Alimentation : quand le faux s'invite dans nos assiettes|TF1 GRANDS REPORTAGES
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Ce reportage explore les multiples facettes de la fraude alimentaire en France, des vins de Bordeaux contrefaits aux compléments alimentaires dangereux, en passant par le thon transformé et la copie du fromage Morbier.
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- 0:14 Alors, là, je vais faire ça.
- 0:16 ...
- 0:19 Alors.
- 0:21 ...
- 0:25 Dominique Téchère est vigneron dans le bordelais.
- 0:28 ...
- 0:32 Là, c'est les bourgeonnages.
- 0:34 C'est fastidieux.
- 0:36 Mais, il faut le faire.
- 0:39 C'est un métier difficile, quand même.
- 0:42 Je vais garder celui-là.
- 0:44 Voilà.
- 0:46 Il cultiva l'amance et 7 hectares de pommeroles.
- 0:49 Un vent d'exception.
- 0:50 Ça, c'est foutu.
- 0:52 Pour l'instant, la récolte 2023 s'annonce bien
- 0:55 parce qu'il n'a pas gelé.
- 0:57 Sa hantise, c'est de perdre le fruit
- 1:00 d'une année de travail en quelques heures.
- 1:03 Celui-là, je le garde. Celui-là, j'enlève.
- 1:06 Celui-là, j'enlève. Celui-là, j'enlève.
- 1:08 D'autant que, depuis peu,
- 1:10 il doit faire face à un autre problème.
- 1:12 Des négociants de la région auraient rempli
- 1:14 des bouteilles de Bordeaux
- 1:16 avec du vin de table espagnole.
- 1:18 Là, aujourd'hui, l'Espagne produit beaucoup de vin.
- 1:21 Elle a des tarifs concurrentiels.
- 1:23 Bon, le type, il achète ça.
- 1:25 Il le bricole un peu.
- 1:27 Il met un peu de copeau, de machin, je sais pas quoi,
- 1:29 pour faire croire que ça a été le vin barrique.
- 1:31 Les gens savent, mais ils disent
- 1:32 « Ah, moi, je ne peux rien dire. »
- 1:34 C'est bon, là.
- 1:36 Quand on sait, on dit.
- 1:38 Voilà, c'est tout.
- 1:39 Et comme ça, ça ne se reproduit plus.
- 1:41 Et, justement, dans quelques jours,
- 1:43 le scandale sera sur la place publique.
- 1:46 C'est un procès hors normes qui va s'ouvrir
- 1:49 avec 5 négociants et transporteurs
- 1:51 sur le banc des accusés
- 1:52 pour une fraude qui porte sur 5 millions de bouteilles.
- 1:56 Dominique a décidé de se battre.
- 2:00 J'estime que je suis trahi par tout un système,
- 2:03 par des instances qui détournent le regard
- 2:06 quand il ne faudrait pas, etc.
- 2:08 Si on ne peut pas acheter une bouteille
- 2:10 en toute confiance, en se disant
- 2:11 « Bon, voilà, il a marqué ça sur la bouteille.
- 2:13 C'est vraiment ça, ce qu'il y a dans la bouteille. »
- 2:15 Eh bien, moi, je dis que notre métier,
- 2:17 il est vraiment en danger.
- 2:19 Et puis que c'est vraiment dommage
- 2:21 pour les gens qui sont réglos comme moi.
- 2:27 Aujourd'hui, 30% des produits que nous consommons
- 2:30 seraient trafiqués.
- 2:32 Et cela touche tous les secteurs
- 2:34 de l'agroalimentaire.
- 2:36 Dans ce verre, le vin est-il bien celui
- 2:38 marqué sur l'étiquette ?
- 2:40 Ce morceau de fromage,
- 2:42 est-ce l'original ou sa copie ?
- 2:45 Dans l'assiette, ce pavé de thon
- 2:47 est-il naturel ou transformé ?
- 2:49 Et ses compléments alimentaires,
- 2:51 sont-ils bien à base de plantes ?
- 2:54 Pendant plusieurs mois,
- 2:56 nous avons suivi ceux qui se battent
- 2:58 pour démêler le vrai du faux.
- 3:00 À 7, Denis Biascamano dirige une entreprise
- 3:03 qui importe du thon d'Asie.
- 3:10 Et nous, on a une couleur naturelle.
- 3:12 Il dénonce les pratiques de certains concurrents
- 3:15 qui, selon lui, trompent les consommateurs
- 3:18 en piquant du thon bas de gamme
- 3:20 avec des conservateurs et des colorants
- 3:22 pour le rendre plus rouge.
- 3:25 Quand vous avez un produit qui coûte
- 3:27 10 ou 12 euros de moins du kilo,
- 3:29 les gens, aujourd'hui, vont au prix,
- 3:31 mais peu cher, on leur fait manger n'importe quoi.
- 3:35 Dans le Jura, Joël se bat depuis 13 ans
- 3:37 pour défendre la ligne noire
- 3:39 de son fromage, le morbier.
- 3:43 Aujourd'hui, si on se bat contre des copies,
- 3:46 c'est parce qu'on veut pas que d'autres
- 3:48 nous prennent notre histoire, notre produit,
- 3:51 parce que le morbier, c'est le nôtre.
- 3:54 Avec son avocate, Joël va mener une longue bataille
- 3:58 pour faire cesser ce qu'il considère
- 4:00 comme des copies.
- 4:02 Ah oui, c'est impressionnant !
- 4:04 1, 2, 3, 4, voilà, encore !
- 4:06 Jade revient de loin.
- 4:08 Elle a été gravement intoxiquée
- 4:10 par de faux compléments alimentaires,
- 4:12 soi-disant à base de plantes.
- 4:15 Je m'en suis voulue un mort, ce jour-là.
- 4:17 Comment j'ai pu croire quelqu'un
- 4:19 sur les réseaux sociaux ?
- 4:21 Comment j'ai pu être aussi bête ?
- 4:23 De ma vie, je n'ai jamais ressenti
- 4:25 autant de rage que ce jour-là.
- 4:27 Mais en enquêtant, elle va découvrir
- 4:29 un dangereux trafic de substances interdites.
- 4:35 Bonjour.
- 4:36 Victime de fraudes, de contrefaçons
- 4:38 ou de concurrence déloyale,
- 4:40 tous se battent pour que cesse
- 4:42 ces mauvaises pratiques
- 4:44 et que le consommateur puisse
- 4:46 passer à table en toute confiance.
- 5:01 A Pomerol, Dominique garde précieusement
- 5:03 quelques bouteilles de chacun
- 5:05 de ses millésimes dans sa cave personnelle.
- 5:07 Là, il y a des vieux millésimes,
- 5:09 des très vieux millésimes du XXe siècle.
- 5:12 Voilà.
- 5:13 40 ans de travail de la vigne
- 5:15 depuis qu'il a repris l'exploitation
- 5:17 de ses beaux-parents.
- 5:19 C'est une machine un peu remontée le temps,
- 5:21 bien sûr.
- 5:22 2002, 2000, 99, 98, 96, 94, même 95.
- 5:29 C'était magnifique.
- 5:31 C'était des bouteilles magnifiques.
- 5:33 Un beau soleil, 95, je me rappelle.
- 5:38 Et certaines années l'ont marqué
- 5:40 plus que d'autres.
- 5:42 Comme l'année 2013,
- 5:44 où un terrible rage de grêle
- 5:46 a décimé toutes ces vignes.
- 5:48 En 2013, il n'y avait jamais une bouteille.
- 5:50 Donc il y a un trou au milieu.
- 5:52 On a perdu des dizaines de milliers d'euros.
- 5:54 Moi, je ne suis pas sûr
- 5:56 qu'on les ait vraiment perdus.
- 5:58 Mais non, parce qu'après,
- 6:00 il y a une question de confiance
- 6:02 envers nos clients.
- 6:04 Leur vendre un truc,
- 6:06 on sait qu'il n'est pas bon.
- 6:08 Moi, je ne fais pas ça.
- 6:10 Quand ce n'est pas bon,
- 6:12 nous, on ne met pas en bouteille.
- 6:18 Cette année-là,
- 6:20 24 000 hectares de vignes sont détruits par la grêle.
- 6:22 Le vin de Bordeaux se fait rare.
- 6:24 Mais il y a des commandes à honorer.
- 6:26 Alors certains négociants de la région
- 6:28 vont mettre en place
- 6:30 un circuit de distribution parallèle
- 6:32 et totalement illégal.
