Ultra-transformés : ce que vous mangez vous rend malade | 30 minutes santé

talk-show 36:35 출처 ↗ aliments ultra-transformés nutrition santé publique additif microbiote maladie chronique
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Cette émission de 30 minutes santé de l'Inserm explore les dangers des aliments ultra-transformés, leur impact sur la santé et le microbiote intestinal, et propose des solutions individuelles et politiques pour une meilleure alimentation, avec les experts Mathilde Touvier et Benoît Chassin.

  1. 0:00 Longtemps, les recommandations alimentaires étaient relativement simples, limiter le gras, le sel et le sucre et augmenter sa consommation de fruits et légumes frais.
  2. 0:08 Mais depuis quelques années apparaît une nouvelle catégorie d'ennemis de la santé, les aliments ultra transformés.
  3. 0:14 De quoi s'agit-il exactement, comment les repérer et pourquoi doit-on les éviter ?
  4. 0:19 C'est ce que nous allons voir dans cette nouvelle édition de 30 minutes santé, le magazine de l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale.
  5. 0:30 Pour parler de ce sujet, j'ai le plaisir de recevoir Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l'Inserm
  6. 0:42 et Benoît Chassin, directeur de recherche Inserm spécialisé dans le microbiote intestinal et responsable de l'équipe interaction microbiote haute à l'Institut Pasteur.
  7. 0:52 Bonjour à tous les deux, bienvenue, merci d'avoir répondu, présent à notre invitation. Mathilde Touvier, qu'est-ce qu'un aliment ultra transformé ?
  8. 1:00 Alors la notion d'aliment ultra transformé a été proposée par le professeur Carlos Montero et ses collègues à l'université de Sao Paulo au Brésil dans les années 2009.
  9. 1:10 C'est une classification qui permet de catégoriser en quatre groupes les aliments selon leur degré de transformation.
  10. 1:17 Et donc on a les aliments pas ou peu transformés, une pomme, une boîte de haricots verts avec juste un peu de sel dedans par exemple.
  11. 1:24 On a ensuite les ingrédients culinaires, le beurre, l'huile, le sucre par exemple.
  12. 1:29 Les aliments transformés, donc là c'est comme si on cuisinait à la maison des aliments du groupe 1 avec les ingrédients culinaires du groupe 2.
  13. 1:37 Mais ça peut être aussi des aliments industriels, des conserves avec seulement du sel par exemple ou bien des plats préparés sans ajout d'additifs, on sera dans les aliments transformés.
  14. 1:46 Et puis on a les aliments ultra transformés qui nous intéressent aujourd'hui.
  15. 1:50 Et donc là ce sont des aliments qui ont subi des procédés de transformation importants, biologiques, physiques, chimiques.
  16. 1:56 Comme par exemple le fait de craquer, de faire du cracking de certains ingrédients de base.
  17. 2:03 Si on prend un grain de blé et qu'on le sépare en plein plein d'autres ingrédients avec du gluten, des fibres, plein d'ingrédients différents.
  18. 2:11 Et qui sont après réutilisés pour reconstituer de toute pièce un nouvel aliment.
  19. 2:16 Là ça fait partie de ce qu'on appelle les aliments ultra transformés.
  20. 2:19 Et ce sont aussi des aliments qui vont contenir généralement des ingrédients qu'on n'a pas dans nos cuisines.
  21. 2:24 Donc les additifs alimentaires de type édulcorant, émulsifiant ou colorant par exemple.
  22. 2:29 Ou des arômes ou encore du sirop de glucose fructose, des isolates protéines.
  23. 2:34 Donc voilà tous ces aliments qu'on a généralement pas chez nous.
  24. 2:37 D'accord c'est très clair. Maintenant est-ce que ça l'est autant dans l'esprit de tous les consommateurs ?
  25. 2:41 C'est ce que nous avons vérifié en sortie de supermarché.
  26. 2:44 Je pense que c'est des aliments industriels.
  27. 2:47 Quand on ne se contente pas des produits de base, des ingrédients de base, des légumes.
  28. 2:52 Et qu'on ajoute des produits chimiques.
  29. 2:54 Je ne sais pas, des lasagnes surgelées.
  30. 2:57 Des liquides liquides et tout.
  31. 2:58 Des produits à mettre au micro-ondes pour être consommé directement, pour moi c'est mauvais signe.
  32. 3:03 Je pense qu'il y a beaucoup de gras, il y a du sucre, il y a plein d'exhausteurs de goût.
  33. 3:08 Il y a des machins qu'on rajoute et voilà.
  34. 3:11 Plein de choses comme ça qui n'y sont pas quand moi je fais les choses.
  35. 3:14 Des émulsifiants, des additifs qui permettent de conserver l'aliment.
  36. 3:18 Dedans il y a plein de choses pas bonnes, des colorants, des conservateurs, des trucs comme ça.
  37. 3:23 Je ne vais pas mentir que oui, ça peut m'arriver d'en acheter.
  38. 3:26 De temps en temps, des compotes, des gâteaux.
  39. 3:28 Du chocolat, bon vraiment des produits relativement bruts.
  40. 3:31 Je n'ai pas d'exemple de produit transformé.
  41. 3:32 Ah peut-être la crème de coco, je ne suis pas sûr que ce soit 100% conservateur, à vérifier.
  42. 3:38 Ça peut être l'exception et le petit plaisir d'une barre chocolatée glacée une fois par mois.
  43. 3:45 J'achète certainement des pizzas surgelées où c'est transformé.
  44. 3:49 Mais je ne trouve pas ça super bon, c'est rare.
  45. 3:53 Il y a des risques, des maladies qu'on ne connaît pas encore.
  46. 3:56 Donc si on peut cuisiner, pourquoi pas.
  47. 3:59 Mathilde Touvier, ça représente quelle part de notre alimentation, les produits ultra transformés ?
  48. 4:05 En France, on est à peu près à 30 à 35% de toutes nos calories quotidiennes apportées par les aliments ultra transformés.
  49. 4:12 On est à peu près au milieu en termes de proportion dans le monde.
  50. 4:15 Certains pays sont plus autour de 10-15% en Amérique latine par exemple.
  51. 4:20 Et d'autres comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni sont à presque 60% de leurs calories par les aliments ultra transformés.
  52. 4:26 Est-ce que ça dépend aussi des profils sociologiques dans la population française ?
  53. 4:31 Oui, avec des profils qui ne sont pas forcément si évidents que ça.
  54. 4:35 Certains aliments ultra transformés, des sodas par exemple ou des produits traditionnellement de junk food,
  55. 4:41 on va les retrouver comme souvent en nutrition, plus dans des classes plus populaires, dans des populations plus défavorisées.
  56. 4:47 Mais ce n'est pas forcément le cas de tous les aliments ultra transformés.
  57. 4:50 Par exemple, dans l'étude NutriNet santé, on en reparlera, on a les végétariens ou végétaliens
  58. 4:56 qui sont les plus forts consommateurs de ces aliments ultra transformés substituts de produits végétaux.
  59. 5:02 Donc c'est assez dual finalement.
  60. 5:04 Est-ce qu'on a des preuves vraiment que ces produits ultra transformés sont mauvais pour la santé ?
  61. 5:09 Aujourd'hui, on a vraiment des preuves qui se sont accumulées avec une recherche qui a été très dynamique ces toutes dernières années.
  62. 5:16 Quand on a commencé à s'intéresser à cette question avec la cohorte NutriNet santé,
  63. 5:20 c'était dans les années 2018, on a publié les premières études,
  64. 5:25 on a mis en place cette cohorte qui suit plus de 180 000 personnes en France
  65. 5:31 qui répondent régulièrement à des questionnaires sur leur alimentation et sur leur état de santé.
  66. 5:35 Et on a pu mettre en évidence des liens entre une plus forte part d'aliments ultra transformés dans le régime alimentaire
  67. 5:42 et une incidence plus forte, un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, de cancers ou de diabètes de type 2.
  68. 5:49 C'est la première fois qu'on montrait ça.
  69. 5:51 Et depuis, vous voyez que c'est très récent, ces 5-6 dernières années,
  70. 5:54 on a maintenant plus d'une centaine d'études qui montrent des résultats cohérents dans le monde
  71. 5:58 avec les preuves les plus fortes pour tout ce qui est obésité, maladie ou mortalité cardiovasculaire
  72. 6:04 ou même dépression par exemple, santé mentale.
  73. 6:07 Il y a aussi des essais à court terme, des études d'intervention
  74. 6:10 où certaines personnes ont reçu pendant deux semaines des aliments ultra transformés,
  75. 6:14 un groupe a reçu des aliments pas ultra transformés.
  76. 6:17 Et on compare des marqueurs très précoces de la santé comme des perturbations du métabolisme,
  77. 6:22 la prise de poids ou des marqueurs précoces d'infertilité.
  78. 6:25 Et déjà à ce stade, il y a des modifications qui sont vues.
  79. 6:29 Et puis il y a ensuite des études sur les mécanismes qui apportent des éléments complémentaires
  80. 6:33 pour montrer l'impact causal, le lien de cause à effet entre aliments ultra transformés et santé.
  81. 6:38 D'accord, donc il y a quand même des preuves solides.
  82. 6:41 Est-ce qu'on est sûr pour autant que ça n'est pas simplement lié au fait que souvent,
  83. 6:44 ces aliments ultra transformés, ça va être des pizzas, des biscuits,
  84. 6:47 finalement des produits assez déséquilibrés sur le plan nutritionnel.
