Voyage au coeur de nos sols
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Ce documentaire explore l'univers discret mais essentiel du sol, son rôle vital pour l'alimentation et l'environnement, et présente les recherches de pointe menées par l'INRAE d'Orléans pour étudier, cartographier et protéger cette ressource naturelle face à l'érosion et la pollution.
- 0:00 C'est un univers discret, mais essentiel, qui recouvre 30% de notre planète.
- 0:15 Véritable patrimoine naturel, il se forme lentement, sur des milliers, voire des millions
- 0:20 d'années.
- 0:21 Ce tapis vivant qui façonne notre quotidien, c'est le sol.
- 0:25 C'est lui qui conditionne nos cultures, filtre l'eau que nous buvons, stocke le carbone
- 0:29 aussi, et abrite des milliards d'organismes invisibles.
- 0:32 Mais face à la présence humaine toujours plus grande, à l'industrialisation, à l'érosion
- 0:38 et à la pollution, cette ressource se fragilise.
- 0:40 Pour percer les mystères du fonctionnement de cet océan solide, pour tenter aussi de
- 0:45 le protéger, les scientifiques déploient tous les moyens possibles.
- 0:49 Et c'est à l'Inra et d'Orléans, région Centre-Val-de-Loire, que se trouve une équipe
- 0:53 unique en France à la pointe de la recherche dans ce domaine.
- 0:56 Plongée avec esprit sorcier, dans cet univers insoupçonné qui se trouve juste sous nos pieds.
- 1:03 Et c'est Antonio Pispo, le directeur de l'unité sol d'Orléans, qui sera notre guide aujourd'hui.
- 1:10 On se recueille dans une fosse qui a un profil de sol.
- 1:14 D'habitude, on marche, on a l'impression que c'est une surface, il n'y a que deux dimensions.
- 1:18 Mais en fait, il y a trois dimensions dans le sol.
- 1:20 Et donc, si on regarde que la couche de surface, on perd beaucoup, beaucoup.
- 1:24 Et donc, connaître le sol dans toute sa profondeur, c'est vraiment capital pour savoir qu'est-ce
- 1:29 qu'il va faire, comment il va stocker de l'eau, comment il va la restituer aux plantes, aux arbres.
- 1:33 Et donc, vraiment, cette dernière dimension du sol, qu'on n'imagine pas, c'est un océan
- 1:37 sous nos pieds, elle est capitale et il faut vraiment l'étudier et la comprendre.
- 1:41 Le sol, c'est ce qui produit notre alimentation, puisque 95% de notre alimentation provient du sol.
- 1:46 Alors, on peut penser d'abord aux plantes, aux végétaux, mais finalement, les animaux,
- 1:50 ils mangent aussi des végétaux qui sont produits par le sol.
- 1:52 Toute la chaîne alimentaire, finalement, dépend du sol.
- 1:55 Dans quelques grammes de sol, il y a l'équivalent de la population humaine en bactéries, en champignons.
- 2:00 Donc, c'est vraiment un milieu super divers avec énormément de choses à apprendre
- 2:04 et qu'on commence à étudier juste actuellement.
- 2:07 Et donc, on travaille à la fois sur des expériences de laboratoire, des expériences au terrain
- 2:13 pour mieux connaître la structure des sols, leur fonctionnement physique, comment ils vont stocker de l'eau,
- 2:18 quel type de gaz vont être émis et notamment les gaz à effet de serre.
- 2:21 Mais on travaille aussi sur la cartographie des sols et sur la surveillance des sols,
- 2:24 c'est-à-dire connaître la diversité des sols qu'on a en France et puis surveiller leur état,
- 2:28 savoir dans quel sens ça part, est-ce qu'on est en train de dégrader les sols ou au contraire,
- 2:33 est-ce que finalement, les sols s'améliorent, est-ce que la gestion de nos sols s'améliore ?
- 2:37 Et pour étudier la façon dont les sols évoluent,
- 2:39 pour comprendre comment ils réagissent dans les profondeurs en fonction des éléments,
- 2:43 les scientifiques d'Orléans déploient des trésors d'ingéniosité.
- 2:47 On fait les mesures d'un trésor et puis vous, vous allez mesurer sur la partie droite, le ruissellement.
- 2:55 On est dans le bon sens là Agnès ou tu veux le retourner ? C'est bon.
