Moins de voitures et moins d'IA : le plaidoyer de Jean-Marc Jancovici

interview 12:44 ソース ↗ jean-marc jancovici shift project urgence climatique transition énergétique décarbonation autoroute a69
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Jean-Marc Jancovici, ingénieur et président du Shift Project, débat de l'urgence climatique, critique le projet d'autoroute A69 et l'IA, et présente la campagne "Décarbonons la France" pour financer des propositions de transition écologique en vue de la présidentielle de 2027.

  1. 0:00 ...
  2. 0:11 Bonsoir Jean-Marc, bienvenue sur le Plateau de Quotidien.
  3. 0:14 Voici une partie de l'équipe et le public, on vous connaît bien,
  4. 0:16 mais on rappelle quand même la sommité que vous êtes,
  5. 0:19 ingénieur, inventeur du bilan carbone,
  6. 0:21 auteur du best-seller qu'on va voir, Le Monde Sans Fin,
  7. 0:24 patron du Shift Project, figure incontournable du combat
  8. 0:27 pour la transition, mardi soir, le président Macron
  9. 0:30 a parlé trois heures à la télévision sur TF1,
  10. 0:33 et est-ce que vous pouvez me dire combien de temps il a parlé d'écologie ?
  11. 0:36 – Heureusement, grâce à vous, j'ai révisé.
  12. 0:38 – Ah, 5 minutes, c'est ça ? Vous avez le même temps que nous ?
  13. 0:40 – 5 minutes, oui, absolument.
  14. 0:41 – 5 minutes, il a parlé 5 minutes d'écologie, pourquoi, à votre avis ?
  15. 0:45 – Alors, je ne sais pas, parce que moi, je n'ai pas fait le programme de cette émission,
  16. 0:48 je n'étais pas à la place de Gilles Boulot, il est à la place de son équipe,
  17. 0:51 donc je ne sais pas qui a décidé du temps et des personnes qui allaient poser des questions,
  18. 0:56 donc on peut faire plein d'hypothèses, je n'en sais rien.
  19. 0:58 – Alors, on a appris aujourd'hui que le chantier de l'autoroute A69,
  20. 1:02 Toulouse-Castre et Castre-Toulouse pourraient bien être relancés rapidement,
  21. 1:05 les sénateurs ont dit ok, les députés doivent décider début juin,
  22. 1:09 est-ce que vous pouvez nous donner une réaction là-dessus ?
  23. 1:12 – Alors, la réaction en fait, c'est que c'est étonnant de continuer aujourd'hui
  24. 1:16 à construire des infrastructures routières, alors que par ailleurs,
  25. 1:19 la politique publique devrait inciter les gens à moins dépendre de la voiture.
  26. 1:24 Alors, moins dépendre de la voiture, ce n'est pas juste pour les enquiquiner,
  27. 1:26 il faut quand même rappeler qu'on vit dans un pays dans lequel on importe 99% de notre pétrole,
  28. 1:30 il y a un tout petit peu extrait dans la forêt de Fontainebleau,
  29. 1:33 et que le passage à l'électrification ne permettra pas de conserver
  30. 1:37 un parc roulant de 40 millions de véhicules individuels,
  31. 1:39 voilà, moi je peux le dire parce que je ne suis pas politique,
  32. 1:41 et donc c'est rendre service aux gens que de les aider dès maintenant
  33. 1:46 à être heureux plus tard avec moins de voitures,
  34. 1:49 ce n'est pas juste pour les enquiquiner, c'est leur rendre service.
  35. 1:52 C'est discutable de penser qu'on va y arriver en rajoutant des infrastructures routières.
  36. 1:56 – Après, ça a été décidé il y a 10, 15, 20 ans.
  37. 1:59 – Ah oui, beaucoup plus que ça, tout ça, c'est des projets qui ont des décennies.
  38. 2:02 Le Grand Paris, là sur le plateau de Saclay, c'est un truc qui a démarré dans les années 60,
  39. 2:05 c'est-à-dire que tous ces trucs-là, en fait, ça met un temps infini,
  40. 2:08 et là 69, c'est pareil, je ne sais pas de quand ça date,
  41. 2:10 mais ça a des décennies, 50 ans, je crois, 40 ans.
