Les recettes de soupes d'automnes des plus grands Chefs !

cooking 18:25 Fonte ↗ soupe recette cuisine francaise chef produits locaux agriculture durable
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Ce reportage culinaire présente trois approches de la soupe d'automne : une soupe de cresson bretonne par le chef Xavier, une soupe de poisson zéro déchet par Marie-Victoire Viau à Paris, et une exploration de l'histoire de la soupe, des dangers des soupes industrielles et de la fabrication artisanale en Vendée.

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  1. ...
  2. 0:08 Voilà, David.
  3. 0:09 Chose première, chose dure.
  4. 0:12 Donc, t'as ton cresson.
  5. 0:13 Bon appétit.
  6. 0:15 ...
  7. 0:16 Je cultive les légumes, mais je les cuisine pas toujours
  8. 0:20 comme ça. C'est une belle découverte.
  9. 0:22 Ce midi, direction le Finistère,
  10. 0:25 avec Xavier, un chef engagé
  11. 0:28 en faveur d'une cuisine respectueuse de son environnement.
  12. 0:32 Exceptionnellement, pour Météo à la carte,
  13. 0:34 il a posé ses casseroles chez son ami maraîcher David
  14. 0:38 et il va lui préparer une soupe de cresson
  15. 0:40 accompagnée de blé noir, un vrai plat complet.
  16. 0:43 ...
  17. 0:45 Ce que ça m'évoque, c'est des plats simples,
  18. 0:47 faciles à réaliser, familiaux.
  19. 0:49 C'est un super plat d'hiver.
  20. 0:51 Quand on rentre le soir, qu'on est un peu fatigué,
  21. 0:54 c'est facile à mettre en oeuvre.
  22. 0:56 Tu peux revenir, Xavier.
  23. 0:58 Ils rient.
  24. 0:59 ...
  25. 1:02 Pour une bonne soupe, il faut des légumes qui ont du goût.
  26. 1:05 Et chez David, ce n'est pas ce qui manque.
  27. 1:08 On va pas commencer par le cresson, mais par les oignons.
  28. 1:11 C'est ce qui met le plus de temps à cuire, les oignons grillés.
  29. 1:14 On va les laver, les couper en deux et les poêler.
  30. 1:17 Il les fait revenir à feu doux, face, chair,
  31. 1:20 dans un peu d'huile et de sel,
  32. 1:22 et il les oublie pendant 20 minutes
  33. 1:24 pour qu'ils soient confits.
  34. 1:26 Il s'attaque au reste des légumes.
  35. 1:28 Comment je suis tombé dans la cuisine ?
  36. 1:30 C'était pas gagné.
  37. 1:31 Comme beaucoup d'autres, rien d'original,
  38. 1:33 très inadapté au parcours scolaire et à l'enfermement.
  39. 1:36 Il a fallu choisir une orientation.
  40. 1:38 J'avais quelques souvenirs, odeurs de boulangerie, de cuisine.
  41. 1:42 Là, c'est venu comme ça.
  42. 1:43 Xavier n'est vraiment pas un chef comme les autres.
  43. 1:46 Homme de conviction, il crée, il y a cinq ans,
  44. 1:49 un centre de formation à Quimper
  45. 1:51 pour réapprendre à cuisiner et à mieux manger.
  46. 1:54 Son fer de lance, la défense de l'agriculture paysanne
  47. 1:58 et de ceux qui la font vivre.
  48. 2:01 Salut, David.
  49. 2:02 Ca va, Xavier ?
  50. 2:03 Ca va, et toi ?
  51. 2:05 Bah ouais.
  52. 2:06 T'as qu'une seule variété, là ?
  53. 2:08 Ouais, c'est le cresson des jardins, celui-là.
  54. 2:11 Je me permets de goûter, David ?
  55. 2:12 Vas-y, ouais.
  56. 2:14 Bon, là, il est pas très développé,
  57. 2:16 parce qu'on l'a mis en terre assez tard, cette année.
  58. 2:19 Tu veux faire une soupe avec ?
  59. 2:21 Oui, parce que justement, il est assez puissant.