- 6:34 131 camions-citernes vont traverser
- 6:36 les Pyrénées depuis la Galice en Espagne
- 6:38 à la région bordelaise.
- 6:40 Dans leur cuve,
- 6:42 31 000 hectolitres de vin espagnol
- 6:44 qui vont remplir des bouteilles étiquetées
- 6:46 Vin de France, mais aussi Pomerol,
- 6:48 Saint-Emilion.
- 6:50 Pas de Bordeaux dans ces bouteilles,
- 6:52 pourtant vendues au prix fort.
- 6:56 Nous avons retrouvé un des acteurs de ce trafic.
- 6:58 Il est poursuivi par la justice.
- 7:00 Il accepte de nous parler
- 7:02 à condition de rester anonyme.
- 7:06 Un policier m'expliquait
- 7:08 qu'une grosse cave de Bordeaux
- 7:10 avait besoin de volumes.
- 7:12 S'ils ne trouvaient pas ces volumes,
- 7:14 ils allaient avoir de gros soucis
- 7:16 car ils avaient des contrats à honorer
- 7:18 et que les employés étaient en jeu.
- 7:20 C'est le courtier qui m'a proposé ça.
- 7:22 Un petit billet de 20 000 à 25 000
- 7:24 à se faire par an.
- 7:26 Je n'ai pas cherché plus loin.
- 7:28 C'est vrai que j'étais con.
- 7:30 J'aurais dû creuser le truc pour savoir.
- 7:32 On est à 3 jours du procès.
- 7:34 Je ne suis pas bien du tout.
- 7:36 J'ai perdu 10 kilos.
- 7:38 Je tremble.
- 7:40 Je pense que je vais servir
- 7:42 de beau commissaire pour une affaire
- 7:44 qui me dépasse complètement.
- 7:50 Du côté des victimes,
- 7:52 Dominique a rendez-vous avec un avocat
- 7:54 pour réclamer des dommages et intérêts.
- 7:58 À la lecture du dossier judiciaire,
- 8:00 Maître Georges a été surpris
- 8:02 de découvrir l'ampleur inédite de cette affaire.
- 8:06 Ça implique
- 8:08 une organisation,
- 8:10 un passage délibéré
- 8:12 dans une forme de criminalité.
- 8:14 En tout cas, une forme de délinquance organisée.
- 8:16 Comment on peut faire pour que ça n'arrive plus ?
- 8:20 Si on veut finir Bordeaux,
- 8:22 il n'y a plus qu'à continuer comme ça.
- 8:26 À quelques jours du procès,
- 8:28 nous allons découvrir
- 8:30 les rouages de cette tromperie à grande échelle.
- 8:38 Dans le sud de la France,
- 8:40 un autre chef d'entreprise se bat
- 8:42 contre des pratiques qu'il juge déloyales et dangereuses.
- 8:46 Denis Biascamano est un amoureux du thon.
- 8:50 Une passion transmise par son père et son grand-père,
- 8:52 maraîheur sur le port de Sète.
- 8:54 Ça, dans les années 70,
- 8:56 c'était le premier port de pêche de Méditerranée.
- 9:00 J'ai démarré ici,
- 9:02 à Crier.
- 9:04 J'avais tout juste 15 ans.
- 9:06 14 ans et demi exactement.
- 9:08 Et j'y suis resté
- 9:12 35 ans.
- 9:20 Aujourd'hui,
- 9:22 Denis a construit un empire.
- 9:26 Dans cette usine de 4 000 m2,
- 9:30 il importe d'Asie
- 9:32 5 000 tonnes de thon par an,
- 9:34 destinées aux grossistes
- 9:36 et aux supermarchés.
- 9:44 C'est fini la Belgique ?
- 9:48 C'est pour l'Italie, ça ?
- 9:50 Son secret de fabrication,
- 9:52 c'est la congélation à très basse température,
- 9:54 depuis le bateau de pêche jusqu'ici.
- 9:58 Là, on est dans le coffre-fort de Sudmer,
- 10:00 à moins 60 degrés.
- 10:08 Il doit y avoir environ
- 10:10 3 millions d'euros de stock.
- 10:12 C'est compliqué de conserver à moins 60 ?
- 10:16 Compliqué, non.
- 10:18 On est heureux,
- 10:20 surtout actuellement.
- 10:22 Il n'y a pas d'autre solution pour avoir la bonne qualité.
- 10:26 Une technique qui garde toute sa fraîcheur au thon,
- 10:28 et surtout sa couleur.
- 10:36 Merci.
- 10:40 Ça, c'est très bon.
- 10:42 Très bon et naturel.
- 10:44 Ce qui fait la valeur, c'est la couleur.
- 10:46 Nous, on a une couleur naturelle.
- 10:48 Aujourd'hui, on combat les gens
- 10:50 qui trafiquent la couleur
- 10:52 en faisant croire aux consommateurs
- 10:54 qu'ils achètent le bon produit.
- 10:58 Depuis quelques années,
- 11:00 une pratique menace dangereusement
- 11:02 l'activité de Denis.
- 11:04 Un thon d'entrée de gamme
- 11:06 dans lequel on injecte des additifs
- 11:08 pour lui redonner sa couleur d'origine,
- 11:10 le rouge.
- 11:12 Il s'est procuré cette vidéo, tournée en Espagne.
- 11:16 On voit un thon qui est
- 11:18 d'une qualité uniquement
- 11:20 pour la conserve.
- 11:22 Et ce thon, après injection,
- 11:24 en injectant des produits
- 11:26 de la betterave, des nitrites,
- 11:28 des colorants,
- 11:30 le thon trouve une couleur rouge.
- 11:32 Une couleur rouge.
- 11:34 Ça,
- 11:36 c'est tromper les gens.
- 11:40 Je sais pas, pour moi,
- 11:42 ça me révolte
- 11:44 de voir ça.
- 11:46 Ça me révolte.
- 11:48 Pourtant, cette pratique n'est pas illégale
- 11:50 dans une certaine limite.
- 11:52 Nous avons cherché un de ces pavés
- 11:54 de thon injectés dans un supermarché
- 11:56 à quelques kilomètres de l'usine de Denis.
- 12:02 Denis va le comparer
- 12:04 à un pavé de thon découpé dans son usine.
- 12:06 Alors, vous avez fait bonne pêche ?
- 12:08 Oui, on a essayé de trouver du thon injecté.
- 12:10 Vous allez nous dire ce que vous en pensez ?
- 12:12 Je peux pas penser du bien,
- 12:14 mais on va le regarder.
- 12:16 Voici le sien.
- 12:18 Il est vendu 9 euros la barquette
- 12:20 de 130 grammes.
- 12:24 Et voici le thon injecté,
- 12:26 vendu 4 euros.
- 12:32 Tout s'est déchiré.
- 12:38 C'est tout juste bon.
- 12:40 Ça devrait pas être vendu.
- 12:42 Ça, c'est bon pour être mis en boîte.
- 12:44 Rôtiers, oui, je sais pas comment ils font,
- 12:46 les gars qui font les boîtes.
- 12:48 Pour les conserves, c'est pas pour nous, ça.
- 12:50 Allez, tout juste bon pour le chat.
- 12:52 Et encore, il faut pas l'aimer.
- 12:54 Tôt ou tard, il va y avoir un accident sanitaire.
- 12:56 Je comprends pas qu'on laisse faire
- 12:58 en Europe des choses comme ça.
- 13:00 Cette barquette de thon,
- 13:02 nous l'avons montrée à une spécialiste
- 13:04 des fraudes alimentaires.
- 13:06 Ingrid Kragl est l'une des dirigeantes
- 13:08 de Foodwatch, une ONG européenne
- 13:10 de défense des consommateurs.
- 13:12 Elle va nous expliquer ce qui est autorisé
- 13:14 et ce qui est interdit par la législation européenne.
- 13:16 Alors, ce produit,
- 13:18 il est composé à 85 %
- 13:20 de thon.
- 13:22 Donc, ça veut dire qu'il y a 15 %
- 13:24 d'autres choses qui n'est pas du thon frais.
- 13:26 Donc, ça veut dire qu'il a été transformé.
- 13:28 On n'est pas face à un thon frais
- 13:30 au sens de la réglementation.
- 13:32 Tout est indiqué là.
- 13:34 Sur l'étiquette,
- 13:36 la liste est détaillée
- 13:38 comme le demande la réglementation.
- 13:40 De l'eau, du sel, du sirop de glucose,
- 13:42 des arômes, des conservateurs
- 13:44 et de la betterave.
