Du canon à la Lune : la découverte de la gravité

lecture 25:46 Source ↗ gravité balistique Isaac Newton Galilée Johannes Kepler orbites planétaires
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Ce document explore la naissance de la théorie de la gravité newtonienne, des premières études balistiques aux lois de Kepler et à l'expérience de pensée du canon de Newton, unifiant la chute des corps terrestres et le mouvement des astres.

  1. 0:00 Bonjour à tous, aujourd'hui on va parler de la naissance de la théorie de la gravité.
  2. 0:05 Mais attention, pas de relativité générale de trous noirs ou de courbures de l'espace-temps,
  3. 0:10 non, non, simplement la force de gravité classique,
  4. 0:13 celle qu'on apprend au lycée et qu'on appelle parfois la gravité newtonienne.
  5. 0:18 Alors même si elle vous paraît déjà très familière,
  6. 0:20 vous allez voir que cette force de gravité mérite quand même
  7. 0:23 qu'on s'intéresse en profondeur à la façon dont elle a été comprise.
  8. 0:26 Et ça va être aussi pour moi l'occasion de tester un truc nouveau.
  9. 0:29 J'ai créé plusieurs simulations interactives pour illustrer ce que je vais raconter.
  10. 0:34 Et si vous le souhaitez, vous pouvez aller jouer avec sur mon site web, le lien est en description.
  11. 0:38 Ça devrait vous permettre de mieux comprendre en expérimentant par vous-même
  12. 0:41 les notions dont on va parler aujourd'hui.
  13. 0:44 Quand on pense à la découverte et à la compréhension de la force de gravité,
  14. 0:47 on pense évidemment d'abord à Isaac Newton.
  15. 0:50 Vous savez, la pomme qui lui tombe sur la tête.
  16. 0:53 Mais cette anecdote, outre le fait qu'elle est probablement en partie fausse,
  17. 0:56 je trouve qu'elle a le défaut de masquer la véritable contribution de Newton.
  18. 1:01 Plutôt que de sa pomme, on va voir qu'on ferait mieux de parler de son canon.
  19. 1:05 En effet, l'anecdote de la pomme pourrait nous faire croire que c'est Newton qui, le premier,
  20. 1:09 a compris de quelle façon les objets tombaient vers le sol.
  21. 1:12 Alors qu'en fait, avant lui, cette question avait déjà été pas mal étudiée,
  22. 1:16 et ce, pour une raison tout à fait pratique, la balistique.
  23. 1:20 Alors la balistique, c'est la discipline qui essaye de comprendre
  24. 1:23 et de prévoir la trajectoire des projectiles, comme par exemple les boulets de canon.
  25. 1:27 C'est une question qui intéressait pas mal de monde à l'époque.
  26. 1:29 La poudre à canon se répand en Europe au cours du XIVe siècle,
  27. 1:33 et les canons deviennent rapidement incontournables sur le champ de bataille.
  28. 1:37 Alors au début, on s'en sert d'une façon assez bourrine pour tirer tout droit ou fracasser des murs.
  29. 1:42 Mais au bout d'un moment, les gens se disent que ce serait pas mal de pouvoir viser.
  30. 1:47 Alors à l'époque, pour expliquer le mouvement des projectiles,
  31. 1:49 il y avait ce qu'on a appelé la théorie de l'impetus.
  32. 1:53 Alors impetus, ça veut dire impulsion en latin.
  33. 1:56 D'après cette théorie, quand on propulse un projectile,
  34. 1:59 on lui donne une certaine quantité d'impetus qui va progressivement se consommer,
  35. 2:04 et quand il n'y a plus d'impetus, la gravité entre en jeu et fait tomber le projectile.
  36. 2:09 Du coup, cette théorie imaginait que le mouvement se faisait en deux temps.
  37. 2:13 D'abord une trajectoire rectiligne initiale qui dépendait de l'angle et la puissance à laquelle on avait tiré,
  38. 2:18 puis une chute verticale quand la gravité reprenait ses droits.
  39. 2:22 Alors ça peut paraître un peu ridicule comme idée,
  40. 2:24 mais c'est quand même assez proche de l'intuition naturelle qu'on peut avoir de la gravité.
  41. 2:30 Par exemple, quand je sautais du plongeoir de 5 mètres quand j'étais gamin,
  42. 2:33 je raisonnais souvent comme si le mouvement allait se produire comme ça, en deux temps,
  43. 2:37 comme si une fois mon saut initial effectué, je tombais à la verticale,
  44. 2:41 comme dans un dessin animé de Tex Avery.
  45. 2:44 Entre le XVIe et le début du XVIIe siècle,
  46. 2:46 il y a eu toute une lignée de savants italiens
  47. 2:49 qui ont remis en question la théorie du mouvement balistique issu de l'impetus.
  48. 2:53 Niccolò Fontana Tartaglia, par exemple,
  49. 2:56 s'était bien rendu compte que l'eau qui jaillissait des fontaines de la ville
  50. 2:59 ne suivait pas deux portions rectilignes, que ça faisait une courbe.
  51. 3:03 Même constatation quand il pissait dans le port de Venise après une soirée arrosée d'ailleurs.
