ALIMENTATION : Le POISON caché dans nos aliments

reportage 51:33 Source ↗ alimentation saine pesticide saumon d'élevage métal lourd perturbateur endocrinien agriculture biologique
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Ce reportage explore les "poisons cachés" dans nos aliments quotidiens, révélant la présence de résidus chimiques, pesticides et métaux lourds même dans les produits considérés comme sains, et propose des solutions pour une alimentation plus sûre et plus saine.

  1. 0:00 Depuis 10 ans, une campagne de santé publique nous recommande de manger 5 fruits et légumes ainsi que du poisson.
  2. 0:11 Nous avons voulu savoir ce qu'il y a vraiment dans ces aliments.
  3. 0:19 Comment sont-ils produits par l'industrie agroalimentaire ? Que trouve-t-on vraiment à l'intérieur ?
  4. 0:27 Nous nous sommes aussi demandé comment éviter les produits qui polluent les aliments et nuisent à notre santé.
  5. 0:41 Cette question est la responsabilité des experts, pas des politiques.
  6. 0:45 Si le sujet est aussi sensible, c'est qu'on avalerait plus de 120 résidus chimiques chaque jour.
  7. 0:51 Ces aliments que l'on qualifie de sains, nous empoisonnerait-ils ?
  8. 0:56 On s'interroge justement entre la responsabilité d'un certain nombre de produits chimiques, là les pesticides, sur la montée de certains cancers ça c'est sûr,
  9. 1:03 sur la montée des maladies neurodégénératives et sur des troubles concernant l'enfant de façon très très forte.
  10. 1:11 Face à cela, partout en France, des hommes et des femmes essaient d'inventer une alimentation qui retrouverait son rôle le plus noble, nous faire du bien.
  11. 1:21 La vapeur va pénétrer à l'intérieur de l'aliment et elle va le faire transpirer. Et l'aliment va cracher tout ce qui lui est étranger.
  12. 1:29 On est quand même super content de proposer un produit différent.
  13. 1:32 Alors mangez ça, un faux ou un toxe.
  14. 1:51 Depuis des années, on oppose la nourriture industrielle aux aliments naturels, comme les fruits et légumes.
  15. 2:00 Il y a deux ans, une enquête indépendante est venue remettre en cause ces beaux principes.
  16. 2:06 L'association qui a mené l'enquête a pris comme base d'étude les repas de Monsieur Tout-le-Monde.
  17. 2:12 Des repas tout à fait standards, conformes aux recommandations du Plan National Nutrition Santé, d'ailleurs équilibrés.
  18. 2:17 Pas un repas qu'on aurait été bricoler avec des aliments particulièrement douteux, mais des repas tout à fait conformes à ce que les foyers français peuvent consommer.
  19. 2:26 Pain, viande, poisson, thé, tomate. En tout, l'association a attesté une vingtaine d'aliments composant les trois repas de la journée.
  20. 2:36 Et le constat est alarmant.
  21. 2:40 Au total, c'est plus de 120 substances chimiques gérées par les repas dans une seule journée.
  22. 2:45 Dans ces 120 substances chimiques, on avait une grosse quarantaine de produits qui sont classés, un titre ou un autre, comme étant des cancérigènes possibles ou probables.
  23. 2:55 Et puis des perturbateurs endocriniens, environ une vingtaine.
  24. 3:00 Le plus alarmant dans ce rapport, c'est que même les aliments naturels de ces repas sont contaminés.
  25. 3:07 Pour comprendre comment il est possible de s'empoisonner tout en faisant attention à son alimentation, nous avons analysé le repas d'une famille, celui de Fernanda et de ses deux filles.
  26. 3:22 J'adore la salade.
  27. 3:24 Pour la santé de ses enfants, Fernanda évite les produits transformés.
  28. 3:29 Elle cuisine des repas particulièrement diététiques, avec de préférence des produits naturels, salades, saumons, fraises et des pommes en compote.
  29. 3:44 Mais cette mère de famille attentionnée fait-elle courir des risques à ses filles ?
  30. 3:50 Nous avons sollicité le docteur Laurent Chevalier.
  31. 3:54 Ce nutritionniste est aussi un spécialiste reconnu des toxiques, notamment de ceux que l'on trouve dans l'alimentation.
  32. 4:03 Salut, bonjour Laurent.
  33. 4:04 Bonjour.
  34. 4:05 Ça va bien ?
  35. 4:06 Il va accompagner Fernanda et sa fille Cecilia au supermarché.
  36. 4:10 Son rôle ? Décrypter les aliments que Fernanda consomme habituellement.
  37. 4:15 J'ai fait attention de ne pas prendre des aliments trop gras, par exemple, et des aliments frais également.
  38. 4:22 Et aussi tu regardes la date ?
  39. 4:24 Oui, on regarde la date, bien sûr.
  40. 4:28 Pour son plat principal, Fernanda choisit un de ses aliments préférés, du saumon.
  41. 4:34 Le saumon d'Atlantique.
  42. 4:38 Ça, c'est un produit qui est élevé en Norvège.
  43. 4:41 Le saumon en soi, c'est un produit qui est très intéressant, puisque c'est une chair qui contient des acides gras Omega 3.
  44. 4:48 Donc, consommer du saumon, c'est très bien.
  45. 4:50 Le problème, c'est qu'on aimerait avoir un peu plus d'informations sur le mode d'élevage et sur ce qui peut rester comme résidu de produit.
  46. 4:58 La moitié du saumon d'élevage consommé en France vient de Norvège.
  47. 5:02 Et 95% de ce saumon est du saumon d'élevage.
  48. 5:06 Problème, le ministère de la Santé norvégien a préconisé d'en limiter la consommation à deux fois par semaine.
  49. 5:12 De la part du pays, qui fournit les deux tiers du saumon mondial, cette recommandation est plutôt inquiétante.
  50. 5:20 Certains Norvégiens, comme le leader de l'association Green Warriors, sont opposés à l'élevage intensif du saumon.
  51. 5:29 Vous pouvez voir que c'est un saumon d'élevage, car sa queue n'est pas assez grosse.
  52. 5:33 Sa nageoire n'est pas assez développée.
  53. 5:36 Ce saumon ne pourrait jamais survivre dans la nature.
  54. 5:39 C'est parce qu'il grandisse dans une trop grande promiscuité.
  55. 5:46 Je ne recommande à personne de manger ce saumon.
  56. 5:50 C'est là que le saumon norvégien devrait se trouver à présent.
  57. 5:54 Pas dans l'assiette de qui que ce soit.
  58. 5:57 Si je dois vous dire la vérité.
  59. 6:03 Depuis que le saumon est devenu un poisson que le monde entier veut consommer,
  60. 6:08 la population norvégienne s'est rendue compte qu'il n'y avait pas de saumon d'élevage.
  61. 6:14 Depuis que le saumon est devenu un poisson que le monde entier veut consommer,
  62. 6:20 les fjords de Norvège se sont transformés en gigantesques fermes aquacoles.
  63. 6:25 Mais ces fermes génèrent une pollution intense.
  64. 6:28 Parmi les produits mis en cause, un antibiotique, le diflubenzuron,
  65. 6:33 que les fermiers utilisent pour tuer un parasite, le pouls de mer.
  66. 6:38 Problème, le diflubenzuron est classé comme pesticide en Europe,
  67. 6:42 mais la Norvège, qui ne fait pas partie de l'UE, l'utilise quand même.
  68. 6:52 Sur ces images, prises par un sous-marin, une épaisse couche blanchâtre.
  69. 6:56 Ce sont les matières fécales des saumons.
  70. 6:59 Dedans, des pesticides qui contaminent les poissons qui vivent à l'extérieur des fermes.
  71. 7:04 Cette contamination serait responsable des difformités de ces poissons.
  72. 7:14 Au nord du pays, la ville de Trondheim a une particularité.
  73. 7:18 On trouve encore des saumons sauvages dans la rivière qui la traverse.
  74. 7:25 Arne Hansen est un pêcheur de saumons sauvages en colère.
  75. 7:30 Je ne comprends pas du tout comment vous pouvez manger du saumon d'élevage.
