Du canon à la Lune : la découverte de la gravité
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Ce document explore la naissance de la théorie de la gravité newtonienne, des premières études balistiques aux lois de Kepler et à l'expérience de pensée du canon de Newton, unifiant la chute des corps terrestres et le mouvement des astres.
- 0:00 Bonjour à tous, aujourd'hui on va parler de la naissance de la théorie de la gravité.
- 0:05 Mais attention, pas de relativité générale de trous noirs ou de courbures de l'espace-temps,
- 0:10 non, non, simplement la force de gravité classique,
- 0:13 celle qu'on apprend au lycée et qu'on appelle parfois la gravité newtonienne.
- 0:18 Alors même si elle vous paraît déjà très familière,
- 0:20 vous allez voir que cette force de gravité mérite quand même
- 0:23 qu'on s'intéresse en profondeur à la façon dont elle a été comprise.
- 0:26 Et ça va être aussi pour moi l'occasion de tester un truc nouveau.
- 0:29 J'ai créé plusieurs simulations interactives pour illustrer ce que je vais raconter.
- 0:34 Et si vous le souhaitez, vous pouvez aller jouer avec sur mon site web, le lien est en description.
- 0:38 Ça devrait vous permettre de mieux comprendre en expérimentant par vous-même
- 0:41 les notions dont on va parler aujourd'hui.
- 0:44 Quand on pense à la découverte et à la compréhension de la force de gravité,
- 0:47 on pense évidemment d'abord à Isaac Newton.
- 0:50 Vous savez, la pomme qui lui tombe sur la tête.
- 0:53 Mais cette anecdote, outre le fait qu'elle est probablement en partie fausse,
- 0:56 je trouve qu'elle a le défaut de masquer la véritable contribution de Newton.
- 1:01 Plutôt que de sa pomme, on va voir qu'on ferait mieux de parler de son canon.
- 1:05 En effet, l'anecdote de la pomme pourrait nous faire croire que c'est Newton qui, le premier,
- 1:09 a compris de quelle façon les objets tombaient vers le sol.
- 1:12 Alors qu'en fait, avant lui, cette question avait déjà été pas mal étudiée,
- 1:16 et ce, pour une raison tout à fait pratique, la balistique.
- 1:20 Alors la balistique, c'est la discipline qui essaye de comprendre
- 1:23 et de prévoir la trajectoire des projectiles, comme par exemple les boulets de canon.
- 1:27 C'est une question qui intéressait pas mal de monde à l'époque.
- 1:29 La poudre à canon se répand en Europe au cours du XIVe siècle,
- 1:33 et les canons deviennent rapidement incontournables sur le champ de bataille.
- 1:37 Alors au début, on s'en sert d'une façon assez bourrine pour tirer tout droit ou fracasser des murs.
- 1:42 Mais au bout d'un moment, les gens se disent que ce serait pas mal de pouvoir viser.
- 1:47 Alors à l'époque, pour expliquer le mouvement des projectiles,
- 1:49 il y avait ce qu'on a appelé la théorie de l'impetus.
- 1:53 Alors impetus, ça veut dire impulsion en latin.
- 1:56 D'après cette théorie, quand on propulse un projectile,
- 1:59 on lui donne une certaine quantité d'impetus qui va progressivement se consommer,
- 2:04 et quand il n'y a plus d'impetus, la gravité entre en jeu et fait tomber le projectile.
- 2:09 Du coup, cette théorie imaginait que le mouvement se faisait en deux temps.
- 2:13 D'abord une trajectoire rectiligne initiale qui dépendait de l'angle et la puissance à laquelle on avait tiré,
- 2:18 puis une chute verticale quand la gravité reprenait ses droits.
- 2:22 Alors ça peut paraître un peu ridicule comme idée,
- 2:24 mais c'est quand même assez proche de l'intuition naturelle qu'on peut avoir de la gravité.
- 2:30 Par exemple, quand je sautais du plongeoir de 5 mètres quand j'étais gamin,
- 2:33 je raisonnais souvent comme si le mouvement allait se produire comme ça, en deux temps,
- 2:37 comme si une fois mon saut initial effectué, je tombais à la verticale,
- 2:41 comme dans un dessin animé de Tex Avery.
- 2:44 Entre le XVIe et le début du XVIIe siècle,
- 2:46 il y a eu toute une lignée de savants italiens
- 2:49 qui ont remis en question la théorie du mouvement balistique issu de l'impetus.
- 2:53 Niccolò Fontana Tartaglia, par exemple,
- 2:56 s'était bien rendu compte que l'eau qui jaillissait des fontaines de la ville
- 2:59 ne suivait pas deux portions rectilignes, que ça faisait une courbe.
- 3:03 Même constatation quand il pissait dans le port de Venise après une soirée arrosée d'ailleurs.
- 3:07 En 1537, Tartaglia publie un traité sobrement appelé la Nova Scientia, la nouvelle science.
- 3:14 Ambitieux, hein ?
- 3:15 Mais pour le coup, ce titre était assez justifié
- 3:17 car il s'agit peut-être d'un des tout premiers ouvrages de mathématiques appliquées.