  60. 2:24 David est maraîcher depuis 20 ans.
  61. 2:26 Installé au Cap-Cisun,
  62. 2:28 ses terres, à seulement 2 km des côtes,
  63. 2:31 sont balayées par les vents.
  64. 2:33 En hiver, seul le cresson et quelques petits légumes
  65. 2:36 s'épanouissent.
  66. 2:37 Et chaque parcelle a son caractère.
  67. 2:40 Quand on regarde les cadastres, autrefois,
  68. 2:42 avec les petits murets,
  69. 2:43 ça correspondait à un usage.
  70. 2:47 Soit c'était le jardin, soit c'était le champ pour faire du foin,
  71. 2:50 soit c'était pour mettre les animaux.
  72. 2:52 Chaque parcelle, c'est un terroir.
  73. 2:54 Ce que j'aime dans le travail de David,
  74. 2:56 c'est que c'est presque lui qui m'amène à cuisiner autrement,
  75. 3:00 différemment.
  76. 3:01 Avant de rencontrer David,
  77. 3:03 il y a beaucoup de choses que j'ignorais
  78. 3:05 sur ce qu'est un sol, un climat, un terroir.
  79. 3:07 Je l'ai appris au contact de tous ces gens
  80. 3:10 qui ont une activité particulière du maraîchage.
  81. 3:12 C'est aussi ça qui est intéressant,
  82. 3:14 de participer à la création d'un patrimoine vivant.
  83. 3:17 La cuisine bretonne, elle en est à son tout début de l'exploration.
  84. 3:21 Du coup, je peux te montrer le cresson...
  85. 3:24 Oui.
  86. 3:25 ...à un autre stade ?
  87. 3:26 Oui.
  88. 3:27 On fait des planches comme ça, il y aura un peu de cléton.
  89. 3:30 Oui.
  90. 3:31 Voilà, Xavier.
  91. 3:33 Bon, je vais essayer d'être à la hauteur, maintenant.
  92. 3:35 Tu m'appelles quand c'est prêt, alors ?
  93. 3:37 Ça marche.
  94. 3:38 Xavier a donc la pression pour sublimer le cresson.
  95. 3:44 Il a un goût très particulier.
  96. 3:46 Je trouve que dans un hiver,
  97. 3:47 où parfois on a des soupes un peu rondes,
  98. 3:50 un peu lisses, parfois,
  99. 3:51 c'est bien d'avoir une soupe un peu de peps.
  100. 3:53 Il place tous ses légumes dans une casserole,
  101. 3:56 en commençant par faire revenir oignon et ail
  102. 3:59 dans un peu d'huile, puis les pommes de terre.
  103. 4:03 Maintenant, j'ai plus qu'à rajouter le cresson,
  104. 4:06 directement dans la casserole.
  105. 4:08 Il recouvre d'eau et laisse cuire pendant 20 minutes.
  106. 4:12 Juste le temps pour lui de préparer le blé noir,
  107. 4:15 ou sarrasin,
  108. 4:16 qui va faire de cette soupe un vrai repas complet.
  109. 4:18 Je vais vous montrer tout simplement comment le cuire,
  110. 4:22 pour jamais se tromper.
  111. 4:23 Je propose de mettre un volume de sarrasin.
  112. 4:26 Et là, je vais mettre un volume et demi d'eau.
  113. 4:29 Tout simplement.
  114. 4:30 20 minutes de cuisson et vous êtes sûr de réussir.
  115. 4:34 Pour un joli dressage,
  116. 4:35 Xavier dépose un peu de sarrasin au fond de l'assiette,
  117. 4:38 la soupe de cresson autour
  118. 4:40 et quelques pétales d'oignon bien confits.
  119. 4:43 Et pour terminer, j'ai rajouté une petite cuillerée de Guêle,
  120. 4:46 appelée aussi gros lait, ici, dans le Finistère,
  121. 4:48 mais qui est une particularité, puisque c'est un lait fermenté.
  122. 4:51 Le cresson est un peu puissant.
  123. 4:54 Et ça met comme une petite crème, en fait.
  124. 4:56 Et là, il n'y a plus qu'à manger, à déguster.