  52. 3:07 En 1537, Tartaglia publie un traité sobrement appelé la Nova Scientia, la nouvelle science.
  53. 3:14 Ambitieux, hein ?
  54. 3:15 Mais pour le coup, ce titre était assez justifié
  55. 3:17 car il s'agit peut-être d'un des tout premiers ouvrages de mathématiques appliquées.
  56. 3:22 Tartaglia y aborde différentes questions des arts militaires
  57. 3:25 à l'aide d'outils mathématiques et notamment la question de la balistique.
  58. 3:29 Dans son texte, Tartaglia propose de dépasser un peu le modèle de l'impetus
  59. 3:34 et de fonder une véritable théorie géométrique des trajectoires des projectiles.
  60. 3:38 Et il propose de connecter les portions rectilignes de la trajectoire avec un arc de cercle.
  61. 3:44 Bon alors, ce n'est pas tout à fait ce qui se passe vraiment,
  62. 3:46 mais c'est déjà mieux que la trajectoire en triangle.
  63. 3:49 Tartaglia est également le premier à déterminer que viser avec un angle de 45°
  64. 3:53 permet de maximiser la portée du tir.
  65. 3:56 Si vous êtes en dessous, vous avez un tir tendu mais qui retombe moins loin,
  66. 3:59 et si vous êtes au-dessus de 45°, vous avez un tir en cloche qui lui aussi retombera moins loin.
  67. 4:04 D'ailleurs, Tartaglia conçoit un instrument avec des graduations et un fil à plomb
  68. 4:08 qui permet de faire ce réglage sur les canons.
  69. 4:10 Vous le mettez dans la bouche du canon et réglez l'angle jusqu'à la valeur voulue.
  70. 4:14 Les travaux de Tartaglia ont ensuite été repris par un de ses élèves, Benedetti,
  71. 4:18 qui a travaillé plus précisément sur la chute des corps
  72. 4:21 et la façon dont elles dépendent du matériau qui les constitue.
  73. 4:24 Tout cela aura évidemment une influence déterminante
  74. 4:27 sur celui qui finalement établit fermement les bases de la balistique, Galilée.
  75. 4:37 Vous connaissez tous l'histoire de la tour de Pise
  76. 4:40 et outre le fait que c'est probablement une légende également,
  77. 4:43 elle donne là aussi une vision un peu trop réductrice de ce qu'avait vraiment compris Galilée.
  78. 4:48 L'expérience de la tour démontre supposément que tous les corps tombent verticalement de la même façon,
  79. 4:53 indépendamment de leur masse, contrairement à ce que professait Aristote.
  80. 4:56 Évidemment, à strictement parler, il faut nuancer ça en prenant en compte l'effet des frottements de l'air.
  81. 5:01 Sur mon site, je vous ai recréé une petite simulation de l'expérience de la tour de Pise
  82. 5:05 avec des paramètres réalistes.
  83. 5:10 Vous pouvez varier la taille des billes et la masse volumique des matériaux.
  84. 5:17 Et comme je simule aussi les frottements de l'air, en supposant qu'on a des sphères,
  85. 5:21 on peut voir les écarts de temps de chute.
  86. 5:34 Une chose intéressante qu'on voit sur la simulation,
  87. 5:36 c'est que j'ai fait en sorte que chaque objet laisse sur sa trajectoire des petites marques,
  88. 5:41 ici toutes les 200 millisecondes.
  89. 5:43 Et ça permet de visualiser qu'on a une trajectoire accélérée.
  90. 5:47 Les sphères qui chutent vont de plus en plus vite
  91. 5:49 et parcourent de plus en plus de distance dans le même intervalle de temps.
  92. 5:53 Alors ça aurait pu être une vitesse uniforme, des marques espacées à intervalles réguliers,
  93. 5:58 mais non, c'est une accélération uniforme.
  94. 6:00 On peut le vérifier aussi avec les petits graphiques qu'il y a en dessous.
  95. 6:04 Évidemment, faire des observations chronométrées comme ça,
  96. 6:06 c'est quasi impossible à faire avec l'expérience de la Tour, à l'époque de Galilée en tout cas.
  97. 6:11 Mais une variante de l'expérience qu'il aurait supposément effectuée,
  98. 6:14 c'est plutôt de faire rouler des sphères sur un plan incliné.
  99. 6:17 Et ce qui est intéressant, c'est qu'avec un plan incliné, les trajectoires sont plus lentes.
  100. 6:22 On est au niveau du sol, donc on peut vraiment mesurer ce phénomène.
  101. 6:25 Et c'est super important, car si on connaît surtout Galilée
  102. 6:27 pour l'histoire du temps de chute égale et de la Tour de Pise,
  103. 6:30 en fait il va plus loin, car il quantifie le phénomène.
  104. 6:33 Il mesure que sur le plan incliné, les objets parcourent une distance verticale
  105. 6:37 proportionnelle au carré du temps de déplacement.
  106. 6:40 C'est-à-dire que les corps subissent une accélération verticale uniforme.
