Le Kenya, poubelle de la fast-fashion | Reportage | ARTE Info

reportage 7:25 Nguồn ↗ kenya fast fashion pollution textile déchets textiles upcycling jada nema
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Au Kenya, des tonnes de vêtements de seconde main inutilisables en provenance des pays occidentaux finissent dans des décharges, et la jeune activiste Jada Nema, 13 ans, mène un combat acharné contre cette pollution textile en sensibilisant, en upcyclant et en mobilisant sa communauté.

  1. 0:00 ♪ ♪ ♪
  2. 0:07 L'Afrique n'est pas une poubelle où tu peux jeter tes choses
  3. 0:10 comme ça. Pour les gens qui ne savent pas où atterrissent
  4. 0:12 leurs déchets, eh bien, c'est ici.
  5. 0:16 Et si vos vieux vêtements atterrissaient dans d'immenses
  6. 0:19 décharges à ciel ouvert comme celle-ci en Afrique?
  7. 0:22 Eh bien oui, c'est possible.
  8. 0:24 Les pays occidentaux exportent chaque année des tonnes
  9. 0:27 de vêtements vers les pays africains qui ne savent plus
  10. 0:30 quoi en faire.
  11. 0:31 Le Kenya, par exemple, croule sous les déchets textiles.
  12. 0:35 Cette pollution, Jada en a fait son combat.
  13. 0:39 Je suis Jada Nema, j'ai 13 ans.
  14. 0:45 Je suis une activiste pour le climat et défenseuse
  15. 0:47 de l'environnement.
  16. 0:48 J'habite au Kenya.
  17. 0:50 À seulement 13 ans, elle a fondé une ONG qui lutte
  18. 0:53 pour la protection de l'environnement.
  19. 0:56 Mon travail, c'est sensibiliser les jeunes sur l'impact
  20. 0:59 des déchets textiles et plastiques sur nos vies.
  21. 1:02 Depuis plus de 3 ans, elle enquête, entre autres,
  22. 1:05 sur l'industrie de la mode et la pollution textile.
  23. 1:08 Tout commence au marché, où des milliers de vêtements
  24. 1:11 de seconde main arrivent chaque jour dans ces grands sacs.
  25. 1:14 Ils sont partout, partout, vraiment partout.
  26. 1:25 Je déballe, je les expose, il n'y a plus qu'à attendre
  27. 1:28 mes clients.
  28. 1:30 Ils viennent de France, d'Angleterre, d'Allemagne,
  29. 1:33 des Etats-Unis ou encore de Chine.
  30. 1:35 Comment arrivent-ils en Afrique?
  31. 1:37 Eh bien, ce sont les grandes marques qui revendent
  32. 1:39 leurs invendus ou leurs anciennes collections
  33. 1:41 à des grossistes africains.
  34. 1:43 Ou encore des associations caritatives qui revendent
  35. 1:45 les dons qu'elles reçoivent.
  36. 1:47 Eh oui, si vous avez un jour donné vos vêtements,
  37. 1:50 ils ont peut-être atterri ici.
  38. 1:52 Sur le papier, c'est super.
  39. 1:54 Les vêtements ont une seconde vie.
  40. 1:56 Ils servent aux plus démunis et créent de l'emploi.
  41. 1:58 Mais en réalité, ces importations massives
  42. 2:00 de vêtements de seconde main ont une face cachée.
  43. 2:05 Ce sont tous les vêtements que vous allez jeter
  44. 2:08 et qui ne pourront pas être vendus?
  45. 2:11 Tu vois, certains sont hachés, d'autres ont des trous.
  46. 2:17 C'est pour ça que je vais devoir les jeter.
  47. 2:21 Quand elles déballent leur sac, les vendeuses
  48. 2:23 ont souvent de mauvaises surprises.
  49. 2:25 Beaucoup de vêtements arrivent dans de piteux états
  50. 2:27 et sont juste bons pour la poubelle.
  51. 2:30 Evidemment, on est déçus.
  52. 2:32 Parce que quand on achète ces vêtements,
  53. 2:34 on espère recevoir des belles choses.
  54. 2:37 Les gens aiment la bonne qualité.
  55. 2:43 Tout ce que j'ai à dire, c'est que ce genre de comportement,
  56. 2:46 ce n'est pas croyable.
  57. 2:48 Si toi, tu ne peux pas porter un vêtement,
  58. 2:51 pourquoi tu le donnes à quelqu'un d'autre?
  59. 2:53 On est des humains, nous aussi.
  60. 2:54 On ne doit pas mettre ça.
  61. 2:56 C'est haché et ça se voit, je crois.
  62. 2:59 Ils devraient penser à ce que les gens ressentent.
  63. 3:02 Moi, je vais sur le terrain pour rencontrer les habitants
  64. 3:05 et écouter leurs points de vue.
  65. 3:08 Ensuite, je fais remonter ça aux politiciens de ma région.
  66. 3:12 Je fais de mon mieux pour aider.
  67. 3:16 Chaque année, les Kényans importent et achètent
  68. 3:19 environ 200 000 tonnes de vêtements de seconde main.
  69. 3:22 Sauf que sur ces tonnes de vêtements qui arrivent
  70. 3:25 dans le pays, 30 à 40 % sont en réalité inutilisables.