  125. 5:01 C'est assez surprenant,
  126. 5:03 avec la céréale et le cresson
  127. 5:06 et les petits oignons.
  128. 5:07 C'est très sympa.
  129. 5:10 Je suis content, parce que, mis à part que c'est bon,
  130. 5:13 si on veut prendre du plaisir à cuisiner,
  131. 5:16 il faut que ce soit simple, accessible, compréhensible.
  132. 5:19 Et nutritionnellement parlant, c'est très intéressant.
  133. 5:22 On n'a rien perdu, tout est là.
  134. 5:23 Je prends du plaisir à cuisiner.
  135. 5:26 Je ne dirais pas que c'est la cuisine qui me rend heureux,
  136. 5:28 mais l'engagement et les rencontres que j'ai faites.
  137. 5:31 Musique douce
  138. 5:33 ...
  139. 5:38 Là, vous avez des odeurs, moi, j'adore.
  140. 5:40 C'est bon comme ça, non ?
  141. 5:42 Oui, c'est parfait.
  142. 5:43 Au menu aujourd'hui, un plat réconfortant et iodé.
  143. 5:47 Des saveurs de vacances à partager en famille ou entre amis.
  144. 5:50 On va faire une soupe de poisson
  145. 5:52 et on va la faire dans notre poissonnerie.
  146. 5:55 On y va ?
  147. 5:56 Nous sommes dans le 6e arrondissement de Paris,
  148. 5:58 rue Lobino,
  149. 6:00 dans un temple de la gastronomie.
  150. 6:02 Marie-Victoire Viau a créé avec son mari
  151. 6:04 une poissonnerie unique en son genre,
  152. 6:06 où la glace est bannie.
  153. 6:08 ...
  154. 6:14 Et pour trouver du poisson,
  155. 6:16 ingrédient indispensable de cette recette,
  156. 6:18 Marie-Victoire n'a pas besoin d'aller très loin.
  157. 6:21 Ici, on a pas mal de choses,
  158. 6:24 mais pour avoir du goût,
  159. 6:25 c'est quand même pas mal d'avoir des poissons de roche.
  160. 6:28 J'ai choisi une dorade,
  161. 6:30 parce qu'elle a une grosse tête et aussi pas mal de carcasses,
  162. 6:33 et c'est formidable de travailler avec ce poisson.
  163. 6:36 Elle sélectionne aussi une belle rascasse.
  164. 6:39 ...
  165. 6:40 Comme vous pouvez le constater, ils sont pas très beaux,
  166. 6:43 parce qu'en fait, comme on conserve sans glace,
  167. 6:46 ils paraissent secs,
  168. 6:47 mais pour la texture et pour le cru, c'est formidable.
  169. 6:50 Le fait de les conserver sans eau, sans glace,
  170. 6:53 nous permet de pas altérer le goût de la chair
  171. 6:55 et de pas brûler les chairs.
  172. 6:57 Donc, on a des poissons qui sont beaucoup mieux conservés
  173. 7:00 dans une température stable
  174. 7:01 et vous avez un goût du poisson beaucoup plus soutenu.
  175. 7:04 ...
  176. 7:05 Si aujourd'hui, Marie-Victoire est comme un poisson dans l'eau,
  177. 7:08 la poissonnerie n'a pourtant pas été sa première vocation.
  178. 7:13 Je viens du monde de l'énergie,
  179. 7:16 et quand je me suis mariée avec Arthur,
  180. 7:18 on a décidé d'ouvrir une poissonnerie.
  181. 7:20 Nous, on n'était pas totalement épanouis de ce qu'on faisait,
  182. 7:23 et donc on s'est dit qu'on aimerait bosser ensemble.
  183. 7:25 On voulait créer une entreprise et avoir un projet innovant,
  184. 7:28 et c'est comme ça qu'on est arrivés dans la poissonnerie.
  185. 7:31 Et on s'est dit, pourquoi on laisse les poissons entiers et pas vidés ?
  186. 7:35 Pourquoi on les laisse pourrir de l'intérieur ?
  187. 7:38 Pourquoi on n'est pas sur une étale où le froid est stable ?
