Pourquoi Trump veut le Groenland ? L'Amiral Jean-Louis Vichot nous répond

interview 17:35 Nguồn ↗ groenland géopolitique Arctique taïwan chine Donald Trump
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L'Amiral Jean-Louis Vichot analyse les enjeux géopolitiques du Groenland, les motivations de Donald Trump, et la situation stratégique critique autour de Taïwan face aux ambitions chinoises, tout en abordant le rôle des sous-marins nucléaires français.

  1. 0:00 Les risques géopolitiques et militaires n'ont jamais été aussi importants depuis la Deuxième Guerre mondiale.
  2. 0:05 Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
  3. 0:07 Oui.
  4. 0:09 Très bien.
  5. 0:11 Très bien, Amiral.
  6. 0:13 Après...
  7. 0:16 Très bien.
  8. 0:17 C'est tout ?
  9. 0:19 D'accord, donc la réponse est oui.
  10. 0:21 Donc après avoir capturé le président du Venezuela, Donald Trump veut maintenant mettre la main sur le Groenland.
  11. 0:27 On va voir une carte de l'hémisphère Nord.
  12. 0:30 Voici une carte du Groenland, voici une carte de la Terre vue d'en haut.
  13. 0:34 C'est une carte qui nous permet de comprendre pourquoi le Groenland est un enjeu.
  14. 0:39 Est-ce que vous pouvez nous la décrypter ?
  15. 0:41 Parce qu'on n'a pas l'habitude de la voir sous cet angle.
  16. 0:43 Oui, effectivement, on est habitué à voir la Terre comme si on la regardait de côté, si j'ose dire,
  17. 0:48 c'est-à-dire depuis l'équateur, et là on la regarde depuis le pôle Nord.
  18. 0:51 Donc vous êtes au pôle Nord et vous regardez sous vos pieds, enfin un peu en altitude,
  19. 0:56 et vous voyez sous vos pieds, c'est ça ce que vous voyez.
  20. 0:59 Et ce que vous voyez, c'est d'abord la plus grande île du monde.
  21. 1:02 Le Groenland, c'est la plus grande île du monde.
  22. 1:04 L'autre île plus grande, c'est un continent et ça s'appelle l'Australie.
  23. 1:07 Donc ici, vous êtes le Groenland, c'est la plus grande île du monde.
  24. 1:10 En quoi c'est stratégique ?
  25. 1:11 En surface.
  26. 1:12 C'est stratégique parce que si vous prenez l'avion ce soir pour aller à Tokyo parce que vous avez envie d'aller manger des sushis,
  27. 1:18 vous allez décoller de Paris et vous allez passer par le pôle Nord pour atteindre le Japon de l'autre côté
  28. 1:23 parce que c'est la route la plus courte.
  29. 1:25 En effet, je vous rappelle que la Terre est une sphère et par conséquent, les trajets les plus courts,
  30. 1:31 c'est en fait les trajets qu'on fait dans la marine, on dit à cap constant,
  31. 1:34 c'est-à-dire en allant toujours dans la même direction vers le pôle,
  32. 1:36 puis après, une fois qu'on l'a passé, il est derrière mais toujours à 180 degrés.
  33. 1:41 Et donc, on va tout droit.
  34. 1:43 On va tout droit et donc là, c'est les distances les plus courtes.
  35. 1:46 Et quand vous êtes un passager, donc ça vous permet de voyager tranquillement,
  36. 1:50 mais quand vous êtes un missile, vous arrivez plus vite sur l'objectif.
  37. 1:53 Pareil aussi.
  38. 1:54 On va faire évoluer cette carte, on va voir les bases russes, donc en rouge,
  39. 1:59 et les bases norades que sont les bases américaines et canadiennes qui sont en bleu.
  40. 2:04 Exactement.
  41. 2:05 En fait, les Américains et les Canadiens se partagent la surveillance.
