Christian Louboutin : de la semelle rouge iconique à un empire mondial

interview 18:34 来源 ↗ christian louboutin semelle rouge mode chaussures escarpin design
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Christian Louboutin, le célèbre créateur de chaussures, discute de l'origine de sa semelle rouge iconique, de son parcours, de l'influence de la danse et du cinéma sur son travail, de l'impact de sa marque sur la pop culture, et de sa collaboration avec Jaden Smith pour les collections Hommes.

  1. 0:00 Bienvenue, Christophe Louboutin, parce que la température vous compte bien.
  2. 0:03 Parce qu'on nous a dit qu'il fallait faire attention à la température,
  3. 0:06 vous êtes très sensible aux températures.
  4. 0:08 Qui c'est qui vous a dit une chose pareille ?
  5. 0:10 Ou au chaud, le thé, le café, il faut que ce soit tiède.
  6. 0:14 Il faut que ce soit tiède, ça c'est vrai.
  7. 0:16 C'est vrai ?
  8. 0:16 Oui, sinon je me mets à transpirer tout de suite.
  9. 0:18 C'est pour ça que j'ai la casquette ici, parce que si je me mets à transpirer,
  10. 0:21 je vais faire ça, et je vais la garder.
  11. 0:23 Sinon j'ai des mouchoirs, voilà, sinon il y a...
  12. 0:26 On m'a dit que les mouchoirs c'était pas terrible.
  13. 0:28 Non ? Bon, d'accord.
  14. 0:30 Vous êtes une légende de la mode, car ce que je tiens ici dans la main,
  15. 0:34 c'est votre invention, le fameux escarpin à semelle rouge,
  16. 0:37 un des objets les plus iconiques et désirables de l'histoire populaire.
  17. 0:41 La légende dit que votre vocation est née à l'âge de 10 ans.
  18. 0:45 À peu près, oui, à peu près.
  19. 0:47 J'ai commencé à dessiner des souliers, oui, 10-11 ans,
  20. 0:51 parce que j'ai des dessins.
  21. 0:54 Quand ma mère est morte, elle gardait des dessins,
  22. 0:56 et ma sœur, qui avait gardé tout ce qu'elle avait, m'a rendu ces dessins,
  23. 1:00 et c'était marqué en dessous, c'était marqué Christian 10-11.
  24. 1:04 Elle n'était pas très précise.
  25. 1:06 Qu'est-ce qui vous avait donné cette vocation ?
  26. 1:09 Le déclic, ça a été quoi ?
  27. 1:11 Alors, moi, j'ai toujours voulu travailler, en fait,
  28. 1:14 enfin depuis assez tôt, pour les danseuses.
  29. 1:18 Et donc j'allais, quand j'allais à l'école,
  30. 1:21 enfin, à la sortie de l'école, je suis allé...
  31. 1:23 D'abord, j'ai regardé des films où il y avait des danseuses,
  32. 1:26 et ensuite, j'ai commencé à aller au Folies-Bergère, au Paradis.
  33. 1:30 J'avais remarqué une chose, c'est que c'était assez facile,
  34. 1:32 quand il y a l'intermission, tout le monde sort dehors,
  35. 1:36 va fumer une cigarette, et puis après, les gens rentrent,
  36. 1:38 et personne ne redemande le ticket.
  37. 1:39 Donc, avec mon meilleur copain de classe, on allait voir le deuxième acte.
  38. 1:44 Et donc, on était allés voir des choses au théâtre, etc.,
  39. 1:47 mais moi, mon truc préféré, c'était quand même d'aller voir,
  40. 1:49 finalement, les... Ouais, le musical.
  41. 1:52 Et est-ce que, quand vous étiez gamin, quand vous dessiniez les chaussures,
  42. 1:55 est-ce qu'elles avaient déjà ça ?
  43. 1:57 Non.
  44. 1:57 Non ?
  45. 1:58 Non, non, non, non, non, non.
  46. 1:59 Ça, c'est arrivé...
  47. 2:01 J'ai commencé à dessiner pour moi, sous mon propre nom, en fin 91,
  48. 2:06 et ça, elle est arrivée à peu près deux ans après.
  49. 2:08 Et est-ce que l'histoire du vernis que quelqu'un dans l'entreprise utilisait,
  50. 2:12 un vernis rouge, est vraie ?