  85. 6:51 Est-ce qu'on est sûr qu'en mangeant la même chose fait maison, on n'aurait pas les mêmes problèmes ?
  86. 6:55 C'est vraiment une très bonne question.
  87. 6:57 Initialement, on sait depuis des années maintenant que manger trop gras,
  88. 7:00 trop sucré, trop salé, pas assez de fibres, ce n'est pas bon.
  89. 7:03 Et donc on s'était dit, est-ce que c'est seulement ça qui explique leur impact ?
  90. 7:06 Mais en fait, on voit que même dans les études épidémiologiques,
  91. 7:09 nutrinettes santé ou autres, quand on prend en compte les calories,
  92. 7:13 le sucre, le gras que les personnes consomment,
  93. 7:15 on a quand même ces associations entre ultra transformation et santé qui sont visibles.
  94. 7:19 On le voit aussi dans ces essais d'intervention où ils contrôlent les calories
  95. 7:23 dans les deux groupes qu'ils comparent.
  96. 7:24 Donc on voit bien qu'il n'y a pas que ça qui explique les effets.
  97. 7:27 Et donc il y a probablement d'autres choses, des contaminants, des emballages
  98. 7:31 qui viennent des procès de transformation ou des additifs alimentaires.
  99. 7:34 C'est vraiment une piste qu'on creuse à l'heure actuelle.
  100. 7:36 Justement, la piste des additifs, vous l'explorez Benoît Chassain,
  101. 7:40 en particulier une catégorie, les émulsifiants.
  102. 7:43 Avant de rentrer dans le détail des résultats de vos recherches,
  103. 7:45 expliquez-nous ce que sont les émulsifiants et où on les trouve.
  104. 7:48 Les ergens émulsifiants, c'est une catégorie d'additifs
  105. 7:51 qui est vraiment très largement utilisée par l'industrie ergo-alimentaire.
  106. 7:54 En fait, on pense souvent aux colorants parce qu'on les voit à l'œil.
  107. 7:58 On pense souvent aux édulcorants puisqu'ils remplacent le sucre.
  108. 8:00 Ils sont très couramment utilisés également.
  109. 8:02 Mais en fait, les agents émulsifiants, c'est vraiment la catégorie d'additifs
  110. 8:05 qui est la plus utilisée parce que ça permet d'allonger
  111. 8:08 la durée de conservation des produits.
  112. 8:10 Ça permet d'améliorer la texture.
  113. 8:11 Donc ils sont vraiment présents dans tout un tas de produits transformés
  114. 8:14 et ultra transformés.
  115. 8:16 Les crèmes glacées pour le côté onctueux,
  116. 8:18 les crèmes dessert pour le côté aussi onctueux.
  117. 8:21 On voyait le monsieur dans votre micro-trottoir
  118. 8:23 qui parlait de lait de coco et de crème de coco.
  119. 8:25 C'est pareil.
  120. 8:26 Il y a énormément de caragénanes en général dans les crèmes de coco
  121. 8:28 pour ce côté très onctueux de la crème de coco.
  122. 8:32 Le pain de mie aussi pour garder les petites bulles
  123. 8:35 liées à la fermentation bien homogènes, etc.
  124. 8:37 Si on fait du pain de mie à la maison,
  125. 8:38 on va avoir des petites bulles, des grosses bulles.
  126. 8:39 Si on achète du pain de mie industriel,
  127. 8:41 on va avoir toutes ces bulles qui sont bien homogènes.
  128. 8:43 Ça, en général, c'est grâce aux agents émulsifiants.
  129. 8:45 D'accord.
  130. 8:46 Et donc, ce sont les caragénanes.
  131. 8:47 Il y en a d'autres ?
  132. 8:48 Il y en a vraiment beaucoup.
  133. 8:49 Les caragénanes, le carboxymitessulose,
  134. 8:51 le polysorbate 80, les lécithines de soja,
  135. 8:54 les monoédiglycérides d'acide gras.
  136. 8:56 En général, ce sont tous ces agents émulsifiants,
  137. 8:59 ces agents de texture.
  138. 9:00 C'est souvent les E400 quelque chose.
  139. 9:02 D'accord.
  140. 9:03 Et concernant les agents émulsifiants,
  141. 9:04 il y en a 70 à peu près qui sont utilisés en France.
  142. 9:06 Et alors, on a des preuves qu'ils ont des effets délétères sur la santé ?
  143. 9:11 Alors nous, ça fait un peu plus de 10 ans
  144. 9:13 qu'on travaille sur ces liens entre,
  145. 9:15 comme le mentionnait Mathilde,
  146. 9:16 d'essayer de vraiment comprendre ces aspects mécanistiques,
  147. 9:18 c'est-à-dire d'essayer de comprendre comment ces aliments sont transformés
  148. 9:21 et quelle est la raison du lien entre consommation d'aliments ultra-transformés
  149. 9:25 et mauvaise santé.
  150. 9:27 Donc, on a commencé ces travaux.
  151. 9:28 En fait, il y avait certaines données qui laissaient suggérer,
  152. 9:31 notamment des données épidémiologiques.
  153. 9:33 On voit très bien que l'explosion de la consommation
  154. 9:36 de ces aliments ultra-transformés
  155. 9:37 corrèle avec le boom de nombreuses pathologies chroniques,
  156. 9:40 la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique,
  157. 9:42 le diabète de type 2, l'obésité, etc.
  158. 9:44 Donc, nous, on a commencé ces travaux, encore une fois,
  159. 9:47 il y a plus de 10 ans, au laboratoire,
  160. 9:48 d'essayer de voir s'il n'y avait pas un lien
  161. 9:50 entre l'exposition à ces additifs et la mauvaise santé.
  162. 9:54 Alors, on a commencé dans des modèles de souris
  163. 9:56 où, clairement, on a montré que la consommation de ces additifs
  164. 9:58 pouvait favoriser la colite,
  165. 10:00 favoriser l'inflammation intestinale.
  166. 10:02 Et ceci, c'était en lien avec la perturbation du microbiote intestinal.
  167. 10:06 Alors, le microbiote, c'est toutes ces bactéries,
  168. 10:08 virus, champignons qu'il y a dans notre intestin.
  169. 10:10 Et, clairement, ces additifs, ils sont censés être inoffensifs,
  170. 10:14 ils sont censés ne pas avoir de toxicité pour nous,
  171. 10:16 pour notre organisme, c'est le cas.
  172. 10:18 Mais, par contre, ils sont vus comme des agents
  173. 10:20 vraiment très, très toxiques par certaines bactéries
  174. 10:22 de notre microbiote.
  175. 10:23 Ce microbiote devient complètement dérégulé
  176. 10:25 et, en réponse, va conduire à de l'inflammation intestinale chronique,
  177. 10:28 etc.
  178. 10:29 Donc, ça, c'était chez la souris.
  179. 10:30 Et ensuite, on a continué sur les aspects
  180. 10:32 un petit peu plus mécanistiques.
  181. 10:34 Et là, on est en train de mener des essais
  182. 10:36 randomisés cliniques chez l'homme
  183. 10:38 de manière à tester vraiment le lien de cause à effet
  184. 10:41 entre exposition à ces additifs
  185. 10:43 et notamment la maladie de Crohn.
  186. 10:44 D'accord.
  187. 10:45 Donc, on se méfie des émulsifiants.
  188. 10:47 Est-ce qu'il y a d'autres additifs,
  189. 10:49 d'autres catégories qui posent question aussi ?
  190. 10:51 Oui.
  191. 10:52 Alors, nous, on travaille, c'est vrai,
  192. 10:53 principalement sur les agents mulsifiants,
  193. 10:54 les agents de texture.
  194. 10:55 On développe quelques projets sur les édulcorants également.
  195. 10:58 Mais, en fait, si on regarde la recherche
  196. 11:00 au niveau international,
  197. 11:01 il y a des équipes en Israël
  198. 11:03 qui ont montré un impact négatif des édulcorants
  199. 11:06 sur la santé intestinale
  200. 11:07 en lien avec des dérégulations métaboliques.
  201. 11:10 Les colorants ont été incriminés aux États-Unis
  202. 11:12 en lien avec la colite, etc.
  203. 11:14 Donc, se pose la question, en fait,
  204. 11:15 de ces effets cocktails.
  205. 11:16 Et, en fait, dans notre quotidien,
  206. 11:18 on l'a bien vu dans votre micro-trottoir,
  207. 11:19 on ne va pas être exposé
  208. 11:20 à uniquement une catégorie d'additifs
  209. 11:22 ou un additif parmi cette catégorie.
  210. 11:24 On va vraiment être exposé à cet effet cocktail,
  211. 11:27 à des dizaines d'additifs dans notre quotidien.
  212. 11:29 Et du coup, de plus en plus,
  213. 11:30 on s'intéresse à, voilà,
  214. 11:31 quel va être l'effet de cette exposition
  215. 11:33 avec un petit peu de colorant,
  216. 11:34 un petit peu d'édulcorant,
  217. 11:35 un petit peu d'argent lucifiant ?
  218. 11:36 Quelle va être la réponse
  219. 11:37 de notre microbiote intestinal
  220. 11:38 et la réponse inflammatoire ?
  221. 11:40 Ça, c'est des recherches
  222. 11:41 qu'on est en train de mener.
  223. 11:42 Mathilde Touvier,
  224. 11:43 à travers l'étude Nutrinet,
  225. 11:45 dont vous nous parliez,
  226. 11:46 vous étudiez aussi
  227. 11:47 les effets d'autres additifs.