  42. 2:10 Donc, vous avez ici l'océan polaire arctique, c'est l'océan qui recouvre le pôle Nord
  43. 2:15 et donc la surveillance du ciel, de l'espace au-dessus et même de l'espace très près de la surface,
  44. 2:22 elle est exercée par ces deux blocs avec les bases que vous avez sur cet écran.
  45. 2:27 Vous avez remarqué, il y a même une petite base tout là-haut sur la carte.
  46. 2:30 Où ça ?
  47. 2:31 Tout à fait au-dessus de l'Alaska.
  48. 2:33 Là-haut ?
  49. 2:34 Voilà, au bout de l'Alaska, c'est sur les courrilles, c'est un archipel qui…
  50. 2:39 En haut, c'est le détroit de Bering qui permet donc de rejoindre l'océan Pacifique
  51. 2:43 parce que tout à fait en haut, c'est l'océan Pacifique.
  52. 2:45 J'ai oublié de vous le dire.
  53. 2:46 Et tout en bas sur cette carte, c'est pas vraiment le Nord et le Sud.
  54. 2:51 Tout ça, c'est le Sud.
  55. 2:52 On est au pôle Nord.
  56. 2:54 Donc tout ça, c'est le Sud.
  57. 2:55 C'est pour ça qu'il y a en haut sur la carte et en bas sur la carte.
  58. 2:58 Et en bas, c'est l'océan Atlantique.
  59. 2:59 Alors pourquoi le Groenland intéresse les Américains ?
  60. 3:03 Alors le Groenland intéresse les Américains depuis longtemps déjà.
  61. 3:07 D'abord parce que c'est une grande île.
  62. 3:09 Alors la première région, quand on est un stratège, c'est que c'est une voie de passage.
  63. 3:16 En fait, ce n'est pas une voie de passage depuis très longtemps.
  64. 3:19 C'est une voie de passage depuis que le réchauffement climatique,
  65. 3:21 le changement climatique et le réchauffement, donc...
  66. 3:23 -... permettent de passer.
  67. 3:24 Oui, parce qu'au milieu, vous avez la banquise.
  68. 3:26 Au milieu, vous avez de la glace.
  69. 3:27 Donc vous ne pouvez pas traverser tout droit parce que tout droit, il y a encore de la banquise.
  70. 3:30 Les sous-marins, ils peuvent aller en dessous ou pas ?
  71. 3:31 Les sous-marins passent dessous, oui.
  72. 3:32 D'accord.
  73. 3:33 Il faut faire attention, mais les sous-marins passent dessous.
  74. 3:35 Et...
  75. 3:36 Et il y a beaucoup de trafic, là ?
  76. 3:37 Non, il n'y a pas beaucoup de trafic.
  77. 3:39 Non, non.
  78. 3:39 S'il n'y a pas beaucoup de trafic...
  79. 3:40 Mais il y a...
  80. 3:40 Vous pouvez croiser un sous-marin russe ?
  81. 3:43 On peut croiser un sous-marin russe.
  82. 3:44 Vous le voyez arriver avec les radars ?
  83. 3:46 Non, on ne voit rien sous l'eau.
  84. 3:48 On ne voit rien sous l'eau parce que la lumière...
  85. 3:50 Il y a quand même...
  86. 3:51 Enfin, non, mais vous le voyez avec les...
  87. 3:52 La lumière ne pénètre pas dans l'eau.
  88. 3:53 ... les machines, je veux dire.
  89. 3:54 Non, on ne le voit pas, on l'entend.
  90. 3:55 Vous l'entendez.
  91. 3:56 C'est-à-dire qu'on est comme un aveugle.
  92. 3:57 Le sous-marin, c'est un...
  93. 3:59 Il faut bien savoir ce que c'est.
  94. 4:00 C'est un dirigeable qui fait du rasmod.
  95. 4:04 Un dirigeable.
  96. 4:05 Un dirigeable, c'est un plus léger que l'air.
  97. 4:06 C'est un ballon.
  98. 4:07 D'accord ?
  99. 4:07 Le ballon dirigeable.
  100. 4:08 Donc, la différence avec le ballon...