  188. 7:41 Et c'est comme ça qu'on est venus à réfléchir à un froid
  189. 7:44 avec des frigos, avec une humidité contrôlée,
  190. 7:48 avec beaucoup de recherche, beaucoup de travail.
  191. 7:50 Mais on est très heureux aujourd'hui parce que ça fonctionne
  192. 7:53 et les clients sont contents.
  193. 7:55 Un mode totalement atypique et révolutionnaire de conservation
  194. 7:59 qui peut surprendre.
  195. 8:01 Dans l'imaginaire, on a ce côté glace absolument.
  196. 8:03 La glace est utilisée parce que c'est le réfrigérant le plus simple,
  197. 8:07 mais on peut très bien la remplacer par un froid sec.
  198. 8:09 Voici Quentin. Il travaille ici depuis quelques mois.
  199. 8:14 Il y a des économies d'eau dans un premier temps,
  200. 8:16 et on a moins de pertes de poissons
  201. 8:18 parce que les poissons se conservent plus longtemps.
  202. 8:20 Dans une poissonnerie classique, on va avoir jusqu'à 10-15 % de pertes.
  203. 8:24 Nous, ça fait très longtemps qu'on n'a pas jeté un poisson.
  204. 8:27 C'est Quentin qui va lever les filets de ces beaux poissons.
  205. 8:31 Il faudra toujours demander au poissonnier de vider votre poisson,
  206. 8:33 d'enlever les ouïes et les desserts.
  207. 8:35 C'est deux choses qu'on met pas dans la soupe
  208. 8:37 parce que ça prend beaucoup d'amersumes.
  209. 8:38 On va garder la chair à côté pour la consommer
  210. 8:40 et les carcasses pour faire la soupe.
  211. 8:41 Souvent, le poisson dit que c'est un produit qui est assez cher,
  212. 8:43 mais ça permet de valoriser le poisson sur deux repas.
  213. 8:46 Ces filets-là, il suffira de les désarrêter.
  214. 8:49 Et puis après, vous pourrez soit les manger crus,
  215. 8:52 donc en sashimi, en tartare.
  216. 8:54 Vous pouvez faire plein de choses.
  217. 8:56 Soit vous les mettez au four ou à la poêle.
  218. 8:58 Et c'est vraiment délicieux.
  219. 8:59 On peut faire une soupe en plus grosse quantité
  220. 9:01 parce qu'on va pas acheter en plus 5-6 poissons.
  221. 9:03 Si on a habitué, on a acheté un poisson,
  222. 9:05 le poissonnier sera très content de donner quelques carcasses.
  223. 9:07 Donc là, c'est formidable parce qu'on a plein de carcasses.
  224. 9:10 Alors nous, comme on n'aime pas les pertes,
  225. 9:11 on a mis aussi un peu ce qu'on met pas habituellement de la truite,
  226. 9:14 donc c'est des poissons un peu plus gras.
  227. 9:16 Mais c'est tout aussi bon.
  228. 9:17 Et puis au moins, comme ça, vous êtes sûrs de ne pas avoir de déchets.
  229. 9:21 Marie-Victoire s'attaque ensuite à la préparation des légumes.
  230. 9:26 Nous avons besoin de carottes, de céleri branche,
  231. 9:29 d'oignon jaune, d'un coulis de tomates
  232. 9:31 ou d'un concentré de tomates si nous sommes en hiver.
  233. 9:34 Et si c'est la saison des tomates, vous prenez des tomates entières.
  234. 9:37 Déjà, vous pouvez prendre des légumes bio,
  235. 9:39 comme ça, vous n'êtes pas obligés de les éplucher.
  236. 9:41 Et on les coupe grossièrement.
  237. 9:42 Il faut qu'ils aient à peu près la même grosseur
  238. 9:45 pour que la cuisson soit homogène.
  239. 9:47 Notre chef du jour glisse les légumes sous les carcasses de poissons.
  240. 9:53 Je vais pouvoir ajouter mon coulis de tomates,
  241. 9:55 mes épices et le bouquet garni.
