couple des tomates

estratto 4:57 estratto da Retrouver le goût de la tomate
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  1. 0:00 En Provence, d'irréductibles agriculteurs prouvent le contraire.
  2. 0:04 L'histoire de Daniel et Denise Vuillon démarre au début des années 90,
  3. 0:08 après 15 ans de bons et loyaux services pour la grande distribution.
  4. 0:19 En 91, toutes les enseignes décident de ne plus commercialiser de tomates de plein champ
  5. 0:24 parce qu'elles avaient des défauts, parce qu'elles n'étaient pas uniformes couleur,
  6. 0:28 parce qu'elles n'étaient pas calibrées.
  7. 0:30 Et eux, ils me montrent la tomate qu'ils voulaient.
  8. 0:33 C'est une tomate Poudit-Torsol sous serre en plein été.
  9. 0:36 Sous serre en Hollande et en Belgique.
  10. 0:38 Et c'est ça qu'on veut.
  11. 0:40 Des tomates de plein champ, on n'en veut plus.
  12. 0:42 Mais moi, je leur demandais une tonne par jour de tomates quand même.
  13. 0:46 Une tonne par jour ?
  14. 0:47 Oui.
  15. 0:48 C'est énorme.
  16. 0:49 Donc je me retrouve avec des tomates dans les champs et plus de débouchés.
  17. 0:53 Je me suis dit, hors de question que je rentre dans ce jeu.
  18. 0:56 En contrepartie, je vais rechercher la meilleure tomate qui pousse chez nous.
  19. 1:03 Devant ce voisin vorace, Daniel et Denise décident de créer leur petit îlot de résistance.
  20. 1:11 Daniel échange avec les collectionneurs du monde entier
  21. 1:13 et plante des variétés anciennes, parfois dans l'illégalité.
  22. 1:17 Aujourd'hui, il peut dire qu'il en a testé plus de 140.
  23. 1:21 Vous êtes quand même deux extraterrestres tous les deux, quand même.
  24. 1:24 Il y a tellement de variétés.
  25. 1:26 Oui, il y en a 8000.
  26. 1:28 Avant d'en faire le tour...
  27. 1:30 Donc tu découvres à chaque fois ?
  28. 1:32 On découvre et si c'est intéressant, ça rentre dans notre panel.
  29. 1:36 Si ça ne pousse pas ou si ça ne produit pas,
  30. 1:38 ce n'est pas fait pour pousser chez nous, donc ce n'est pas un problème.
  31. 1:41 Ça fait partie de ce que le paysan fait depuis des millénaires.
  32. 1:44 Je ne vois pas pourquoi on lui interdirait aujourd'hui de le faire.
  33. 1:48 Mais c'est vrai que pendant une époque, on a eu la difficulté de planter,
  34. 1:53 de commercialiser des tomates qui n'étaient pas officiellement inscrites
  35. 1:57 dans un catalogue à la fois national et européen.
  36. 2:01 Parce que moi, je suis prêt à aller en prison pour ça.
  37. 2:03 Pour la défense de la biodiversité, je suis prêt à aller en prison.
  38. 2:06 Parce que pour moi, c'est essentiel.
  39. 2:10 Daniel était prêt à prendre tous les risques.
  40. 2:13 Mais au début, peu de gens voulaient de ces tomates abîmées,
  41. 2:16 rongées ou biscornues.
  42. 2:20 L'aventure semblait être vouée à l'échec.
  43. 2:24 Ah, ça mouille.
  44. 2:29 Bon, il y a la nature qui doit aimer quand même.
  45. 2:33 Et puis un jour, Daniel et Denise sont appelées par un certain Alain Ducasse.
  46. 2:38 Le chef multiétoilé est intrigué par celle qu'ils appellent les tomates gustatives.
  47. 2:43 Ils font connaissance et deviennent très vite les fournisseurs du chef.
  48. 2:47 Ah, il y a moins de cœur jaune aujourd'hui.
  49. 2:51 Le bouche à oreille fait le reste, d'autres chefs les sollicitent.
  50. 2:55 Voilà comment la grande gastronomie a sauvé leurs tomates anciennes.
  51. 2:59 D'habitude, je dis le beurre, c'est le bonheur.
  52. 3:01 Mais là, t'as envie de plonger dans les tomates.
  53. 3:04 T'as envie de t'enivrer, de goûter, de croquer, de manger, de sentir.
  54. 3:10 On a la cœur rouge.
  55. 3:13 On a la dernière.
  56. 3:15 Cœur ananas, voyez, elle est striée de rouge.
  57. 3:18 Rose de berne, une des meilleures, la plus précoce, donc il en reste plus beaucoup là.
  58. 3:24 La jaune d'oeuf jaune.
  59. 3:27 Un jour, il y a un Américain qui est venu nous voir, il y a au moins 15 ans.
  60. 3:32 Et il nous a laissé des graines de sa tomate.
  61. 3:36 Et on n'a pas noté le nom.
  62. 3:38 On ne sait pas comment elle s'appelait.
  63. 3:40 On l'a appelée la jaune d'oeuf jaune.
  64. 3:43 La noire charbonneuse de Russie, il n'y a plus qu'un collectionneur qui l'avait.
  65. 3:47 Elle a vraiment failli disparaître.
  66. 3:49 Et quand on mange ça, on a les doigts de pied qui se croisent tellement c'est bon.
  67. 3:54 Ah oui ?
  68. 3:55 Oui, oui.
  69. 3:56 Et donc, ce serait dommage de perdre ça quand même.
  70. 4:00 Si on compare les variétés cultivées en 1900 et les variétés cultivées en 2000,
  71. 4:06 on a perdu 95%.
  72. 4:08 C'est énorme.
  73. 4:09 Si les grands chefs ont contribué à maintenir une partie de la diversité,
  74. 4:13 ils n'étaient pas assez nombreux pour sauver la ferme de Daniel et Denise.
  75. 4:17 L'autre bienfaiteur n'est autre que le consommateur.
  76. 4:22 Deux poivrons, vous en prenez un chacun.
  77. 4:24 Sur le modèle américain, Daniel et Denise ont fondé la toute première AMAP,
  78. 4:28 Association de Maintien pour l'Agriculture Paysanne.
  79. 4:32 Le principe est simple.
  80. 4:34 Un groupement de clients préachète la production,
  81. 4:36 ils payent un abonnement à l'année,
  82. 4:38 et chaque semaine, ils récupèrent un panier surprise.
  83. 4:42 Aujourd'hui, 5 kilos de délices difformes.
  84. 4:46 Oh là là, le grand costaud.
  85. 4:49 Au revoir.
  86. 4:50 Voilà donc à nouveau les tomates de Daniel et Denise sauvées,
  87. 4:54 cette fois-ci par le circuit court.