  107. 6:44 Dans le cas d'une chute libre de la Tour, avec les notations modernes,
  108. 6:48 on dirait que l'altitude z diminue comme 1,5 de gt²,
  109. 6:53 où g, c'est l'accélération de la pesanteur, donc 9,8 mètres par seconde carré.
  110. 6:58 Ça, c'est pour le mouvement vertical.
  111. 7:00 Mais l'autre point important des travaux de Galilée, c'est l'idée d'inertie,
  112. 7:03 et notamment de ce que les historiens des sciences ont baptisé l'inertie horizontale.
  113. 7:08 En effet, Galilée comprend que si un corps subit uniquement la gravité verticale,
  114. 7:13 son mouvement horizontal est conservé, sa vitesse ne change pas.
  115. 7:16 Galilée l'avait mis en évidence de façon tout à fait maligne dans le cas de la chute libre.
  116. 7:21 Pour comprendre ça, il fait des expériences avec une bille qui tombe du bord d'une table,
  117. 7:26 avec une certaine vitesse et dont il mesure la trajectoire.
  118. 7:29 Et il constate deux choses.
  119. 7:31 Premièrement, le temps de chute est toujours le même indépendamment de la trajectoire.
  120. 7:35 Et c'est le même que celui d'une chute verticale, on a toujours une accélération uniforme.
  121. 7:40 L'équation z égale moins 1,5 de gt² reste valide.
  122. 7:45 Mais en plus, au sein d'une trajectoire, la vitesse horizontale ne change pas au cours du mouvement.
  123. 7:50 C'est la même que celle qu'a la bille en quittant la table.
  124. 7:54 Si on l'appelle v0, alors la position horizontale x évolue comme v0 fois t.
  125. 8:00 Avec cette idée d'inertie horizontale, Galilée comprend que le mouvement horizontal
  126. 8:05 et la chute libre verticale sont en quelque sorte indépendants l'un de l'autre.
  127. 8:09 Le fait que la bille soit en train de tomber en z ne change pas la façon dont elle avance en x.
  128. 8:15 C'est ce qu'on voit ici dans la forme moderne des équations.
  129. 8:17 La bille tombe comme une bille en chute libre verticale
  130. 8:20 et avance comme une bille en mouvement uniforme horizontal.
  131. 8:24 Cette idée d'indépendance des deux mouvements vertical et horizontal,
  132. 8:27 on en a peut-être l'habitude quand on manipule les équations,
  133. 8:29 mais elle est finalement assez contre-intuitive pour nous.
  134. 8:32 Vous vous souvenez de mon exemple du plongeoir ?
  135. 8:34 Eh bien, si je ne tombe pas à la verticale,
  136. 8:37 c'est notamment parce que mon mouvement horizontal continue tout le long de la chute.
  137. 8:41 Donc arrivé dans l'eau, j'aurais parcouru une certaine distance horizontale.
  138. 8:47 Les plongeurs des falaises d'Acapulco, eux, l'ont bien compris.
  139. 8:50 S'ils ne continuaient pas d'avancer horizontalement pendant leur chute,
  140. 8:54 eh bien, ils se paieraient les rochers en bas des falaises.
  141. 8:57 Mais la vitesse initiale horizontale qu'ils se donnent
  142. 9:00 est conservée tout le long du mouvement, ce qui leur permet d'atteindre l'eau.
  143. 9:04 Tenez, une petite énigme pour illustrer d'une autre façon
  144. 9:07 ce caractère contre-intuitif de l'inertie horizontale
  145. 9:10 et de l'indépendance des deux mouvements.
  146. 9:11 Imaginez que vous soyez sur une tour avec un arc
  147. 9:14 et que votre ami situé sur une autre tour en face, à la même hauteur,
  148. 9:18 décide de lâcher une pomme.
  149. 9:20 Comment vous faites pour toucher la pomme à coup sûr avec votre flèche ?
  150. 9:24 Alors, ça paraît compliqué.
  151. 9:25 Il faut bien choisir la façon de tirer, l'orientation, la puissance.
  152. 9:30 Si vous faites des essais, on se rend vite compte
  153. 9:32 que ce n'est pas évident, a priori, de trouver la bonne vitesse et le bon angle.
  154. 9:36 Et pourtant, en fait, c'est très simple.
  155. 9:38 La solution, c'est qu'au moment où la pomme commence à tomber,
  156. 9:41 il faut tirer complètement à l'horizontale, à 0°
  157. 9:44 et avec la vitesse que vous voulez.
  158. 9:47 En effet, la pomme et la flèche sont soumises verticalement
  159. 9:50 à la même accélération de la pesanteur,
  160. 9:53 donc elles vont tomber verticalement au même rythme.
  161. 9:56 Les mouvements horizontaux et verticaux de la flèche sont indépendants,
  162. 10:00 donc si vous tirez avec un angle initial de 0,
  163. 10:02 votre flèche sera toujours à la même altitude que la pomme pendant sa trajectoire
  164. 10:07 et elle progressera horizontalement vers elle,
  165. 10:09 donc vous êtes certains de la transpercer.
  166. 10:11 Et ce, quelle que soit la vitesse initiale de la flèche,
  167. 10:13 vous pouvez mettre à peu près ce que vous voulez.