- 13:48 Alors, c'est pas interdit.
- 13:50 C'est permis par la réglementation,
- 13:52 mais dans une certaine limite.
- 13:54 La limite, c'est 300 mg par kg de poisson.
- 13:56 Là, en fait,
- 13:58 on ne peut pas savoir si on est au-dessus
- 14:00 ou en dessous de la limite,
- 14:02 parce qu'on est un consommateur
- 14:04 de faire la part des choses
- 14:06 et de savoir quelle était la tête du poisson avant.
- 14:08 Le thon transformé
- 14:10 garde sa couleur rouge pendant 3 semaines.
- 14:12 Celui de Denis
- 14:14 brunit au bout de 4 jours.
- 14:16 La couleur peut donc masquer la fraîcheur.
- 14:18 C'est ce message
- 14:20 qu'il veut faire passer.
- 14:22 Un combat qui va le mener jusqu'en Espagne.
- 14:26 Très bien, on se prépare.
- 14:28 C'est parti.
- 14:30 Sadocie se bat contre une falsification
- 14:32 qui parfois peut virer au drame.
- 14:34 Aujourd'hui, elle a retrouvé le goût de l'effort,
- 14:36 mais elle revient de loin.
- 14:38 Une pilule minceur
- 14:40 a bien failli lui coûter la vie.
- 14:48 L'échauffement est compliqué
- 14:50 quand ça fait longtemps qu'on a arrêté.
- 14:52 Je pense que j'ai très bien compris
- 14:54 après ce qui s'est passé
- 14:56 qu'il ne faut plus que je cherche
- 14:58 les petits chemins
- 15:00 les raccourcis,
- 15:02 les petits chemins secrets.
- 15:04 Il faut que je reste sur la bonne route et c'est tout.
- 15:06 Ok, bien ça, super.
- 15:08 Très bien, quel entraînement
- 15:10 tu t'es donné aujourd'hui.
- 15:12 Super, Jade.
- 15:14 Quand Jade s'installe à Paris,
- 15:16 elle arrête le sport et ne mange que des plats préparés.
- 15:18 Elle prend du poids.
- 15:20 33 kilos.
- 15:22 A l'époque, je faisais plus de 80 kilos.
- 15:24 Je pense que c'est
- 15:26 la pire période de ma vie.
- 15:28 Sur les réseaux sociaux,
- 15:30 elle trouve une pilule
- 15:32 supposée contenir des baies rouges,
- 15:34 des feuilles de cactus et des agrumes.
- 15:36 Un mélange
- 15:38 présenté comme 100% naturel.
- 15:42 Voilà la cure.
- 15:44 30 jours, on va voir.
- 15:46 7 à 10 kilos par mois.
- 15:48 La promesse,
- 15:50 une perte de poids spectaculaire
- 15:52 pour 190 euros.
- 15:54 Jade commence sa cure
- 15:56 le jour de Noël.
- 15:58 Elle est loin d'imaginer le calvaire qui l'attend.
- 16:04 Quand j'ai commencé à avoir des palpitations,
- 16:06 la gorge sèche,
- 16:08 la bouche sèche,
- 16:10 je transpirais chaud, froid,
- 16:12 j'avais vraiment les frissons et tout.
- 16:14 Je me sentais pas bien.
- 16:16 J'avais l'impression que mon cœur
- 16:18 était en train de sortir de ma poitrine.
- 16:20 C'est comme si quelqu'un
- 16:22 m'avait m'étouffée.
- 16:24 Il y a quelque chose qui ne va pas.
- 16:26 Le lendemain matin,
- 16:28 des hallucinations ont commencé.
- 16:30 Ces symptômes vont continuer
- 16:32 plus d'une semaine.
- 16:34 Inquiète, Jade décide de faire analyser
- 16:36 ses pilules dans un centre antipoison.
- 16:38 Du coup, les analyses
- 16:40 ont révélé que la seule substance
- 16:42 qu'il y avait à l'intérieur des gélules,
- 16:44 c'était la sibutramine.
- 16:46 La sibutramine,
- 16:48 un coupe fin dérivé des amphétamines
- 16:50 interdits en Europe depuis 2010,
- 16:52 est responsable de la mort
- 16:54 de plus d'une trentaine de personnes dans le monde.
- 16:56 Le centre antipoison déclenche
- 16:58 une alerte et ces pilules sont
- 17:00 rapidement interdites à la vente.
- 17:02 Il y a des gens qui sont morts à cause
- 17:04 de ces médicaments et il y a quelqu'un
- 17:06 qui s'amuse à le faire passer
- 17:08 comme
- 17:10 si c'était des plantes
- 17:12 et que ça aidait à perdre du poids.
- 17:14 Moi, j'ai pris ça
- 17:16 si on ne denonce pas.
- 17:18 Il ne se passera rien.
- 17:22 Jade espère retrouver
- 17:24 non seulement ceux qui font la promotion
- 17:26 de ces pilules sur les réseaux,
- 17:28 mais aussi ceux qui les vendent.
- 17:30 Elle a porté
- 17:32 plein de contrix et fait appel
- 17:34 à maître Hélène Coustet.
- 17:36 Bonjour.
- 17:38 Avocate en droit pénal.
- 17:40 Les peines
- 17:42 pour mise en danger de la vie d'autrui
- 17:44 peuvent atteindre 7 ans d'emprisonnement.
- 17:46 Dans ce genre d'affaires,
- 17:48 rares sont les victimes qui osent porter plainte.
- 17:52 Ce qu'on observe
- 17:54 très souvent, c'est qu'il y a
- 17:56 une forme de déni en fait.
- 17:58 Parce que ce n'est pas si facile
- 18:00 de se reconnaître comme victime.
- 18:02 Il y a aussi tout un phénomène de honte
- 18:04 qui est lié tout simplement
- 18:06 au type de gélules qui ont été prises
- 18:08 et donc il y a beaucoup de femmes aujourd'hui
- 18:10 qui préfèrent finalement
- 18:12 ne pas porter plainte
- 18:14 ou ne pas porter partie civile dans le cadre du procès
- 18:16 plutôt que de reconnaître
- 18:18 aussi finalement le fait d'avoir été
- 18:20 un petit peu prise à défaut,
- 18:22 un peu flouée.
- 18:24 J'espère que les personnes,
- 18:26 il ou elle, je ne sais pas,
- 18:28 ils arrêtent, que ces personnes soient arrêtées
- 18:30 et surtout qu'on arrête d'utiliser
- 18:32 les faiblesses des gens
- 18:34 pour faire de l'argent en fait.
- 18:36 Voilà.
- 18:40 La première piste de Jade
- 18:42 de l'épreuve, c'est l'influenceuse
- 18:44 qui a fait la promotion de cette cure
- 18:46 sur les réseaux.
- 18:48 Elle compte près de 30 000 abonnés
- 18:50 sur Instagram.
- 18:52 Pour les avantages de la cure, c'est clairement
- 18:54 la perte de poids hyper accélérée
- 18:56 et c'est des ingrédients naturels.
- 18:58 En faisant la promotion de ces pilules,
- 19:00 avait-elle connaissance
- 19:02 de leur véritable composition ?
- 19:04 Elle a accepté de répondre à nos questions
- 19:06 mais souhaite rester anonyme.
- 19:08 Bonjour !
- 19:10 Bonjour Marion !
- 19:12 Enchantée !
- 19:14 Allez-y, allez-y !
- 19:16 Bienvenue dans ma chambre
- 19:18 et mon bureau.
- 19:20 C'est mon espace de travail.
- 19:22 Elle habite en région parisienne
- 19:24 et s'est spécialisée dans la confection
- 19:26 et la vente de bijoux fait main.
- 19:28 Pour son business, tout se passe sur Internet.
- 19:34 Donc ici, on est sur ma page Instagram.
- 19:36 Un coût de promo de 43%
- 19:38 sur le prix de base.
- 19:40 Elle reconnaît avoir fait la promotion de cette cure
- 19:42 qu'elle assure avoir elle-même suivie.
- 19:44 C'était vraiment un partage spontané
- 19:46 d'un produit qui, moi,
- 19:48 m'a aidée, que j'ai décidé
- 19:50 volontairement de partager
- 19:52 mais j'ai compris qu'il ne fallait pas.
- 19:56 L'influenceuse affirme qu'elle ignorait
- 19:58 que ces pilules contenaient en réalité
- 20:00 une substance interdite.