  51. 2:14 Est-ce que ça vous a inspiré, comme ça, sur le coup, d'utiliser le rouge,
  52. 2:17 de prendre le vernis, d'essayer ?
  53. 2:18 En fait, ce qui s'est passé, c'est que je dessinais,
  54. 2:21 et moi, je fais les dessins en couleur.
  55. 2:23 Et puis, ensuite, je garde le dessin et je regarde les prototypes.
  56. 2:26 Donc, j'étais en Italie, où il y a les usines qui font les souliers,
  57. 2:29 et puis, je regardais le dessin, je regardais le soulier.
  58. 2:32 De profil, c'était...
  59. 2:33 Donc, les dessins étaient inspirés des sérigraphies d'Andy Warhol,
  60. 2:37 donc ils étaient tous pop.
  61. 2:38 Donc, toutes les... Il y avait beaucoup, beaucoup de couleurs.
  62. 2:40 Et donc, quand je regardais le dessin, de profil, c'était bien.
  63. 2:44 De face, c'était bien.
  64. 2:45 C'était un escarpin avec une grosse fleur de couleurs.
  65. 2:48 Donc, il y avait différentes couleurs.
  66. 2:49 Et puis, de dos, tout à l'heure, je regarde...
  67. 2:51 Il manquait quelque chose ?
  68. 2:53 Il y a beaucoup de noir et ça n'existe pas dans mon dessin.
  69. 2:55 Tout était vraiment en couleur vive.
  70. 2:57 Et alors, la fille qui avait...
  71. 2:59 Qui essayait les souliers, elle avait fini d'essayer les souliers.
  72. 3:02 C'était la fin de la journée.
  73. 3:03 Et donc, elle était en train de se peindre les ongles.
  74. 3:07 Et je lui ai dit, je voudrais faire un essai.
  75. 3:08 Je voudrais retirer le noir.
  76. 3:09 Alors, elle avait ses ongles.
  77. 3:11 Je lui ai dit, je peux prendre...
  78. 3:13 Alors, oui, attends.
  79. 3:14 J'en ai déjà deux, mais j'en fais encore trois.
  80. 3:16 Je lui ai dit...
  81. 3:17 Bon, bref, je lui attrape le truc.
  82. 3:19 Et puis, j'ai vidé son vernis.
  83. 3:22 Et puis, paf, ça a fait vraiment exactement comme mon dessin originel.
  84. 3:27 Et je me suis dit, c'est très bien.
  85. 3:29 C'est très joli.
  86. 3:30 Et vraiment, on voit la ligne du dessin.
  87. 3:32 C'est plus joli.
  88. 3:33 Donc, je me suis dit, je vais faire les semelles de couleur à la base.
  89. 3:36 Donc, ça a commencé pas du tout par le rouge.
  90. 3:38 Enfin, ça a commencé parce que j'ai mis une touche de rouge.
  91. 3:41 Mais je me suis dit...
  92. 3:42 Parce que c'était une idée idiote.
  93. 3:43 Je me suis dit, ça va sortir pratiquement vers Noël.
  94. 3:46 Donc, je vais faire des semelles vertes.
  95. 3:49 Et puis...
  96. 3:50 Donc, il existe des Louboutins vertes.
  97. 3:52 Non.
  98. 3:53 Parce que j'ai réfléchi.
  99. 3:55 Et je me suis dit que Noël, ça ne dure pas tellement longtemps, numéro un.
  100. 3:59 Et j'ai continué à réfléchir.
  101. 4:01 Et en fait, dans les années 90, beaucoup de gens n'aimaient pas la couleur.
  102. 4:05 Et en fait, si on n'aime pas la couleur, on n'aime pas le vert.
  103. 4:09 Si on n'aime pas la couleur, on n'aime pas le jaune.
  104. 4:10 Si on n'aime pas la couleur, on n'aime pas l'orange.
  105. 4:12 Mais si on n'aime pas la couleur, on aime toujours le rouge.
  106. 4:15 Pourquoi ? Parce que c'est entre la couleur et la non-couleur.
  107. 4:18 C'est un peu comme l'or, l'argent, le rouge.
  108. 4:20 C'est vraiment des non-couleurs.
  109. 4:22 Regardez notre logo.