  42. 2:13 – Mais arrêter un chantier qui est quasiment terminé,
  43. 2:14 est-ce que ça a un sens ou pas, écologiquement ?
  44. 2:17 – Écologiquement, on va dire, même écologiquement, ça peut avoir un sens,
  45. 2:21 parce que l'essentiel de la nuisance environnementale d'une infrastructure comme ça,
  46. 2:25 ça va être au moment où on s'en sert.
  47. 2:26 C'est-à-dire que, en fait, certes, au moment où on la construit,
  48. 2:28 il y a de l'artificialisation, il y a les engins de chantier, etc.
  49. 2:31 Le gros de la nuisance, ça va être les voitures qui vont passer dessus, absolument.
  50. 2:34 Les voitures et les camions.
  51. 2:35 – Alors, votre objectif, c'est de remettre l'urgence climatique
  52. 2:38 au centre de la prochaine présidentielle, comment vous comptez-vous y prendre ?
  53. 2:42 – Grâce à vous, non ?
  54. 2:43 – Ah ben, si seulement, c'est le premier étage de la fusée, c'est ça ?
  55. 2:48 – En tout cas, c'en est un.
  56. 2:49 – Si seulement, on avait ce pouvoir-là.
  57. 2:51 – Alors, ce qu'on essaye de faire au Chiffre Project, depuis toujours,
  58. 2:56 c'est de faire des propositions dans lesquelles on marie des choses
  59. 2:59 qui sont très naturelles et très normales chez nous.
  60. 3:01 Le fait qu'on ait envie d'être heureux, le fait qu'on ait envie d'avoir un avenir,
  61. 3:03 qu'on ait envie d'avoir un job, qu'on ait envie d'être amoureux,
  62. 3:05 qu'on ait envie d'être… ça c'est rien.
  63. 3:06 Et le fait qu'il faut se préoccuper des limites de la planète.
  64. 3:09 Voilà, on essaye de marier les deux.
  65. 3:12 Et aujourd'hui, ce qu'on trouve, c'est que dans le débat politique,
  66. 3:14 il y a beaucoup de gens qui dissocient les deux.
  67. 3:16 C'est-à-dire qu'en gros, l'environnement, c'est un ministère à part,
  68. 3:19 on s'en occupe quand on a le temps, on fait trois minutes sur trois heures, etc.
  69. 3:22 Et on n'arrive pas à faire le lien.
  70. 3:24 Or, il faut arriver à faire le lien,
  71. 3:25 parce qu'on est sur la seule planète habitable du système solaire,
  72. 3:28 et même probablement de assez loin derrière.
  73. 3:32 Et notre humanité n'est qu'un sous-ensemble de la planète Terre.
  74. 3:36 C'est bien comme ça, physiquement, que les choses se passent.
  75. 3:38 D'accord ? L'environnement, ce n'est pas un truc dont on s'occupe dans un coin.
  76. 3:41 Et donc, nous, ce qu'on essaye de faire, c'est de remettre les choses dans le bon ordre
  77. 3:44 et de dire, si on n'a pas un environnement,
  78. 3:46 c'est-à-dire notre maison commune correctement préservée,
  79. 3:48 on va avoir beaucoup de mal à faire prospérer tous les projets qu'on peut avoir,
  80. 3:51 même et y compris des émissions de télé, la retraite ou le fait de partir en vacances.
  81. 3:56 Tout ça, c'est menacer sur une planète qui serait extrêmement dégradée.
  82. 4:00 Et comment vous comptez vous y prendre pour peser ?
  83. 4:04 Alors, il n'y a qu'une seule manière de peser dans un débat présidentiel,
  84. 4:07 c'est d'avoir pesé dans la société civile avant la présidentielle.
  85. 4:10 Voilà, je parle sous le contrôle de mon voisin de droite, là.