- 3:22 Tartaglia y aborde différentes questions des arts militaires
- 3:25 à l'aide d'outils mathématiques et notamment la question de la balistique.
- 3:29 Dans son texte, Tartaglia propose de dépasser un peu le modèle de l'impetus
- 3:34 et de fonder une véritable théorie géométrique des trajectoires des projectiles.
- 3:38 Et il propose de connecter les portions rectilignes de la trajectoire avec un arc de cercle.
- 3:44 Bon alors, ce n'est pas tout à fait ce qui se passe vraiment,
- 3:46 mais c'est déjà mieux que la trajectoire en triangle.
- 3:49 Tartaglia est également le premier à déterminer que viser avec un angle de 45°
- 3:53 permet de maximiser la portée du tir.
- 3:56 Si vous êtes en dessous, vous avez un tir tendu mais qui retombe moins loin,
- 3:59 et si vous êtes au-dessus de 45°, vous avez un tir en cloche qui lui aussi retombera moins loin.
- 4:04 D'ailleurs, Tartaglia conçoit un instrument avec des graduations et un fil à plomb
- 4:08 qui permet de faire ce réglage sur les canons.
- 4:10 Vous le mettez dans la bouche du canon et réglez l'angle jusqu'à la valeur voulue.
- 4:14 Les travaux de Tartaglia ont ensuite été repris par un de ses élèves, Benedetti,
- 4:18 qui a travaillé plus précisément sur la chute des corps
- 4:21 et la façon dont elles dépendent du matériau qui les constitue.
- 4:24 Tout cela aura évidemment une influence déterminante
- 4:27 sur celui qui finalement établit fermement les bases de la balistique, Galilée.
- 4:37 Vous connaissez tous l'histoire de la tour de Pise
- 4:40 et outre le fait que c'est probablement une légende également,
- 4:43 elle donne là aussi une vision un peu trop réductrice de ce qu'avait vraiment compris Galilée.
- 4:48 L'expérience de la tour démontre supposément que tous les corps tombent verticalement de la même façon,
- 4:53 indépendamment de leur masse, contrairement à ce que professait Aristote.
- 4:56 Évidemment, à strictement parler, il faut nuancer ça en prenant en compte l'effet des frottements de l'air.
- 5:01 Sur mon site, je vous ai recréé une petite simulation de l'expérience de la tour de Pise
- 5:05 avec des paramètres réalistes.
- 5:10 Vous pouvez varier la taille des billes et la masse volumique des matériaux.
- 5:17 Et comme je simule aussi les frottements de l'air, en supposant qu'on a des sphères,
- 5:21 on peut voir les écarts de temps de chute.
- 5:34 Une chose intéressante qu'on voit sur la simulation,
- 5:36 c'est que j'ai fait en sorte que chaque objet laisse sur sa trajectoire des petites marques,
- 5:41 ici toutes les 200 millisecondes.
- 5:43 Et ça permet de visualiser qu'on a une trajectoire accélérée.
- 5:47 Les sphères qui chutent vont de plus en plus vite
- 5:49 et parcourent de plus en plus de distance dans le même intervalle de temps.
- 5:53 Alors ça aurait pu être une vitesse uniforme, des marques espacées à intervalles réguliers,
- 5:58 mais non, c'est une accélération uniforme.
- 6:00 On peut le vérifier aussi avec les petits graphiques qu'il y a en dessous.
- 6:04 Évidemment, faire des observations chronométrées comme ça,
- 6:06 c'est quasi impossible à faire avec l'expérience de la Tour, à l'époque de Galilée en tout cas.
- 6:11 Mais une variante de l'expérience qu'il aurait supposément effectuée,
- 6:14 c'est plutôt de faire rouler des sphères sur un plan incliné.
- 6:17 Et ce qui est intéressant, c'est qu'avec un plan incliné, les trajectoires sont plus lentes.
- 6:22 On est au niveau du sol, donc on peut vraiment mesurer ce phénomène.
- 6:25 Et c'est super important, car si on connaît surtout Galilée
- 6:27 pour l'histoire du temps de chute égale et de la Tour de Pise,
- 6:30 en fait il va plus loin, car il quantifie le phénomène.
- 6:33 Il mesure que sur le plan incliné, les objets parcourent une distance verticale
- 6:37 proportionnelle au carré du temps de déplacement.
- 6:40 C'est-à-dire que les corps subissent une accélération verticale uniforme.
- 6:44 Dans le cas d'une chute libre de la Tour, avec les notations modernes,
- 6:48 on dirait que l'altitude z diminue comme 1,5 de gt²,
- 6:53 où g, c'est l'accélération de la pesanteur, donc 9,8 mètres par seconde carré.
- 6:58 Ça, c'est pour le mouvement vertical.
- 7:00 Mais l'autre point important des travaux de Galilée, c'est l'idée d'inertie,
- 7:03 et notamment de ce que les historiens des sciences ont baptisé l'inertie horizontale.
- 7:08 En effet, Galilée comprend que si un corps subit uniquement la gravité verticale,
- 7:13 son mouvement horizontal est conservé, sa vitesse ne change pas.