  228. 11:49 Oui, la chance qu'on a,
  229. 11:50 c'est qu'on a collecté depuis 2009
  230. 11:52 des informations suffisamment précises
  231. 11:54 sur les aliments consommés
  232. 11:56 par les participants
  233. 11:57 qui nous ont permis de quantifier,
  234. 11:58 de mesurer l'exposition
  235. 11:59 à ces un peu plus de 330 additifs
  236. 12:02 autorisés sur le marché.
  237. 12:03 Et donc, on a pu non seulement
  238. 12:04 montrer des liens
  239. 12:05 entre certaines catégories d'additifs,
  240. 12:07 alors les élucifiances
  241. 12:08 qui rejoignent complètement
  242. 12:09 les travaux de Benoît Chassin
  243. 12:10 et de son équipe,
  244. 12:11 mais aussi des édulcorants,
  245. 12:13 des nitrites.
  246. 12:14 Là, on travaille
  247. 12:15 sur les conservateurs maintenant.
  248. 12:16 Donc, on a tous ces données-là
  249. 12:18 et aussi sur les mélanges.
  250. 12:19 Donc, exactement,
  251. 12:20 ce potentiel effet cocktail
  252. 12:22 qu'on a commencé à explorer,
  253. 12:23 on a montré des liens
  254. 12:24 entre mélange et diabète de type 2.
  255. 12:26 Et puis là, on a d'autres travaux
  256. 12:28 en cours dans Nutrinet santé.
  257. 12:29 Donc, si on récapitule,
  258. 12:31 il y a le déséquilibre nutritif
  259. 12:33 et le déséquilibre nutritionnel
  260. 12:35 qui est fréquent
  261. 12:36 dans les aliments ultratransformés.
  262. 12:37 Il y a la question
  263. 12:38 de certains additifs.
  264. 12:39 Vous évoquiez,
  265. 12:40 en début d'émission,
  266. 12:41 d'autres mécanismes possibles.
  267. 12:42 Est-ce que vous pouvez
  268. 12:43 élaborer un peu ?
  269. 12:44 Oui.
  270. 12:45 Donc, au-delà de
  271. 12:46 additifs et profils nutritionnels,
  272. 12:48 il y a la piste,
  273. 12:49 par exemple,
  274. 12:50 de la déstructuration
  275. 12:51 des matrices alimentaires.
  276. 12:52 C'est-à-dire que,
  277. 12:53 comme on expliquait au début,
  278. 12:54 quand on prend des aliments,
  279. 12:56 des fruits, légumes,
  280. 12:57 etc., entiers,
  281. 12:58 mais qu'on va craquer,
  282. 12:59 séparer, reconstituer,
  283. 13:00 tout ça,
  284. 13:01 on n'a plus la même dynamique
  285. 13:02 entre les constituants,
  286. 13:03 les micronutriments
  287. 13:04 qui constituent
  288. 13:05 les aliments de base.
  289. 13:06 Et donc,
  290. 13:07 la manière dont notre organisme,
  291. 13:08 notre microbiote intestinal également,
  292. 13:10 va gérer tout ça,
  293. 13:11 absorber la biodisponibilité
  294. 13:13 de ces bons nutriments
  295. 13:14 pour l'organisme
  296. 13:15 n'est plus la même.
  297. 13:16 Et donc,
  298. 13:17 on se pose des questions
  299. 13:18 de l'impact de toute
  300. 13:19 cette déstructuration
  301. 13:20 sur notre santé.
  302. 13:22 Et puis,
  303. 13:23 il y a toute la question
  304. 13:24 des contaminants.
  305. 13:25 Lorsque sont fabriqués
  306. 13:27 ces produits ultratransformés,
  307. 13:29 il peut y avoir des contaminants
  308. 13:30 qui sont créés.
  309. 13:31 Lorsqu'on hydrogène des huiles,
  310. 13:32 il y a des acides gratrans
  311. 13:33 qui sont formés.
  312. 13:34 Lorsqu'on chauffe
  313. 13:35 à haute température,
  314. 13:36 il peut y avoir
  315. 13:37 de l'acrylamide,
  316. 13:38 de l'acroléine.
  317. 13:39 Donc,
  318. 13:40 plusieurs constituants
  319. 13:41 pour lesquels on sait
  320. 13:42 qu'ils sont potentiellement
  321. 13:43 toxiques pour la santé.
  322. 13:44 Et il y a aussi
  323. 13:45 toute la problématique
  324. 13:46 des contaminants
  325. 13:47 qui viennent des emballages.
  326. 13:48 Et donc,
  327. 13:49 ces aliments ultratransformés
  328. 13:50 qui sont faits
  329. 13:51 pour rester longtemps
  330. 13:52 sur les rayons des supermarchés,
  331. 13:53 voire être réchauffés
  332. 13:54 dans les barquets de plastique
  333. 13:55 au micro-ondes,
  334. 13:56 c'est vraiment quelque chose
  335. 13:57 qui favorise la migration
  336. 13:58 des contaminants
  337. 13:59 vers l'aliment.
  338. 14:00 Et là,
  339. 14:01 on commence justement
  340. 14:02 à explorer
  341. 14:03 toutes ces voies maintenant.
  342. 14:04 Donc,
  343. 14:05 ça fait quand même
  344. 14:06 beaucoup de raisons
  345. 14:07 de les éviter,
  346. 14:08 ces aliments ultratransformés.
  347. 14:09 On va voir maintenant
  348. 14:10 de manière très concrète
  349. 14:11 avec nos deux autres invités
  350. 14:12 comment les consommateurs
  351. 14:13 peuvent se protéger
  352. 14:14 des méfaits
  353. 14:15 des aliments ultratransformés
  354. 14:16 et plus généralement,
  355. 14:17 comment adopter
  356. 14:18 une alimentation plus saine.
  357. 14:24 Jean-Michel Auper,
  358. 14:25 bonjour.
  359. 14:26 Vous êtes médecin et chef
  360. 14:27 du service de nutrition
  361. 14:28 à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière
  362. 14:30 à Paris.
  363. 14:31 Merci d'être avec nous.
  364. 14:32 Et bonjour à vous également,
  365. 14:33 Olivier Andraud.
  366. 14:34 Vous êtes chargé
  367. 14:35 de mission alimentation
  368. 14:36 et agriculture
  369. 14:37 au sein de l'association
  370. 14:38 de consommateurs
  371. 14:39 UFC Que Choisir.
  372. 14:40 Olivier Andraud,
  373. 14:41 Mathilde Touvier
  374. 14:42 le disait en début d'émission,
  375. 14:43 la part des aliments ultratransformés
  376. 14:45 dans notre alimentation,
  377. 14:46 c'est environ un tiers
  378. 14:47 des calories ingérées
  379. 14:49 chaque jour.
  380. 14:50 Mais,
  381. 14:51 qu'en est-il de l'offre ?
  382. 14:52 Est-ce que les consommateurs
  383. 14:53 en France ont vraiment
  384. 14:54 la possibilité
  385. 14:55 de manger autre chose ?
  386. 14:56 Alors,
  387. 14:57 quand on regarde
  388. 14:58 la base de données
  389. 14:59 qui a été constituée
  390. 15:00 par l'UFC Que Choisir
  391. 15:01 pour nourrir
  392. 15:02 son application gratuite
  393. 15:03 qu'elle produit,
  394. 15:04 et qui permet de connaître
  395. 15:05 en un clin d'œil
  396. 15:06 l'intérêt nutritionnel
  397. 15:07 ou autre des produits,
  398. 15:08 eh bien,
  399. 15:09 on se rend compte
  400. 15:10 que la moitié
  401. 15:11 des produits
  402. 15:12 qui sont recensés
  403. 15:13 contiennent au moins
  404. 15:14 un additif.
  405. 15:15 Et près d'un cas
  406. 15:16 contiennent un
  407. 15:17 ou plusieurs additifs
  408. 15:18 qui sont considérés
  409. 15:19 comme problématiques
  410. 15:20 pour la santé
  411. 15:21 par nos experts
  412. 15:22 sur la base de revues
  413. 15:23 bibliographiques
  414. 15:24 scientifiques.
  415. 15:25 Et si on regarde
  416. 15:26 plus précisément
  417. 15:27 ces produits,
  418. 15:28 eh bien,
  419. 15:29 on se rend compte
  420. 15:30 que près des deux tiers
  421. 15:31 d'entre eux
  422. 15:32 sont de nutri-scores
  423. 15:33 D ou E,
  424. 15:34 soit le plus mauvais
  425. 15:35 score nutritionnel.
  426. 15:36 Donc ça veut dire
  427. 15:37 qu'au global,
  428. 15:38 cette offre alimentaire
  429. 15:39 industrielle,
  430. 15:40 elle pose soit
  431. 15:41 des problèmes nutritionnels,
  432. 15:42 soit des problèmes
  433. 15:43 au regard des additifs
  434. 15:44 utilisés,
  435. 15:45 soit les deux.
  436. 15:46 Mais cela dit,
  437. 15:47 dans les rayons
  438. 15:48 des supermarchés,
  439. 15:49 on n'a pas que
  440. 15:50 des produits
  441. 15:51 ultra transformés.
  442. 15:52 On a aussi
  443. 15:53 des pâtes,
  444. 15:54 du riz,
  445. 15:55 des fruits et légumes frais,
  446. 15:56 des légumineuses,
  447. 15:57 des épices.
  448. 15:58 On peut acheter
  449. 15:59 ces produits bruts
  450. 16:00 et les cuisiner maison.