  86. 4:14 Parce que moi, j'ai un autre moyen, je vais vous le dire après.
  87. 4:16 Mais en gros, il faut s'être fait des alliés avant,
  88. 4:19 en racontant des choses qui suscitent de l'adhésion.
  89. 4:23 C'est-à-dire, si on arrive, la fleur au fusil et 15 jours de la présidentielle,
  90. 4:25 on va dire, tiens, coucou, ça ne marche absolument pas.
  91. 4:28 Donc, ce qu'il faut, c'est exister avant.
  92. 4:29 Et donc, nous, c'est ce qu'on essaye de faire,
  93. 4:31 c'est d'exister avant en discutant avec tout un tas d'interlocuteurs dans la société civile
  94. 4:36 qui sont des gens qui répondent à une petite partie du problème.
  95. 4:39 – Donc, vous avez besoin d'argent.
  96. 4:41 – Et pour ça, on a besoin d'argent.
  97. 4:42 – Vous lancez une nouvelle campagne de financement participatif.
  98. 4:45 – Alors, le ChiProject est une association d'intérêt général.
  99. 4:48 Et là, on a trop de chantiers à mener d'ici à la prochaine présidentielle,
  100. 4:52 avec les moyens dont on dispose déjà.
  101. 4:54 Donc, on a lancé une campagne de financement participatif
  102. 4:57 dont le nom de code est Décarboner la France.
  103. 4:59 Donc, si vous tapez Décarboner la France,
  104. 5:01 dans n'importe quel moteur de recherche que je ne nommerai pas,
  105. 5:03 vous tombez sur le lien absolument qui permet de contribuer.
  106. 5:06 – D'accord, et vous voulez récolter un million d'euros, c'est ça ?
  107. 5:08 – On voudrait même un peu plus.
  108. 5:10 – Oui, au minimum un million d'euros.
  109. 5:13 Et vous en faites quoi ?
  110. 5:15 – On va payer des gens avec ça, essentiellement.
  111. 5:17 – Vous allez avoir des gens qui feront quoi ?
  112. 5:18 – Qui ont eux-mêmes un loyer à payer en fin de mois.
  113. 5:22 En fait, qui vont réfléchir à tous les chantiers de cette transition.
  114. 5:26 Parce qu'en fait, il faut réfléchir à comment est-ce qu'on fait fonctionner
  115. 5:28 l'hôpital public sans combustible fossile ?
  116. 5:30 Comment est-ce qu'on enseigne à nos enfants sans combustible fossile ?
  117. 5:33 Comment est-ce qu'on part en vacances sans combustible fossile ?
  118. 5:34 Comment est-ce qu'on va jouer au foot sans combustible fossile ?
  119. 5:38 Voilà, tout c'est comment est-ce qu'on mange, etc.
  120. 5:40 Donc en fait, comme les combustibles fossiles ont fait tout le monde
  121. 5:42 qui nous entoure aujourd'hui, on ne s'en rend pas compte
  122. 5:44 parce que ce n'est pas naturel.
  123. 5:46 Le combustible fossile, pour nous, c'est pompe à essence,
  124. 5:48 éventuellement cuve à fuel, etc.
  125. 5:50 Mais en fait, quand on regarde bien, c'est absolument tout.
  126. 5:52 C'est-à-dire les vêtements que vous portez, la table à côté de laquelle je suis,
  127. 5:55 le fauteuil, tout ça, ça dépend des combustibles fossiles.
  128. 5:57 Donc il faut tout regarder partout, tout le temps,
  129. 5:59 et donc ça demande quand même quelques personnes pour faire ça.
  130. 6:02 – Ce qui vous manque, si je peux me permettre, c'est une figure,
  131. 6:05 et quelqu'un qui menace.
  132. 6:06 – Il en est une ?
  133. 6:07 – Qui ne le serait pas forcément, oui, mais quelqu'un qui menacerait,
  134. 6:12 même s'il ne l'était pas finalement, d'être candidat.
  135. 6:14 C'est comme ça.
  136. 6:15 – Il n'a pas dit qu'il ne le serait pas.