  101. 4:10 La montgolfière, c'est que le dirigeable, on peut le piloter.
  102. 4:13 On peut l'orienter beaucoup plus facilement qu'un ballon où on se laisse porter par le vent.
  103. 4:17 Donc, le dirigeable, on peut naviguer dessous.
  104. 4:20 C'est un plus...
  105. 4:21 Le dirigeable, il n'est pas plus léger que l'air.
  106. 4:22 Le sous-marin, c'est un plus léger que l'eau.
  107. 4:24 Si on s'arrête, on ne bouge pas, on ne monte pas, on ne descend pas, on est bien pesé, on reste sous l'eau.
  108. 4:30 Quand on est sous la glace, c'est embêtant parce que sinon, il y a un plafond au-dessus.
  109. 4:34 Donc, dans l'océan, c'est moins grave.
  110. 4:35 Et puis, comme on est sous l'eau, eh bien, il n'y a pas de...
  111. 4:40 La lumière ne pénètre pas.
  112. 4:42 Donc, elle ne pénètre pas, ce qui fait qu'on est comme un aveugle.
  113. 4:45 Donc, on est en permanence aux instruments et on ne voit pas.
  114. 4:49 Donc, on fait tout à l'oreille, comme les aveugles.
  115. 4:51 Mais vous savez, s'il y a du bazar là-dedans, s'il y a des américains, des anglais, des...
  116. 4:55 Oui, et des crevettes.
  117. 4:56 Des crevettes aussi.
  118. 4:57 Oui, oui.
  119. 4:58 Et des cachalots, des phoques.
  120. 5:00 Est-ce qu'il y a du bazar là-dedans ?
  121. 5:01 Alors, il n'y a pas beaucoup de bazar parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui sont capables d'y aller.
  122. 5:05 Donc, déjà, parce que...
  123. 5:05 Il y a des russes, il y a nous.
  124. 5:07 Il y a les russes, il y a nous, il y a les américains, les anglais.
  125. 5:10 Il faut... Et puis, les canadiens qui ont l'habitude d'y passer aussi,
  126. 5:14 mais qui ne peuvent pas y rester très longtemps parce qu'ils n'ont pas de sous-marins nucléaires.
  127. 5:17 Et les chinois ?
  128. 5:17 Les chinois peuvent y passer aussi, mais on ne les a pas encore vus.
  129. 5:21 Ça veut dire que c'est une zone très hostile, c'est ça ?
  130. 5:23 C'est une zone très hostile quand vous dites ça ?
  131. 5:24 C'est une zone qui est très hostile parce qu'effectivement, d'une part,
  132. 5:27 vous avez le fond qui n'est pas très loin en dessous et puis vous avez le plafond qui est égarni.
  133. 5:32 C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir au-dessus de vous une surface libre où vous pouvez remonter sans vous cogner,
  134. 5:38 là au-dessus, il y a la banquise.
  135. 5:40 Donc, quand on veut remonter, il faut choisir des zones où la glace est très peu épaisse
  136. 5:45 et on peut passer à travers quand on arrive, comme le phoque.
  137. 5:48 Alors, pourquoi Trump veut absolument le Groenland ?
  138. 5:53 Alors, il veut le Groenland, il ferait mieux de s'occuper des Allées-Houssiennes au nord,
  139. 5:58 mais on en reparlera.
  140. 5:59 Il veut le Groenland parce qu'il prétend, et son équipe avec lui,
  141. 6:06 que les chinois et les russes vont arriver aux États-Unis en passant par le Groenland et par le Canada.
  142. 6:13 Donc, c'est pour ça qu'il veut non seulement le Groenland, mais aussi le Canada.
  143. 6:17 Est-ce qu'il peut y arriver ?
  144. 6:18 Non.
  145. 6:19 Les russes et les chinois ?
  146. 6:20 Non, pour le moment, on n'a pas vu un russe, on n'a pas vu un chinois.
  147. 6:23 Enfin, quelques russes et pas de chinois autour du Groenland.