  242. 9:59 Maintenant que tous les ingrédients sont dans ma marmite,
  243. 10:03 je vais pouvoir mettre de l'eau pour qu'en dessous,
  244. 10:05 le bouquet garni infuse avec les légumes
  245. 10:08 et au-dessus pour que les carcasses, la tomate et les épices cuisent bien.
  246. 10:13 Pour la cuisson, comptez une bonne heure au four à 200 degrés.
  247. 10:18 Ça sent très bon, là.
  248. 10:19 Ça a bien gratiné, ça a beaucoup réduit, quand même.
  249. 10:22 C'est quand même bien, là. Je suis hyper fière.
  250. 10:26 Marie-Victoire, aidée de Quentin, passe ensuite la soupe aux Chinois.
  251. 10:31 Donc là, vous avez les carottes, l'oignon, le céleri, qui a bien réduit,
  252. 10:35 et puis toutes les têtes qui se sont complètement délitées.
  253. 10:38 Vous voyez toutes les arêtes ?
  254. 10:39 En fait, toutes les arêtes apportent énormément de gélatine
  255. 10:42 et on a beaucoup de personnes qui viennent pour le collagène,
  256. 10:45 parce que c'est très bon pour la santé.
  257. 10:46 Moi, je ne suis pas comme Quentin,
  258. 10:48 qui est capable de manger du poisson cru à 5h du matin,
  259. 10:51 mais j'avoue, il est 13h, ça donne très envie.
  260. 10:54 À 8h, ce n'est pas trop mon truc, mais là, l'odeur est fantastique.
  261. 10:58 C'est prêt.
  262. 11:01 Voilà, on a terminé.
  263. 11:02 On va pouvoir déguster et voir si elle nous convient.
  264. 11:05 Ça te dit ?
  265. 11:06 Carrément, avec plaisir.
  266. 11:07 Allons-y.
  267. 11:09 Si vous faites des soupes pas très grasses, vous pouvez la manger l'été froide.
  268. 11:12 C'est délicieux.
  269. 11:13 Pas trop épicée, assez salée, très bon.
  270. 11:16 Je suis hyper fière de nous.
  271. 11:17 Merci. Félicitations, Marie-Thor.
  272. 11:25 4 milliards d'assiettes de soupe sont consommées chaque année en France.
  273. 11:29 Et l'hiver, c'est un vrai rituel, comme pour Marie-France.
  274. 11:34 D'abord, la soupe, c'est quelque chose que je mange depuis toujours.
  275. 11:37 À la maison, quand j'étais gamine, on mangeait de la soupe
  276. 11:40 quasiment tous les soirs.
  277. 11:41 Je n'imagine pas un repas sans soupe.
  278. 11:44 Véritable reine de la popote, Marie-France a fait des potages,
  279. 11:47 des bouillons et des soupes en tout genre, son domaine de prédilection.
  280. 11:51 Elle en a même fait un livre.
  281. 11:52 C'est vrai que maintenant, la soupe, c'est devenu un terme générique
  282. 11:55 qui englobe tout.
  283. 11:56 Parce que sinon, dans la langue française,
  284. 11:59 dans le vocabulaire de la soupe, il y a les potages,
  285. 12:01 il y a les veloutés, il y a les consommés.
  286. 12:03 Donc, c'est devenu un terme générique qui englobe tout ça.
  287. 12:06 L'ancêtre de la soupe, c'est le bouillon.
  288. 12:08 Une eau mijotée pendant plusieurs heures, courante au Moyen Âge.
  289. 12:12 Mais c'est en 812, avec un décret de Charlemagne
  290. 12:15 autorisant chacun à cultiver son potager,
  291. 12:19 que le potage voit le jour.
  292. 12:21 Et là, on a commencé à voir arriver des légumes
  293. 12:24 qu'on n'avait pas forcément avant.
  294. 12:26 Et le légume s'est démocratisé.
  295. 12:28 Il est entré un petit peu dans tous les foyers.
  296. 12:30 Donc, la soupe, c'était vraiment le bouillon avec le pain.
  297. 12:34 Et puis, le potage, c'était les légumes cuits dans le pot.
  298. 12:38 C'est vraiment un essentiel du dîner, un essentiel du repas, oui.