- 7:16 Galilée l'avait mis en évidence de façon tout à fait maligne dans le cas de la chute libre.
- 7:21 Pour comprendre ça, il fait des expériences avec une bille qui tombe du bord d'une table,
- 7:26 avec une certaine vitesse et dont il mesure la trajectoire.
- 7:29 Et il constate deux choses.
- 7:31 Premièrement, le temps de chute est toujours le même indépendamment de la trajectoire.
- 7:35 Et c'est le même que celui d'une chute verticale, on a toujours une accélération uniforme.
- 7:40 L'équation z égale moins 1,5 de gt² reste valide.
- 7:45 Mais en plus, au sein d'une trajectoire, la vitesse horizontale ne change pas au cours du mouvement.
- 7:50 C'est la même que celle qu'a la bille en quittant la table.
- 7:54 Si on l'appelle v0, alors la position horizontale x évolue comme v0 fois t.
- 8:00 Avec cette idée d'inertie horizontale, Galilée comprend que le mouvement horizontal
- 8:05 et la chute libre verticale sont en quelque sorte indépendants l'un de l'autre.
- 8:09 Le fait que la bille soit en train de tomber en z ne change pas la façon dont elle avance en x.
- 8:15 C'est ce qu'on voit ici dans la forme moderne des équations.
- 8:17 La bille tombe comme une bille en chute libre verticale
- 8:20 et avance comme une bille en mouvement uniforme horizontal.
- 8:24 Cette idée d'indépendance des deux mouvements vertical et horizontal,
- 8:27 on en a peut-être l'habitude quand on manipule les équations,
- 8:29 mais elle est finalement assez contre-intuitive pour nous.
- 8:32 Vous vous souvenez de mon exemple du plongeoir ?
- 8:34 Eh bien, si je ne tombe pas à la verticale,
- 8:37 c'est notamment parce que mon mouvement horizontal continue tout le long de la chute.
- 8:41 Donc arrivé dans l'eau, j'aurais parcouru une certaine distance horizontale.
- 8:47 Les plongeurs des falaises d'Acapulco, eux, l'ont bien compris.
- 8:50 S'ils ne continuaient pas d'avancer horizontalement pendant leur chute,
- 8:54 eh bien, ils se paieraient les rochers en bas des falaises.
- 8:57 Mais la vitesse initiale horizontale qu'ils se donnent
- 9:00 est conservée tout le long du mouvement, ce qui leur permet d'atteindre l'eau.
- 9:04 Tenez, une petite énigme pour illustrer d'une autre façon
- 9:07 ce caractère contre-intuitif de l'inertie horizontale
- 9:10 et de l'indépendance des deux mouvements.
- 9:11 Imaginez que vous soyez sur une tour avec un arc
- 9:14 et que votre ami situé sur une autre tour en face, à la même hauteur,
- 9:18 décide de lâcher une pomme.
- 9:20 Comment vous faites pour toucher la pomme à coup sûr avec votre flèche ?
- 9:24 Alors, ça paraît compliqué.
- 9:25 Il faut bien choisir la façon de tirer, l'orientation, la puissance.
- 9:30 Si vous faites des essais, on se rend vite compte
- 9:32 que ce n'est pas évident, a priori, de trouver la bonne vitesse et le bon angle.
- 9:36 Et pourtant, en fait, c'est très simple.
- 9:38 La solution, c'est qu'au moment où la pomme commence à tomber,
- 9:41 il faut tirer complètement à l'horizontale, à 0°
- 9:44 et avec la vitesse que vous voulez.
- 9:47 En effet, la pomme et la flèche sont soumises verticalement
- 9:50 à la même accélération de la pesanteur,
- 9:53 donc elles vont tomber verticalement au même rythme.
- 9:56 Les mouvements horizontaux et verticaux de la flèche sont indépendants,
- 10:00 donc si vous tirez avec un angle initial de 0,
- 10:02 votre flèche sera toujours à la même altitude que la pomme pendant sa trajectoire
- 10:07 et elle progressera horizontalement vers elle,
- 10:09 donc vous êtes certains de la transpercer.
- 10:11 Et ce, quelle que soit la vitesse initiale de la flèche,
- 10:13 vous pouvez mettre à peu près ce que vous voulez.
- 10:16 Sur ma petite simulation, vous pouvez vous en convaincre en ajoutant les petits guides de position.
- 10:20 On voit bien que si on tire horizontalement,
- 10:22 l'altitude de la pomme et de la flèche sont toujours identiques.
- 10:26 On est certain de la toucher, quelle que soit la vitesse horizontale.
- 10:29 Évidemment, je néglige les frottements, le temps de réaction du tireur, etc.
- 10:33 Mais vous voyez l'idée.
- 10:34 Bien, Galilée a donc compris que pour une bille qui chute de la table,
- 10:38 le mouvement vertical est une accélération uniforme,
- 10:41 z égale moins 1,5 de gt²,
- 10:43 et le mouvement horizontal est une translation uniforme, x égale v0 t.
- 10:47 Si on combine ces deux équations pour éliminer t,
- 10:51 on obtient l'équation de la trajectoire,
- 10:54 z égale moins 1,5 de g sur v0² fois x².
