Découvrez la cathédrale Notre-Dame de Paris entièrement restaurée
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Ce reportage exclusif plonge dans les coulisses du chantier colossal de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, révélant les défis techniques, les découvertes historiques et l'émotion humaine derrière sa renaissance avant sa réouverture le 8 décembre.
- 0:00 Les Pâques qui, à Paris, ont été marqués par le son des cloches de Notre-Dame.
- 0:04 Moment particulièrement émouvant puisque l'an prochain,
- 0:07 la cérémonie aura lieu à l'intérieur de l'édifice
- 0:11 qui, vous le savez, doit rouvrir le 8 décembre.
- 0:14 Nous allons ce soir vous emmener dans les coulisses de ce chantier du siècle.
- 0:18 Images inédites qui montrent une cathédrale comme personne ne l'a jamais vue.
- 0:22 Regardez.
- 0:23 A sa construction, elle était la plus haute de la chrétienté.
- 0:39 Repère immuable pendant plus de 800 ans, jusqu'à ce jour de 2019
- 0:44 où les Français sidérés ont réalisé qu'elle pouvait peut-être disparaître.
- 0:48 Bienvenue à Notre-Dame, nous sommes sur la coursive des Chimères,
- 0:52 ces êtres à la fois fantastiques et diaboliques
- 0:54 imaginés au 19e siècle par Viollet-le-Duc.
- 0:57 Et cet édifice, il est à leur image un lieu mystérieux entre ciel et terre,
- 1:02 le lieu de toutes les audaces qui auraient pu imaginer
- 1:06 qu'après un tel incendie en si peu de temps,
- 1:09 une nouvelle flèche se dresserait à nouveau sur la cathédrale.
- 1:12 On va commencer par le lieu qui incarne le mieux cette renaissance, la charpente.
- 1:25 Cette fameuse forêt, elle est constituée de 1200 chaînes
- 1:28 et on dit souvent que c'est elle qui donne son côté vivant à l'édifice.
- 1:32 Très vite, il a été décidé de la reconstruire à l'identique.
- 1:35 On voit d'ailleurs le côté irrégulier de ces poutres taillées à la doloir
- 1:40 Comme à l'époque, pour respecter la fibre du bois,
- 1:43 pas question de modifier un équilibre qui avait tenu pendant huit siècles.
- 1:47 Encore fallait-il savoir comment avaient procédé les bâtisseurs de Notre-Dame,
- 1:52 Michel Isard et Bertrand Lachar.
- 1:57 Depuis cinq ans, il y a une effervescence sur le chantier,
- 2:01 une animation incessante,
- 2:04 jeux de matières et d'outils,
- 2:11 une chanson de gestes qui rappelle à Notre-Dame, son passé.
- 2:17 Nous, on sauve la cathédrale dans ses parties blessées.
- 2:23 Sur le chemin de la reconstruction,
- 2:25 en refaisant les voûtes là où elles avaient été percées par l'effondrement de la flèche,
- 2:31 les architectes ont constaté que les pierres n'avaient pas partout la même épaisseur.
- 2:37 24 centimètres pour les plus anciennes,
- 2:40 16 seulement pour les plus récentes.
- 2:44 Pour pouvoir élever les murs, les bâtisseurs étaient en quête de légèreté.
- 2:50 C'est la première cathédrale où on passe de 26 à 32 mètres 50.
- 2:54 L'une des choses qui caractérise le plus cet édifice, c'est d'avoir été un laboratoire.
- 2:57 Pour moi, ça a été une vraie découverte dans ce sentier.
- 3:02 Ce lieu a été un lieu d'invention pour faire en sorte que les structures soient de plus en plus raisonnées,
- 3:09 de plus en plus stables, de plus en plus efficaces.
- 3:13 Le trou dans la nef a été bouché et l'on ne distingue plus désormais l'ancienne voûte de la nouvelle.
- 3:22 Il en va de même avec la charpente de la nef et du coeur qui a entièrement brûlé.
- 3:27 On a pu la reproduire telle qu'elle était grâce à ses dessins.
- 3:33 Une sorte de miracle.
- 3:35 Cinq ans seulement avant l'incendie, les architectes Rémy Frommond et Cédric Trentessot ont dressé,
- 3:41 à la main, le relevé précis des 1850 pièces de bois qui composent la charpente médiévale.
- 3:49 C'est le seul plan détaillé de cet ouvrage qu'on appelait la forêt.