  110. 4:24 Notre logo est rouge.
  111. 4:25 Mais pour vous, Noël, c'est vert ?
  112. 4:30 D'accord.
  113. 4:31 Exactement.
  114. 4:32 Maya s'est plongée dans la mythologie Louboutin.
  115. 4:35 Et oui, pas besoin d'être fan de mode pour connaître les Louboutins.
  116. 4:38 Il suffit d'allumer sa télé ou même d'écouter de la musique.
  117. 4:40 Côté série, tout commence en 2000 avec Sex and the City.
  118. 4:43 Carrie Bradshaw, énorme fanatique de talons hauts, porte des Louboutins dépareillés.
  119. 4:47 Le look entre dans la légende et un quart de siècle plus tard,
  120. 4:50 dans la série, les femmes et les gens portent toujours des Louboutins.
  121. 4:53 Qu'on parle d'Emilie in Paris pour le côté premier degré
  122. 4:56 ou de Two Broke Girls pour le côté beaucoup plus rigolo.
  123. 5:11 La musique n'est pas en reste.
  124. 5:12 En 2009, Jennifer Lopez chante une chanson qui porte votre nom, Louboutin.
  125. 5:16 Et dans le clip, elle descend une rampe d'escalier en forme d'escarpins.
  126. 5:19 Rouge, évidemment.
  127. 5:28 Depuis cette image, les stars de la pop sont à vos pieds.
  128. 5:30 Beyoncé et ses bottes à franges pour l'album Cowboy Carter.
  129. 5:33 Rihanna au Met Gala. Taylor Swift pour son ERA Tour.
  130. 5:36 Lisa des Blackpink à Coachella.
  131. 5:38 La semelle rouge est tellement culte que ça devient un sujet de plaisanterie.
  132. 5:41 La preuve avec Zac Efron dans Célibata ou Presque.
  133. 5:46 Les cerveaux des femmes s'éteignent comme des feuilles d'arbre
  134. 5:48 quand elles sont montrées avec des photos de...
  135. 5:52 des chaussures.
  136. 5:53 Et rien ne dit « souhait de réalisation »
  137. 5:56 comme Christian Louboutin.
  138. 5:58 Mais à mon avis, ce qui explique le triomphe de la marque dans la pop culture,
  139. 6:01 ce n'est pas juste le côté mode.
  140. 6:03 C'est aussi un côté ambigu.
  141. 6:04 Parce que souvent, la femme qui porte des Louboutins,
  142. 6:06 c'est aussi une femme fatale.
  143. 6:08 Et typiquement, dans la série The New Pope,
  144. 6:10 quand Sharon Stone vient titiller le pape John Malkovich,
  145. 6:13 devinez ce qu'elle porte.
  146. 6:17 Quel cadeau t'as apporté?
  147. 6:20 Eh bien...
  148. 6:47 Même subversion quand les rappeuses s'en parlent de la marque.
  149. 6:50 Oui, les Louboutins, c'est beau.
  150. 6:52 Oui, les Louboutins, c'est luxe.
  151. 6:53 Mais c'est aussi un peu dangereux.
  152. 6:55 C'est Cardi B qui nous le dit.
  153. 7:05 Il y a quelque chose de trouble autour des Louboutins.
  154. 7:07 Et ça, pour les artistes, c'est complètement irrésistible.
  155. 7:10 Vous êtes au courant de tout ça?
  156. 7:12 Avant que ça sorte?
  157. 7:13 Non.
  158. 7:15 Non, il y a des choses que j'avais vues.
  159. 7:17 Enfin, Cardi B, j'avais vu.
  160. 7:20 Sharon Stone, j'avais vu une image,
  161. 7:22 mais je n'avais pas vu pousser les souliers
  162. 7:24 et les offrir à Malkovich.
  163. 7:26 Enfin, au pape.
  164. 7:27 Donc, non, je ne connais pas tout.
  165. 7:29 Et par exemple, Zac Efron, j'avais jamais vu ça.
  166. 7:33 Alors, vous êtes le seul à pouvoir utiliser la semelle rouge.
  167. 7:36 Comment on dépose mondialement une semelle rouge?
  168. 7:40 Alors, ça s'appelle un trademark.
  169. 7:42 Et c'est assez compliqué.
  170. 7:44 C'est une marque de reconnaissance.