  76. 7:34 Si vous aviez goûté du saumon sauvage, vous ne pourriez jamais plus manger de saumon d'élevage,
  77. 7:39 qu'il vienne de Norvège ou de n'importe où.
  78. 7:47 L'industrie du saumon est en train de détruire ma vie.
  79. 7:51 Ça détruit complètement ma vie.
  80. 7:54 Parce que dans deux ou trois ans, je ne pourrai plus pêcher de saumon dans ma rivière.
  81. 8:03 Les fermes de saumon détruisent les saumons sauvages.
  82. 8:08 La preuve, lorsque les pêcheurs font une belle prise,
  83. 8:11 ils sont désormais obligés de la relâcher, si c'est une femelle.
  84. 8:16 Chaque année, la ville de Trondheim organise le plus grand salon au monde de la pisciculture.
  85. 8:22 Pendant une semaine, Aquanor réunit les professionnels de l'industrie du saumon d'élevage.
  86. 8:32 Les pêcheurs de saumon sauvage sont les plus nombreux au monde.
  87. 8:36 Il y a des dizaines de milliers de pêcheurs de saumon sauvage.
  88. 8:40 L'industrie du saumon d'élevage.
  89. 8:47 Une tribune de choix pour Courte-Audolkaf.
  90. 8:51 Ce militant écologiste est placé sous haute surveillance,
  91. 8:54 car il dénonce sans relâche les dangers de l'industrialisation des fermes aquacoles.
  92. 9:05 Oh, c'est bon à savoir.
  93. 9:08 C'est l'endroit où toutes les personnes impliquées dans l'industrie du saumon se retrouvent.
  94. 9:12 C'est le plus grand rendez-vous mondial pour la pisciculture.
  95. 9:15 Ces éleveurs de poissons ont besoin d'informations.
  96. 9:18 C'est pour ça que c'est bien d'être là.
  97. 9:20 Hé, toi, le Suédois.
  98. 9:25 L'opinion norvégienne est vraiment en train de changer.
  99. 9:28 Elle n'est plus du tout en faveur des fermes aquacoles.
  100. 9:31 Les seules qui sont encore en faveur de ça, ce sont ceux qui font de l'argent avec.
  101. 9:35 Les Norvégiens sont agacés parce que la côte est en train d'être détruite
  102. 9:40 par une bande de millionnaires qui n'en ont rien à faire.
  103. 9:45 Ici, la recommandation du ministère de la Santé de limiter la consommation de saumon a fait l'effet d'une bombe.
  104. 9:52 Pour rassurer les professionnels, la ministre de la Pêche a fait le déplacement.
  105. 9:57 Une ministre qui est également une productrice de saumon d'élevage.
  106. 10:01 Autant dire que la santé des consommateurs n'est pas son domaine de prédilection.
  107. 10:12 Il y a eu des allégations dans la presse française selon lesquelles le saumon d'élevage n'est pas bon pour la santé.
  108. 10:18 Je crois que c'est mieux si vous parlez aux experts.
  109. 10:21 Cette question est la responsabilité des experts, pas des politiques.
  110. 10:27 Occupez-vous de lui.
  111. 10:32 Son principal adversaire politique n'est pas plus préoccupé de santé publique.
  112. 10:38 Il paraît qu'il y a des problèmes quand on mange du saumon.
  113. 10:41 On dit qu'il peut y avoir des maladies.
  114. 10:44 C'est n'importe quoi.
  115. 10:47 Pouvez-vous me dire pourquoi ?
  116. 10:49 Oui, de n'importe quelle façon que vous le preniez, c'est bon pour la santé de manger du saumon norvégien.
  117. 10:56 Ok, même s'il y a des problèmes avec l'élevage du saumon ?
  118. 11:05 Il n'y a pas de problème dans l'élevage.
  119. 11:07 A la limite, il peut y avoir des problèmes pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.
  120. 11:11 Mais ils ne devraient pas manger non plus de poulet, ni quoi que ce soit.
  121. 11:20 Il n'y a pas de problème avec le saumon norvégien.
  122. 11:26 Les poissons d'élevage sont élevés comme des poulets en batterie.
  123. 11:30 Que ce soit le cabillaud, la dorade, le bar, le tilapia ou d'autres encore.
  124. 11:35 En 2013, l'Union Européenne a autorisé qu'ils soient de nouveau nourris aux farines animales.
  125. 11:45 Mais qu'en est-il des poissons issus de la pêche ?
  126. 11:48 S'ils semblent plus sains, ils nagent tout de même dans des mers et rivières qui peuvent aussi être polluées.
  127. 11:55 La pollution la plus grave est celle aux métaux lourds.
  128. 12:02 La station marine d'Arcachon est spécialisée dans l'observation du milieu marin.
  129. 12:07 En disséquant les poissons, Régine Maury-Braché analyse leur taux de mercure.
  130. 12:15 Elle peut aussi connaître notre niveau de contamination au mercure à partir d'une simple mèche de cheveux.
  131. 12:22 L'avantage des cheveux, c'est que c'est le reflet de la contamination par le mercure.
  132. 12:26 Et on sait que ces cheveux poussent d'un centimètre par mois.
  133. 12:29 Donc on va pouvoir connaître la contamination du mois précédent.
  134. 12:36 Mon caméraman et moi allons nous prêter au jeu.
  135. 12:38 Je mange du poisson trois fois par semaine alors qu'Emmanuel, le caméraman, n'en mange qu'une fois.
  136. 12:52 On voit qu'Eric a un niveau de contamination de 2,6 mg par kilo alors que Manuel n'a que 0,74.
  137. 13:01 Donc en fait on voit qu'Eric doit manger plus de poissons que Manuel.
  138. 13:05 Mais les quantités, il faut relativiser, sont relativement faibles.
  139. 13:12 Mon taux de mercure est tout de même trois fois plus important que celui de mon collègue.
  140. 13:17 Dans n'importe quel poisson, on marque du mercure aujourd'hui en fait ?
  141. 13:20 Oui, mais en quantité plus ou moins importante suivant le régime alimentaire du poisson.
  142. 13:24 C'est sûr qu'un poisson qui s'y vend, qui mange d'autres poissons, sera plus contaminé.
  143. 13:30 Les petits poissons sont mangés par les plus gros et ainsi de suite.
  144. 13:34 Ceux qui se trouvent au bout de la chaîne alimentaire, les plus gros, sont les plus chargés en mercure et il vaut mieux éviter de les manger.
  145. 13:42 Si quelqu'un ne consommait que du thon rouge et des gros poissons, des gros, des adultes, plus de 100 kg,
  146. 13:49 à force c'est sûr qu'il pourrait être contaminé par le mercure.
  147. 13:53 Il y a d'importance, il faut bien comprendre que la contamination par le mercure
  148. 13:57 va avoir un impact très important au niveau d'un cerveau en formation.
  149. 14:01 Alors quel genre de population ça va atteindre ?
  150. 14:04 C'est le fœtus, donc c'est pour ça qu'on va faire beaucoup de surveillance au niveau du cerveau.
  151. 14:09 Donc c'est pour ça qu'on va faire beaucoup de surveillance au niveau de la femme enceinte et pour l'enfant de 0 à 7 ans.
  152. 14:17 Les conséquences sont graves, troubles neurologiques et hormonaux.
  153. 14:21 Les bénéfices en oméga 3 du poisson sont importants, mais il faut éviter le poisson d'élevage et privilégier le poisson de pêche.
  154. 14:29 Mangez plutôt des petits que des gros, par exemple moins de thon et de saumon et plus de mackerels et de sardines.
  155. 14:37 L'Agence Française de Sécurité Sanitaire recommande de consommer 2 fois par semaine du poisson,
  156. 14:43 mais de limiter à 2 fois par mois la consommation de carpe et d'anguille.
  157. 14:53 Retour au supermarché avec le docteur Laurent Chevalier et Fernanda.
  158. 14:58 Alors là, mets-tu ton salade ?
  159. 15:00 Ils cherchent une salade, qui est le troisième légume vert le plus consommé en France.
  160. 15:05 Il y en a de toutes les sortes et à tous les prix, mais certaines salades ne sont pas si naturelles qu'il paraît.
