Les navires-usines dans le viseur des petits pêcheurs

reportage 3:39 Source ↗ navires-usines surpêche maquereau pêche Boulogne-sur-Mer association blum
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L'association Blum traque le navire-usine néerlandais Dirk Dirk au large de Boulogne-sur-Mer pour dénoncer la surpêche des poissons pélagiques, l'effondrement des stocks de maquereaux et l'impact dévastateur sur les petits pêcheurs et la chaîne alimentaire marine.

  1. 0:00 Ce jour-là, nous avons rendez-vous à bord de ce bateau loué par l'association Blum.
  2. 0:05 Leur objectif de la journée, pister un navire-usine néerlandais.
  3. 0:09 Celui que nous allons aller voir est là, c'est le Dirk Dirk qui est au large de Boulogne-sur-Mer.
  4. 0:13 C'est un navire qui fait 100 mètres, qui est capable de pêcher plus d'une centaine de tonnes.
  5. 0:16 Et le Dirk Dirk n'est ni le seul, ni le plus grand.
  6. 0:20 Les flèches de couleur, ça représente des navires-usines.
  7. 0:22 Donc vous voyez, il y a 116 mètres, 140 mètres, 126 mètres.
  8. 0:25 Ils viennent et ils raflent tout ?
  9. 0:26 Ils raflent tout, ils chassent en meute groupée puisqu'ils ciblent des bancs de poissons qui eux aussi sont très regroupés.
  10. 0:32 Tous les bateaux mesurant plus de 12 mètres doivent être dotés d'une balise permettant de les géolocaliser.
  11. 0:38 C'est obligatoire.
  12. 0:41 Et très pratique pour les militants.
  13. 0:43 On va pouvoir voir aussi sa vitesse.
  14. 0:45 Donc là voilà, il est descendu à 3 nœuds, c'est la vitesse d'un navire qui est en pêche.
  15. 0:48 La navigation est mouvementée.
  16. 0:50 Il y a une petite mer aujourd'hui, donc ça va un petit peu se partir pour aller les rejoindre.
  17. 0:56 Mais après 4 heures, le bateau néerlandais est en vue.
  18. 1:10 Dans ses eaux, avec son chalut d'un kilomètre de long, le Dirk Dirk cible les poissons pélagiques, macros, merlons bleus ou harans.
  19. 1:17 Ça n'a plus rien à voir avec de la pêche traditionnelle.
  20. 1:20 Ce sont des navires qui vont capturer plus d'une centaine de tonnes et tout de suite à bord,
  21. 1:23 ils transforment en farine pour nourrir le saumon d'élevage, en huile et ils congèlent.
  22. 1:28 Et ça peut rester congelé dans un entrepôt pendant plusieurs années avant d'être vendu.
  23. 1:32 Des pratiques incompatibles selon Blum avec la préservation de la ressource.
  24. 1:37 Il y a un exemple parlant, c'est celui du macro.
  25. 1:39 Il y a 11 ans en Atlantique Nord, il y avait 13 millions de tonnes de macros en âge de se reproduire.
  26. 1:45 Aujourd'hui, il n'y en a plus que 3 millions.
  27. 1:47 Un problème aggravé par l'incapacité des pays côtiers à se mettre d'accord
  28. 1:51 et à réfréner leur appétit pour ces poissons très rentables.
  29. 1:54 Le prix du macro a triplé en 15 ans.
  30. 1:57 Rien qu'en France, les ventes de macros en conserve ont représenté un chiffre d'affaires de 151 millions d'euros.
  31. 2:02 Et donc depuis 15 ans, on surpêche le macro.
  32. 2:05 Les Etats entre eux se répartissent des quotas dont la somme est supérieure à la limite fixée par les scientifiques.
  33. 2:10 On pêche 140% de la limite autorisée par les scientifiques sur le macro.
  34. 2:14 Voilà pourquoi les scientifiques réclamaient pour 2026 une baisse drastique des captures, moins 77%.
  35. 2:21 Lors des négociations annuelles censées fixer les quotas de pêche,
  36. 2:24 les Etats côtiers ont accepté de baisser leurs captures de moins 70%,
  37. 2:29 mais seulement pour 6 mois.
  38. 2:31 Largement insuffisant pour permettre au stock de macro de se reconstituer.
  39. 2:35 A Boulogne-sur-Mer, les pêcheurs artisans s'estiment victimes de cet effondrement de la ressource.
  40. 2:41 Quand ils sont sur place, on voit que derrière eux, il ne reste plus rien.
  41. 2:45 Pourquoi aujourd'hui, on doit subir des navires de 80 à 140 mètres le long de nos côtes à 10 000 ?
  42. 2:52 Il y a moins de poissons.
  43. 2:53 Et pour autant, on permet à des gros navires comme ça de venir puiser dans cette ressource.
  44. 2:57 Ce n'est pas possible.
  45. 2:59 Contactée l'organisation représentant les sociétés détenant les navires pélagiques les plus imposants,
  46. 3:04 nous a écrit être elle aussi touchée par la pression de la surpêche pratiquée par les pays non membres de l'UE.
  47. 3:09 Et répond ceci aux pêcheurs français.
  48. 3:12 Au sein de l'Union européenne, en France, nous ne sommes pas concurrents.
  49. 3:15 La pêche ciblée à grande échelle du macro se pratique en dehors des eaux côtières françaises.
  50. 3:19 Les petits pêcheurs peuvent pêcher leurs propres quotas.
  51. 3:23 Lors de notre tournage, le Durk Durk était pourtant dans la zone côtière des 12 000.
  52. 3:28 La raréfaction des espèces pélagiques pourrait entraîner un dangereux effet domino,
  53. 3:32 car macro, harangue et merlan sont des maillons indispensables de la chaîne alimentaire sous-marine.