  171. 7:46 Alors, ça, il y en a pour deux heures pour vous expliquer.
  172. 7:48 Ça fait une longue bataille pour obtenir le droit de déposer le pantone.
  173. 7:52 Oui, absolument.
  174. 7:54 Mais je peux lancer une chaussure avec une semelle bleue?
  175. 7:56 Oui, bien sûr.
  176. 7:57 D'accord.
  177. 7:58 Allez-y, allez-y.
  178. 7:59 Mais rouge, non.
  179. 8:00 Et rouge un peu orangé, je peux ou pas?
  180. 8:03 Je crois que si c'est confusant,
  181. 8:06 c'est-à-dire que si ça ressemble à un rouge, non.
  182. 8:09 D'accord.
  183. 8:10 Mais violet, oui.
  184. 8:11 Vous avez déposé tous les rouges?
  185. 8:12 Non.
  186. 8:13 Mais c'est un rouge assez précis, quand même,
  187. 8:15 qui est un rouge vraiment comme une laque.
  188. 8:17 C'est le même que celui que vous avez ici?
  189. 8:19 À peu près, oui.
  190. 8:20 Il est un peu plus foncé, celui-là.
  191. 8:22 On va regarder les images de votre dernier défilé.
  192. 8:24 C'était jeudi dernier au Dojo de Paris.
  193. 8:26 C'était magnifique.
  194. 8:27 Mise en scène de David Lachapelle et Blanca Lee,
  195. 8:30 avec la thématique Super Bowl.
  196. 8:32 Pourquoi d'ailleurs le Super Bowl, le foot américain?
  197. 8:35 Alors ça, ça a été une grosse bataille avec David
  198. 8:37 parce qu'on voulait faire un sport.
  199. 8:39 On avait commencé par la piscine l'année dernière.
  200. 8:41 Et cette année, moi, je pensais au rugby.
  201. 8:44 Et lui étant américain, il pensait football américain.
  202. 8:47 Je lui dis mais c'est la même chose.
  203. 8:48 C'est la même taille du ballon.
  204. 8:49 C'est à peu près la même chose.
  205. 8:50 Mais lui, il trouvait que pour les costumes,
  206. 8:52 c'était plus intéressant.
  207. 8:53 Et à cause de ce qu'on voit là, en fait, les cheerleaders.
  208. 8:55 Mais c'était pas l'idée d'un Super Bowl.
  209. 8:57 C'était plutôt l'idée de...
  210. 8:58 Dans une ville américaine moyenne, il y a un...
  211. 9:03 Comment on appelle ça?
  212. 9:04 Un...
  213. 9:05 Un stade.
  214. 9:06 Oui, un match.
  215. 9:07 Oui, un match.
  216. 9:08 Et donc, c'est vraiment une préparation du match.
  217. 9:10 Donc finalement, j'ai lâché.
  218. 9:12 J'ai dit OK, il y a les cheerleaders.
  219. 9:13 Ça, c'est pas du tout français.
  220. 9:14 Donc on y va.
  221. 9:15 Et c'est pour ça que ça a commencé comme ça.
  222. 9:17 Là, on est d'accord.
  223. 9:18 C'est un clip.
  224. 9:19 C'est pas le défilé.
  225. 9:21 C'est le défilé.
  226. 9:22 Mais ça, c'est les répétitions.
  227. 9:23 Ça, c'est les répétitions.
  228. 9:24 Oui, oui, oui.
  229. 9:25 Mais c'est pas un défilé d'ailleurs.
  230. 9:26 C'est plutôt un show.
  231. 9:27 Parce qu'un défilé, c'est vraiment une chose où on montre.
  232. 9:30 Là, c'est vraiment...
  233. 9:31 C'est un spectacle.
  234. 9:32 On voyait les souliers, mais pas tant que ça.
  235. 9:34 On voyait beaucoup plus tout le reste.
  236. 9:35 Vous êtes l'un des derniers à faire des shows festifs, rigolos,
  237. 9:39 comme le faisait Gauthier.
  238. 9:41 Parce que...
  239. 9:42 Non, vous trouvez pas ?
  240. 9:43 Je ne me rends pas compte.
  241. 9:45 Ben...
  242. 9:46 Globalement, vous êtes le seul, non ?