  148. 6:26 Les seuls qu'on a vus, ce sont des pêcheurs, parfois, et c'est quelques personnes, des touristes.
  149. 6:33 Pour les chinois, ce n'est pas des bateaux militaires.
  150. 6:36 Il commence à y avoir quelques brises glaces chinois.
  151. 6:38 Pourquoi ? Parce que les chinois et les russes, d'ailleurs,
  152. 6:41 s'intéressent beaucoup à la route commerciale qui était tout à l'heure sur la carte.
  153. 6:45 Ah, on voit, on fait un affichage.
  154. 6:47 Voilà, donc vous avez deux routes commerciales puisqu'on ne peut pas passer au centre parce qu'il y a la glace.
  155. 6:52 Donc, on est obligé de passer sur les côtés parce que la nouveauté,
  156. 6:55 c'est que maintenant, on peut passer sur les côtés à cause du réchauffement climatique.
  157. 6:59 Donc, on ne passe pas tout le temps sur les côtés.
  158. 7:01 On passe seulement l'été, notre été à nous, mais on peut passer.
  159. 7:06 Et on passe plus facilement sur le passage, ce qu'on appelle du nord-est pour nous,
  160. 7:11 qui est le passage qui se trouve à droite sur votre écran.
  161. 7:13 Le rouge.
  162. 7:14 Le rouge, exactement, parce que c'est le passage devant la Russie.
  163. 7:17 Donc, on a gardé votre couleur.
  164. 7:19 Et donc, on passe par là pour aller du Pacifique en Europe et d'Europe dans le Pacifique.
  165. 7:24 Donc, il peut y avoir un sous-marin français.
  166. 7:25 Vous vous y êtes passé ? Vous avez déjà pris cette route ?
  167. 7:27 Non, je n'ai pas passé par là.
  168. 7:28 Non, il y a trop de monde.
  169. 7:30 Mais...
  170. 7:32 Donc, vous passez par où ?
  171. 7:33 Surtout, ce qui passe par là, ce sont des cargos, qui sont des cargos spéciaux,
  172. 7:40 qui ont une coque suffisamment épaisse pour résister au choc avec les glaces
  173. 7:44 et qui transportent essentiellement des marchandises.
  174. 7:46 Pourquoi ? Parce que quand on passe par là, quand on vient de Chine et qu'on va en Europe,
  175. 7:50 on gagne plus de 15 jours de traversée.
  176. 7:52 Et 15 jours, c'est de l'argent.
  177. 7:54 Alors, pourquoi Trump veut le Groenland ?
  178. 7:57 J'arrive toujours pas à comprendre.
  179. 7:58 Toujours pas à comprendre.
  180. 7:59 Il veut le Groenland parce que ça contrôle cette route-là.
  181. 8:02 Vous voyez que le Groenland est une base d'où on peut aller assez facilement,
  182. 8:06 bloquer le passage, en l'occurrence, du nord-est.
  183. 8:10 Puisqu'on regarde depuis chez nous, donc c'est à l'est.
  184. 8:13 Le passage du nord-est, le passage rouge, on peut le bloquer à partir du Groenland.
  185. 8:17 Mais si vous me dites qu'il n'y a pas grand monde, en quoi ?
  186. 8:21 Non, non, mais...
  187. 8:22 Il n'y a pas de danger ?
  188. 8:23 Parce qu'avec le réchauffement climatique, la route va devenir de plus en plus fréquentable.
  189. 8:28 C'est-à-dire que la glace va se retirer et on pourra passer de plus en plus facilement
  190. 8:32 sur ces deux routes, celle-là et l'autre, celle qui passe le long des côtes du Canada.
  191. 8:36 Donc, stratégiquement, il a raison ?
  192. 8:39 À 50 ans, il a raison.
  193. 8:41 Donc, à 50 ans, il sera mort.
  194. 8:43 Donc, c'est pas très grave, mais...
  195. 8:46 Enfin, je veux dire, c'est un des arguments qu'il emploie.