  71. 3:28 Des déchets textiles dont l'Europe, l'Asie
  72. 3:31 ou l'Amérique du Nord se débarrassent.
  73. 3:34 Salut, les gars!
  74. 3:36 Voici la décharge de Malindi.
  75. 3:38 C'est ici que finissent tous les vêtements
  76. 3:40 qu'on ne peut plus porter.
  77. 3:42 Ils vont juste s'accumuler ici.
  78. 3:45 Jada sensibilise les gens grâce aux réseaux sociaux.
  79. 3:48 Elle a plus de 1 200 followers.
  80. 3:50 Là, c'est l'endroit où ils mettent les vêtements
  81. 3:53 avant de les brûler.
  82. 3:55 Contrairement au plastique, au verre, au carton
  83. 3:58 ou aux autres matériaux qu'ils trient et revendent
  84. 4:01 pour être recyclés, les éboueurs ne peuvent rien faire
  85. 4:04 des vêtements, alors ils les brûlent.
  86. 4:07 Qu'est-ce que vous ressentez quand vous brûlez le textile?
  87. 4:10 La fumée est toxique.
  88. 4:12 C'est comme si vous brûliez du plastique.
  89. 4:15 Ça nous abîme les poumons.
  90. 4:17 De nos jours, les vêtements sont fabriqués
  91. 4:20 avec du plastique, des matières synthétiques
  92. 4:23 ou du polyester.
  93. 4:25 Et sachez que quand on les brûle,
  94. 4:27 ça provoque des gaz vraiment mauvais.
  95. 4:29 À l'échelle de la planète, l'industrie textile
  96. 4:32 est l'une des plus polluantes du monde.
  97. 4:35 Jada poste régulièrement des vidéos à ce sujet.
  98. 4:38 La planète ira mieux avec une industrie de la mode durable.
  99. 4:42 Ne les utilisez pas une seule fois,
  100. 4:45 portez-les plus longtemps.
  101. 4:47 Si c'est trop petit, coupez, transformez.
  102. 4:50 Tout est une question de créativité.
  103. 4:53 Et côté créativité, Jada sait de quoi elle parle.
  104. 4:56 Appuie bien ici.
  105. 4:58 Ce pantalon, on va en faire une jupe.
  106. 5:01 Avec sa mère, Jada a lancé une marque de vêtements écolo.
  107. 5:04 Elle récupère les déchets textiles et les vêtements
  108. 5:07 abîmés pour en faire de nouvelles vêtements.
  109. 5:10 On appelle ça de l'upcycling.
  110. 5:12 Dans leur atelier, les couturières fabriquent des hauts
  111. 5:15 comme celui que porte Jada.
  112. 5:17 Des robes ou des sacs qu'elles vendent et exposent
  113. 5:20 sur les réseaux sociaux.
  114. 5:22 Souriez, mesdames.
  115. 5:24 Elles forment aussi les jeunes femmes des environs à la couture.
  116. 5:27 En gros, quand elle n'est pas en cours, Jada consacre
  117. 5:30 tout son temps à l'écologie.
  118. 5:32 Et sa mère l'a fait.
  119. 5:34 C'est la première fois qu'elle en fait.
  120. 5:37 Jada consacre tout son temps à l'écologie.
  121. 5:40 Et sa mère l'a suivie.
  122. 5:42 J'étais une couturière, on va dire, classique.
  123. 5:45 J'ai commencé l'upcycling quand j'ai remarqué tous ces déchets
  124. 5:48 qui polluent notre environnement.
  125. 5:50 Mais c'est vraiment Jada qui m'a inspirée.
  126. 5:53 Elle se bat pour la planète et moi aussi maintenant.
  127. 5:56 Jada organise et gère aussi des nettoyages collectifs.
  128. 5:59 C'est comme une passion pour moi.
  129. 6:01 J'aime quand c'est propre.
  130. 6:03 J'aime gérer des gens, leur donner une section à nettoyer,
  131. 6:06 leur donner des consignes.
  132. 6:08 Ça m'amuse.
  133. 6:10 Je pense que c'est une bonne initiative.
  134. 6:13 Elle est très jeune et elle fait déjà du très bon travail.
  135. 6:16 Toute la communauté la soutient.
  136. 6:18 Régulièrement, Jada émet des messages de soutien
  137. 6:21 à l'école.
  138. 6:23 C'est la première fois qu'elle le fait.
  139. 6:26 Régulièrement, Jada est même invitée
  140. 6:29 à des conférences internationales pour représenter le Kenya
  141. 6:32 et partager ses idées.
  142. 6:34 Une chose est sûre, l'activiste n'est pas prête d'abandonner.
  143. 6:37 Parfois, je suis vraiment triste
  144. 6:39 quand je vois tout ce qui se passe dans le monde,
  145. 6:42 tout ce qui fait du mal à la planète.
  146. 6:44 Je me sens triste, mais je garde espoir.
  147. 6:46 Et ça m'encourage de penser qu'il y a d'autres gens ailleurs
  148. 6:49 qui se mobilisent aussi et que je ne suis pas seule à me battre.
  149. 6:53 À plusieurs, on arrivera plus facilement à se faire entendre.
  150. 7:23 Sous-titrage Société Radio-Canada