  243. 9:49 Marc, t'as beaucoup ri pendant cette Fashion Week ?
  244. 9:52 Non, pas énormément.
  245. 9:53 Il y a des jeunes créateurs qui font des choses rigolotes,
  246. 9:56 qui te supèrent, par exemple,
  247. 9:57 mais très peu à cette échelle, cette ampleur, comme vous le faites.
  248. 10:00 Peut-être que ça s'explique par le fait que moi, je viens vraiment...
  249. 10:03 Mon truc, quand même, à la base, c'est les danseuses,
  250. 10:06 c'est le cinéma, etc.
  251. 10:08 Donc, je suis un peu tombé.
  252. 10:10 Et la musique, je suis un peu tombé dans la mode.
  253. 10:12 Parce que les souliers, ça fait quand même partie du bestiaire de la mode.
  254. 10:15 Mais mon truc, à la base, c'est vraiment tout ce qui est entertainment.
  255. 10:19 Donc, je suis content parce que je suis revenu à ça aussi.
  256. 10:23 En pouvant faire des shows, je suis vraiment revenu à ça.
  257. 10:26 On peut parler de ces années-là ?
  258. 10:28 Est-ce que ces années-là ont une influence sur ce que vous faites aujourd'hui
  259. 10:32 et sur ce qu'on vient de voir ?
  260. 10:33 Sur la fête, la musique, ce dont vous parliez ?
  261. 10:36 Les palaces ?
  262. 10:37 Les années palaces, les années...
  263. 10:39 J'ai une mauvaise mine, là.
  264. 10:41 Oh non, pas du tout.
  265. 10:43 Vous avez quel âge ? C'est où ?
  266. 10:45 Ça, c'est le palais. Je dois avoir 14 ans, 15 ans.
  267. 10:49 Oui, Farid Akelfa.
  268. 10:50 Vous sortiez à 14 ans ?
  269. 10:52 Oui, plutôt 13.
  270. 10:54 J'ai arrêté vraiment à 18.
  271. 10:56 À 18, j'en avais...
  272. 10:57 Ah oui, trop vieux, là.
  273. 10:59 À 18 ans, c'est trop vieux.
  274. 11:00 Comme créateur, avec vous, à cette époque, dans la boîte de nuit,
  275. 11:02 il y avait Gauthier, il y avait Mugler.
  276. 11:04 À l'époque, il y avait Mugler, comme ça, assez sérieux.
  277. 11:07 Il y avait Gauthier, il y avait Kenzo, il y avait Saint-Laurent.
  278. 11:10 Karl ?
  279. 11:11 Il y avait Karl, il y avait Montana, il y avait...
  280. 11:16 Oui, parce que les gens sortaient beaucoup.
  281. 11:17 Kenzo ?
  282. 11:18 Beaucoup Kenzo.
  283. 11:20 Tous les soirs.
  284. 11:22 Moi aussi, cela dit.
  285. 11:24 Il y avait plusieurs boîtes de nuit, tous ensemble.
  286. 11:26 Oui, il y avait plusieurs boîtes de nuit.
  287. 11:28 Il y avait le Palace, il y avait la Main Bleue, il y avait le 7.
  288. 11:31 Il y avait différents endroits.
  289. 11:34 Il y avait 3-4 endroits à Paris.
  290. 11:36 Ça se redistribuait.
  291. 11:37 Le lundi, il y en avait un qui était fermé.
  292. 11:39 Donc, il fallait aller dans un autre.
  293. 11:42 Mais je ne travaillais pas, à l'époque.
  294. 11:44 Donc, je suis très impressionné des gens qui...
  295. 11:46 Je me rends compte, maintenant, quand même, que je travaille.
  296. 11:48 Qui sortaient et qui bossaient.
  297. 11:49 Qui sortaient et qui travaillaient.
  298. 11:50 On revient à votre actualité.
  299. 11:52 Vous avez surpris tout le monde en nommant Jaden Smith à la tête des collections Hommes Pourquoi Lui ?
  300. 11:58 Alors, c'est quelqu'un que je connais depuis un certain temps.
  301. 12:01 Je l'ai connu avant le Covid.
  302. 12:03 Donc, le Covid 2020.
  303. 12:04 Donc, 2019.
  304. 12:05 Donc, ça fait 5 ans.