- 10:59 On voit que z est proportionnel au carré de x.
- 11:02 Mathématiquement, c'est l'équation d'une parabole.
- 11:05 Et Galilée est le premier à réaliser ça.
- 11:07 Les trajectoires balistiques sont des paraboles,
- 11:10 pas des segments connectés par des cercles comme le pensait Tartaglia.
- 11:14 Et notez bien que Galilée ne découvre pas la parabole.
- 11:17 Mathématiquement, elle était déjà parfaitement connue.
- 11:20 Euclide avait déjà écrit sur le sujet presque 2000 ans plus tôt.
- 11:23 Tout le monde connaissait la parabole, si j'ose dire.
- 11:26 Mais à l'époque, l'idée de mathématiser la physique
- 11:29 n'était pas encore vraiment passée dans les esprits,
- 11:31 et donc faire ce lien entre la trajectoire balistique et la parabole,
- 11:35 ce n'était pas si évident.
- 11:37 Je vous passe les détails, mais ça reste vrai,
- 11:39 même si on tire avec un certain angle initial alpha.
- 11:43 Galilée meurt finalement en 1642, l'année de la naissance d'Isaac Newton.
- 11:48 Mais avec ce que je vous ai raconté,
- 11:49 vous voyez que plusieurs décennies avant les travaux de Newton,
- 11:52 on avait déjà une bonne compréhension
- 11:54 de la façon dont fonctionnait la gravité à la surface de la Terre.
- 11:57 Bah oui, il fallait bien faire marcher les canons.
- 12:05 Toujours avant Newton,
- 12:06 en parallèle des travaux des savants italiens sur la balistique,
- 12:09 les astronomes faisaient également pas mal de progrès.
- 12:12 Copernic, Tycho Brahe et surtout Kepler
- 12:15 introduisent aussi les mathématiques dans la physique du mouvement,
- 12:18 cette fois pour comprendre celui des astres.
- 12:21 Entre 1609 et 1618, Kepler publie notamment ces trois lois de l'astronomie,
- 12:27 en particulier la première,
- 12:28 qui affirme que les trajectoires des planètes sont des ellipses,
- 12:31 et la troisième, qui établit un lien quantitatif
- 12:34 entre la période de révolution et la taille de l'ellipse.
- 12:37 Donc Newton, en matière de gravité, n'arrive pas sur un terrain vierge.
- 12:41 D'ailleurs, il le rappellera lui-même de façon fameuse
- 12:43 en affirmant que s'il avait pu voir si loin,
- 12:46 c'est parce qu'il se tenait sur les épaules des géants.
- 12:49 Et l'intuition géniale qui permit à Newton de le faire,
- 12:52 ce n'est donc pas une histoire de pomme,
- 12:54 mais à nouveau une affaire de canon.
- 12:56 Newton réalise une expérience de pensée,
- 12:59 une expérience qu'on ne peut pas faire en vrai,
- 13:01 mais dont on peut imaginer le déroulement.
- 13:03 Et pour bien la comprendre,
- 13:04 j'ai aussi créé une petite simulation interactive
- 13:06 qu'on va utiliser pour suivre le raisonnement de Newton.
- 13:09 Toujours pareil, si vous voulez expérimenter vous-même la simulation,
- 13:11 et sur mon site, le lien est en description.
- 13:15 Donc on a ici un canon,
- 13:16 dont on peut régler l'angle et la vitesse de projection.
- 13:19 Alors à l'époque de Newton,
- 13:21 les meilleurs canons devaient probablement tirer à environ 150 mètres par seconde.
- 13:25 Si on règle sur un angle de 45 degrés, l'optimum donc,
- 13:28 ça nous fait une portée théorique maximale d'un peu plus de 2 kilomètres.
- 13:33 Avec une vitesse de 300 mètres par seconde,
- 13:36 on trouve une portée d'environ 10 kilomètres.
- 13:38 Alors on a juste doublé la vitesse,
- 13:40 mais la portée augmente comme le carré de la vitesse.
- 13:42 Ça se voit dans l'équation de la parabole.
- 13:44 Alors 300 mètres par seconde et une dizaine de kilomètres,
- 13:47 c'est un canon qui n'existait pas au temps de Newton.
- 13:50 C'est en gros les caractéristiques de ce que les Allemands appelaient la grosse Bertha,
- 13:54 une pièce d'artillerie utilisée pendant la Première Guerre mondiale.
- 13:57 Mais on va y aller plus fort.
- 13:59 Si on monte à 1200 mètres par seconde,
- 14:02 on peut tirer en théorie à 150 kilomètres.
- 14:06 Alors 150 kilomètres, c'est à peu près la distance à laquelle les Allemands bombardaient Paris
- 14:11 avec cette fois ce canon gigantesque qui a semé la terreur chez les habitants de la ville,
- 14:15 un canon que les Français avaient surnommé la grosse Bertha.
- 14:19 Bah oui, parce qu'ils avaient confondu avec les canons plus petits dont on a parlé avant.