  161. 15:13 On demande de rincer avant emploi.
  162. 15:15 D'accord.
  163. 15:16 Et en fait, c'est lavé avec une eau qui est un petit peu chlorée, qui contient un peu de chlore.
  164. 15:20 D'accord.
  165. 15:21 Alors, c'est pas forcément très très gênant, mais c'est vrai qu'il faut mieux bien bien le rincer.
  166. 15:25 Alors ce genre de salade ?
  167. 15:27 Sur ce type de salade, quand elle est un petit peu emballée juste comme ça avant consommation, ça la protège un petit peu des microbes.
  168. 15:34 Mais là, on n'a aucune information réelle sur l'origine, sur le mode de culture.
  169. 15:39 Or, les salades sont des produits fragiles et on peut utiliser un certain nombre de pesticides.
  170. 15:45 On a donc beaucoup d'incertitudes finalement, non pas sur le produit lui-même, mais sur ce qui a été utilisé pour sa culture.
  171. 15:57 Pour découvrir si ces salades contiennent des produits chimiques, nous nous sommes rendus dans une des régions productrices.
  172. 16:03 En l'occurrence, en Bretagne, près de Roscoff.
  173. 16:10 On va monter dans la parcelle, là.
  174. 16:16 C'est un collègue qui les fait, c'est pas moi.
  175. 16:18 Alain Arouache est un producteur de salades.
  176. 16:21 Il nous emmène dans l'exploitation d'un de ses collègues.
  177. 16:26 En bon verbe paix de la salade bretonne, il nous fait l'article sur les qualités des salades iceberg.
  178. 16:33 Il n'y a pas besoin de la laver. On a 90 à 95% de la salade qui est consommable.
  179. 16:40 Donc on a du blanc, on a du vert pâle, on a du plus vert.
  180. 16:44 Il y en a pour tous les goûts.
  181. 16:46 Elle est croquante et très bonne.
  182. 16:54 Tout juste sorti de terre, pas même lavé, directement emballé.
  183. 16:58 Par la grâce de quelques interventions humaines, ces salades n'ont ni puceron ni chenille.
  184. 17:06 On a travaillé beaucoup au niveau variétal sur les résistances, les tolérances au puceron.
  185. 17:13 Et derrière, il y a quand même quelques interventions en temps et en heure, suivant les constats qu'on fait sur la parcelle.
  186. 17:24 On ne va pas traiter systématiquement.
  187. 17:27 On intervient en raisonné, comme on le dit.
  188. 17:32 On ne traite pas parce qu'on a envie de traiter. On traite si il y a besoin.
  189. 17:37 L'agriculture raisonnée doit respecter l'environnement.
  190. 17:40 Elle se situe à mi-chemin entre l'agriculture conventionnelle, qui utilise des produits chimiques,
  191. 17:46 et l'agriculture biologique, qui elle, n'en utilise pas.
  192. 17:49 En raisonné, pour savoir quand traiter, d'astucieux procédés sont mis en place.
  193. 17:55 Ici, nous avons un piège noctuel.
  194. 17:58 Le technicien en dispose par zone.
  195. 18:03 Et derrière, il vient régulièrement faire des comptages de capture de papillons.
  196. 18:08 Et ensuite, suivant le seuil atteint en volume, il nous prévient qu'il a capturé tant de papillons
  197. 18:17 que dans 8 à 10 jours, il y aura attention, il y aura une intervention à faire,
  198. 18:21 parce qu'on aura des vers sur les salades.
  199. 18:24 L'intervention, ce sera quoi ?
  200. 18:26 L'intervention, ce sera une intervention chimique,
  201. 18:29 l'utilisation de médicaments pour la plante,
  202. 18:35 et pour éviter de retrouver ces vers dans nos salades.
  203. 18:42 Des médicaments, quelle drôle d'expression pour dire des pesticides.
  204. 18:45 Un mot qu'il ne faut apparemment pas prononcer.
  205. 18:49 Ces pesticides peuvent se retrouver aussi dans les salades et donc dans nos assiettes.
  206. 18:57 On trouve des résidus assez fréquemment dans les salades, oui.
  207. 19:02 On va en trouver.
  208. 19:03 Le problème de la salade, c'est que ce n'est pas quelque chose qu'on peut éplucher la feuille.
  209. 19:06 On peut en enlever certaines parties, mais ce qui reste va contenir des résidus.
  210. 19:10 Donc oui, dans les chiffres de la répression des fraudes, de la DGCCRF,
  211. 19:14 on va trouver fréquemment des résidus de pesticides dans les salades, ça on le sait.
  212. 19:20 Mais ce ne sont pas les seuls.
  213. 19:21 Parmi les légumes les plus contaminés, on trouverait les courgettes, les poivrons et les haricots.
  214. 19:31 Claude Reiss est un biologiste moléculaire du CNRS, aujourd'hui à la retraite.
  215. 19:36 Il a participé à de nombreuses études sur les pesticides.
  216. 19:41 Tous les pesticides sont des molécules faites pour tuer.
  217. 19:44 Donc nous les absorbons, en principe c'est fait pour tuer les plantes et les insectes.
  218. 19:49 Mais en fait, ce n'est pas mieux pour nous.
  219. 19:51 Parce que le système neuronal de l'insecte, c'est un peu le même principe que le nôtre.
  220. 19:56 La principale source de produits chimiques dangereux pour l'homme, c'est dans l'alimentation.
  221. 20:00 C'est clair.
  222. 20:02 Je préfère produits de la région.
  223. 20:06 Pour Fernanda, c'est le moment de choisir son dessert.
  224. 20:09 Une compote de pommes pour ses filles.
  225. 20:17 Voilà, ça ira.
  226. 20:18 Moi je préfère acheter peu et manger rapidement, puisqu'elle achète beaucoup.
  227. 20:22 Et après, comme ça on mange frais.
  228. 20:24 La pomme est le fruit le plus consommé en France.
  229. 20:28 Mais c'est aussi celui qui est suspecté de recevoir le plus de traitements chimiques.
  230. 20:32 Selon l'INRA, une pomme reçoit en moyenne 36 traitements par année.
  231. 20:42 Dans le limousin, les riverains sont directement au contact des pesticides.
  232. 20:47 Fabrice Micoro est entré en croisade contre les épandages.
  233. 20:58 Certaines personnes qui sont venues aménager ici se sont dit avec ces pommiers en fleurs au printemps, ça doit être sympa.
  234. 21:03 Sauf qu'il y a le côté bucolique.
  235. 21:05 C'est un peu la même chose.
  236. 21:07 C'est un peu la même chose.
  237. 21:09 C'est un peu la même chose.
  238. 21:11 C'est un peu la même chose.
  239. 21:13 Certaines personnes qui sont venues amener des pommiers en fleurs au printemps, ça doit être sympa.
  240. 21:15 Sauf qu'il y a le côté bucolique.
  241. 21:17 Mais ensuite, la première chose qui frappe c'est l'odeur.
  242. 21:19 Mais ensuite, la première chose qui frappe c'est l'odeur.
  243. 21:21 Il est bien évident qu'à la caméra ça ne ressort pas, mais je peux vous dire que l'odeur est parfois insupportable.
  244. 21:23 Il est bien évident qu'à la caméra ça ne ressort pas, mais je peux vous dire que l'odeur est parfois insupportable.
  245. 21:25 C'est irritant, on se met à tousser, etc.
  246. 21:27 C'est irritant, on se met à tousser, etc.
  247. 21:29 Il veut savoir la nature exacte des produits utilisés par les cultivateurs de pommes.
  248. 21:31 Il veut savoir la nature exacte des produits utilisés par les cultivateurs de pommes.
  249. 21:35 Quand je vois que ce sont des produits chimiques à utiliser 40 ou 50 fois par an,
  250. 21:37 Quand je vois que ce sont des produits chimiques à utiliser 40 ou 50 fois par an,
  251. 21:45 qu'on me dit que ces producte systémiques vont jusqu'au cœur du produit, de la pomme
  252. 21:47 qu'on me dit que ces productes systémiques vont jusqu'au cœur du produit, de la pomme
  253. 21:51 qu'on a beau l'éplucher, que malgré tout il y aura quand même des produits, je suis inquiet.