- 3:55 Aujourd'hui, on se retrouve à avoir, je pense, les mêmes gestes et les mêmes discussions
- 3:59 qu'ont eues les maîtres d'œuvres, les charpentiers, au XIIIe siècle.
- 4:03 Ok, attends, stop, ne moule pas plus, ne moule pas plus !
- 4:07 Vous êtes prêts, vous moulez vite, hein ? Je relève ?
- 4:11 On a engrangé, en fait, une expérience folle à Notre-Dame-de-Paris
- 4:15 pour des projets comme ça d'une très grande ampleur, d'une très grande complexité
- 4:19 et d'une très haute, je pense, qualité technique et patrimoniale.
- 4:24 Moi, je dis toujours, maintenant, c'est positiver l'incendie.
- 4:27 Voilà, passer toute l'émotion, le traumatisme nés de cet incendie.
- 4:34 C'est vrai qu'on fait des choses qu'on n'aurait jamais pu faire en aussi peu de temps.
- 4:38 Si on restaure qu'un petit bout, on engrange la connaissance qu'on a de ce petit bout.
- 4:43 Mais là, on a tout.
- 4:46 Il y a ça aussi qu'on a redécouvert.
- 4:48 On ne sait pas ce que c'est, mais on ne sait pas.
- 4:51 Voilà, parce qu'il y a marqué janvier, décembre, février en bas.
- 4:56 Sous un masque de crasse, les colonnettes de la Tribune du Chœur abritaient un secret.
- 5:01 Quand on a appliqué une couche de latex pour les nettoyer,
- 5:04 il s'est produit un phénomène chimique surprenant.
- 5:08 Il a révélé ces motifs en forme de trèfle que l'on ne voyait pas.
- 5:14 L'empreinte d'un décor oublié.
- 5:17 On a vu apparaître la trace du décor fait pour le baptême du prince impérial en 1856.
- 5:24 C'était tout à fait le fantôme de ces peintures,
- 5:27 totalement corroborée par les dessins que l'on avait de l'époque.
- 5:31 Et quand on l'a décollée, cette peau de latex a emporté avec elle les poussières
- 5:37 et le fantôme des peintures, qui se sont évanouies à jamais.
- 5:41 En raison des travaux, la cathédrale est en constante métamorphose.
- 5:46 Et ce sont des instants fugitifs, saisis sur le vif,
- 5:50 qui racontent ici 2000 ans d'histoire.
- 5:54 Il faut imaginer que c'est tout cet échafaudage qui fait 100 mètres de haut,
- 5:57 qui pèse 600 tonnes, je crois,
- 5:59 qu'il y avait tous ces vestiges archéologiques,
- 6:01 qui remontent certainement au moins jusqu'à l'Antiquité,
- 6:03 qui sont présents aujourd'hui, protégés.
- 6:05 En plein centre, à la croisée du Transat,
- 6:08 des fouilles préventives ont exhumé des trésors.
- 6:12 Des cercueils en plomb de chanoines qui reposaient là depuis le XVIIe siècle.
- 6:17 Et des fragments de statues polychromes, datant du XIIIe.
- 6:24 On a eu une dizaine de têtes, dont certaines, effectivement,
- 6:26 au moment de leur découverte, avaient les yeux levés vers le ciel.
- 6:29 Et donc, face au visage de la personne qui fouillait,
- 6:32 c'était vraiment un tête-à-tête très, très émouvant.
- 6:35 Les larmes de pierre de la piéta ont été dépoussiérées dans l'abside,
- 6:39 de même que le corps du Christ à ses pieds.
- 6:42 Chef-d'œuvre en marbre, épargné par les flammes.
- 6:45 Mais dans la main de Jésus, on a laissé un éclat de plomb fondu qui avait giclé.
- 6:52 Dernier stigmate de l'incendie.
- 7:00 Philippe Villeneuve, vous êtes l'archéologue de l'Histoire.
- 7:03 Philippe Villeneuve, vous êtes l'architecte en chef de Notre-Dame.
- 7:06 En quoi ce chantier, c'est le chantier du siècle ?
- 7:09 C'est la première fois qu'on restaure une cathédrale hors période de guerre,
- 7:13 qui est effondrée, qui brûle.
- 7:16 Et en plus de ça, un chantier pharaonique,
- 7:18 parce que toutes les parties de la cathédrale sont concernées.
- 7:21 Et on a un délai très court.
- 7:23 On rappelle quelques chiffres, 250 entreprises,
- 7:26 2000 personnes qui ont participé à ce chantier depuis 5 ans.
- 7:30 C'est énorme.