  137. 6:17 – Vous en avez eu par le passé ?
  138. 6:18 – C'était le coup qu'avait joué Hulot au moment du pacte écologique.
  139. 6:22 – Ça manque, ça ?
  140. 6:24 – Alors, ça manque, oui, probablement.
  141. 6:27 – Vous ne le sentez pas ?
  142. 6:31 – Pour deux raisons, non, même pour trois raisons.
  143. 6:34 La première, c'est que c'est difficile d'aller à la piscine
  144. 6:36 une fois qu'on est président.
  145. 6:37 – D'accord, alors une ?
  146. 6:41 La vraie raison, c'est quoi ?
  147. 6:42 – Sauf en scooter, rien de plus.
  148. 6:45 La deuxième, c'est que je ne suis pas du tout taillé pour ce genre de job,
  149. 6:49 parce qu'en fait, il faut une personnalité particulière,
  150. 6:52 il faut être capable de compromettre, etc.
  151. 6:55 Moi, je ne sais pas faire ce genre de choses,
  152. 6:56 donc je pense que je ne suis pas du tout taillé pour la fonction.
  153. 7:00 – Jean-Michel, il a raison, il faut quelqu'un.
  154. 7:02 – Et la troisième raison, c'est qu'il y a je ne sais plus quel canard
  155. 7:05 qui a fait un sondage en demandant aux gens
  156. 7:07 quels étaient leurs personnages politiques préférés,
  157. 7:09 et là-dedans, on avait le droit de nommer des personnes de la société civile,
  158. 7:12 et donc, il y avait 60 personnes qui étaient classées,
  159. 7:14 et je suis arrivé 58e.
  160. 7:16 – Ah, ça, ça peut changer, on est en 2025, c'est déjà pas mal, vous êtes dedans.
  161. 7:19 – Voilà, à égalité avec Francis Lalanne.
  162. 7:21 – Est-ce que Jean-Michel…
  163. 7:22 – Ah ah ah ah ah !
  164. 7:24 – Bon là, d'accord, en bref.
  165. 7:32 La troisième raison est retenue.
  166. 7:35 Dans le cadre de 2027, quel est le défi sur lequel tout le monde
  167. 7:38 pourrait tomber d'accord et que l'on pourrait mettre en œuvre hyper rapidement ?
  168. 7:43 – Alors, c'est une question qui est toujours très difficile de savoir.
  169. 7:45 Si vous devez sortir un truc d'un plan d'ensemble,
  170. 7:49 qu'est-ce que vous choisissez ?
  171. 7:52 Moi, j'ai envie de dire, si on arrive à comprendre
  172. 7:54 qu'il ne faut pas qu'on cherche à imiter la voie américaine ou la voie chinoise
  173. 7:59 parce qu'on n'en a pas les moyens physiques, ça sera déjà pas mal.
  174. 8:01 Aujourd'hui, on voit bien qu'on continue à être très, très attiré
  175. 8:05 par le mode de vie américain.
  176. 8:07 Il faut faire de l'intelligence artificielle,
  177. 8:08 parce que c'est dès aux États-Unis, nous, il faut qu'on fasse pareil.
  178. 8:12 En gros, on continue, et on a vraiment un gros effort intellectuel à faire
  179. 8:15 pour trouver une voie qui nous soit propre,
  180. 8:16 et quand je dis trouver une voie qui nous soit propre,
  181. 8:18 ce n'est pas juste dans les discours,
  182. 8:19 c'est aussi dans la manière dont on s'organise,
  183. 8:21 dont on va faire société, etc.
  184. 8:25 Et donc, j'ai envie de dire, s'il y a un truc
  185. 8:26 qui devrait structurer les débats pour 2027, c'est ça.
  186. 8:29 – Vous dites qu'on ne fait pas d'intelligence artificielle,
  187. 8:31 parce que ça pollue trop,
  188. 8:32 mais ça va être compliqué de ne pas suivre cette tendance.
  189. 8:36 – C'est compliqué, parce que pour le moment,
  190. 8:37 on ne se donne pas les moyens de notre autonomie.