  168. 10:16 Sur ma petite simulation, vous pouvez vous en convaincre en ajoutant les petits guides de position.
  169. 10:20 On voit bien que si on tire horizontalement,
  170. 10:22 l'altitude de la pomme et de la flèche sont toujours identiques.
  171. 10:26 On est certain de la toucher, quelle que soit la vitesse horizontale.
  172. 10:29 Évidemment, je néglige les frottements, le temps de réaction du tireur, etc.
  173. 10:33 Mais vous voyez l'idée.
  174. 10:34 Bien, Galilée a donc compris que pour une bille qui chute de la table,
  175. 10:38 le mouvement vertical est une accélération uniforme,
  176. 10:41 z égale moins 1,5 de gt²,
  177. 10:43 et le mouvement horizontal est une translation uniforme, x égale v0 t.
  178. 10:47 Si on combine ces deux équations pour éliminer t,
  179. 10:51 on obtient l'équation de la trajectoire,
  180. 10:54 z égale moins 1,5 de g sur v0² fois x².
  181. 10:59 On voit que z est proportionnel au carré de x.
  182. 11:02 Mathématiquement, c'est l'équation d'une parabole.
  183. 11:05 Et Galilée est le premier à réaliser ça.
  184. 11:07 Les trajectoires balistiques sont des paraboles,
  185. 11:10 pas des segments connectés par des cercles comme le pensait Tartaglia.
  186. 11:14 Et notez bien que Galilée ne découvre pas la parabole.
  187. 11:17 Mathématiquement, elle était déjà parfaitement connue.
  188. 11:20 Euclide avait déjà écrit sur le sujet presque 2000 ans plus tôt.
  189. 11:23 Tout le monde connaissait la parabole, si j'ose dire.
  190. 11:26 Mais à l'époque, l'idée de mathématiser la physique
  191. 11:29 n'était pas encore vraiment passée dans les esprits,
  192. 11:31 et donc faire ce lien entre la trajectoire balistique et la parabole,
  193. 11:35 ce n'était pas si évident.
  194. 11:37 Je vous passe les détails, mais ça reste vrai,
  195. 11:39 même si on tire avec un certain angle initial alpha.
  196. 11:43 Galilée meurt finalement en 1642, l'année de la naissance d'Isaac Newton.
  197. 11:48 Mais avec ce que je vous ai raconté,
  198. 11:49 vous voyez que plusieurs décennies avant les travaux de Newton,
  199. 11:52 on avait déjà une bonne compréhension
  200. 11:54 de la façon dont fonctionnait la gravité à la surface de la Terre.
  201. 11:57 Bah oui, il fallait bien faire marcher les canons.
  202. 12:05 Toujours avant Newton,
  203. 12:06 en parallèle des travaux des savants italiens sur la balistique,
  204. 12:09 les astronomes faisaient également pas mal de progrès.
  205. 12:12 Copernic, Tycho Brahe et surtout Kepler
  206. 12:15 introduisent aussi les mathématiques dans la physique du mouvement,
  207. 12:18 cette fois pour comprendre celui des astres.
  208. 12:21 Entre 1609 et 1618, Kepler publie notamment ces trois lois de l'astronomie,
  209. 12:27 en particulier la première,
  210. 12:28 qui affirme que les trajectoires des planètes sont des ellipses,
  211. 12:31 et la troisième, qui établit un lien quantitatif
  212. 12:34 entre la période de révolution et la taille de l'ellipse.
  213. 12:37 Donc Newton, en matière de gravité, n'arrive pas sur un terrain vierge.
  214. 12:41 D'ailleurs, il le rappellera lui-même de façon fameuse
  215. 12:43 en affirmant que s'il avait pu voir si loin,
  216. 12:46 c'est parce qu'il se tenait sur les épaules des géants.
  217. 12:49 Et l'intuition géniale qui permit à Newton de le faire,
  218. 12:52 ce n'est donc pas une histoire de pomme,
  219. 12:54 mais à nouveau une affaire de canon.
  220. 12:56 Newton réalise une expérience de pensée,
  221. 12:59 une expérience qu'on ne peut pas faire en vrai,
  222. 13:01 mais dont on peut imaginer le déroulement.
  223. 13:03 Et pour bien la comprendre,
  224. 13:04 j'ai aussi créé une petite simulation interactive
  225. 13:06 qu'on va utiliser pour suivre le raisonnement de Newton.
  226. 13:09 Toujours pareil, si vous voulez expérimenter vous-même la simulation,
  227. 13:11 et sur mon site, le lien est en description.
  228. 13:15 Donc on a ici un canon,
  229. 13:16 dont on peut régler l'angle et la vitesse de projection.
  230. 13:19 Alors à l'époque de Newton,
  231. 13:21 les meilleurs canons devaient probablement tirer à environ 150 mètres par seconde.
  232. 13:25 Si on règle sur un angle de 45 degrés, l'optimum donc,
  233. 13:28 ça nous fait une portée théorique maximale d'un peu plus de 2 kilomètres.
  234. 13:33 Avec une vitesse de 300 mètres par seconde,
  235. 13:36 on trouve une portée d'environ 10 kilomètres.
