Découverte : au fil de la Moselle, l'acier et la terre en héritage

documentary 8:41 ソース ↗ Moselle Lorraine sidérurgie haut fourneau Uckange Metz
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Ce documentaire explore la Moselle, de sa source dans les Vosges à son confluent avec le Rhin, en mettant en lumière son rôle crucial dans l'histoire industrielle sidérurgique et le maraîchage de la Lorraine, tout en célébrant sa beauté naturelle et son importance pour les habitants.

  1. 0:00 La Moselle, c'est la vie, c'est la vie de la région.
  2. 0:10 Quand on parle de rivière française, on ne pense pas forcément à elle.
  3. 0:14 Mal aimée, oubliée.
  4. 0:16 Aujourd'hui, nous vous faisons découvrir la Moselle à travers Roby et son bateau solaire.
  5. 0:22 C'est peut être la plus belle parce que ce n'est pas forcément la plus connue et qu'on a un petit peu oublié.
  6. 0:28 Donc ça, c'est le petit côté en plus, c'est de se dire qu'elle existe, elle est belle.
  7. 0:33 Mais aussi par le maraîchage qui a depuis toujours bénéficié de son apport en eau.
  8. 0:37 La Moselle est vraiment une très grande importance pour nous.
  9. 0:40 Elle fait partie de notre famille, elle est à nos côtés tous les jours.
  10. 0:44 Et surtout par les hauts fourneaux, cœur de l'industrie Lorraine pendant des années, symbole d'une fierté régionale.
  11. 0:51 Si vous prenez l'historique, ça a quand même fait vivre un grand nombre de familles.
  12. 0:57 Ça a existé, il faut le savoir.
  13. 1:04 Au fil de la Moselle, remontons l'histoire de toute une région.
  14. 1:12 Voilà, c'est parti.
  15. 1:15 Nous nous élançons depuis la cathédrale de Metz.
  16. 1:18 Roby nous fait découvrir sa rivière longue de 544 kilomètres.
  17. 1:23 La Moselle, c'est une rivière qui prend sa source dans les Vosges, à Bussan,
  18. 1:28 et qui va rejoindre le Rhin à Koblenz, en Allemagne.
  19. 1:33 Et là, on arrive sur le bras principal de la Moselle, donc là, c'est adapté à la navigation commerciale.
  20. 1:40 Ce large bras a façonné le paysage industriel de la région et a contribué à sa richesse dès le 18e siècle.
  21. 1:47 Au fur et à mesure que le temps passe, on va adapter la rivière, on va faire un axe de transport pour ramener du charbon, ramener du bois aussi.
  22. 1:55 C'est aussi pour transporter l'acier.
  23. 1:59 Les hauts fourneaux sont installés au bord de la Moselle aussi pour le transport.
  24. 2:07 Les hauts fourneaux servaient à fondre le fer pour réaliser la fonte.
  25. 2:11 Ils font leur apparition en France dès le 15e siècle et se développent fortement au 19e, en plein essor industriel.
  26. 2:22 La Lorraine, riche en minerais de fer, est un endroit propice pour installer cette industrie.
  27. 2:27 Jean a travaillé dans le milieu de la sidérurgie toute sa carrière.
  28. 2:31 Alors ici, c'est la première étape de la sidérurgie.
  29. 2:41 Donc là, on transformait le minerai, on le faisait fondre, donc avec les hautes températures, le carbone était absorbé par le fer, donc on faisait de la fonte.
  30. 2:51 Et de là, avec la fonte, elle était expédiée vers d'autres usines, soit sous forme liquide, soit sous forme de petits lingots.
  31. 3:00 Ce site, situé à Uquange, a été créé par des industriels allemands en 1891, lorsqu'une partie de la Lorraine appartenait à l'Allemagne.
  32. 3:10 A son apogée, le complexe comptait 6 hauts fourneaux et 2000 employés.
  33. 3:14 Un métier difficile qui a forgé des amitiés.
  34. 3:19 Comme c'était un métier qui est difficile quand on travaillait à la chaleur, on s'entendait et on avait la chaleur dans notre cœur.
  35. 3:27 C'était une grande famille, c'était une grande famille, donc ils ne voulaient pas quitter cette famille.
  36. 3:33 Ce n'était pas la même ambiance que dans les bureaux ou dans les ateliers mécaniques.
  37. 3:36 Ce n'était pas du tout la même ambiance.
  38. 3:39 Les hommes étaient en permanence à proximité de fourneaux à 1200 degrés que l'on refroidissait à l'aide de la Moselle.
  39. 3:46 Mais de meilleurs alliés, la rivière peut très vite se transformer en terrible ennemi.
  40. 3:51 Moi, j'ai connu deux crues portantes en 1982 et 1983, l'eau de la Moselle a envahi l'usine, il y avait un mètre cinquante d'eau dans l'usine, l'usine arrêtée en catastrophe, personne qui travaillait, je me promenais en barque dans l'usine.