  191. 8:40 Je veux dire, aujourd'hui, si vous avez une société
  192. 8:42 qui veut gérer son cloud en France sans passer par les Américains,
  193. 8:46 c'est compliqué.
  194. 8:46 Si vous voulez faire du commerce international aujourd'hui
  195. 8:49 sans utiliser le dollar, c'est compliqué,
  196. 8:50 parce qu'on ne s'est pas donné les moyens véritablement de notre autonomie.
  197. 8:53 – Vous dites qu'il faudrait presque interdire l'IA, tout est dans le presque.
  198. 8:57 – Alors, je n'ai pas dit ça, je dis un truc beaucoup plus taquin que ça.
  199. 9:03 Je dis que pour le moment, c'est un mouvement qui a été initié
  200. 9:06 par des gens qui n'ont pas d'autre problème dans la vie
  201. 9:08 que d'avoir besoin de nouveaux gadgets et d'être éternels.
  202. 9:10 – C'est inutile quoi.
  203. 9:12 – Les Sam Altman, les Jeff Bezos, etc.
  204. 9:13 – Ils sont très puissants ces gens-là.
  205. 9:14 – Oui, ils sont très puissants, ils ont beaucoup d'argent.
  206. 9:17 – Ils sont aussi puissants que des États ?
  207. 9:19 – Parfois plus.
  208. 9:20 – Oui.
  209. 9:22 – Et c'est eux qui poussent le mouvement.
  210. 9:26 Alors après, il se trouve plein d'alliés.
  211. 9:27 Vous avez plein d'ingénieurs qui trouvent ça rigolo de faire des trucs nouveaux, etc.
  212. 9:30 Mais en fait, quand on regarde bien…
  213. 9:32 – Mais vous pensez qu'avec un million d'euros, on peut arrêter le mouvement ?
  214. 9:35 – Alors, ce que je pense, c'est qu'avec un million d'euros,
  215. 9:39 on peut contribuer de façon utile.
  216. 9:42 D'accord ? C'est ça qu'on pense.
  217. 9:44 Pour le moment, on a quand même…
  218. 9:47 Vous savez, l'accès, par exemple, à la caisse de résonance médiatique,
  219. 9:51 elle n'a pas besoin d'énormément d'argent pour se faire.
  220. 9:54 Elle a surtout besoin d'estime, d'adhésion, de confiance,
  221. 9:57 et de choses de cette nature.
  222. 9:59 Et oui, avec un million d'euros, on peut mettre à contribution
  223. 10:02 suffisamment de gens pour arriver à ce genre de choses.
  224. 10:04 – L'idée, une fois que vous aurez le million d'euros
  225. 10:06 et que le travail aura été fait, c'est que vous allez faire un livre, un programme ?
  226. 10:10 – Alors, on va refaire un livre, oui, absolument.
  227. 10:13 Et on va faire des…
  228. 10:13 Alors, un programme, ça serait se présenter,
  229. 10:15 donc ça ne sera pas vraiment un programme, ça sera des propositions.
  230. 10:18 – Un dossier, quoi.
  231. 10:19 – Ça sera des propositions.
  232. 10:20 Et ces propositions, on les construit toujours avec les gens
  233. 10:23 qui sont dans le secteur concerné.
  234. 10:24 Par exemple, il n'y a pas longtemps, on a fait un travail sur l'agriculture.
  235. 10:27 Et dans le cadre de ce travail sur l'agriculture, on a fait deux choses.
  236. 10:29 D'abord, on a fait un sondage à très large échelle.
  237. 10:31 On a demandé à tous les agriculteurs qui voulaient
  238. 10:32 de nous raconter ce qu'ils faisaient et pourquoi ils le faisaient, d'accord ?
  239. 10:35 Sans les juger, en disant pourquoi est-ce que vous faites comme ça.
  240. 10:38 Et on a eu plus de 8 000 réponses,
  241. 10:40 ce qui, sur une profession de 400 000 personnes, est quand même pas mal.