- 14:23 Ce canon était plutôt appelé par les Allemands le Pariser Kanonen, le canon parisien,
- 14:27 et notons d'ailleurs qu'ils avaient réalisé que sa portée était un peu meilleure
- 14:31 si on tirait avec un angle de 50 ou 55 degrés plutôt que l'optimum théorique de 45 degrés.
- 14:36 Et la raison, c'est que le projectile voyageait alors dans des couches de l'atmosphère moins denses,
- 14:40 donc avec moins de frottement.
- 14:42 Mais revenons un peu au XVIIe siècle.
- 14:44 Alors Newton ne connaissait évidemment pas la grosse Bertha,
- 14:47 mais il avait déjà eu l'idée d'imaginer un canon super puissant
- 14:51 et de réfléchir à ce qui se passerait avec sa trajectoire.
- 14:54 Et pour ça, il imaginait de placer le canon à l'horizontale
- 14:57 mais de tirer depuis une très haute montagne.
- 15:00 Alors allons-y disons à 200 km d'altitude.
- 15:03 Si on tire à l'horizontale à 1200 mètres par seconde,
- 15:06 on retrouve notre bonne vieille parabole qu'observait Galilée.
- 15:10 Mais si on tire vraiment plus fort, disons 4000 mètres par seconde,
- 15:14 là je vais devoir dézoomer un peu et vous voyez qu'il y a un nouvel élément qui rentre en compte,
- 15:18 la courbure de la Terre.
- 15:20 Si on tire suffisamment fort,
- 15:22 le projectile ira plus loin que ce qu'il aurait été sur un terrain plat
- 15:26 du fait de la courbure.
- 15:28 Et si on continue à tirer vraiment plus fort, disons 7000 mètres par seconde,
- 15:32 on commence à suivre la courbure de la Terre et à retomber beaucoup plus loin.
- 15:36 Et là, Newton réalise qu'avec la bonne vitesse,
- 15:40 on peut carrément faire le tour de la Terre.
- 15:43 Et pour ça, comme on voit dans ma simulation, il faut aller à environ 7800 mètres par seconde.
- 15:47 Et là, notre boulet de canon continuera indéfiniment sa trajectoire autour de la Terre.
- 15:53 Mathématiquement, on peut réconcilier cela avec la découverte de Galilée.
- 15:57 Quand on tire et que la trajectoire suit une parabole,
- 16:00 elle a initialement un certain rayon de courbure qui vaut V0² sur G.
- 16:04 Et si on tire suffisamment fort que V0 augmente,
- 16:08 le rayon de courbure de la trajectoire initiale devient égal au rayon de la Terre.
- 16:12 Et donc le boulet n'atteint jamais le sol.
- 16:16 A cette vitesse, on a transformé notre boulet de canon
- 16:20 A cette vitesse, on a transformé notre boulet de canon
- 16:23 en un nouveau satellite de la Terre, comme la Lune finalement.
- 16:27 Et grâce à cette expérience de pensée complètement dingue pour l'époque,
- 16:31 Newton comprend que les orbites des astres et les trajectoires balistiques
- 16:35 ne sont que deux facettes du même phénomène.
- 16:38 Et c'est difficile de se représenter le saut conceptuel que ça représente.
- 16:42 L'astronomie et la balistique étaient deux disciplines complètement séparées,
- 16:45 ce n'est pas du tout les mêmes échelles.
- 16:48 Newton comprend que c'est en fait la même chose.
- 16:51 Que la Lune est un boulet de canon, c'est pareil.
- 16:54 Il y a une citation du poète Paul Valéry qui résume bien ça.
- 16:57 Il disait, il fallait être Newton pour s'apercevoir que la Lune tombe
- 17:01 alors que tout le monde voit bien que ce n'est pas le cas.
- 17:04 Et c'est exactement ça, Newton comprend que la Lune tombe comme un boulet de canon
- 17:08 mais qu'il subirait la gravité terrestre en avançant en même temps.
- 17:11 Alors ça peut paraître un peu bizarre pour la Lune qui est déjà en mouvement,
- 17:15 qui est déjà lancée depuis un canon, mais on peut le comprendre comme ceci.
- 17:18 La Lune a une certaine vitesse et donc en permanence,
- 17:21 elle avance un peu tout droit sous l'effet de cette vitesse.
- 17:24 Mais comme la gravité terrestre la fait également tomber vers elle,
- 17:27 elle se déplace aussi en direction du centre de la Terre.
- 17:30 Et donc, au final, reste en permanence sur son orbite quasiment circulaire.
- 17:35 Comme le boulet de Newton, elle tombe sans cesse, sans jamais se rapprocher du sol.
- 17:41 Unifiée l'astronomie et la chute des corps, la Lune et les boulets de canon,
- 17:44 c'est ça la première idée de Newton.
- 17:46 Sauf que si vous regardez les chiffres, vous verrez que ça ne colle pas.
- 17:49 On a trouvé une vitesse d'environ 8000 mètres par seconde
- 17:52 pour satelliser notre boulet autour de la Terre.
- 17:54 Or la Lune va beaucoup moins vite que ça.
- 17:56 Elle est à 384 000 kilomètres de nous,
- 17:59 ça fait environ 2,4 millions de kilomètres de circonférence pour sa trajectoire,
- 18:02 parcourue en 27 jours.