  254. 21:53 qu'on a beau l'éplucher, que malgré tout il y aura quand même des produits, je suis inquiet.
  255. 21:55 un responsable qui m'arrete, un des responsables fait signe de m'arrêter
  256. 21:57 un des responsables qui m'arrête, un des responsables fait signe de m'arrêter
  257. 22:03 dans ce village la pomme est devenue source de conflits
  258. 22:05 dans ce village la pomme est devenue source de conflits
  259. 22:15 on fait tout ce qu'il est possible de faire en modifying des bactéries
  260. 22:17 on fait tout ce qu'il est possible de faire en des bactéries
  261. 22:19 on fait tout ce qu'il est possible de faire en désheartG
  262. 22:21 on fait tout ce qu'il est possible de faire en désheartG
  263. 22:23 on fait tout ce qu'il est possible de faire en des bactéries
  264. 22:25 on fait tout ce qu'il est possible de faire en désheartG
  265. 22:27 moi le premier, mon gamin est en train de se promener dans les rangs
  266. 22:29 est-ce que tu crois que je vais l'empoisonner mon gamin ?
  267. 22:31 regarde moi dans les yeux
  268. 22:33 est-ce que tu crois que je suis capable
  269. 22:35 il ne faut pas t'énerver
  270. 22:37 je ne m'énerve pas, mais tu tournes le regard
  271. 22:39 j'aime les gens francs
  272. 22:41 je pense que j'ai prouvé que j'étais franc depuis longtemps
  273. 22:43 est-ce que tu crois capable que je vais empoisonner mon gamin ?
  274. 22:45 on n'a pas la même conscience
  275. 22:47 on se promène ici
  276. 22:49 est-ce que je suis malade ?
  277. 22:51 après cette mise en point
  278. 22:53 Pierre Bory, le responsable de l'exploitation
  279. 22:55 accepte de nous faire visiter sa pommerie
  280. 22:57 alors sachez que tout ce qu'on peut faire
  281. 22:59 pour éviter de traiter
  282. 23:01 on le fait
  283. 23:03 ça dépend des années
  284. 23:05 si elles sont plus vieuses ou pas
  285. 23:07 on a eu un printemps plus vieux
  286. 23:09 où nous sommes revenus plus souvent
  287. 23:11 là l'été a été sec
  288. 23:13 on n'a pas traité de l'été
  289. 23:15 ou alors avec des solutions biologiques
  290. 23:17 des fois quand on fait un engrais foliaire
  291. 23:19 parce qu'on préfère nourrir l'arbre par la feuille
  292. 23:21 plutôt que par le sol
  293. 23:23 ou quand on utilise des produits biologiques
  294. 23:25 est-ce qu'il n'y a aucun de ces produits qui est dangereux ?
  295. 23:27 ou est-ce qu'ils sont quand même dangereux
  296. 23:29 même pour l'environnement
  297. 23:31 pour les riverains
  298. 23:33 parce que c'est seulement le début
  299. 23:35 la règle alimentation européenne m'autorise
  300. 23:37 à les utiliser
  301. 23:39 donc je ne vois pas pourquoi
  302. 23:41 ils seraient dangereux
  303. 23:43 sachant qu'on respecte
  304. 23:45 toutes les précautions d'usage
  305. 23:47 ok, très bien
  306. 23:49 vous ne voulez toujours pas me montrer les produits
  307. 23:51 parce qu'on a des agréments
  308. 23:53 pour rentrer dans les locales phyto
  309. 23:55 et vous, vous ne l'avez pas
  310. 23:57 ça c'est une bonne réponse
  311. 23:59 dans les locaux phyto et vous, vous ne l'avez pas
  312. 24:01 j'ai pas l'agrément pour rentrer dans le local
  313. 24:03 on a un certifito ça s'appelle
  314. 24:05 utilisateur, décideur
  315. 24:09 et vous, vous ne l'avez pas
  316. 24:11 deuxième tentative
  317. 24:13 pour savoir ce qu'il y a dans ces pommes
  318. 24:15 vous me donnez des pommes ?
  319. 24:17 vous voulez les analyser ?
  320. 24:19 oui
  321. 24:21 alors est-ce que j'ai le droit ?
  322. 24:23 vous avez le droit
  323. 24:25 c'est vos pommes
  324. 24:27 est-ce que j'ai le droit de vous donner des pommes ?
  325. 24:29 ils me demandent
  326. 24:31 s'ils peuvent prendre des pommes
  327. 24:33 je leur ai dit qu'elles n'étaient pas tout à fait mûres
  328. 24:35 elles ne sont pas mûres
  329. 24:39 allez, je te remercie
  330. 24:41 oui
  331. 24:45 on fait des analyses de résidus
  332. 24:47 les fruits arrivaient
  333. 24:51 à la date de consommation
  334. 24:53 et là on est quand même un mois
  335. 24:55 un mois avant
  336. 24:57 donc ça ne serait pas
  337. 24:59 on ne pourrait pas les comparer
  338. 25:01 à des analyses sur des fruits
  339. 25:03 prêts à être consommés
  340. 25:05 moi je sais que ça risque rien
  341. 25:07 on ne donne pas de pommes
  342. 25:11 les épandages de pesticides peuvent entraîner des maladies
  343. 25:13 pour ceux qui sont le plus
  344. 25:15 au contact des pommeraies
  345. 25:17 les agriculteurs et les riverains
  346. 25:19 Christina et son mari André
  347. 25:21 se sont installés
  348. 25:23 il y a 20 ans en Corrèze
  349. 25:25 tout près d'un verger
  350. 25:27 c'est pas cool
  351. 25:29 vivre à la campagne
  352. 25:31 c'est pas cool de vivre à la campagne
  353. 25:33 non c'est pas cool
  354. 25:37 entre le printemps et l'automne
  355. 25:39 les épandages
  356. 25:41 c'est 6 fois par mois
  357. 25:43 à chaque fois qu'il commence
  358. 25:45 c'est comme la guerre
  359. 25:47 je m'enferme parce que je ne sais pas ce que je respire
  360. 25:49 j'ai un problème de thyroïde
  361. 25:51 depuis que je suis là
  362. 25:53 moi je n'avais pas
  363. 25:55 je pense que ça doit être lié mais je ne peux pas prouver
  364. 25:57 ma famille personne n'a de problème de thyroïde
  365. 26:03 Christina n'est pas la seule
  366. 26:05 dans la région des centaines de cas
  367. 26:07 ont été répertoriés
  368. 26:09 face à cette augmentation des pathologies
  369. 26:11 les médecins de la région
  370. 26:13 se mobilisent
  371. 26:15 à Limoges
  372. 26:17 ils se sont constitués en association
  373. 26:19 pour alerter l'opinion et les pouvoirs publics
  374. 26:21 c'est le docteur Perrineau
  375. 26:23 qui a lancé l'initiative
  376. 26:25 déjà signée par 130 médecins du Limousin
  377. 26:29 ce qu'on constate
  378. 26:31 c'est la montée des maladies chroniques
  379. 26:33 oui les gens ne vivent plus vieux
  380. 26:35 mais oui ils vivent avec des maladies chroniques
  381. 26:37 beaucoup plus qu'avant
  382. 26:39 et si on doit faire
  383. 26:41 un rapport entre
  384. 26:43 ce constat là et
  385. 26:45 les pesticides c'est parce qu'on s'interroge
  386. 26:47 entre la responsabilité d'un certain nombre
  387. 26:49 de produits chimiques
  388. 26:51 mais dans la montée de ce phénomène
  389. 26:53 les pesticides n'expliquent pas toute
  390. 26:55 la montée des maladies chroniques
  391. 26:57 mais en tout cas
  392. 26:59 ils interrogent
  393. 27:01 sur la montée de certains cancers
  394. 27:03 sur la montée des maladies neurodégénératives
  395. 27:05 et sur des troubles concernant
  396. 27:07 l'enfant de façon très forte
  397. 27:09 c'est compliqué
  398. 27:11 remettre en cause les pesticides
  399. 27:13 c'est remettre en cause
  400. 27:15 un des piliers de l'agriculture moderne
  401. 27:17 du dernier demi-siècle
  402. 27:21 la France est le pays qui utilise
  403. 27:23 le plus de pesticides en Europe
  404. 27:25 et cela ne se limite pas aux pommes
  405. 27:27 C'est celles-là qui sont magnifiques
  406. 27:29 Oui, celles-là sont magnifiques
  407. 27:31 Retour au supermarché
  408. 27:33 avec Fernanda et le docteur Chevalier
  409. 27:35 Mara Desbois
  410. 27:37 Garriette
  411. 27:39 Plougastel
  412. 27:41 les fraises françaises sont réputées
  413. 27:43 pour leur qualité
  414. 27:45 A 2,99€, 250 grammes
  415. 27:47 Là, des fraises allemandes
  416. 27:49 250 grammes aussi
  417. 27:51 Non, 500 grammes à 2,49
  418. 27:53 Mais finalement, ces fraises allemandes
  419. 27:55 elles ont un manque de couleur
  420. 27:57 Et vous savez qu'il y a une étude
  421. 27:59 qui pointait le fait qu'on peut avoir
  422. 28:01 des résidus de pesticides dans les fraises
  423. 28:03 c'est une chose qui vous inquiète, ça ou pas ?