- 20:02 La sibutramine,
- 20:04 ça peut donner
- 20:06 des palpitations cardiaques.
- 20:08 Quand il s'agit du coeur,
- 20:10 ça rigole plus,
- 20:12 ça peut tuer des gens.
- 20:14 C'est affreux.
- 20:16 Mais moi, ça m'a beaucoup,
- 20:18 beaucoup appris.
- 20:20 Je pense que c'est vraiment
- 20:22 le plus grand problème
- 20:24 que j'ai eu ces dernières années
- 20:26 dans ma vie.
- 20:28 Et en effet,
- 20:30 elle a bien prévenu sa communauté
- 20:32 sur sa page Instagram.
- 20:34 Je vous recommande
- 20:36 de faire une pause de ces gélules
- 20:38 en attendant les résultats d'analyse
- 20:40 du laboratoire.
- 20:46 Elle a cessé toute collaboration
- 20:48 avec la marque de pilules.
- 20:50 De son côté, Jade va continuer
- 20:52 son enquête pour retrouver les vendeurs
- 20:54 de ces pilules interdites.
- 20:56 Et elle va avoir quelques surprises.
- 21:00 À Bordeaux,
- 21:02 10 ans après les faits,
- 21:04 Dominique Técher
- 21:06 attend le procès de francisation
- 21:08 des vins d'Espagne.
- 21:10 Lui respecte scrupuleusement
- 21:12 les règles de la profession.
- 21:14 Donc,
- 21:16 c'est notre chaîne d'unification.
- 21:18 On doit savoir exactement
- 21:20 ce qu'on a dans chaque cuve.
- 21:22 C'est très contrôlé.
- 21:24 On peut avoir un contrôle inopiné.
- 21:26 On nous dit ce que vous avez dans vos chaînes
- 21:28 et ce que ça correspond
- 21:30 à ce que vous avez déclaré.
- 21:32 Chaque cuve est identifiée.
- 21:34 Il se demande encore
- 21:36 comment ce trafic a pu passer
- 21:38 au travers des contrôles.
- 21:40 Lui qui en a déjà beaucoup
- 21:42 pour sa petite production.
- 21:52 Les documents qui servent
- 21:54 à nous contrôler en permanence
- 21:56 au sein de l'exploitation,
- 21:58 déclarations de récolte,
- 22:00 déclarations de sortie.
- 22:02 On ne peut pas faire circuler du vin comme ça.
- 22:04 On est corseté de tous les côtés
- 22:06 puisqu'on fait des déclarations en permanence
- 22:08 tous les mois.
- 22:10 Il est possible qu'on puisse frauder.
- 22:12 Mais c'est du grand art.
- 22:14 Comment les fraudeurs
- 22:16 ont-ils réussi à passer entre les mailles
- 22:18 et infiltrer des appellations
- 22:20 d'origine contrôlée ?
- 22:22 L'un des prévenus,
- 22:24 qui se donnait à avoir participé au trafic,
- 22:26 a accepté de nous expliquer les rouages
- 22:28 de cette fraude à grande échelle.
- 22:30 Il risque 5 ans de prison
- 22:32 et 200 000 euros d'amende.
- 22:34 A l'époque,
- 22:36 il avait une entreprise de logistique
- 22:38 qui employait une vingtaine de personnes.
- 22:40 La fraude repose sur la falsification
- 22:42 d'un document informatique.
- 22:46 Les vins arrivaient en Vannes d'Espagne
- 22:48 et on faisait une pièce de régie en Vannes de France.
- 22:50 C'est le document douanier
- 22:52 qui vous permet de faire la circulation des vins.
- 22:54 Ce genre de papier,
- 22:56 on en fait 15-20 par jour.
- 22:58 5-6 de plus, c'était pas grave.
- 23:00 Parce que c'était pas tout le temps non plus.
- 23:02 C'était par période.
- 23:04 Ces papiers, c'était quoi au juste ?
- 23:06 Il signifie que
- 23:08 vous transportiez des vins
- 23:10 d'un point A à un point B.
- 23:12 Vins qui n'ont jamais été transportés
- 23:14 de ce point A à ce point B.
- 23:16 C'était juste une façon de blanchir.
- 23:18 C'est ça, c'est un genre de blanchiment.
- 23:20 D'accord.
- 23:22 Ces faux documents de transport
- 23:24 ont permis de masquer l'origine espagnole des vins.
- 23:26 Comme sur ce document,
- 23:28 origine Union Européenne
- 23:30 devient vin de France.
- 23:32 Une opération
- 23:34 qui l'aurait renouvelée une centaine de fois.
- 23:36 Avec ses complices,
- 23:38 ils sont accusés d'avoir trompé
- 23:40 21 négociants et grossistes.
- 23:42 Ces vins auraient été
- 23:44 revendus en moyenne 15 euros l'hectolitre,
- 23:46 alors qu'il n'en valait que 5.
- 23:48 Nous avons contacté
- 23:50 ces négociants qui ont écoulé
- 23:52 ces faux vins sans le savoir, disent-ils.
- 23:54 Un seul
- 23:56 d'entre eux nous répond.
- 23:58 Si je peux confirmer que vous avez bien acheté des vins ?
- 24:00 Moi, j'ai fait malheureusement
- 24:02 travailler un peu de temps avec lui.
- 24:04 Et le peu de temps que j'ai eu, ça m'a causé
- 24:06 plus de dommages et de temps à passer
- 24:08 qu'un good shot.
- 24:10 Lui, il m'a vendu une appellation qui n'était pas la bonne,
- 24:12 tout simplement.
- 24:14 Mais bon, les vins, je l'ai commandé.
- 24:16 Il les a embouteillés,
- 24:18 il les a habillés
- 24:20 et donc il les a expédiés.
- 24:22 Je n'ai pas pu les busquer en amont.
- 24:24 C'est que lorsqu'on a eu le contrôle
- 24:26 avec les fraudes qui a remonté ses factures d'achat,
- 24:28 c'est là où les fraudes ont dit qu'il y avait un problème.
- 24:30 Là, on parle de milliers de bouteilles,
- 24:32 à priori. Je sais qu'il y avait des grosses
- 24:34 maisons dans les noms.
- 24:36 Après, il y avait
- 24:38 des centaines de camions qui sont passés.
- 24:40 Je crois,
- 24:42 si j'avais bien compris, il y en a eu pas mal
- 24:44 qui sont partis aussi à l'expo.
- 24:46 Les fraudes ont clairement dit, vous êtes une goutte d'eau
- 24:48 dans cette affaire.
- 24:50 Étonnamment, aucune de ces victimes
- 24:52 collatérales n'a porté plainte.
- 24:54 C'est la loi du silence
- 24:56 dans le monde viticole.
- 24:58 Dominique sera au premier rang le jour du procès
- 25:00 qui va débuter dans quelques jours
- 25:02 au tribunal correctionnel de Bordeaux.
- 25:04 Un jugement hautement
- 25:06 attendu pour un tour de passe-passe
- 25:08 record.
- 25:14 En Espagne,
- 25:16 un autre grand rendez-vous se prépare.
- 25:18 Le plus grand salon mondial
- 25:20 des produits de la mer.
- 25:22 30 000 professionnels venus du monde entier
- 25:24 se retrouvent à Barcelone
- 25:26 pour y présenter leurs produits phares.
- 25:30 160 pays
- 25:32 défendent leur savoir-faire.
- 25:36 Vous parlez anglais
- 25:38 ou espagnol ?
- 25:40 Espagnol ?
- 25:42 Parmi les exposants,
- 25:44 Denis vient tous les ans
- 25:46 pour y trouver de nouveaux clients.
- 25:50 C'est bien votre thon, là ?
- 25:52 Il est sans additifs ?
- 25:54 Il a été pêché quand ?
- 25:56 Il y a 7 jours.
- 25:58 Vous en vendez en Espagne ?
- 26:00 Non, pas en Espagne.
- 26:02 Le mien est trop cher.
- 26:04 Votre thon ?
- 26:06 Oui, mais c'est normal, c'est du naturel.
- 26:08 Ce client potentiel
- 26:10 décide d'aller voir ailleurs.
- 26:12 Probablement pour un thon moins cher.
- 26:14 Un thon transformé.
- 26:18 La concurrence est rude.
- 26:20 Cette année encore,
- 26:22 Denis fait le même constat.
- 26:26 La majorité, c'est du produit injecté.
- 26:28 Produit trafiqué.
- 26:30 Création de couleur.