  305. 12:07 Et c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.
  306. 12:09 Avec qui j'ai eu beaucoup de conversations.
  307. 12:11 Beaucoup de conversations.
  308. 12:12 Beaucoup de ping-pong.
  309. 12:14 Et...
  310. 12:16 Et voilà.
  311. 12:17 Et c'est quelqu'un qui a beaucoup de style.
  312. 12:19 Qui aime beaucoup la mode.
  313. 12:20 Qui connaît bien.
  314. 12:21 Alors qu'il n'est pas un technicien.
  315. 12:22 Du tout.
  316. 12:23 Mais ça, ça n'a pas d'importance.
  317. 12:24 Moi, je suis nul aussi.
  318. 12:25 Je veux dire, j'ai toujours été nul en technique.
  319. 12:27 Donc, c'est pas ça qui est important.
  320. 12:29 C'est quoi qui est important ?
  321. 12:30 Si on est nul en technique, vous avez dessiné.
  322. 12:32 Vous avez dessiné le soulier.
  323. 12:34 C'est vraiment la créativité.
  324. 12:35 Mais ça, il sait faire aussi.
  325. 12:36 C'est vraiment la créativité.
  326. 12:37 Et avoir le maximum de son énergie pour tout ce qui est créatif.
  327. 12:40 Après, par exemple, moi, je vois...
  328. 12:42 Je sais que je suis un mauvais technicien.
  329. 12:44 J'ai des techniciens qui m'aident.
  330. 12:45 Et j'ai des bons techniciens.
  331. 12:46 Mais je garde toute mon énergie pour autre chose.
  332. 12:49 Qui est vraiment plus de travailler l'imaginaire.
  333. 12:51 Et de le concrétiser.
  334. 12:52 Et lui, finalement, il est comme moi.
  335. 12:55 Beaucoup comme moi.
  336. 12:56 Et en plusieurs années que je le connais,
  337. 12:58 je me suis rendu compte que c'était vraiment...
  338. 13:00 Alors, c'est curieux à dire.
  339. 13:01 Parce qu'on est très, très différents.
  340. 13:02 On vient de l'univers très différent.
  341. 13:04 Mais on se ressent, d'une certaine manière.
  342. 13:06 C'est quelqu'un qui est sorti très tôt.
  343. 13:08 A ses histoires, etc.
  344. 13:10 Mais qui a une vraie maturité.
  345. 13:12 Et qui a aussi su garder une forme d'innocence.
  346. 13:16 Il est très mature.
  347. 13:17 Et en même temps, il garde ce côté très joyeux.
  348. 13:20 Très enthousiaste.
  349. 13:21 Et c'est drôle.
  350. 13:22 Parce que je me suis rendu compte...
  351. 13:23 Alors, ce qui s'est passé, c'est que...
  352. 13:25 Moi, je nage le matin.
  353. 13:27 Quand je suis à Paris, je nage.
  354. 13:28 Alors, il y a des gens qui prennent des bains.
  355. 13:30 Qui réfléchissent dans leur bain.
  356. 13:32 Moi, je déteste les bains.
  357. 13:33 Parce que, justement, c'est trop chaud.
  358. 13:34 Il fait l'eau tiède, etc.
  359. 13:35 Ça prend des heures.
  360. 13:36 Donc, je nage.
  361. 13:37 Et c'est une forme de méditation.
  362. 13:38 Je me rends compte.
  363. 13:39 D'ailleurs, j'oublie toujours le nombre de laps que je fais.
  364. 13:42 Quand je nage, le matin, c'est le moment où je réfléchis plus.
  365. 13:45 Et puis, boum !
  366. 13:46 Au milieu d'un dos crelé.
  367. 13:48 Pour être précis.
  368. 13:49 Paf ! Il m'est apparu.
  369. 13:50 Comme ça.
  370. 13:51 Comme la...
  371. 13:52 Je ne sais pas quoi.
  372. 13:53 Comme une apparition.
  373. 13:54 Et je me suis dit...
  374. 13:55 Je devrais lui demander de travailler avec moi.
  375. 13:58 Et ça s'est passé aussi bêtement que ça.
  376. 14:00 Parce que tout ce qu'on s'est dit pendant des années,
  377. 14:04 dans le fond, comme ça...
  378. 14:05 Et les questions qu'il a...
