 Michel, vous avez 25 ans, vous êtes Israélienne, vous êtes toutes les deux étudiantes en droit.
- 0:13 Tala, vous avez lutté au milieu des bombes, de la famine et des épidémies.
- 0:18 Votre ville Gaza City a été pratiquement détruite et depuis quelques semaines, vous avez pu vous réfugier en Irlande.
- 0:25 Michel, après le 7 octobre, vous avez dû passer plusieurs jours dans un bunker.
- 0:29 Un de vos amis proches a été pris en otage et assassiné par le Hamas.
- 0:33 Et je l'ai dit, vous habitez à Jderot.
- 0:35 Paul, tu nous avais d'ailleurs envoyé des images de cette ville, de Jderot, tellement proche de Gaza.
- 0:40 On voit les images là, que l'on pouvait entendre.
- 0:43 Tu pouvais entendre les bombardements israéliens.
- 0:45 On voit ces images.
- 0:47 Et voici votre échange.
- 0:52 C'est un livre très, très, très, très fort.
- 0:55 « Nos cœurs invincibles » que publie Flammarion.
- 0:58 Aujourd'hui, c'est le journaliste du Nouvelle Obs, Dimitri Krier, qui a eu l'idée de vous proposer cette correspondance.
- 1:05 Est-ce que vous avez tout de suite dit oui quand on vous a contacté, Michel ?
- 1:10 Oui, j'ai répondu oui.
- 1:15 De suite, j'ai répondu oui.
- 1:18 Ça m'inquiétait un petit peu.
- 1:21 C'est vrai que j'avais peur que ceci puisse avoir des répercussions me concernant.
- 1:26 Peut-être également que certains de mes propos pouvaient être retournés contre moi.
- 1:31 Mais je pense que ce qui était clair pour moi,
- 1:36 c'est que c'est tout à fait impossible de vivre si proche de quelqu'un
- 1:43 sans pouvoir échanger.
- 1:46 Et c'est vrai que moi, je n'avais jamais échangé avec une Gazaoui,
- 1:49 alors que la situation, elle est vraiment extrême aujourd'hui.
- 1:52 Donc c'est vraiment quelque chose qui était fort pour moi qu'il fallait que je fasse.
- 1:56 Vous habitez à quelques kilomètres, comme on a vu sur l'image, où était Paul.
- 2:00 Talha, est-ce que vous avez dit oui tout de suite aussi ?
- 2:03 Non, alors, pour être honnête,
- 2:08 j'ai dû un petit peu parler à mes proches, à ma famille.
- 2:13 Je leur ai demandé s'ils étaient d'accord
- 2:16 pour que je puisse accepter ce contrat et ce projet.
- 2:20 C'était assez polémique et c'était un projet sensible.
- 2:25 Par rapport aux habitants de mon pays, de ma ville,
- 2:32 j'avais peur d'être accusée de trahison.
- 2:35 Et donc j'avais besoin d'un petit peu de temps pour y réfléchir.
- 2:42 J'ai essayé d'évaluer cette opportunité.
- 2:47 Et après ça, j'ai eu ce courage
- 2:54 et j'ai décidé de saisir cette opportunité.
- 2:58 Vous étiez où le 7 octobre 2023
- 3:02 et comment vous avez appris les massacres, Michèle ?
- 3:06 Alors, j'étais chez moi, dans la rue,
- 3:12 et je me suis réveillée très tôt ce jour-là.
- 3:16 Et j'entendais les alarmes de missiles.
- 3:20 Donc c'est vrai que c'était assez surprenant pour moi.
- 3:24 Bien sûr, ce n'est pas un lieu où la paix règne,
- 3:28 mais parfois il y a des temps plus calmes,
- 3:30 il y a des moments d'escalade.
- 3:32 Mais moi, à ce moment-là, je ne savais pas ce qui se passait.
- 3:36 Donc en fait, j'ai regardé mon téléphone
- 3:38 pour comprendre la situation sur le terrain.
- 3:41 Et une de mes voisines m'a indiqué qu'elle sortait son chien
- 3:45 dans la rue et que quelqu'un a commencé à lui tirer dessus.
- 3:48 On a commencé à recevoir des appels.
- 3:51 On nous disait qu'il fallait descendre dans les abris
- 3:54 anti-missiles, qu'il fallait verrouiller la porte
- 3:57 et retirer également la poignée de l'autre côté de la porte
- 3:59 pour que personne ne puisse rentrer chez vous.
- 4:03 Donc on était dans l'abri anti-missiles
- 4:07 et à un moment donné, nous n'avions plus d'électricité,
- 4:11 on n'avait plus de réseau non plus,
- 4:13 donc on était dans le noir.