- 7:31 Le chantier de Notre-Dame a attiré énormément de gens qui venaient de provinces,
- 7:37 et même de l'étranger, États-Unis, Angleterre, Allemagne.
- 7:40 On a eu une armada de maîtres verriers qui ont déposé toutes les verrières hautes.
- 7:44 Puis ensuite, on a eu les charpentiers qui sont venus poser les planchers
- 7:47 et les cintres à l'extérieur.
- 7:49 Puis ensuite, on a eu les archéologues.
- 7:51 Donc, quand on assemble tout ça, ça fait effectivement plus de 2000 personnes.
- 7:55 Ça a été aussi une aventure humaine incroyable.
- 7:58 Il y a eu cette espèce d'amour entre les gens et d'amour pour ce qu'on faisait.
- 8:06 Chantier du siècle, mais chantier d'une vie pour tous.
- 8:09 Vous avez décidé très vite de reconstruire à l'identique,
- 8:12 notamment la charpente. Pourquoi ?
- 8:14 Vous savez, une architecture comme ça, on croit peut-être que c'est un peu massif,
- 8:18 mais on ne se rend pas compte.
- 8:19 C'est vivant, c'est dynamique.
- 8:20 À l'heure où je vous parle, il y a en ce moment des poussées
- 8:22 qui s'exercent d'un mur à l'autre.
- 8:24 L'équilibre était déstabilisé parce qu'il manquait le poids de la charpente.
- 8:29 Donc, il était essentiel de faire une charpente lourde.
- 8:31 Le bois avait démontré pendant 850 ans que c'était le bon matériau.
- 8:35 Le plomb également.
- 8:36 Donc, tous ceux qui disaient, on va le faire en carbone,
- 8:38 vous allez voir Coco, c'est rapide et c'est léger,
- 8:40 étaient complètement à côté de la plaque.
- 8:42 Au niveau d'un futur incendie, j'imagine qu'on a repensé totalement le système d'alerte.
- 8:48 Pour éviter que ça brûle, on a mis tout un réseau de brumisation.
- 8:53 La brumisation est en fait un brouillard d'eau qui remplit l'atmosphère,
- 8:58 qui remplit le vide.
- 8:59 Donc, il y a moins d'oxygène et le feu ne peut pas se développer.
- 9:03 Tous les compagnons, tous les architectes sur ce genre de chantier
- 9:06 ont laissé leur signature quelque part.
- 9:08 Est-ce que vous avez respecté la tradition ?
- 9:11 Oui.
- 9:12 Son clin d'œil, il l'a caché quelque part sur la flèche à 88 mètres de haut.
- 9:17 Mais ce que Philippe Villeneuve tient à nous montrer par-dessus tout,
- 9:20 ce sont ces trésors retrouvés dans les Chapelles du Cœur,
- 9:24 un décor que personne n'avait vu depuis des décennies.
- 9:29 Donc là, voilà, c'est une des chapelles où on a quasiment terminé le travail.
- 9:33 Toutes les parties supérieures sont faites.
- 9:34 Et vous voyez, il y a encore des restauratrices
- 9:36 qui sont en train de mettre la dernière main aux petits détails.
- 9:40 C'est quelque chose que vous avez totalement redécouvert à la faveur de la restauration.
- 9:44 Complètement, parce que toutes ces couleurs fraîches, notamment ces rouges,
- 9:48 ils étaient dissimulés par une crasse qui était due à la fumée des cierges,
- 9:52 à la saleté.
- 9:53 Avec les 13 millions de visiteurs, la poussière se colle avec l'humidité.
- 9:57 C'est pas l'incendie.
- 9:58 L'incendie, il a pollué l'ensemble de la cathédrale,
- 10:00 mais il n'a pas sali la cathédrale.
- 10:02 Tout était marron.
- 10:03 On ne voyait même pas les différences de couleurs entre les bleus et les verts.
- 10:06 On devinait qu'il y avait quelque chose.
- 10:07 Mais vraiment, les couleurs nous ont éclaté à la figure.
- 10:10 Et puis, il y a eu ces rencontres inattendues.
- 10:14 Vous allez voir, c'est assez stupéfiant.
- 10:17 Voilà, ça, c'est une peinture.
- 10:21 C'est une fresque.
- 10:22 Et ce qu'elle a de particulier, c'est que ce sont véritablement des portraits.
- 10:27 Tous les visages que vous voyez là, ils ont vraiment des expressions très soignées, très vivantes.
- 10:32 C'est quasiment des photographies.
- 10:34 Vous connaissiez cette fresque ?