  451. 16:02 Alors effectivement,
  452. 16:03 maintenant,
  453. 16:04 il ne faut pas
  454. 16:05 négliger non plus
  455. 16:06 la force
  456. 16:07 d'incitation
  457. 16:08 du marketing
  458. 16:09 de l'industrie agroalimentaire
  459. 16:10 pour orienter
  460. 16:11 les choix des consommateurs
  461. 16:12 et notamment
  462. 16:13 les plus jeunes.
  463. 16:14 L'UFC peut choisir
  464. 16:15 à réaliser une étude
  465. 16:16 sur le type de produits
  466. 16:17 qui sont promus
  467. 16:18 dans les spots publicitaires
  468. 16:19 qui ciblent spécifiquement
  469. 16:20 les enfants.
  470. 16:21 Et on se rend compte
  471. 16:22 que 88%
  472. 16:23 de ces spots
  473. 16:24 ciblant les enfants
  474. 16:25 sont destinés
  475. 16:27 à des produits
  476. 16:28 qui sont
  477. 16:29 de Nutri-Score D ou E.
  478. 16:30 Donc là encore,
  479. 16:31 les plus mauvais scores
  480. 16:32 nutritionnels.
  481. 16:33 Autre chose,
  482. 16:34 toujours dans le marketing,
  483. 16:35 cette fois-ci,
  484. 16:36 de la grande distribution.
  485. 16:37 Une étude qui a été réalisée
  486. 16:38 tout récemment par l'UFC
  487. 16:39 l'année dernière
  488. 16:40 montre que
  489. 16:41 dans 86%
  490. 16:42 des magasins
  491. 16:43 de la grande distribution,
  492. 16:44 il y a présente
  493. 16:45 de confiseries aux caisses.
  494. 16:46 Et très souvent,
  495. 16:47 ce sont des confiseries
  496. 16:48 spécifiquement destinées
  497. 16:49 aux enfants.
  498. 16:50 Donc là encore,
  499. 16:51 il y a une incitation
  500. 16:52 à acheter des produits
  501. 16:53 qui n'ont pas
  502. 16:54 d'intérêt nutritionnel
  503. 16:55 et qui peuvent avoir
  504. 16:56 un grand nombre d'additifs.
  505. 16:57 Dernière chose,
  506. 16:58 on pourrait dire
  507. 16:59 que c'est la responsabilité
  508. 17:00 des parents
  509. 17:01 qu'ils regardent au moins
  510. 17:02 le Nutri-Score
  511. 17:03 ou l'analyse nutritionnelle.
  512. 17:04 Sauf que,
  513. 17:05 8 ans,
  514. 17:06 plus de 8 ans
  515. 17:07 après l'adoption officielle
  516. 17:08 du Nutri-Score
  517. 17:09 comme le modèle
  518. 17:10 idéal
  519. 17:11 d'étiquetage nutritionnel,
  520. 17:12 on se rend compte
  521. 17:13 qu'il est très peu présent
  522. 17:14 et notamment,
  523. 17:15 il est quasiment absent
  524. 17:16 sur les produits
  525. 17:17 de grandes marques nationales
  526. 17:18 qui ont de mauvais Nutri-Score.
  527. 17:19 Donc du coup,
  528. 17:21 Dernière chose
  529. 17:22 qu'il ne faut pas oublier,
  530. 17:23 c'est que
  531. 17:24 la politique de prix
  532. 17:25 de la grande distribution
  533. 17:26 a pour effet,
  534. 17:27 en margeant beaucoup plus
  535. 17:28 sur les produits bruts,
  536. 17:29 je pense par exemple
  537. 17:30 à la viande fraîche,
  538. 17:31 aux fruits ou aux légumes,
  539. 17:32 et bien de rendre
  540. 17:33 moins accessible
  541. 17:34 notamment aux consommateurs
  542. 17:35 qui ont peu
  543. 17:36 de moyens financiers
  544. 17:37 ces produits
  545. 17:38 qui sont,
  546. 17:39 en revanche,
  547. 17:40 intéressants
  548. 17:41 du point de vue nutritionnel.
  549. 17:42 Vous citez donc
  550. 17:43 le marketing,
  551. 17:44 l'argent,
  552. 17:45 un certain nombre
  553. 17:46 d'obstacles
  554. 17:47 à l'adoption
  555. 17:48 d'une alimentation saine.
  556. 17:49 On va voir maintenant
  557. 17:50 si les consommateurs
  558. 17:51 font le même constat
  559. 17:52 que vous.
  560. 17:54 Pour en acheter,
  561. 17:55 déjà il faudrait
  562. 17:56 que les produits
  563. 17:57 soient accessibles.
  564. 17:58 Donc déjà,
  565. 17:59 on n'habite pas forcément
  566. 18:00 tous à côté
  567. 18:01 de magasins bio,
  568. 18:02 etc.
  569. 18:03 Ça va être quelque chose
  570. 18:04 que je ne sais pas faire,
  571. 18:05 ou exceptionnellement
  572. 18:06 parce que je suis pressée
  573. 18:07 et que j'ai rien.
  574. 18:08 Par manque de temps,
  575. 18:09 de...
  576. 18:10 pas envie de cuisiner
  577. 18:11 le soir,
  578. 18:12 voilà.
  579. 18:13 L'argent aussi,
  580. 18:14 parce que parfois
  581. 18:15 c'est moins cher
  582. 18:16 que l'argent.
  583. 18:17 Parfois,
  584. 18:18 c'est moins cher,
  585. 18:19 on ne va pas se mentir.
  586. 18:20 Parfois,
  587. 18:21 le packaging aussi.
  588. 18:22 Le packaging
  589. 18:23 et les trucs ultra transformés,
  590. 18:24 ça donne parfois
  591. 18:25 beaucoup plus envie
  592. 18:26 que les trucs naturels.
  593. 18:27 Quand on prend l'habitude
  594. 18:28 de consommer sain,
  595. 18:29 on a moins
  596. 18:30 cette envie
  597. 18:31 de craquer
  598. 18:32 pour des choses
  599. 18:33 qui sont très transformées.
  600. 18:34 Je pense que c'est une question
  601. 18:35 d'habitude
  602. 18:36 et d'équilibre
  603. 18:37 au quotidien
  604. 18:38 qui font qu'on a moins tendance
  605. 18:39 à se pencher
  606. 18:40 vers ces produits-là.
  607. 18:41 Jean-Michel Auper,
  608. 18:42 on le voit,
  609. 18:43 ce n'est pas simple
  610. 18:44 de manger sainement.
  611. 18:45 Quelles sont les conséquences
  612. 18:46 de santé publique ?
  613. 18:47 Les conséquences,
  614. 18:48 elles sont multiples.
  615. 18:49 Ça a été évoqué
  616. 18:50 tout à l'heure,
  617. 18:51 les maladies cardiovasculaires,
  618. 18:52 les cancers,
  619. 18:53 le diabète
  620. 18:54 et l'obésité.
  621. 18:55 L'obésité,
  622. 18:56 c'est un peu
  623. 18:57 un exemple typique
  624. 18:58 de conséquences
  625. 18:59 d'une alimentation
  626. 19:00 déséquilibrée,
  627. 19:01 mais on ne peut pas
  628. 19:02 incriminer
  629. 19:03 que la consommation
  630. 19:04 des aliments
  631. 19:05 ultra transformés
  632. 19:06 dans le développement
  633. 19:07 de l'obésité.
  634. 19:08 C'est-à-dire
  635. 19:09 qu'on ne peut pas
  636. 19:10 incriminer
  637. 19:11 que la consommation
  638. 19:12 des aliments
  639. 19:13 ultra transformés
  640. 19:14 dans le développement
  641. 19:15 de l'obésité.
  642. 19:16 Et de la même façon,
  643. 19:17 la consommation
  644. 19:18 des aliments
  645. 19:19 ultra transformés
  646. 19:20 est associée
  647. 19:21 à de très nombreux
  648. 19:22 problèmes de santé,
  649. 19:23 dont l'obésité.
  650. 19:24 Mais l'obésité,
  651. 19:25 c'est un exemple
  652. 19:26 quand même préoccupant,
  653. 19:27 puisque, par exemple,
  654. 19:28 on sait
  655. 19:29 qu'en France,
  656. 19:30 la fréquence,
  657. 19:31 la prévalence
  658. 19:32 de l'obésité
  659. 19:33 a doublé
  660. 19:34 au cours
  661. 19:35 des 25 dernières années.
  662. 19:36 Elle était
  663. 19:37 à peu près
  664. 19:38 de 8%
  665. 19:39 chez les adultes
  666. 19:40 à la fin
  667. 19:41 des années 90.
  668. 19:42 Et on sait
  669. 19:43 que,
  670. 19:44 aujourd'hui,
  671. 19:45 elle est plus proche
  672. 19:46 de 18%.
  673. 19:47 Donc,
  674. 19:48 ça,
  675. 19:49 c'est un doublement
  676. 19:50 de la fréquence.