- 4:15 Et on ne savait pas encore une fois ce qui se passait.
- 4:18 On était en train d'attendre, on entendait les tirs.
- 4:22 Et encore une fois, on ne comprenait pas ce qui se passait.
- 4:26 Et après quelques jours,
- 4:30 la famille de mon petit ami est venue nous récupérer.
- 4:34 On a pu récupérer ce qu'on pouvait.
- 4:44 Je pense que c'était le 9 octobre qu'on est venus nous récupérer.
- 4:50 Donc on a essayé de prendre ce que l'on pouvait à la maison
- 4:54 et ensuite on s'est rendu dans le centre du pays
- 4:58 et en sortant, on voyait qu'il y avait des corps partout.
- 5:02 Et alors que je quittais ce lieu,
- 5:06 j'ai commencé à comprendre ce qui s'était déroulé
- 5:10 pendant ces quelques jours.
- 5:14 Et j'ai également appris que l'un de mes amis avait été pris en otage.
- 5:18 Tala, même question, vous étiez où et comment vous avez appris
- 5:22 ce qui s'était déroulé?
- 5:26 Alors, le 7 octobre, en fait,
- 5:30 j'étais en train de dormir dans ma chambre.
- 5:34 Je n'allais pas à l'université ce jour-là.
- 5:38 Et donc j'ai été très choquée.
- 5:42 Il y a toujours des bombardements très intenses.
- 5:46 Mais là, j'ai regardé sur Internet et j'ai vu les photos
- 5:50 et c'était absolument inimaginable
- 5:54 parce qu'on sait que les Israéliens ont un très bon système
- 5:58 de sécurité, personne ne peut entrer normalement.
- 6:02 Et donc c'était vraiment inimaginable.
- 6:06 Et j'essayais de comprendre ce qui allait se passer
- 6:10 dans les jours suivants en tant que Palestinienne.
- 6:14 Vous avez vu le futur, quoi.
- 6:18 Et donc j'ai pensé qu'on est attaquée.
- 6:22 Et donc s'il y a une raison, alors là, on s'est dit
- 6:26 que les Israéliens allaient forcément riposter.
- 6:30 Ensuite, j'ai perdu la connexion, il n'y avait plus d'électricité.
- 6:34 Les Palestiniens n'avaient plus de connexion Internet
- 6:38 et d'électricité, ou à peine.
- 6:42 Qu'est-ce qui vous a apporté cette correspondance?
- 6:46 Alors, moi, j'aime écrire.
- 6:50 J'aime écrire des histoires,
- 6:54 des récits de la vie quotidienne dans la bande de Gaza.
- 6:58 J'ai écrit sur les réactions psychologiques
- 7:02 des personnes à ce qui leur était arrivé.
- 7:06 Et donc, je suis autrice pour différents sites Web.
- 7:10 Dimitri m'a contacté,
- 7:14 le journaliste du Nouvel Obs.
- 7:18 Oui, tout à fait.
- 7:22 Donc, c'est Dimitri qui m'a demandé un essai
- 7:26 pour que je documente ma vie quotidienne dans la bande de Gaza.
- 7:30 Et il a traduit mes textes en français
- 7:34 parce qu'il savait que le public français devait connaître
- 7:38 la réalité, ou en tout cas, d'entendre la voix
- 7:42 du peuple palestinien et des habitants de Gaza.
- 7:46 Donc, nous avons écrit deux essais pour lui.
- 7:50 Et ensuite, il m'a proposé de participer à ce projet.
- 7:54 Et c'est ainsi que je me suis retrouvée dans ce projet.
- 7:58 Et il y a eu évidemment différentes hésitations,
- 8:02 différents états émotionnels dont j'ai déjà parlé.
- 8:06 Mais est-ce que ça vous a changé, cet échange, Michelle?
- 8:10 Oui, d'une certaine manière.
- 8:14 Je pense que le fait de pouvoir écouter la voix
- 8:18 d'une personne que vous avez l'impression de connaître,
- 8:22 quelqu'un avec qui vous avez noué des liens,
- 8:26 c'est quelqu'un qui vous accompagne.
- 8:30 Et c'est vrai que moi, j'en apprenais davantage
- 8:34 sur Tala, sur la Palestine, sur Gaza.
- 8:38 Et c'est quelque chose qui est vraiment précieux.
- 8:42 Ça m'a permis également de mieux comprendre
- 8:46 la situation sur le terrain.
- 8:50 Comment on échappe au sentiment de haine
- 8:54 quand tout vous pousse à haïr son voisin, Tala?
- 8:58 Pour être honnête, j'ai vu les conséquences
- 9:02 du 7 octobre.
- 9:06 Et nous avons vécu des pertes.