- 26:34 Toujours la même chose.
- 26:38 Ici,
- 26:40 cette technique de transformation
- 26:42 est largement répandue.
- 26:44 Et les machines à injecter le poisson
- 26:46 sont exposées.
- 26:50 Là, vous mettez de l'eau
- 26:52 et vous ajoutez le sel qui est là.
- 26:54 Et grâce à la pompe,
- 26:56 vous mélangez l'eau et le sel.
- 26:58 Ça vous donne 600 kg de saumure.
- 27:00 Et enfin,
- 27:02 vous envoyez votre mélange dans l'injecteuse.
- 27:04 Des injecteuses comme celle-ci
- 27:06 sont utilisées depuis une dizaine d'années
- 27:08 dans l'industrie du thon.
- 27:10 Denis a rencontré
- 27:12 l'un des pionniers de cette technique.
- 27:14 Il est espagnol.
- 27:18 Ça, c'est le mien.
- 27:20 Ce n'est pas de l'injecter.
- 27:24 Cet industriel a longtemps pratiqué
- 27:26 l'injection d'additifs dans le thon
- 27:28 avant de la dénoncer.
- 27:30 Au départ,
- 27:32 ce qu'on injecte,
- 27:34 c'est de l'extrait végétal.
- 27:36 Mais c'est très cher.
- 27:38 Il existe donc d'autres produits
- 27:40 qui sont, comment dire,
- 27:42 qui donnent un bien meilleur résultat
- 27:44 et qui sont moins chers.
- 27:46 Il y a le nitrite et le nitrate,
- 27:48 les deux éléments qui donnent la couleur.
- 27:50 Et ça, tout le monde le fait.
- 27:54 Pour échapper aux autorités sanitaires,
- 27:56 il y a des techniques bien rodées.
- 28:00 C'est comme un cycliste
- 28:02 qui est contrôlé positif
- 28:04 avec un produit illégal.
- 28:06 Vous voyez ce que je veux dire ?
- 28:08 Il y a un processus à respecter
- 28:10 pour ne pas se faire prendre.
- 28:12 Ceux qui pratiquent
- 28:14 des injections frauduleuses
- 28:16 savent que s'ils font l'analyse
- 28:18 le jour même du dopage,
- 28:20 le résultat sera très élevé.
- 28:22 S'ils le font 7 jours plus tard,
- 28:24 ça redescend.
- 28:26 Au final, c'est pareil dans notre secteur.
- 28:28 Des techniques de plus en plus élaborées
- 28:30 pour déjouer les contrôles
- 28:32 et redonner au thon
- 28:34 une fausse couleur
- 28:36 et donc une fausse fraîcheur.
- 28:38 Le consommateur croit acheter
- 28:40 un produit frais alors qu'il ne l'est plus forcément.
- 28:42 Et le risque,
- 28:44 c'est l'intoxication alimentaire.
- 28:48 C'est ce qui est arrivé à David Alexandre.
- 28:50 Il habite en région parisienne.
- 28:54 En septembre 2020,
- 28:56 il est pavé de thon au rayon poissonnerie
- 28:58 de son supermarché.
- 29:00 Ce soir-là, il prépare une recette
- 29:02 japonaise à sa famille
- 29:04 à base de thon mi-cuit.
- 29:06 Le thon était d'une très belle couleur.
- 29:08 Totalement normal.
- 29:10 Au contraire, il paraissait plus que frais.
- 29:12 Il paraissait parfaitement bien.
- 29:14 Ma femme et ma fille, sur la première bouchée,
- 29:16 tout de suite, ça a piqué les lèvres et la langue.
- 29:18 Tout de suite.
- 29:20 Il n'y avait pas de doute, en fait.
- 29:22 Il décide de se rendre immédiatement
- 29:24 à l'hôpital.
- 29:26 Quand je suis rentré dans la voiture,
- 29:28 j'ai commencé à avoir des premiers vertiges,
- 29:30 des premiers maux de tête.
- 29:32 L'hôpital se trouvait à un quart d'heure de voiture.
- 29:34 Je me suis quand même posé la question
- 29:36 de savoir si j'allais pouvoir arriver
- 29:38 de par moi-même à l'hôpital.
- 29:40 On est parti. Dans ces moments-là,
- 29:42 on ne vous réfléchissait pas beaucoup.
- 29:44 Vous avez votre femme et votre fille derrière
- 29:46 qui sont très très mal.
- 29:48 Ma fille commençait à sentir plus que mal.
- 29:50 Tous les trois ont été pris en charge
- 29:52 d'une séance pour intoxication alimentaire.
- 29:54 Avec sa femme,
- 29:56 ils ont pu sortir au bout de quelques heures.
- 29:58 Mais leur fille de 17 ans
- 30:00 est restée sous surveillance
- 30:02 jusqu'au lendemain.
- 30:04 Ça s'est globalement bien terminé.
- 30:06 C'est une histoire qui nous a beaucoup secoué.
- 30:08 Mais depuis, on est passé à autre chose
- 30:10 et on remange du thon.
- 30:12 Merci. Au revoir.
- 30:14 Cette intoxication,
- 30:16 spécifique aux poissons bleus
- 30:18 à chair rouge comme le thon
- 30:20 porte un nom.
- 30:22 Le scombrotoxisme.
- 30:24 Elle est sous-diagnostiquée
- 30:26 car souvent confondue avec d'autres pathologies.
- 30:28 C'est ce qu'observe
- 30:30 le Dr Deveaux, chef de service
- 30:32 à l'hôpital de Pontoise,
- 30:34 qui a pris en charge David et sa famille.
- 30:36 Il y a même des situations
- 30:38 où on va rater le diagnostic
- 30:40 parce que ça ressemble à beaucoup d'autres choses.
- 30:42 Ça ressemble à une présentation
- 30:44 de manifestation allergique.
- 30:46 On se dit que c'était une allergie aux poissons.
- 30:48 Mais quand c'est reconnu, c'est tout le bénéfice
- 30:50 parce qu'on peut donner aux gens
- 30:52 une perspective tout à fait rassurante
- 30:54 dans les heures qui suivent
- 30:56 et leur donner un traitement qui va les sortir de là.
- 30:58 Chaque année en France,
- 31:00 les autorités sanitaires rappellent
- 31:02 des dizaines de lots de thon.
- 31:04 En 2021, une quarantaine
- 31:06 de personnes ont été intoxiquées
- 31:08 et ce chiffre a particulièrement
- 31:10 augmenté ces dernières années.
- 31:12 Difficile pour le consommateur de s'y retrouver.
- 31:14 Difficile aussi pour les autorités
- 31:16 de détecter les fraudes aux additifs.
- 31:18 Le thon reste en zone grise.
- 31:24 Les faux aliments,
- 31:26 ce sont des produits contrefaits,
- 31:28 contaminés, mais aussi des copies.
- 31:30 Parfois,
- 31:32 entre l'original et son imitation,
- 31:34 il n'y a que l'épaisseur d'un trait.
- 31:36 C'est ce qui agite
- 31:38 cette vallée du Jura.
- 31:40 Joël Alpi est éleveur laitier
- 31:42 depuis trois générations.
- 31:44 Il est aussi président du syndicat du Morbier.
- 31:46 L'éleveur mène un épuisant
- 31:48 combat judiciaire contre les copies
- 31:50 de son fromage.
- 31:52 Reconnaissable à son fameux trait noir.
- 31:58 Merci Joël.
- 32:02 C'est bien ça.
- 32:06 Très lactique.
- 32:10 Très bonne pâte.
- 32:12 On est un peu en colère
- 32:14 parce que quelque part,
- 32:16 on nous prend notre identité.
- 32:18 Cette histoire, elle nous appartient.
- 32:20 Et aujourd'hui, si on se bat
- 32:22 contre les copies,
- 32:24 c'est parce qu'on ne veut pas que d'autres
- 32:26 nous prennent notre histoire,
- 32:28 notre produit, parce que le Morbier,
- 32:30 c'est le nôtre.
- 32:34 Le fromage qu'ils ont en ligne de mire
- 32:36 s'appelle le Montboissier.
- 32:38 Il est fabriqué en Auvergne,
- 32:40 il est pasteurisé.
- 32:50 Bonjour Joël.
- 32:52 Je suis contente de vous voir.
- 32:54 Joël a fait appel
- 32:56 à maître Brunet Stoclet,
- 32:58 une avocate chevronnée spécialisée
- 33:00 dans le droit des marques.