  299. 12:41 Et d'ailleurs, dans les campagnes, ou même dans beaucoup de pays,
  300. 12:44 on dit encore souper plutôt que dîner.
  301. 12:48 C'est économique pour 4 personnes.
  302. 12:51 Ça va me faire quoi ? 7, 8 euros maximum ?
  303. 12:54 6, 7 euros, peut-être ?
  304. 12:56 7 euros pour 4 portions,
  305. 12:58 soit 1,75 euros par personne,
  306. 13:01 contre 3,45 euros pour une portion individuelle en magasin.
  307. 13:04 Plus cher, et pourtant, bon nombre d'entre nous se laisse tenter.
  308. 13:08 J'ai toujours des soupes industrielles à la maison pour des panages.
  309. 13:13 Lorsque je suis seule à la maison, c'est le côté rapide et facile.
  310. 13:17 Lorsque j'en ai un rab à la maison, ce soir, ça va peut-être bien être une soupe.
  311. 13:20 En effet, par faute de temps,
  312. 13:22 une soupe sur deux dégustée en France sort d'un emballage industriel.
  313. 13:27 Je prends des meilleurs, je regarde par rapport aux nus qui se corpsent.
  314. 13:30 C'est parce que, soit, il y a un abus de sel ou de sucre.
  315. 13:33 Certains, ils sont bien.
  316. 13:35 Ils sont bons, on sent vraiment le goût des légumes.
  317. 13:38 Après, ça dépend des marques, ça dépend...
  318. 13:42 Réputée pour faire grandir,
  319. 13:44 hydratante, riche en vitamines, la soupe est pleine de promesses.
  320. 13:48 Mais que se cache-t-il vraiment derrière ces soupes industrielles ?
  321. 13:51 Corinne, diététicienne, nous aide à décrypter ces étiquettes
  322. 13:55 aux composants parfois mystérieux.
  323. 13:58 Dans les soupes de légumes,
  324. 13:59 il faut regarder en priorité la quantité de légumes.
  325. 14:03 Il faut être vigilant parce que souvent, dans la quantité de légumes annoncée,
  326. 14:07 les fabricants comptent la pomme de terre.
  327. 14:10 Or, la pomme de terre est un féculent et pas un légume.
  328. 14:12 Autre point parfois flou,
  329. 14:14 ces noms complexes difficiles à décrypter sur les étiquettes.
  330. 14:19 On va retrouver amidon de maïs, fécule de pomme de terre,
  331. 14:23 amidon de riz transformé.
  332. 14:25 Tout ça, ce sont des épaississants
  333. 14:29 qui vont donner de la texture, notamment aux soupes
  334. 14:31 qui sont assez riches en eau et peu riches en légumes.
  335. 14:35 Tous les additifs peuvent avoir un effet néfaste sur la santé
  336. 14:40 et notamment sur le microbiote.
  337. 14:41 Au-delà des additifs, attention aux sels.
  338. 14:44 Dans les produits transformés,
  339. 14:46 ils dépassent souvent les recommandations
  340. 14:48 de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation.
  341. 14:52 Les soupes industrielles
  342. 14:54 sont composées d'au moins 1,5 g de sel par brique.
  343. 14:57 Ce qui correspond à peu près à un quart des apports en sel
  344. 15:01 recommandés par l'ANSES.
  345. 15:03 Les dangers d'avoir des produits un peu trop salés,
  346. 15:06 ça va favoriser l'hypertension
  347. 15:08 et donc le risque de maladies cardiovasculaires.
  348. 15:10 Mais alors, ces soupes industrielles,
  349. 15:13 sont-elles moins saines pour la santé ?
  350. 15:18 Certains fabricants, comme Emmanuel,
  351. 15:20 tentent de faire bouger les choses.
  352. 15:22 Il a décidé de cuisiner des soupes préparées
  353. 15:25 en s'inspirant et en modernisant les recettes de nos grands-mères.
  354. 15:29 Nous sommes allés lui rendre visite dans son usine à Némy, en Vendée,
  355. 15:32 à 10 km de la Roche-sur-Yon.