  196. 8:48 Le deuxième argument qu'il emploie...
  197. 8:49 Mais nous, on est capables d'être là ?
  198. 8:53 Oui, oui, bien sûr.
  199. 8:54 Donc, voilà, il peut nous faire confiance à nous.
  200. 8:56 Oui, bien oui, d'autant plus qu'en principe, il nous aide,
  201. 8:58 puisqu'il est membre de l'OTAN comme nous.
  202. 9:00 Et d'ailleurs, le Groenland est protégé par l'OTAN.
  203. 9:03 Puisque le Groenland fait partie du Danemark
  204. 9:06 et donc est couvert par le traité de l'Atlantique Nord.
  205. 9:08 Donc, c'est là où c'est une hypocrisie totale.
  206. 9:11 C'est que M. Trump dit que c'est pour des impératifs de défense.
  207. 9:15 C'est complètement faux, parce que la défense, elle est déjà là.
  208. 9:18 Elle est d'ailleurs dirigée par les Américains et les Canadiens
  209. 9:21 qui ont un commandement commun, ça s'appelle le NORAD.
  210. 9:24 Et pour les Américains, c'est le NORFCOM, le commandement du Nord.
  211. 9:27 Et donc, tout le monde est en place et on regarde passer les satellites
  212. 9:31 et on veille bien à ce que ce ne soient pas des missiles qui viennent frapper
  213. 9:34 le continent américain ou même l'Europe.
  214. 9:37 – Est-ce que les États-Unis ne sont plus ou sont encore nos alliés ?
  215. 9:41 Et que valent les États-Unis sans alliés ?
  216. 9:44 – Alors, c'est à la première…
  217. 9:47 – Parce que là, ils sont en train d'être tout seuls, en fait.
  218. 9:50 – C'est le risque. Je vous rappelle que c'est la politique d'un homme.
  219. 9:53 Aujourd'hui, ce n'est pas la politique de tous les Américains.
  220. 9:56 – Bien sûr, je parle de la diplomatie américaine.
  221. 9:58 – Les Américains majoritairement ont voté pour lui, c'est parfaitement clair.
  222. 10:01 – C'est la politique d'un État.
  223. 10:02 – C'est la politique d'un chef d'État.
  224. 10:04 Et on se rend compte à quel point c'est celle d'un chef d'État
  225. 10:07 parce qu'on ne peut pas dire que son parlement soit particulièrement associé
  226. 10:11 à ses prises de décision.
  227. 10:13 Donc, c'est toujours une démocratie.
  228. 10:16 Mais pour le moment, on commence à se poser la question
  229. 10:18 de savoir combien de temps ça va la rester.
  230. 10:20 – Est-ce qu'ils sont encore nos alliés ?
  231. 10:21 – M. Apathy l'a dit il n'y a pas très longtemps.
  232. 10:23 – Est-ce qu'ils sont encore nos alliés ?
  233. 10:25 – Alors, c'est une excellente question, on va le savoir bientôt.
  234. 10:28 On va voir si, effectivement, ils prennent de vive force le Groenland
  235. 10:31 auquel cas ils ne sont plus nos alliés.
  236. 10:33 – Tu n'as jamais vu qu'un pays membre de l'OTAN…
  237. 10:35 – On est parfois trahi par ses alliés.
  238. 10:37 Demandez à l'appellant, ça arrive assez souvent.
  239. 10:39 Pardon ?
  240. 10:40 – Ce serait une première qu'un pays membre de l'OTAN attaque un autre pays…
  241. 10:44 – Oui, ce n'est pas fait pour ça.
  242. 10:46 – Non, ce n'est pas fait pour ça.
  243. 10:47 – Clairement, ce n'est pas fait pour ça.
  244. 10:48 – On a encore quelques minutes pour regarder une autre carte.
  245. 10:50 On y voit un bout de la Chine, voici la carte.
  246. 10:54 Nous sommes en Asie du Sud-Est, un bout de la Chine.
  247. 10:56 On voit Taïwan, on voit le Japon, on voit les Philippines.