  677. 19:51 C'est ce qu'on observe
  678. 19:52 aussi au niveau mondial,
  679. 19:53 où on a
  680. 19:54 une augmentation
  681. 19:55 de l'obésité
  682. 19:56 dans tous les pays
  683. 19:57 du monde,
  684. 19:58 avec un doublement
  685. 19:59 aussi
  686. 20:00 au niveau mondial
  687. 20:01 au cours
  688. 20:02 des 30 dernières années,
  689. 20:03 pour atteindre
  690. 20:04 des chiffres
  691. 20:05 qui sont
  692. 20:06 très impressionnants,
  693. 20:07 puisqu'on considère
  694. 20:08 actuellement
  695. 20:09 qu'il y a
  696. 20:10 à peu près
  697. 20:11 2,5 milliards
  698. 20:12 de personnes
  699. 20:13 qui sont
  700. 20:14 en excès de poids
  701. 20:15 et presque
  702. 20:16 1 milliard
  703. 20:17 dans la situation
  704. 20:18 d'obésité.
  705. 20:19 Mais,
  706. 20:20 vous le disiez,
  707. 20:21 ce n'est pas seulement
  708. 20:22 de la responsabilité
  709. 20:23 des aliments
  710. 20:24 ultra-transformés.
  711. 20:25 Alors,
  712. 20:26 quels sont
  713. 20:27 les autres repères
  714. 20:28 à connaître,
  715. 20:29 au-delà,
  716. 20:30 donc,
  717. 20:31 de limiter
  718. 20:32 sa consommation
  719. 20:33 d'aliments
  720. 20:34 ultra-transformés ?
  721. 20:35 Quels sont
  722. 20:36 les autres repères
  723. 20:37 à connaître
  724. 20:38 pour bien manger,
  725. 20:39 être en bonne santé ?
  726. 20:40 Alors,
  727. 20:41 les repères,
  728. 20:42 ils sont diffusés
  729. 20:43 en particulier
  730. 20:44 dans le cadre
  731. 20:45 du programme national
  732. 20:46 Nutrition Santé,
  733. 20:47 le PNNS.
  734. 20:48 Donc,
  735. 20:49 en France,
  736. 20:50 on a la chance
  737. 20:51 d'avoir un programme
  738. 20:52 autour de la nutrition
  739. 20:53 et de la santé
  740. 20:54 depuis le début
  741. 20:55 des années 2000,
  742. 20:56 qui a été,
  743. 20:57 donc,
  744. 20:58 supporté
  745. 20:59 par tous
  746. 21:00 les gouvernements
  747. 21:01 depuis 25 ans
  748. 21:02 et qui propose
  749. 21:03 un certain
  750. 21:04 nombre
  751. 21:05 de conseils
  752. 21:06 pour une alimentation
  753. 21:07 globalement
  754. 21:08 plus équilibrée.
  755. 21:09 Alors,
  756. 21:10 il y a
  757. 21:11 des aliments
  758. 21:12 dont on veut
  759. 21:13 favoriser la consommation
  760. 21:14 et puis d'autres
  761. 21:15 qu'on propose
  762. 21:16 plutôt de limiter.
  763. 21:17 Donc,
  764. 21:18 ce qu'on veut favoriser,
  765. 21:19 il faut laisser
  766. 21:20 une large place
  767. 21:21 aux fruits et légumes.
  768. 21:22 On pourrait dire
  769. 21:23 que,
  770. 21:24 par exemple,
  771. 21:25 les fruits et légumes
  772. 21:26 représentent
  773. 21:27 au moins la moitié
  774. 21:28 de notre assiette
  775. 21:29 si on regarde
  776. 21:30 l'assiette
  777. 21:31 comme quelque chose
  778. 21:32 qu'on doit remplir
  779. 21:33 et composer.
  780. 21:34 Donc,
  781. 21:35 ça,
  782. 21:36 c'est absolument
  783. 21:37 fondamental.
  784. 21:38 Ensuite,
  785. 21:39 bien sûr,
  786. 21:40 on doit avoir
  787. 21:41 des féculents,
  788. 21:42 on doit avoir
  789. 21:43 des céréales,
  790. 21:44 des pâtes,
  791. 21:45 du riz,
  792. 21:46 plutôt sous forme complète.
  793. 21:47 Donc,
  794. 21:48 c'est ce qu'on souhaite
  795. 21:49 favoriser actuellement.
  796. 21:50 Et puis,
  797. 21:51 bien sûr,
  798. 21:52 on a aussi besoin
  799. 21:53 d'avoir des protéines
  800. 21:54 et donc,
  801. 21:55 ces protéines,
  802. 21:56 on souhaite
  803. 21:57 plutôt favoriser
  804. 21:58 le poisson,
  805. 21:59 par exemple,
  806. 22:00 les viandes maigres
  807. 22:01 et puis les légumineuses,
  808. 22:02 bien sûr.
  809. 22:03 Donc,
  810. 22:04 on peut composer
  811. 22:05 son assiette
  812. 22:06 dans un sens
  813. 22:07 qui soit
  814. 22:08 assez proche
  815. 22:09 de ce qui est
  816. 22:10 proposé
  817. 22:11 par le PNNS
  818. 22:12 pour avoir vraiment
  819. 22:13 quelque chose
  820. 22:14 qui soit équilibré
  821. 22:15 avec un certain
  822. 22:16 nombre d'aliments
  823. 22:17 ou de boissons
  824. 22:18 dont on propose
  825. 22:19 plutôt de limiter
  826. 22:20 la consommation.
  827. 22:21 D'abord,
  828. 22:22 les boissons sucrées,
  829. 22:23 c'est vraiment
  830. 22:24 quelque chose
  831. 22:25 de très important
  832. 22:26 et là,
  833. 22:27 on rejoint quand même
  834. 22:28 aussi la problématique
  835. 22:29 de l'obésité
  836. 22:30 et du diabète.
  837. 22:31 On souhaite également
  838. 22:32 limiter
  839. 22:33 les viandes grasses,
  840. 22:34 la charcuterie,
  841. 22:35 tout ce qui est
  842. 22:36 trop gras,
  843. 22:37 trop salé.
  844. 22:38 Limiter
  845. 22:39 la consommation
  846. 22:40 de boissons
  847. 22:41 alcoolisées
  848. 22:42 et,
  849. 22:43 c'est le sujet
  850. 22:44 dont on discute
  851. 22:45 aujourd'hui,
  852. 22:46 limiter la consommation
  853. 22:47 des aliments
  854. 22:48 ultra transformés.
  855. 22:49 Olivier Andreau,
  856. 22:50 vous l'avez dit
  857. 22:51 tout à l'heure,
  858. 22:52 c'est quand même compliqué
  859. 22:53 de tout cuisiner
  860. 22:54 maison
  861. 22:55 et de ne pas
  862. 22:56 être influencé
  863. 22:57 par ce qu'on trouve
  864. 22:58 devant les caisses,
  865. 22:59 la publicité,
  866. 23:00 etc.
  867. 23:01 Quand on achète
  868. 23:02 des produits transformés,
  869. 23:03 comment on fait
  870. 23:04 pour choisir
  871. 23:05 les meilleurs ?
  872. 23:06 De toute façon,
  873. 23:07 le premier outil
  874. 23:08 qu'il faut utiliser,
  875. 23:09 c'est le Nutri-Score.
  876. 23:10 Il faut saluer
  877. 23:11 les initiatives
  878. 23:12 de la plupart
  879. 23:13 des acteurs
  880. 23:14 de la grande distribution
  881. 23:15 qui l'ont mis
  882. 23:16 sur quasiment
  883. 23:17 tous leurs produits.
  884. 23:18 En revanche,
  885. 23:19 s'agissant des grandes
  886. 23:20 marques nationales,
  887. 23:21 on doit constater
  888. 23:22 qu'elle est encore
  889. 23:23 trop peu présente
  890. 23:24 sur les produits
  891. 23:25 sur lesquels
  892. 23:26 elle serait plus utile,
  893. 23:27 c'est-à-dire les produits
  894. 23:28 gras, salés, sucrés.
  895. 23:29 Notre conseil,
  896. 23:30 c'est de choisir
  897. 23:31 des produits
  898. 23:32 qui affichent
  899. 23:33 un bon Nutri-Score
  900. 23:34 et si un produit
  901. 23:35 ne l'affiche pas,
  902. 23:36 on va le faire.
  903. 23:37 Donc, on va regarder
  904. 23:38 tout simplement
  905. 23:39 la longueur
  906. 23:40 de la liste des ingrédients,
  907. 23:41 regarder vers la fin
  908. 23:42 s'il y a beaucoup
  909. 23:43 de ces sigles en E, etc.
  910. 23:44 ou s'il y a des composés
  911. 23:45 avec des noms
  912. 23:46 incompréhensibles.
  913. 23:47 Ce sont généralement
  914. 23:48 des additifs
  915. 23:49 et donc,
  916. 23:50 on essaiera de prendre
  917. 23:51 plutôt des produits
  918. 23:52 avec des listes
  919. 23:53 d'ingrédients courtes
  920. 23:54 et simples
  921. 23:55 et compréhensibles.
  922. 23:56 En dernier lieu,
  923. 23:57 s'agissant des additifs,
  924. 23:58 on peut privilégier
  925. 23:59 les produits bio
  926. 24:00 qui ont un cahier
  927. 24:01 des charges
  928. 24:02 extrêmement restrictif
  929. 24:03 par rapport
  930. 24:04 aux produits conventionnels
  931. 24:06 Et puis,
  932. 24:07 il y a une dernière chose
  933. 24:08 qui sont les contaminants
  934. 24:09 qui peuvent être apportés
  935. 24:10 par les emballages.
  936. 24:11 On connaît bien sûr
  937. 24:12 le bisphénolam,
  938. 24:13 il y a l'éftalate,
  939. 24:14 il y a plein de contaminants
  940. 24:15 qui peuvent migrer
  941. 24:16 de l'emballage
  942. 24:17 vers le produit.