- 10:35 Non.
- 10:36 Maintenant, c'était tout noir.
- 10:38 Donc, on voyait rien du tout.
- 10:41 Notre-Dame a retrouvé ses couleurs.
- 10:43 Et il faut parfois se glisser dans de minuscules passages
- 10:46 pour se rendre compte de la flamboyance de son architecture,
- 10:50 quitte à en avoir le vertige.
- 10:54 Nous sommes au pied de cette magnifique rose sud.
- 10:57 Elle date du XIIIe siècle.
- 10:58 Et elle a résisté de façon inespérée aux flammes, à la chaleur,
- 11:02 mais aussi à l'eau utilisée par les pompiers.
- 11:04 En tout, ce sont 1 000 m2 de vitraux qui ont été nettoyés
- 11:08 et qui vont redonner au monument toute sa dimension gothique.
- 11:12 Le gothique que l'on définit aussi comme étant l'art de la lumière.
- 11:20 Ces pierres, elles ont toutes été nettoyées au latex naturel,
- 11:23 ce qui accentue encore cette impression de clarté.
- 11:26 Et il faut imaginer cette vision qui va saisir le visiteur dans quelques mois.
- 11:31 Avec une nef et un cœur de 100 m de long,
- 11:34 des routes à 33 m de hauteur,
- 11:37 un espace qui sera bientôt réaménagé pour accueillir le public le 8 décembre.
- 11:41 Michel Isard et Bertrand Lachat.
- 11:47 L'avenir de Notre-Dame passe par Rajetmo, dans les Landes,
- 11:50 capitale française de la chaise.
- 11:52 Cette manufacture a reçu une commande qui sort de l'ordinaire.
- 11:57 Il y a beaucoup d'émotion.
- 11:59 C'est quand même pour un grand monument qui va être visité.
- 12:05 Elle doit fabriquer 1 500 chaises en chaîne pour la nef de la cathédrale de Paris.
- 12:10 Une consécration pour cette entreprise familiale.
- 12:14 C'est énormément de fierté.
- 12:16 On ressent aussi la fierté au travers des gens du village
- 12:19 qui ont aussi vécu l'âge d'or de la chaise à Rajetmo
- 12:22 et les difficultés qu'elles ont suivies.
- 12:24 C'est vraiment une remise en valeur de tout le savoir-faire qu'il y a à Rajetmo.
- 12:29 La livraison est prévue pour septembre.
- 12:32 C'est grâce à ce dessin, tout en rondeur,
- 12:35 que la designeuse Yona Vautrin a gagné le concours
- 12:38 organisé par l'archevêché de Paris.
- 12:42 Moi j'ai voulu essentiellement, dans une première approche,
- 12:45 faire dialoguer la forme de la chaise avec l'architecture de la cathédrale.
- 12:49 Il y a vraiment une rythmique d'arches, de colonnes, de colonnettes.
- 12:52 Et j'ai vraiment voulu injecter tous ces éléments un peu physiques dans la chaise.
- 12:58 Ainsi, plusieurs chantiers sont menés de front.
- 13:02 Ça n'arrête pas ?
- 13:03 Non.
- 13:04 À l'intérieur, comme à l'extérieur, et Notre-Dame poursuit son tour de France.
- 13:13 Elle va renaître en partie par le feu,
- 13:17 dans une coulée de bronze, à 1100 degrés.
- 13:24 Nous sommes à Cré, dans la fonderie Barthélémy,
- 13:27 où pour l'instant le nouveau visage du mobilier de la cathédrale est un puzzle.
- 13:33 Là, le moulage en cire de lambon,
- 13:36 qui servira de reposoir pour les livres saints.
- 13:40 Quand on a su qu'on avait ce chantier,
- 13:43 on rentre dans l'histoire.
- 13:47 Mes collaborateurs rentrent dans l'histoire.
- 13:49 C'est juste extraordinaire.
- 13:51 Ici, la coque en plâtre du baptistère,
- 13:54 qui contiendra l'eau des baptêmes, à l'entrée de l'édifice.
- 13:58 Là, le prototype en acier du tabernacle
- 14:01 qui renfermera le ciboire et les hosties.
- 14:04 Quand on ouvre le tabernacle,
- 14:06 l'intérieur est polymiroir, donc l'intérieur est en or,
- 14:09 avec le ciboire en argent,
- 14:11 que je suis en train de dessiner en ce moment.
- 14:15 Le clergé a choisi le projet de Guillaume Bardet
- 14:18 pour l'ensemble de son mobilier liturgique.