- 18:04 Faites le calcul, on est autour de 1 km par seconde.
- 18:07 Donc 8 fois moins que ce qu'on a trouvé avec le canon.
- 18:09 La raison de cette différence, c'est évidemment qu'au niveau de la Lune,
- 18:12 l'attraction de la gravité exercée par la Terre est plus faible qu'à la surface.
- 18:16 Donc la vitesse que doit avoir la Lune pour rester sur sa trajectoire
- 18:19 est plus faible que pour notre boulet.
- 18:21 D'ailleurs, c'est ce qu'avait compris Kepler avec sa fameuse troisième loi.
- 18:24 Si on se place dans le cas d'une orbite circulaire,
- 18:27 la loi nous dit que le carré de la période de révolution
- 18:30 est proportionnel au cube du rayon.
- 18:32 Une autre façon d'écrire cette loi,
- 18:34 c'est de dire que la période, c'est la circonférence divisée par la vitesse,
- 18:37 donc 2πr divisé par v,
- 18:40 et en injectant ça dans la loi de Kepler,
- 18:43 on trouve que le carré de la vitesse est inversement proportionnel au rayon de l'orbite.
- 18:47 La Lune est à 384 000 km,
- 18:50 donc sa distance au centre de la Terre est une soixantaine de fois plus élevée que la nôtre,
- 18:54 donc ça fait une vitesse 8 fois plus faible.
- 18:56 Ça colle avec nos chiffres.
- 18:57 La Lune va à seulement 1 km par seconde pour se maintenir sur sa trajectoire.
- 19:01 Alors, comment réconcilier la vitesse de satellisation dans l'expérience du canon
- 19:06 avec la vitesse de la Lune qui suit la troisième loi de Kepler ?
- 19:09 Souvenez-vous qu'on a écrit la satellisation comme une égalité
- 19:12 entre le rayon de courbure induit par la chute initiale
- 19:15 et le rayon de l'orbite, v² sur g égale r.
- 19:20 Si maintenant on injecte le fait que le carré de la vitesse est en 1 sur r,
- 19:24 c'est la troisième loi de Kepler,
- 19:26 on peut réarranger tout ça et trouver que g,
- 19:28 l'accélération que nous fait subir la gravité,
- 19:30 est en 1 sur r².
- 19:32 On voit que pour que la vitesse de satellisation diminue avec la distance comme il faut,
- 19:37 alors il faut que l'accélération de la gravité soit en 1 sur r².
- 19:40 C'est le seul moyen d'être cohérent avec la troisième loi de Kepler.
- 19:44 Et avec cette idée, on retrouve bien la célèbre découverte de la loi de Newton
- 19:48 qui dit que l'attraction de la gravité décroît comme le carré de la distance,
- 19:52 la fameuse formule qu'on apprend au lycée.
- 19:54 Une formule qui est valide que l'on parle de pommes qui tombent,
- 19:57 des boulets de canon qui volent ou bien des astres qui orbitent.
- 20:00 Le génie de Newton, ce n'est pas d'avoir compris la chute des pommes,
- 20:04 c'est d'avoir formulé une loi de la gravitation dite universelle
- 20:07 qui s'applique partout et à toutes les situations.
- 20:10 Et même si on n'est pas dans la tête de Newton,
- 20:12 on peut volontiers imaginer que la clé de cette compréhension,
- 20:15 c'était l'expérience de pensée du canon.
- 20:23 Bien, maintenant on peut retourner sur notre petite simulation
- 20:26 et jouer un peu en variant les paramètres.
- 20:28 Si on prend un peu d'altitude et qu'on pousse au-delà des 8000 mètres par seconde,
- 20:31 on va vite remarquer une chose,
- 20:32 c'est que les trajectoires ne sont plus circulaires.
- 20:38 Même constatation si on commence à mettre un certain angle initial.
- 20:41 Ce qu'on voit là, ce sont des ellipses.
- 20:46 C'est ce qu'avait compris Kepler avec sa première loi.
- 20:49 Les orbites des astres ne sont pas seulement des cercles,
- 20:52 ce sont plus généralement des ellipses.
- 20:54 Le cercle n'est qu'un cas particulier d'ellipse.
- 20:57 Pour quantifier à quel point une orbite est elliptique,
- 21:00 on utilise une quantité qu'on appelle l'eccentricité.
- 21:03 Un cercle a une eccentricité de 0
- 21:05 et plus l'eccentricité se rapproche de 1,
- 21:07 plus l'ellipse est aplatie.
- 21:09 Et en principe on peut trouver de tout entre ces deux extrêmes.
- 21:13 Mars a une eccentricité d'environ 0,1
- 21:15 et Mercure de 0,2.
- 21:17 Alors c'est pas énorme,
- 21:18 mais ça avait suffi à Kepler pour comprendre
- 21:20 que l'ellipse était le cas général.
- 21:22 Depuis, on ne peut plus imaginer
- 21:24 que l'ellipse était le cas général.
- 21:26 Depuis, on a aussi découvert Pluton
- 21:28 et son eccentricité de 0,25.