  248. 10:59 Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui dans cette zone du monde
  249. 11:02 et qu'est-ce qui peut se passer demain ?
  250. 11:05 Là, c'est vos mères, là.
  251. 11:07 – Oui, c'est celle dont j'avais la responsabilité pendant quelques temps, deux ans.
  252. 11:11 – Vous partiez de vous, de Tahiti ?
  253. 11:13 – Tahiti, oui, c'est quand même plus sympa.
  254. 11:15 J'ai beaucoup aimé la Polynésie française.
  255. 11:18 – Ils nous regardent dans le journal.
  256. 11:19 – C'est la moitié de notre zone économique exclusive,
  257. 11:22 ce qui fait la grandeur de la France.
  258. 11:25 – De la marine française ?
  259. 11:26 – Non, de la France.
  260. 11:27 De la France en tant que nation maritime, c'est la Polynésie française.
  261. 11:30 Elle toute seule, c'est 50% de notre petite partie d'océan.
  262. 11:34 Donc c'est extrêmement important.
  263. 11:35 – Et alors, qu'est-ce qui se joue ici ?
  264. 11:37 – Alors, ce qui se joue ici, en fait, c'est un peu,
  265. 11:39 je ne dirais pas le devenir du monde, il ne faut pas exagérer,
  266. 11:41 mais c'est un point très important.
  267. 11:44 Pourquoi ? Parce que la Chine, et en particulier M. Xi,
  268. 11:47 ils n'ont plus qu'une seule idée en tête, c'est de rendre la Chine complète.
  269. 11:51 En gros, ils veulent récupérer l'île de Taïwan.
  270. 11:54 L'île de Taïwan, elle est isolée.
  271. 11:56 Pourquoi ? Parce qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale,
  272. 11:59 les Chinois nationalistes, Chiang Kai-shek, ont dû évacuer le continent
  273. 12:05 parce que Mao Zedong avait gagné la guerre.
  274. 12:08 Donc Mao Zedong les a chassés et ils se sont réfugiés à Taïwan,
  275. 12:12 qu'on appelle aussi Formosa, et ils s'y sont installés.
  276. 12:17 Et depuis, ils ont de fait fait sécession.
  277. 12:21 Alors, pas tout à fait sécession,
  278. 12:24 parce que pour ne pas se faire envahir par la Chine,
  279. 12:27 et puis parce qu'ils avaient aussi l'ambition de reprendre la Chine continentale,
  280. 12:31 ils ont resté comme étant une partie de la Chine.
  281. 12:34 Vous me suivez toujours ?
  282. 12:35 Oui.
  283. 12:36 Et donc, ça agace beaucoup Mao.
  284. 12:39 Et donc, Xi, qui est le successeur, avec quelques intermédiaires du président Mao,
  285. 12:44 souhaite récupérer Taïwan.
  286. 12:47 Et il aimerait bien le faire
  287. 12:49 pour le prochain anniversaire du Parti communiste chinois,
  288. 12:52 qui aura 80 ans en 2029.
  289. 12:56 En 2029, d'accord.
  290. 12:57 Donc, c'est dans pas si longtemps.
  291. 12:58 En 2029.
  292. 12:59 Donc, c'est dans pas très longtemps.
  293. 13:00 Et le problème, c'est qu'il voudrait le faire avant.
  294. 13:02 C'est-à-dire qu'il voudrait être le dirigeant chinois qui a complété la Chine.
  295. 13:06 Alors, il a déjà bien travaillé, puisqu'il a récupéré Hong Kong.
  296. 13:09 Ça ne vous a pas échappé.
  297. 13:11 Et donc, Macao, par la même occasion.
  298. 13:14 Il y a un risque sérieux qu'il le fasse ?
  299. 13:15 Pardon ?
  300. 13:16 Il y a un risque sérieux qu'il le fasse ?
  301. 13:17 Il y a un risque très sérieux qu'il le fasse, parce qu'il a très envie de le faire.
  302. 13:20 Et il a dit qu'il le ferait.