- 33:04 L'affaire est en justice.
- 33:06 Après 13 ans de procédures
- 33:08 perdues, ils espèrent gagner
- 33:10 cette ultime bataille.
- 33:14 On a les deux fromages
- 33:16 au coeur du litige,
- 33:18 le Morbier et le Montboissier.
- 33:20 Pour nous, c'est évident
- 33:22 qu'il y a une confusion manifeste
- 33:24 entre les deux produits.
- 33:26 On veut que cette confusion cesse.
- 33:28 On ne veut pas interdire la fabrication
- 33:30 du Montboissier.
- 33:32 Ils peuvent continuer à le fabriquer,
- 33:34 mais qu'ils enlèvent cette raie sombre
- 33:36 et la confusion franchit les frontières.
- 33:38 A l'international,
- 33:40 certains distributeurs
- 33:42 utilisent l'image du Morbier
- 33:44 pour revendre du Montboissier.
- 33:48 J'ai été frappée par cet exemple
- 33:50 qui est un Montboissier
- 33:52 qui est vendu aux Etats-Unis,
- 33:54 certes, mais qui est désigné
- 33:56 comme étant le French Morbier.
- 33:58 Ce qui prouve bien
- 34:00 que la dénomination Morbier
- 34:02 et son apparence visuelle
- 34:04 est ce qui attire le public,
- 34:06 le consommateur.
- 34:08 C'est l'élément d'identification.
- 34:10 C'est d'autres confusions.
- 34:12 C'est d'autres Montboissiers.
- 34:16 Il est produit où ?
- 34:18 En Auvergne.
- 34:20 On est loin du territoire de protection
- 34:22 de l'AOP, évidemment.
- 34:24 On arrive dans les caves
- 34:26 d'affinage du Morbier.
- 34:28 Magnifique !
- 34:30 L'avocate a le droit
- 34:32 à une visite personnalisée
- 34:34 et l'explication des secrets
- 34:36 de fabrication du Morbier.
- 34:38 Ce fromage répond
- 34:40 à un cahier des charges très précis.
- 34:42 Il planche des PCA.
- 34:44 Aujourd'hui, on a 5000 morbiers.
- 34:46 La cave fait 7000 places.
- 34:48 Il doit être fabriqué
- 34:50 au lait cru
- 34:52 et affiné
- 34:54 au moins 45 jours.
- 34:56 Il y a des petites brosses
- 34:58 qui les brossent.
- 35:00 C'est marrant.
- 35:02 On traite avec de la saumure
- 35:04 et de l'eau salée.
- 35:06 Dans cette coopérative,
- 35:08 on fabrique une centaine
- 35:10 de morbiers par jour.
- 35:12 Son plus grand secret
- 35:14 de fabrication se trouve
- 35:16 dans une autre pièce.
- 35:18 C'est le maître fromager qui le détient.
- 35:20 Bonjour, Pascal.
- 35:22 Bonjour, enchantée.
- 35:24 C'est la phase finale de la première cuve.
- 35:26 C'est le démoulage.
- 35:28 Une fois démoulés,
- 35:30 les fromages sont coupés en deux.
- 35:34 Le gros couteau inox
- 35:36 que vous avez devant vous
- 35:38 va le séparer par le milieu.
- 35:44 On met le charbon végétal.
- 35:46 On va bien faire ce geste
- 35:48 historique, ancestral.
- 35:50 On en met bien
- 35:52 sur toute la partie du fromage
- 35:54 pour que sur l'étal
- 35:56 du metteur en marché,
- 35:58 du crémier ou du revendeur,
- 36:00 on retrouve bien ce trait inimitable.
- 36:02 C'est tout à fait ça qu'il identifie.
- 36:04 C'est comme ça qu'on le reconnaît.
- 36:06 C'est son signe de reconnaissance.
- 36:10 Une pastille
- 36:12 garantit sa traçabilité.
- 36:14 Mais elle n'empêche pas les copies.
- 36:16 S'ils gagnent leur procès,
- 36:18 il sera officiellement interdit
- 36:20 de copier leur nom, mais aussi leur apparence.
- 36:22 Et des centaines d'autres AOP
- 36:24 pourraient en bénéficier.
- 36:30 Mais à 300 kilomètres de là,
- 36:32 en Auvergne,
- 36:34 le fabricant du Mont Boissier n'entend pas se laisser faire.
- 36:38 Dans les monts du Livre-à-Doigt,
- 36:40 à Fournols,
- 36:42 cette usine produit
- 36:44 depuis plus de 30 ans
- 36:46 un fromage qui ressemble à s'y méprendre
- 36:48 à du morbier.
- 36:54 Didier Tuerre est le dirigeant
- 36:56 de cette fromagerie depuis 3 générations.
- 36:58 Et pour lui,
- 37:00 le Mont Boissier n'a rien en commun
- 37:02 avec du morbier.
- 37:06 Voilà le fromage incriminé.
- 37:08 Alors,
- 37:10 il y a certaines choses qui diffèrent.
- 37:12 Déjà, la taille du produit
- 37:14 est plus petite parce qu'on a un fromage
- 37:16 qui fait 3,5 kilos contre 6 pour le morbier,
- 37:18 donc c'est pratiquement deux fois plus petit.
- 37:20 Et son trait, au milieu,
- 37:22 le morbier est fait par du charbon
- 37:24 végétal et nous, c'est fait
- 37:26 avec de la poudre de raisin.
- 37:28 Ce Mont Boissier,
- 37:30 c'est le fromage phare de son usine.
- 37:32 Il en produit 13 000 tonnes par an
- 37:34 et ce sont peut-être
- 37:36 les derniers.
- 37:38 Il risque de disparaître
- 37:40 des chaînes de production.
- 37:42 Pour une simple ligne qui n'a ni la même teinte
- 37:44 ni le même goût.
- 37:52 Ça fait comme ça
- 37:54 quand on le met dans le...
- 37:56 Voilà la couleur que ça fait.
- 37:58 Après, c'est sombre, mais c'est violet.
- 38:02 Les poursuites du syndicat du morbier,
- 38:04 Didier Tuerres les trouve injustifiées.
- 38:08 Aux gens qui nous
- 38:10 considèrent comme des copieurs,
- 38:12 je répondrai que quand on a créé ce produit,
- 38:14 quand on a commencé à fabriquer ce produit,
- 38:16 l'appellation d'origine
- 38:18 n'existait pas.
- 38:20 On peut faire le fromage sans l'arrêt,
- 38:22 mais le fromage sans l'arrêt,
- 38:24 ça n'a aucun intérêt.
- 38:26 Le produit était connu depuis le début comme ça.
- 38:28 Dans quelques semaines,
- 38:30 il sera fixé sur le sort de son fromage.
- 38:32 Jusqu'à présent,
- 38:34 la justice lui a donné raison par deux fois.
- 38:36 Mais il ne faut jamais
- 38:38 augurer d'une décision de justice.
- 38:42 À Paris,
- 38:44 Jade poursuit son enquête sur les faux compléments alimentaires.
- 38:46 Après l'influenceuse,
- 38:48 c'est maintenant la vendeuse
- 38:50 qu'elle veut retrouver.
- 38:52 Les pilules qui l'ont intoxiqué sont de nouveau en vente.
- 38:58 C'est le même prix de l'année dernière,
- 39:00 195.
- 39:02 C'est les mêmes photos,
- 39:04 les mêmes avant et après.
- 39:06 Pour moi,
- 39:08 il n'y a pas de doute que c'est la même chose.
- 39:12 La personne qui vend de nouveau ces pilules
- 39:14 semble avoir changé de stratégie.
- 39:16 Elle l'explique sur les réseaux sociaux.
- 39:18 Elle avait écrit
- 39:20 ce compte est fermé.
- 39:22 On a ouvert à l'étranger,
- 39:24 donc on est intouchable par la loi française
- 39:26 parce qu'on n'est pas sur le sol français.
- 39:28 Voilà, suivez-moi sur ce nouveau compte.
- 39:30 Donc, d'elle-même, elle a dit
- 39:32 je ferme cette page,
- 39:34 mais
- 39:36 je suis toujours la même.
- 39:38 Pour preuve,
- 39:40 la vendeuse a toujours le même nom de société
- 39:42 et le même compte bancaire.
- 39:44 Ces nouvelles pilules
- 39:46 contiennent-elles toujours de la sibutramine ?