- 21:30 Un cas extrême d'eccentricité,
- 21:32 ce sont les comètes périodiques,
- 21:34 comme la comète de Halley,
- 21:36 qui revient tous les 76 ans
- 21:38 et dont l'eccentricité est de 0,97,
- 21:40 donc très proche de 1.
- 21:42 Sur ma simulation, plus je tire fort,
- 21:44 plus l'orbite va être excentrique.
- 21:48 Et si je me rapproche d'environ 11 km par seconde,
- 21:51 je vais constater une chose.
- 21:53 Ce canon ne va jamais revenir.
- 21:55 Quand l'eccentricité dépasse 1,
- 21:57 si on peut dire,
- 21:58 on n'a plus une ellipse,
- 21:59 on a une hyperbole
- 22:00 et mon projectile s'en va à l'infini.
- 22:03 La vitesse limite à laquelle ça se produit,
- 22:05 c'est ce qu'on appelle la vitesse de libération.
- 22:07 Et si on fait le calcul,
- 22:08 on trouve que cette vitesse de libération,
- 22:10 c'est racine de 2 fois la vitesse de satellisation
- 22:12 qu'on avait trouvée tout à l'heure.
- 22:14 C'est donc environ 11 km par seconde
- 22:16 à la surface de la Terre.
- 22:17 Et c'est typiquement la vitesse
- 22:18 qu'on s'efforce d'atteindre avec une fusée
- 22:20 pour espérer s'arracher de la traction terrestre.
- 22:23 Une chose étonnante que vous remarquerez
- 22:25 si vous jouez avec la simulation,
- 22:27 c'est que ça n'est pas facile en général
- 22:29 d'obtenir une trajectoire bien circulaire,
- 22:31 comme celle de la Lune par exemple.
- 22:32 Il faut vraiment prendre un angle de zéro
- 22:34 et parfaitement choisir la vitesse.
- 22:36 Si vous êtes au-dessus ou en dessous
- 22:38 de la bonne vitesse,
- 22:39 vous aurez une ellipse
- 22:40 où vous cracherez sur la Terre.
- 22:42 Obtenir une trajectoire circulaire,
- 22:44 c'est assez spécifique.
- 22:45 Ce qui est bizarre,
- 22:46 c'est pourquoi les planètes et la Lune
- 22:48 ont toutes, dans leur majorité,
- 22:50 des trajectoires bien circulaires
- 22:53 avec des excentricités faibles, très faibles.
- 22:55 Si le cercle est un cas si rare,
- 22:57 si particulier,
- 22:58 pourquoi est-ce qu'on n'a pas
- 22:59 des ellipses partout dans le système solaire ?
- 23:01 La trajectoire circulaire,
- 23:02 ça semble presque un petit miracle,
- 23:04 c'est bizarre.
- 23:05 Pour le comprendre,
- 23:06 il faut s'intéresser aux conditions
- 23:08 dans lesquelles ces orbites se sont formées
- 23:10 et à la façon dont elles ont évolué.
- 23:12 Il y a en effet en pratique
- 23:13 un phénomène qu'on appelle parfois
- 23:15 la circularisation des orbites.
- 23:17 Ici, avec ma simulation,
- 23:18 on se place dans un cas très idéal,
- 23:19 un des projectiles ponctuels
- 23:21 qui sont seuls sur leur orbite,
- 23:22 mais la réalité est un peu différente.
- 23:24 D'une part,
- 23:25 quand le système solaire s'est formé,
- 23:26 il y avait des tas de débris en rotation
- 23:28 qui ont provoqué des petites collisions
- 23:30 en grand nombre
- 23:31 qu'on peut assimiler
- 23:32 à une sorte de force de frottement.
- 23:34 Ensuite, on sait aussi
- 23:35 que les corps célestes
- 23:36 comme les planètes ou la Lune
- 23:38 ont une certaine taille,
- 23:39 sont faits de roches ou de fluides
- 23:41 qui ont à grande échelle
- 23:42 une certaine viscosité.
- 23:44 Cette viscosité conduit aussi
- 23:45 à une forme de perte d'énergie
- 23:47 qu'on appelle de la dissipation.
- 23:49 Les frottements et la dissipation,
- 23:51 ont pour effet
- 23:52 de faire perdre de l'énergie
- 23:53 à notre système,
- 23:54 ce qui favorise en priorité
- 23:56 la diminution de l'excentricité.
- 23:58 On peut l'expérimenter
- 23:59 sur ma petite simulation.
- 24:01 Partons d'une trajectoire elliptique
- 24:02 avec une certaine excentricité
- 24:04 et ce qu'on peut faire
- 24:05 c'est rajouter un peu de friction
- 24:07 temporairement
- 24:08 en imaginant une certaine répartition
- 24:09 de débris autour du Soleil.
- 24:11 On peut alors observer l'effet
- 24:13 sur la taille et la forme de l'ellipse
- 24:15 et constater le phénomène
- 24:16 de circularisation.