  379. 14:07 Ça faisait vraiment un ping-pong.
  380. 14:08 Et je me suis dit que c'était important pour moi
  381. 14:11 d'avoir ce ping-pong avec quelqu'un.
  382. 14:13 Et qu'il était peut-être la bonne personne.
  383. 14:15 Et je me suis rendu compte aussi, bizarrement,
  384. 14:18 quand je lui ai dit...
  385. 14:19 Alors, il était très étonné.
  386. 14:20 Et ravi, je crois.
  387. 14:21 Eh bien, on a le même âge.
  388. 14:23 Quand j'ai commencé, moi, la compagnie...
  389. 14:25 C'était son âge à lui ?
  390. 14:26 J'avais exactement son âge.
  391. 14:27 Donc, j'y vois un signe.
  392. 14:29 Vous parliez de technique.
  393. 14:31 Est-ce que vous pouvez me dessiner ?
  394. 14:33 Et m'expliquer comment vous dessinez le soulier parfait.
  395. 14:37 Alors, le soulier parfait...
  396. 14:39 Est-ce que c'est celui-ci ?
  397. 14:40 Qu'est-ce que c'est que ça ?
  398. 14:41 Alors, ça, c'est les crayons.
  399. 14:43 OK.
  400. 14:45 Ça vous va ?
  401. 14:46 Oui, oui, oui.
  402. 14:47 En revanche, il faut des lunettes.
  403. 14:51 Le soulier parfait, je dirais, ça n'existe pas vraiment.
  404. 14:53 Parce que ça dépend des jambes.
  405. 14:54 Ça dépend des chevilles.
  406. 14:55 Ça dépend des jambes.
  407. 14:56 Quelqu'un qui sait marcher sur 13 cm,
  408. 14:58 eh bien, elle va se trouver parfaite
  409. 14:59 si elle sait très bien marcher.
  410. 15:00 Celle qui ne sait pas marcher
  411. 15:02 et qui trouve que c'est une torture,
  412. 15:03 eh bien, il vaut mieux qu'elle soit sur 5.
  413. 15:05 Et c'est pour ça que, d'ailleurs,
  414. 15:07 je dessine des souliers plats, moyens, talons hauts, etc.
  415. 15:11 Mais je dirais qu'un soulier parfait,
  416. 15:14 c'est un soulier qui est capable d'apparaître
  417. 15:18 sur la jambe, disons,
  418. 15:19 mais aussi de disparaître.
  419. 15:22 C'est-à-dire que...
  420. 15:23 Alors...
  421. 15:25 Qu'est-ce que j'ai comme couleur, là ?
  422. 15:28 Vous êtes un peu radins, là.
  423. 15:30 Il y a du rouge.
  424. 15:31 Il y a du rouge.
  425. 15:32 Regardez.
  426. 15:33 Si je dois reprendre ce soulier, par exemple,
  427. 15:35 c'est...
  428. 15:38 Moi, je le ferais décolleté, là,
  429. 15:42 qui garde la naissance des doigts de pied.
  430. 15:44 Pourquoi ?
  431. 15:45 Parce qu'en fait, visuellement,
  432. 15:46 ça, c'est les choses que j'ai apprises.
  433. 15:47 Ça, c'est les doigts de pied.
  434. 15:48 Ça, ce sont les doigts de pied.
  435. 15:49 Comment on gère les doigts de pied ?
  436. 15:51 Comment ça, comment on gère les doigts de pied ?
  437. 15:53 Il faut voir...
  438. 15:54 Est-ce qu'il faut les cacher
  439. 15:56 ou est-ce qu'il faut voir le début de la fin des doigts de pied ?
  440. 15:59 Alors...
  441. 16:00 Alors, moi, je suis tout à fait pour...
  442. 16:04 De le décolleter.
  443. 16:06 Ce qu'on appelle le décolleté, c'est cette ligne-là.
  444. 16:08 Et donc, en fait, ça,
  445. 16:10 ce qui s'appelle le décolleté,
  446. 16:12 c'est qu'en fait, c'est le second décolleté.
  447. 16:14 Le premier, chez les femmes, c'est là.
  448. 16:16 Donc, on voit le début...
  449. 16:17 Entre les seins.
  450. 16:18 Ça, c'est le décolleté.