- 9:10 Nous avons vécu le déplacement, la famine.
- 9:14 J'ai perdu beaucoup de mes amis, beaucoup de mes proches.
- 9:18 Il n'y a pas eu une seule victoire
- 9:22 documentée dans l'histoire.
- 9:26 Donc, je ne vois aucun chemin.
- 9:30 Aucun chemin possible par le fait
- 9:34 de s'asseoir ensemble et de négocier.
- 9:38 L'idée, c'est de trouver un terrain d'entente
- 9:42 qui pourrait satisfaire les deux parties.
- 9:46 Et je ne parle pas uniquement du gouvernement israélien
- 9:50 dans lequel ça n'y inclut, non.
- 9:54 Je parle d'un Etat qui peut inclure
- 9:58 tout le monde, protéger les droits de tout le monde
- 10:02 sans considérer les obstacles,
- 10:06 la religion, la nationalité.
- 10:10 Non.
- 10:14 Il y a donc des Juifs, des musulmans, des chrétiens.
- 10:18 Nous devons tous être inclus dans cet Etat
- 10:22 avec une égalité des droits, sans haine, sans violence.
- 10:26 Et oui, il faut mettre un terme à ce cycle de violence.
- 10:31 De ce que j'ai pu voir jusqu'à présent,
- 10:35 honnêtement, je n'ai pas l'impression
- 10:39 que ce soit un bon plan.
- 10:43 Oui, ça aborde les problèmes principaux,
- 10:47 mais je pense que ce n'est pas la bonne manière
- 10:51 pour avoir les changements qu'on appelle nos...
- 10:55 Alors bon, c'est vrai, comme je vous l'ai dit,
- 11:00 mais dans tous les cas, je pense que ce plan
- 11:04 ne va pas être accepté. Encore une fois,
- 11:08 notre gouvernement ne veut pas de cesser le feu.
- 11:12 Et ils n'ont jamais saisi une opportunité.
- 11:16 Est-ce qu'Israël peut échapper à un gouvernement
- 11:20 d'extrême droite? De s'en sortir?
- 11:24 Je pense que...
- 11:28 honnêtement, la majorité ne veut pas
- 11:32 se sortir de cette situation.
- 11:36 En fait, ce qui est important de comprendre,
- 11:40 c'est la capacité éventuelle d'une société à changer.
- 11:44 Et je pense que si on a quelque chose de positif,
- 11:48 ce serait peut-être la prise de conscience
- 11:52 du monde, et voir comment le monde réagit
- 11:56 à la situation, faire en sorte que les Israéliens
- 12:00 et les Israéliennes voient comment les autres réagissent.
- 12:04 Et Talha, est-ce que Gaza peut se débarrasser du Hamas?
- 12:08 Pour être honnête, je n'en sais rien.
- 12:12 Moi, je ne... En fait, le Hamas ne fait qu'attaquer
- 12:16 des civils. Il n'y a aucun endroit sûr à Gaza.
- 12:20 Je ne suis pas d'accord.
- 12:24 Et moi, j'étais dans ce qu'on appelle la zone verte,
- 12:28 des personnes vivant dans des temps, des personnes déplacées
- 12:32 qui ont été attaquées.
- 12:36 Donc, que faisait le Hamas? Ils essayaient d'éliminer
- 12:40 des Palestiniens. En fait, c'est ça que je sais.
- 12:44 Pour le reste, je n'en sais rien.
- 12:48 Est-ce qu'il y a beaucoup de Talha et de Michel en Palestine
- 12:52 par rapport à l'Israël? Je pense que oui.
- 12:56 Notamment chez les jeunes.
- 13:00 C'est vrai que parfois, j'ai l'impression que l'on parle
- 13:04 beaucoup de minorités. Je ne suis pas seule, croyez-moi.
- 13:08 Il y a des gens qui essaient justement de trouver
- 13:12 une solution plus durable. Il y a des manifestations.
- 13:16 Donc, oui.
- 13:20 C'est vrai qu'on ne partage pas tous le même point de vue.
- 13:24 Mais je pense que leurs cœurs sont au bon endroit.
- 13:28 Et le fait de voir ce qui se passe,
- 13:32 ça permet d'ouvrir les esprits également.
- 13:36 Vous vous êtes écrit pendant un an et demi.
- 13:40 La première fois que vous vous êtes vue, c'était quand?
- 13:44 Est-ce que vous étiez vue? Et qu'est-ce que vous vous êtes dit?
- 13:48 Et c'était où?
- 13:52 La première fois qu'on s'est rencontrée,
- 13:56 c'était à Paris.
- 14:00 Vous vous êtes rencontrée il y a deux jours?
- 14:04 Oui, il y a deux jours.