  242. 10:43 – Oui, on apprend que les agriculteurs français sont prêts à faire la transition.
  243. 10:46 – Absolument.
  244. 10:47 Et le truc qu'ils nous ont dit, c'est, nous, il n'y a qu'une seule condition
  245. 10:49 pour qu'on s'y colle, c'est l'argent.
  246. 10:51 Dit autrement, si on est rémunéré à la juste mesure
  247. 10:54 des efforts qu'on doit faire pour avoir une agriculture qui est…
  248. 10:57 – Ça se chiffre, ça ?
  249. 10:57 – … plus sympathique.
  250. 10:59 Oui, ça se chiffre parce qu'aujourd'hui, l'agriculture ne nous coûte rien.
  251. 11:02 Tous les gens qui sont dans cette salle,
  252. 11:03 il faut savoir qu'ils dépensent 1 à 1,5 % de ce qu'ils gagnent seulement
  253. 11:08 pour payer les agriculteurs, d'accord ?
  254. 11:10 Tout le reste de votre ticket de caisse, c'est autre chose.
  255. 11:12 C'est du transport, des emballages, le salaire des magasiniers,
  256. 11:15 il y a des gens qui doivent vivre,
  257. 11:16 mais le salaire des gens qui ont transformé le lait en yaourt, etc.
  258. 11:19 Mais la production agricole elle-même, c'est 1 à 1,5 % de ce qu'on gagne.
  259. 11:23 C'est rien.
  260. 11:24 – Et le dossier, selon parlait Maya,
  261. 11:26 le dossier, est-ce que tous les candidats pourront se l'approprier ?
  262. 11:28 – Bien sûr.
  263. 11:29 – De LFI jusqu'à Marine Le Pen ou Jordan Bardella ?
  264. 11:32 – Alors, la réponse est oui.
  265. 11:34 Et ce qu'on cherche, et alors là, j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure,
  266. 11:36 pour qu'ils puissent se l'approprier,
  267. 11:38 il faut en fait qu'on ait commencé par convaincre les gens
  268. 11:40 qui sont à l'étage en dessous.
  269. 11:41 Donc c'est pour ça que, en fait, quand on travaille,
  270. 11:43 on travaille toujours avec les gens qui vont devoir faire.
  271. 11:44 – Et en sous-entendu dans la question,
  272. 11:46 il n'y a pas de parti que vous refusez, que vous récusez ?
  273. 11:49 – Non, au sens de nous, on est apartisans,
  274. 11:52 donc le chiffre projet ne se revendique d'être affilié à aucun parti.
  275. 11:57 Et après, tous les gens qui sont dans le jeu républicain,
  276. 12:00 aujourd'hui, qui sont légalement autorisés à concourir,
  277. 12:03 qui s'emparent de nos propositions.
  278. 12:04 – Est-ce qu'on vous le reproche ça ?
  279. 12:05 Est-ce que certains écolos vous le reprochent ?
  280. 12:07 – De quoi ?
  281. 12:08 – D'être apolitique.
  282. 12:09 – Alors, je n'ai jamais entendu ce reproche-là en particulier.
  283. 12:13 Il y a des gens qui se posent toujours la question,
  284. 12:17 c'est-à-dire à partir du moment où on a un engagement,
  285. 12:19 est-ce qu'il faut qu'on soutienne le parti
  286. 12:21 qui semble en être le plus proche ou etc.
  287. 12:23 Moi, personnellement, je pense que si on veut créer du consensus,
  288. 12:26 il ne faut pas faire ça.
  289. 12:26 – On fera un point d'étape ? Vous reviendrez ?
  290. 12:30 – Avec plaisir.
  291. 12:31 – Vous répétez donc sur Google, sur un moteur de recherche,
  292. 12:35 il faut taper quoi ?
  293. 12:35 – Décarbonons la France.
  294. 12:36 – Décarbonons la France.
  295. 12:37 – Et on tombe directement sur la page de la campagne.
  296. 12:39 – Très bien, bon courage à vous et à votre équipe.
  297. 12:42 On fera un point d'étape, merci.