  451. 16:19 Oui.
  452. 16:20 Mais ça aussi, c'est un décolleté.
  453. 16:21 Et c'est assez...
  454. 16:22 C'est très, très, très joli
  455. 16:23 d'avoir la naissance des doigts de pied.
  456. 16:25 Enfin, cette partie-là.
  457. 16:27 Parce qu'il y a un côté assez sexy
  458. 16:29 tout en étant discret.
  459. 16:31 Ça, je suis pour.
  460. 16:33 Et aussi, ça allonge...
  461. 16:35 Ça allonge la jambe.
  462. 16:36 Ça, c'est une chose que j'ai appris chez les danseuses.
  463. 16:38 Quand on regarde une danseuse,
  464. 16:40 on voit la jambe
  465. 16:42 et on calcule la longueur de la jambe
  466. 16:44 jusqu'à la naissance, là.
  467. 16:46 Jusqu'au décolleté.
  468. 16:47 Donc, si on ferme le décolleté,
  469. 16:48 la jambe est plus courte.
  470. 16:50 Plus là, c'est décolleté,
  471. 16:52 plus finalement, visuellement,
  472. 16:54 on va gagner des centimètres.
  473. 16:56 Et je connais pas encore beaucoup de monde
  474. 16:58 qui a envie de perdre des centimètres
  475. 17:01 au niveau des jambes.
  476. 17:02 Ça, c'est pas...
  477. 17:03 La jambe courte, c'est pas...
  478. 17:04 Est-ce que vous les essayez,
  479. 17:06 parce que ça doit faire terriblement mal ?
  480. 17:08 Alors, j'ai essayé une fois,
  481. 17:11 il y a assez longtemps.
  482. 17:13 Moi, je travaille avec beaucoup de femmes, quand même.
  483. 17:15 Et alors, elles essayent.
  484. 17:17 Elles essayent les nouveaux talons.
  485. 17:18 Et puis là, c'était...
  486. 17:19 Non, il est pas en arrière.
  487. 17:20 Non, il est droit.
  488. 17:21 Non, ça va.
  489. 17:22 Non. Alors, j'ai dit...
  490. 17:23 Je vais me départager.
  491. 17:24 C'est moi.
  492. 17:25 Donc, j'ai fait...
  493. 17:26 Je fais du 42,5.
  494. 17:27 Donc, j'ai mis du...
  495. 17:28 J'ai fait une paire en 42 pour voir la stabilité.
  496. 17:32 Oui.
  497. 17:33 Et c'était pas très stable.
  498. 17:35 Donc, j'ai pas gardé.
  499. 17:36 Mais c'est la seule fois.
  500. 17:38 C'est la seule fois.
  501. 17:39 Le confort, c'est un sujet ou pas ?
  502. 17:41 Le confort, c'est un sujet.
  503. 17:43 Le confort.
  504. 17:44 Ça veut dire quoi, un sujet ?
  505. 17:45 Vous y faites attention ?
  506. 17:47 Alors, je suis un peu comme un médecin, oui.
  507. 17:49 C'est-à-dire qu'il y a des trucs.
  508. 17:51 Il y a des trucs.
  509. 17:52 Oui, enfin, souffrir pour être belle, ça marche pas.
  510. 17:56 Je pense que ça se voit dans le visage.
  511. 17:58 Comme ça, quand les gens souffrent, c'est pas bien.
  512. 18:00 Alors, après, c'est un métier.
  513. 18:02 Moi, je dessine pas des crocs.
  514. 18:03 Je dessine des souliers fins, féminins.
  515. 18:06 C'est pas la même histoire.
  516. 18:08 Mais...
  517. 18:09 Ce serait logique, des crocs louboutins ?
  518. 18:11 Alors, on me l'a proposé.
  519. 18:13 Vous avez refusé.
  520. 18:15 J'ai refusé, oui.
  521. 18:16 Je peux pas tout faire, quand même.
  522. 18:18 D'accord.
  523. 18:19 Donc, c'est quoi, l'histoire du confort, là ?
  524. 18:22 Beaucoup de femmes se sont ruinées pour vous.
  525. 18:26 Alors, je dis toujours à leur mari...
  526. 18:29 Je leur dis, écoutez, je fais pas les bijoux.
  527. 18:31 Vous pouvez être très très contents.