  236. 13:38 Alors on a juste doublé la vitesse,
  237. 13:40 mais la portée augmente comme le carré de la vitesse.
  238. 13:42 Ça se voit dans l'équation de la parabole.
  239. 13:44 Alors 300 mètres par seconde et une dizaine de kilomètres,
  240. 13:47 c'est un canon qui n'existait pas au temps de Newton.
  241. 13:50 C'est en gros les caractéristiques de ce que les Allemands appelaient la grosse Bertha,
  242. 13:54 une pièce d'artillerie utilisée pendant la Première Guerre mondiale.
  243. 13:57 Mais on va y aller plus fort.
  244. 13:59 Si on monte à 1200 mètres par seconde,
  245. 14:02 on peut tirer en théorie à 150 kilomètres.
  246. 14:06 Alors 150 kilomètres, c'est à peu près la distance à laquelle les Allemands bombardaient Paris
  247. 14:11 avec cette fois ce canon gigantesque qui a semé la terreur chez les habitants de la ville,
  248. 14:15 un canon que les Français avaient surnommé la grosse Bertha.
  249. 14:19 Bah oui, parce qu'ils avaient confondu avec les canons plus petits dont on a parlé avant.
  250. 14:23 Ce canon était plutôt appelé par les Allemands le Pariser Kanonen, le canon parisien,
  251. 14:27 et notons d'ailleurs qu'ils avaient réalisé que sa portée était un peu meilleure
  252. 14:31 si on tirait avec un angle de 50 ou 55 degrés plutôt que l'optimum théorique de 45 degrés.
  253. 14:36 Et la raison, c'est que le projectile voyageait alors dans des couches de l'atmosphère moins denses,
  254. 14:40 donc avec moins de frottement.
  255. 14:42 Mais revenons un peu au XVIIe siècle.
  256. 14:44 Alors Newton ne connaissait évidemment pas la grosse Bertha,
  257. 14:47 mais il avait déjà eu l'idée d'imaginer un canon super puissant
  258. 14:51 et de réfléchir à ce qui se passerait avec sa trajectoire.
  259. 14:54 Et pour ça, il imaginait de placer le canon à l'horizontale
  260. 14:57 mais de tirer depuis une très haute montagne.
  261. 15:00 Alors allons-y disons à 200 km d'altitude.
  262. 15:03 Si on tire à l'horizontale à 1200 mètres par seconde,
  263. 15:06 on retrouve notre bonne vieille parabole qu'observait Galilée.
  264. 15:10 Mais si on tire vraiment plus fort, disons 4000 mètres par seconde,
  265. 15:14 là je vais devoir dézoomer un peu et vous voyez qu'il y a un nouvel élément qui rentre en compte,
  266. 15:18 la courbure de la Terre.
  267. 15:20 Si on tire suffisamment fort,
  268. 15:22 le projectile ira plus loin que ce qu'il aurait été sur un terrain plat
  269. 15:26 du fait de la courbure.
  270. 15:28 Et si on continue à tirer vraiment plus fort, disons 7000 mètres par seconde,
  271. 15:32 on commence à suivre la courbure de la Terre et à retomber beaucoup plus loin.
  272. 15:36 Et là, Newton réalise qu'avec la bonne vitesse,
  273. 15:40 on peut carrément faire le tour de la Terre.
  274. 15:43 Et pour ça, comme on voit dans ma simulation, il faut aller à environ 7800 mètres par seconde.
  275. 15:47 Et là, notre boulet de canon continuera indéfiniment sa trajectoire autour de la Terre.
  276. 15:53 Mathématiquement, on peut réconcilier cela avec la découverte de Galilée.
  277. 15:57 Quand on tire et que la trajectoire suit une parabole,
  278. 16:00 elle a initialement un certain rayon de courbure qui vaut V0² sur G.
  279. 16:04 Et si on tire suffisamment fort que V0 augmente,
  280. 16:08 le rayon de courbure de la trajectoire initiale devient égal au rayon de la Terre.
  281. 16:12 Et donc le boulet n'atteint jamais le sol.
  282. 16:16 A cette vitesse, on a transformé notre boulet de canon
  283. 16:20 A cette vitesse, on a transformé notre boulet de canon
  284. 16:23 en un nouveau satellite de la Terre, comme la Lune finalement.
  285. 16:27 Et grâce à cette expérience de pensée complètement dingue pour l'époque,
  286. 16:31 Newton comprend que les orbites des astres et les trajectoires balistiques
  287. 16:35 ne sont que deux facettes du même phénomène.
  288. 16:38 Et c'est difficile de se représenter le saut conceptuel que ça représente.
  289. 16:42 L'astronomie et la balistique étaient deux disciplines complètement séparées,
  290. 16:45 ce n'est pas du tout les mêmes échelles.
  291. 16:48 Newton comprend que c'est en fait la même chose.
  292. 16:51 Que la Lune est un boulet de canon, c'est pareil.
  293. 16:54 Il y a une citation du poète Paul Valéry qui résume bien ça.
  294. 16:57 Il disait, il fallait être Newton pour s'apercevoir que la Lune tombe
  295. 17:01 alors que tout le monde voit bien que ce n'est pas le cas.