- 3:00 Voilà, c'est bon. Donc vous êtes ici sur un dispositif expérimental qui est unique en France,
- 3:17 vous êtes sous un simulateur de pluie de grande taille puisqu'il va pouvoir simuler de la pluie
- 3:23 sur un espace de 10 mètres carrés et ce que vous avez ici, c'est comme une maquette,
- 3:27 c'est une maquette de champ agricole, petite maquette, elle fait 10 mètres carrés,
- 3:31 mais vous voyez qu'à la surface de cette maquette, on a refabriqué un état de sol
- 3:37 qui est comparable à celui que l'on trouve dans la nature, ce qu'on appelle ici un état de lait de semences.
- 3:42 Et puis vous voyez aussi qu'elle est un petit peu penchée, donc on a reproduit une pente,
- 3:46 certes légère, mais qui permet au processus d'érosion de se développer.
- 3:52 Et donc c'est l'expérimentation que l'on va conduire aujourd'hui,
- 3:55 ça va être de faire pleuvoir, de regarder l'eau qui ruisselle, l'eau qui s'infiltre,
- 3:59 les émissions de gaz à effet de serre et puis la façon dont la structure du sol évolue.
- 4:05 Donc je vais mettre ma capuche parce que là, on va vraiment faire tomber de la pluie.
- 4:11 Chez nous, il pleut à l'intérieur.
- 4:25 Allez, go !
- 4:29 Donc là, la surface du sol commence à être bien dégradée,
- 4:33 donc le ruissellement va s'installer et Marine, à l'aval du bac,
- 4:37 elle va récupérer l'eau qui ruisselle à la surface du sol et cette eau, elle va être chargée.
- 4:42 Elle va être chargée de toutes les particules du sol qui ont quitté la parcelle
- 4:46 et qui ont été emportées par le ruissellement.
- 4:48 Et ça, c'est l'érosion.
- 4:51 C'est ça qui fait perdre le patrimoine sol qui s'en va hors des parcelles agricoles
- 4:55 et qui va dans les rivières.
- 5:00 Et puis, il y a une partie de l'eau, heureusement, qui s'est infiltrée
- 5:04 et qui va donc à la fois modifier la structure du sol à l'intérieur
- 5:10 et puis cette eau, elle va permettre aussi de donner de l'alimentation hydrique aux plantes.
- 5:15 Donc les plantes vont se développer.
- 5:18 Ça mesure quelque chose qui a un rapport avec la rhizosphère, c'est-à-dire les racines.
- 5:23 Et puis sur ce côté du bac, on mesure les émissions de gaz à effet de serre,
- 5:28 les émissions de protoxyde d'azote, puisque celles-ci sont plus intenses
- 5:32 lorsque le sol est relativement humide et donc après cette pluie assez forte,
- 5:37 on s'attend à ce que d'ici quelques heures, il y ait des émissions qui se produisent.
- 5:43 Donc on s'intéresse à ça parce que le sol, c'est 95% de l'alimentation que l'on mange
- 5:50 et le sol, c'est assurément pas uniquement l'espace sur lequel on marche.
- 5:55 Ça contribue à limiter les émissions de gaz à effet de serre parce que ça stocke du carbone.
- 6:00 Ça permet le développement de la biomasse,
- 6:02 c'est-à-dire qu'il y a plus de gaz à effet de serre,
- 6:04 c'est-à-dire qu'il y a plus de gaz à effet de serre,
- 6:06 c'est-à-dire qu'il y a plus de gaz à effet de serre,
- 6:08 Ça permet le développement de la biomasse végétale.
- 6:10 Vous l'avez vu, ça accueille la pluie, donc ça la tamponne,
- 6:13 ça limite les inondations, ça limite l'érosion.
- 6:16 C'est ce qu'on appelle les fonctions qui sont rendues par les sols.
- 6:20 Elles sont multiples et c'est parce qu'on va être en capacité de maintenir
- 6:24 toutes ces fonctions que rendent les sols,
- 6:27 que l'on va être en capacité de maintenir la vie sur Terre.
- 6:31 Quand je dis la vie, ça n'est pas uniquement la vie des humains,
- 6:34 mais l'ensemble de la vie des écosystèmes.
- 6:36 Ce genre d'expériences de laboratoire sur les sols
- 6:38 sont essentielles pour étudier dans le détail
- 6:40 ce qui se passe en fonction de leur nature
- 6:42 et des événements qu'ils subissent.
- 6:44 Mais elles ne sont pas suffisantes pour avoir une vue globale
- 6:46 de ce qui se passe à grande échelle.
- 6:48 Pour comprendre et analyser le sol,
- 6:50 il n'y a pas le choix, il faut aller le chercher,
- 6:52 il faut aller le prélever.