- 14:21 Voici l'autel, formé par l'assemblage de 9 pièces de bronze,
- 14:24 qui remplacera celui complètement détruit,
- 14:27 sur lequel la flèche est venue se fracasser.
- 14:31 Il sera consacré, dans les premiers jours,
- 14:33 par l'archevêque de Paris.
- 14:35 Il fera sur cet autel une onction avec une huile parfumée,
- 14:39 qu'on appelle le saint crème,
- 14:41 qui enfermera des reliques à l'intérieur,
- 14:43 qui leur a aspergé d'eau bénite.
- 14:45 En attendant la dimension spirituelle,
- 14:48 l'étape physique du ciselage.
- 14:53 C'est un moment unique.
- 14:55 Je suis sûrement le dernier qui va être à l'intérieur avant longtemps.
- 15:03 Retour à Paris pour un autre chantier,
- 15:06 dans le chantier.
- 15:08 C'est tout votre plan ?
- 15:10 Un nouvel éclairage viendra compléter
- 15:13 et enrichir la lumière naturelle du soleil.
- 15:16 L'installation commence.
- 15:18 Il faudra plusieurs mois pour accrocher 1 600 projecteurs
- 15:21 sur les chapiteaux, les arcades ou les piliers.
- 15:25 Grâce aux nouvelles technologies,
- 15:27 on diminue la taille des projecteurs,
- 15:32 on peut faire varier les intensités,
- 15:34 on peut faire varier la coloration de la lumière.
- 15:38 En oubliant un instant la rumeur des travaux,
- 15:43 on pourrait presque entendre le grand orgue rejouer
- 15:46 et nous projeter vers la réouverture.
- 15:52 La cathédrale de Notre-Dame
- 15:58 Monseigneur, vous êtes recteur archiprêtre de Notre-Dame.
- 16:01 Vous la connaissiez très bien avant l'incendie, cette cathédrale.
- 16:04 Est-ce que vous l'avez reconnue ?
- 16:06 La cathédrale que nous retrouverons le 8 décembre
- 16:08 ne sera pas celle que nous avons quittée le 15 avril 2019.
- 16:11 Ce chœur, on est possible d'y rentrer depuis peu de temps
- 16:14 parce qu'il a été refait il y a très peu de temps.
- 16:16 Et quand je contemple là le doré de ces grilles,
- 16:19 je suis émerveillé, époustouflé
- 16:21 par tout ce qui a été modifié, tout ce qui change
- 16:23 et tout ce qui montre la très grande beauté de cet édifice
- 16:26 et ce pourquoi il a été construit.
- 16:28 Quand la cathédrale va rouvrir, il y aura des croyants, des non-croyants.
- 16:31 Pourquoi elle suscite un sentiment qui parle à l'universel ?
- 16:35 La cathédrale n'appartient pas aux catholiques,
- 16:37 elle n'appartient même pas aux parisiens ni aux français.
- 16:39 Elle appartient, c'est un bien commun de l'humanité.
- 16:42 Sans doute parce qu'elle recèle une part de notre âme commune.
- 16:45 Nous sommes au moment de Pâques,
- 16:47 c'est une résurrection que nous célébrons.
- 16:49 Et c'est un signe fort qu'il est toujours possible de ressusciter
- 16:52 et qu'il y a même dans les catastrophes les plus difficiles,
- 16:55 une lumière et une espérance qui est possible.
- 16:57 On sait qu'il y a une invitation qui a été lancée
- 16:59 pour le 8 décembre pour le pape François.
- 17:01 Le président de la République comme l'archevêque de Paris
- 17:03 ont invité le pape et c'est à lui qu'il revient de décider
- 17:06 s'il viendra ou s'il ne viendra pas.
- 17:08 En tout cas, il sait qu'il est le bienvenu à Notre-Dame.
- 17:10 ...
- 17:16 On est maintenant au pied de la Tour Sud
- 17:18 et j'avais envie de vous montrer un lieu
- 17:20 qui est vraiment le symbole du lien entre Notre-Dame et les Parisiens.
- 17:23 Venez.
- 17:24 Depuis des siècles, ce sont elles qui nous donnaient l'heure.
- 17:27 Les cloches de la Tour Nord ont toutes été déposées pour les travaux,
- 17:30 mais il reste de ce côté-ci 2 belles endormies.
- 17:34 Et regardez ces 2 rescapés.
- 17:36 Cette partie a été entièrement épargnée par l'incendie.