  296. 17:04 Et c'est exactement ça, Newton comprend que la Lune tombe comme un boulet de canon
  297. 17:08 mais qu'il subirait la gravité terrestre en avançant en même temps.
  298. 17:11 Alors ça peut paraître un peu bizarre pour la Lune qui est déjà en mouvement,
  299. 17:15 qui est déjà lancée depuis un canon, mais on peut le comprendre comme ceci.
  300. 17:18 La Lune a une certaine vitesse et donc en permanence,
  301. 17:21 elle avance un peu tout droit sous l'effet de cette vitesse.
  302. 17:24 Mais comme la gravité terrestre la fait également tomber vers elle,
  303. 17:27 elle se déplace aussi en direction du centre de la Terre.
  304. 17:30 Et donc, au final, reste en permanence sur son orbite quasiment circulaire.
  305. 17:35 Comme le boulet de Newton, elle tombe sans cesse, sans jamais se rapprocher du sol.
  306. 17:41 Unifiée l'astronomie et la chute des corps, la Lune et les boulets de canon,
  307. 17:44 c'est ça la première idée de Newton.
  308. 17:46 Sauf que si vous regardez les chiffres, vous verrez que ça ne colle pas.
  309. 17:49 On a trouvé une vitesse d'environ 8000 mètres par seconde
  310. 17:52 pour satelliser notre boulet autour de la Terre.
  311. 17:54 Or la Lune va beaucoup moins vite que ça.
  312. 17:56 Elle est à 384 000 kilomètres de nous,
  313. 17:59 ça fait environ 2,4 millions de kilomètres de circonférence pour sa trajectoire,
  314. 18:02 parcourue en 27 jours.
  315. 18:04 Faites le calcul, on est autour de 1 km par seconde.
  316. 18:07 Donc 8 fois moins que ce qu'on a trouvé avec le canon.
  317. 18:09 La raison de cette différence, c'est évidemment qu'au niveau de la Lune,
  318. 18:12 l'attraction de la gravité exercée par la Terre est plus faible qu'à la surface.
  319. 18:16 Donc la vitesse que doit avoir la Lune pour rester sur sa trajectoire
  320. 18:19 est plus faible que pour notre boulet.
  321. 18:21 D'ailleurs, c'est ce qu'avait compris Kepler avec sa fameuse troisième loi.
  322. 18:24 Si on se place dans le cas d'une orbite circulaire,
  323. 18:27 la loi nous dit que le carré de la période de révolution
  324. 18:30 est proportionnel au cube du rayon.
  325. 18:32 Une autre façon d'écrire cette loi,
  326. 18:34 c'est de dire que la période, c'est la circonférence divisée par la vitesse,
  327. 18:37 donc 2πr divisé par v,
  328. 18:40 et en injectant ça dans la loi de Kepler,
  329. 18:43 on trouve que le carré de la vitesse est inversement proportionnel au rayon de l'orbite.
  330. 18:47 La Lune est à 384 000 km,
  331. 18:50 donc sa distance au centre de la Terre est une soixantaine de fois plus élevée que la nôtre,
  332. 18:54 donc ça fait une vitesse 8 fois plus faible.
  333. 18:56 Ça colle avec nos chiffres.
  334. 18:57 La Lune va à seulement 1 km par seconde pour se maintenir sur sa trajectoire.
  335. 19:01 Alors, comment réconcilier la vitesse de satellisation dans l'expérience du canon
  336. 19:06 avec la vitesse de la Lune qui suit la troisième loi de Kepler ?
  337. 19:09 Souvenez-vous qu'on a écrit la satellisation comme une égalité
  338. 19:12 entre le rayon de courbure induit par la chute initiale
  339. 19:15 et le rayon de l'orbite, v² sur g égale r.
  340. 19:20 Si maintenant on injecte le fait que le carré de la vitesse est en 1 sur r,
  341. 19:24 c'est la troisième loi de Kepler,
  342. 19:26 on peut réarranger tout ça et trouver que g,
  343. 19:28 l'accélération que nous fait subir la gravité,
  344. 19:30 est en 1 sur r².
  345. 19:32 On voit que pour que la vitesse de satellisation diminue avec la distance comme il faut,
  346. 19:37 alors il faut que l'accélération de la gravité soit en 1 sur r².
  347. 19:40 C'est le seul moyen d'être cohérent avec la troisième loi de Kepler.
  348. 19:44 Et avec cette idée, on retrouve bien la célèbre découverte de la loi de Newton
  349. 19:48 qui dit que l'attraction de la gravité décroît comme le carré de la distance,
  350. 19:52 la fameuse formule qu'on apprend au lycée.
  351. 19:54 Une formule qui est valide que l'on parle de pommes qui tombent,
  352. 19:57 des boulets de canon qui volent ou bien des astres qui orbitent.
  353. 20:00 Le génie de Newton, ce n'est pas d'avoir compris la chute des pommes,
  354. 20:04 c'est d'avoir formulé une loi de la gravitation dite universelle
  355. 20:07 qui s'applique partout et à toutes les situations.
  356. 20:10 Et même si on n'est pas dans la tête de Newton,
  357. 20:12 on peut volontiers imaginer que la clé de cette compréhension,
  358. 20:15 c'était l'expérience de pensée du canon.