  943. 24:18 Et bien là,
  944. 24:19 on peut privilégier
  945. 24:20 des contenants traditionnels
  946. 24:21 tels que par exemple
  947. 24:22 le verre.
  948. 24:23 Donc, il y a des solutions
  949. 24:24 au niveau individuel
  950. 24:25 mais bon,
  951. 24:26 ça fait quand même
  952. 24:27 beaucoup de choses
  953. 24:28 à prendre en compte.
  954. 24:29 Ça peut coûter cher aussi
  955. 24:30 quand on s'intéresse
  956. 24:31 à aller chercher
  957. 24:32 le label bio,
  958. 24:33 les emballages en verre,
  959. 24:34 qu'il n'y a pas
  960. 24:35 selon vous
  961. 24:36 des mesures politiques
  962. 24:37 qui pourraient être prises
  963. 24:38 pour aider
  964. 24:39 les consommateurs
  965. 24:40 à mieux manger.
  966. 24:41 La première chose,
  967. 24:42 bien sûr,
  968. 24:43 c'est de rendre
  969. 24:44 le Nutri-Score obligatoire.
  970. 24:45 Plus de huit ans
  971. 24:46 après son adoption officielle,
  972. 24:47 il n'y a toujours pas
  973. 24:48 d'application obligatoire.
  974. 24:49 On a plein de produits
  975. 24:50 qui refusent de l'afficher.
  976. 24:51 Ça n'est pas admissible
  977. 24:52 compte tenu des problèmes
  978. 24:53 de santé
  979. 24:54 qui ont été évoqués
  980. 24:55 par les différents intervenants.
  981. 24:56 Il faut que
  982. 24:57 les pouvoirs publics français
  983. 24:58 et un jour européens
  984. 24:59 prennent un courage politique
  985. 25:00 pour l'imposer.
  986. 25:01 Deuxième chose,
  987. 25:02 c'est que
  988. 25:03 les additifs,
  989. 25:04 il est clair
  990. 25:05 qu'au regard
  991. 25:06 du très grand nombre
  992. 25:07 d'études qui ont été publiées
  993. 25:08 sur leur danger potentiel,
  994. 25:09 il faut accélérer
  995. 25:10 les procédures
  996. 25:11 de réexamen
  997. 25:12 des autorisations
  998. 25:13 qui ont été données
  999. 25:14 pour certains
  1000. 25:15 de ces additifs
  1001. 25:16 il y a déjà très longtemps.
  1002. 25:17 En ce qui concerne
  1003. 25:18 le marketing
  1004. 25:19 et notamment
  1005. 25:20 la publicité à la télévision
  1006. 25:21 ou sur les nouveaux médias
  1007. 25:22 tels que,
  1008. 25:23 par exemple,
  1009. 25:24 les réseaux sociaux,
  1010. 25:25 il faut clairement
  1011. 25:26 interdire
  1012. 25:27 ces produits alimentaires
  1013. 25:28 destinés spécifiquement
  1014. 25:29 aux enfants
  1015. 25:30 pour lesquels
  1016. 25:31 il faut
  1017. 25:33 des profits nutritionnels
  1018. 25:34 défavorables
  1019. 25:35 tels que
  1020. 25:36 les Nutri-Score D et E.
  1021. 25:37 Il y a de très nombreuses
  1022. 25:38 recommandations
  1023. 25:39 en ce sens
  1024. 25:40 de l'OMS,
  1025. 25:41 de la Cour des Comptes,
  1026. 25:42 du ministère
  1027. 25:43 de la Santé.
  1028. 25:44 Et ce marketing
  1029. 25:45 aussi
  1030. 25:46 doit être régulé
  1031. 25:47 également
  1032. 25:48 en ce qui concerne
  1033. 25:49 la grande distribution.
  1034. 25:50 Il faut interdire,
  1035. 25:51 comme l'ont déjà fait
  1036. 25:52 nos voisins anglais,
  1037. 25:53 interdire
  1038. 25:54 la présence
  1039. 25:55 de confiseries
  1040. 25:56 et de produits
  1041. 25:57 défavorables
  1042. 25:58 du produit nutritiel
  1043. 25:59 au niveau
  1044. 26:00 des sorties de caisse
  1045. 26:01 mais aussi
  1046. 26:02 sur d'autres formes
  1047. 26:03 de marketing.
  1048. 26:04 Par exemple,
  1049. 26:05 au niveau
  1050. 26:06 des têtes de gondole,
  1051. 26:07 des promotions
  1052. 26:08 ou encore
  1053. 26:09 au niveau des palettes
  1054. 26:10 qui peuvent être
  1055. 26:11 mises en évidence
  1056. 26:12 à l'entrée des magasins.
  1057. 26:13 Jean-Michel Auper,
  1058. 26:14 vous partagez
  1059. 26:15 ces recommandations ?
  1060. 26:16 Oui, bien sûr.
  1061. 26:17 Je pense que
  1062. 26:18 c'est absolument fondamental
  1063. 26:19 de mieux informer
  1064. 26:20 les consommateurs.
  1065. 26:21 Mais
  1066. 26:22 le Nutri-Score
  1067. 26:23 est un outil
  1068. 26:24 extraordinaire
  1069. 26:25 pour,
  1070. 26:26 justement,
  1071. 26:27 essayer
  1072. 26:28 d'orienter
  1073. 26:29 les choix
  1074. 26:30 des consommateurs.
  1075. 26:31 Après,
  1076. 26:32 il y a beaucoup
  1077. 26:33 d'autres facteurs
  1078. 26:34 au-delà de l'information
  1079. 26:35 du consommateur
  1080. 26:36 qui sont importants
  1081. 26:37 à prendre en compte
  1082. 26:38 comme ça a été évoqué
  1083. 26:39 au niveau
  1084. 26:40 de la publicité
  1085. 26:41 mais aussi
  1086. 26:42 au niveau
  1087. 26:43 de la distribution.
  1088. 26:44 Il y a une notion,
  1089. 26:45 je pense,
  1090. 26:46 qui est vraiment
  1091. 26:47 très importante
  1092. 26:48 qui a été évoquée
  1093. 26:49 justement dans
  1094. 26:50 le micro-trottoir
  1095. 26:51 qui est celle
  1096. 26:52 de l'accès.
  1097. 26:53 Et donc,
  1098. 26:54 d'avoir accès
  1099. 26:55 à une alimentation
  1100. 26:56 favorable à la santé,
  1101. 26:57 c'est en fait
  1102. 26:58 un concept
  1103. 26:59 d'étude
  1104. 27:00 qui comprend
  1105. 27:01 non seulement
  1106. 27:02 la distance physique
  1107. 27:03 au magasin
  1108. 27:04 mais bien sûr
  1109. 27:05 ce qui est offert
  1110. 27:06 à l'intérieur du magasin,
  1111. 27:07 comment sont présentés
  1112. 27:08 les différents
  1113. 27:09 aliments
  1114. 27:10 dans le magasin
  1115. 27:11 avec bien sûr
  1116. 27:12 la notion
  1117. 27:13 du coût
  1118. 27:14 qui est absolument
  1119. 27:15 fondamentale,
  1120. 27:16 ça a été évoqué.
  1121. 27:17 Et puis,
  1122. 27:18 il y a un autre aspect
  1123. 27:19 aussi qui est important,
  1124. 27:20 c'est les représentations
  1125. 27:21 que peuvent avoir
  1126. 27:22 les consommateurs
  1127. 27:23 du caractère
  1128. 27:24 favorable
  1129. 27:25 ou non
  1130. 27:26 à la santé,
  1131. 27:27 agréable
  1132. 27:28 et plaisant aussi
  1133. 27:29 parce que
  1134. 27:30 on ne s'alimente pas
  1135. 27:31 que pour la santé.
  1136. 27:32 Et donc,
  1137. 27:33 cette notion
  1138. 27:34 d'accès
  1139. 27:35 est extrêmement importante.
  1140. 27:36 Elle est à la fois
  1141. 27:37 objective
  1142. 27:38 et aussi subjective
  1143. 27:39 de savoir
  1144. 27:40 comment sont perçus
  1145. 27:41 les différents
  1146. 27:42 aliments
  1147. 27:43 et l'offre.
  1148. 27:44 Et en parallèle
  1149. 27:45 de l'accès
  1150. 27:46 à une alimentation
  1151. 27:47 favorable à la santé,
  1152. 27:48 on doit aussi citer
  1153. 27:49 l'accès
  1154. 27:50 à une activité physique
  1155. 27:51 favorable à la santé.
  1156. 27:52 Et donc,
  1157. 27:53 je pense que
  1158. 27:54 ça fait partie
  1159. 27:55 d'un grand ensemble
  1160. 27:56 pour favoriser
  1161. 27:57 l'accès
  1162. 27:58 finalement
  1163. 27:59 à un mode de vie
  1164. 28:00 qui soit sain.
  1165. 28:01 On ne peut pas se contenter
  1166. 28:02 de dire
  1167. 28:03 il faut faire
  1168. 28:04 ceci ou cela
  1169. 28:05 mais rendre ça
  1170. 28:06 possible,
  1171. 28:07 désirable,
  1172. 28:08 facile.
  1173. 28:09 Merci Jean-Michel Hopper,
  1174. 28:10 merci Olivier Andraud.
  1175. 28:11 Retour maintenant en plateau
  1176. 28:12 pour la deuxième partie
  1177. 28:13 de cette émission.