- 17:40 Alors je vous présente à gauche le bourdon Marie,
- 17:43 mais la plus impressionnante des cloches de Notre-Dame,
- 17:46 c'est lui, le doyen, le bourdon Emmanuel.
- 17:51 A l'époque, son parrain s'appelait Louis XIV.
- 17:53 Il a sonné pour les couronnements des rois de France,
- 17:55 pour la fin des 2 guerres mondiales,
- 17:57 plus récemment pour l'appel à la paix en Ukraine.
- 18:00 C'est très intimidant de se glisser sous ce mastodonte.
- 18:03 Un mastodonte, 13 tonnes, 500 kilos, rien que pour ce bâtant.
- 18:07 Et il reprendra bientôt son rôle de métronome de notre histoire.
- 18:18 Ce qui frappe quand on est ici, c'est de réaliser
- 18:20 combien Notre-Dame est au cœur de Paris.
- 18:22 Regardez tous ces monuments à 180 degrés.
- 18:25 Un cœur qui s'est en quelque sorte arrêté de battre il y a 5 ans,
- 18:28 avec une île de la cité qui s'est endormie.
- 18:31 Ce chantier va redonner du souffle
- 18:33 à ce qui est non seulement le berceau de la capitale,
- 18:35 mais aussi celui de l'histoire de France,
- 18:37 Charles Livot et Christophe Mouton.
- 18:41 Chaque matin, Florence crute les avancées du chantier.
- 18:46 On regarde la cathédrale au jour le jour.
- 18:48 Son évolution, c'est chaque échafaudage qui se retire.
- 18:54 Notre-Dame, c'est notre église de quartier.
- 18:56 On vit avec.
- 18:58 5 ans maintenant que cette voisine de Notre-Dame
- 19:01 vit au rythme des travaux.
- 19:05 On voit vraiment le chantier en action.
- 19:09 Avec l'espoir que sa boutique de souvenirs,
- 19:11 située juste à côté,
- 19:13 retrouve bientôt l'animation d'avant.
- 19:19 Qu'elle puisse à nouveau accueillir des touristes
- 19:21 qui, disons-le, ont aujourd'hui déserté les lignes.
- 19:25 On fait office de gardien, de vigile, de guide touristique.
- 19:29 Voilà, on est un petit peu tout à la fois.
- 19:32 Si les ventes sont assez rares...
- 19:34 Merci, au revoir.
- 19:36 Hors de question pour autant de fermer boutique.
- 19:38 C'est la photo de mon arrière-grand-mère dans cette boutique.
- 19:43 Elle a pris cette boutique en 1919.
- 19:46 Et depuis, ça s'est transmis de génération en génération.
- 19:50 Il faut dire que l'emplacement a de quoi faire rêver.
- 19:53 L'île de la Cité, le cœur de Paris.
- 19:56 Aujourd'hui, repère de touristes en quête de charme à la française.
- 20:01 Mais ce bouterre de 20 hectares a connu bien d'autres visages.
- 20:05 Lutèce pour les Romains, palais royal au Moyen-Âge.
- 20:09 Et si Notre-Dame en est l'icône incontestée,
- 20:11 nous allons découvrir avec Cécile l'autre star de l'île,
- 20:16 la Sainte-Chapelle.
- 20:19 À chaque fois, je regarde les visiteurs qui arrivent,
- 20:22 et c'est inlassablement la même réaction,
- 20:24 le même sentiment d'émerveillement.
- 20:26 On a le sentiment qu'il n'y a plus de pierres,
- 20:28 qu'il n'y a plus que des vitrailles.
- 20:30 Et de fait, il y a 700 mètres carrés de vitrailles qui nous enveloppent.
- 20:33 Une prouesse architecturale commandée par Saint Louis,
- 20:36 roi de France, qui, avec cette église,
- 20:38 compte bien faire de l'ombre à Notre-Dame.
- 20:41 À l'époque où Louis IX fait construire la Sainte-Chapelle,
- 20:44 le chantier de la cathédrale était construit.
- 20:47 Le chantier de la cathédrale est quand même déjà bien avancé,
- 20:49 les tours sont en place,
- 20:51 et on suppose d'ailleurs que les compagnons passent d'un chantier à l'autre,
- 20:55 les architectes aussi.
- 20:57 Ce qui explique sûrement pourquoi les deux monuments ont autant de points communs.
- 21:01 Jusqu'au sommet de l'édifice,
- 21:03 où la flèche est la version miniature de celle de la cathédrale.