- 24:18 Ici, j'affiche en temps réel
- 24:20 l'excentricité de la trajectoire
- 24:22 et on voit qu'elle diminue
- 24:23 au cours du temps,
- 24:24 notamment quand le corps
- 24:25 passe au périhélie,
- 24:26 le point le plus proche du Soleil
- 24:28 et qui est celui
- 24:29 où la vitesse est la plus élevée.
- 24:31 Ce phénomène, ça explique donc
- 24:32 que la plupart des orbites
- 24:33 dans le système solaire
- 24:34 est peu à peu convergée
- 24:36 vers quelque chose
- 24:37 de très circulaire,
- 24:38 des excentricités très proches de zéro
- 24:40 bien que le cercle
- 24:41 ne soit finalement
- 24:42 qu'un cas très particulier
- 24:43 d'ellipse.
- 24:46 Notez qu'une des raisons
- 24:47 pour lesquelles quelques planètes
- 24:49 comme Mars ou Mercure
- 24:51 ont malgré tout
- 24:52 conservé une orbite
- 24:53 légèrement excentrique,
- 24:54 c'est qu'en pratique
- 24:55 elles ne sont pas seules
- 24:56 autour du Soleil.
- 24:57 Dans une faible mesure,
- 24:58 toutes les planètes
- 24:59 s'influencent les unes les autres.
- 25:01 Et donc pour bien comprendre
- 25:03 leur trajectoire,
- 25:04 il faut considérer
- 25:05 des interactions gravitationnelles
- 25:06 avec plusieurs corps.
- 25:08 Mais ça, c'est plus compliqué
- 25:10 et ce sera pour le prochain épisode.
- 25:12 Merci d'avoir suivi la vidéo,
- 25:13 n'oubliez pas de vous abonner
- 25:14 pour ne rien rater.
- 25:15 Vous pouvez aussi
- 25:16 soutenir la chaîne
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- 25:18 si le cœur vous en dit.
- 25:19 Les liens sont en description.
- 25:20 Je vous mets également
- 25:21 la page web
- 25:22 sur laquelle j'ai hébergé
- 25:23 toutes les petites simulations
- 25:24 que je vous ai montrées.
- 25:25 Je suis curieux de savoir
- 25:26 si ça vous intéresse
- 25:27 de pouvoir jouer vous-même
- 25:28 avec ces expériences numériques
- 25:29 pour mieux comprendre
- 25:30 ce qui se passe.
- 25:31 N'hésitez pas à me dire
- 25:32 ce que vous en pensez
- 25:33 et en attendant,
- 25:34 moi je vous dis
- 25:35 à très vite pour une nouvelle vidéo.
- 25:36 A bientôt !
Cette vidéo retrace l'histoire fascinante de la découverte et de la compréhension de la gravité classique, souvent appelée gravité newtonienne, en se distinguant de la relativité générale. Elle met en lumière les contributions essentielles de plusieurs savants avant Isaac Newton, soulignant que la compréhension de la chute des corps et de la balistique était déjà bien avancée. Le parcours commence avec l'étude de la balistique et la théorie de l'impetus, qui décrivait le mouvement des projectiles en deux phases distinctes. Le mathématicien italien Niccolò Fontana Tartaglia est présenté comme un pionnier, ayant remis en question cette théorie en observant des trajectoires courbes et en proposant une approche géométrique, identifiant notamment l'angle de 45° comme optimal pour la portée maximale. Galilée est ensuite mis en avant pour ses travaux fondamentaux sur la chute des corps et l'inertie horizontale. L'expérience de la Tour de Pise est mentionnée comme une légende réductrice, le véritable apport de Galilée résidant dans la quantification de l'accélération uniforme des corps en chute et la compréhension que les mouvements horizontal et vertical sont indépendants. Il a ainsi démontré que les trajectoires balistiques sont des paraboles, une avancée majeure pour l'époque. Parallèlement, les progrès en astronomie sont abordés avec Copernic, Tycho Brahe et surtout Kepler, dont les trois lois décrivent le mouvement des planètes sur des orbites elliptiques. Le cœur de la vidéo est dédié à Isaac Newton et à son expérience de pensée du "canon à la Lune". Cette simulation interactive illustre comment un boulet de canon tiré avec une vitesse suffisante depuis une haute montagne pourrait entrer en orbite autour de la Terre, devenant ainsi un satellite. Cette idée géniale a permis à Newton d'unifier la physique terrestre (chute des pommes, boulets de canon) et la physique céleste (mouvement de la Lune et des planètes), démontrant qu'il s'agit du même phénomène régi par une loi universelle. La vidéo explique ensuite comment la troisième loi de Kepler, combinée à l'expérience du canon, mène à la célèbre loi de la gravitation universelle de Newton, où l'attraction décroît avec le carré de la distance. Les concepts d'orbites elliptiques, d'excentricité et de vitesse de libération sont également explorés, montrant que les orbites circulaires sont un cas particulier. Enfin, le phénomène de circularisation des orbites est expliqué par la présence de frottements et de dissipation d'énergie dans les systèmes réels, ce qui tend à réduire l'excentricité des orbites au fil du temps, justifiant pourquoi de nombreuses orbites planétaires sont presque circulaires. Le narrateur utilise des simulations interactives tout au long de l'explication pour aider à la compréhension des concepts.
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