  424. 28:05 Non, il y a quelque chose
  425. 28:07 les fraises, je pense pas trop
  426. 28:09 je sais que ça existe le risque, j'évite
  427. 28:11 mais je vais pas laisser de manger des fraises
  428. 28:13 parce qu'on a un peu de pesticides quand même
  429. 28:15 D'accord, parce qu'il y a ce risque
  430. 28:17 Oui, c'est un risque
  431. 28:19 On prend celle-là
  432. 28:21 Problème
  433. 28:23 La présence de pesticides perturbateurs endocriniens
  434. 28:25 en dose significative
  435. 28:27 dans les trois quarts des échantillons
  436. 28:29 c'est quand même pas rien
  437. 28:31 on avait des fraises qui contenaient
  438. 28:33 en moyenne 5 résidus de pesticides
  439. 28:35 sur les fraises françaises
  440. 28:37 4 sur les fraises espagnoles en groupe
  441. 28:39 Au niveau européen
  442. 28:41 la France est un petit producteur
  443. 28:43 de fraises
  444. 28:45 avec un nombre d'échantillons
  445. 28:47 qui sont en moyenne
  446. 28:49 5 résidus de pesticides
  447. 28:51 La France est un petit producteur de fraises
  448. 28:53 avec ses 12 000 tonnes par an
  449. 28:55 le Lot-et-Garonne est le premier département
  450. 28:57 producteur en France
  451. 29:05 Près de Marmande
  452. 29:07 l'exploitation de Philippe Bloin
  453. 29:09 est une des vitrines de la fraise
  454. 29:11 en Lot-et-Garonne
  455. 29:15 Novateur, ce gascon
  456. 29:17 a réussi à étaler sa production
  457. 29:19 sur des périodes de plus en plus longues
  458. 29:41 Les méthodes de production ont évolué
  459. 29:43 Dorénavant, les gariguettes
  460. 29:45 de Philippe Bloin sont cultivées
  461. 29:47 en hors-sol
  462. 30:17 C'est un problème de manque de manoeuvre
  463. 30:19 C'est l'aération
  464. 30:21 qu'on appelle goutte à goutte
  465. 30:23 et c'est là qu'on apporte l'eau
  466. 30:25 pour la plante
  467. 30:27 l'eau et la fertilisation
  468. 30:29 et on met ça goutte à goutte
  469. 30:31 quand il faut, comme il faut
  470. 30:33 et à propos
  471. 30:35 Aujourd'hui, en production comme ça
  472. 30:37 on ne traite pratiquement plus
  473. 30:39 pour ma part
  474. 30:41 je traite sur janvier, février
  475. 30:43 mais du jour, même 15 jours
  476. 30:45 Philippe, il ne traite plus
  477. 30:47 et on fait de la lutte intégrée
  478. 30:49 ou alors après
  479. 30:51 on traite avec des produits pour l'odium
  480. 30:53 à base de purure d'orage
  481. 30:55 de bicarbonate de potassium
  482. 30:57 donc des traitements vraiment pas agressifs
  483. 30:59 Philippe Bloin
  484. 31:01 a une totale confiance
  485. 31:03 dans les produits qu'il emploie
  486. 31:05 pour les quelques traitements qu'il fait
  487. 31:07 au cours de l'année
  488. 31:09 Ce que je fais depuis
  489. 31:11 depuis mars, avril
  490. 31:13 mai, juin
  491. 31:15 c'est pratiquement du bio
  492. 31:17 mais janvier, février
  493. 31:19 on met quand même des systémiques
  494. 31:21 qui ne sont pas des produits bio
  495. 31:23 mais qui sont homologués
  496. 31:25 qui sont dans le cahier des charges
  497. 31:27 et qui sont des produits à 3 jours
  498. 31:29 ça veut dire que 3 jours après
  499. 31:31 on peut consommer la fraise sans aucun risque
  500. 31:35 Le problème des produits systémiques
  501. 31:37 c'est qu'ils se logent au coeur du fruit
  502. 31:39 pour savoir s'ils s'éliminent
  503. 31:41 Autant que ce que les fabricants
  504. 31:43 veulent bien faire croire
  505. 31:45 nous avons envoyé ces fraises dans un laboratoire
  506. 31:47 indépendant pour analyse
  507. 31:57 Une fois les résultats obtenus
  508. 31:59 nous avons fait appel à François Veyret
  509. 32:01 de génération future
  510. 32:03 pour décrypter l'analyse
  511. 32:05 Là vous avez retrouvé dans un échantillon de fraises
  512. 32:07 4 pesticides différents
  513. 32:09 tous à des doses inférieures
  514. 32:11 aux limites maximales en résidus
  515. 32:13 Vous avez dans ces produits-là
  516. 32:15 2 qui sont suspectés d'être cancérigènes
  517. 32:17 par l'agence de l'environnement des Etats-Unis
  518. 32:19 et puis 2 perturbateurs endocriniens
  519. 32:21 Ça, ça nous inquiète quand même
  520. 32:23 de voir ce type de cocktail
  521. 32:25 présent dans les fraises
  522. 32:27 C'est assez représentatif de ce qu'on trouve en Europe
  523. 32:29 Nous, on a fait analyser une cinquantaine
  524. 32:31 d'échantillons récemment
  525. 32:33 On a trouvé qu'il y avait entre 4 à 5 résidus par fraise
  526. 32:35 Les résultats de l'analyse que nous avons réalisé
  527. 32:37 sont conformes à ceux
  528. 32:39 que l'association a fait quelques mois plus tôt
  529. 32:41 Même si les taux de pesticides détectés
  530. 32:43 sont bien inférieurs
  531. 32:45 aux limites autorisées
  532. 32:47 leur présence n'est pas sans risque
  533. 32:51 Nous avons proposé
  534. 32:53 à Philippe Blouin un droit de réponse
  535. 32:55 J'ai utilisé des produits phytosanitaires
  536. 32:57 homologués
  537. 32:59 Mes fraises sont conformes à la réglementation
  538. 33:01 française qui est la plus exigeante
  539. 33:03 en Europe
  540. 33:05 Les LMR, limite maximale de résidus
  541. 33:07 sont des limites réglementaires
  542. 33:09 qui sont fixées dans des conditions
  543. 33:11 garantissant l'innocuité à l'égard du consommateur
  544. 33:13 Il n'y a pas de lien direct
  545. 33:15 entre la LMR
  546. 33:17 et la toxicité des produits
  547. 33:19 Puisque ces produits sont autorisés
  548. 33:21 d'usage sur la fraise et que les professionnels
  549. 33:23 les utilisent, il est logique de les retrouver
  550. 33:25 Ce qui ne serait pas logique, c'est de ne pas les retrouver
  551. 33:27 parce que si on les utilise forcément
  552. 33:29 ils sont présents sur les fruits
  553. 33:31 Mais si c'est logique, je considère que ce n'est pas normal
  554. 33:33 Quand j'achète des fraises, je n'ai pas envie
  555. 33:35 d'acheter des résidus de pesticides en même temps
  556. 33:37 Le vrai danger pour ces produits-là
  557. 33:39 ce n'est pas un danger immédiat
  558. 33:41 Vous n'allez pas tomber par terre
  559. 33:43 après avoir mangé ces fraises-là
  560. 33:45 Le danger, c'est les effets chroniques
  561. 33:47 sur le long terme de ces faibles doses
  562. 33:49 de pesticides en cocktail, en mélange
  563. 33:51 dans ces fraises, mais également
  564. 33:53 dans d'autres aliments, sur le long terme
  565. 33:59 Pour l'université d'Aston, en Angleterre
  566. 34:01 Claude Reiss a réalisé une des rares études