- 21:10 Toutes ces similitudes, elles ont servi,
- 21:12 puisqu'après l'incendie, c'est la flèche de la Sainte-Chapelle
- 21:14 qui a servi de modèle pour celle qui est désormais installée
- 21:16 tout en haut de Notre-Dame.
- 21:19 Juste à nos pieds, un autre lieu de pouvoir,
- 21:21 l'ancien palais des rois de France,
- 21:23 devenu au XIVe siècle et encore aujourd'hui
- 21:25 le cœur du pouvoir judiciaire lentre
- 21:27 des magistrats et avocats parisiens,
- 21:29 comme Marie-Alice.
- 21:31 Bien sûr, au fil des siècles, le bâtiment a été rénové,
- 21:34 l'entrée principale, par exemple, n'a plus la même utilité.
- 21:39 Il faut s'imaginer qu'il y avait des marchands
- 21:43 qui présentaient des draps, des soirées, des bourses, des armes.
- 21:49 Parmi les 24 kilomètres de couloir du palais,
- 21:52 une pièce retient particulièrement son attention.
- 21:55 La première chambre de la cour d'appel,
- 21:57 salle des grands procès de l'histoire de France,
- 22:00 où ont été jugés Marie-Antoinette, Charles Baudelaire ou encore...
- 22:05 Pétain, Laval.
- 22:08 Pétain, il faut vous imaginer, cette salle,
- 22:10 on est au mois d'août 45.
- 22:12 Il fait une chaleur d'enfer.
- 22:15 La salle est remplie de monde.
- 22:19 Depuis, le lieu a bien changé.
- 22:22 A l'image d'une île de la cité
- 22:24 qui a profité de l'incendie de Notre-Dame il y a 5 ans
- 22:27 pour elle aussi faire peau neuve.
- 22:29 Et la réouverture de la cathédrale ne sera pas l'étape finale, non.
- 22:33 Ses abords vont être à terme complètement transformés.
- 22:38 Le projet de l'aménagement extérieur se met au service
- 22:41 pour multiplier les points de vue sur la cathédrale,
- 22:44 le presbytère et la sacristie.
- 22:46 On a imaginé de positionner les bancs
- 22:48 pour découvrir une certaine point de vue.
- 22:50 L'idée est simple, créer un écrin de verdure autour du monument
- 22:54 pour mettre en valeur le lieu choisi administrativement
- 22:57 comme point de départ de toutes les routes de France.
- 23:00 Fin des travaux prévus en 2028, date à laquelle, enfin,
- 23:05 touristes et parisiens pourront redécouvrir le cœur de Paris.
- 23:19 Philippe Jost, vous êtes le maître d'ouvrage au nom de l'État.
- 23:22 Ce chantier a été rendu possible
- 23:24 grâce à une solidarité absolument inédite.
- 23:26 Près de 850 millions d'euros ont été réunis
- 23:29 340 000 donateurs du monde entier,
- 23:32 une majorité en France mais de 150 pays.
- 23:35 Et puis aussi des dons très variés, des dons très émouvants,
- 23:39 des enfants, des personnes qui ont des moyens très limités
- 23:44 mais qui ont voulu participer à cet élan.
- 23:47 Et puis aussi des dons considérables d'entreprises ou de grands mécènes.
- 23:52 Et tout ça a permis en quelques heures de financer ce chantier.
- 23:56 C'est un record dans l'histoire ?
- 23:58 Je pense que c'est un record, effectivement.
- 24:01 Et qui ne s'explique que par l'attachement pour ce monument
- 24:06 qui a une âme réellement.
- 24:08 L'une des raisons d'être de Notre-Dame de Paris, c'est la musique.
- 24:11 On est au pied de ce grand orgue.
- 24:13 Est-ce que vous avez peur de ne pas retrouver l'acoustique ?
- 24:15 La musique, c'est la voix de Notre-Dame.
- 24:18 C'est d'une part les cloches, mais c'est aussi ce grand orgue.
- 24:20 8 000 tuyaux qui ont tous été déposés après l'incendie,
- 24:24 nettoyés et qui sont en cours de repose.
- 24:27 Et en même temps, on procède à l'accord et l'harmonisation,
- 24:30 un par un, de ces 8 000 tuyaux.
- 24:32 Ce chantier de rénovation et de réaccordement de l'orgue,
- 24:35 il va être un peu particulier.
- 24:37 Expliquez-nous, on ne peut pas le faire en pleine journée.
- 24:39 Alors, il faut un certain silence.
- 24:41 Et là, on est loin du silence, comme on l'entend.