  303. 13:21 Les dictateurs font toujours ce qu'ils disent.
  304. 13:23 Comment vous réagissez ?
  305. 13:24 Pardon ?
  306. 13:25 Est-ce qu'il y a une réaction possible ?
  307. 13:26 Ou est-ce qu'on sera mis devant le fait accompli ?
  308. 13:28 Alors, c'est une bonne question.
  309. 13:30 En fait, on ne sera pas mis devant le fait accompli,
  310. 13:32 parce qu'aujourd'hui, les Taïwanais ne sont pas d'accord, majoritairement.
  311. 13:35 Et donc, on peut penser qu'ils vont résister.
  312. 13:37 Donc, ça ne sera pas le fait accompli tout de suite.
  313. 13:40 Par contre, ce que peut faire la Chine,
  314. 13:42 et ce qui est, je pense, la stratégie d'aujourd'hui,
  315. 13:45 c'est faire un blocus autour de Taïwan
  316. 13:47 et donc rendre la vie impossible aux gens qui sont sur cette île
  317. 13:51 et donc les contraindre à changer d'avis et à obtenir leur rédition.
  318. 13:57 Pas d'invasion militaire ?
  319. 13:59 L'invasion militaire.
  320. 14:00 Alors, les Chinois, c'est comme les Américains,
  321. 14:02 ils n'excluent pas cette possibilité.
  322. 14:04 Un deal ?
  323. 14:05 Un deal sur le partage du monde entre Xi Jinping et Trump ?
  324. 14:08 Alors, justement, c'est effectivement la menace qui pèse sur la tête des Taïwanais.
  325. 14:13 Mais pour le moment, les Taïwanais, ils ont un argument extraordinaire,
  326. 14:16 c'est qu'ils sont les fournisseurs des meilleurs circuits électroniques au monde.
  327. 14:23 Donc, les tout petits, petits circuits imprimés,
  328. 14:26 ceux qui raisonnent en nanomètres, 10 puissances moins 9 mètres.
  329. 14:30 Et donc, c'est en particulier tout ce qui sert pour l'intelligence artificielle.
  330. 14:35 Et ça, ils l'ont gardé soigneusement chez eux
  331. 14:38 pour être sûrs qu'on ne vienne pas le massacrer.
  332. 14:41 Alors, Trump s'est battu, Trump a négocié ses droits de douane
  333. 14:45 pour essayer de rapatrier les usines aux Etats-Unis d'Amérique.
  334. 14:49 Mais les Taïwanais se sont bien gardés de le faire.
  335. 14:52 C'est leur assurance vie.
  336. 14:54 C'était comme Hong Kong.
  337. 14:55 En Hong Kong, son assurance vie, c'était la banque.
  338. 14:57 Sauf que les Chinois sont devenus très forts dans le domaine de la banque
  339. 15:00 et n'ont plus eu besoin d'Hong Kong et l'indépendance de Hong Kong s'est arrêtée.
  340. 15:03 Là, pour Taïwan, c'est pareil.
  341. 15:04 Le jour où les Chinois sont capables de faire des puces au nanomètre,
  342. 15:07 ils n'auront plus besoin, ils pourront prendre Taïwan.
  343. 15:10 – Et juste une dernière question, si on peut revoir la carte.
  344. 15:14 Vous faisiez quoi avec notre sous-marin, là, dans la région ?
  345. 15:18 – Alors, moi, je n'étais pas avec mon sous-marin là-bas,
  346. 15:20 mais on a parfois un sous-marin qui y va.
  347. 15:22 – Et il fait quoi ?
  348. 15:23 – Le sous-marin, il affirme la liberté.
  349. 15:25 – Pendant 80 jours, il fait quoi ? Il bouge, là, dans la région ?
  350. 15:29 – Non, le sous-marin qui part pour 80 jours,
  351. 15:32 qui est un sous-marin nucléaire lanceur d'engin,
  352. 15:34 lui, il promène les bombes, si j'ose dire.