  1178. 28:20 Benoît Chassain,
  1179. 28:21 vos conseils
  1180. 28:22 pour prendre soin
  1181. 28:23 de son microbiote
  1182. 28:24 au-delà
  1183. 28:25 d'éviter
  1184. 28:26 des aliments
  1185. 28:27 ultra transformés,
  1186. 28:28 en particulier
  1187. 28:29 ceux qui contiennent
  1188. 28:30 des émulsifiants.
  1189. 28:31 Alors en fait,
  1190. 28:32 un microbiote,
  1191. 28:33 il faut voir ça
  1192. 28:34 vraiment comme un écosystème
  1193. 28:35 très très complexe,
  1194. 28:36 riche et diversifié.
  1195. 28:37 On n'a pas parlé,
  1196. 28:38 je peux vous donner
  1197. 28:39 quelques chiffres.
  1198. 28:40 On estime
  1199. 28:41 qu'il y a
  1200. 28:42 100 000 milliards
  1201. 28:43 de bactéries,
  1202. 28:44 virus,
  1203. 28:45 champignons
  1204. 28:46 qui nous habitent
  1205. 28:47 dans notre intestin.
  1206. 28:48 100 000 milliards
  1207. 28:49 d'espèces
  1208. 28:50 vraiment très très différentes.
  1209. 28:51 Ce n'est pas une seule espèce,
  1210. 28:52 c'est entre 200 à 500 espèces
  1211. 28:53 différentes.
  1212. 28:54 Et ce qu'on sait
  1213. 28:55 c'est que plus un microbiote
  1214. 28:56 va être riche,
  1215. 28:57 diversifié,
  1216. 28:58 meilleur il va être
  1217. 28:59 pour la santé.
  1218. 29:00 Donc,
  1219. 29:01 en ce qui concerne
  1220. 29:02 l'alimentation,
  1221. 29:03 et on sait très bien
  1222. 29:04 que l'alimentation,
  1223. 29:05 ça va jouer un rôle clé
  1224. 29:06 justement sur cette diversité,
  1225. 29:07 d'où la nécessité
  1226. 29:08 d'avoir une alimentation
  1227. 29:09 la plus riche
  1228. 29:10 et diversifiée possible
  1229. 29:11 en favorisant
  1230. 29:12 les légumineuses,
  1231. 29:13 les produits
  1232. 29:14 non ultra transformés,
  1233. 29:15 les fruits,
  1234. 29:16 les légumes,
  1235. 29:17 les fibres,
  1236. 29:18 de manière à justement
  1237. 29:19 essayer d'aller nourrir
  1238. 29:20 le matin au petit déjeuner
  1239. 29:21 tel type de bactéries,
  1240. 29:22 à midi tel type de bactéries,
  1241. 29:23 etc.
  1242. 29:25 Et enfin,
  1243. 29:26 concernant ce qu'il nous reste
  1244. 29:27 à faire en termes
  1245. 29:28 d'analyse du microbiote
  1246. 29:29 et de compréhension
  1247. 29:30 du microbiote,
  1248. 29:31 je pense qu'on a encore
  1249. 29:32 pas mal de choses
  1250. 29:33 à comprendre
  1251. 29:34 en ce qui concerne
  1252. 29:35 les mécanismes,
  1253. 29:36 notamment les mécanismes
  1254. 29:37 qui connectent
  1255. 29:38 alimentation ultra transformée
  1256. 29:39 et microbiote intestinal.
  1257. 29:40 Quels sont
  1258. 29:41 les additifs
  1259. 29:42 les plus négatifs
  1260. 29:43 pour notre santé intestinale,
  1261. 29:44 etc.
  1262. 29:45 Il nous reste encore
  1263. 29:46 des essais cliniques
  1264. 29:47 à réaliser
  1265. 29:48 pour comprendre justement
  1266. 29:49 ces liens.
  1267. 29:50 On sait très bien par exemple
  1268. 29:51 que le microbiote
  1269. 29:52 se met en place
  1270. 29:53 dans notre vie.
  1271. 29:54 Durant les deux,
  1272. 29:55 trois premières années,
  1273. 29:56 ça va être une période clé.
  1274. 29:57 Et en fait,
  1275. 29:58 ça peut être une période
  1276. 29:59 où on va déjà être exposé
  1277. 30:00 à certains additifs,
  1278. 30:01 notamment le lait en poudre
  1279. 30:02 peut contenir
  1280. 30:03 certains agents glucifiants.
  1281. 30:04 Donc quel va être
  1282. 30:05 le rôle de ces additifs
  1283. 30:06 sur ces moments clés
  1284. 30:07 de la mise en place
  1285. 30:08 du microbiote ?
  1286. 30:09 Ça reste une question
  1287. 30:10 à laquelle il nous faut répondre.
  1288. 30:11 Mathilde Touvier,
  1289. 30:12 est-ce qu'il y a
  1290. 30:13 d'autres conseils,
  1291. 30:14 d'autres messages importants
  1292. 30:15 qui n'auraient pas encore
  1293. 30:16 été formulés
  1294. 30:17 que vous souhaitiez exprimer ?
  1295. 30:18 Je trouve que
  1296. 30:19 c'est très intéressant ici
  1297. 30:20 parce qu'on voit bien
  1298. 30:22 à la fois au niveau mécanique
  1299. 30:23 sur le microbiote,
  1300. 30:24 au niveau épidémiologique
  1301. 30:25 comme dans NutriNet Santé
  1302. 30:26 où il y a énormément de choses
  1303. 30:27 encore à comprendre.
  1304. 30:28 L'impact de liens de cause à effet
  1305. 30:30 des additifs,
  1306. 30:31 des contaminants
  1307. 30:32 ou plein d'autres sujets
  1308. 30:33 sur les pesticides
  1309. 30:34 ou sur les rythmes biologiques
  1310. 30:36 des prises alimentaires.
  1311. 30:37 Donc c'est toute la recherche
  1312. 30:38 en train de se faire
  1313. 30:39 qui va permettre
  1314. 30:40 d'aiguiller les politiques
  1315. 30:41 de santé publique,
  1316. 30:42 les recommandations de demain
  1317. 30:43 du programme national
  1318. 30:44 Nutri sur Santé
  1319. 30:45 et de la suite.
  1320. 30:46 Et d'ailleurs,
  1321. 30:47 j'invite toute personne
  1322. 30:48 qui souhaiterait participer
  1323. 30:49 à NutriNet Santé
  1324. 30:50 à s'inscrire en ligne
  1325. 30:51 et on recherche toujours
  1326. 30:52 de nouveaux volontaires.
  1327. 30:53 Donc études-nutriNet-santé.fr
  1328. 30:56 Et puis, il ne faut pas
  1329. 30:58 par contre prendre ça
  1330. 30:59 comme excuse en disant
  1331. 31:00 bon, on attend
  1332. 31:01 qu'ils aient fini leur recherche
  1333. 31:02 et puis on agira plus tard.
  1334. 31:03 Il y a déjà,
  1335. 31:04 dès maintenant,
  1336. 31:05 au niveau politique,
  1337. 31:06 des choses à faire
  1338. 31:07 pour mieux informer
  1339. 31:08 les consommateurs.
  1340. 31:09 Alors avec les tictages,
  1341. 31:10 on a proposé par exemple
  1342. 31:11 un NutriScore
  1343. 31:12 avec un cadre noir
  1344. 31:13 marqué ultra transformé
  1345. 31:14 pour repérer plus facilement
  1346. 31:16 coupler la dimension nutritionnelle
  1347. 31:18 et la dimension ultra transformée.
  1348. 31:19 Donc, on essaye aussi
  1349. 31:20 de pousser ça
  1350. 31:21 auprès des politiques.
  1351. 31:22 Et puis, au niveau,
  1352. 31:23 pas seulement mettre
  1353. 31:24 toute la pression
  1354. 31:25 sur le consommateur
  1355. 31:26 et comme ça a été très bien dit,
  1356. 31:27 aussi réguler la publicité,
  1357. 31:29 le marketing, l'offre
  1358. 31:30 pour faire en sorte
  1359. 31:31 que les choix
  1360. 31:32 les plus favorables à la santé
  1361. 31:33 soient les choix
  1362. 31:34 les plus évidents au quotidien.
  1363. 31:35 Merci Mathilde Touvier.
  1364. 31:37 Avant de se quitter,
  1365. 31:38 je vous propose
  1366. 31:39 à tous les deux
  1367. 31:40 un très rapide quiz
  1368. 31:41 en cinq questions
  1369. 31:42 qui va permettre de récapituler
  1370. 31:43 et de préciser un peu les choses.
  1371. 31:45 Mathilde Touvier,
  1372. 31:47 d'après l'Ocali
  1373. 31:48 qui est l'observatoire
  1374. 31:49 de l'alimentation,
  1375. 31:50 à votre avis,
  1376. 31:51 quelle part des produits
  1377. 31:52 transformés en France
  1378. 31:53 contiennent plus de 5 additifs
  1379. 31:55 différents,
  1380. 31:56 11%,
  1381. 31:57 26%
  1382. 31:58 ou 39% ?
  1383. 32:01 C'est une très bonne question.
  1384. 32:02 D'ailleurs,
  1385. 32:03 formidable outil
  1386. 32:04 qu'est l'Ocali
  1387. 32:05 pour observer l'offre alimentaire.
  1388. 32:07 Plus de 5,
  1389. 32:08 je ne sais pas,
  1390. 32:11 je dirais la part du milieu
  1391. 32:12 que vous avez posé.
  1392. 32:13 26% ?