  567. 34:03 sur l'interréaction des pesticides
  568. 34:07 Il a démontré que leur nocivité
  569. 34:09 se démultipliait lorsqu'ils sont associés
  570. 34:13 Là, nous avons fait par exemple un test
  571. 34:15 sur des fongicides qu'on trouve
  572. 34:17 sur les raisins de table
  573. 34:19 On en a trouvé jusqu'à 10
  574. 34:21 sur le même raisin
  575. 34:23 Nous en avons pris 3 de ces 10
  576. 34:25 et nous avons étudié
  577. 34:27 leurs effets sur des cellules neuronales en culture
  578. 34:29 Les 3 individuellement
  579. 34:31 n'ont pratiquement pas d'effet
  580. 34:33 Mais pris ensemble, il y a un effet
  581. 34:35 synergique monumental
  582. 34:41 Donc vous avez ces diverses molécules
  583. 34:43 qui peuvent, tout en étant
  584. 34:45 à des concentrations excessivement faibles
  585. 34:47 peuvent effectivement donner lieu
  586. 34:49 à des problèmes de santé importants
  587. 34:53 Selon plusieurs études,
  588. 34:55 les fraises, les pommes, les poires
  589. 34:57 et le raisin sont parmi les fruits
  590. 34:59 qui sont les plus touchés par les pesticides
  591. 35:01 Parmi ceux qui le sont le moins,
  592. 35:03 les ananas, les kiwis
  593. 35:05 et les bananes
  594. 35:11 Pour nourrir ses deux filles,
  595. 35:13 Fernanda a préparé un repas sain et équilibré
  596. 35:15 du point de vue des calories
  597. 35:19 Poissons, fruits et légumes
  598. 35:21 Alors ce repas, il a été
  599. 35:23 pas très cher,
  600. 35:25 rapide à faire,
  601. 35:27 super pratique,
  602. 35:29 les fraises du niveau
  603. 35:31 c'était bon, tout est dans la région
  604. 35:33 Pourtant,
  605. 35:35 notre enquête a montré
  606. 35:37 que son repas contient
  607. 35:39 une dizaine de traces de pesticides
  608. 35:41 parmi lesquelles
  609. 35:43 des perturbateurs endocriniens
  610. 35:45 qui sont responsables
  611. 35:47 de dérèglements hormonaux
  612. 35:49 Cette notion de perturbateur endocrinien
  613. 35:51 change la façon de voir les choses
  614. 35:53 pour les toxicologues
  615. 35:55 C'est une notion nouvelle
  616. 35:57 et extrêmement importante
  617. 35:59 qui révolutionne la toxicologie
  618. 36:01 Avant, on considérait
  619. 36:03 que c'était la dose qui faisait le poison
  620. 36:05 donc finalement, si on était exposé
  621. 36:07 à des petites doses de produits toxiques
  622. 36:09 ce n'était pas forcément très grave
  623. 36:11 Avec les perturbateurs endocriniens,
  624. 36:13 on a pu démontrer que ce n'est plus la dose
  625. 36:15 qui fait le poison mais le moment de l'exposition
  626. 36:17 La jeune enfance, quand on a des maladies,
  627. 36:19 quand on prend des médicaments,
  628. 36:21 ce sont des périodes de vulnérabilité
  629. 36:23 et l'exposition même à des très faibles doses
  630. 36:25 de ces produits-là peut avoir des conséquences
  631. 36:27 Dans tous les cas,
  632. 36:29 ça provoque un déséquilibre
  633. 36:31 et tout déséquilibre hormonal a bien entendu
  634. 36:33 des conséquences sur la santé
  635. 36:35 Pour se nourrir sainement,
  636. 36:37 il vaut mieux éviter les produits transformés
  637. 36:39 qui contiennent trop de sel, de graisse,
  638. 36:41 de sucre, de conservateurs
  639. 36:43 et d'additifs alimentaires
  640. 36:45 D'un point de vue strictement nutritionnel,
  641. 36:47 il est préférable de privilégier
  642. 36:49 les fruits et légumes naturels
  643. 36:51 à tous les aliments transformés
  644. 36:59 Pourtant, comme nous l'avons vu,
  645. 37:01 certains de ces aliments sont plus chargés que d'autres
  646. 37:03 Les courgettes, poivrons, raisins
  647. 37:05 ainsi que les poissons d'élevage
  648. 37:07 font partie des denrées
  649. 37:09 qui peuvent recevoir le plus de produits chimiques
  650. 37:11 En revanche,
  651. 37:13 les aubergines, les légumes racines
  652. 37:15 comme les navets ou les radis
  653. 37:17 ainsi que les oeufs bio
  654. 37:19 font partie des aliments qui sont les plus sains
  655. 37:21 Les brocolis et tous les choux
  656. 37:23 sont des détoxifiants
  657. 37:29 Il existe pourtant des solutions
  658. 37:31 pour pouvoir manger sainement
  659. 37:33 sans s'intoxiquer et à moindre coût
  660. 37:37 Certains trouvent les meilleurs produits
  661. 37:39 au meilleur prix
  662. 37:51 De nouvelles pistes
  663. 37:53 sont explorées par des passionnés
  664. 37:55 de l'alimentation qui fait du bien
  665. 38:09 Pour trouver des bons légumes
  666. 38:11 à des prix vraiment bas
  667. 38:13 il existe une solution
  668. 38:15 qui connaît un succès croissant
  669. 38:17 la cueillette
  670. 38:19 A 20 km de Paris
  671. 38:21 ce sont des familles entières
  672. 38:23 qui ont troqué leur caddie
  673. 38:25 pour des sacs et des chariots
  674. 38:31 Hervé Thirouin est un des exploitants
  675. 38:33 de cette ferme familiale
  676. 38:35 de 33 hectares
  677. 38:39 Ce que je conseille aux clients
  678. 38:41 c'est de cueillir des tomates
  679. 38:43 de différentes couleurs
  680. 38:45 et de les faire mûrir chez eux
  681. 38:47 ça permettra d'étaler la production
  682. 38:49 et donc d'avoir ces tomates-là
  683. 38:51 qui vont mûrir en 2-3 jours
  684. 38:53 celles-ci vont mûrir en 5-6 jours
  685. 38:55 et l'avantage aussi
  686. 38:57 c'est que comme elles sont
  687. 38:59 un petit peu plus fermes
  688. 39:01 pendant le transport, elles ne vont pas s'abîmer
  689. 39:03 Des produits frais avec du goût
  690. 39:05 c'est cette qualité que des clients
  691. 39:07 de plus en plus avertis
  692. 39:09 viennent chercher
  693. 39:11 Par exemple les oignons rouges
  694. 39:13 ici ça n'a pas la même saveur
  695. 39:15 que ceux que vous achetez en grande surface
  696. 39:17 c'est clair
  697. 39:19 ils ont plus de goût
  698. 39:21 déjà en plus vous pouvez souvent en mettre moins
  699. 39:23 pour avoir le même résultat en goût
  700. 39:29 Je sais que ici c'est pas forcément totalement bio
  701. 39:31 mais bon, moi je trouve que
  702. 39:33 à choisir, je préfère
  703. 39:35 avoir des produits de circuit court
  704. 39:37 qui sont relativement
  705. 39:39 pas gavés de pesticides
  706. 39:41 qu'à la limite je préfère ça
  707. 39:43 à des produits bio qui viennent d'Italie
  708. 39:45 en supermarché
  709. 39:47 Dans cette période de crise économique
  710. 39:49 les prix bas de la cueillette sont très appréciés
  711. 39:57 1kg 445g, 3,61€
  712. 39:59 C'est plus intéressant
  713. 40:01 que dans une grande surface
  714. 40:03 Oui