  353. 15:37 En fait, il cache les bombes.
  354. 15:39 – Personne ne sait où il est ?
  355. 15:40 – Exactement, personne ne sait où il est,
  356. 15:42 sauf son commandant et deux ou trois personnes à bord.
  357. 15:44 – Bien sûr.
  358. 15:45 – Et à Paris, ils savent où il est ?
  359. 15:46 – Non.
  360. 15:47 – À Paris, ils ne savent pas où il est ?
  361. 15:48 – Non, ils savent dans quel océan il est.
  362. 15:50 – D'accord, c'est tout.
  363. 15:51 Mais ils savent pas exactement où il est.
  364. 15:52 – Dans quelle partie de quel océan il est.
  365. 15:53 – Donc, il peut recevoir l'ordre de larguer les…
  366. 15:55 Et il est là parce qu'il est prêt à lancer les missiles.
  367. 15:59 Et à l'époque, moi, j'avais…
  368. 16:00 – Il n'écoute pas un peu les voisins, tout ça ?
  369. 16:02 – Non, il n'écoute pas les voisins.
  370. 16:03 Enfin, plutôt, il écoute les voisins pour être sûr de ne pas se faire attraper.
  371. 16:06 Et en fait, lui, il est caché.
  372. 16:08 On dit qu'il est dilué dans l'océan.
  373. 16:10 C'est comme si vous mettez du sucre dans un verre d'eau,
  374. 16:13 vous agitez et vous ne voyez plus le sucre.
  375. 16:15 – Est-ce que vous savez ce qui se passe ?
  376. 16:16 – Le sous-marin, c'est pareil.
  377. 16:17 – Vous disiez, à bord, il y a seulement deux ou trois personnes
  378. 16:19 qui savent où elle se trouve dans l'océan ?
  379. 16:21 – Une demi-douzaine.
  380. 16:23 Alors, la position exacte, au centimètre près,
  381. 16:26 il y en a encore moins que ça.
  382. 16:28 Mais à quelques kilomètres, il y a six personnes qui savent où on est.
  383. 16:33 – Est-ce que vous savez ce qui se passe à l'étranger ?
  384. 16:36 Est-ce que vous savez ?
  385. 16:37 – Oui, parce qu'en fait, on a pour consigne de ne jamais parler.
  386. 16:41 On n'envoie pas de signaux.
  387. 16:43 – Non, parce que sinon, vous allez être retenus.
  388. 16:45 – Exactement, vous avez tout compris.
  389. 16:46 Et par contre, on reçoit, en plongée,
  390. 16:48 on est capables de recevoir les informations.
  391. 16:50 – Sans être connus.
  392. 16:52 – Bien sûr, parce qu'en fait, il n'y a rien qui dépasse.
  393. 16:54 On ne sort pas d'antenne, mais on reçoit en plongée.
  394. 16:56 Pourquoi ? Parce que les ondes électromagnétiques,
  395. 16:58 elles pénètrent sous l'eau à quelques mètres.
  396. 17:00 Uniquement quelques mètres.
  397. 17:02 Donc, en fait, on traîne un fil.
  398. 17:04 Et au bout de ce fil, il y a un petit morceau de cuivre,
  399. 17:08 qui a la taille de mon index.
  400. 17:10 Et ce petit morceau de cuivre…
  401. 17:11 – Il a toutes les infos.
  402. 17:12 – Il capte la radio.
  403. 17:14 Et le câble descend dans le sous-marin
  404. 17:17 et on écoute la radio dans le sous-marin.
  405. 17:19 Alors, ce n'est pas un débit phénoménal,
  406. 17:21 parce qu'il faut des ondes de très basse fréquence,
  407. 17:24 mais ça fonctionne.
  408. 17:25 Et c'est comme ça qu'on reçoit les nouvelles
  409. 17:27 et les ordres et les instructions du gouvernement.
  410. 17:30 – Si vous embarquez des gens, quelques jours, on est partants.
  411. 17:32 – Ah oui, non, moi, je veux bien y aller.