- 6:54 Donc on va sur le terrain,
- 6:56 et là on fait des sondages,
- 6:58 on fait comme ici, on fait une fosse,
- 7:00 on creuse le sol jusqu'à 1 mètre,
- 7:03 on le décrit, on le prélève,
- 7:05 et on ramène ça dans un laboratoire.
- 7:07 Ensuite, il y a un autre dispositif
- 7:09 que nous on anime ici à Orléans,
- 7:11 qui est le réseau de mesure de la qualité des sols.
- 7:13 Et ce réseau de mesure de la qualité des sols,
- 7:15 en fait, il repose sur plus de 2000 sites
- 7:17 qui vont être suivis partout en France.
- 7:19 On va faire une fosse, des prélèvements,
- 7:21 pour analyser leur qualité.
- 7:33 On va se placer au centre
- 7:35 de la surface de 20 mètres.
- 7:37 Sur 20 mètres, et à peu près
- 7:39 à 5 mètres de la bordure
- 7:41 du carré qui est matérialisé
- 7:43 par les deux grands piquets.
- 7:45 Pour analyser la qualité d'un sol
- 7:47 de la même façon partout
- 7:49 sur le territoire français,
- 7:51 il faut de la méthode.
- 7:53 Standardiser la taille des parcelles
- 7:55 à étudier, des outils de prélèvement,
- 7:57 un GPS, et parfois quelques gros moyens
- 7:59 et quelques coups de poignet.
- 8:03 Il t'en reste deux, c'est ça ?
- 8:05 Donc après ça, on aura fait
- 8:07 les 25 points de prélèvement.
- 8:09 Ici, on se trouve
- 8:11 sur un des 2200 sites
- 8:13 du réseau de mesure de la qualité des sols,
- 8:15 qui sont répartis tous les 16 kilomètres
- 8:17 en France métropolitaine
- 8:19 et dans les départements d'outre-mer.
- 8:21 Et on s'appuie sur une douzaine d'équipes
- 8:23 qui sont réparties dans chaque région.
- 8:25 On accompagne les équipes sur le terrain,
- 8:27 on les forme,
- 8:29 on les suit,
- 8:31 et toutes les équipes qui sont
- 8:33 impliquées dans ce programme
- 8:35 sont très enthousiastes
- 8:37 à l'idée de participer
- 8:39 à un effort collectif
- 8:41 pour améliorer la connaissance des sols.
- 8:51 Donc là,
- 8:53 j'arrase aussi
- 8:55 ma terrière,
- 8:57 et en plus,
- 8:59 j'enlève
- 9:01 les 10 cm
- 9:03 du dessus
- 9:05 pour avoir bien 20-30 cm.
- 9:11 Aujourd'hui, on est sur un site
- 9:13 où le sol est à dominante
- 9:15 sableuse
- 9:17 et avec une humidité
- 9:19 suffisante pour que
- 9:21 ce soit vraiment
- 9:23 des conditions faciles de prélèvement.
- 9:25 Mais si c'était plus sec,
- 9:28 et quand on va atteindre
- 9:30 les couches de profondeur, des fois, c'est sport.
- 9:42 Un beau vers de terre là.
- 9:46 Un premier mât racinaire là,
- 9:48 et après,
- 9:50 une zone sur un sol brun.
- 9:52 Là,
- 9:54 on a quand même pas mal de petites racines
- 9:56 et puis quelques cailloux là.
- 9:58 Tous ces prélèvements réalisés
- 10:00 de façon standardisée sur tout le territoire
- 10:02 sont décrits minutieusement sur place
- 10:04 puis envoyés ici, dans ce bâtiment neuf,
- 10:06 en terre crue, comme cela se faisait
- 10:08 autrefois dans la région.
- 10:10 Un bâtiment qui abrite un trésor unique en son genre.
- 10:14 Alors là, on rentre dans le trésor
- 10:16 d'un foyer sol.
- 10:18 C'est le conservatoire lui-même
- 10:20 avec
- 10:22 370 m²
- 10:24 de stockage
- 10:26 4 km de rayons, si on met toutes les étagères
- 10:28 bout à bout.
- 10:30 Et puis là, on rentre
- 10:32 dans la partie du réseau de mesure de la qualité des sols.
- 10:34 Alors je vais aller
- 10:36 chercher un échantillon
- 10:38 de la première campagne.
- 10:44 On va prendre celui-ci.