  1393. 32:14 Oui, c'est toujours
  1394. 32:15 la part du milieu.
  1395. 32:16 C'est un bon choix stratégique.
  1396. 32:17 C'est tout à fait ça,
  1397. 32:18 bravo.
  1398. 32:19 Un quart,
  1399. 32:20 mais c'est quand même
  1400. 32:21 assez effarant.
  1401. 32:22 Un quart des produits
  1402. 32:23 transformés sur le marché
  1403. 32:24 en France
  1404. 32:25 contiennent au moins 5 additifs.
  1405. 32:26 Benoît Chassin,
  1406. 32:27 vrai ou faux,
  1407. 32:28 un Nutri-Score A ou B
  1408. 32:29 garantit une bonne qualité nutritionnelle
  1409. 32:31 et un usage raisonné
  1410. 32:32 des additifs ?
  1411. 32:34 Je dirais que c'est vrai.
  1412. 32:36 Mathilde,
  1413. 32:37 tu as bien corrigé.
  1414. 32:38 Alors,
  1415. 32:39 effectivement,
  1416. 32:40 c'est une question piège
  1417. 32:41 quand même,
  1418. 32:42 vous avez dit facile.
  1419. 32:43 Sur la qualité nutritionnelle,
  1420. 32:45 le Nutri-Score,
  1421. 32:46 le gras,
  1422. 32:47 le sucre,
  1423. 32:48 etc.
  1424. 32:49 Et ça prend en compte
  1425. 32:50 les édulcorants dans les boissons.
  1426. 32:51 Par contre,
  1427. 32:52 ça n'intègre pas encore,
  1428. 32:53 d'où l'idée du Nutri-Score
  1429. 32:54 avec le cadre noir,
  1430. 32:55 toute la dimension
  1431. 32:56 de l'ultra-transformation.
  1432. 32:57 Mais quand même,
  1433. 32:58 c'est très corrélé.
  1434. 32:59 C'est-à-dire que
  1435. 33:00 la plupart des aliments
  1436. 33:01 ultra-transformés,
  1437. 33:02 beaucoup vont avoir
  1438. 33:03 un Nutri-Score plutôt E
  1439. 33:04 et il y a très peu
  1440. 33:05 d'aliments ultra-transformés
  1441. 33:06 dans les Nutri-Score A.
  1442. 33:07 Donc,
  1443. 33:08 c'est un oui-non.
  1444. 33:09 Vous avez à moitié raison.
  1445. 33:12 Benoît Chassin,
  1446. 33:13 vrai ou faux,
  1447. 33:14 encore,
  1448. 33:15 est-ce que le Nutri-Score
  1449. 33:16 garantit une bonne qualité
  1450. 33:17 nutritionnelle
  1451. 33:18 et un usage
  1452. 33:19 moindre d'additifs ?
  1453. 33:20 Je pense que c'est
  1454. 33:21 un petit peu
  1455. 33:22 la même réponse.
  1456. 33:23 C'est oui et non.
  1457. 33:24 Il y a moins d'additifs
  1458. 33:25 qui sont utilisés
  1459. 33:26 en label bio,
  1460. 33:27 mais ça ne veut pas dire
  1461. 33:28 qu'il n'y en a pas.
  1462. 33:29 Donc,
  1463. 33:30 on trouve encore
  1464. 33:31 beaucoup,
  1465. 33:32 bien sûr,
  1466. 33:33 de produits bio
  1467. 33:34 qui contiennent
  1468. 33:35 certains additifs.
  1469. 33:36 Donc,
  1470. 33:37 voilà,
  1471. 33:38 c'est une réponse
  1472. 33:39 un petit peu intermédiaire,
  1473. 33:40 je pense.
  1474. 33:41 Et ça ne dit rien
  1475. 33:42 de la qualité nutritionnelle.
  1476. 33:43 Absolument,
  1477. 33:45 pour les produits
  1478. 33:46 non labellisés.
  1479. 33:47 Mathilde Touvier,
  1480. 33:48 vrai ou faux,
  1481. 33:49 tous les produits industriels
  1482. 33:50 sont mauvais pour la santé.
  1483. 33:51 Non,
  1484. 33:52 pas du tout.
  1485. 33:53 Celle-là,
  1486. 33:54 elle est facile.
  1487. 33:55 Au contraire,
  1488. 33:56 justement,
  1489. 33:57 nous,
  1490. 33:58 tout notre challenge,
  1491. 33:59 là,
  1492. 34:00 c'est de dire qu'on n'est pas
  1493. 34:01 du tout contre l'industrie
  1494. 34:02 agroalimentaire.
  1495. 34:03 On a besoin de l'industrie
  1496. 34:04 agroalimentaire
  1497. 34:05 pour nourrir la population,
  1498. 34:06 mais on aimerait
  1499. 34:07 qu'elle propose
  1500. 34:08 une offre de produits,
  1501. 34:09 justement,
  1502. 34:10 qui peut être,
  1503. 34:11 donc,
  1504. 34:12 pas ou peut transformer
  1505. 34:13 mais on a besoin
  1506. 34:14 de produits,
  1507. 34:15 de fruits et légumes
  1508. 34:16 faciles à consommer,
  1509. 34:17 voilà,
  1510. 34:18 ou qui peuvent être
  1511. 34:19 aussi transformés,
  1512. 34:20 mais on n'a pas besoin
  1513. 34:21 de produits ultra transformés.
  1514. 34:22 Donc,
  1515. 34:23 on a besoin
  1516. 34:24 d'une industrie agroalimentaire
  1517. 34:25 qui va dans cette direction
  1518. 34:26 et qui met en avant
  1519. 34:27 les bénéfices
  1520. 34:28 pour la santé publique.
  1521. 34:29 Et juste pour rebondir
  1522. 34:30 sur ce point-là,
  1523. 34:31 reprendre l'exemple
  1524. 34:32 du pain de mie
  1525. 34:33 qu'on a parlé tout à l'heure,
  1526. 34:34 je ne pense pas que le message,
  1527. 34:35 c'est pas de dire à chacun
  1528. 34:36 de devoir faire son pain de mie
  1529. 34:37 à la maison.
  1530. 34:38 Moi,
  1531. 34:39 en fait,
  1532. 34:40 de temps en temps,
  1533. 34:41 ce n'est pas si simple
  1534. 34:42 d'avoir un produit ultra transformé
  1535. 34:43 qui va être vraiment
  1536. 34:44 hyper homogène,
  1537. 34:45 qui va pouvoir se garder
  1538. 34:46 pendant trois semaines
  1539. 34:47 dans le sachet plastique,
  1540. 34:48 probablement pas,
  1541. 34:49 au profit de pain de mie,
  1542. 34:50 voilà,
  1543. 34:51 plutôt sans additifs
  1544. 34:52 qui, voilà,
  1545. 34:53 ne va pas forcément
  1546. 34:54 à cette petite bulle homogène,
  1547. 34:55 etc.
  1548. 34:56 C'est possible.
  1549. 34:57 C'est possible, bien sûr.
  1550. 34:58 Mathilde Touvier,
  1551. 34:59 dernière question,
  1552. 35:00 vrai ou faux,
  1553. 35:01 si c'est fait maison,
  1554. 35:02 c'est forcément bon
  1555. 35:03 pour la santé ?
  1556. 35:04 Non,
  1557. 35:05 c'est un raccourci.
  1558. 35:06 Si vous mangez,
  1559. 35:07 par exemple,
  1560. 35:08 tous les jours,
  1561. 35:09 matin, midi et soir,
  1562. 35:10 un gâteau au chocolat
  1563. 35:11 ne sera pas forcément
  1564. 35:12 bon pour la santé.
  1565. 35:13 Après,
  1566. 35:14 le fait de cuisiner maison
  1567. 35:15 permet quand même
  1568. 35:16 de contrôler,
  1569. 35:17 par exemple,
  1570. 35:18 la quantité de sucre,
  1571. 35:19 de matière grasse,
  1572. 35:20 etc.,
  1573. 35:21 qu'on met.
  1574. 35:22 Donc,
  1575. 35:23 on n'a pas cette problématique
  1576. 35:24 du sucre caché
  1577. 35:25 dans les boîtes de conserves
  1578. 35:26 de légumes
  1579. 35:27 ou ce genre de choses.
  1580. 35:28 Donc,
  1581. 35:29 ça permet quand même
  1582. 35:30 de contrôler ça,
  1583. 35:31 ça permet d'éviter
  1584. 35:32 tous ces additifs
  1585. 35:33 qu'on n'a pas chez nous
  1586. 35:34 dans nos cuisines.
  1587. 35:35 Donc,
  1588. 35:36 il y a quand même,
  1589. 35:37 évidemment,
  1590. 35:38 des vertus du fait maison.
  1591. 35:39 Donc,
  1592. 35:40 on peut choisir
  1593. 35:41 les aliments aussi.
  1594. 35:42 Très bien.
  1595. 35:43 Merci à tous les deux.
  1596. 35:44 C'est la fin de cette émission.
  1597. 35:45 Merci de l'avoir suivi.
  1598. 35:46 Merci à Samia Saïa
  1599. 35:47 qui en est à l'initiative
  1600. 35:48 et à l'Inferme.
  1601. 35:49 Merci à Nicolas Valentin
  1602. 35:50 à la réalisation
  1603. 35:51 et merci à toute l'équipe
  1604. 35:52 de La Jolie Prod
  1605. 35:53 pour la préparation.
  1606. 35:54 A bientôt.
  1607. 36:10 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org