- 24:43 Donc en fait, une partie de ce travail va se faire de nuit, tout simplement.
- 24:47 Est-ce que vous pensez que ce chantier a donné les moyens à Notre-Dame
- 24:51 d'affronter un prochain millénaire ?
- 24:53 Je tiens à tirer mon chapeau, à dire mon admiration
- 24:56 pour tous les savoir-faire, les compagnons, les artisans d'art qui travaillent ici.
- 25:01 C'est extraordinaire.
- 25:03 Et en France, on peut être fier des talents qu'on a.
- 25:05 Cette cathédrale, elle a 860 ans.
- 25:07 On la restaure pour au moins 860 ans.
- 25:14 Allez, on a gardé le meilleur pour la fin.
- 25:16 Cette vue imprenable sur la flèche, enfin débarrassée de son échafaudage.
- 25:20 Du haut de la crête du coq jusqu'au sous-sol du monument,
- 25:23 ce sont 17 siècles de notre histoire qui sont superposés.
- 25:27 Cette renaissance formidable, nous l'avons suivie jour après jour.
- 25:31 Vous pouvez d'ailleurs retrouver la série signée Michel Isard
- 25:34 sur notre plateforme TF1+.
- 25:36 Très belle soirée à vous et à vendredi prochain.
Le reportage offre une immersion approfondie dans la restauration monumentale de Notre-Dame de Paris, suite à l'incendie dévastateur du 15 avril 2019, en vue de sa réouverture prévue le 8 décembre. Il emmène les spectateurs dans les coulisses de ce qui est décrit comme « le chantier du siècle », présentant des images inédites de la transformation de la cathédrale.Le programme met en lumière plusieurs aspects clés de la reconstruction. Une attention particulière est portée à la reconstitution méticuleuse de la « forêt », la charpente médiévale en bois de la cathédrale, utilisant 1200 chênes et des techniques traditionnelles similaires à celles des bâtisseurs du XIIIe siècle. La décision de la reconstruire à l'identique, y compris la flèche, est justifiée par la nécessité de maintenir l'équilibre structurel et l'intégrité historique, un choix étayé par la résilience éprouvée du matériau sur huit siècles. Le reportage révèle comment des plans détaillés, réalisés seulement cinq ans avant l'incendie, se sont avérés inestimables pour cette reconstruction précise.Au-delà des travaux structurels, la restauration a permis de lever le voile sur de nombreux secrets historiques. Des processus de nettoyage, comme l'application de latex sur les colonnettes de la Tribune du Chœur, ont révélé des décorations oubliées du XIXe siècle, y compris des motifs liés au baptême du prince impérial. De même, des fresques aux portraits étonnamment réalistes ont été découvertes sous des couches de crasse dans les chapelles, mettant en évidence les couleurs vives originales de Notre-Dame, auparavant masquées par des siècles de fumée de cierges et de saleté. Les fouilles archéologiques à la croisée du transept ont exhumé des trésors tels que des cercueils en plomb du XVIIe siècle et des fragments de statues polychromes du XIIIe siècle, offrant des liens émouvants avec le passé.Le reportage détaille également l'installation de nouveaux éléments, dont 1 500 chaises en chêne pour la nef, conçues par Yona Vautrin, et un ensemble complet de mobilier liturgique (autel, baptistère, tabernacle, reposoir) réalisé en bronze par Guillaume Bardet. Un nouveau système d'éclairage sophistiqué avec 1 600 projecteurs et un système de prévention des incendies de pointe utilisant la brumisation sont également présentés. La restauration du Grand Orgue, avec ses 8 000 tuyaux, est une tâche complexe nécessitant un travail de nuit pour garantir une acoustique parfaite.Des entretiens avec des figures clés comme Philippe Villeneuve, l'architecte en chef, et le recteur archiprêtre soulignent l'ampleur sans précédent du projet, l'« incroyable aventure humaine » qu'il représente, et la signification universelle de Notre-Dame en tant que « bien commun de l'humanité ». Le reportage explore également l'impact de la restauration sur l'Île de la Cité environnante, y compris les plans d'aménagement extérieur futur et les espoirs des commerces locaux pour un regain du tourisme. Il établit des parallèles avec la Sainte-Chapelle, qui a servi de modèle pour la nouvelle flèche de Notre-Dame, et aborde l'importance historique du Palais de Justice. L'immense solidarité mondiale, avec 850 millions d'euros collectés auprès de 340 000 donateurs de 150 pays, souligne l'attachement profond des gens à ce monument emblématique, restauré pour affronter un nouveau millénaire.
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