  715. 40:05 mais je n'achète pas
  716. 40:09 Oui, non
  717. 40:11 c'est un fait
  718. 40:13 les fruits ne sont pas mûrs
  719. 40:15 ça mûrait dans les frigos
  720. 40:17 et moi je ne suis pas pour
  721. 40:19 Il paraît que les prix des fruits et légumes ont beaucoup augmenté cette année
  722. 40:21 nous on n'a pas touché à nos prix depuis 3 ans
  723. 40:23 bon je ne sais pas
  724. 40:25 mais il faut venir les cueillir
  725. 40:27 pour les clients ça demande un petit peu de travail
  726. 40:29 donc il est normal qu'ils aient des prix
  727. 40:31 intéressants
  728. 40:33 en fait c'est fonction du temps
  729. 40:35 que les clients vont mettre à cueillir
  730. 40:37 plus le produit est long à cueillir
  731. 40:39 et plus le prix est intéressant
  732. 40:41 les framboises on est 5-6 fois moins cher que dans le commerce
  733. 40:43 parce que c'est très long à cueillir
  734. 40:45 et puis c'est fragile
  735. 40:47 une salade on est un petit peu moins cher
  736. 40:49 mais pas énormément
  737. 40:51 Si pour trouver des produits de qualité
  738. 40:53 certains sont capables
  739. 40:55 d'aller cueillir eux-mêmes leurs fruits et légumes
  740. 40:57 pour le poisson
  741. 40:59 c'est bien plus simple
  742. 41:01 il suffit d'être curieux
  743. 41:03 et de changer ses habitudes alimentaires
  744. 41:09 sur le vieux port de Marseille
  745. 41:11 les pêcheurs vendent ce qu'ils ont pêché
  746. 41:13 durant la nuit
  747. 41:15 pour éviter de manger les poissons
  748. 41:17 issus de l'élevage
  749. 41:19 le cuisinier Michel Portos
  750. 41:21 va tenter de redonner ses lettres de noblesse
  751. 41:23 à des poissons méconnus
  752. 41:29 Le marbre est à combien ?
  753. 41:31 Il est à 20 et après on est à...
  754. 41:33 Là vous êtes à 6, 8,
  755. 41:35 2, 5,
  756. 41:37 20, 15
  757. 41:39 Là les petites 15
  758. 41:41 Vous pouvez la faire en friture
  759. 41:43 au barbecue
  760. 41:45 au four, en papillote
  761. 41:47 vous pouvez même la faire à la vapeur
  762. 41:49 C'est un poisson qui est très facile
  763. 41:51 à manger
  764. 41:53 parce qu'il n'est pas trop fort en goût
  765. 41:55 c'est une chair blanche
  766. 41:57 et il se tient bien à la cuisson
  767. 41:59 mais le poisson le plus connu
  768. 42:01 et le moins cher de tous
  769. 42:03 c'est le macron
  770. 42:05 Bonjour, vous me donnez 5 pièces de macron
  771. 42:07 s'il vous plaît
  772. 42:09 Pas trop gros
  773. 42:11 Ouais voilà, super
  774. 42:15 8,70 euros monsieur
  775. 42:17 Allez parfait
  776. 42:19 5 pièces, ça veut dire 1 pièce par personne
  777. 42:21 et c'est bien servi
  778. 42:23 donc 1 pièce par personne
  779. 42:25 8,70 euros divisé par 5
  780. 42:27 ça fait à peine 1 euro et des poussières
  781. 42:31 Il n'y a pas photo
  782. 42:35 Le macron est un poisson
  783. 42:37 assez peu prestigieux
  784. 42:39 mais quand on connait une bonne recette
  785. 42:41 donnée par un ancien cuisinier étoilé
  786. 42:43 ça peut faire son petit effet
  787. 42:45 Jules son adjoint
  788. 42:49 Alors, on y va
  789. 42:51 Macron
  790. 42:53 C'est le poisson le plus courant
  791. 42:55 et pas cher qu'on peut trouver
  792. 42:57 dans n'importe quel poissonnier
  793. 42:59 de France ou de Navarre
  794. 43:01 Pour préparer le macron
  795. 43:03 il faut d'abord le couper dans la longueur
  796. 43:05 retirer les arêtes
  797. 43:07 et puis le faire revenir doucement
  798. 43:09 à la toile
  799. 43:11 La surcuisson
  800. 43:13 c'est le pire qui puisse arriver
  801. 43:15 à un poisson
  802. 43:17 c'est mourir deux fois
  803. 43:19 On enlève la partie de l'eau
  804. 43:21 une deuxième fois
  805. 43:23 parce qu'on le massacre
  806. 43:25 parce qu'il est trop cuit
  807. 43:27 La petite vinaigrette
  808. 43:29 courante, oignons, coriandre
  809. 43:31 il n'y a rien d'intellectuel
  810. 43:33 On est sur une recette hyper simple
  811. 43:35 Des produits peu onéreux
  812. 43:37 et de qualité c'est donc possible
  813. 43:39 C'est super bon
  814. 43:41 Ce qui se fait de mieux
  815. 43:43 c'est le bio
  816. 43:45 mais c'est souvent 30% plus cher
  817. 43:47 Dans la Beauce, Fabien Bordier cultive
  818. 43:49 sur une trentaine d'hectares
  819. 43:51 plus de 60 fruits et légumes
  820. 43:53 Il court dans tous les sens
  821. 43:55 pour faire vivre sa ferme
  822. 43:57 et élève même des poules et des cochons
  823. 43:59 élevés en plein air
  824. 44:01 comme il se doit en agriculture biologique
  825. 44:03 Ce type d'agriculture
  826. 44:05 demande beaucoup d'attention
  827. 44:07 et beaucoup de temps
  828. 44:09 Sans traitement chimique, les risques de perte
  829. 44:11 des cultures en cas de maladie
  830. 44:13 sont plus importants que dans le conventionnel
  831. 44:18 Une serre de tomate comme celle-ci
  832. 44:20 on va faire 5 tonnes de tomates
  833. 44:22 En conventionnel, peut-être qu'on aurait fait
  834. 44:24 10, 12, 13
  835. 44:28 C'est sûr que c'est plus difficile
  836. 44:30 c'est chiant, les champs salissent très vite
  837. 44:32 On en a forcément peut-être moins
  838. 44:34 ou d'autres qu'on a complètement foiré
  839. 44:36 des légumes comme des fenouilles
  840. 44:38 qu'on n'a pas réussi à faire cette année
  841. 44:40 et qu'on réussira à faire l'année prochaine
  842. 44:42 Il y a des petits moments comme ça
  843. 44:44 où on a un coup de mou
  844. 44:47 Mais derrière, on est super content
  845. 44:49 de proposer un produit différent
  846. 44:51 Un produit différent, idée originale
  847. 44:53 Pour proposer sa production
  848. 44:55 Fabien a mis en place
  849. 44:57 un distributeur automatique
  850. 44:59 non pas de canette
  851. 45:01 mais de produits bio
  852. 45:06 Le distributeur, c'est un moyen
  853. 45:08 de vendre directement à la ferme
  854. 45:10 sans forcément être sur place
  855. 45:12 On voit par exemple
  856. 45:14 dans le casier numéro 12
  857. 45:16 il y a des oeufs, du basilic et des tomates
  858. 45:18 pour 6 euros 5 ans
  859. 45:20 Les gens mettent un billet
  860. 45:22 ou des pièces
  861. 45:24 ils tapent le numéro du casier
  862. 45:26 le casier s'ouvre
  863. 45:28 et voilà
  864. 45:30 Je vais prendre le 22
  865. 45:32 qui est à 3,60
  866. 45:36 Et on récupère les concombres
  867. 45:38 3,60 euros
  868. 45:40 les deux concombres bio
  869. 45:42 C'est presque deux fois plus cher
  870. 45:44 que pour les concombres non bio
  871. 45:46 Le self-service est un procédé