  41. 4:05 Face à la concurrence d'un fer plus riche venant de l'étranger, le site ferme en 1991.
  42. 4:11 De cette époque, il ne reste que ce haut fourneau Lucatre, classé monument historique depuis 2001.
  43. 4:17 Jean-Pierre travaillait ici et a vécu les derniers instants du complexe.
  44. 4:22 Très surpris, parce qu'on faisait du bénéfice, on était en conjoncture basse, mais on marchait bien, on faisait du bénéfice et tout, on s'est battu quand même, manifestation à Elkange, manifestation à Paris, et ça n'a pas empêché que le 17 décembre 1991, on fait la dernière coulée des hauts fourneaux d'Elkange, et le lendemain, plus personne sur les hauts fourneaux.
  45. 4:43 C'est surtout la mémoire ouvrière. On a quand même contribué à remonter la France après les guerres. C'était vraiment une grosse industrie et ça a fait vivre énormément de familles.
  46. 4:58 La sidérurgie, en un siècle, a marqué le paysage le long de la Moselle. Mais malgré cela, la rivière a su conserver son aspect sauvage.
  47. 5:13 On va avoir une richesse importante au niveau de la faune aquatique, donc on va avoir des oiseaux, beaucoup d'oiseaux, des oiseaux de rivière, on va avoir les hérons, les poules d'eau, on a aussi des castors.
  48. 5:25 Ça fait à peu près une dizaine d'années, il y a un couple qui s'est installé là sur le bord de Metz, sur l'île Saint-Symphonien.
  49. 5:33 Roby a fait de la Moselle sa seconde maison. Il y est comme un poisson dans l'eau.
  50. 5:39 Je crois que je passe plus de temps sur l'eau ou à proximité que chez moi. Pour moi, c'est apaisant. C'est l'eau, c'est la nature.
  51. 5:55 Et puis après, c'est aussi mon outil de travail. Mon travail, c'est de partager le côté paisible en faisant des promenades sur un bateau qui fait pas de bruit, en parlant de l'environnement, en parlant de l'histoire aussi.
  52. 6:08 Et l'histoire de la Moselle va bien au-delà de la sidérurgie. C'est aussi une terre de maraîchage. En 1936, le département produit 30% des fraises en France.
  53. 6:18 Aujourd'hui, elle a largement décliné, mais le passé a laissé des traces. Roby nous emmène sur l'exploitation de Henri à 7 km de Metz à la max.
  54. 6:28 Salut, Henri ! Ah, salut, Roby ! Ça va ? Ça sent super bon ! Ouais, ça y est, c'est parti, là ! Ça y est, les premières sont parties, enfin !
  55. 6:40 Tu veux goûter une ? Vas-y, prends-en une ! C'est pas mal !
  56. 6:45 Aujourd'hui, on a un climat dans l'Est qui est favorable à la fraise. On n'est pas dans une région où il fait très, très chaud.
  57. 6:51 Vous voyez, là, je suis en pull, en veste. Vraiment le temps idéal pour la fraise. La fraise était essentiellement sur la commune de Boipy.
  58. 6:59 Et après, les fraises se sont totalement arrêtées sur Boipy. Il n'y a plus du tout de fraises, mis à part quelques producteurs qui étaient encore installés.
  59. 7:05 Au niveau local, nous sommes plus que 2 ou 3 maraîchers sur la région Messines.
  60. 7:11 Face à la concurrence nationale et étrangère, au climat plus favorable, la fraise a peu à peu disparu du département.
  61. 7:18 Néanmoins, la famille Malassé fait de la résistance. Elle est installée au bord de la Moselle depuis 1750 et en tire bénéfice.
  62. 7:27 François, le père d'Henri, n'en démord pas. Sans cette rivière, l'exploitation ne serait pas la même.
  63. 7:33 On est vraiment sur le lit de la Moselle, ce qui permet d'avoir de l'eau pour produire des fruits. Un produit comme la fraise, c'est plus de 95% d'eau.
  64. 7:43 C'est toujours une satisfaction de voir que cette saga familiale, qui maintenant a plus de 250 ans, se perpétue.
  65. 7:50 En espérant que tout cela continue encore, de continuer des années et des années.
  66. 7:59 La Moselle et ses 544 kilomètres ont forgé un territoire, des hommes, leurs histoires et un terroir.
  67. 8:07 Une rivière aux multiples visages qui continue de fasciner ceux qui la côtoient.
  68. 8:13 C'est deux mondes. Un monde qui apporte plein d'air, plein d'oxygène, plein de vie. Et un monde qui va vite, tout simplement.
  69. 8:22 C'est un peu comme un espèce d'oasis qui protège la ville et qui l'aère, qui lui donne toute cette vitalité naturelle.
  70. 8:30 C'est, comment dire, c'est notre rivière.