- 10:48 Alors voilà notre trésor, c'est de l'échantillon
- 10:50 brut, tel qu'il a été prélevé sur le terrain
- 10:52 et juste séché.
- 10:54 Alors ici, on appelle ça une pédothèque.
- 10:56 Pour nous, c'est
- 10:58 une bibliothèque de sol.
- 11:00 On parle de trésor parce qu'il y a
- 11:02 une qualité scientifique,
- 11:04 historique.
- 11:06 Alors du coup, c'est un site
- 11:08 que tu as commencé hier, ça ?
- 11:10 Ici, les échantillons
- 11:12 de sol venus de toute la France
- 11:14 sont méticuleusement préparés pour être ensuite
- 11:16 analysés dans une salle où chacun
- 11:18 a son poste.
- 11:21 On va mettre à sécher en fait.
- 11:23 Par contre, il va être long à sécher celui-là.
- 11:25 Alors on est dans une
- 11:27 salle de préparation, on n'est pas un laboratoire
- 11:29 d'analyse à proprement parler et on a
- 11:31 l'habitude de dire qu'on fonctionne par
- 11:33 atelier. Donc il y a l'atelier
- 11:35 étalage des sols pour mettre les
- 11:37 échantillons à sécher en salle de séchage.
- 11:39 Le but, c'est d'enlever les éléments grossiers,
- 11:41 les cailloux, parce que les cailloux ne sont pas analysés.
- 11:43 On analyse ce qu'on appelle la terre fine.
- 11:45 Donc la terre fine, c'est ce qu'on va récupérer
- 11:47 après le tamisage.
- 11:49 Tous ces échantillons de sol subissent
- 11:51 toutes ces opérations. C'est pour une raison
- 11:53 bien précise. Alors on garde les
- 11:55 échantillons de sol pour avoir
- 11:57 une photographie du sol
- 11:59 avec une carte de France
- 12:01 à un instant T.
- 12:03 On remesure le même endroit
- 12:05 exactement 10 ou 15
- 12:07 ans plus tard. Et entre
- 12:09 ces deux temps, on est capable de voir l'évolution
- 12:11 au niveau de
- 12:13 l'échantillon de sol.
- 12:15 On envoie principalement pour
- 12:17 des analyses chimiques au
- 12:19 laboratoire d'analyse des sols.
- 12:21 On peut représenter
- 12:23 le carbone dans les sols, puisque la grosse
- 12:25 problématique actuelle, c'est le stockage du carbone.
- 12:27 Donc savoir si les sols sont capables ou pas
- 12:29 de stocker du carbone, s'ils en ont
- 12:31 déjà beaucoup ou s'ils peuvent en avoir d'autres.
- 12:33 Et on envoie également
- 12:35 au laboratoire de Dijon, un autre
- 12:37 laboratoire INRAE,
- 12:39 qui mesure tout ce qui est
- 12:41 vivant dans le sol. Si on prend l'exemple
- 12:43 des analyses d'ADN,
- 12:45 qui permet de sortir des cartes à l'échelle
- 12:47 de la France, on voit la répartition
- 12:49 des espèces pour avoir une idée de la biodiversité
- 12:51 du sol.
- 12:53 Mesurer la qualité de nos sols, évaluer la santé
- 12:55 de la biodiversité présente sous nos pieds
- 12:57 et voir son évolution au cours du temps,
- 12:59 c'est toute la mission du Conservatoire
- 13:01 européen d'échantillons de sol.
- 13:03 Une mission qui va même au-delà
- 13:05 de la simple conservation.
- 13:07 Le sol, il est considéré
- 13:09 comme un support, bien souvent.
- 13:11 Or, le sol, ce n'est pas ça.
- 13:13 C'est un élément
- 13:15 qui vit et qui évolue.
- 13:17 Donc on a besoin de
- 13:19 mesurer ces évolutions.
- 13:21 Et nous, on est un produit
- 13:23 d'aide à la décision pour essayer de faire
- 13:25 comprendre aux
- 13:27 politiques
- 13:29 l'utilisation du sol
- 13:31 qui peut aller dans un sens
- 13:33 ou dans un autre si on n'y fait pas attention.
- 13:35 Grâce à l'ensemble de ces mesures
- 13:37 réalisées sur plusieurs années,
- 13:39 les scientifiques peuvent ainsi réaliser des cartes
- 13:41 en type sur tout le territoire.