  356. 15:36 Mes amis seraient là et vous diraient qu'à 20 ans,
  357. 15:38 si je fêtais mon anniversaire, je faisais une soupe.
  358. 15:40 Donc aujourd'hui, je continue à le faire.
  359. 15:42 Je suis artisan.
  360. 15:43 Je fabrique tous les jours de la soupe pour la rendre fun.
  361. 15:47 L'idée, c'est de faire des soupes qui soient rigolotes.
  362. 15:50 Aujourd'hui, il prépare une soupe au caillou.
  363. 15:54 La soupe au caillou, jadis, était une soupe paysanne
  364. 15:57 dans laquelle on disposait un galet qui écrasait les légumes
  365. 16:00 grâce à la force du mijotage.
  366. 16:02 Faites de légumes du potager, la recette change en fonction des régions.
  367. 16:06 Chacun a sa soupe au caillou.
  368. 16:08 Ma maman a sa soupe au caillou, ma mémé aussi.
  369. 16:11 Vous, tout le monde a sa soupe au caillou.
  370. 16:18 C'est assez simple.
  371. 16:19 Je travaille avec des produits 100 % vendéens.
  372. 16:22 La pomme de terre, qui est devant moi ici,
  373. 16:23 elle vient de chez Damien, qui est à 600 m.
  374. 16:27 L'oignon de Chaland.
  375. 16:29 Et la grise, qui est un légume endémique de Vendée,
  376. 16:32 que j'essaie aussi de remettre en valeur
  377. 16:35 en l'incorporant dans différentes recettes,
  378. 16:37 notamment la soupe au caillou, que l'on fait aujourd'hui.
  379. 16:40 Et tout se passe comme à la maison, mais en format XXL.
  380. 16:44 Et ça commence par la corvée d'épluchage.
  381. 16:47 C'est un moment de partage. On le voit bien ici.
  382. 16:49 La soupe, c'est toujours un moment de partage.
  383. 16:50 La préparation des légumes, ça fait partie aussi du moment de partage.
  384. 16:54 D'ailleurs, on en pleure.
  385. 16:55 C'est un signe, ici.
  386. 16:57 Elle pleure de joie, là, ça, je vois pas.
  387. 16:59 Emmanuel cuit ses 9 ingrédients pendant 30 minutes
  388. 17:02 et il les mixe.
  389. 17:03 Et j'envoie.
  390. 17:07 Il les passe au tamis pour obtenir une belle onctuosité.
  391. 17:11 Je suis un grand enfant, plus de peau, pas de grain, pas de fil.
  392. 17:14 D'accord ? Et puis ensuite, une fois que ce sera passé au tamis,
  393. 17:17 on va le mettre en bouteille.
  394. 17:22 La seule différence avec la recette de nos grands-mères,
  395. 17:25 c'est la pasteurisation.
  396. 17:27 J'ai un process industriel,
  397. 17:29 pour respecter les normes sanitaires, notamment.
  398. 17:32 Mais par contre, en termes de création,
  399. 17:33 j'estime que j'apporte autre chose.
  400. 17:37 Il n'y a pas d'additifs,
  401. 17:39 parce qu'en fait, il n'y en a pas besoin pour la conservation.
  402. 17:42 La stérilisation ou la pasteurisation,
  403. 17:44 suivant certaines soupes,
  404. 17:45 suffit à conserver une soupe très longtemps.
  405. 17:49 Composée à 50 % de légumes,
  406. 17:52 voici donc le bol idéal pour affronter l'hiver
  407. 17:55 avec gourmandise.
  408. 17:57 Alors, maison ou industrielle, plus question de soupe à la grimace.
  409. 18:01 Ca fait pas forcément grandir,
  410. 18:03 mais en fait, il faut manger de la soupe parce que c'est bon,
  411. 18:05 parce que c'est sain et parce que ça ne coûte pas cher.
  412. 18:08 Donc, il y a plein de saveurs.
  413. 18:10 Si on aime les légumes,
  414. 18:12 on peut se faire plaisir en variant les saveurs.
  415. 18:16 Et donc, il faut manger de la soupe. C'est bon.