- 14:08 Mais à vrai dire, on s'est rencontrée une fois sur Zoom.
- 14:12 Avec Dimitri.
- 14:16 Ça fonctionne.
- 14:20 On a échangé des lettres pendant plus d'un an.
- 14:24 Et on connaît beaucoup de détails l'une sur l'autre.
- 14:28 Et je pense qu'une bonne communication peut mener
- 14:32 à une bonne amitié.
- 14:36 Oui, c'est ce que j'allais vous demander.
- 14:40 Est-ce que vous êtes devenues amies?
- 14:44 Oui, j'ai l'impression qu'on a une amitié.
- 14:48 On a beaucoup de points communs.
- 14:52 Déjà, on est étudiante en droit, mais d'autres choses aussi.
- 14:56 Et vous avez vu, c'est la Fashion Week à Paris.
- 15:00 Oui, peut-être qu'on va aller voir un défilé.
- 15:04 Et je peux savoir quel a été le premier mot
- 15:08 que vous vous êtes dit toutes les deux?
- 15:12 Je me suis dit que tu étais plus grande que moi.
- 15:16 Je pensais que tu étais plus grande que moi.
- 15:20 C'est vrai que lorsqu'on s'est vu sur Zoom,
- 15:24 on avait toutes les deux des lunettes.
- 15:28 Et puis après, on a enlevé les lunettes
- 15:32 pendant nos différentes conversations.
- 15:36 Et puis oui, c'est vrai, on est toutes les deux très petites.
- 15:40 C'est vrai, on est toutes les deux très petites.
Ce reportage présente Tala, une étudiante palestinienne de 22 ans originaire de Gaza, et Michel, une étudiante israélienne de 25 ans de Sderot, toutes deux en droit. Le segment explore leur amitié inattendue, née d'une correspondance initiée par le journaliste Dimitri Krier pour le "Nouvel Obs", qui a abouti à la publication de leur livre "Nos cœurs invincibles". L'interview débute par une introduction poignante de leurs réalités respectives : Tala a vécu sous les bombes, la famine et les épidémies à Gaza, sa ville étant largement détruite avant qu'elle ne puisse se réfugier en Irlande. Michel, quant à elle, a passé plusieurs jours dans un bunker à Sderot après le 7 octobre 2023, un ami proche ayant été pris en otage et assassiné par le Hamas. Le contraste de leurs expériences initiales met en lumière la profondeur du conflit. Elles racontent ensuite les hésitations et les craintes qu'elles ont eues avant d'accepter de participer à ce projet de correspondance. Michel exprime sa peur des répercussions et que ses propos soient utilisés contre elle, mais insiste sur l'impossibilité de vivre si proche de l'autre sans échanger. Tala, de son côté, a dû consulter sa famille, craignant d'être accusée de trahison par les habitants de Gaza en raison de la nature sensible du projet. Malgré ces appréhensions, toutes deux ont trouvé le courage de saisir cette opportunité unique de dialogue. Le récit se poursuit avec leurs témoignages personnels du 7 octobre 2023. Michel décrit le réveil aux alarmes de missiles, l'isolement dans un abri sans électricité ni réseau, et la découverte des corps en quittant Sderot. Tala, elle, se souvient des bombardements intenses et de l'incrédulité face à la brèche de sécurité israélienne, anticipant la riposte et la perte de connexion à Gaza. Ces récits parallèles soulignent la brutalité et l'impact universel de la violence sur les civils. La correspondance leur a apporté une nouvelle perspective. Tala, déjà autrice sur la vie quotidienne à Gaza, a vu ses écrits traduits pour le public français, offrant une voix palestinienne. Michel a découvert la réalité de Tala, ce qui lui a permis de mieux comprendre la situation sur le terrain et d'échapper au sentiment de haine. Elles discutent de la difficulté d'échapper à la haine et de la nécessité de trouver un terrain d'entente pour un État inclusif, protégeant les droits de tous, sans distinction de religion ou de nationalité. Elles expriment des doutes sur les plans politiques actuels et la capacité des gouvernements à changer, mais soulignent l'importance de la prise de conscience mondiale. Le reportage culmine avec leur première rencontre physique à Paris, deux jours avant l'interview, après un an et demi d'échanges épistolaires et une rencontre virtuelle sur Zoom. Elles confirment être devenues amies, partageant des points communs au-delà de leurs études de droit. Cette amitié symbolise l'espoir d'une communication constructive et d'une réconciliation humaine, même au milieu d'un conflit persistant. Elles représentent une minorité de jeunes qui cherchent des solutions durables et dont les cœurs sont "au bon endroit", ouvrant les esprits à la possibilité d'un avenir différent.
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