  359. 20:23 Bien, maintenant on peut retourner sur notre petite simulation
  360. 20:26 et jouer un peu en variant les paramètres.
  361. 20:28 Si on prend un peu d'altitude et qu'on pousse au-delà des 8000 mètres par seconde,
  362. 20:31 on va vite remarquer une chose,
  363. 20:32 c'est que les trajectoires ne sont plus circulaires.
  364. 20:38 Même constatation si on commence à mettre un certain angle initial.
  365. 20:41 Ce qu'on voit là, ce sont des ellipses.
  366. 20:46 C'est ce qu'avait compris Kepler avec sa première loi.
  367. 20:49 Les orbites des astres ne sont pas seulement des cercles,
  368. 20:52 ce sont plus généralement des ellipses.
  369. 20:54 Le cercle n'est qu'un cas particulier d'ellipse.
  370. 20:57 Pour quantifier à quel point une orbite est elliptique,
  371. 21:00 on utilise une quantité qu'on appelle l'eccentricité.
  372. 21:03 Un cercle a une eccentricité de 0
  373. 21:05 et plus l'eccentricité se rapproche de 1,
  374. 21:07 plus l'ellipse est aplatie.
  375. 21:09 Et en principe on peut trouver de tout entre ces deux extrêmes.
  376. 21:13 Mars a une eccentricité d'environ 0,1
  377. 21:15 et Mercure de 0,2.
  378. 21:17 Alors c'est pas énorme,
  379. 21:18 mais ça avait suffi à Kepler pour comprendre
  380. 21:20 que l'ellipse était le cas général.
  381. 21:22 Depuis, on ne peut plus imaginer
  382. 21:24 que l'ellipse était le cas général.
  383. 21:26 Depuis, on a aussi découvert Pluton
  384. 21:28 et son eccentricité de 0,25.
  385. 21:30 Un cas extrême d'eccentricité,
  386. 21:32 ce sont les comètes périodiques,
  387. 21:34 comme la comète de Halley,
  388. 21:36 qui revient tous les 76 ans
  389. 21:38 et dont l'eccentricité est de 0,97,
  390. 21:40 donc très proche de 1.
  391. 21:42 Sur ma simulation, plus je tire fort,
  392. 21:44 plus l'orbite va être excentrique.
  393. 21:48 Et si je me rapproche d'environ 11 km par seconde,
  394. 21:51 je vais constater une chose.
  395. 21:53 Ce canon ne va jamais revenir.
  396. 21:55 Quand l'eccentricité dépasse 1,
  397. 21:57 si on peut dire,
  398. 21:58 on n'a plus une ellipse,
  399. 21:59 on a une hyperbole
  400. 22:00 et mon projectile s'en va à l'infini.
  401. 22:03 La vitesse limite à laquelle ça se produit,
  402. 22:05 c'est ce qu'on appelle la vitesse de libération.
  403. 22:07 Et si on fait le calcul,
  404. 22:08 on trouve que cette vitesse de libération,
  405. 22:10 c'est racine de 2 fois la vitesse de satellisation
  406. 22:12 qu'on avait trouvée tout à l'heure.
  407. 22:14 C'est donc environ 11 km par seconde
  408. 22:16 à la surface de la Terre.
  409. 22:17 Et c'est typiquement la vitesse
  410. 22:18 qu'on s'efforce d'atteindre avec une fusée
  411. 22:20 pour espérer s'arracher de la traction terrestre.
  412. 22:23 Une chose étonnante que vous remarquerez
  413. 22:25 si vous jouez avec la simulation,
  414. 22:27 c'est que ça n'est pas facile en général
  415. 22:29 d'obtenir une trajectoire bien circulaire,
  416. 22:31 comme celle de la Lune par exemple.
  417. 22:32 Il faut vraiment prendre un angle de zéro
  418. 22:34 et parfaitement choisir la vitesse.
  419. 22:36 Si vous êtes au-dessus ou en dessous
  420. 22:38 de la bonne vitesse,
  421. 22:39 vous aurez une ellipse
  422. 22:40 où vous cracherez sur la Terre.
  423. 22:42 Obtenir une trajectoire circulaire,
  424. 22:44 c'est assez spécifique.
  425. 22:45 Ce qui est bizarre,
  426. 22:46 c'est pourquoi les planètes et la Lune
  427. 22:48 ont toutes, dans leur majorité,
  428. 22:50 des trajectoires bien circulaires
  429. 22:53 avec des excentricités faibles, très faibles.
  430. 22:55 Si le cercle est un cas si rare,
  431. 22:57 si particulier,
  432. 22:58 pourquoi est-ce qu'on n'a pas
  433. 22:59 des ellipses partout dans le système solaire ?
  434. 23:01 La trajectoire circulaire,
  435. 23:02 ça semble presque un petit miracle,
  436. 23:04 c'est bizarre.
  437. 23:05 Pour le comprendre,
  438. 23:06 il faut s'intéresser aux conditions
  439. 23:08 dans lesquelles ces orbites se sont formées
  440. 23:10 et à la façon dont elles ont évolué.