- 39:50 Avec Jade, nous avons commandé cette nouvelle cure
- 39:52 et décidé d'en apporter
- 39:54 un échantillon au laboratoire
- 39:56 du centre antipoison.
- 40:08 Bonjour.
- 40:10 Vous nous amenez les gélules analysées ?
- 40:12 D'accord.
- 40:14 On va l'injecter dans cet appareil
- 40:16 et grâce à cet appareil,
- 40:18 on va obtenir
- 40:20 un profil de détection.
- 40:22 Au bout de quelques minutes,
- 40:24 le résultat tombe.
- 40:26 L'informatique nous dit
- 40:28 que la probabilité
- 40:30 de plus de 92%
- 40:32 est que cette molécule correspond
- 40:34 à de la sibutramine.
- 40:36 Voilà. Il n'y a rien d'autre.
- 40:38 Et apparemment,
- 40:40 en première approche,
- 40:42 il n'y a pas de composé naturel, extrait végétaux
- 40:44 ou des choses comme ça.
- 40:46 Ça me dégoûte.
- 40:48 Personne ne lui dit rien,
- 40:50 il continue.
- 40:52 Elle va ouvrir son site,
- 40:54 elle va en ouvrir un autre,
- 40:56 elle va continuer comme ça, ainsi de suite.
- 40:58 Ce genre de personnes,
- 41:00 il faut...
- 41:02 Je ne sais pas de quelle façon
- 41:04 il faut les arrêter,
- 41:06 mais il faut qu'elles arrêtent
- 41:08 de faire ce genre de choses.
- 41:10 Pour le chef du service toxicologie,
- 41:12 le docteur Langrand,
- 41:14 ce phénomène est inquiétant.
- 41:16 C'est lui qui a lancé l'alerte
- 41:18 et fait interdire la première pilule
- 41:20 de l'alcool.
- 41:24 Ça a été retiré du marché
- 41:26 parce qu'il y a des effets indésirables,
- 41:28 des hallucinations,
- 41:30 le coeur qui bavite,
- 41:32 une agitation, une anxiété,
- 41:34 ce genre de choses,
- 41:36 mais aussi la possibilité
- 41:38 d'accidents plus graves,
- 41:40 notamment sur le plan vasculaire.
- 41:42 Depuis quelques années,
- 41:44 il voit la promotion
- 41:46 de ces médicaments interdits
- 41:48 et des influenceurs
- 41:50 qui se transforment sans toujours le savoir
- 41:52 en dealers.
- 41:54 Ce qu'il y a de nouveau là-dedans,
- 41:56 c'est l'usage des réseaux sociaux
- 41:58 pour les véhiculer.
- 42:00 C'est extrêmement intéressant
- 42:02 pour les vendeurs
- 42:04 puisque tout à coup,
- 42:06 ça leur permet à peu de risque
- 42:08 d'avoir accès à des communautés
- 42:10 et d'avoir une filière pour les vendre.
- 42:12 C'est vraiment très nouveau
- 42:14 et très intéressant
- 42:16 Qui sont ces personnes
- 42:18 qui achètent ces pilules interdites
- 42:20 et les revendent en toute illégalité ?
- 42:22 Interdite en Europe,
- 42:24 la sibutramine est en vente libre
- 42:26 dans plusieurs pays,
- 42:28 comme le Brésil ou la Turquie.
- 42:30 En quelques clics sur Internet,
- 42:32 il est possible de commander
- 42:34 30 pilules de sibutramine,
- 42:36 52 euros.
- 42:38 C'est trois fois moins cher
- 42:40 que celles achetées par Jade.
- 42:42 Sur l'avis de réception
- 42:44 reçu par les clientes
- 42:46 de la Cure-Minceur,
- 42:48 un nom et une adresse
- 42:50 à Saint-Etienne reviennent
- 42:52 systématiquement.
- 42:54 Nous avons voulu la vérifier,
- 42:56 mais personne n'habite
- 42:58 à l'adresse indiquée.
- 43:08 Après plusieurs jours d'enquête,
- 43:10 nous avons fini par retrouver
- 43:12 la trace d'une revendeuse
- 43:14 en région parisienne.
- 43:28 Mais là encore,
- 43:30 elle est aux abonnés absents.
- 43:32 Pour Jade et son avocate,
- 43:34 la bataille s'annonce difficile.
- 43:40 Aujourd'hui, on n'est personne
- 43:42 puisqu'une société peut se créer
- 43:44 et puis disparaître du jour au lendemain.
- 43:46 Donc notre rôle aussi,
- 43:48 ça va être d'être attentif
- 43:50 et de donner à l'institution judiciaire
- 43:52 tous les éléments de preuve
- 43:54 pour pouvoir poursuivre
- 43:56 tous les éventuels auteurs,
- 43:58 tous les éventuels complices.
- 44:00 Sa plainte a été déposée,
- 44:02 mais aucune instruction judiciaire
- 44:04 n'a encore été ouverte.
- 44:06 L'enquête est donc loin d'être résolue.
- 44:10 En Gironde,
- 44:12 c'est l'aboutissement de 10 ans
- 44:14 de procédure judiciaire.
- 44:16 Du vin d'Espagne revendu
- 44:18 en Saint-Emilion ou en Pomerol,
- 44:20 c'est l'affaire jugée ce jeudi
- 44:22 devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.
- 44:24 Les douanes réclament aux prévenus
- 44:26 4 millions d'euros, soit la valeur marchande
- 44:28 du vin détourné. Ils risquent également
- 44:30 de lourdes amendes et des peines
- 44:32 d'emprisonnement.
- 44:34 Pour Dominique, ce procès est l'occasion
- 44:36 de redorer le blason des vins de Bordeaux.
- 44:38 Les sanctions à des transporteurs
- 44:40 comparaissent pour tromperie et faux documents.
- 44:42 Mais les revendeurs de ces vins
- 44:44 n'ont pas été poursuivis.
- 44:48 J'attends qu'il y ait des vraies sanctions
- 44:50 et surtout qu'on aille au bout.
- 44:52 Parce que pour moi,
- 44:54 là, actuellement, on n'est pas allé au bout
- 44:56 des affaires. On n'est pas cherché à voir
- 44:58 où est allé le vin,
- 45:00 qui sont en fait les donneurs d'ordre.
- 45:02 Moi, j'ai l'impression que pour l'instant,
- 45:04 on va éviter
- 45:06 les sujets qui fâchent.
- 45:08 Et qu'il y a deux lampistes qui vont ramasser
- 45:10 tout. Enfin, moi, c'est mon sentiment
- 45:12 avant l'audience, maintenant.
- 45:16 Après une heure d'audience,
- 45:18 le jugement tombe.
- 45:20 Deux des prévenus
- 45:22 écopent de prison ferme.
- 45:24 Ils ne pourront plus travailler
- 45:26 dans le commerce du vin pendant 5 ans.
- 45:28 Et les amendes atteignent
- 45:30 au total plus d'un million d'euros.
- 45:32 Difficile à encaisser
- 45:34 pour les accusés qui vont faire appel.
- 45:36 Mais une demi-victoire pour Dominique.
- 45:40 Les condamnations sont lourdes.
- 45:42 Bon, voilà.
- 45:44 Logique, hein.
- 45:46 Vous étiez une année
- 45:48 où il manquait de vin.
- 45:50 Tous les vendeurs, ils disent
- 45:52 « Trouve-moi du vin ». Ils demandent à leurs commerciaux
- 45:54 « Trouve-moi du vin ».
- 45:56 J'ai pas vu comment ça se fait.
- 45:58 Faut pas jouer la petite vierge
- 46:00 qui est au courant de rien.
- 46:02 Allez, à bientôt.
- 46:04 Pour Dominique,
- 46:06 toute la lumière n'a pas encore été faite
- 46:08 sur cette fraude.
- 46:10 Où ces millions de bouteilles ont-elles été vendues ?
- 46:12 Pourquoi les consommateurs
- 46:14 ne se sont-ils rendus compte de rien ?
- 46:16 Le procès en appel va,
- 46:18 il l'espère, permettre
- 46:20 d'éclaircir ces zones d'ombre.
- 46:28 Parfois, certains de ces combats
- 46:30 d'authenticité finissent par aboutir.
- 46:32 Dans l'affaire de la copie
- 46:34 du Morbier, une issue se dessine
- 46:36 pour Joël.
- 46:38 C'est un fromage de brebis. C'est assez rare.
- 46:40 C'est un fromage qui est fabriqué au Berne,
- 46:42 aux Pays-Basques.