- 13:43 Des cartes de la nature intime des sols,
- 13:45 de leur santé, de la biodiversité présente,
- 13:47 avec, en ligne de mire,
- 13:49 quelques idées. On espère,
- 13:51 avec cette connaissance notamment de la biodiversité du sol,
- 13:53 de pouvoir développer des nouvelles
- 13:55 molécules, des nouveaux médicaments, des nouveaux
- 13:57 produits pour faire des biocarburants.
- 13:59 Il y a énormément de potentiel de biotechnologie
- 14:01 à partir de la biologie des sols.
- 14:03 Longtemps négligé, ce monde
- 14:05 discret, qui travaille sans relâche pour nourrir
- 14:07 la vie terrestre, révèle donc peu à peu
- 14:09 ses secrets. Pour garantir notre alimentation,
- 14:11 il va donc falloir continuer à étudier
- 14:13 cet océan qui se trouve sous nos pieds
- 14:15 et le considérer comme un patrimoine commun
- 14:17 à tous.
Ce documentaire captivant, intitulé "Voyage au cœur de nos sols", nous plonge dans l'univers discret mais fondamental du sol, une ressource naturelle essentielle qui recouvre 30% de notre planète. Le film met en lumière le rôle vital du sol, qui se forme lentement sur des milliers d'années, en tant que conditionneur de nos cultures, filtre de l'eau que nous buvons, stockeur de carbone et abri pour des milliards d'organismes invisibles. Face à l'expansion humaine, à l'industrialisation, à l'érosion et à la pollution, cette ressource précieuse est de plus en plus fragilisée. Le documentaire nous emmène à l'INRAE d'Orléans, en région Centre-Val-de-Loire, où une équipe de scientifiques mène des recherches de pointe pour percer les mystères de cet "océan solide" sous nos pieds et tenter de le protéger. Antonio Pispo, directeur de l'unité sol d'Orléans, nous guide à travers les différentes facettes de cette recherche. Il souligne l'importance de comprendre le sol dans ses trois dimensions, au-delà de sa simple surface, pour appréhender pleinement ses fonctions, notamment sa capacité à stocker et restituer l'eau aux plantes. Le sol est présenté comme le fondement de notre alimentation, produisant 95% de ce que nous consommons, et comme un milieu d'une biodiversité extraordinaire, abritant l'équivalent de la population humaine en bactéries et champignons dans quelques grammes. Les travaux de l'INRAE incluent des expériences en laboratoire et sur le terrain pour étudier la structure des sols, leur fonctionnement physique, le stockage de l'eau et les émissions de gaz à effet de serre. Une démonstration impressionnante est réalisée avec un simulateur de pluie de grande taille, unique en France, qui permet de reproduire l'érosion sur une parcelle agricole de 10 mètres carrés. Cette expérience illustre comment l'eau de ruissellement emporte les particules du sol, contribuant à sa dégradation, tandis qu'une partie de l'eau s'infiltre, nourrissant les plantes et modifiant la structure interne du sol. Les mesures des émissions de protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre, sont également effectuées dans ces conditions. Au-delà des expériences contrôlées, le documentaire explique l'importance des prélèvements sur le terrain. L'INRAE anime le Réseau de Mesure de la Qualité des Sols (RMQS), un dispositif national qui suit plus de 2200 sites répartis tous les 16 kilomètres en France métropolitaine et outre-mer. Des équipes dédiées effectuent des sondages standardisés, creusant des fosses et prélevant des échantillons jusqu'à un mètre de profondeur. Ces échantillons sont ensuite acheminés au Conservatoire européen d'échantillons de sol, ou pédothèque, à Orléans. Ce "trésor" scientifique, avec ses 4 kilomètres de rayonnages, conserve des échantillons bruts séchés, offrant une "photographie" de l'état des sols à un instant T. Les échantillons sont méticuleusement préparés (tamisage pour séparer la terre fine des cailloux) avant d'être envoyés à des laboratoires pour des analyses chimiques (notamment le stockage du carbone) et biologiques (analyse d'ADN pour évaluer la biodiversité). En comparant les échantillons prélevés au même endroit à des intervalles de 10 à 15 ans, les scientifiques peuvent suivre l'évolution de la qualité des sols. Cette connaissance est cruciale pour aider les décideurs politiques à comprendre l'impact de l'utilisation des sols et à orienter les politiques de gestion. Le film conclut en soulignant le potentiel biotechnologique immense de la biologie des sols pour développer de nouvelles molécules, médicaments ou biocarburants, et insiste sur la nécessité de considérer le sol comme un patrimoine commun à étudier et à protéger pour garantir la vie sur Terre.
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