  441. 23:12 Il y a en effet en pratique
  442. 23:13 un phénomène qu'on appelle parfois
  443. 23:15 la circularisation des orbites.
  444. 23:17 Ici, avec ma simulation,
  445. 23:18 on se place dans un cas très idéal,
  446. 23:19 un des projectiles ponctuels
  447. 23:21 qui sont seuls sur leur orbite,
  448. 23:22 mais la réalité est un peu différente.
  449. 23:24 D'une part,
  450. 23:25 quand le système solaire s'est formé,
  451. 23:26 il y avait des tas de débris en rotation
  452. 23:28 qui ont provoqué des petites collisions
  453. 23:30 en grand nombre
  454. 23:31 qu'on peut assimiler
  455. 23:32 à une sorte de force de frottement.
  456. 23:34 Ensuite, on sait aussi
  457. 23:35 que les corps célestes
  458. 23:36 comme les planètes ou la Lune
  459. 23:38 ont une certaine taille,
  460. 23:39 sont faits de roches ou de fluides
  461. 23:41 qui ont à grande échelle
  462. 23:42 une certaine viscosité.
  463. 23:44 Cette viscosité conduit aussi
  464. 23:45 à une forme de perte d'énergie
  465. 23:47 qu'on appelle de la dissipation.
  466. 23:49 Les frottements et la dissipation,
  467. 23:51 ont pour effet
  468. 23:52 de faire perdre de l'énergie
  469. 23:53 à notre système,
  470. 23:54 ce qui favorise en priorité
  471. 23:56 la diminution de l'excentricité.
  472. 23:58 On peut l'expérimenter
  473. 23:59 sur ma petite simulation.
  474. 24:01 Partons d'une trajectoire elliptique
  475. 24:02 avec une certaine excentricité
  476. 24:04 et ce qu'on peut faire
  477. 24:05 c'est rajouter un peu de friction
  478. 24:07 temporairement
  479. 24:08 en imaginant une certaine répartition
  480. 24:09 de débris autour du Soleil.
  481. 24:11 On peut alors observer l'effet
  482. 24:13 sur la taille et la forme de l'ellipse
  483. 24:15 et constater le phénomène
  484. 24:16 de circularisation.
  485. 24:18 Ici, j'affiche en temps réel
  486. 24:20 l'excentricité de la trajectoire
  487. 24:22 et on voit qu'elle diminue
  488. 24:23 au cours du temps,
  489. 24:24 notamment quand le corps
  490. 24:25 passe au périhélie,
  491. 24:26 le point le plus proche du Soleil
  492. 24:28 et qui est celui
  493. 24:29 où la vitesse est la plus élevée.
  494. 24:31 Ce phénomène, ça explique donc
  495. 24:32 que la plupart des orbites
  496. 24:33 dans le système solaire
  497. 24:34 est peu à peu convergée
  498. 24:36 vers quelque chose
  499. 24:37 de très circulaire,
  500. 24:38 des excentricités très proches de zéro
  501. 24:40 bien que le cercle
  502. 24:41 ne soit finalement
  503. 24:42 qu'un cas très particulier
  504. 24:43 d'ellipse.
  505. 24:46 Notez qu'une des raisons
  506. 24:47 pour lesquelles quelques planètes
  507. 24:49 comme Mars ou Mercure
  508. 24:51 ont malgré tout
  509. 24:52 conservé une orbite
  510. 24:53 légèrement excentrique,
  511. 24:54 c'est qu'en pratique
  512. 24:55 elles ne sont pas seules
  513. 24:56 autour du Soleil.
  514. 24:57 Dans une faible mesure,
  515. 24:58 toutes les planètes
  516. 24:59 s'influencent les unes les autres.
  517. 25:01 Et donc pour bien comprendre
  518. 25:03 leur trajectoire,
  519. 25:04 il faut considérer
  520. 25:05 des interactions gravitationnelles
  521. 25:06 avec plusieurs corps.
  522. 25:08 Mais ça, c'est plus compliqué
  523. 25:10 et ce sera pour le prochain épisode.
  524. 25:12 Merci d'avoir suivi la vidéo,
  525. 25:13 n'oubliez pas de vous abonner
  526. 25:14 pour ne rien rater.
  527. 25:15 Vous pouvez aussi
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  530. 25:18 si le cœur vous en dit.
  531. 25:19 Les liens sont en description.
  532. 25:20 Je vous mets également
  533. 25:21 la page web
  534. 25:22 sur laquelle j'ai hébergé
  535. 25:23 toutes les petites simulations
  536. 25:24 que je vous ai montrées.
  537. 25:25 Je suis curieux de savoir
  538. 25:26 si ça vous intéresse
  539. 25:27 de pouvoir jouer vous-même
  540. 25:28 avec ces expériences numériques
  541. 25:29 pour mieux comprendre
  542. 25:30 ce qui se passe.
  543. 25:31 N'hésitez pas à me dire
  544. 25:32 ce que vous en pensez
  545. 25:33 et en attendant,
  546. 25:34 moi je vous dis
  547. 25:35 à très vite pour une nouvelle vidéo.
  548. 25:36 A bientôt !