  872. 45:48 astucieux pour les consommateurs
  873. 45:50 mais qui reste coûteux
  874. 45:52 Pour faire baisser le prix du bio
  875. 45:54 une des pistes est de limiter
  876. 45:56 les longs transports et de privilégier
  877. 45:58 la proximité entre les producteurs
  878. 46:00 et les consommateurs
  879. 46:02 Aujourd'hui, on prend la route tous les jours
  880. 46:04 que ce soit le dimanche
  881. 46:06 et le lundi, mais sinon on est en livraison
  882. 46:08 le mardi soir, le mercredi, le jeudi
  883. 46:10 et le vendredi et le samedi matin
  884. 46:14 Une heure plus tard, Fabien Bordier
  885. 46:16 arrive en banlieue parisienne
  886. 46:18 où se trouve la structure qui a pris en charge
  887. 46:20 l'organisation de la vente
  888. 46:22 La ruche qui dit oui
  889. 46:34 Les clients ont commandé par internet
  890. 46:36 leur panier garni
  891. 46:38 qui coûtera à peu près le même prix
  892. 46:40 que dans un magasin bio
  893. 46:42 La différence, c'est le rapport direct
  894. 46:44 avec le producteur
  895. 46:48 C'est directement du producteur au consommateur
  896. 46:50 donc forcément
  897. 46:52 on sait qu'il n'y a pas de chaînes
  898. 46:54 entre temps, donc déjà c'est nickel
  899. 46:56 Je pense qu'on est tous pareils
  900. 46:58 manger des tomates que vous payez un euro
  901. 47:00 qui viennent d'Espagne mais qui n'ont pas le goût des tomates
  902. 47:02 je vois pas l'intérêt
  903. 47:04 Mieux payer peut-être un euro cinquante le kilo
  904. 47:06 pour manger des tomates
  905. 47:08 Surtout, ce sont des légumes
  906. 47:10 avec peu de pesticides
  907. 47:12 et une empreinte carbone réduite
  908. 47:14 Aujourd'hui, manger sain
  909. 47:16 nécessite une démarche
  910. 47:18 mais il existe une solution
  911. 47:20 pour manger bio à pas trop cher
  912. 47:26 Nous retrouvons le docteur Laurent Chevalier
  913. 47:28 Pour Odile et Marc
  914. 47:30 un couple qui a deux enfants
  915. 47:32 il a confectionné un repas
  916. 47:34 avec un minimum de pesticides
  917. 47:36 c'est-à-dire un repas bio
  918. 47:38 Alors, pour réduire le coût
  919. 47:40 il a remplacé la viande
  920. 47:42 par des oeufs
  921. 47:44 C'est une salade bio
  922. 47:46 Pas plus d'un oeuf par personne
  923. 47:48 Ah d'accord, vous voyez j'en aurais mis deux
  924. 47:50 Les enfants j'en aurais mis un
  925. 47:52 Non, un peu de base
  926. 47:54 Pas plus d'un oeuf par personne
  927. 47:56 Un oeuf c'est très bien
  928. 47:58 ça va couvrir les besoins en protéines
  929. 48:00 ça va donner aussi des vitamines
  930. 48:02 L'avantage aussi des oeufs
  931. 48:04 c'est que c'est un produit peu cher
  932. 48:06 donc ça veut dire qu'on garde l'argent
  933. 48:08 pour acheter les fruits et légumes
  934. 48:10 qui malheureusement sont des fois
  935. 48:12 un petit peu onéreux
  936. 48:14 Plus on a tendance à avoir
  937. 48:16 une alimentation de type végétarienne
  938. 48:18 mieux ça vaut
  939. 48:20 mais il faut garder les équilibres
  940. 48:22 et ça c'est important
  941. 48:24 donc on peut prendre un petit peu de viande
  942. 48:26 on peut prendre un petit peu de poisson
  943. 48:28 Au menu, des mirabelles
  944. 48:30 de la salade
  945. 48:32 des tomates et de la coriandre
  946. 48:36 et du riz complet
  947. 48:38 un repas parfaitement équilibré
  948. 48:42 Pour cette famille
  949. 48:44 qui n'est pas végétarienne
  950. 48:46 c'est une première
  951. 48:50 Moi je me suis régalé
  952. 48:52 j'ai eu l'impression de manger sainement
  953. 48:56 normalement je mange pas trop de fruits
  954. 48:58 mais les mirabelles j'ai retrouvé
  955. 49:00 un peu le goût de la mirabelle
  956. 49:02 Plutôt convaincu, c'est assez rapidement fait
  957. 49:04 équilibré et effectivement pas cher
  958. 49:06 j'y penserais à nouveau
  959. 49:12 Autre idée, pour s'alimenter mieux
  960. 49:14 changer le mode de cuisson
  961. 49:18 A Montpellier
  962. 49:20 Christine Bouger Joyeux
  963. 49:22 une auteure de guide de cuisine santé
  964. 49:24 s'est faite une spécialité des aliments
  965. 49:26 cuits à la vapeur
  966. 49:28 Une bonne huile bien colorée
  967. 49:30 bien méditerranéenne
  968. 49:36 La cuisine pour moi
  969. 49:38 c'est pas une corvée, non pas que j'y prenne plaisir
  970. 49:40 mais j'y passe pas trop de temps
  971. 49:42 je fais ça le plus vite possible
  972. 49:44 un repas ça doit pas prendre plus
  973. 49:46 d'une demi-heure pour la préparation
  974. 49:48 Son secret
  975. 49:50 pour conserver leur qualité nutritionnelle
  976. 49:52 aux aliments, c'est de les faire cuire
  977. 49:54 à la vapeur douce
  978. 49:56 Il faut une bonne marmite
  979. 49:58 avec beaucoup d'eau
  980. 50:00 des trous importants
  981. 50:02 qui laissent abondamment passer la vapeur
  982. 50:04 et un couvercle bombé
  983. 50:06 qui va permettre
  984. 50:08 que la vapeur tourne largement
  985. 50:10 et que la condensation s'écoule sur les côtés
  986. 50:12 et non pas sur l'aliment
  987. 50:14 parce que si elle tombe sur l'aliment, elle va enlever
  988. 50:16 des micronutriments
  989. 50:18 La vapeur douce va préserver les nutriments
  990. 50:20 Pourquoi ? Parce que d'abord
  991. 50:22 c'est physique
  992. 50:24 le deuxième effet
  993. 50:26 c'est que la vapeur a un effet protecteur
  994. 50:28 ce qui fait que à 95 degrés
  995. 50:30 vous détruisez moins en milieu vapeur
  996. 50:32 qu'en milieu sans vapeur
  997. 50:34 Ensuite, la vapeur va pénétrer
  998. 50:36 à l'intérieur de l'aliment
  999. 50:38 et elle va le faire transpirer
  1000. 50:40 et l'aliment va cracher tout ce qui lui est étranger
  1001. 50:42 C'est pas loin
  1002. 50:46 Je soulève, je pique avec mon couteau
  1003. 50:48 un tout petit peu
  1004. 50:50 et puis ça ira
  1005. 50:52 Vous voyez les couleurs ?
  1006. 50:54 Quand les couleurs sont là
  1007. 50:56 les vitamines sont toujours là
  1008. 50:58 Quand les couleurs tournent vers le gris
  1009. 51:00 ça c'est déjà presque trop cuit
  1010. 51:12 Choisir plutôt des légumes de saison
  1011. 51:14 éviter les aliments produits en masse
  1012. 51:16 comme les légumes trop calibrés
  1013. 51:18 privilégier les circuits courts
  1014. 51:20 se rapprocher des producteurs
  1015. 51:22 Ces quelques idées simples
  1016. 51:24 peuvent permettre de redonner aux aliments
  1017. 51:26 leur fonction première
  1018. 51:28 ne pas nous empoisonner
  1019. 51:30 et nous nourrir sainement