- 46:44 C'est le rendez-vous annuel
- 46:46 de tous les fromagers.
- 46:50 Les 48 fromages
- 46:52 AOP de France, du Chabichou
- 46:54 au Reblechon, en passant par le
- 46:56 Camembert de Normandie,
- 46:58 sont là pour défendre leur savoir-faire.
- 47:04 Et parmi eux, le Morbier.
- 47:08 Mais Joël, lui,
- 47:10 n'a pas le cœur à la fête.
- 47:20 Il attend la décision du tribunal
- 47:22 dans sa bataille pour protéger son fromage.
- 47:28 Oui, oui. C'est compliqué.
- 47:30 Alors ?
- 47:32 C'est compliqué.
- 47:34 On n'a toujours rien.
- 47:36 Mais toi, il est déjà presque 18 ans.
- 47:40 Son avocate est en déplacement à Miami.
- 47:42 Mais elle vient enfin d'avoir des nouvelles
- 47:44 du tribunal et lui demande de le rappeler.
- 47:52 Bonjour Delphine.
- 47:54 Bonjour Joël.
- 47:56 Je suis contente de vous voir
- 47:58 pour partager cette bonne nouvelle.
- 48:00 C'est une bonne nouvelle ?
- 48:02 Ils ont suivi sur tout.
- 48:04 Ils reconnaissent que l'arrêt sombre
- 48:06 est un élément distinctif du fromage morbier.
- 48:08 Que la reprise par le Montboisier
- 48:10 avec les mêmes
- 48:12 ou les autres éléments de fromage
- 48:14 est une copie.
- 48:16 C'est une atteinte à l'AOP.
- 48:18 Du coup, c'est vraiment super.
- 48:22 Un grand soulagement.
- 48:24 C'est une belle fête.
- 48:26 Jusqu'au bout, ça a payé.
- 48:28 C'est vraiment bien fait.
- 48:32 Merci beaucoup pour ces bonnes nouvelles.
- 48:34 Bon week-end à toi.
- 48:36 Et nous, en tout cas, ça va être un bon week-end.
- 48:38 Oui, ça va être un bon week-end pour tout le monde.
- 48:40 C'est ça.
- 48:42 Merci. A bientôt.
- 48:44 Au revoir.
- 48:48 C'est bien.
- 48:50 Et ce soir, on pourra boire un coup
- 48:52 pour cette belle victoire.
- 48:54 Toute cette valeur ajoutée
- 48:56 qui partait dans ces contrefaçons,
- 48:58 ces copies,
- 49:00 cette valeur ajoutée
- 49:02 va revenir sur le territoire
- 49:04 pour faire vivre notre territoire
- 49:06 dans une région difficile.
- 49:10 Joël ne s'est pas battu
- 49:12 seulement pour sa filière.
- 49:14 Cette jurisprudence morbier
- 49:16 va profiter à l'ensemble des AOP.
- 49:18 Joël, pour fêter ça,
- 49:20 c'est 2 kilos de morbier chacun.
- 49:22 En tout cas, je vais chercher ce qu'ils font.
- 49:26 L'aspect des fromages
- 49:28 est désormais protégé par la loi.
- 49:30 En Auvergne, Didier Tuerre
- 49:32 accuse le coup.
- 49:34 Il est condamné
- 49:36 à stopper définitivement
- 49:38 sa production de montboissis en France
- 49:40 et à verser des indemnités financières
- 49:42 au syndicat du morbier
- 49:44 pour avoir copié sa ligne.
- 49:46 Il est condamné
- 49:48 à la mort.
- 49:50 Il est condamné
- 49:52 à la mort.
- 49:54 Il est condamné
- 49:56 à la mort.
- 49:58 C'est une histoire qui se termine.
- 50:00 C'est une page qui se tourne.
- 50:02 D'autres s'ouvriront
- 50:04 et on fera autre chose.
- 50:06 On va les faire partir.
- 50:08 On va les garder essentiellement
- 50:10 pour l'exportation.
- 50:14 Il va désormais se concentrer
- 50:16 sur ses AOP Auvergnates
- 50:18 et sur le fromage à raclette.
- 50:29 En Gironde,
- 50:31 Dominique n'en a pas fini
- 50:33 de dénoncer les dérives du secteur viticole.
- 50:37 Une nouvelle affaire de contrefaçon
- 50:39 a éclaté en 2022.
- 50:41 Des centaines de milliers de bouteilles
- 50:43 de faux vins du Medoc
- 50:45 auraient en réalité été importées d'Espagne.
- 50:47 Il y a une viticulture honnête.
- 50:49 Il faut la reconnaître.
- 50:51 Il faut surtout qu'elle prenne conscience
- 50:53 du fait qu'elle doit se défendre.
- 50:55 Qu'elle doit justement défendre ça.
- 50:58 Pas dire qu'on laisse passer
- 51:00 parce que ça fera trop de bruit.
- 51:02 Dans l'affaire des fausses pilules,
- 51:04 Jade espère toujours
- 51:06 que la justice ouvre une enquête.
- 51:08 Pour acheter ses compléments alimentaires,
- 51:10 elle a changé ses habitudes.
- 51:12 Désormais,
- 51:14 elle ne fait plus confiance aux réseaux sociaux
- 51:16 et préfère s'adresser à un herboriste.
- 51:18 Si je voulais prendre
- 51:20 des gélules de Guarana
- 51:22 pour stimuler ma perte de poids,
- 51:24 ça serait efficace ?
- 51:26 C'est intéressant mais le Guarana seul.
- 51:28 C'est pas la peine d'ajouter autre chose.
- 51:30 Merci beaucoup.
- 51:32 Merci mademoiselle.
- 51:34 Au revoir.
- 51:36 Avec plaisir.
- 51:38 A Barcelone,
- 51:40 au salon mondial des produits de la mer,
- 51:42 Denis a le sourire.
- 51:44 Rien n'est encore signé
- 51:46 mais il pense avoir réussi à convaincre
- 51:48 une nouvelle enseigne de supermarché
- 51:50 de renoncer au ton transformé.
- 51:52 On a commencé à gagner.
- 51:54 On n'a pas gagné la guerre.
- 51:56 C'est juste une petite bataille.
- 52:00 Le chef d'entreprise peut savourer
- 52:02 cette première victoire.
- 52:04 Car les combats pour démêler
- 52:06 le fou du vrai dans nos assiettes
- 52:08 durent souvent des années.
Ce reportage approfondi de TF1 explore le phénomène alarmant de la fraude alimentaire qui touche de nombreux secteurs de l'agroalimentaire en France. Il met en lumière les pratiques de contrefaçon, de tromperie et de concurrence déloyale à travers plusieurs cas concrets et les témoignages de ceux qui luttent pour la transparence et l'authenticité des produits. Le documentaire débute dans le Bordelais, où le vigneron Dominique Téchère dénonce un vaste trafic de vin espagnol vendu sous l'appellation Bordeaux, Saint-Émilion ou Pomerol. Il suit le procès de négociants et transporteurs impliqués dans cette fraude massive, soulignant l'impact sur la confiance des consommateurs et la réputation des appellations d'origine. Le reportage se déplace ensuite à Sète, où Denis Biascamano, importateur de thon, révèle comment certains concurrents injectent des additifs et colorants dans du thon bas de gamme pour lui donner l'apparence du thon frais et de qualité supérieure, trompant ainsi les acheteurs sur la fraîcheur et la valeur du produit. Un autre segment poignant est consacré à Jade, une jeune femme gravement intoxiquée par des compléments alimentaires "naturels" vendus sur les réseaux sociaux, qui contenaient en réalité de la sibutramine, une substance interdite et dangereuse. Son combat met en évidence les risques sanitaires et l'impunité des vendeurs et influenceurs exploitant la vulnérabilité des consommateurs. Enfin, le reportage suit Joël Alpi, président du syndicat du Morbier, dans sa longue bataille judiciaire pour protéger l'appellation d'origine de son fromage, reconnaissable à son trait noir distinctif, contre une copie fabriquée en Auvergne. Cette affaire, qui a créé une jurisprudence importante, illustre la lutte pour la protection du patrimoine culinaire et des savoir-faire locaux. Le documentaire souligne que 30% des produits consommés seraient trafiqués, mettant en péril la confiance des consommateurs et l'intégrité des filières. Il met en avant la persévérance des victimes et des professionnels honnêtes face à un système complexe et souvent opaque, et l'importance de la vigilance pour garantir la qualité et la sécurité de notre alimentation.
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